‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.23Chapitre 6 sur 52 · BAUME CRÉOSOTE · texte numérisé non relu

BAUME CRÉOSOTE

Alcoolat de mélisse composé 10 grammes.

Huile d'amandes douces 20 —

Fiel de bœuf 40 —

Créosote x goultes.|

Cette préparation est donnée par Bouchardat sous le nom de Baume acoustique.

GARGARISME CRÉOSOTE (il. GREEn)

Créosote ixiv gouttes.

Teinture de Myrrhe i2 grammes.

Teinture de lavande composée 12 —

Sirop simple 24 —

Eau Je fontaine 150 —

Contre l'angine folliculaire localisée à la muqueuse pharyngienne et les inflammations chroniques de la gorge.

CRÉOSOTE SOLIDIFIÉE (sTAN. MARTIn)

Créosote. . . • lo grammes,

Collodion 10 —

Le mélange aurait la consistance d'une gelée. H peut être facilement introduit dans la cavité d'une dent cariée pour l'obturer ; il a l'avantage de ne pas fuser sur la gencive. L'auteur a sans doute voulu dire qu'il fallait se servir de créosote phéniquée, ou du goudron de houille, car la créosote de bois se distingue de l'acide phénique précisément en ne se solidifiant pas avec le collodion.

POMMADE CREOSOTEE

Créosote Ià4 grammes.

Axouge 50 —

Contre les dartres, les ulcères, etc.

Pour les usages à Vintérieur, on évitera autant que possible de prescrire les poudres et les pilules créosotées. Les doses quotidiennes sont de 0,40 à 0,80 pour un adulte ; de 0,05 à 0,40 centigrammes pour un enfant, suivant l'âge.

L'eau et le vin créosotes constituent de bonnes préparations auxquelles on aura le plus habituellement recours; plus rarement on ordonnera les potions.

VIN CRÉOSOTE (fOURNIER)

Créosote 6 grammes.

Alcool de Montpellier - 125 —

Sirop de sucre 400 —

Vin de Malaga Q. S. pour faire I litre.

118 CRÉOSOTE (emploi médical).

SIROP CRÉOSOTE (mAÏEt)

Créosote 5 grammes.

Alcool à 80° 125 —

Sp. de vin de quinquina au Malaga 375 —

POTION CRÉOSOTÉE (eBERs)

Créosote » à iv gouttes.

Mucilage de gomme 50 grammes.

Éraulsion de pavot blanc 150 —

Sucre -i —

Une cuillerée à soupe toutes les deux heures dans la bronchite ou la plitliisie.

PILULES DE CRÉOSOTE (pITSCHAFFt)

Créosote v gouttes.

Ciguë 20 centigrammes.

Magnésie et mucilage Q. S.

En trois pilules. A prendre contre les vomissements de la grossesse.

L'eau de Binelli {Aqua arlerialis halsamica Doct. Binelli), composée à Turin vers 1797 et qui jouissait d'une grande vogue au commencement de ce siècle comme eau liémostatique, était à base de créosote selon toute vraisemblance (Sweigger-Seidel).

Les inhalations de créosote n'ont aucune valeur à cause du faible degré de volatilité de ce liquide, aussi ne parlerai-je pas des divers procédés proposés, tous sans importance.

Antidotes. Contre-poisons. Dans un cas d'empoisonnement par la créosote, quelle serait la conduite à tenir? Avant tout et si l'on soupçonnait la présence possible du poison dans l'estomac, il faudrait recourir à un vomitif ou à la pompe stomacale pour débarrasser l'organe. On pourrait encore faire ingérer de l'eau albumineuse qui invisquerait le liquide toxique et l'empêcherait de manifester son action irritante sur la muqueuse gastro-intestinale. Les contre-poisons chimiques n'existent pas et d'ailleurs, à supposer qu'on les connaisse, seraientils bien applicables?

Quant aux antidotes ils sont également inconnus. On se bornera à combattre le collapsus par les stimulants généraux ; puis on traitera par des moyens appropriés l'irritation gastro-intestinale, conséquence obligée du passage de la créosote à travers les voies digestives. Ernest Labbée.

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CREPIDE. Crépis h. Genre de plantes Dicotylédones, appartenant à la famille des Synanthérées, triliu des Chicoracées. Le capitule des espèces de ce groupe a un involucre à folioles imbriquées, dont les extérieures sont souvent plus petites que les autres et forment comme un calicule. Les akènes sont marqués de côtes longitudinales, au nombre de six à trente ; ils sont atténués au sommet, terminés en bec et munis d'une aigrette blanche, à soies, capillaires. €e sont des plantes herbacées, laiteuses, à Heurs jaunes ou purpurines à la face externe.

Les espèces qui ont quelque intérêt sont : le Crépis fœtida L., plante indigène, croissant abondamment dans les lieux stériles et sablonneux, dont les akènes de la circonférence ont le bec moins allongé que ceux du centre : elle porte sur son involucre des poils glandulifères sécrétant des globules résineux, qui lui donnent une odeur forte et désagréable : sa saveur est mauvaise. Malgré ces propriétés, qui semblent indiquer une certaine activité dans cette plante , elle est inusitée.

Le Crépis placera Tenore, qui vient dans la Sicile et l'Italie méridionale, serait, d'après Tenore, une espèce dangereuse; mais le fait n'est point suffisamment établi.

Enfin le Crépis sibirica qui, ainsi que son nom l'indique, vient dans certains points de la Sibérie, donne au printemps des tiges laiteuses que, d'après Pallas, mangent les Baskirs. Le nom de cette plante est Chakœ dans son pays d'origine. Pl.

