‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.24Chapitre 47 sur 56 · CYNOCÉPHALE · texte numérisé non relu

CYNOCÉPHALE

schaft in Wien, t. XXII, p. 6G9-726, 1872. — Liciitensteix (Jules). Petites nouvelles eiilomologiques, l"' mai 1878. — Camebon (P.). Alternance de (jénération chez les Cijnipides. In Enlomol. Monthlij Magazine, p Ai, juin 1878.— Girard (Maurice). Traite' élémentaire d'entomologie, t. III, p. 47-51, 1880. A. L.

CY]\'OCÉPllALE. Les Cynocéphales ou Papions sont des singes de l'ancien continent, appartenant à la grande section des Catarrhiniens et à la Iribu des Cynopithéciens [voy. les mots Siinges et Cynopithèque). '

Sous le rapport de la taille ils se placent immédiatement après les Anthropomorphes, et ils se font reconnaître au premier coup d'œil par leur museau trèsallongé, ressemblant très-grossièrement à celui d'un chien. C'est de là que leur vient le nom de Cynocéphales (de zOwv, xuvo;, chien, et -/.ifocl-ti, tè(e). Souvent même la portion molle du nez, qui porte les narines à son extrémité, s'avance au delà de la lèvre supérieure. Par suite de cette prédominance dt; la région faciale sur la région crânienne, les Papions présentent un aspect beaucoup plus bestial que les Singes supérieurs. Leurs mâchoires sont du reste armées de dents robustes, qui peuvent faire de cruelles blessures, et leur dernière molaire inférieure est munie d'un cinquième tubercule, comme chez la plupart des Cynopithéciens. Leurs formes sont généralement trapues, et leur queue est tout au plus de la longueur du corps, quelquefois même encore plus réduite.

Les Papions se tiennent ordinairement à terre, dans les endroits rocailleux, et ne montent presque jamais sur les arbres. Ils supportent assez bien la captivité, mais deviennent méchants avec l'âge.

Le genre Cynocéphale [Cynocephalus) est répandu sur la plus grande partie de l'Afrique et sur certains points de l'Arabie. Pour la commodité de l'étude, il peut être subdivisé en deux groupes artificiels, d'après le plus ou moins de longueur de l'appendice caudal.

Parmi les espèces à queue de longueur médiocre se trouve le Cynocéphale hamadryas [C. hamadryas E. Geoff., ex L.), à la face et aux callosités fessières d'un rose chair, au pelage grisâtre ou brunâtre, s'allongeant en crinière sur les joues, la nuque et les épaules. Cette espèce, de taille très-fcrle, vit en Abyssinie et en Arabie. Dans le même groupe se placent encore le Cynocéphale papion {C- sphinx E. Geoff., ex Cm.), du Sénégal; le Cynocéphale anubis (C olivaceus Is. Geoffr., C. anuhis F. Cuv.), de la Côte-d'Or; le Cynocéphale babouin (C. babuia Desm.), du Sennaar, et le Cynocéphale chacma [C. porcariiis E. Geoff., ex Bodd.), de l'Afrique australe. Ces espèces, qui diffèrent les unes des autres par les nuances et la longueur du pelage, se distinguent par la coloration toujours noirâtre de leurs parties nues.

Parmi les espèces à queue très-courte, nous citerons le Cynocéphale maimon ou mormon {Simia mormon et S. maimon L. ou Cynocephalus mormon Is. Geoff.), qu'on appelle vulgairement Mandrill et qui vient du Gabon [voy. le mot Mandrill), et le Cynocéphale drill (C. leucophœus F. Cuv.), qui vit également sur la côte d'Afrique.

On rapproche maintenant du genre Cynocéphale le genre Cynopithèque {voy. ce mot) et le genre Théropithèque (Theropithecus) pour constituer, dans la tribu des Cynopithéciens, un groupe secondaire, celui desCynocéphaliens, comprenant des singes aux formes lourdes, munis d'abajoues et ayant la dernière molaire inférieure pourvue d'un talon. Les Théropithèques, dont le type est le Gelada {Theropithecus niger Is.' Geoff.), ont une queue bien fournie, terminée par une grande touffe de poils, et atteignent des dimensions aussi considérables

&f)6 CYNOCRàMBE.

que les Papions ; mais ils n'ont pas, comme ces derniers, les narines terminales. Chez les mâles la nuque et les épaules sont revêtues d'un camail de poils allongés de l'effet le plus étrange. Les ïhcropilhcques habitent les districts montagneux de l'Abyssinie. E. Oustalet.

