‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.24Chapitre 40 sur 56 · CY · texte numérisé non relu

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Caradec); neuf jours, dans un autre (Caradec), — avait pu même crier, prendre le sein, boire à la tasse et rejeter son méconium, puis était mort.

Quant à la valeur de rinfluence du sexe sur l'apparition de la cyclopie, il n'est réellement pas possible d'en tenir compte, puisque la pre'disposition soupçonnée du sexe féminin (Tiedemann) ne se traduit que par une majorité de quelques unités sur le total des monstres dont le sexe a été relevé avec soin.

Les cyclopes, comme beaucoup d'autres monstres, outre les anomalies qui leur sont propres, sont souvent atteints d'anomalies diverses, qui coïncident seulement avec celles qu'ils présentent déjà, ou qui, même, les compliquent à tel point que, s'il fallait dénommer, dun seul mot, de pareils monstres, il faudrait avoir recours à un mot composé, d'une interminable longueur, sans aucun avantage pratique, et ne réalisant en somme aucun progrès scientifique.

Les anomalies qui peuvent être considérées comme de simples coïncidences, et qui s'observent assez souvent, sont en particulier la polydactylie et Vectople des viscères abdominaux par l'ombilic (Yrolik).

Quant à la liernie cérébrale (Bardinet, Gintrac) et à l'hydrocéphalie (Raddatz, Otto), leur coïncidence avec la cyclopie peut être considérée comme une véritable complication.

Mais, de toutes les anomalies céphaliques qui peuvent s'associer ainsi à la cyclopie % une des plus fréquentes est celle qui consiste dans une réduction considérable des dimensions de la bouche et de l'appareil de la mastication {Stomocéphalie, Isid. Geoffroy Saint-Hilaire), ou même dans l'absence plus ou moins complète de ces parties {Opocéphnlie, Is. Geoff.). En pareil cas, soit qu'il n'existe pas de trompe [Astomo-cyclopie, Gintrac), soit qu'il en existe une [Edocéphalie, Is. Geoff. ; Aitomo-rhbio-cyclopie, Gintrac), par suite de l'absence de la partie antéro-inférieure de la tête, les temporaux se rapprochent et les oreilles viennent prendre la place des mâchoires, à la partie supérieure du cou.

Parmi les diverses formes de cyclopie que nous avons passées en revue, celle que l'on rencontre le plus communément chez l'homme et chez les autres mammifères est sans contredit la rhinencéphalie, qui a été observée chez le chien et chez le chat,, chez le lapin, chez le mouton et chez le bœuf, chez le cheval et surtout chez le cochon, on elle se montre avec une sorte de prédilection, que cet animal parait tenir de l'organisation de son type normal. C'est chez lui que les rapports analogiques de la trompe avec le nez (dont celle-ci n'est qu'une modification plus ou moins irrégulière) sont surtout évidents, attendu que, le plus souvent, elle se termine par une surface circulaire, qu'entoure un bourrelet, et qui, selon la remarque d'is. Geoffroy Saint-Hilaire, rappelle très-bien l'existence du groin d'un cochon normalement conformé. La trompe a, du reste, toujours, comme caractère particulier, son siège au-dessus et non au-dessous de l'appareil oculaire ; et, d'une manière générale, son volume est en rapport avec le développement normal du nez et surtout de sa partie tégumentaire, chez l'animal à l'espèce duquel appartient le cyclope observé. Ajoutons que c'est aussi chez le cochon que s'observent, au plus haut degré, les replis particuliers qui, chez les rhinencéphales, dont la mâchoire suiiérieure est atrophiée, résultent de l'exubérance relative des téguments correspondants. Ceux-ci, en effet, chez les divers rhinencéphales, se conservent, comme ceux du nez, toujours plus com-

* On ne doit pas oublier, pour le comprendre, qu'il y a ici absence du blastèine médian de la face, qui aurait rmé l'os fointermaxillaire.

CYCLOFE. — CYCLOPIE (bibliographie). 545

plétement que les parties fondamentales de l'appareil qu'ils étaient destinés à protéger.

La cyclopie simple [Cydocéphalie, Isid. Geoffroy Saiiit-Hilaire), qui, comparée à la rhinencéphalie, constitue un d-gré plus avancé de monstruosité, caractérisé par la disparition complète ou presque complète des moindres vesliges de l'appareil nasal, est beaucoup moins fréquente que la rliinencéphalie, bien que, comme elle, elle ait été rencontrée également chez l'bomme, chez le chien ( t le chat, chez le bœuf, chez le cheval et le cochon, et aussi chez le poulet. Sur le squelette, ainsi que l'a fait remarquer Isid. Geoffroy Saint-IIilaire, la cyclopie simple diffère de la rhinencéphalie par la disposition du bord supérieur de l'orbite ou de la partie antérieure du frontal, qui ne présente aucune apophyse destinée à porter l'os nasal et à servir de base à la trompe, ni même une échancrure destinée à recevoir celte base.

Nous avons insisié précédemment sur les principales particularités de la cyclopie et sur la répartition de ses différentes formes chez les divers mammifères. Nous ajouterons qu'aucune anomalie ne paraît affecter chez eux une relation de coïncidence fréquente avec la cyclopie, contrairement à ce qui s'observe, chez l'homme, qui presque toujours est atteint de polydactylie, en même temps que de cyclopie.

Chez les oiseaux, la particularité, peut-être la plus notable, est l'atrophie concomitante de la mandibule supérieure : les oiseaux, sur lesquels s'observe cette disposition, se distinguent, en effet, par là, des rhinencéphaliens, dont ils paraissent d'ailleurs se rapprocher par les autres caractères de leur difformité. Ajoutons que leur encéphale est beaucoup plus petit que chez les animaux de la même espèce, observés au même âge : chacune de ses parties constituantes est, en effet, très-peu développée, les lobes optiques, en particulier, étant tout à fait rudimentaires, et les lobes olfactifs absolument méconnaissables.

Enfin, les insectes eux-mêmes n'échappent pas à l'anomalie qui nous occupe, et, chez une abeille, notamment, on a trouvé, dans un cas (Stannius), les deux yeux complètement réunis, sans qu'il existât, sur la ligne médiane, de traces de séparation. L'œil commun était symétrique et saillant, et l'animal, normalement développé sous tous les autres rapports, avait vécu, tandis que les mammifères et les oiseaux, lorsqu'ils sont atteints d'une semblable anomalie, sont déjà morts en venant au raoude ou ne survivent qu'un temps très-court, sans que d'ailleurs la durée de la gestation ou de l'incubation ait été nécessairement moindre que d'ordinaire.

Quant au nombre des sujets chez qui la cyclopie s'observe, dans les espèces multipares, il n'offre rien de constant; et, de même que parfois un seul fœtus est atteint de cette monstruosité, on voit aussi parfois plusieurs cyclopes provenir d'une même portée ou d'une même couvée, chacun d'eux offrant, du reste, des différences plus ou moins grandes dans son organisation.

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