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CRÉPiTAi>!T et sous-CRÉPiTAiVT (Râle). I. Le RALE CRÉPITANT, ainsi appelé par Laënnec, donne à l'oreille la sensation d'ime crépilalion fine et rapide, éclatant par bouffées composées de petites bulles sèches, égales entre elles, très-nombreuses et perçues exclusivement pendant l'inspiration. Le râle

120 CREPITAxNT.

crépitant, appelé aussi râle vésiculaire par Andral et par Skoda, parce qu'il parait siéger dans les vésicules pulmonaires, a été comparé par Laënnec qui l'a découvert, ou bruit que produit du sel que l'on fait décrépiter à une chaleur douce dans une bassine, à celui que donne une vessie sèche qu'on insuffle ou un poumon sain et gonflé d'air qu'on presse entre les doigts. On l'a comparé encore, et avec plus de justesse, à la crépitation fine et sèche que produit uue mèche de cheveux que l'on froisse au devant de la conque de l'oreille. Du reste pour se faire une idée du râle crépitant, il faut l'avoir entendu et dès lors on ne l'oublie plus.

Le râle crépitant, nous l'avons dit, s'entend exclusivement pendant l'inspiration. Quelquefois, il est perçu pendant les deux ou trois premières inspirations et il disparaît ensuite; souvent on ne l'entend qu'après les fortes secousses de toux. Le nombre de ses bulles généralement très-considérable est, dans certains cas, notablement réduit. Son caractère dominant est de persister après la toux et même après l'expectoration. 11 siège généralement dans un seul côté et le plus souvent à la partie postérieure et inférieure de la poitrine.

Le râle crépitant s'observe surtout dans la pneumonie au premier degré (splénisation). Son apparition est précédée parfois pendant quelques jours soit d'une diminution du bruit respiratoire (Grisolle), soit d'une respiration puérile (Stokes). 11 disparaît généralement lorsque la pneumonie passe du premier au deuxième degré (hépatisation). 11 fait place alors au souffle tubaire et en se mêlant à ce dernier phénomène, il donne naissance parfois à cette variété de bruit que Grisolle a appelé bruit de taffetas déchire', qui ne s'entend qu'à l'inspiration et qui paraît se rattacher à une induration limitée de la surface pulmonaire. L'apparition du souffle bronchique n'exclue pas la persistance du râle crépitant dans certains points du poumon non encore atteints par l'hépatisation.

Lorsque s'opère la résolution de la pneumonie, lorsque l'air pénètre de nouveau dans les vésicules pulmonaires, leur perméabilité renaissante s'annonce pai* l'apparition d'un râle à bulles moins fines et plus humides que Laënnec a appelé râle crépitant de retour. Mêlé d'abord au souffle bronchique, ce râle S3 montre ensuite seul à l'inspiration et à l'expiration, puis il devient plus gros, n'est plus perçu qu'à l'expiration et revêt finalement les caractères du râle muqueux ou sous-crépitant. D'après Graves le râle de retour serait produit par une sécrétion qui se fait à l'intérieur des vésicules et des petites bronches. Aussi ce râle ferait-il défaut dans les pneumonies qui ne s'accompagnent pas d'expectoration.

On n'observe pas toujours le râle crépitant avec les caractères que nous lui avons assignés en le définissant. Parfois, il est composé de bulles moins nombreuses, plus inégales entre elles, plus humides et plus volumineuses qui le font ressembler au râle'sous-crépitant. 11 en est ainsi dans la pneumonie catarrhale oià une crépitation plus humide, fugace et mobile, témoigne du peu de profondeur et du peu de ténacité de la lésion ; il en est de même encore dans la pneumonie typhoïde, dans la pneumonie des enfants et dans celle de beaucoup de vieillards. D'après Hourmann et Dechambre, le gros volume des bulles tient chez les vieillards à l'agrandissement des vésicules pulmonaires par suite de l'absorption du tissu intervésiculaire. Durand-Fardel dit avoir constaté un râle crépitant véritable dans la moitié des pneumonies des vieillards. D'un autre côté, Barth et Roger ont trouvé parfois chez les enfants des bulles de râles crépitants d'une finesse extrême qu'ils attribuent à la petitesse des cellules pulmonaires chez les sujets peu âges; mais ce n'est là qu'une exception à la

règle générale et le râle crépitant vrai, s'il peut exister dans la pneumonie de la seconde enfance, ne s'entend du moins jamais dans celle des enfants à la mamelle (Bouchut). Le râle crépitant à bulles plus grosses et plus humides qu'on observe chez ces derniers paraît siéger plutôt dans les petites bronches que dans les vésicules pulmonaires.

Le râle crépitant fncile à distinguer du râle sous-crépitant moyen, dont il sera question plus loin, ne pourrait être confondu qu'avec le râle sous-crépitant fin de la bronchite capillaire lequel paraît se former à la fois dans les radicules bronchiques et dans les cellules pulmonaires ; mais ce dernier râle occupe les deux temps de la respiration et les deux bases de la poitrine et n'est ni suivi ni accompagné de souflle bronchique.

Certains frottements pleuréliques composés de petits craquements successifs et plus ou moins égaux entre eux, simulent quelquefois le r:\le crépitant de la pneumonie, mais ils s'en distinguent par la finesse et l'égalité moindres des bulles, par leur coïncidence avec les deux temps de la respiration, par leur rudesse et leur transformation rapide en un véritable bruit de frottement pleural. Cette crépitation qui a été étudiée avec soin par Damoiseau et que cet auteur regarde comme d'origine constamment pleurélique, peut cependant être parfois un véritable râle crépitant dû à un engouement pulmonaire de voisinage, déterminé par l'inflammation de la plèvre. Cette fluxion du poumon, comme l'appelle Trousseau, donne naissance à une crépitation fine et sèche symptomatique d'une exsudation séro-muqueuse des vésicules pulmonaires, exsudation qui débute avec la pleurésie et peut survivre à la résorption de l'cpanchemcnt.

Le râle crépitant peut encore prendre naissance, lorsque le poumon vient à subir une expansion subite et à se congestionner, après avoir été comprimé par un épanchement pleurétique qui s'est résorbé rapidement ou qui a été évacué parla thoracentèse. Dans ces cas, le râle crépitant est généi'alement mêlé à des bruits de frottement dont l'oreille a souvent peine à le distinguer.