BiiiLio&nAPHiF.. — Fr. Cuvier. Article Cynocéphale àans le Did. des se. nat., t. XII, 1816. — F. CuviKR et Geoffboï-Saint-Hilaire. Histoire naturelle des mammifères, 1820 à 1842. — Isid. Geoffroy-Sai^st-Hilaire. Catalogue méthodique de la collection des mammifères du Muséum, 1851. — Breiim. La vie des animaux, édit. Iranç., 1879, t. 1. — Schlegel. Muséum d'hist. naturelle des Pays-Bas; Simiœ, 1879. E. 0.

CY\OCRAMBE (T.). Genre de plantes que Linné a nommé depuis Thelygonum, et qui est devenu pour beaucoup d'auteui's le type d'une famille distincte des Thélygonées ou Cynocrambées. M. Alph. de Candolle en a fait dans ces derniers temps une tribu de la Famille des Salsolacées ou Chénopodiacées. Nous l'avions, un peu précédemment, rapporté comme tribu à la Famille des Phytolaccacées. On n'en connaît jusqu'ici qu'une seule espèce, le C. prostata G^RTi\., ou Thehjgonum cynocrambe de Linné. Ses caractères sont les suivants. Il a des fleurs unisexuées, monoïques. Dans les fleurs màlcs, un petit réceptacle convexe porte deux sépales valvaires, antérieur et postérieur, et un nombre indéfini d'étamines libres, formées chacune d'un filet grêle et d'une anthère allongée, linéaire, versatile, insérée vers le tiers inférieur de son dos sur le sommet du filet; biloculaire, introrse, déhiscente par deux fentes longitudinales, presque latérales. Dans la lleur femelle, il y a un petit périanthe gamophylle, d'abord tubuleux, à orifice supérieur tridenté. Plus tard, le développement énorme que prend l'ovaire d'un côté fait que le périanthe dont il est entouré présente de ce côté une grosse gibbosité. Le gynécée est supère, unicarpellé; il se compose d'un ovaire uniloculaire et d'un style latéral, gynobasique, dressé, renflé en massue vers son extrémité stigmatifère. Dans la loge ovarienne, tout près de la base, se voit un placenta qui supporte un ovule, presque dressé, campylotrope, à micropyle inférieur. Le fruit devient une drupe mouosperme, à sarcocarpe mince ; et la graine, campylotrope, renferme sous ses téguments un embryon recourbé, à cotylédons étroits, incombants, avec une radicule cylindroconique à sommet inférieur, qu'enveloppe un albumen charnu plus ou moins abondant. C'est une petite herbe annuelle, oléracée, qui croît dans la région méditerranéenne. Ses feuilles sont simples, pétiolées, la base élargie du pétiole se dilatant de chaque côté en une sorte de stipule membraneuse, incisée. Les inférieures sont opposées, et les supérieures alternes. Les fleurs occupent leur aisselle, disposées en glomérules unisexués. Il y en a souvent de une à trois pour les mâles; les femelles, accompagnées de petites bractées herbacées, sont souvent ternées, les deux latérales étant plus jeunes que la médiane.

Cette plante annuelle est méditerranéenne; elle se trouve dans le midi de la France, en Italie et jusqu'en Palestine et aux bords de l'Euphrate. Les anciens l'employaient fréquemment et lui attribuaient des propriétés évidemment exagérées; car, en admettant même que cette espèce renferme quelques sels qui lui communiquent des propriétés peu marquées, c'est plutôt une herbe oléracée dont l'activité ne saurait être très-grande. Cynocrambe veut dire Chou de chien, et les anciens appliquaient ce nom à plusieurs herbes très-diverses qui ont une odeur désagréable et plus ou moins analogue à celle des Choux et autres Crucifères ; pour eux aussi cette expression indiquait ordinairement une plante vulgaire ou même dangereuse. On sait cependant que plusieurs animaux dômes-

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tiques mangent le Cynocramhe sans danger. Quant au TheJygonum de Pline, on croit généralement aujourd'hui que c'est le Mercurialis annua. Le Cynocramhe a été recherché comme dépuratif, légèrement évacuant et même comme lithontriplique. Toutes ces vertus sont vraisemhlablement imaginaires. Les auteurs reconnaissent néanmoins qu'il est quelque peu acre. Delile (in Journ. chim. méd., IV, 598) dit que cette herbe printanière était pour les anciens une espèce potagère. H. Bn.

Bibliographie. — L., Gen., n. 1068. — J., Gen , 405. — Um, Dici., Vif, G23; ///., t. 777. Del., in Anii. se. nal.., sér. 1, XIX, 370, t. XHI. — Endl., Gen., n. 1888. — Mér. et Del., Dict. mat. méd., Il, 502; VI, 718. —A. DC, Prodr., XVII, 52. — II. Bn, Ilisl. des plant., IV, 39, 55, fig. 65-65. II. B.n.

