L. Hn
CALLIAXIRE. Voy. Cténophores.
CAI.L1TDRIX. Voy. Sagoin.
CALMJTAIVMQUE (Acide). Acide de la classe des tannins retiré par Rochleder d'une bruyère : le Calluna vulgaris. D.
CALMETTE (François). Médecin français, né à Rodez dans la seconde moitié du dix-septième siècle, mort dans la première moitié du dix-huitième siècle. Il fit ses études à Montpellier, prit le grade de docteur en 1684 et professa la médecine avec éclat à la faculté de cette ville. On cite de lui :
Riverius reformatus, sim jnaxis medica methodo Riverianœ non absimilis, juxta recentiorum tum medicorum tum philosopliorum principia conscripta. Genovœ 1677 in-S»- ihid 1687, in-8°; ibid., 1706, 1718. in-8; Lugduni, 1690, in-8'. ' £. fj.' '
CALOCERA. Voy. Clavariés.
CALOiWEL. Toxicologie. Voy. MercORB. CALOMMATE. Voy. ARAIGNÉE.
CALORESCEivcE. Voy. RaDIATION, p. 787. CAEOR1FÈRE. Voy. ChxCFFAGE.
CAliVi (Giovanni). Médecin italien, né à Crémone vers le milieu du dixhuitième siècle. Il remplit tout d'abord les fonctions de médecin à l'hôpital de Sainte-Marie la Neuve à Florence, devint ensuite membre de l'Académie de cette ville, puis passa à Milan, où il fut médecin pensionné de la ville. Enfin, en 1763, il fut nommé professeur de médecine à Pise. On cite de lui :
I. De hodierna elrusca clinicc commentarius. Florentia?, 1748. — II. Lellera sopra l'uso medico hilerno del inercurio sublimalo corrosivo e sopra II niovbo venrreo. Cï'emona, 17(j3 in-8°. — IIJ. Discorso délia morte di Socratc. l'isa, "1763, iii-S". — IV. De niedicamentis pro nosocomiorum levamine moderandis. Pisis, 1765, in-S". I,. Hiy.
CALYPTORLASTES [Calypiohlastica AU m.). On désigne sous ce nom un groupe d'animaux marins de l'embrancliement des Cœlentérés et de la classe des Méduses, qui, longtemps considérés comme des animaux complets, ne sont en réalité que la forme polypoïde agame de certaines Méduses, bien que l'on n'ait pas encore observé, pour plusieurs d'entre eux, la phase médusaire ou sexuée.
Ces animaux forment, par leur association, des polypiers dendroïdes ihydrosomes) composés d'axes charnus à périderme chitineux corné, qui s'élaro-issent à leur extrémité pour constituer des espèces de calices {hydrothèques), dans lesquels sont logés les Polypes nourriciers ou hydranthes ; ces derniers sont pourvus d'une bouche infundibuliforme entourée d'un cercle de tentacules pleins. Les hydrothèques, de forme variable, tantôt opposés, tantôt alternes sont parfois accompagnés de petits calices accessoires, remplis de nématocvstes et auxquels on donne le nom de nématocaJyces. Sur les hydrosomes naissent en outre, à côté des polypes nourriciers, des gonoblastidies (sortes de polypes plus ou moins modifiés, dépourvus d'ouverture buccale et de tentacules), sur lesquelles se développent des bourgeons sexués {gonophores) qui, tantôt restent fixés et sessiles sous la forme de sacs ovoïdes clos {sporosacs) renfermant les éléments sexuels {œufs ou spermatozoïdes), tantôt se détachent et se transforment en petites Méduses libres appartenant, à peu d'exceptions près, aux croupes desEucopides, des Thaumantides et des Equorides.
Les Calyptoblastes comprennent trois types bien distincts, les Gamp.anulaires les Sertulaires et les Plumulaires {voy. ces mots). EJ, Lefèvre
CAMACÉs. Ce nom, employé par G. Cuvier pour désigner la troisième famille de ses Mollusques acéphales testacés, est remplacé, dans les classifications récentes, par celui de Chamidés {voy. ce mot). Ep, Lefèvre
CA^RODGE. Voy. Lxdd-chine et Cochinchine.
