LIMITES
DIFFE?>E.NCES
DES HAOTEURS EXTRÊMES.
Il nous serait bien difficile d'entrer ici dans une analyse minutieuse des chiffres de Quetelet; voici, toutefois, les conclusions générales que l'on peut en tirer :
1» Les filles, dès leur naissance, sont plus petites (et moins lourdes) que les garçons. Cette différence se maintient pendant toute la période de développement. Le rapport des tailles est de 1 à 0,988 jusque vers 4 ans, en prenant celle du garçon pour unité ; vers l'époque du complet développement, les tailles sont dans la proportion de 1 à 0,957 ou de 16 à 15.
2" « En considérant la grondeur absolue, dit Quetelet, la croissance devient d'autant moins rapide qu'on s'éloigne davantage de l'époque de la naissance. Dans la première année, le développement en hauteur est de près de 2 décimètres pour les filles comme pour les garçons ; pendant la seconde année, il se trouve réduit de moitié et ne s'élève pas à 1 décimètre. L'accroissement annuel est réduit au quart ou à 5 centimètres vers 12 ans, et il continue à diminuer jusque vers l'âge de 20 ans, où il devient à peu près nul pour les filles; pour les hommes, il se termine un peu plus tard » [Anthropométrie).
ù° On résume approximativement les tableaux de Quetelet, en disant qu'eu naissant l'enAuit a un peu moins du tiers de la hauteur à laquelle il parviendra ; à 5 ans, il a atteint la moitié de cette hauteur; vers 7 ans, les deux tiers, et vers 10 ans, les trois quarts.
Mais il s'en faut que ces conclusions puissent être appliquées à tout individu ; Quetelet l'a tout le premier indiqué, puisqu'il a reconnu que l'observation de Buffon sur l'intensité de la croissance individuelle à l'époque de la puberté était vraie. Les critiques qui ont été faites à plaisir sur ce phénomène qui, selon Quetelet, c cause une espèce de désordre dans les lois de la nature », tiennent à ce qu'on a confondu la croissance moyenne et la croissance individuelle. En outre, elles reposent aussi dans les citations sur l'omission du verbe causer; Quetelet n'a pas dit que l'irrégularité individuelle de la croissance était une espèce de désordre, mais qu'elle causait une espèce de désordre. Néanmoins, la comparaison des tableaux de ce célèbre statisticien avec ceux des sa- ^^ vants qui depuis ont pris, eux aussi, des mesures aux divers âges, montre qu'il n'y a aucune concordance entre les unes et les autres.. Quetelet a beau reconnaître qu'il se « présente toujours des points d'arrêt dans le développement ^ d'une même personne, comme aussi des époques de croissance plus ou moins rapide » [loc. cit., p. 185), il n'en reste pas moins fâcheux que personne n'ait vérifié la parfaite régularité de ses tables de mensuration. Nous reproduisons ici, pour montrer combien ce sujet est compliqué, les tables que Pagliani a dressées dans son beau travail sur Les facteurs de la taille humaine (Rome, 1877, p. 6 et 7).
TABLEAU C, — accroissement annuel de la stature
EN DIVERSES CONDITIONS d'aGE, DE GENRE DE VIE ET D'hABITAT
Sexe masculin.
AGE
IS à 16
CLASSE
MIXTE
CLASSE
PAUVIiE.