C¥KODl.\E. Principe actif azoté de la tige et de la racine du gros chiendent ou Cynodon dactylon Rich., découvert par Semmola [Rapp. annuel de Berzelius, édit. fr., 5« année). Lacynodine est cristallisable, contrairement à ce <[u'oa lit dans le Dictionnaire de chimie de Wurtz ; elle ressemble à l'aspara- ,gine, mais ne lui est pas identique; elle est insoluble dans l'alcool, solublcdans quatre parties d'eau bouillante, non volatile. L. IIahn.

CïXODOX. Voy. Chiekdent.

ci'XOGLOSSE. Cynoglossum Tournefort. § I. Botanique. Genre de plantes Dicotylédones, appartenant à la famille des Borraginées. Ce groupe, établi ,par Tournefort, est caractérisé par un calice à cinq divisions; une corolle iiifundibuliforme, à tube allongé, à gorge fermée par cinq appendices obtus, cinq étamines incluses, un stigmate entier ou émarginé. Les fruits sont des tctra- .kènes, formées de quatre nucules entiers, hérissés d'aiguillons glochidiés, adhérant par la partie supérieure de leur angle central.

Les Cynoglosses sont des herbes ou des sous-arbrisseaux à feuilles alternes, entières ou à peine dentées; les fleurs sont bleues, pourpres ou blanches.

Les espèces qui ont été employées ou le sont encore sont :

1° La Cynoglosse officinale, Cynoglossum officinale L., qui croit dans presque toute l'Europe, la Sibérie et les États-Lnis de l'Amérique du Nord. Elle se fait reconnaître à ses feuilles longues, ovales lancéolcesy;- molles, couvertes d'un duvet blanchâtre. Les fleurs en infiorescences scorpioïdes, unilatérales, ont la corolle d'un rouge vineux passant au bleu. La racine, qui est la partie employée, est grosse, charnue, d'un gris foncé au dehors, blanche en dedans, fille a une saveur fade, mais une odeur vireuse, et c'est ce qui a fait employer en médecine cette partie de la plante, et particulièrement l'écorce.

La plante est connue et employée depuis longtemps ; c'est le Ku-JoyAwo-aov de Dioscoride.

2° Une autre espèce employée parfois est le Cynoglossum cheirifoliuniL., espèc qui vient surtout dans le midi de l'Europe, en Espagne, dans le midi de la France, en Italie, etc. Les feuilles lancéolées sont toutes tomenteuses ; les inflorescences, pourvues de bractées, ont des fleurs pourpres, plus rarement blanches ou rayées de lignes rouges. Les feuilles sont estimées vulnéraires, et l'on en a lait jadis un onguent employé contre les ulcères malins.

Le Cynoglossum omphalodes L. est devenu le type d'un genre particulier {voy. Omphalode). Pi..

568 GYNOGLOSSE (emploi médical).

Bibliographie. — Dioscoride. Materia medica, lY, 129. — Touunefort. Inslilutiones Bei herbariœ, 129, tab. 5G. — Linné. Species, 192 et 195. — Lamark, Encyclopédie. Dictionnaire, II, 258. — Férussac. Bulletin des sciences médicales, 1^1, 237. — Murray. Apparatus medicaminum, II, 150. — Méuat et De Lens. Dictionnaire de matière médicale, II, 565 — Grenier et GoDRos. Flore de France, II. Pl.

g II. Einpioi médical. Les parties employées de la cynoglosse officinale senties feuilles el les racines ; ces dernières doivent être récoltées au printemps, quand la plante est à sa seconde année ; on sépare le cœur qui n'est composé que de ligneux et on fait rapidement sécher la racine ; on la fragmente et la conserve dans un lieu sec. Quant aux feuilles, on fait bien de les cueilhr la première année, avant l'apparition de la tige ; la dessiccation leur fait perdre de leurs vertus. L'odeur de la cynoglosse est comparable à celle du bouc ou du chien, sa saveur est fade et nauséabonde ; on dit qu'aucun animal n'en mange, sauf la chèvre. D'après Genedilla {Giorn. di farni. diMilano, 1828), la racine renferme les éléments suivants: eau chargée de principe odorant, 10; matière grasse, 2,08 ; matière résineuse, 2,07 ; quadroxalate de potasse, 3,06 ; acétate de chaux, i,06; tannin, matière extractive, 9 ; matière animale, 2; inuline, 1,02; matière gommeuse, 5 ; extrait soluble dans l'eau, 8,03 ; acide pectique, 9; oxalate de chaux, 3; fibre ligneuse, 56; perte, 5. Genedilla suppose que c'est l'eau chargée du principe odorant qui communique son activité à la racine de cynoglosse, ou mieux à l'écorce de la racine.