CAMPANA (Antonio-Francesco). Médecin italien distingué, né à Ferrare, le 3 avril 1751, mort dans cette ville le 2 mai 1832, 11 commença ses études dans sa ville natale, chez les Jésuites, puis étudia la médecine à Padoue et se livra à la pratique dans l'hôpital de Sainte-Marie à Florence. Grand amateur de physique, il exécuta de nombreuses expériences dans le cabinet de lord Cooper, son ami. Il remplit ensuite avec distinction la chaire de physique expérimentale dont il avait obtenu la création à Ferrare, jusqu'au moment oiî les troubles politiques vinrent interrompre ses travaux. Plus tard, il reprit ses cours de physique et professa avec un égal succès la chimie, la botanique et ragriculture, au Lycée de sa ville natale, qui remplaçait l'ancienne université.
Campana a publié :
I Farmacopea Fen-arese. Ferrara, 1799 (ouvrage qui obtint onze éditions et fut traduit en français, en anglais et on allemand).' — II. Catalogus plantarum hortus botanici Ferrariensis. Ferrariiic, 1812, 18'24. — III. Sulle cause délie febbri intcimUteiili che si attribuiscono ait' aria calliva, 1824. — IV. Sull' insalubrilà del barbio ne' mesi in oui ha le ova. Fcvr., 1811. — V. Elementi di fisica. Ferrara, 1815. — VI. Lezione di fisica e chimica per gli anni 1796-1802. L. \h.
CAMPAIVULAIRES. Animaux marins de l'embranchement des Cœlentérés et du groupe des Calyptoblastes {voy. ce mot), caractérisés par les hydrothèques dépourvus de couvercle, entiers ou dentelés sur les bords, et portés sur des pédoncules annelés à leurs deux extrémités.
Les Campanulaires sont monoïques ou dioïques ; leurs gonophores donnent naissance à des Méduses libres, aplaties ou campanuliformes, pourvues d'un cercle de tentacules simples et ayant les organes sexuels situés sur les bords du disque. Leurs diverses formes se réparfissent dans plusieurs genres dont les principaux sont : Campanidaria Lamk, Obelia Pér. et Les., Laomedea Lamx, Cabjcella Hincks, CampanuUna v. Ben., etc.; quant aux phases médusaires, elles correspondent aux formes décrites sous les noms génériques à'Eucope Gegenb., Laodicea Less. {Thaumantias Gegenb.) et Lizzia Gegenb.
Ed. Lefèvre.
CAMPBELL (Charles-James). Accoucheur très-répandu, né en Angleterre, à Stapleton-Park (comté d'York), en 1820, a été élevé en France, où ses parents sont venus s'établir quand il avait six ans. II a fait ses études classiques au collège de Sens et, à Paris, au collège Rollin. Il étudia ensuite la médecine dans la capitale et fut reçu interne des hôpitaux en 1845, puis, après avoir pris le degré de docteur, en 1849, devint chef de clinique obstétricale de la Faculté (1853-1855), et devint chevalier de la Légion d'honneur en 1859. Dès ses débuts dans la carrière médicale, il dirigea toutes ses études vers la spécialité des accouchements. « Son talent d'élocution, son amour du travail, lui eussent rendu facile la carrière des concours, mais, bien qu'il aimât la France avec passion, il tint toujours à conserver la nationalité anglaise » (Onimus).
Membre très-actif de la Société médicale anglaise de Paris, il s'efforçait de faire profiter son pays adoptif des travaux publiés à l'étranger, particulièrement en Angleterre ; et réciproquement il n'était pas de notabilité scientifique de la Grande-Bretagne qui ne trouvât en lui un guide sûr et lîdèle pour l'initier à la science française.
Campbell a été le vrai introducteur en France, ou du moins le vulgarisateur
de l'aneslhésie obstétricale, employée pour la première fois par Simpson en Angleterre, et dont Houzelot, deMeaux, s'était servi dans une vingtaine de cas, dès 1857. Lorsque Simpson vint en France, Campbell fut son introducteur près de toutes les sociétés savantes.
