L. Un
CAPRA (Marcello). Médecin et philosophe italien, né à Nicosie, dans l'île de (<liyprc, vers le milieu du seizième siècle. « U fut contraint, par des circonstances sur lesquelles Mongitore {BlbliotJieca Sicula, t. III, p. 28) ne s'explique pas, de quitter sa patrie oii il exerçait sa profession depuis quelque temps et de passer en Sicile. Son premier lieu de séjour dans cette île fut Palerme, qu'il échangea contre Messine, où le magistrat lui conféra, en récompense de ses services, le droit de bourgeoisie. Ayant assisté, en 1571, au combat du golfe de Lépante, avec Jean d'Autriche qui l'avait pris pour médecin, il revint, à l'issue de cette expédition, terminer sa carrière dans sa patrie adoptive, à Messine » {Bioçjr. Didot).
On cite de lui :
L De sede animœ et mentis ad Aristotelis prcecepla, contra Galenum. Panormi, 1589, in-4°. — II. De immortalitate animœ rationalis juxta principia Aristotelis advcrsiis Epicurum, Lucretium et Pylliagoricos. Panoi'mi, 1589, in-4°. — III. De morbi epidemici qui misernme Sici liant depopui abatur anno 1591, ilidemquc 1592, causis, symptomatibus et cuvationc. Messanœ, I59i, in-4°. L. Un.
t-'APRELLA. Voy. plus loiu Chevrolle.
CAPRYI.AMÏDE. Corps hypothétique déduit du produit de la réaction de l'anhydride caprylique sur l'aniline. D.
CAPSUI^ES »iURRÉ!\'ALE!S. Voy. ReiNS.
CARBOi^YLE. On appelle ainsi l'oxyde de carbone considéré comme radical diatomique dans plusieurs composés (anhydride carbonique, etc.). D.
CARCASSOx:VE (Aponévrose ou Ligament de). C'est l'aponévrose moyenne du périnée [voy. Périnée). ^•
CARCEUS (Martin). Médecin hongrois, né à Kartzag-Ujssalach, dans la Grande Coumanie, vers le milieu du dix-septième siècle (1660 selon les uns, 1666 selon les autres); ces deux dates paraissent également inexactes. Carceus étudia la médecine à Ley de, fut reçu docteur en 1671 et mourut peu après dans cette ville, laissant :
I. De acido prœcipue microcosmi. Lug. Batav., 1070, in- 4°. — II. De hœmopUjsi. Lugd. Batav., 1671, in-4°. — III. Carmen honoribus Gcorgii Kovafs-Tatai : Herculem vere cogniium, Lugduni Batav., anno 1571 edentis, dicatum. Lugd. Batav., 1671, in-4°. — IV. Praxis niedica.\\xgà. Bat., 1671, in-12. L- Un.
CARDIA€ÉS OU CARDIDÉS. Famille de Mollusques-Lamellibranches- Siphoniens, qui a pour type le genre Cardium L. {voy. Bucarde).
Ed. Lefèvre.
CAREIVO (Aloisio da). Né à Pavie en 1766, était fils d'un médecin. Il fut reçu docteur en 1787, puis, l'année suivante, vint à Vienne oij il étudia la médecine et la chirurgie pendant quatre ans. Il se fixa dans cette capitale et y exerça son art avec succès ; il s'appliqua surtout à la propagation de la vaccine. Careno mourut en 1810, laissant :
I. Observationes de epidemica constitutione anni 1789 in civico nosocomio Viennensi. Vindobonœ, 1790, in-8°; 1794, in-8°. — II. Disserlazioni medico-chirurgiche pratiche, estratte dagli atti délia Academia Giuseppina... Yienna, 1790, in-S". — 111. Voce al popolo per giiardarsi deW atlaco del vajuolo. Vienna, 1791. — IV. Tentamen de morbo pellagra Vindobonœ observata. Vindob., 1794, in-8''. — V. Saggio sulla maniera di allevare i bam' bini a mano. Pavia, 1794, in-8°. — \1. Veber die Ruhpocken. Wien, 1801, in-8°. — VU. Une traduct. de l'ouvrage de Jenner sur la vaccine. Vienne, 1799-1801, in-4°, et au Discours sur les systèmes de Mascati. Leipzig, 1801, in-S". — VllI. Une édition de Y Apparatus medicaminum, de Mirabelli. Yenise, 1801, in-8°. L. Un.