Les opinions au sujet des propriétés médicales de la cynoglosse sont absolu-, ment contradictoires ; d'après Fuller, Scopoli et Desbois, de Rochefort, elle est inerte et n'a rien de vireux ; Vogel et Murray, à l'exemple des médecins de l'antiquité, la considèrent au contraire comme suspecte, et Morison prétend même avoir vu une famille entière empoisonnée par l'usage inconsidéré des feuilles de cynoglosse. Chamberet {Flore médicale, Paris, t. III, 1850) assure que luimême, à la suite d'une herborisation, où il avait recueilli plusieurs échantillons de cette plante, étant occupé à les ranger sur des feuilles de papier, fut pris de malaises, de défaillances, puis vomit abondamment. On attribue ces vertus délétères surtout aux échantillons provenant de lieux aquatiques.

En 1868, Diediilin, de Saint-Pétersbourg, annonça au monde savant, dans une note, publiée par Setschenow dans le Centralhlalt fur med. Wissenschaflen, n° 14, que l'extrait alcoolique de cynoglosse officinale, obtenu de la plante fraîche, agit sur le système nerveux des vertébrés exactement comme le curare; comme ce dernier, il ne paralyserait que les extrémités terminales des nerfs vaso-moteurs. Setschenow répéta les expériences de Diediilin sur quatre grenouilles, et arriva aux mêmes résultats que lui : paralysie des nerfs moteurs et du pneumogastrique; nerfs de sensibilité et centres réflexes intacts.

Désireux de vérifier ces faits, G. von Schroff se servit de l'extrait alcoolique de la racine sèche et de l'extrait des parties vertes fraîchement cueillies ; il ne lui fut pas possible d'obtenir une action rappelant en quoi que ce soit les effets du curare [Med. Jahrb. der Zeitschr. d. Gesellsch. der Aerzte in Wien, Bd. XVII, p. 95, 1869). Cependant Buchheim et Loos {Eckhard's Beitr. zur Anat. u. Phijs., Bd. Y, p. 179), dans des expériences analogues, observèrent une f,>ible action; ils assurent même avoir isolé une peli(e quantité d'un alcaloïde produisant jusqu'à un certain point les effets du curare et qu'ils appelèrent Cynoglosùne. Il nous est difficile de rien conclure de ces expériences si contradictoires. En admettant même que la cynoglosse possédât des propriétés vireuses, nous ne

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pensons pas que celles-ci soient assez énergiques pour déterminer un véritable empoisonnement; ce serait la seule borraginée connue qui fût douée de ces qualités malfaisantes. Nous ferons remarquer en outre que la cynoglosse officinale affectionne surtout les terrains secs et exposés à toute l'ardeur du soleil ; c'est peut-être sur le compte du Cynoglossiim viridifîonmi Willd. qu'on trouve, d'après De Gandollc (Prod.^ t. X), dans les terrains marécageux et le long des ruisseaux en Sibérie et en Tatarie, qu'il faut mettre les propriétés fâcheuses que Diedûlin a trouvées à la cynoglosse ; peut-être y a-t-il eu confusion entre la cynoglosse officinale et cette espèce, ou encore quelque erreur plus grave !

Eu réalité, la cynoglosse officinale est douée de très-peu d'activité, et des auteurs, tels que Cullen et Peyrilhe, sont même d'avis de la rayer du nombre des médicaments. Cependant plus récemment Cazin recommande les racines et les feuilles de la cynoglosse comme béchiques et adoucissantes, à la dose de. 30 à 60 grammes pour un kilogramme d'eau, dans les affections catarrhales, les diarrhées avec tranchées, les toux sèches ou nerveuses. D'autres auteurs, attribuant à la cynoglosse un principe astringent, l'ont conseillée dans la dysenterie, l'hémoptysie, la leucorrhée, etc. Généralement on lui attribue des propriétés calmantes, anodynes, narcotiques même ; c'est à ce titre qu'on préparait un sirop de cynoglosse, jadis très-usité, et qu'on prépare encoi-e actuellement les pilules dites de cynoglosse. En voici la formule :

Écorce sèche de racine de cynoglosse 10 grammes.

Semences de jusquiaine 10 —

Extrait aqueux d'opium . 10 —

Myrrhe 15

Oliban 12 —

Safran 4 —

Casloréuin. . • •i —

Sirop de miel 35 —

On pulvérise ensemble les semences de jusquiame et la racine de cynoglosse, et séparément chacune des autres substances ; on ramollit l'extrait d'opium avec un peu de sirop, et l'on y incorpore les poudres. Faites des pilules de 20 centigrammes qui contiennent chacune 2 centigrammes d'extrait Ihébaïque. On prescrit des pilules de 10, 20, 30 centigrammes, à prendre le soir comme calmantes.

Comme on le voit, les propriétés calmantes et hypnotiques de ces pilules sont dues principalement à l'extrait d'opium et aux semences de jusquiame qui y entrent.