Campbell a publié, sur l'emploi des anesthésiques dans les accoucbements, un grand nombre de mémoires, dont quelques-uns ont donné lieu à une polémique très-vive. Partisan de la demi-anesthésie, il a clierché, par de nombreuses observations, à en établir l'innocuité et les avantages; il a fait voir en outre que Veffort obstétrical est désanesthésiant, que la conscience du moi revient nettement au moment de l'effoit; et il s'appuie sur ce fait pour conclure à l'innocuilc de l'aneslbésie obstétricale, ou plutôt de Vanalgésle. Campbell a étudié en outre l'action locale du cbloroforme sur la matrice et l'influence que cet agent peut avoir sur les phénomènes ultérieurs, soit sous le rapport de la plaie locale, soit sous le rapport de l'état général. On doit encore à ce savant accoucheur l'introduction en France des douches utérines dans les cas d'accouchement prématuré et l'emploi de l'alcool dans l'infection purulente.
Campbell était un homme d'une rare bienveillance et aimait beaucoup à faire le bien ; il a adopté plusieurs enfants délaissés par leurs parents, les a fait élever et les a dotés la plupart. « Ses principales dépenses, dit Onimus, étaient de dévouement et de générosité, et, malgré toutes ses occupations, malgré une nombreuse et riche clientèle, il ne laisse qu'une fortune modeste. 11 était de plus d'un désintéressement professionnel dont beaucoup de malades lui ont été reconnaissants, mais dont d'autres ont étrangement abusé... Campbell a montré pendant notre malheureuse guerre un patriotisme et un courage audessus de tout éloge. Il fut un des derniers, peut-être le dernier, qui rentra à Paris, déjà presque complètement investi. Il rapportait de Londres au gouvernement provisoire des lettres de l'ambassade française. Pendant tout le temps du siège, il logea dans sa maison et nourrit seize personnes réfugiées des environs. » C'est grâce à sa fermeté qu'après la signature de l'armistice les maisons de Montretout, abandonnées par leurs propriétaires, ne furent pas toutes livrées au pillage par les Prussiens. C'est aussi grâce à son énergie et à son sangfroid que, pendant les incendies allumés par la Commune dans la rue Royale, le feu n'a pas consumé la maison qui fuit le coin de cette rue et de la place de la Madeleine.
Campbell mourut subitement en juin 1879, laissant d'unanimes regrets.
Nous connaissons de lui :
I. De l'accouchement des femmes qui meurent à une époque avancée de la grossesse. Th.
de Taris, 1849, in-4''. — II. Sur l'aneslhésie obstétricale. In Journ. de thérap., 1874.
111. Essai sKr la tolérance aneslhésique obstétricale. Paris, 1874, in-S". — IV. Considéralions nouvelles sur Vanesthésie obstétricale. Paris, 1877, in-8°. L. Un.
CAMPEGIVS. Voy. ClIAMPIER.
CAinuziO ou CAMtTir'S (Andréa). Médecin italien de mérite, né entre 1510 et 1520 à Lugano, dans le comté du Tessin, mort à Vienne, en Autriche en 1578. Il était fils d'un médecin et fit ses études à l'Université de Pavie, puis professa la physique et la médecine à cette célèbre école. Plus tard nous le retrouvons exerçant son art à Milan, m il avait obtenu le droit de bourgeoisie DICT. EMC. XW. 19
âyO ADDENDA.
en 1557. En 1564, il fut appelé à Vienne pour remplir la charge de médecin ordinaire de l'empereur Maxiniilien H. Camuzio a laissé :
I. Disp. quibus Hier. Cardani conclusiones mfirmantur, Galenus ab ejusdem injuriis vindicatur... Ticini, loG3, in-8°. — II. De humano inlellectu libri IV. Ticini, 1564, in-S". ^ III. De amore et felicitale. Viennaî, 1574, in-f'ol. — IV. Excussio brevis prcecipui morbi, nemj)e cordis iMlpifalionis Maxbniliani II Cœsaris invictissimi simul ac aliorum virorum illustrium prceter naluram affectuum. Florentin, 1578, 1580, in-8°. — V. De nobilitate libri VII, hactenus in lucem nusquam editi. Mediolani, 1641, in-8\ L. Un.
CAT^AL, C'AROTIDIETX. Conduit creusé dans l'intérieur du rocher pour donner passage à la carolide interne. I).
