Les Subulaihe (Stibulariées) Silicule turgidc
En second lieu, nous faisons intervenir, pour partager en sous-séries ces sept groupes, le caractère, moins constant et moins facile à établir, delà direction delà radicule par rapport aux cotylédons; et nous établissons ainsi, dans certaines des séries précédentes, des divisions secondaires qui sont bien moins absolues dans leurs limites que les premières, mais qui, dans la pratique, peuvent encore avoir une grande utilité. Ainsi, nous avons partagé la section des Giroflées en trois sous-séries, de la façon suivante :
1 1. Aràbxdinées. , . . Cotylédons (ordinairement) arcomhanls. CiiEinANTHÉES. . . ( 2. Sisijmbrinées . . . Cotylédons incombants. ( 3. Brassicinées . . . Cotylédons condupliqués.
Nous avons de même divisé la série des Lunariées, d'après les mêmes caractères, de celte façon :
il. Alyssinées Cotylédons (ordinairement) accombants. 2. Camélinées .... Cotylédons incombants. 3. Succovinées. . . . Cotylédons condupliqués.
Puis, pour la séi-ie des Thaspidées :
m . (1. Kéridinées .... Cotylédons (ordinairement) accombants. ■ ■ ' ■ l 2. Lépidinées Cotylédons incombants ou condupliqués).
Nous avons laissé indivises les autres séries qui sont plus homogènes ; puis nous avons ultérieurement distingué les genres etitre eux par des caractères de troisième ordre, tels que : mode d'insertion des sépales, organisation de l'androcée et du gynécée : ovaire, cloison, style, stigmate ; le fruit, les graines, le funicule, etc.
Les caractères des genres qui présentent quelque utilité seront examinés à propos de chacun d'eux, notamment aux mots : Giroflée, Cresson, Barbarée, Arabette, Cardamine, Nasturtium, Anastatica, Matthiole, Sisymbre, Erysimum, Julienne, Chou, Roquette, Radis, Carile, Crasibe, Pastel, Lunaire, Moutarde, Alïsson, Cochleâria, Raifort, Caméline, TiiLAsn, Iberis, Lepidium, Passerage, Capselle, Subulaire {Voy. ces mots). H. En.
Bibliographie. — Juss., Gcn. plant., 237. — Endl., Gcn., 861 ; Enchirid., 447. — Lindl., Veg. Klngd. (1846), 551. — Benth. et J. Hook., Gcn., I, 57. — Pater, Fam. nat., 157. — H. Baillox, Hist. desplantes, 111, 181, Fam. 18. H. Bn.
CRUENTATION. 58».
CRUEI^TATIOM. Les anciens légistes ont donné le nom de cruentation à un phénomène singulier, ou, pour mieux dire, merveilleux, tenant une place importante dans la pratique judiciaire. A une époque déjà éloignée, il était admis, c'était une vérité courante, que les plaies d'une personne assassinée se rouvraient et laissaient suinter, et même jaillir du sang, lorsque le meurtrier était mis en présence de sa victime. Ce fait, qu'on appelait la cruentation, était recherché comme preuve d'un crime, preuve d'un ordre surnaturel tout comme le jugement de Dieu, en rapport avec les croyances du temps.
Le dictionnaire de Nysten (H* édition) donne au mot cruentation un sens un peu différent; il dit que c'est le phénomène du suintement du sang par des plaies faites au cadavre plus ou moins longtemps après la mort, tant qu'il reste encore de cette humeur. Mais les auteurs qui ont écrit sur la cruentation des corps morts à la présence des meurtriers sont très-explicites, et ils disent en termes formels que la cruentation était l'écoulement du sang par les plaies, par les blessures qui avaient déterminé la mort, et non par des plaies faites sur un corps sans vie.