Par quel mécanisme se produit le râle crépitant? L'ampleur plus ou moins marquée des vésicules pulmonaires ne saurait être regardée comme la cause unique de la forme et du volume présentés par le râle crépitant, car si chez le vieillard la grosseur des bulles est en rapport avec le volume plus gi^and des vésicules, il n'en est plus de même dans l'enfance où la véritable crépitation est rare, malgré la disposition tout à fait inverse des alvéoles.

La crépitation pneumonique ne peut s'expliquer non plus par la nature des liquides épanchés dans les vésicules pulmonaii'es. D'une série d'expériences faites sur des liquides plus ou moins denses traversés par des bulles d'air, Rob. Spittal avait conclu que les fluides séreux étaient les seuls dont les bulles donnent à l'oreille la sensation du râle crépitant de la pneumonie ; mais c'est là une erreur, car la clinique démontre que c'est dans le premier degré de la pneumonie, alors que les crachats présentent le plus de viscosité et de ténacité que la crépitation est la plus fine et la plus sèche, tandis qu'elle perd ces caractères au moment de la résolution, lorsque les liquides redeviennent fluides et parfois séreux (Grisolle).

Le râle crépitant est-il dû au passage de l'air à travers les mucosités coutenues dans les cellules pulmonaires, comme l'a enseigné Laënnec et comme on l'a généralement admis après lui? Nous ne le pensons pas. En effet, si dans les grosses bronches et dans les cavernes pulmonaires il se forme des bulles qu. éclatent avec bruit aux deux temps de la respiration par le passage du courant

aérien, il lî'en est plus de même dans les bronchioles fines et dans les vésicules pulmonaires. Ici le coiirant d'air n'est plus assez intense et l'espace qu'il traverse est trop étroit pour que les liquides y puissent être soulevés sous forme de bulles (Guttmann). Les râles paraissent être dans ce cas le résultat de l'écartement des parois vésiculaires qui se séparent bruyamment pendant l'inspiration pour livrer passage à l'air. Cette condition n'existe plus pendant l'expiration et c'est pour cette raison que le râle crépitant fait défaut au second temps de l'acte respiratoire. Déjà Beau avait regardé le râle crépitant comme le résultat du déplissement et du froissement des vésicules pulmonaires desséchées par linflaramation commençante et il avait montré que l'insufflation d'un poumon de mouton un peu desséché y produisait un bruit analogue au râle crépitant sec. Wintrich en déterminant le même bruit par l'insufflation, sur le cadavre humain, des alvéoles pulmonaires simplement affaissées et accolées après la mort, a démontré que la sécheresse inflammatoire des vésicules pulmonaires n'est pas nécessaire pour que le râle crépitant prenne naissance. Il l'ésulte de tout cela que les râles nés dans les alvéoles pulmonaires et même dans les bronchioles les plus fines, ne dépendent pas nécessairement des liquides qui y sont contenus et peuvent même se produire en l'absence de tout liquide, pourvu que pour une cause quelconque, les parois des vésicules viennent à s'accoler pendant l'expiration. Dans la pneumonie l'accolement des parois alvéolaires pendant l'expiration est dû à l'exsudat visqueux qui les tapisse et il est rationnel de supposer que le râle crépitant est le résultat du décollement brusque et bruyant pendant l'inspiration des parois alvéolaires agglutinées. On obtient du reste des bruits qui rappellent la crépitation pneumonique, en séparant brusquement l'une de l'autre les faces palmaires visqueuses de deux doigts ou en détachant la langue appliquée contre le palais. Telle est la théorie presque généralement admise aujourd'hui pour expliquer la production du râle crépitant et cette théorie est confirmée en quelque sorte cliniquement par la sécheresse extrême du râle crépitant, par son absence constante pendant l'expiration et sa naissance fréquente lors de la seconde moitié de l'inspiration, enfin par sa persistance après les secousses de toux et même après l'expectoration.

Le râle crépitant ne manque jamais ou presque jamais dans la pneumonie et lorsque cette affection, dit Grisolle, se révèle par quelque signe sthétoscopique, la crépitation en est le phénomène le plus constant. C'est dans la pneumonie qu'on trouve d'ailleurs le râle crépitant avec ses caractères les plus ti'anchés, et si ce râle se montre dans d'autres affections du poumon, on ne l'y rencontre que modifié ou mêlé à d'autres bruits et revêtant rarement cette finesse et cette sécheresse typiques qu'imite si bien le froissement d'une mèche de cheveux au devant de l'oreille.

Ainsi dans la congestion active du poumon, on retrouve parfois le râle crépitant, mais avec des bulles généralement plus grosses et plus humides qui le rapprochent du râle sous-crépitant. Il en est de même dans la congestion pulmonaire passive où d'ailleurs, il occupe les parties déclives des deux poumons et se fait remarquer par sa persistance, sans être suivi de souffle tubaire, à moins qu'une véritable pneumonie ne survienne.

Le râle crépitant de Yœdème pitlmonaire est rarement caractéristique. Il ressemble le plus souvent au râle sous-crépitant par la grosseur, riné"-alité et l'humidité des bulles, parce que l'exsudat séreux occupe à la fois les alvéoles pulmonaires et les petites bronches ; il siège aux parties déclives des deux pou-

mons et coïncide ordinairement avec une hydropisie générale. Il n'existe du reste qu'à condition que l'infiltration séreuse ne soit pas bornée à la trame celluleuse intra-vasculaire (Barth et Roger). " Dans l'apoplexie pulmonaire, le râle crépitant s'observe rarement à l'état sec

^ et fin, il siège dans un ou plusieurs points circonscrits du poumon, est rarement ^ suivi de souffle bronchique et coïncide habituellement avec une maladie du 1" cœur et avec des crachements de sang.