€Al\'Ai, ciLiAiRf:, ou de Fontana, de Schlemm; on avait donné ce nom à un sinus circulaire supposé exister à l'union de la sclérotique et de la cornée {voij. l'art. Œil, p. 245 et 247). D.
CATV^AL DE BARTHOLiiV. Voy. ScDLiNGUALES {Glandes).
c Ai\iAL DE DAVERis. Nom donné aux canaux livrant passage aux vaisseaux nourriciers des os. D.
CAIVAL DE PETIT. Voy. CRISTALLIN, CoRPS VITRÉ, ŒiL.
CA^AL DE RiVliV'UlS. Canal excréteur de la glande sublinguale. D.
CAiXAL DEMI-CIRCULAIRE. Nom donné à des canaux qui sont décrits au mot Oreille interne. D.
CAIVAL D€ LIîttAÇOX. Voy. OrEILLE INTERNE.
CAXAL. DYAEOIDIEX. Conduit douteux qui donne passage, dans le corps vitré, à un rameau de l'artère centrale de la rétine (Cloquet). D.
CAIVAL ITV'GUIKAL. Voy. Inguinal [Canal).
CAIVAL LACRÏMAL. Voy. LACRYMALES (Voies). CAXAL MALAIRE. Voy. MaLAIRE.
CAiVAL PALATiiv. Voy. Palatin (Os).
CAi^iAE PTERi'CioÏDE:^. Canal traversant la base de l'apophyse ptérygoïde. 0.
CAIVAL PTÉRÏGO-PALATIX. Gouttière creusée sur le sphénoïde et donnant passage à l'artère ptérygo-palatine ou pharyngienne supérieure. D.
CAI\AL Sors-ORBITAIRE. Canal creusé dans le maxillaire inférieur. Voy. Maxillaire inférieur (Os). D.
CAi\A.L SPIRjlIi. Voy. Oreille interne.
CAiXAMUSALi. Ce nom est, suivant M. Lucien Leclerc, une altération de
Aboulcassem Omar ben Aly el Mously, savant arabe, auteur d'un traité sur les
maladies des yeux, traduit en latin par un auteur anonyme du buitième siècle
'sous ce titre : De passionibus oculorum {L. Leclerc, Histoire de la médecine
arabe, t. II, p. 500). D.
CAî«Ai\i (Giovanni-Battista), dit le jeune, fils d'un anatomiste distingué, Francesco-Mavia Canani naquit à Ferrare, en 1515, et termina sa carrière dans la même ville le 29 janvier 1579. 11 étudia avec succès la médecine, mais particulièrement l'anatomie, sous des maîtres tels que Giraldi Cinlbio, Ant. Musa Brassavole, Fr. Vésale, J. Rodrigiiez, dit Amatus Lusitanus, Arcb. Piccoloraini, Hipp. Boschi, J.-A. Boni, etc.
C'est à Canani qu'est due la découverte dans la paume de la main du muscle court palmaire et du rôle que jouent dans la circulation du sang les valvules des veines. 11 en fit la démonstration sur la veine azygos, en 1547, devant Amatus qui, transporté d'entbousiasme, n'hésita pas à comparer Canani à Yésale. On doit en outre à Canani l'invention de plusieurs instruments cliirurgicaux, entre autres d'un petit appareil appelé rochetta (petite quenouille) el destiné à débarrasser l'estomac des crudités quil renferme quelquefois.
Canani fut le premier médecin du pape Jules III, qui le nomma même arcbiprètre de Ficarolo. A la mort du pape, notre savant anatomiste revint dans sa ville natale, dont il était proto-médecin. On a de lui :
I. Dissectio pichirata musculorum corporis humani. Ferrariae, 1572, 111-4°, 27 pi. — II. Annlomia. Taurini, 1574, 2 vol. in-8°. L. Un.
CAl\'DlROV (IchTHVOLOGIe). VoiJ. SALMONIDÉS.