Voici, du reste, comment les choses se passaient : un meurtre avait été commis, et la justice s'était emparée du meurtrier soupçonné; le cadavre était apporté sur une place publique, doucement et sans violence, de peur d'émouvoir le sang et d'ouvrir les plaies; il était exposé nu, sur le dos, la face tournée vers le ciel. Les juges, après avoir imploré la grâce de Dieu, afin qu'il donnât témoignage de son assistance en faveur de la justice, se rendaient au lieu de la présentation, assistés de leur greffier, et de cinq ou six témoins respectables. Le prévenu était présenté à une certaine distance de la victime ; puis le juge lui commandait de se rapprocher, de regarder fixement le mort et de l'appeler par son nom à plusieurs reprises. Après cela, le prévenu devait faire deux ou trois fois le tour du cadavre, et passer plusieurs fois par-dessus lui, sans le toucher. Enfin, on lui faisait porter la main sur les plaies, mais doucement, et sans y enfoncer les doigts, de peur que leur intromission ne provoquât un écoulement de sang. De plus, cinq ou six personnes, certainement innocentes, devaient faire autour du cadavre, avant et pendant la présentation de l'accusé, les mêmes manœuvres que celui-ci exécutait. Cela fait, si la cruentation apparaissait, les juges faisaient leur procès- verbal, et si rien ne se produisait, ils se retiraient et jugeaient sur d'autres preuves. Cette expérience pouvait être faite soit fort peu de temps après le meurtre, soit après que bien des heures se fussent écoulées.
Dans le procès-verbal d'une expertise de cet ordre, faite dans la ville du Mas d'Azil, au pays de Foix, par deux consuls de ladite ville, assistés d'un avocat assesseur, il est dit qu'après avoir fait apporter le corps d'un homme assassiné dix-sept heures auparavant, et mis en sa présence l'assassin présumé, ces trois personnages passèrent par-dessus ce corps l'un après l'autre, par trois fois différentes, sans que la plaie saignât en aucune façon; mais lorsqu'il fut enjoint au prévenu de passer et repasser par-dessus le cadavre, en prenant bien garde de le toucher, même légèrement, on vit à la première fois la plaie s'ouvrir et rendre du sang, à la deuxième fois la plaie saigner davantage, et à la troisième fois le sang sortir en abondance. Le sang fut essuyé, trois autres personnes passèrent encore par-dessus le corps mort, mais la plaie ne saigna plus (Ranchin, Traités curieux, p. 710, voy. Bibl.).
Il est fort difficile de savoir à quelle époque la cruentation s'introduisit dans la législation criminelle comme témoignage judiciaire, et de même on ne peut
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wuère fixei' la date exacte à laquelle elle en disparut; mais il est certain que pendant le seizième et une bonne partie, la moitié peut-être, du dixseptième siècle, les tribunaux l'admettaient comme une des preuves d'un ci'ime. Le procès-verbal dont j'ai donné l'analyse est daté du troisième jour du mois de mai de l'an 1659, et différents ouvrages juridiques ou médicaux, traitant de la cruentation, portent les dates de 1547, 1569, 1594.
Elle était certainement connue de tous, non seulement des légistes et des médecins, mais des gens du peuple et de ceux de la noblesse. Je trouve la preuve de cela dans un passage de Shakespeare, et que ne trouve-t-on dans les oeuvres du génie? A la seconde scène du premier acte de la tragédie : Le roi Richard III, lady Anne dit au duc de Glocester, le futur Pàchard : « 0! gentilshommes, voyez, voyez ! Les blessures de Henri défunt ouvrent leurs lèvres congelées et saignent à nouveau! Rougis, rougis, boule de chair odieusement difforme, car c'est ta présence qui fait jaillir ce sang de ces veines froides et vides où le sang ne circule plus ; ton crime inhumain et contre-nature provoque cet écoulement si contraire à la nature. » Ce drame a été écrit à la fin du seiième siècle, en 1597.
L'esprit de l'homme a toujours eu un tel amour du merveilleux que les croyances les plus bizarres ne doivent étonner personne; et nous serions mal venus de nous moquer de nos pères qui croyaient à la cruentation, en présence de tous les faits surnaturels dont tant de gens acceptent aujourd'hui l'entière vérité
C'est avec un sérieux absolu et une bonne foi qui paraît sincère que des hommes du premier mérite, tant médecins, philosophes, que jurisconsultes, ont admis et étudié le phénomène de la cruentation des corps morts en présence du meurtrier. La chose ne pouvait pas être mise en dispute, elle était acceptée par tous, et il ne venait à l'esprit de personne qu'il fût besoin de s'assurer de l'existence du fait en question et de le contrôler... « et istud habet commuais hominum sermo, per praesentiam occisoris cadaver effundere et emittere sanguinem » (Marc. Ant. Blancus, voy. BibL). Mais quelle était l'importance, quelle était la valeur de cette preuve judiciaire? Ce point était difficile à déterminer. D'un côté, il semblait qu'on ne devait pas douter, puisque le jugement de Dieu intervenait par un miracle; mais de l'antre on avait quelques droits d'hésiter, car la cruentation n'arrivait pas toujours, et quelquefois elle avait paru devant les innocents. Les jurisconsultes, assez perplexes, avaient décidé que cette preuve isolée ne suffirait pas pour faire condamner à la mort ou à la géhenne ; mais qu'il fallait conserver cette pratique, parce que souvent le meurtrier se troublait en présence du mort. On voit que la croyance au merveilleux avait dû laire une concession aux remontrances de l'intelligence et du bon sens.
