CRUIKSHANK
I. Chijmischer Garlenhau, das ist spagtjrische Beschreibung vier und dreyssigerley Ge~ wàchseund Krâuler, etc. Nûrnberg, 1653, in-4°. — II. Neuvermehrter chymischer Frûhling, das ist sonderbarer medico- chymischer Tractât, etc. Ibid.,1654, in-4°. — III. Chymischer Sommer, das ist sonderb. med.-clnjm. Tract., etc. Ibid., 1656, in-4°. — IV. Chymischer aufgewickelte Gebrauch und Bereitung seiner Elixyren. Dreslien, 1662, in-4°. — V. De maleriaperlata tractatus. Budissin, 1667, in-8°. Ratisb., 1676, in-8»; Ibid., 1679, in-8». — VI. Ntitzlicher Bericht, wie man sich vor der Pestilenz hûten, und so man mit derselben behaftet wiederum curiren môge. Basel, 1667, in-4°. — VII. Ortus et processus clys7naticœ, etc. Nûrnberg;, 1667, in-4°. — VIII. Wohlgem. Ueberlegung der Hauptgrûnde, welche in einem sogenannt. ortu et progr. clysmaticœ novœ angefûhrt werden. Ibid., 1667, in-4°. — IX. Med. Episteln. worinnen der Nutz der medici materia perlata dargestellt wird. Regensb. u. Goslar., 1679-1680, in-8<'. L. Hn.
CRUlHSilArVK (William). Célèbre anatomiste anglais, naquit en 1745 à Edimbourg et passa les premières années de sa vie en Ecosse. A l'âge de quatorze ans, il vint à l'Université d'Edimbourg dans le but d'y étudier la théologie; mais son goût pour l'anatomie et la médecine et pour les sciences plus positives en général, le détourna des études abstraites et spéculatives de la théologie, et il se mit au travail avec ardeur; il étudia pendant huit ans, à l'Université de Glasgow, les sciences médicales. « En 1771, il se rendit à Londres, où, sur la recommandation du docteur D. Pitcairn, il fut attaché à William Hunter comme conservateur de son cabinet. Ce célèbre anatomiste avait demandé aux professeurs de Glasgow de lui envoyer un jeune homme instruit pour remplacer Hewson dans cette l'onction. Cruikshank devint bientôt l'ami et le collaborateur de Hunter, qui, en mourant, légua à lui et à son neveu Math. Baillie son superbe muséum, qui devait au bout de trente ans être livré à l'Université de Glasgow. Les élèves de ce professeur demandèrent à ses deux héritiers de continuer à diriger l'école anatomique d'où étaient sortis des élèves si distingués. Cruikshank s'acquitta avec honneur de cette tache, et se fit connaître de la manière la plus avantageuse par ses recherches anatomiques et physiologiques, qui décèlent une extrême sagacité. Son nom sera toujours, comme celui de Mascagni, attaché à l'histoire des progrès qu'a faits vers la fin du dernier siècle l'anatomie du système lymphatique. » (Dezeimeris.) Dans son ouvrage sur les vaisseaux absorbants, il démontre, en effet, que ces derniers existent dans tout le corps de l'homme et rnême dans le cerveau; il s'y élève énergiquement contre l'idée de la transsudation des humeurs au travers des pores organiques et cherche à prouver que tous les liquides de l'organisme, excepté le sang, sont pompés par les lymphatiques. Cruikshank s'est également occupé de chimie et de diverses questions de chinn^gie et de médecine et principalement de la fièvre jaune, dont il traite dans plusieurs ouvrages.
