‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.23Chapitre 43 sur 52 · L. Hn · texte numérisé non relu

L. Hn

CROZOPnORA. Nom générique appliqué au Croton tinctorlum de Linné, qui avait été précédemment nommé TournesoUa [voy. ce mot). Bjn.

CRUCEIL'S ou A CRUCE (Jean-Akdré), en français De la Croix, était de Venise et llorissail vers l'an 1560. Après avoir servi en qualité de chirurgien sur les flottes vénitiennes, il enseigna la chirurgie avec éclat dans sa ville natale ; c'était un homme d'un grand savoir et d'une grande expérience. 11 a

publié un ouvrage sur les de'couvertes faites en chirurgie avant lui et intitulé : Chirurgia universelle e perfetta. Venise, 1585 et 1605, in-folio (divisé en 7 livres). Le même ouvrage a paru en latin sous le titre de : Chirurgiœ universalis opus ahsolutum. Venetiis, 1596, in-fol.; il a même été traduit en français et en allemand. Boerhaave l'estimait beaucoup et en louait particulièrement la partie anatomique étudiée par Cruccius sur les cadavres. Antoine Forzellini en faisait également grand cas et a même publié à Venise, en 1736, in-S", un commentaire sur le chapitre qui est intitulé : Degli ulceri. Il ne faut pas confondre cet auteur avec un autre :

Cruceius OU Crocî (Jean-André). Né à Milan en 1619, docteur en médecine de l'Université de Bologne (30 janvier 1651), professeur d'astronomie et de grec, dont les ouvrages de médecine sont restés à l'état de manuscrit, à cause de sa mort prématurée arrivée à Milan le 15 décembre 1655. L. Hn.

CRUCIFÈRES (Cruciferce). Famille de plantes dicotylédones, polypétales, généralement hypogynes, dont les fleurs sont presque toujours hermaphrodites et souvent régulières. Leur réceptacle est ordinairement convexe; cependant nous avons fait voir {Adansonia, X, 45) qu'il devient plus ou moins concave dans un des types de cette famille, le Subularia, dont, par suite, le périanthe et l'androcée sont insérés périgyniquement. Le calice et la corolle sont tétramères et disposés en croix {cruciformes) . Ainsi, il y a quati-e sépales, généralement libres, dont deux latéraux, un antérieur et un postérieur. Ils appartiennent à deux verticilles ; les deux latéraux sont plans à la base ou dilatés en une sorte de sac ou d'éperon court et obtus. Leur préfloraison est généralement imbriquée-alternative, plus rarement valvaire. Les pétales, au nombre de quatre, sont alternes, égaux en général, plus rarement inégaux, les deux antérieurs (ou extérieurs par rapport à l'inflorescence) étant plus grands que les deux autres, tous formés d'un limbe entier, plus rarement lobule ou limbrié, et d'un onglet court ou allongé, étroit et presque perpendiculaire au plan du lobe; imbriqués dans le bouton. Quelquefois les fleurs sont apétales. Lesétamines sont hypogynes, presque toujours en nombre dénni (2-6), et très-généralement tétradynames, c'est-à-dire que quatre d'entre elles, plus grandes que les deux autres, sont disposées par paires en dedans des deux sépales antérieur et postérieur, tandis que la cinquième et la sixième, plus petites, sont seules au-dessus des sépales latéraux. Les fdets sont subulés, souvent libres; ceux des grandes étamines parfois connés par paires dans une hauteur variable. Souvent aussi ils sont latéralement dilatés et portent une dent ou un lobe plus ou moins développé. Les latéraux^et même les autres peuvent être à leur base prolongés en une saillie extérieure qui descend plus ou moins vers les sépales et qui, quand ceux-ci sont concaves, peut se loger dans leur gibbosité. Les anthères sont introrses, généralement biloculaires, déhiscentes par deux fentes longitudinales. Leur forme est des plus variables. Il y a des Crucifères [Megacarpœa) qui ont exceptionnellement un nombre indéfini d'étamines. Vers la base des filets staminaux, le réceptacle floral porte des glandes, éléments du disque, plus ou moins développées, souvent au nombre de quatre, dont deux de chaque côté des petites étamines, ou bien deux accompagnant ou enveloppant à leur base le filet des petites étamines, et deux autres répondant à la ligne médiane des sépales antérieur et postérieur. Le gynécée est libre, supère dans la plupart