Selon Chaumeton, « la racine mucilagineuse de la cynoglosse tempère l'énergie du suc narcotique et lui imprime une modification dont les plus célèbres praticiens reconnaissent l'utilité. » D'après Cazin, cette modification serait due à l'association de l'opium et de la jusquiame, lesquels se mitigent l'un l'autre.

Murray rapporte qu'il employa les pilules de cynoglosse avec succès chez son père qu'une toux violente et opiniâtre avait depuis longtemps privé de sommeil : « Massa hœc cum nitro versus noctem data, olim optimo patrum nocturnam quietem, crebris pectoris a tussi concussionibus diu lurbatam, tira medicus féliciter restitui. « Depuis, les pilules de cynoglosse ont été employées utilement par un grand nombre de ptaliciens.

En résumé, c'est une bonne préparation, et on aurait tort de la bannir de la pharmacopée, d'autant plus que le nom de ces pilules sert à tromper les personnes qui, par préjugé, ou par tout autre motif, répugnent à l'emploi des opiacés.

Ajoutons encore qu'on a attribué à la cynoglosse la propriété très -problématique de détruire le venin des animaux. Tournon {Journ. ge'n. de méd.,i. XLIX,

570 CYNOMETRA.

p. 51) l'a préconisée contre la morsure des vipères; d'après Hagen {BuU. des se. méd. de Férussac, t. XVI, p. 257) la cynoglosse, venue dans un endroit marécageux, scellée à l'ombre et pulvérisée, puis donnée à la dose de dix grains trois fois par jour, guérit la rage; on lave en outre la plaie avec de l'eau froide, puis on la couvre avec la poudre de cette plante, qu'on recouvre d'un emplâtre de mélilot pendant dix jours. Ce moyen est, paraît-il, populaire dans le gouvernement de Tver, en Russie.

Les feuilles et les racines fraîches de cynoglosse employées en cataplasmes ou en décoction très-concentrée ont montré une efficacité réelle contre les brûlures légères et les inflammations superficielles, au moins en calmant la douleur; on a encore préconisé ces topiques, surtout en Angleterre, contre le goitre et les tumeurs scrofiileuses; nous ne voyons pas trop l'utilité de la cynoglosse eu pareil cas. Jadis on préparait avec le suc de ce végétal uni au niiel et à la térébenthine un onguent qui a joui d'une grande vogue dans le traitement des ulcères malins et fistuleux. Enfin, on emploie la cynoglosse dans la médecine vétérinaire, en fomentations sur les engorgements inflammatoires, dans les opliliialmies et même sur certaines plaies gangreneuses d'origine inflammatoire. L. Hahn.

CYi^iOGLOSSUm MAJOR. Gy.\oglossum vulgare. Ce sont les noms officinaux de la Cynoglosse, Cy noglossum officinaleL. {voy. Cynoglosse).

CYIVOMETRA (L.). Genre de plantes de la famille des Légumineuses, série des Copaïférées, dontles fleurs ressemblent souvent beaucoup à celle desCopaïers, si bien qu'on peut dire que ce sont des fleurs de Copaifera à 4 ou 5 pétales imbriqués, 11 y a toutefois des espèces de genre dont les ileurs ont un réceptacle, non pas convexe, mais légèrement concave, et, par suite, une insertion légèrement périgynique des sépales. Ces derniers sont au nombre de 5, toutes les folioles calichiales demeurant indépendantes, ou plus rarement de 4, les 2 postérieures devenant unies entre elles. L'androcée a 10 étamines, quelques-unes d'entre elles pouvant demeurer stériles, ou plus de 10 étamines, par suite du dédoublement de plusieurs des éléments de l'androcée. Les filets staminaux sont ou libres dans toute leur étendue, ou quelquefois légèrement monadelphes à la base. L'ovaire libre, uuiloculaire, contient 1 ou 2 ovules descendants, anatropes, à micropyle dirigé en dehors et en haut. Le fruit, court, droit ou arqué, réniforme, souvent rugueux ou verruqueuxà la surface, épais, bivalve, renferme une grosse semence dont les téguments recouvrent un embryon charnu, dépourvu d'albumen, à radicule supère, en partie enveloppée par la base auriculée des cotylédons. Les Cynometra habitent toutes les régions tropicales des deux mondes. Ce sont des arbres et des arbustes inermes, à feuilles alternes, paripinnées, accompagnées de stipules caduques. Leurs folioles insymétriques sont au nombre d'une, deux ou plusieurs paires. Leurs fleurs sont petites, en grappes courtes, parfois corymbiformes ou ombelliformes, portées dans l'aisselle des feuilles ou sur le bois du tronc et des branches. Chaque fleur occupe l'aisselle d'une bractée et peut èlre accompagnée de 2 bractéoles latérales. Les bractées peuvent, par leur réunion, constituer une sorte d'involucre caduc, et prennent quelquefois, dans ce cas, un grand développement. On compte une vingtaine de Cynometra, parmi lesquels plusieurs sont utilisés dans les pays tropicaux.