Cruikshank avait été nommé chimiste des hôpitaux militaires et chirurgien du corps de l'artillerie; il était membre de la Société royal de Londres. 11 mourut dans cette dernière ville le 27 juillet 1800, laissant :
I. Letter to M. Clarc upon Absorption and on the Robbing ofCnlomel on the Inside ofth-. Cheeks in the Cure of Syphilis. London, 1779, in-8°. — II. Experiments on the insensible Perspiration oflhe Human Body, shewing its Affinity to Respiration. London, 1779, in-8 Ibid., 1795, in-8°, trad. enallem. par C.-F. Michaelis. — III. The Anatomy ofthe Absorbing Vessels of the Human Body. London, 1786, in-4°. Ibid., 1790, in-4°. Trad. en franc, par Ph. Petit-Radel. Paris, 1787, in-8°. — IV. An Account of two Cases of Diabètes melUtus, hy John Rollo: with the Resulls ofthe Trials of varions Acids and other Substances in the Treatment of the Lues venerea and some Observations of the Nature of Sugar. London, 1797, in-S", 2 vol. Trad. on fr. par P.-P. Alyox. — "V. Memoirs ofthe Yellow Fever which
CRURAL. M3
appcared in Philaclelpkia and otiier Parts of the States of America in tlic Suinmer and Autumn of the présent Year. Philiidelpliia, 1798, in-S". — V. Observations on the Causes and Cure of Remilting and Bilious Fever, to loliich is annexed an Appendlx exhibitiug Facts and Spéculations relative to the Synochus icteroides or Yellow Fever. Pliilacl Ipliia, 1798, in-8». — VI. A Sketch of t/ie Rise and Progress of tlie Yellow Fever, to loliicli is added a Collection of Facts and Obwrvations respecting the Origin of Ihc Yellow Fever in tkis Countrij, and a Review of the différent Modes of treating it. Philadelpliia, 1800, 111-8°.
— VII. Experiments on the Nerves. particulary on their Reproduction, and on the Spinal Marrow of Living Animais. In Philosoph. Transact., t. LXXXV, p. 177, 1795, et Simmons Med. Facts and Observ., t. VII, p. 156. — VIII. Experiments in which, on the third Daij after Imprégnation, the Ova of Rabbils were found in the Fallopian Tubes, and on the fourth Daij after Imprégnation, in the Utérus itself ivith the first Appearances of the Fœtus. Ibid., t. LXXWII, p. 197, 1797. — XI. Experiments and Observations on the Nature of Sugar. In Nicholson's Jonrn., t. I, p. 557, et Tilloch's Philos. Magaz., t. II, p. 564.
— X. Exp. a Obs. on the Nature of Sugar and of Vcgetable Mucilage. In Nicholson's Jonrn., t. II, p. 400. — XI. Some Experiments and Obs. ou Galvanic Electricity. Ibid., t. IV, p. 187, 25*. — XII. Some Obs. on différent Hydrocarbonates, etc., in Reply to some of Priestley's late Objections to the New System of Chemistry. Ibid., t. V, p. 1, 201. — XIII. Obs. in Answcr to Priestley's Memoir in Defence of the Doctrine of Phlogiston. Ibid., 1802, p. 42. — XIV. Experiments on and the Manner of dislinguishing Several Diseuses by the Urine. In Tilloch's Philos. Magaz., t. II, p. 240. L. llx.
C'ittl.îlPE (Samuel). Médecin aui^lais, naquit en 1766 et pratiqua son art à Limerick, en Irlande, où iJ mourut le 27 janvier 171)6, àràyc de trente ans. lia publié un certain nombre d'articles dans les recueils périodiques et deux ouvrages dont l'un traite de l'opium, et oii ilprétend avoir retire du coquelicot {papaver rhœas) un opium parfaitement semblable à celui qui est extrait du pavot somnifère d'Egypte; l'autre est consacré à l'examen des moyens de procurer de l'ouvrage au peuple et a été couronné par l'Académie royale d'Irlande.
Voici les titres de ces deux ouvrages et d'un mémoire de Crumpe lu à l'Académie :
I. Essay on the bal Means of providing Employment for the People; to which was adjudged tlie Prize proposed by the R. D-ish Academy. Dublin, 1793, in-S". Ibid., 1795, in-8». Traduct. allern. par C.-.\. Wicfiman.v. Leipzig, 1790, in-S". — II. Inquiry into the Nature and Properties of Opium, tvherein ils Component Prlnciples, Mode of Préparation and Use or Abuse in particular Diseases, are experimentally invesligated and the Opinions of former Authors on thèse Points impartially examined. London, 1795, in-8°. Trad. en ail. par P. SciiEEL. Copenhague, 1796, in-8''. Aul. trad. ail. Leipzig, 1797, in-8°. — 111. Ilistory of a Case in tvhich very U ncommon Worms were discharged from the Slomach; wllh Observations thereon. In Transact. of the Irish Academy, t. IV, p. 57, et Simmon's Med. Facts and Observ., t. VIII, 229. L. H»,
C'RLiRA.L (GAi\.\L), CRURALE (Arcade), CRtJRALE (Hernie). La description du canal crural et de l'arcade crurale est donnée en détail à l'article Aine : nous ne pouvons donc qu'y renvoyer. On trouve aussi à ce mot les développements nécessaires sur les maladies de la région qui affectent plus ou moins le canal crural. Quant à la hernie crurale en particulier, il en sera traité en même temps que de la hernie inguinale, parce qu'il a paru bon de réunir dans un même article deux lésions appartenant à une même région et pouvant donner lieu, par leur voisinage même, à des considérations d'anatomie chirurgicale, de diagnostic et de traitement \yoy. Inguinale (Hernik)]. Dechambre.