des cas, et son ovaire, sessile ou stipité, est presque toujours formé de deux carpelles latéraux (rarement 3, 4). Il est uniloculaire, avec deux placentas pariétaux, antérieur et postérieur, reliés entre eux par une fausse cloison antéro-postérieure, formée d'une double lame, considérée comme un prolongement des placentas. Plus rarement l'ovaire est partagé par des fausses cloisons transversales, irrégulières et inégales, en logettes niovulées. Le style est simple, ou plus ou moins protondément partagé en haut en 2-4 lobes, souvent stigmatifères. Deux d'entre eux répondent aux sommets des feuilles carpellaires, et les autres au sommet des placentas. Chaque placenta porte l-oo ovules, à direction très- variable, anatropes ou campylotropes, à micropyle souvent supérieur. Le fruit est une silique ou une silicule, c'est-à-dire qu'il est allongé ou court, sec et déhiscent, plus rarement indéhiscent, spongieux ou subdrupacé, l-oo -sperme. Quand il est déhiscent, il s'ouvre par quatre fentes longitudinales qui répondent aux deux bords des placentas en respectant ceux-ci ; de sorte qu'il se partage en trois segments : 1° les deux panneaux; 1^ un cadre formé par les deux placentas, avec la fausse-cloison qu'ils sous-tendent, et, de chaque côté de celle-ci, les graines. Ailleurs, mais plus rarement, le fruit est lomentacé et se partage transversalement en articles monospermes (ou certains d'entre eux stériles). Les graines sont anatropes ou campylotropes, dépourvues d'albumen. Leur tégument extérieur est lisse, nu, ou prolongé en ailes, ordinairement marginales. Il s'épaissit et devient mucilagineux au contact de l'eau ou d'autres liquides. L'embryon est charnu, très-rarement droit, plus ordinairement arqué ou replié sur lui-même, de façon que sa radicule vienne se placer devant le bord des cotylédons (accombants dans ce cas) ou le long de la face extérieure médiane de l'un d'eux (incombants). Plus rarement, les cotylédons sont plusieurs fois repliés sur eux-mêmes, en long ou en travers, ou enroulés en spirale. Lors de la germination, ils sont épigés et foliacés. Ils sont souvent gorgés d'huile.

Les Crucifères sont des plantes herbacées, souvent annuelles, plus rarement suffrutescentes ou frutescentes. Leur suc est aqueux, ou bien leurs éléments renferment des principes qui, agissant les uns sur les autres, quand les parties sont déchirées ou broyées, donnent naissance à des essences piquantes, stimulantes, odorantes, qui sont la cause de la plupart des propriétés de ces plantes. Les divers organes sont glabres ou parsemés de poils simples, bifurques ou étoiles. Les feuilles sont alternes, rarement opposées, entières, lobées, runcinées ou disséquées, sans stipules, sauf dans quelques cas exceptionnels. Leurs fleurs sont rarement solitaires, ordinairement disposées en grappes ou en corymbes, le plus souvent dépourvues de bractées axillantes.

On a décrit plus de 3000 espèces dans cette famille ; il n'y en a guère que les deux tiers à conserver. Ce sont des plantes du monde entier, surtout des régions tempérées et froides ; elles abondent principalement dans l'Europe et l'Asie tempérées, la région méditerranéenne, l'Afrique australe. Elles sont étroitement liées aux Capparidacées et aux Papavéracées ; elles s'en distinguent souvent par leur androcée tétradyname et leur silique. Mais comme ces deux caractères peuvent s'observer dans certains types des deux familles dont nous venons de parler, notamment dans les Papavéracées, les Crucifères ne se distinguent absolument de ces dernières que par l'absence d'albumen dans leurs semences.

Classer les plantes d'une famille aussi naturelle a toujours été considéré comme une chose très-difticile, et les opinions ont bien varié à cet égard, aucune

des classifieations adoptées n'étant sans défaut et applicable dans la totalité des cas. Nous avons, dans notre Histoire des plantes (III, 213), ouvrage auquel nous renvoyons le lecteur qui voudrait approfondir ces questions, nous avons, dis-je, passé en revue les variations que peuvent présenter les divers organes de la végétation, de la floraison et de la fructification dans cette grande famille, et nous sommes, quant à leur valeur pour la classification, arrivé aux conclusions suivantes :