CARIBES. Voy. Caraïbes et Amérique.
CARI1%'AIRE {Carinaria Lamk). Établi par Lamark dans la première édition de son Histoire naturelle des animaux sans vertèbres (1815-1822), puis considéré par de Blainville {Manuel de malacologie et de conchyliologie, 1825) comme le type d'un ordre distinct, celui des Nucléobranches, ce genre de Mollusques appartient à l'ordre des Gastéropodes et au groupe des Hétcropodes, dans lequel il forme, avec les Pterotrachœa Forsk [Firûla Pér.), les Cardiopoda d'Orb. et les Firoloides Desh., la famille des Firolidés.
Essentiellement marines, les espèces qui le composent se tiennent toujours loin des côtes; elles nagent presque continuellement et toujours sur le dos. Leur corps allongé, gélatineux, a la transparence du cristal, bien qu'il soit recouvert d'une peau épaisse et mamelonnée. La tête, saillante et pourvue de deux tentacules, à la base desquels sont situés les yeux, se prolonge en une trompe tronquée renfermant une langue protractile armée de petits crochets mobiles. Les organes de la digestion sont renfermés, avec le foie, le cœur et les organes génitaux, dans une sorte de sac {niicléus) arrondi, placé en dessus et en arrière du dos, et recouvert entièrement par une coquille très-mince, univalve, conique,
aplatie latéralement, à sommet réfléchi et contourné en spirale. Les branchies, foliacées, font saillie sur les côtés du nucléus et flottent librement. Enfm le pied, au lieu de former un disque horizontal, est comprimé en une lame verticale musculeuse dont l'extrémité postérieure constitue une nageoire caudale et dont le bord inférieur se dédouble, vers son milieu, pour former une petite ventouse.
Comme tous les Mollusques Hétéropodes, les Carinaires ont les sexes séparés; elles se nourrissent de petits animaux marins qu'elles saisissent au moyen de leur langue protractile dont les dents peuvent se redresser. On n'en connaît qu'un petit nombre d'espèces, répandues surtout dans les mers australes. Les deux principales sont : le C. mediterranea Lanik, qu'on rencontre assez fréquemment dans la Méditerranée, et le C. vitrea Lamk (Patella cnstata L.- Argonauta vitrea Gmel.), qui habite le Grand Océan Indien. Ed. Lefèvre.
CARmiMlQUE (Acide). Voy. Cochenille.
l'ARMOY (Gilbert). Médecin et physicien français, né à Paray-le-Monial, le 6 décembre 1731, mort le 21 février 1815. 11 reçut sa première éducation chez les jésuites de Paray, étudia la philosophie à Lyon et la médecine à Montpellier. (( Arrêté en 1795, il fut élargi par le comité de surveillance, à la condition de sortir seulement pour visiter les malades patriotes. Carmoy répondit noblement que, comme médecin, il ne connaissait pas d'opinion. Le comité dut céder devant cette généreuse fermeté » {Blog. Didot).
Carmoy a publié :
I. Topographie de Paray, mémoire qui valut une médaille d'or à l'auteur en 1789. II. Sur la catalepsie et l'Iiydrophobic. In Journ. de physique, germinal an YIII. — III. Sur l'écoulement électrique des fluides dans les vaisseaux capillaires, observ. adressées à La Mettrie. Ibid., an VIM. — IV. L'influence des astres est-elle aussi mille sur la santé qu'on le croit communément? Mém. présenté à l'Acad. de Mâcon. — V. Observ. d'une goutte sereine guérie par le galvanisme, 1810. — VI. Considér. sur l'éruption cutanée connue en Bourgogne sous le nom depuce maligne, une affection gangreneuse de la peau qui diffère peu de l'anthrax. In Annal, de la Soc. de méd. de Montpellier, t. XXI, p. 379. L. Hn.