CRURAL (Muscle). Vo]]. Triceps crural.
DICT ENC. XXIIi. "ïo
or»V CRURAL (ÎNekf).
cnvvtAl, (i\'erf). (Nerf crural antérieur, nerf fémoral, nerf muscuîocntané <le la cuisse. Nerf fémoro-prétibial. Ch.)
g 1. Anatoinie. Ce iicrf, que l'on peut en quelque sorte considérer comme la continuation du plexus lombaire, en constitue la branche terminale médiane la plus externe, la plus considérable et, par conséquent, la plus importante.
Formé principalement par les troisième et quatrième paires lombaires, il étend parfois son origine à la seconde et même, quoique plus rarement, à la première paire.
Situé tout d'abord dans le muscle psoas,. dont il faut disséquer les fibres pour bien préparer les origines de ce tronc nerveux, il y reste renfermé dans une étendue variable suivant les sujets, puis s'en dégage à peu près au niveau de l'articulation sacro-verlébrale et chemine obliquement en bas, en dehors et en avant, dans l'espace celluleux qui sépare le psoas de l'iliaque : placé sous le fascia iliaca, c'est-à-dire contenu dans la gaine fibreuse des deux muscles précédents, il ari'ive en dehors de l'éminence iléo-pectinée au niveau de l'arcade de Fallope, sort du bassin sous cette bandelette fibreuse avec ces mêmes musi les et s'épanouit presque immédiatement à la partie supérieure de la cuisse, après avoir traversé l'aponévrose du psoas-iliaque, en une foule de rameaux divergents qui souvent proviennent des deux, troncs principaux d'une bifurcation.
Ce nerf ne porte donc le nom de Crural qu'en raison de la distribution des rameaux qui en forment l'épanouissement et qiri sont destinés aux téguments et à certains muscles de la cuisse, car il n'existe pas de tronc crural proprement dit; ce tronc est presque tout entier iliaque, par son origine et l'étendue de son trajet.
Dans l'abdomen, son cordon légèrement arrondi se trouve séparé des artère et veine iliaques par l'épaisseur du muscle psoas; et dès qu'il atteint le ligament de Poupart il s'incline un peu en dehors en s'aplatissant et, toujours contenu dans la gaînc des muscles psoas et iliaque réunis, il laisse en dedans l'artère fémorale : il est donc placé en dehors de la paroi externe du canal crural et il n'est pas renfermé dans la gaine des vaisseaux fémoraux ; c'est le fasciailiaca et la bandelette ilêo-pectinée (dépendance de ce dernier) qui l'en séparent.
Dubruciî {Des anomalies artérielles comidérées dans leurs rapports avec la pathologie et les opérations chirurgicales, 1847, p. 341) a représenté, planche XIll de son atlas, une anomalie de position curieuse et importante du nerf crural, découverte sur le corps d'un jeune homme injecté pour les préparations anatomiques. Dans ce cas, le nerf était déjeté en dedans entre la veine et l'artère qui, près de l'arcade, émettait la profonde. L'artère épigastrique qui se détachait de la fémorale superficielle croisait en travers le nerf crural dont l'ectopie ne dépendait nullement d'un changement dans les rapports de l'artère ou de la veine satellite, puisque ces dernières n'avaient pas éprouvé le moindre changement. On comprend facilement combien cette inversion du nerf crural eût dû gêner l'opérateur dans la ligature de la fémorale au niveau du tiers supérieur; ayant fait l incision, suivant les règles prescrites, et trouvant le nerf crural, il n'aurait pas manqué de se reporter en dedans pour chercher le vaiss^eau artériel qui était situé en dehors. Dans cet exemple, une lame fibreuse <'i)aisse séparait le nerf des vaisseaux cruraux.