Quels sont ceux de ces caractères variables que les botanistes ont mis en œuvre pour diviser les Crucifères? En premier lieu, la forme allongée ou courte du fruit. Linné et les auteurs qui le suivirent ont partagé les Crucifères en Siliqueuses Bi en Siliculeuses. A.-L. de Jussieu fit de même dans son Gênera plantarum (1789). Adanson alla plus loin dans ses FamzV/ei de plantes (1705). Il distingua bien mieux, dans la forme des fruits, ceux qui ont une silique allongée, déhiscente en long, et ceux qui ont une silique lomentacée, partagée en travers, puis ceux qui, indéhiscents et monospermes, ressemblent à un achaine lors de leur maturité. Quant aux silicules, il vit bien que les unes sont aplaties parallèlement à la cloison qui est large, et que les autres sont aplaties perpendiculairement à la cloison qui demeure longue et étroite. De là pour lui, quatre sections :

1" Les Roquettes, dont le fruit est une silique à déhiscence longitudinale;

2° Les Lunaires, dont le fruit est une silicule à valves parallèles à la cloison;

3° Les Thlaspis, dont la silicule a une cloison disposée dans un sens contraire à ses deux valves ;

A° Les Raiforts, qui ont pour fruits des achaines, ou dont les fruits sont allongés, à articles 'monospermes, ou à logettes disposées côte à côte sur deux rangs collatéraux et longitudinaux.

A ces caractères, si simples et si satisfaisants, et qui, quoique non absolus, ne présentent que peu d'exceptions, A. -P. de Candolle préféra et fit passer en première ligne ceux qui se tirent des rapports de position de la radicule et des cotylédons, et il partagea les Crucifères en cinq sous-ordres :

1» Pleîirorhize'es, celles qui ont les cotylédons accombants;

2° Notorhizées, celles qui les ont incombants ;

S"* Orthoplocées, celles qui les ont condupliqués longitudinalement ;

4° Spirolobées, celles dont l'embryon est enroulé en spirale;

5" Diple'colobées, celles dont les cotylédons sont deux fois repliés en travers sur eux-mêmes.

Cette façon de procéder a soulevé des objections graves. On a dit avec raison que les cas d'accombance et d'incombance des cotylédons, existant dans un même genre, sont très-nombreux, et que ceux d'obliquité, à tous les degrés, de la radicule, le sont davantage encore. Pour nous, convaincu qu'il n'y a guère, dans une famille aussi naturelle, de caractères absolus ; mais qu'il importe, pour la classer (artificiellement, quoi qu'on fasse), de faire passer en première ligne les caractères les moins inconstants et ceux qu'il est le plus facile de constater dans la pratique, nous sommes revenu en principe à la méthode d' Adanson, tout en la modifiant par l'adjonction de tribus nouvelles, souvent inconnues de lui et établies par ses successeurs. Nous avons ainsi constitué sept séries, dont une seule est caractérisée par la concavité du réceptacle et la périgynie de l'insertion. Les autres séries sont formées, au contraire, de genres périgynes, à réceptacle convexe. Parmi celles-ci, nous remarquons, comme la

plupart des auteurs, qu'il y en a de Siliqueuses et de Siliculeuses. Les premières ont, en effet, un fruit en général plus long que large; elles forment trois séries, suivant que ce fruit s'ouvre en long, ne s'ouvre pas, ou s'ouvre en travers. Viennent ensuite trois séries dont le fruit est une silicule; celle-ci étant indéhiscente, ou déhiscente et comprimée parallèlement à la cloison qui est large, ou comprimée perpendiculairement à la cloison qui est étroite. Ainsi s'établissent les sept séries suivantes, avec leur caractère fondamental :

a. Crucifères hypogynes.

1. Les GmoFLiÎES (Cheiranthées) .... Silique déhiscente suivant la longueur.

2. Les Radis (ftap/iawt'es) Fruit allongé (ordinairement), indéhiscent.

3. Les Cakiles (Co7i(7ées) Fruit allongé, plus rarement court, lomen-

tacé.

4. Les Pastels [Isatidées) Silicule inarticulée, indéhiscente.

5. Les LoNAinEs (t?;j!rtr/ees) .• Silicule déhiscente, comprimée parallèle-

ment à la cloison (en général).

6. Les Thlaspis (Thlaspidées) Silicule déhiscente, comprimée perpendi-

culairement à la cloison (en général).

b. Crucifères përigynes.

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