CAROTIDIEIV (Ga.ngliojv). Voy. G.vNGLiONS et Sympathique {Grand).
CAROTIDIE:\i (Plexus). Voy. Sïmpathique [Grand).
CARRADORI (GiOACHiMo). Médecin italien distingué, né à Prato, en Toscane, le 6 juin 1758, professa d'abord la philosophie au séminaire de Pistoie, puis, pour fuir les démêlés qui s'étaient élevés entre le clergé et l'évêque, revint dans sa ville natale, oiî il pratiqua la médecine et cultiva en outre l'agriculture et la physique. Il était professeur honoraire de l'université de Pise et membre de la Société Italienne. Partisan enthousiaste de la vaccine, il contribua beaucoup à sa vulgarisation. Il mourut le 24 novembre 1818 à Prato, selon les uns, à Pise, selon les autres, laissant :
I. La ^eoriarfeZcaZore.Prato, 1787. Firenze, 1789, 2 \. in-\2.—U. Leltera soprareletfricità animale. Firenze, 1795. — III. Leltera sopra la virtù antiodontalgica di piu inselti. Prato, 1793. — IV. Memoria sulla trasformazione del nosloc in tremella verrucosa, in lichen fascicularis ed in lichen rupestris. Prato, 1797, in-8°. — V. Leltera su varie trasformazioni délia tremella in nostoc, e di alcune allre crittogame e sulla loro riproduzione. Firenze, 1798, in^". — VI. Istoria delV epizootia bovina che regnà nel 1800 nella campagna del
vicanaio di Prato. Firerze, 1801, in-8». —VII. Délia fertililà délia terra. Fir., 1803, ia-8°. — VIII. Istoria del galvanismo in llalia, ossia délia contesa fra Volta e Galvani ricovala da fatti esposli dori due partiti. Firenze, 1817, in-8°. — IX. Lett. al sig. doit. Giacomo Tommasmi, prof, dï clin. neW univ. di Bologna, sulla febbre contagiosa di quesV amio 1817. Prato, 1817, iti-8°. — X. Un grand nombre d'articles (plus de 240) dans les journaux de Milan et de Pavie, et dans la Bibliothèque britannique. >■ !-• Hk.
CARTILAGE DE SAXTORllVI. Yoy. LarYNX.
CARTOMAXCIE (de /apTt'ov, c,irte, et ^.m-zloL^ divination). Horoscope tiré au moyen des cartes à jouer [voxj. Divination). D.
CARYCHIE {Carychium O.-Fr.-Miill.). Genre de MoUusques-Gastéroyiodes- Pulmonés, de la famille des Auriculidcs, dont les représentants sont caractérisés par la coquille oblongue, à. spire allongée et à ouverture arrondie présentant un seul pli à son bord interne. L'animal, semblable à celui des Auricules, a la tète proboscidiforrae et munie de deux tentacules courts, cylindriques, rétractiles, à la base desquels sont insérés les yeux.
Ces Mollusques, tous de petite taille, vivent sur la terre dans les endroits humides. Parmi les espèces européennes, la plus répandue est le Carychium minimum O.-Fr.-Miill. {Hélix carychium L.), qu'on rencontre un peu partout, sous la mousse, dans les bois humides, et qui monte dans les Pyrénées jusqu'à 1500 mètres. Le C Firminii Payr., au contraire, paraît spécial à la Corse, et le C. myosotis Férus., qui s'éloigne peu des bords de la mer, se trouve assez fréquemment sur les côtes de l'Océan et delà Méditerranée. Ed. Lefèvre.