Ce nerf iouruit des rameaux collatérauc et des branches terminales Rameaux coli.aïkraux du nerf crural. Leur nombre est assez vai'iable leur
CRURAL (Neuf). 595
disposition irrégulière et leur volume peu considérable. Ils sont destinés aux muscles psoas-iliaque et pectine.
1° Rameaux des muscles psoas et iliaque. Généralement il n'existe qu'un seul filet grêle pénétrant le psoas, par sa partie postérieure, ce dernier recevant la plupart de ses rameaux des autres branches du plexus lombaire, qui fournit également à la partie supérieure de l'iliaque ; en dehors, le tronc principal fournit, dans son trajet pelvien, et l'un après l'autre, trois ou quatre rameaux destinés à la partie inférieure du muscle iliaque et qui le pénètrent isolément après avoir cheminé à sa surface libre. Ces rameaux échelonnés, en quelque ^orte, parcourent un trajet d'autant plus long et parviennent d'autant plus tard au muscle iliaque qu'ils sont nés plus bas; ils présentent quelquefois, d'après Sappey, une disposition picxiforme. Il n'est pas rare, dit Cruveilhier, de voir le nerf inguinal externe (inguino-cutanc des auteurs) naître du nerf crural.
2" Rameau pectine. Peu volumineux, mais constant, il se détache de la partie interne et inférieure du crural pour décrire derrière le paquet vasculonerveux une légère courbe à concavité supérieure, se dirige en dedans et se divise en un pinceau de ramuscules pénétrant la face antérieure de la partie moyenne du muscle pectine. Nous avons vu deux filets pectines naître du crural €t se distribuer l'un à la partie supérieure, l'autre à la région inférieure de ce muscle.
Branches terminales du nkrf crural. Nous les grouperons en quatre faisceaux, deux antérieurs, deux postérieurs.
a. De}ix faisceaux antérieurs. 4" Grande branche musculo-cutanée crurale. Nerf musculo-cutané externe (Sappey); 2° petite branche musculo-cutance crurale. Nerf musculo-cutané interne (Sappey) ou petite branche de la gaine des vaisseaux fémoraux (Crnvoilhier).
1° Plus considérable et plus superficielle que la suivante, la grande brandie musculo-cutanée crurale constitue en grande partie ce que L. Hirschfeld comprend sous le nom de faisceau superficiel du nerf crural; elle se dirige obliquement en dehors et en bas, côtoie les bords correspondants des muscles couturier et p<oas-iliaque et se divise bientôt en rameaux multiples, les uns musculaires,, les autres cutanés.
Les rameaux musculaires (de la grande branche musculo-cutanée) sont exclusifs au muscle couturier : les uns, courts, sont destinés à la partie supérieure de ce muscle ; le plus élevé d'entre eux (ascen^/a«f) affecte souvent la disposition que nous avons décrite pour le rameau pectine et il se dirige en dehors en figurant une arcade à concavité supéi'ieure avant de pénétrer le corps charnu ; les autres, longs ei grêles [descendants), également dévolus au même muscle, cheminent à sa face profonde, avant d'en pénétrer les fibres à la partie moyenne ; ils sont extrêmement variables en nombre , on n'en rencontre parfois qu'un seul.
Les rameaux cutanés (de la grande branche musculo-cutanée) sont au nombre de trois :
a. Un ev 1er ne (rameau cutané externe ou rameau perforant cutané suj)érieur) répond tout d'abord à la face postérieure du couturier, traverse ce dernier sans lui abandonner de filets propres à la réunion du quart supérieur avec les trois quarts inférieurs, s'anastomose souvent, d'après Cruveilhier, avec un rameau venu du nerf inguinal interne, se dirige verticalement en bas dans un dédoublement de l'aponévrose fémorale, enfin se dégage de cette gaine fibreuse pour devenir sous-cutané et se terminer en deux ou trois filets fort longs
596 CRURAL (Nerf).
et tort «ïrêles qui s'épuisent dans les téguments correspondants et que le scalpel d'un habile anatomiste peut suivre aisément jusqu'à la peau qui recouvre la
rotule.