^ Dans les affections que nous venons de passer en revue, la grosseur, l'humi-

"■l dite et l'inégalité des bulles du râle crépitant paraissent tenir à ce que les f^ liquides s'épanchent à la fois dans les vésicules pulmonaires et dans les petites ^ bronches. De là un mélange de râles crépitants et sous-crépitants. Toutefois, ^ le râle crépitant se retrouve à l'état sec et fin dans la congestion sanguine et ¥• dans l'Iiypersécrétion des radicules bronchiques qui se développe autour des '^^ tubercules crus {Voy. Craquements). 11 siège alors le plus souvent au sommet ■ ^' des poumons, persiste longtemps au même degré et est accompagné et suivi de Ifsfe phénomènes tout particuliers qui ne permettent pas de les confondre avec le uiï' râle crépitant de la pneumonie.

)um En résumé, la rareté du râle crépitant vrai dans la congestion, dans l'œdème rpeK el dans l'apoplexie pulmonaires et sa fréquence extrême dans la pneumonie pei en font le signe pathognomonique de la période d'engouement de cette derelèi nière affection.

ita II. TiALE sous-CRÉpiTANT. Ce râle a été décrit aussi sous le nom de râle ireslî muqueux (Laënnec) et sous celui de râle bronchique humide. Le mot muqueux usijiia a le tort de préjuger la nature du liquide qui donne naissance au râle bronlélack chique, car le sang, le pus, la matière tuberculeuse peuvent le produire aussi jnérali! bien que le mucus. Ces dénominations diverses ont jeté une certaine obscu- ;ciielli rite dans les descriptions que donnent du râle soiis-crépitant la plupart des meè livres classiques où l'on trouve rangés sous la rubrique de sous-crépitants des jlssiiitï bruits parcourant toute la gamme comprise entre le râle fin de la pneujtjjcii monie et le gargouillement des cavernes. Il mi été plus rationnel, de substituer au mot sous-crépitant le nom générique de râle bronchique humide, puis- )neii* t|u' aussi bien cette dénomination, sans préjuger en rien la composition des liétostl liquides sécrétés, embrasse dans sa signification deux des caractères les plus I jijjj tranchés des râles dits sous-crépitants, à savoir leur siège constant dans les ,||,jj(jç bronches et l'humidité non moins constante de leurs bulles. ijjl Les différents râles confondus sous le nom de sous-crépitants présentent les jl caractères communs que voici : ils rappellent le bruit qu'on produit en souf- , y flant avec un chalumeau dans l'eau de savon, bruit d'autant plus intense que le le liquide est plus abondant et la force d'insufflation plus, grande ; ils sont tou- , I jours humides et s'entendent à la fois à l'inspiration et à l'expiration, ce qui les distingue d'emblée du râle crépitant ; leur intensité est en rapport direct avec la quantité de liquides contenus dans les voies aériennes et avec la force "^"'ii* ^6s inspirations ; le volume de leurs bulles est en raison directe du calibre des V bronches où elles prennent naissance; ils disparaissent ou sont modifiés par la toux et par l'expectoration ; ils siègent de préférence à la partie inférieure et , . postérieure des deux côtés de la poitrine ; ils coïncident fréquemment avec des ''f , ,;, râles sibilants et ronflants. Enfin tous les râles sous-crépitants reconnaissent un "' ",, seul et même mécanisme, une seule cause physique, le passage de l'air à travers ' ' les liquides accumulés dans les bronches, tels que la sérosité, le mucus, le pus.

le sang, etc. Ces liquides agités pendant les deux temps de la respiration par l'air qui les traverse, donnent naissance à des bulles dont le volume est en rapport avec l'intensité du courant aérien et avec le calibre des bronches où elles se forment. On peut du reste reproduire artificiellement les râles humides en insufflant des poumons dans lesquels on a injecté préalablement une certaine quantité de liquide.

Étant donnés tous ces caractères communs aux divers râles sous-crépitants, il ne reste plus pour distinguer ces derniers les uns des autres que le volume plus ou moins marqué de leurs bulles et leur siège dans tel ou tel point du thorav. Nous admettrons en conséquence, pour la clarté de la description, trois types de râles sous-crépitants : 1" un râle sous-crépitant fin; 2" un râle souscrépitant moyen ; 3" un gros râle sous-crépitant. Chemin faisant nous indiquerons la valeur séméiotique de chacun de i^es râles et de leurs variétés.

1° Le râle sous-crépitant fin ou râle sous-crépitant proprement dit siège dans les dernières l'adicules bronchiques à peine différentes, par leur calibre, des alvéoles pulmonaires. C'est pour cette raison que ce râle se rapproche du râle crépitant de la pneumonie par la petitesse, la finesse, le grand nombre de ses bulles et parfois par leur siège exclusif à l'inspiration. Il en diffère cependant par son apparition possible aux deux temps de la respiration, par l'humidité plus marquée de ses bulles, par son extension habituelle aux deux côtés de la poitrine et par ce fait qu'il n'est ni accoiupagné ni suivi de souffle tubaire. C'est dans la bronchite capillaire que ce râle se montre le plus fréquemment et avec ses caractères typiques. Il occupe alors les parties inférieures du thorax tant en avant qu'en arrière, et se fait remarquer par sa continuité et par l'abondance extrême de ses bulles, résultat de l'encombrement des petites bronches par une quantité énorme de liquides. Dans une épidémie de catarrhe suffocanl dont nous avons rapporté l'histoire en 1866 {Recueil des mém. de médecine militaire), nous avons observé constamment un râle sous-crépitant fin à bulles égales, coïncidant avec les deux temps de la respiration, occupant le plus souvent les parties postérieures du thorax et s'accompagnant parfois d'une expiration raïupte el prolongée qui siégeait au sommet des poumons et qui était due sans doute au retrait lent et pénible des fibres bronchiques distendues par l'excès des liquides sécrétés. Des râles sibilants et ronflants s'entendaient du reste constamment dans les parties supéi-ieures.