CA^VELLrA (Gidseppe-Maria). Médecin- italien distingué, né le 5 aoi!it 1788, dans la province de Trente, mort le 29 décembre 1829. Il étudia d'abord à Insbrûck, puis à Landshut à partir de 1806, et fut reçu docteur en médecine à l'Université de Padoue le 6 juin 1811. Après avoir exercé la médecine avec succès, il entreprit, de 1816 à 1818, plusieurs voyages, dans l'intérêt de la science, et, en 1824, fut nommé chirurgien opérateur à l'iiôpital de San-Chiara de Trente. De 1826 à 1829, il fit de nouveaux voyages en Italie, en Allemagne, en France, en Angleterre et en Hollande. Cet habile chirurgien a publié :
I. Storia d'una fratlura del collo del femore. Brescia, 1815. — II. Appendice apofogclico alla storia délia fratlura del collo di Jernore. "Verona, 1816. — 111. Storia e rlflessioni sulla febbre die domina ncl commune di Riva e sue adiacente. Verona, 1817. — IV. Biflcssioiu criliche ed esperienze sul modo di operare la cateratta col meao délia cheratonisai. Milano, 1819. — V. Ceniii sulla estirpazione délia bocca e del callo deir utero net casi di scirro o cancre. Milano, 1821. — VI. La totale estirpazione deW utero carcinomatoso recala dalV idioma tedesco neli ilaliaiio. Milano, 1823. — VII. Giornale di chirurgia pratica. Treiito, 1825-29, 5 vol. — VIII. ^uova e sicura maniera di curare la sifilide in tulle le sue forme, del doit. C. E. Dzondi. Tradotta... Napoli, 1827. — IX. Disc, sull' altualc collura ined.-chirurgica... In Messagiere tirolese, 5 febbr. 1828. £. U«
CANET (Onguent). Emplâtre à base de colcothar {voy. Onguents).
CAXicnAi\AS (Les). Voy. Amérique. Une des tribus moxéennes de l'Amérique du Sud. j)
C'AXIIVE (Dent). Vuy. Dems.
CAi^ii^îE (Fosse). Voy. Maxillaire supérieur.
CA^THARIDES (Toxicologie). L'empoisonnemeiît par l'ingestiondecantharides est assez fréquent, par suite de leur emploi, comme aphrodisiaque, à doses élevées, comme celle de 3, 4, 5 grammes (2 grammes peuvent suffire à donner la mort). La poudre de cantharides détermine d'abord de la rougeur dans la gorge, dans la bouche, et parfois des phlyctènes sur les lèvres, puis une violente douleur à la région gastrique, avec sentiment de brùluie, des vomissements glaireux ou sanguinolents, mais surtout les symptômes d'un ardent priapisme avec dysurie, état sanguinolent et albumineux des urines. Un délire erotique s'empare quelquefois des malades, ou bien une sorte de fureur avec raideur tétanique, visage enflamme, œil brillant et comme égaré, envie de mordre. A mesure que les accès se répèlent, les sujets vont s'affaiblissant et la mort peut survenir dans l'espace de un ou deux jours. On a vu le pénis être frappé de gangrène. A l'autopsie, on trouve la muqueuse de l'estomac et des parties supérieures de l'intestin rouge, ecchymosée, ramollie, parfois sphacélée et grisâtre, facile à détacher des parties sous-jacentes. Des traces d'inflammation intense se rencontrent également dans les reins, les uretères, la vessie. La muqueuse vésicale présente des ecchymoses et des phlyctènes.
La teinture de cantharides à la dose de 20 à 40 grammes produirait les mêmes effets.
Le traitement consiste dans l'administration d'un vomitif, si l'on arrive en temps opportun, puis dans l'emploi de bains prolongés, de boissons adoucissantes à très-haute dose, de substances narcotiques (opium) et sédatives (camphre, bromure de camphre).
Le procédé généralement adopté pour la recherche médico-légale de la canlharide est celui qui a été proposé par Poumet (Atin. d'hyg. et de méd. légale, \^^ sér., t. XXVllI). On insuffle le tube digestif et on le suspend verticalement après avoir attaché à son extrémité inférieure un poids suffisant pour le tendre et en effacer les plis. Quand il est bien desséché, on y recoimaît à leur brillant les moindres paiflelles de cantharides qui pourraient être déposées à sa surface. On comprend, du reste, que, les ailes de divers insectes oifrant le même bi'illant et la même couleur verte mordorée que celle des cantharides, cette constatation n'est pas absolument décisive. Il faut recueillir les paillettes et observer leurs effets sur la peau, ou bien les traiter par l'élher chaud, filtrer, évapoier à sec et appliquer le résidu sur la peau ou sur une muqueuse pour en observer les effets topiques. D.