CARTOPHYLLE. Une des familles des Cestoïdes, d'après la classification deVanBeneden {voy. Cestoïdes). D-
CASSAXOAS (Les). Voy. Guise'e.
CASSIDULE. Voy. ECHINIDES.
CASSlt'S (Jean-Jacqdes-Joseph). Médecin français de la fin du dix-huitième siècle, s'est fait connaître par ses travaux sur la variole et le galvanisme.
I. Essai sur le moyen d'anéantir la contagion variolique. Paris, 1709, in-8. — II. Précis succinct des principaux phénomènes du galvanisme. Paris, 1805, in-8° (avec Larcher-Daubancourt et Sainlot). L. Un.
CASTEL,l>A>il (Luigi-Fbancesco). Médecin italien, né à Sermide, prés de Mantoue, exerçait l'art de guérir et occupait la chaire de clinique médicale à Mantoue dans la seconde moitié du dix-lmitième siècle. Il a fait de grands efforts pour la propagation de l'inoculation variolique. Ce médecin distingué a publié :
I, Del vetro d'antimonio inceralo nella disenleria. Ferrnra, 1760, in-8° II. De vita
Antonii Musœ Brasavoli commcnlarius historico-medico-crilicus ex ipsius operibus erutus. Mutina:, 1707. — III. Sentimenlo intorno aile risaie. Faënza, 1709. —IV. Délia insussistenza del contagio tisico. Mantova, 1777, in-8°. — Y. Vita del célèbre medico Mantovano Marcello Donati. Mantova, 1788, in-8". — VI. Sulla polmonare tisichezza. Mantova 1791 ,n-8°. — VU. China-china difesa. Guastalla, 1794. , l. Hn.
CASTIGLIO\'E (Les).
Castisiione (GiAccoMo). Médecin italien du seizième siècle, vivait à Rome. On connaît de lui :
Discorso sopra il bever fresco. Roma, 1602. L- Hn.
Castigiione (Pietro-Maria). Autre médecin italien, fils de Francesco, protomédecin des armées du roi catholique dans le Milanais, naquit vers 1594, et mourut le 27 octobre 1C29, d'une fièvre maligne. Il exerça la médecine à Milan et était membre du Collège des médecins de cette ville ; il n'avait encore que vingt-quatre ans lorsqu'il osa se mesurer avec Luigi Settala. Comme son père, il fut proto-médecin de l'armée du roi d'Espagne. On connaît de lui :
I. Ttesponsio ad Ijid. Seplalii jitdiciii>?i. Mcdiolani, 1018, in-S". — II. Admiranda naluraiia ad rcnum calculas curandos. Mediol., 1622, in-S". — III. De sale ejusque viribus. Mediol., 1G29, in-8°. L. Un.
Castig^lione (Giovanni-Onorate). Etait probablement de la famille du précédent, famille à qui l'empereur Sigismond avait accordé le titre de comte palatin en 1417 et à qui Philippe IV, roi d'Espagne, confirma ce titre en 1653 et en 1662. Castiglione naquit à Monteruzzo, étudia la philosophie et la médecine à Padoue, y fut reçu docteur, et devint même agrégé au corps de l'Université de cette ville; par la suite il obtint la charge de proto-médecin de l'Etat de Milan, et il s'en acquitta avec honneur jusqu'à sa mort, arrivée en 1679. Il a laissé :
Prospeclns pharmaceulicus, sub que antidotarium Media lanense proponilur. Mediolani 1668, in-fol. L. Ils.
Castiglione (Branda-Francesco). Fils du précédent, reçu docteur en médecine à Pavie le 14 juin 1661, puis proto-médecin du Milanais, mourut à Milan en 1712, à l'Age de 71 ans. Outre V Antidotarium de son père, qu'il publia avec des corrections et des additions, Castiglione a mis au jour l'opuscule suivant :
De spiritibus, extractis ac fucis. Milano, 1698, in-fol. L Ils.