En somme, le sous-crépitant fin caractérise surtout la bronchite capillaire. On le trouve aussi, il est vrai, mais avec beaucoup moins d'abondance, dans la congestion tant active que passive des poumons. Dans la congestion passive il occupe plus spécialement les parties déclives du thorax. Le râle sous-crépitant de la congestion reconnaît sans doute pour cause une sécrétion séro-muqueuse ou séro-sanguinolente des petites bronches et des vésicules.

Le râle sous-crépitant fin accompagne parfois mais non constamment Yœdènu pulmonaire (voir râle crépitant). A lui seul il ne saurait caractériser l'œdème et il n'acquiert de valeur qu'autant qu'il persiste longtemps sans fièvre et qu'il coïncide avec une hydropisie ou avec une affection du cœur génératrice de l'œdème pulmonaire.

2" Le râle sous-crépitant moyen est celui qu'on a désigné plus spécialement sous le nom de râle muqueux. Né dans les bronches de calibre moyen mais variable, il se fait remarquer par la grosseur moyenne et par l'humidité de ses bulles en même temps que par leur volume inégal et variable. Si le sous-crépi-

va

CUÉPITANT. 125

tant fin n'offre que peu ou point de nuances et ne caractérise en définitive qu'une seule affection, la bronchite capillaire, le sous-crépitant moyen est au contraire très-variable quant à son siège, son intensité et son étendue et quant au nombre et au volume de ses bulles et il peut être symptomatique de plusieurs affections de nature différente.

Le soiis-crépitant moyen ou muqueux s'observe surtout dans l'inflammation catarrhale des bronches de moyen calibre. Il succède dans cette affection aux râles sonores et secs et il devient de plus en plus abondant à mesure que le catarrhe bronchique fait des progrès. En un mot, il est le signe de la bronchite aiguë arrivée à la période de coction, et donnant lieu à une expectoration plus facile, muqueuse ou muco-puruleute. Tantôt ses bulles sont peu abondantes, très-inégales, plus ou moins disséminées dans la partie postérieure de la poitrine où elles n'éclatent qu'isolément et surtout après les fortes secousses de toux ; tantôt elles s'accumulent en grand nombre à la base des poumons en s'enchaînant étroitement les unes aux autres et en produisant un bruit presque continu, coïncidant avec les deux temps de la respiration. Dans la bronchite généralisée, elles se font entendre dans la partie antérieure de la poitrine et jusque sous les clavicules; mais c'est toujours en arrière et en bas qu'elles sont les plus abondantes, parce que dans cette région, les bronches plus nombieuses et plus longues se débarrassent plus difficilement de leur contenu et parce que « les liquides tendent d'ailleurs à s'accumuler dans les parties les plus déclives. îlut Ainsi le sous-crépitant moyen, suivant que ses bulles sont peu nombreuses et ■ disséminées ou bien abondantes et accumulées aux parties basses de la poitrine, y indique l'existence d'un catarrhe partiel ou d'un catarrhe généralisé des pli bronches de moyen calibre.

ik Dans la bronchite chronique, le râle muqueux présente les mêmes caractères •îij et c'est par les symptômes locaux et généraux concomitants qu'on reconnaît la ;iiil chronicité du catarrhe.

il il Le sous-crépitant moyen ne se rapporte pas toujours à un catarrhe bron-

iliisii chique simple et primitif. 11 peut être aussi le symptôme du catarrhe secondaire

nsf qui survient dans la plupart des affections du parenchyme pulmonaire. Dans le

itfc catarrhe brncohique simple et primitif les râles sont toujours perceptibles dans

pjil une grande partie d'un poumon ou des deux à la fois ; leurs bulles sont inégales

i,[J|. et accompagnés de râles secs, sibilants ou ronflants, ainsi que d'une inspiration

vésiculaire rude avec frémissement bronchique caractéristique. Tel se présente

J aussi le catarrhe bronchique qui accompagne l'emphysème vésiculaire, tel encore

,j( i le catarrhe hypostatique de la fièvre typhoïde et des affections adynamiques en

j^p général, catarrhe se révélant par un râle sous-crépitant moyen, humide et

^j j abondant occupant les deux temps de la respiration et siégeant dans les parties

jjjj postérieures et déclives des poumons.

Quant aux râles sous-crépitants moyens qui se rattachent à un catarrhe secon-

ijII'j daire et compliquant une lésion pulmonaire, ils occupent au contraire des

l'j régions plus limitées et souvent très-circonscrites. Leurs bulles sont plus fines

il, parce que les fines bronches sont intéressées et elles' s'accompagnent plus rare-

, jij. ment de râles secs et de frémissement bronchique (Guttmann).

Un râle sous-crépitant moyen persistant et limité au sommet d'un ou de ,^jjl deux poumons est donc l'indice d'une bronchite catarrhale déterminée par une , cause locale, par une épine inflammatoire consistant le plus souvent dans une Jd induration tuberculeuse. (V. Ghaquemeints).

126 CREPUSCULAIRE.

Le sous-crépitant moyen, à siège circonscrit, s'observe aussi dans Y hémoptysie. Suivant qu'il siège dans un point déterminé d'un ou de deux poumons, l'hémorrhagie s'est faite d'un seul côté ou des deux à la lois. Ce râle n'est pas persistant et disparaît après la résorption de l'épanchement sanguin.

En résumé le râle sous-crépitant moyen, généralisé ou étendu aux parties postérieures et inférieures d'un ou de deux poumons, indique l'existence d'une bronchite catarrliale primitive. Limité à un point unique ou au sommet d'un ou de deux poumons, il est le signe d'une lésion pulmonaire qui le plus souvent est de nature tuberculeuse.