hc Cynometra cauliflorah., Cynomorium Rumph. [Herb. amboin., I, 165,

CYNOPITIIÈQUES. 571

t. LXII), arbrft de l'Asie tropicale, qui porte dans l'Inde le nom de Nam-nam, âdes fruits remarquables par leurameitume. Ses graines ne peuvent se manger; on en extrait une huile qui sert au traitement des maladies de la peau, notamment de la gale. On emploie ses racines commepurgalives. On en prépare avec du sucre une sorte de conserve qui s'administre aux convalescents comme tonique. Â Java et au Malabar, on recherche aussi comme espèce médicinale le C ramiflora L. Sa racine est purgative. Ses feuilles et ses bourgeons servent au traitement des affections des poumons, notamment des bronchites et de l'asthme. Ses grains fournissent également une huile médicinale.

Le Cynometra Agallocha Spueag est V Aloexylon AgallocJium du P. Loureiro, plante que celui-ci n'a peut-être pas vue et qui, d'après M. Pierre, pourrait bien être simplement un Aquilaria mal déciit. II. B.\.

Bibliographie. — L., Gen., n. 519. — G^rt\., Fruct., II, 550, t. 150. — DC, Prodrnm., II, 507. — Mék. et De L., Dict. mat. 7nécl., II, 5G4. — Rosenth., Sijnops. jA. dlapli., 1041. — H. Bx, Hlsl. des plant., Il, 145, 105. II. Bn.

CYMOMORIL'M L. Genre de plantes très-singulier appartenant à la famille des Balanophonées. L'espèce intéressante de ce groupe est le Cynomorium coccineu7n'L., qui est vulgairement connu sous le nom de Champignon de Malte. C'est une plante parasite, dont la tige charnue et couverte d'écaillés se termine par un renflement oblong en massue, d'un rouge écarlate, tout couvert de fleurs polygames, sessiles ou subsessiles. Les fleurs mâles sont mêlées aux femelles et entourées avec elles de bracléoles ; elles ont un périanihe à cinq divisions, avec une seule étamine, opposée à l'une des pièces du pcrianthe; les fleurs femelles sont à trois ou quatre divisions et renferment un ovaire infère, uniloculaire, surmonté d'un style filiforme. Le fruit est une capsule sèche, coriace, renfermant une graine à albumen charnu.

Celte plante est remplie d'un suc rougeàtre, amer, styptique, que l'on a employé jadis comme un astringent utile dans les hémorrliagies, la dysenterie, etc. On a aussi utilisé la décoction en injections dans l'urèthre ; enfin on en a préconisé la poudre comme hémostatique.

Guibourt l'a trouvé mêlé au Calaguala venant de Marseille et Ta décrit sous le nom de Faux Calaguala. Il vient dans la région méditerranéenne, en Crète, en Egypte, en Sardaigne, à Malte, etc. Pl.

Bibliographie. — Li>'né. Gênera, 467. Speciés, 175. — Mureay. Apparalus yncdicaminum, I, 132. — Weddell. — Lemaout et Decaisne. Traité ge'néral de botanique, 49'2. — Guibocrt. Drogues si?nples, 1" édit., II, 73. Pl.

CYKOPITHÈQUE. Le genre Cynopithèque {Cynopithecus Is. Geoffr., de •/iJwv, zu^jô;, chien, et m^T.y-oç, singe) a pour type une espèce de singe {Cynopithecus niger Desm.) qui vit dans l'île de Célèbes et qui rappelle à la fois les Cynocéphales {voy. ce mot) par l'allongement du museau et les Macaques par la position des narines qui ne sont point terminales. Dans cette espèce la queue est rudimentaire , comme chez le Magot , et n'est représentée que par un moignon garni de quelques poils ; le pelage, d'un noir tirant parfois au brun ou au grisâtre s'allonge en huppe sur le sommet de la tête, et le museau noirâtre offre une côte saillante de chaque côté du nez.

Le nom de Cynopithèque a été donné également par de Blainville au jeune Macaque. Enfin, dans son Catalogue des Mammifères du Muséum, Isidore Geof-

572 CYNORRHODON (botanique).

froy Saint-Ililaire a nommé Cynopithéciens (Cynopithecina) une tribu de singes de l'ancien monde {voy. Singes) correspondant aux Guenons et aux Babouins de Buffon et aux Cynocéphaliens de Ch. Bonaparte. Cette Iribu comprend quatre groupes principaux : les Semnopilhéciens {voy. Semaopithèque), les Cercopithéciens ou Guenons {voy. ce dernier mot), les Gercocébiens ou Macaciens {voy. Cynocéi'hale) .