€ATELA:\I ou catalan (Laurent). Pharmacien français, vivait à Montpellier vers le milieu du dix-septième siècle. Il est connu par ses recherches sur les substances qu'on doit employer pour la confection de la thériaque, et c'est sur ses indications que l'académie de Toulouse modifia la composition de cette drogue. On a de lui :
I. Démonstralion des ingrédients de la confection alchermès. Montpellier, 1600, in-16. Ibid., 1614, in-12. — II. Discours sur la thériaque. Montpellier, 1614, iii-12. Ibid.,1626, in-12. — m. Histoire de la tiature, chasse, vertus, propriétés et usages de la licorne. Montpellier, 1624, in-8°. Trad. allemande. Francfort-sur-le-Jlein, 1625, in-S" avec ligures. — IV. Trai/c du bézaard. Trad. en allemand. Francfort, 1627, in-8°. — V. Rare et curieux discours de la plante appelée mandragore. Paris, 1639, in-12. L. Un.
CATGUT. Terme anglais signifiant littéralement boyau de chat, est synonyme de corde à boyau. En chirurgie, l'usage a fait comprendre sous ce nom la corde à boyau fine préparée suivant la méthode antiseptique et servant à la déligatioii.
L'application de la corde à boyau comme moyen de suture ou de ligature est très-ancienne, elle remonte à Rhazès, qui employa la corde à boyau dans la suture de l'intestin. Lorsque les ligatures furent appliquées sur les artères, les sub-
stances animales furent essayées de très bonne heure; c'est à ce litre que Guy de Chauliac avait choisi la soie, mais ce n'est qu'au commencement de ce siècle que l'on étudia comparativement les effets produits par les fils de diverses matières. Samuel Cooper a rapporté l'histoire de ces essais tentés par Hennen (1815), Physick de Pennsylvanie (1814), Young d'Edimbourg, Lawrence, Levert, Béclard, Astley Cooper (1822), et plus lard par Dupuytrcn, Lisfranc, Manec (1852), Samuel Cooper (1858). Or, il y avait eu à cette époque des premiers succès encourageants, tels que la ligature d'un anévrysme poplité à l'aide de catgut par A. Cooper; mais il y eut des cas d'hémorrhagies secondaires, d'ulcérations, de suppuration lente, de sorte que l'emploi du catgut tomba en discrédit: on lui reprochait de se desserrer facilement, de restera l'état de corps étranger, bien qu'on eût plusieurs fois constaté lu résorption de cette ligature et quoique Porta eût, dans ses expériences faites sur des animaux, obtenu 33 fois sur 80 la résorption de la corde à boyau de chat.
11 en fut de même pour d'autres matières animales essayées dans un but analogue, telles que les lanières de peau de daim, préconisées par Jamieson de Baltimore, les fibres de tendons, le crin de cheval. La soie seule fut conservée, mais, il est vrai, non plus comme ligature perdue.
C'est Jos. Lister qui a remis en honneur l'emploi du catgut, qui constitue une des particularités de la méthode antiseptique. Lister, dans une série de publications, a démontré les avantages de la corde à boyau préparée de manière à être absolument anliputiide ou antiseptique par la macération prolongée dans l'huile phéniquée suivant un procédé que nous indiquei'ons plus loin.
Depuis cette époque des publications fort nombreuses ont été faites sur l'emploi du catgut phéniqué, et sur les transformations qu'il subit dans l'organisme. Les résultats ont été souvent contradictoires, ainsi qu'on peut le voir par le résumé suivant des principaux travaux au point de vue clinique. Paget a signalé, dès 1870, des résultats favorables; Gibb, dans une ligature de la fémorale, obtint un succès apparent en ce sens que la réunion eut lieu en huit jours par première intention; cependant la malade mourut d'érysipèle, et l'on put constater la résorption de la ligature ; Watson, dans un autre cas, ne put trouver la ligature. Les observations dans lesquelles les chirurgiens ont employé le catgut avec succès sont très-multipliées en France. M. le docteur Michel en a récemment publié un grand nombre, de soite qu'il semble plus facile de retrouver les laits dans lesquels les résultats ont été moins favorables : tels sont, par exemple, les quatre observations de Bryant, où la ligature n'a pas été résorbée, sauf le cas oîi il n'y avait pas de réunion, le cas de Murinoff, (jui retrouva le catgut soixante-dix jours après la ligature. Les faits cliniques prouvent donc que le catgut n'est pas toujours résorbé aussi complètement que l'on proclamé des chirurgiens enthousiastes de la mélhode de Lister.