3" Le gros sous-crépitant est remarquable par la grosseur et par l'humidité de ses bulles, à tel point qu'il rappelle le gargouillement des cavernes. Il prend naissance toutes les fois qu'un liquide assez fluide comme la sérosité, le pus ou le san<T fait irruption en grande quantité dans les voies aériennes. Parmi les râles sous-crépitants à grosses bulles, nous rangerons le râle cavernuleux, le râle de la dilatation bronchique et le râle trachéal.

a. Le râle cavernuleux, ainsi dénommé par Hirtz qui l'a décrit le premier, est un bruit de transition entre le sous-crépitant moyen et le gros souscrépitant, entre le râle bronchique et le râle caverneux. Il siège généralement au sommet d'un ou de deux poumons, sous la clavicule ou dans la fosse susépineuse. Ses bulles sont grosses, abondantes, continues, persistantes, isochrones aux deux temps de la respiration, visqueuses et superficielles. Rare d'abord et disséminé, tant qu'il ne tient qu'au catarrhe des bronches, le râle cavernuleux devient ensuite de plus en plus abondant, gros et humide pour se transformer finalement en un véritable gargouillement. Ce râle qui succède habituellement aux craquements humides ne se passe pas exclusivement dans les bronches, comme ce dernier bruit; à un moment donné, il a aussi pour siège les cavernules que les tubercules ramollis ont laissées à leur suite, et c'est alors qu'il confine au gargouillement. Il est le seul et véritable signe de la liquéfaction commençante du tubercule, tandis que les craquements secs et humides n'indiquent qu'un catarrhe des petites bronches développé dans le voisinage d'un tubercule cru [Voy. Craquements).

b. Le râle de la dilatation bronchique est dû à la bronchorrhée excessive qui accompagne toujours cette lésion. Il simule à s'y tromper le gargouillement d'une caverne tubeiculeuse et lorsqu'il siège au sommet du poumon, il peut faire croire à l'existence d'une phthisie pulmonaire, d'autant plus qu'il s'accompagne parfois de matité, de souffle caverneux et de pectoriloquie. Dans ces cas, la marche de la maladie et l'absence des phénomènes généraux de la tuberculose donnent la clef du diagnostic.

c. Le râle trachéal est ce ronchus à bulles grosses et de volume variable, perceptibles aux deux temps de la respiration, extrêmement abondantes et tellement bruyantes qu'on les entend à distance. C'est le râle des agonisants dû au passage bruyant de l'air à travers les mucosités accumulées dans la trachée et dans les grosses bronches et que le malade n'a plus la force d'expulser. V. Widal.

CRÉPIISCULAIRES. On désigne par celte dénomination, depuis Latreille, une division des insectes Lépidoptères, intermédiaire entre les diurnes et les nocturnes. Cette division artificielle répond à la première partie des lépidoptères hètérocères, par opposition aux rhopalocères ; elle comprend les Sphynges de Linné {Voy. LÉriDOPTÈREs). A. Laboulbène.

CRÉSOTIQUE (Acide). 127

CRESCENTIA {voy. Calebassier). Pl.

CBESCEIVZI (PiETRo), naturaliste du moyen âge, qui, à une époque où les écrivains mettaient leur imagination à la place de l'observation, s'attacha avec un zèle bien digne d'éloges à l'étude scrupuleuse et attentive de la nature, recherchant toujours l'application, soit dans un but économique, soit dans l'intérêt de la médecine humaine ou vétérinaire.

11 était né à Bologne vers 1240, et après avoir étudié la médecine et les sciences naturelles, il s'était adonné à la jurisprudence. Proscrit par suite de troubles politiques, il parcourut l'Italie, mettant à profit, pour vivre, sa science de légiste, et étudiant les questions économiques et agricoles. De retour enfin dans sa patrie en 1504, il coordonna les nombreux documents qu'il avait recueillis et fit paraître son ouvrage. Les historiens placent sa mort en 1520 (Ilenschcl, JanuSy 1^ sér., II, 580, et Renzi, La Stor. délia med. in Italia, II, 192.

Voici le titre de cet ouvrage :

Opus ruralium commodorum. Lovani, 1474,' in-fol. et Florentife, HM, in-fol. — Dans les Rei rusticœ scriptoresde Gessner. Lipsise, J735, in-4'', 2 vol., trad. fr.; Paris, 1486, in-fol.

E. Bgd.

CRESCEIVZI ou CRESGEXZO (NicoLAs) , en latin Crescentius, était né à Naples dans la seconde moitié du dix-septième siècle et professait dans cette même ville au commencement du dix-huitième. 11 combattit les idées de Sylvius sur les ferments, qui étaient encore en vogue de son temps, mais il s'attacha surtout à préconiser l'utilité des rafraîchissants contre les fièvres, qu'il voidait combattre presque exclusivement par l'eau froide et même refroidie par la neige ou la glace.

Voici les titres de ses ouvrages, sans parler de quelques poésies et d'un éloge de son savant contemporain, Léonard de Capoue :

I. Tractatus physico-medicus, in quo morborum explicandorum, potissimum fehrium, nova exponitur ratio, etc. >'e3poli, 1711, in-4''. — II. Raggionamenti intorno alla niiova medicina delV acqua, colV aggiunla d'un brève nietodo di praticarsi l'acqua, etc. Ibid., 1727, in-4°, et trad. fr. Paris, 1730, in-12. E. Bgd.

CRÉISOTIQL'E {Acide). CWO^ Cet acide est l'homologue supérieur de l'acide salicylique; il est moins soluble dans l'eau que l'acide sajicylique, trèssoluble dans l'alcool et l'éther. Il se sépare en beaux prismes par le refroidissement lent de sa solution aqueuse, 11 fond h 155° et se solidifie à 144". Avec le perchlorure de fer il se colore en violet comme l'acide salicylique. Avec la baryte caustique, il se dédouble en acide carbonique et en crcsyloi.