Les Macaciens dont nous devons dire ici quelques mots, puisqu'ils ne sont pas l'objet d'un article spécial, ont comme les Cynocéphaliens des formes trapues, la queue généralement médiocre, parfois même atrophiée, et la dernière molaire inférieure pourvue d'un talon. Ils sont munis d'abajoues et leur eslomac est simple.

On les divise en trois genres : Cercocebus, Macacus et Inuus, dont les deux derniers ont la face proéminente, tandis que le premier a le museau court.

Les Cercocèbes {Cercocebus) habitent la côte occidentale d'Afrique. Ils ont la queue relativement plus développée que les Macaques proprement dits, les poils de la tète souvent allongés en forme de sourcils, de toupet et de cimier ; la face tantôt couleur de chair, tantôt d'un ton noirâtre. Le Mangabey ordinaire {Cercocebus fuUginosus E. Geoff.) et le Mangabey à collier blanc {Cercocebus cethiops) ont tous deux le pelage d'un brun ou d'un noir plus ou moins grisâtre passant au gris blanchâtre sur les parties inférieures, mais le second se distingue, comme son nom l'indique, par la présence d'une large bande blanche sur les côtés du cou.

Les Macaques proprement dits {Macacus) se trouvent dans les i-égions chaudes de l'Asie, à Ceylan, à Bornéo, aux Philippines, sur la côte de Malabar, etc. Les deux espèces que l'on voit le plus communément dans nos ménageries sont : 1" le Macaque bonnet chinois {Macacus sinicus Is. Geoff., ex L.) à la face couleur de chair, à la fourrure teinte de brun olivâtre, avec les poils du sommet de la tète rayonnant autour d'un centre commun, et simulant une sorte de bonnet; 2° le Macaque aigrette de Buffon {Macacus cynamolcjus Auct.) au pelage tantôt foncé, tantôt nuancé de roux, à la queue plus ou moins distinctement piquetée de noir et de jaune ; 5° le Macaque maimon {Macacus nemestrinus F. Cuv., ex L.) ou Singe à queue de cochon, ainsi nommé à cause de sa queue, grêle, peu développée et revêtue seulement de poils courts. Mais il y a encore beaucoup d'espèces remarquables dans ce groupe, telles que le Macaque ouanderou {Macacus silenus Desm., ex L.), le Macaque tibétain {Macacus tibetanus A. Miln. Edw.), le Macaque Bhésus {Macacus erythrœus Is. Geoff., ex Schreb.), etc.

Le genre Magot {Inuus) ne renfeime qu'une espèce, le Magot commun {Inuus pithecus Is. Geoff. , ex Gm.), qui a été parfois rangée parmi les Macaques, mais qui diffère de ceux-ci par l'absence de la queue, la conformation de la tête, les proportions du corps, etc. Les Magots se trouvent sur la côte septentrionale d'Afrique et aussi, mais en très-petit nombre, sur les rochers de Gibraltar. Ce sont les seuls singes qui, à l'époque actuelle, puissent être cités dans la faune européenne. E. Oustalet.

Bibliographie. — F. Cuvier. Mémoire sur le Macaque de Buffon. Tn Mém. du Mus., 4808, t. IV. — Is. Geoffroï-Saint-Hilaire. Tableau méthodique des singes de l'Ancien Monde, Zoologie des voyages de Bélanger, 1850. — Du même. Catalogue méthodique de la collection des mammifères du Muséum, 1851. — Schlegel. Muséum des Pays-Bas; Simiœ, 1878. E. 0.

CTKORRHODO!\. § 1. Botanique. Nom qu'on donne d'ordinaire aux fruits des Rosiers et particulièrement à ceux du Rosa canina {voy. Rosier).

CYNURÉNIQUE (Acide). 573

§ II. Emploi. La conserve de cynorrhodons , légèrement asiringente, est employée contre la diarrhée, surtout chez les enfants. Le Codex français indique la préparation suivante :

Cynorrhodons Q. V.

Sucre blanc Q. S.

Récoltez les cynorrhodons un peu avant la maturité, coupez le limhe du calice et l'extrémité renflée du pédoncule; rejetez les akènes et les poils intérieurs. Mettez la chair dans un vase de faïence ou de porcelaine, arrosez-la avec un peu de vin blanc, placez le vase dans un lieu frais et remuez de temps en temps. Quand la masse sera bien uniformément ramollie, pilez dans un mortier et faites passer la pulpe à travers un tamis de crin. Ajoutez alors trois parties de sucre en poudre pour deux parties de pulpe. Chauffez pendant quelques instants au bain-marie et laissez refroidir. D.

CYIN'OSBATOS, CvNOSBATUM. Sous le nom deKuvô(7(3aTo;, Ilippocrate de'signe le Rasa canina des botanistes modernes. Dioscoride donne à la même espèce la dénomination de Ruvria-paTov. On désigne aussi par ce dernier mot le fruit du Cynosbatos. Pl.