Les expérimentations ont été nombreuses, et en général elles prouvent que la résorption du catgut est facile. Les recherches de Schuchardt, Marcy, Callender, Berens, Holmes, Fleming, démontrent que le catgut non phéniqué et le catgut phéniqué peuvent être absorbés. Fleming, en particulier, a décrit avec soin le processus de l'absorption ; suivant cet auteur le catgut se ramollit, s'infiltre de globules blancs du sang, son tissu se transforme en une masse pultacée qui deviendrait un tissu organisé, et dans tous les cas semble s'unir aux parties voisines de façon à ne plus pouvoir être distingué. Cependant des recherches de Gûterbock, celles plus récentes de Mayer, montrent que la résorption du catgut
peut n'être qu'apparente, et que les phénomènes qui s'y passent ne peuvent être considérés comme une transformation réelle du tissu, mais plutôt comme une sorte d'enkystement favorisé par le ramollissement préalable avec dissolution et résorption partielle.
L'expérimentation et l'observation clinique, malgré les dissidences que nous signalons, ont toutefois montré que, dès le cinquième ou sixième jour, le nœud de catgut laissé dans la plaie s'est ramolli et disparaît ultérieurement plus ou moins complètement, et ce phénomène constitue les qualités de la ligature avec le catgut, comme il en explique le danger. En effet, les ligatures au catgut ont l'avantage de favoriser la réunion par première intention, puisque, disparaissant très-rapidement, elles évitent la persistance d'un corps étranger; du reste, étant rendues antiseptiques, elles n'introduisent pas de miasmes septiques, mais elles ne peuvent représenter qu'une ligature temporaire, puisqu'elles se ramollissent rapidement et se détendent, d'où la possibilité des hémoVrhagies secondaires. C'est le reproche qu'on leur adresse.
Nous devons dire que, si les chirurgiens sont partagés d'avis à l'égard des avantages du catgut, le nombre considérable d'opérations où ce moyen de déligalion a été employé avec succès prouve que l'hémorrhagie secondaire est rarement à craindre.
Le catgut convient surtout dans les ligatures que nécessitent les opérations pratiquées dans la cavité abdominale, sur les viscères. La plupart des chirurgiens qui suivent strictement la méthode de Lister sont décidément prononcés en faveur de la préférence à donner au catgut sur les autres fils; Fischer, Nussbaum, Esmarch, en Allemagne; Bœckel, Lucas-Charapionnière, en France, so sont plus particulièrement elforcés d'en vulgariser l'emploi.
11 importe de n'employer que le catgut convenablement préparé; il faut rechercher la corde à boyau fraîchement préparée et n'ayant pas d'odeur; on la trouve facilement en France et, suivant M. Boeckel, à Schaffhouse, en Suisse. On se sert de fils de diverses grosseurs, soit de 0 à 1 ou 2, suivant le volume du vaisseau à lier ; pour les sutures des os on peut avoir recours aux numéros 5 et 4.
La corde à boyau est alors plongée dans le bain phéniqué que l'on prépare de la manière suivante: on fait dissoudre de l'acide phéniqué cristallisé dans de l'eau, dans la proportion de une partie pour dix, on ajoute cinq parties d'huile d'olive et on émulsionne avec soin; le catgut est conservé quatre à six mois dans ce bain, il est devenu souple et se prête facilement à la déligation.