Pour obtenir l'acide crésolique, on fait passer à travers le crésylol (CIPO) doucement chauffé un courant de gaz carbonique, en même temps qu'on y projette des morceaux de sodium ; le métal se dissout et il se forme une masse solide composée de erésyl-carbonate, de crésotate de sodium, et de crésylol en excès. On traite par l'eau, puis par l'acide chlorhydrique ; le erésyl-carbonate se décompose avec formation de crésylol, et l'acide crésotique, mis en liberté, se dissout en grande partie dans le crésylol. Pour l'en extraire, on agite le tout avec une solution concentrée de carbonate d'ammoniaque; la solution ammoniacale est concentrée à l'ébulition, filtrée et décomposée par l'acide chlorhydrique. L'acide crésotique se sépare. T. Gobley.

128 CRESSON (botanique).

CRESPO (Benedetto), ou, son nom étant latinisé suivant l'usage du temps, Crispus (Benedictus), nac|uit àAmitemum (Aquila, dans les Abruzzes), vers l'an 650, d'une famille qui se vantait de descendre de l'historien Crispus Sallustius. Il fut préconisé archevêque de Milan en 685 par le pape Sergius I, et mourut le 11 mars 725 ou 755 selon Renzi. Il a, plus tard, été canonisé. Crespo n'est pas seulement célèbre par ses querelles avec l'évêque de Pavie, et par la fondation d'un couvent de Bénédictins à Milan, mais par un poëme intitulé : Commentarium médicinale avec une préface en prose, et qu'il composa alors qu'il n'était que simple diacre. Il décrit les différents moyens de traitement employés contre les maladies, et paraît s'être inspiré de Serenus Samonicus ; mais sa versification est bien inférieure à celle du poète latin, et quant aux matériaux mêmes, ils sont empruntés à Dioscoride, à Pline, et aussi aux recettes populaires alors en usage. L'ordre qu'il suit est celui qu'on appelle l'ordre anatomique a capiie ad pedes. Du reste ce livre est très-court et ne contient que 241 vers.

Yoici comme échantillon le commencement du poëme :

Si caput innumeris agitatur pulsibus œgrum At circumflexo turbatur pondère quodam, Protinus ex hederœ studeas redimire corona. Mus quoquc cutn diro libanum copiilalur aceto. Mijrvha etiam liquida pariter socialur olivo, etc...

On ne reproche pas seulement à Crespo la médiocrité de sa poésie, mais encore d'avoir, en composant ses vers, consulté plus souvent son oreille que la mesure. (Choulant, Handb., et Renzi, Collect. Salernit., t. I). Le livre dont il s'agit a été publié sous le titre :

S. Benedicti Crispi commentarium médicinale ad finem codicis vindobonensis. Kiringœ, 1835, itt-S" (éd. J.-V. Ulrich]. 11 avait été publié antérieurement parmi les autres classiques d'Angelo Mai, t. V. Romte, 183Ô, in-8°, et de Renzi 1 a réédité dans la Collectio salernitana, t. I, p. 71 ; Napoli, 1852, in-8°. E. Bgd. et L. Hs.

CRESSOIV. § I. Botanique. Ce nom a été donné à un grand nombre de plantes, ordinairement douées de propriétés stimulantes, antiscorbutiques et d'une saveur piquante due au développement d'une essence particulière. Les unes appartiennent à la famille des Crucifères, et les autres à des familles diverses, notamment à des Composées, Tropaeolées, etc.

Le plus connu, comme le plus usité des Cressons est le C. de fontaine (JVflSturtiu7n officinale R. Br.), encore appelé vulgairement C. d'eau, de ruisseau, Cailli, Santé du corps, et commun dans toute la France, où il est souvent d'ailleurs cultivé.

Le genre Naslurtium appartient aux Crucifères-Cheiranthées, groupe des Arabidinées, caractérisé par des cotylédons généralement accombants. Les ISasturtium ont des fleurs hermaphrodites, à réceptacle convexe, portant des sépales courts et étalés, égaux ou un peu inégaux à la base. Les pétales sont pourvus d'un onglet court, quelquefois nul. Les étamines sont au nombre de six et tétradynames, ou en nombre moindre (5-1). Dans ce dernier cas, elles sont inégales. Le fruit est une silique courte ou plus ou moins allongée, arrondie, rarement didyme. Le style est court, assez épais, à sommet stigmatifère subcapité, simple ou bilobé. Les graines, en nombre indéfini, sont 2-sériées ou très-rarement 1-sériées, petites, gonflées, avec les funicules courts et libres. Les JSasturtiimi sont des herbes ramifiées, à port très-variable, glabres ou chargées de poils sim-

CRESSON (botanique). 129

pies. Ce sont assez souvent des plantes aquatiques. Leurs feuilles sont entières ou diversement lobées ou pinnatiséquées. Leurs fleurs, jaunes ou plus rarement blanches, sont disposées en grappes allongées, courtes ou corymbil'ormes, et parfois accompagnées de bractées. On en compte une vingtaine d'espèces qui habitent le monde entier, piùncipalement les régions froides et tempérées.

Le N. officinale est une plante haute d'un ou 2 à 20 décimètres, ordinairement glabre, d'un vert luisant. Ses feuilles, un peu épaisses, sont pinnatiséquées, à segments latéraux inéquilatéraux, plus ou moins sinués-crénelés ou presque entiers, avec des pétioles qui embrassent la tige par deux oreillettes aiguës. Les fleurs sont disposées en grappes terminales ou oppositifoliées ; elles ont des sépales dressés, de moitié plus courts que la corolle et verts, des pétales blancs. Les siliques sont subcylindriques-linéaires, légèrement arquées, bosselées, étalées à angle droit ou plus ou moins réfléchies, plus longues que les pédicelles. Les graines sont bisériées, brunes, arrondies et fortement alvéolées. On a distingué plusieurs formes de cette plante, notamment celles qu'on nomme parvifolium cl siifoliuni.