6. Un moyen {rameau cutané moyen ou rameau perforant cutané inférieur) compris dans la gaîne du couturier répond à la face interne de ce muscle, puis à son bord intez'ne, perfoi^e le corps charnu près de ce bord à peu près au niveau ou au-dessous du milieu de la cuisse, chemine verticalement en bas derrière l'aponévrose fémorale à laquelle il se trouve accolé et qu'il ne traverse que bien plus bas; il répond alors aux téguments du tiers inférieur et antérieur de la cuisse où il se ramifie entre la peau et la bourse séreuse souscutanée de la rotule en décrivant diverses arcades et en s'anaslomosant soil avec un ou deux filets provenant du nerf saphène interne, principalement de sa branche réfléchie, soit avec un rameau de la branche accessoire du saphène.
-/. Un inférieur [rameau cutané interne ou rameau accessoire du nerf saphène interne) moins volumineux et vertical se bifurque au-dessous du pli ino^uinal : 1° en un filet superficiel satellite de la veine saphène interne, qui, après avoir pénétré dans la gaîne du couturier, puis en être sorti à la partie moyenne, côtoie la veine saphène interne et la quitte pour aller fournir à la peau de la région interne du genou en s'anastomosant avec le nerf saphène interne ; 2" en un filet profond satellite de Vartère fémorale. « Ce filet, dit Cruveilhier, croise obliquement le nerf du vaste interne et le nerf saphène au devant desquels il est situé, gagne la gaîne des vaisseaux fémoraux, côtoie l'arlère fémoriile, qu'il recouvre dans son quart inférieur, en la croisant très-obliquement, croise le tendon du troisième adducteur et, parvenu au niveau de l'anneau de ce muscle, perfore la paroi interne, s'épanouit en un grand nombre de filets dont un s'anastomose avec le filet superficiel, un autre avec le nerf obturateur, un troisième avec le nerf saphène interne. Il en résulte une sorte de plexus, d'où partent plusieurs nerfs qui croisent obliquement le droit interne pour se distribuer à la peau de la région postérieure de la jambe. »
2" \idipetHe branche musculo-cutanée crurale, branche delà gaîne des vaisseaux fémoraux, moins considérable que la précédente, est Irès-variable dans son origine et son mode de distribution. Elle provient fréquemment du plexus lombaire et Cruveilhier l'a vue naître de la quatrième paire des lombes. Elle se divise presque immédiatement en plusieurs filets grêles qui se dirigent en bas en dedans et en arrière, perforent tous la gaîne des vaisseaux en se disposant les uns en avant, d'autres au-dessous, d'autres enfin entre eux deux. Ils sortent de la gaîne et affectent une distribution différente ; l'un d'eux accompagne la veine saphène interne après s'être échappé par l'orifice de cette veine, un autre \a plonger dans le muscle pectine (Sappey); Cruveilhier ne le mentionne pas; d'autres sont destinés aux petit et moyen adducteurs de la cuisse, surtout le second de ces muscles; les plus importants enlacent les veine et artère fémorales profondes, se dirigent en dedans, perforent l'aponévrose, deviennent souscutanés et peuvent être suivis, quoique difficilement, jusqu'à la partie moyenne de la cuisse, aux téguments de laquelle ils se distribuent (région antérieure et interne) .
Les filets terminaux des rameaux cutanés de la grande branche musculocutanée, par leur réunion anastomotique avec ceux du nerf saphène interne, déterminent tout autour du genou et sur la face antérieure de la rotule une ou plusieurs anses nerveuses (ansa nervosa patellœ superficialis : Yalentin) qui se
CRURAL (Nerf). î)tt7
prolongent des deux côtés surtout en dehors et qui envoient des ramifications en bas, vers la jambe; celles-ci enfm formeraient, suivant cet anatomiste, des plexus aippdés plexus rotuliens superficiels sur la partie inférieure de la rotule, au devant des parties accessoires de l'articulation du genou. Ces anses et plexus peuvent être, jusqu'à un certain point, rapprochés du réseau artériel anastomotique provenant des branches articulaires qui entourent la rotule et sont destinées, au point de vue de l'innervation, à jouer un rôle important en physiologie.
b. Deux groupes postérieurs. Ils constituent la portion du nerf crural que L. Hirschleld désigne sous la dénomination de Faisceau profond du nerf crural : 1" l'un externe, musculaire, nerfs du triceps fémoral; 2" le second, cutané interne, nerf saphène interne.
i" Nerfs du triceps fémorcd. Quelquefois leur naissance se fait par un tronc commun qui bientôt se divise; mais le plus souvent on les voit se détacher isolément du tronc principal et s'écarter les uns des autres; dès leur origine ces branches, comme la plupart de celles que nous venons de passer en revue, sont enveloppées par un tissu adipeux assez abondant qui est répandu entre elles et qui gène leur dissection. Elles sont au nombre de trois.