Avant de s'en servir il est bon de le laver dans une solution aqueuse phéniquée de 5 à 5 pour cent, pour enlever l'excès d'huile. Quelques précautions sont nécessaires pour l'application du nœud, elles ont été résumées par M. le docteur Boeckel, de Strasbourg, dans les termes qui suivent: « Il faut, dit-il, se rappeler que le catgut exige une constriction beaucoup moins forte que la soie, puisqu'il ne doit pas couper les parties qu'il enserre. Pourvu que le nœud ne glisse pas et arrête le sang, c'est tout ce qui est nécessaire. Il en résulte que pour lier des artères de même calibre on peut employer des fils de catgut moins gros et moins résistants que des fils de soie. »
Il est probable qu'on pourrait utiliser d'autres substances que la corde à boyau pour préparer le ca'gut; c'est ainsi que le docteur Baelz, d'après l'avis d'un médecin japonais de Tokio, le docteur Ischirugo, a employé les tendons de baleine pour remplacer la corde à boyau. Des expériences lui ont prouvé que
ADDliNDA. 501
ce nouveau catgut serait résorbé plus facileoient encore que le catgut ordi- ^^^iJ.e. Albert Hénocque.
Bibliographie. — Samuel Cooper. Diclio7inary of Practical Surgery, \8Z^,']Ûi tà\tion. Articles Aneurism, Lifjritiire. — Béclard. Nouveau Journal de médecine et de chirurgie^ p. 254, 1818. — Manec. Traité théorique et pratique de la ligature des artères, 1832. — Porta. Délie alterazioni patologiche délie arlerie per la ligatura e la torzioiie. Milano, 1845.
— Listeh. Diverses publications : llie Lancet, sept. 21, 1867 ; British Médical Journal, July 18, Aug. 1, October 31, iS'ovemb. 14, 1868 ; the lancet, april 3, 1869 ; Brit. Med. Journ., August 26, 187). — Holmes. Sijslem of Surgenj. London, 1871. Traduit par Terrier m Archives générales de médecine, novembre 1871. — Marcy. A New Use of Carbolized Catgut Ligature. In Boston Médical and Surgical Journal, November 16, 1871. — Schuciiardt. Veber die Unterbindung der Gefâsse mit carbolisirten Darmsaiten. Inaug. Disserl. Berlin, 1872.
— Berens. Animal Ligatures. In Philadelphia Médical Tintes, n" 145, 1874. — Murinoff. Vcbrr Verânderungen der Darmsailen-Linature. Innug. Dissertai. St-Petersburg, 1875. — GvTEhBocK. Erfahrungen ilber die Résorption carbolisirler Dar>nsniten. In Berliner Iditiische Wochenschrift, n° 35, 1873. — Fleming. On the Behaviour of Carbolised Catgut Inserted amonq Living Tissues. In the Lancet, 1876, t. I, p. 771. — Riedinger. Verwerihung des Catgut zur Stilhtng von Bhdungen ans Knochcn. In Cenlralblall f. Chirurgie, n° 16, 1877. — Bryaxt. The Use of Carbolised Catgut Ligature for the Ligation of Arleries in tkeir Continuity. In the Lancet, 1877, vol. II, p. 57i. — Balz. Faclen aus Walfischsehnen als Ersati fi'ir Catgut. In Centralbl. fur Chirurg., n° 21, 1878. — Fischer. AUgemeine Verbandlehre. In Pitha II. Billroth'.s Handbuch der allg. und spec. Chirurg. — Listei-'s anlise/dicher Occliisiv-Verband. Catgut... p. 138 à 159 (ce chapiire nous a été d'un grand secours pour les recherches historiques et bibliographiques, qui y sont fort complètes. — Esmarch. Chirurgie de guerre. Trad. par le D' Rouge, 1879. — Boeckel. De l'emploi du Catgut pour 1rs ligatures d'artères dans la continuité. In Gazette hcbdoniadaiie, n"' 9 et 10, p. 153 et 148, 1880.