Quant à la cause de l'effusion du sang, les théologiens reconnaissaient qu'elle dépendait purement des choses surnaturelles, et ils n'entendaient pas raillerie à ce sujet. Ils avaient trouvé dans la Bible des autorités précieuses; ces mots que Dieu dit à Gain, sanguis fratris tui clamât ad me, servirent à démontrer que l'aspect du meurtrier fait jaillir le sang des plaies de sa victime. Cet autre texte de l'Apocalypse : usquequo, Domine, non vindicas sanguinem nostrum de interfectorihus nostris, qui habitant in terris {ApocaL, vi, 9), fut tourmenté de telle sorte qu'il devint une démonstration très-évidente aussi du même phénomène. Les médecins se sont efforcés de trouver une explication en rapport avec
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quelque loi de leur physique spéculative, et vraiment il est curieux de voir la peine que quelques-uns se sont donnée pour chercher, commenter, démontrer la raison d'un fait qui n'existait pas. Du l'este, après avoir discuté la valeur d'un grand nombre de causes, l'influence des démons et des sorciers, de l'âme et de l'imagination, des esprits naturels qui sont au service de la force vitale, de la sympathie ou de l'antipathie, enfin de la vertu de certains médicaments, ils arrivent à cette conclusion que la cruentation est un phénomène de la nature, dont on ne peut donner l'explication.
Au fond de cette question il y a bien quelque chose de vrai : c'est que le sang peut s'écouler des plaies d'un cadavre, plus ou moins longtemps après la mort, par le fait de la pression exercée par les gaz qui se développent dans les veines au cours de la putréfaction. Le nom de cruentation s'applique aussi à ce phénomène naturel et très-explicable. Ce doit être la fausse interprétation de ce fait de pure physique qui l'aura transformé en un fait extraordinaire et surnaturel, se produisant par la puissance de la divinité, jalouse d'affirmer le triomphe de la justice, et d'assurer au crime son châtiment mérité. D'' Servier.
Bibliographie. — Gregobius Tholosanus. Syn/agma furis universi. — Boerius. Décisions. — HiPPOLYTE. Pratique criminelle. — Dukanti. Questions. — Mersenius. Commentaires sur le chap. IV de la Genèse. — Levinos-Lemnius. De occultis naturce miraculis. — Langius. 1540. ScHENCKius. Observations. Fribourg, 1584. — Martinus del Rio. Disguisitions magiques. — CosT^us. Disquisltions physiologiques, 1581. — Blancus (Mar.-Aiit.). Tractatus de indicds homicidii. Lyon, 1547. — Carerus (Ludovicus). Practica causarum criminalium. Lyon, 1569. — LiBAvius (Andréa). De cruentatione cadaverum... Francfort, 1594. — Ranchin (I^'rançois). Opuscules ou traités divers et curieux en médecine. Lyon, 1640. Servier.
CRiJGER (Daniel). Membre de l'Académie impériale des Curieux de la nature, sous le nom d'Argus 11, et conseiller médical de l'électeur de Brandebourg, naquit à Stargard, en Poméranie, le 10 décembre 1639. 11 se fit recevoir docteur en médecine à Altorf en 1666, puis alla s'établir dans sa patrie, où il mourut le 15 mars 1711. Les mémoires de l'Académie des Curieux de la nature renferment une foule d'observations de cet auteur ; on en trouvera l'énumération dans le Repertorium de Reuss. Il a également publié un ouvrage en allemand sur la fièvre pétéchiale et la vérole, dont nous ne connaissons ni le lieu ni la date de la publication (Eloy).
11 ne faut pas confondre cet auteur avec :
Cruger (Johann). Ardent sectateur de van Helmont, qui vivait au commencement du dix-huitième siècle. 11 est l'auteur de deux ouvrages : Casiis medicus de morho Utteratorum, sive affectione hypochondriaca. ZiUà\i?e, 1703, in-4°; et Affedus chirurgici, plerique aphoristice, breviter et accurate exposai, 17 '22, in-4°. Dans ce dernier livre il émet les faits les plus ridicules qu'on puisse imaginer; entre autres, il recommande les crapauds et le saphir contre la peste.