La branche du droit antérieur, assez volumineuse, se dirige en bas et en dehors, se place sous la face profonde de ce muscle qu'il faut rejeter en dehors pour l'apercevoir et la disséquer, et fournit des filets ascendants plus courts, parfois curvilignes pour la partie supérieure, et des filets descendants plus gros et plus longs qui vont s'épuiser en s'échelonnant dans les régions moyenne et inférieure du corps charnu.
La branche du vaste externe, plus considérable et souvent confondue en haut avec la précédente, dans un même tronc commun, se place entre le vaste interne et le droit antérieur qui en reçoit souvent un filet, pénètre sous la face profonde du vaste externe et se bifurque en deux petits rameaux dont l'un supérieur destiné à la partie correspondante de ce muscle donne également un filet cutané perforant le tenseur du lascia-lata, dont l'autre inférieur descendant, plus gros et plus long, est destiné encore au vaste externe et fournit accessoirement au vaste interne.
La branche du vaste interne est très-importante, moins cependant par son volume que par la distribution de ses rameaux; ces derniers sont presque toujours doubles. L'un externe, plus grêle, mais très-long, qui fournit des filets musculaires pour le vaste interne et le muscle sous-crural ou tenseur de la synoviale du genou et des filets périostiques qui, pouvant être suivis jusqu'à la poulie fémorale, prennent pour quelques-uns d'entre eux le nom i]' articulaires; l'autre branche de l)ifurcation est interne, placée en avant de l'infundibuluni fémorali-vasculaire et parallèle à l'artère fémorale et au nerf saphène avec l'origine duquel elle confond souvent la sienne ; elle pénètre le vaste interne au niveau de l'anneau du troisième adducteur, mais, outre ces filets musculaires, elle donne aussi deux filets osseux (Sappey) pénétrant dans le canal nourricier, d'autres périostiques pour le fémur et la face antérieure de la rotule, un autre articulaire qui, situé sur le côté interne de ce dernier os, s'engage sous le ligament rotulien et s'épuise dans le peloton cellulo-adipeux qu'on remarque à ce niveau.
2° Nerf saphène interne (nerf tibioculané Ch., nerf fémoral cutané interne ou grand nerf saphène interne de Bock). Exclusivement cutané, il est la branche
598 CRURAL (IS'ef.f).
terminale la plus volumineuse et la plus longue, puisque, destiné non-seulement aux téguments de la cuisse, mais à ceux de la jambe, il semble être la continuation du tronc nerveux crural.
Aussitôt après son origine, ce nerf, qui est à la fois satellite profond de l'artère fémorale à la cuisse et satellite superficiel de la veine saphéne interne à la jambe, et antérieur à cette veine, se dirige en bas et en dedans, traverse la gaine des vaisseaux dans laquelle il est leçu et où il accompagne la crurale jusqu'à l'anneau du troisième adducteur. A ce niveau, au lieu de gagner comme le vaisseau artériel le creux poplité, il reste à la partie interne de la cuisse, perfore la paroi antérieure de ce canal fibreux par un orifice particulier, et suit verticalement le tendon du grand adducteur jusqu'au condyle interne du fémur; là, il se dirige un peu en arrière entre le couturier et le droit interne, appliqué sur le vaste interne de la cuisse, et se divise aussitôt en deux branches terminales.
Comme rameaux collatéraux du nerf saphène interne, les auteurs en décrivent trois, deux cutanés, un articulaire ; nous en ajoutons un quatrième anastomotique avec le nerf obturateur. Les deux rameaux cutanés, fémoral et tibial (Cruveilhier), naissent, le premier à la partie moyenne de la cuisse, le second au niveau du canal du grand adducteur. Ils se dirigent tous deux en arrière et en bas, passent entre le couturier et le droit interne, perforent l'aponévrose, s'anastomosent tous deux à nouveau avec d'autres filets du saphène lui-même et se répandent, le fémoral aux téguments de la région interne et postérieure de la cuisse et du creux poplité, le tibial à ceux de la région interne et postérieure de la jambe. Le filet articulaire né au niveau du canal du grand adducteur suit verticalement la cloison intermusculaire interne et est destiné à l'articulation du genou et au tissu graisseux synovial.