D'autres Nasturtium indigènes ont été employés comme Cresson et ont les mêmes propriétés que les précédents, quoiqu'à un moindre degré. Ce sont les iV. sylvestre W. Br. et anceps DC. Le premier porte les noms vulgaires de Cresson de rivière et Cresson sauvage {Herba Sisymbrii sylvestris s. Erucœ palustris off.). C'est une espèce commune partout dans les lieux humides, haute de 2 à 4 décimètres, à souche grêle émettant des branches aériennes anguleuses et flexueuses. Les feuilles sont toutes pinnatifides ou pinnatiséquées. Les fleurs sont jaunes, et les siliques sont cylindriques-linéaires, étroites, arquées-ascendantes, plus longues que les pédicelles. Le N. anceps DC. {Sisymbrium anceps Wahl.) est très-voisin du iV. sylvestre, et ses usages sont absolument les mêmes; il a seulement des fleurs plus grandes, des fruits plus courts que les pédicelles et comprimés-ancipités.

he Nasturtium amphibium R. Br. est aussi une des espèces employées comme antiscorbuliques. On mange dans les campagnes, au printemps, ses racines et ses jeunes feuilles, comme on fait de celles des autres Cressons. Aussi l'appellet-on C. d'eau et Raifort d'eau. Les divers botanistes lui ont donné les noms latins de SisymbriumamphibiumL.,S. Roripa Scov., Myagrum amphibium Lois., Roripa ampliibia Bess. C'est une herbe commune au bord des eaux. Sa souche vivace, horizontale et tronquée, émet des branches couchées qui s'enracinent inférieurement dans la vase, et aussi des stolons qui rampent. Les feuilles sont oblongues-lancéolées, entières, dentées ou pinnatifides. Ses fleurs sont jaunes, assez grandes, et ses fruits sont disposés en une grappe allongée, riche, avec des pédicelles de moitié plus courts que les fleurs.

Le Cresson alénois ou Cresson de jardin, Cresson de savane commun, espèce annuelle très-fréquemment cultivée comme condiment, piquante, stimulante, antiscorbutique, dépurative, est le Lepidium sativum L. [Voy. Passerage).

Le Cresson des prés ou C. élégant. Petit C. aquatique, est \e Cardamine pratensis L. {Voy. Cardamine).

Le C. des ruines ou C. des décombres est le Lepidium ruderale L. {Voy. Passerage). Le C. de savane est aussi le Lepidium didymum L. et un Pectis (Composée).

Le Coronopus Ruellii DC. et le Sium angustifolium L. (Ombellifère) ont reçu aussi le nom Cresson sauvage.

DicT. ENc. XXIU. y

130 CRESSON (emploi médical).

Les Barbarea sont aussi parfois appelés Cressons {Voy. Barbarée). Le ù^esson des vignes est \eB. prcecox; et le C. de terre, le B. officinalis.

Le C vivace est le Barbarea vulgaris et VErysimwn prœcox.

Viennent ensuite des Cressons qui n'appartiennent en aucune façon à la famille des Crucifères.

Les Capucines ( Tropœolum) ont souvent reçu le nom de Cressons de l'Inde, du Pérou, du Mexique ; ce sont principalement les T. majus et minus. En Angleterre on les nomme Indian Cress.

Le Cresson de chien ou de cheval est une plante peu active de la famille des Scrofulariées, le Veronica Beccabiinga L.

Les Spilanthes, de la famille des Composées, ont aussi reçu le nom de Cressons. Le C. de l'Inde, de Vile de France, etc. est le Spilanthes Alcmella L. Le G. du Brésil, de Para {voy. ci-après), on du Paraguay est le Spilanthes oleracea L. {Voy. Spilanthe).

Les Chrysosplenium, de la famille des Saxifragacées se nomment Cresson doré, C. de roche, etc., notamment les C. alternifolium et oppositifolium. H. Bn.

§11. Emploi médical. L'huile volatile sulfurée que le cresson contienten sa qualité de crucifère (un peu plus abondante dans le cresson de fontaine que dans le cresson cultivé) ; la richesse en azote dont il est doué ; l'iode et le fer qu'on y rencontre et qui, près des sources iodurées ou ferrugineuses, peuvent atteindre d'assez grandes proportions (iode, 3 milligr. par botte ordinaire, suivant Chatin, au lieu de la proportion ordinaire de 1 milligr.; la présence d'un extrait amer et de sels de potasse ; toute cette composition indique assez les usages thérapeutiques de cette plante. C'est avant tout un stimulant de la digestion el de la nutrition ; c'est aussi un reconstituant et un altérant. A ce double titre, il tient un bon rang parmi les agents dits antiscorbutiques, soit comme aliment, soit sous l'orme de préparation médicinale ; il convient parfaitement dans les affections apyrétiques caractérisées par une grande débilité ou liées au lymphatisme et à la scrofule. On l'a beaucoup vanté contre la phthisie pulmonaire. Nous ne croyons pas qu'il ait jamais guéri la tuberculose; mais il rend certainement des services dans le catarrhe chronique ou dans les états congestifs ckoniques du poumon qui, chez les jeunes gens et surtout chez les jeunes fdles mal réglées, simulent une granulation commençante. On l'emploie aussi avec succès contre la dyspepsie atonique, avec flatulence gastro-intestinale.

On range le cresson parmi les diurétiques et les diaphorétiques. Ce n'est pas tout à fait sans raison. La diurèse principalement s'observe quelquefois à la suite de l'usage abondant de la plante, dont la composition d'ailleurs explique assez bien pareil effet.

Pour que le cresson exerce ses propriétés thérapeutiques et les exerce toutes, il faut d'abord qu'il soit pris en grande quantité ; puis qu'il soit ingéré cru, la cuisson lui faisant perdre son huile volatile et sans doute aussi un peu de son iode. On en mange une ou plusieurs bottes par jour, soit entre les repas, soit aux repas, en hors-d'œuvre ou autour des viandes. Que si la plante en nature n'est pas bien supportée, le mieux est d'en prendre le jus le matin à jeun, ou au commencement des repas. Enfm, si l'on ne veut utiliser que les éléments fixes de la plante, on peut la manger cuite à la manière des épinards, en faire des décoctions et recourir aux diverses préparations pharmaceutiques dans lesquelles il entre.

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