Bibliographie. — Hippocrate. Vie, 875. — Dioscoride. Materia medica, I, "123. Pl.

CYXOSURUS. Genre de plantes Monocotylédones appartenant à la famille des Graminées et caractérisé par un épi composé formé d'épillets fertiles, à glumes mucronées ou aristées et à 2 à 5 fleurs, et d'épillets stériles, à paillettes et à glumelles inférieures fortement mucronées ou aristées.

Les Cynosurus cristatus et C. echinatus de nos pays n'ont pas d'intérêt an point de vue de leurs usages. Le Cynosurus corocenus L. est cultivé dans les Indes et au Japon, où ses graines servent de nourriture aux gens de la campagne, surtout quand le riz manque. Pl.

Bibliographie. — Linné. Gênera, 87. — I.eschenault. Mémoires du Muséum, VI, 318. — Mérat et DE Lens. Dictionnaire de matière médicale, VI, 565. Pl.

€V1\[THIE [Cynthia Sav.). Dans son Tableau systématique des Ascidies (Paris, 1850), J. G. Savigny a établi ce genre de Tuniciers pour un certain nombre AWscidies simples qui ont le sac branchial pourvu de replis longitudinaux et dont le corps est entouré d'un épais manteau cartilagineux ou coriace, très-résistant, avec les orifices d'entrée et de sortie divisés en quatres lobes parfois garnis d'épines.

Ces animaux sont ordinairement d'assez grande taille. Parmi les espèces qui se rencontrent dans les mers de l'Europe, nous mentionnerons particulièrement les Cynthia glacialis Sav., C- papillosa Sav. et C. microcosmus Cuv. Cette dernière doit son nom aux nombreux parasites qui vivent à sa surface ; malgré son goût acre et amer, elle sert d'aliment à quelques populations pauvres de nos côtes méditerranéennes. Ed. Lefèvre.

CY\URÉ1\IQUE (Acide). C^^FP^Az^O^-t-SIPO. Cet acide a été découvert parLiebig {Annal, d. Chem. u. Pharni., Bd. LXXXVl, p. 125, et Bd. CVIII, p. 354), dans l'urine du chien. Sa présence n'y est pas constante et il ne s'y trouve jamais qu'en faible quantité, associé ou non à une quantité minime d'acide nrique.

574 CYNURÉNIQUE (Acide).

Préparation. Pour l'extraire de l'urine, on concentre celle-ci par l'évaporation et on traite par l'acide chlorliydrique. On lave le précipité obtenu, on redissout dans l'eau de cliaux et on précipite derechef par un acide. Lorsque la solution du sel de chaux est concentrée, l'acide cynurénique se dépose sous forme d'une masse pulvérulente ; d'une solution étendue, on l'obtient au contraire en aiguilles fines, incolores, soyeuses.

Voit et Riederer [Zeitschr. f\ Biologie, Bd. I, p. 315, 1865) employaient 100 volumes d'urine auxquels ils ajoutaient 4 volumes d'acide chlorliydrique; ils laissaient reposer pendant quarante-huit heures jusqu'à formation du précipité, filtraient et lavaient à l'eau froide.

D'après le procédé de Schultzen et Schmiedeberg [Annal, der Chem. u.Pharm.y Bd. GLXIV, p. 155), on évapore directement l'uinne à 1/3 de son volume, ou bien on la traite par l'acétate de plomb, ce qui est préférable ; -l'excès de réactif est enlevé par l'hydrogène sulfuré, puis le liquide est abandonné à luimême. Quand la concentration est suffisante, on ajoute soit de l'acide chlorhydrique, soit de l'acide nitrique, et on laisse reposer pendant plusieurs jours dans un lieu frais. L'acide cynurénique se dépose et on le débarrasse au moyen de sulfure de carbone d'une faible quantité de soufre adhérent. Après quoi, on le dissout dans l'ammoniaque, on le décolore au charbon animal et on le précipite par l'acide acétique. Pour l'avoir complètement pur, le plus simple est de le transformer en sel de baryte, qu'on fait cristalliser à plusieurs reprises, puis de l'isoler à l'aide d'un acide minéral.

Propriétés. L'acide cynurénique pur se présente en aiguilles incolores, d'un éclat soyeux, qui perdent leurs deux molécules d'eau de cristallisation à 150 degrés. 11 est peu soluble dans l'eau et l'éther, insoluble dans les acides étendus, mais soluble dans les acides concentrés ; l'alcool le dissout à chaud et le laisse déposer par le refroidissement.

Quand on le dissout dans l'eau de baryte concentrée, puis qu'on élimine l'excès de base par un courant d'acide carbonique, on obtient, par l'ébullition et la concentration, un sel très-bien cristallisé en aiguilles fines, qui ont pour composition :

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