Outre ces trois rameaux collatéraux, le saphène interne en émet un quatrième anastomotique qui le relie au nerf obturateur ; tantôt il n'est constitué que par une branche notablement volumineuse qui existe au niveau de la partie supérieure et sur laquelle la bifurcation du tronc fémoral artériel, en a. superficielle et a. profonde, se trouve en quelque sorte à cheval ; tantôt l'union de ces deux nerfs (saphène et obturateur) par la branche anastomotique se fait très-bas, c'est-àdire au-dessus ou même à l'intérieur du canal du troisième adducteur ; tantôt il existe deux filets anastomotiques obturateurs, l'un en haut, l'autre en bas, ce qui est assez rare toutefois.
Branches terminales du saphène interne. Au nombre de deux : la brandie antérieure, transversale, réfléchie ou rotnlienne,est en quelque sorte un troisième rameau perforant qui, après avoir traversé le couturier à sa partie inférieure, se dirige en bas et en avant pour longer la face interne du genou en décrivant, comme le tendon de ce muscle au-dessus duquel il est situé, une courbure à concavité supérieure ; il fournit un grand nombre de filets divergents qui se distinguent en ascendants ou supérieurs, en transversaux ou moyens (téguments de la région antéro-inférieure du genou) et en. descendants ou inférieurs (téguments de la partie supérieure et interne de la jambe).
La branche postérieure verticale, directe ou jambière, est le prolongement du tronc : après avoir reçu une nouvelle anastomose du nerf obturateur, elle traverse l'aponévrose qui lui forme une sorte d'arcade fibreuse, entre le droit interne qui est en arrière et le couturier qui est en avant, s'accole à la veine saphène interne dont elle suit la direction verticale (satellite de cette veine) et
CRURAL (^liKF^.
fournil dans son trajet de nombreux filets antérieurs et postérieurs destinés aux téguments de la moitié interne de la jambe. Arrivée un peu au-dessus de la malléole interne, elle se divise — en rameau antérieur qui continue à accompagner la sapliène sur la face interne du tibia et en avant de la malléole interne pour s'épanouir en fdets articulaires (articulation tibio-tarsienne et articulations des os du tarse) et filets cutanés pour les téguments de la région tarsienne interne et même ceux de la région du premier métatarsien et du premier orteil ; — eu rameau postérieur moins considérable que le précédent qui passe derrière la saphène en avant de la malléole interne et fournit de nombreux filets aux téguments de la partie interne de la plante du pied (anastomoses avec le musculo-cutané).
Meckel {Manuel (Vanat. gén. descripl. et path., t. lll, 155, I8'25) a cru devoir poser un parallèle entre les nerfs du membre inférieur et ceux du membre supérieur. « Le cutané externe du bras, dit-il, et le radial, correspondent au crural ; le cutané interne, le médian et le cubital, au sciatique ; le cutané externe et la longue branche cutanée du radial sont évidemment les nerfs saphènes interne supérieur et inférieur du membre pelvien, puisqu'ils descendent le long du côté du pouce et du gros orteil qui est l'interne dans la pronation modérée du membre supérieur, et qui l'est toujours pour le membre inférieur quand il se trouve au repos.
« Les branches cutanées du nerf crural sont les branches supérieures du radial. Elles se répandent dans les muscles extenseurs de la jambe, comme celles-ci dans les extenseurs de l'avant-bras... »
C'est là une vue d'ensemble qui nous semble tout au moins exagérée, car, s'il est encore permis d'établir entre les deux membres un rapprochement, quelque défectueux qu'il soit, en ce qui regarde le squelette, les muscles et les vaisseaux, celte comparaison ne nous paraît pas pouvoir s'étendre au système nerveux sans forcer considérablement l'analogie : aussi nous ne nous y arrêterons pas plus longtemps.
1° Branches collatérales.
l Rameaux du muscle psoas-iliaque
I Deux faisceaux
antérieure
(Faisc. superfic. de