CAP (Paul-Antoine), ou plutôt Grattacap, dit Cap. Célèbre pharmacien, né à Mâcon, le 2 avril 1788, mort à Paris le 12 novembre 187 7, des suites d'une hémorrhagie cérébrale. Nous empruntons à Figuier, qui s'honorait de l'amitié de Cap, la plupart des détails qui suivent.
Cap était fils d'un pharmacien; il étudia de bonne heure, dans sa ville natale, les sciences physiques et chimiques. Après avoir dirigé pendant quelque temps la pharmacie de son père, il se fixa à Lyon, où son officine ne tarda pas à être la plus en renom. Désireux d'habiter la capitale et de mettre à profit toutes les ressources scientifiques qu'y trouve le travailleur plus que partout ailleurs, il se
rendit à Paris et y acheta la pharmacie de L. Planche, à la Chaussée d'Antin, alors la plus importante de la capitale. Il ne la conserva que quelques années, puis la céda à Buignet, pour se livrer à partir de ce moment exclusivement à l'étude des sciences et à la littérature scientifique.
Cap était membre correspondant de l'Académie de médecine ; il avait obtenu ce titre pendant qu'il habitait Lyon, et, bien que résidant habituellement à Paris et assistant assidûment aux séances de celte savante compagnie, il était toujours considéré comme membre correspondant. Il était en outre professeur agrégé à rÉcole de pharmacie de Paris, membre honoraire de l'Académie de médecine de Belgique, membre des académies des sciences de Turin, Lyon, Lille, Venise, Genève, etc.
Notre auteur avait une prédilection toute particulière pour les travaux de littérature scientifique ; son remarquable Éloge de Lémery, qui fut couronné par la Société des sciences naturelles de Bouen en 1838, l'engagea surtout dans cette voie par le succès qu'eut cet opuscule. C'est ainsi qu'il consacra les recherches les plus consciencieuses aux biographies des chimistes et des naturalistes anciens et modernes; ce sont de vrais modèles du genre et le style en est extrêmement remarquable. Cap vivra donc non-seulement comme homme de science, comme chimiste, mais encore comme littérateur scientifique et ccrivain remarquable.
« Parmi les travaux de pharmacie que l'on doit à Cap, dit Figuier, il faut citer surtout sa belle étude sur la glycérine. Le premier il eut l'idée d'emprunter à l'industrie stéarique le produit alors connu sous le nom de principe doux des huiles, de glycérine, ce composé découvert par Scheele et étudié par Chevrcul, que les fabriques de savon produisent par masses incalculables, et dont on ne tirait alors aucun parti. Gap apprit à extraire la glycérine des eaux que les fabricants de savon jetaient comme résidus inutiles, et il montra, dans un mémoire qui fut très-remarque, non sans raison, toutes les ressources qu'offrait à la pharmacie, à la médecine, à la parfumerie, aux arts industriels, cette glycérine, corps à la fois gras et soluble dans l'eau, qui venait combler une lacune évidente dans les besoins de la pharmacie et des arts. Toute une classe de médicaments, les gijcérolés, est sortie de la belle étude de Cap sur la glycérine. »
Nous citerons de Cap :
I. l\app. sur la réorganisation de la pharmacie. Paris, 1834, in-8\ — II. Principes élémentaires de pharmaceutique. Paris, 1837, in-8°. — III. Recherches sur les lactales. Paris, 18o8. — IV. Avec Henry : Traité de pharmacie. — V. Avec Montagne et Martius : Traité debolamque. Paris, 1847, in-8°. — VI. Hisl. de la pharmacie et de la matière médicale. Anvers, 1851, in-S». — VU. Muséum d'histoire naturelle. Paris, 1853, gr. in-8°. — VIII. Mémoire sur la glycérine et ses applications aux diverses branches de Vart médical (lu à l'Acad. deméd. le 17 jan^■ie^ 1854]. Paris, 1854, in-8°. - IX. Éloges de Benj. Delessert, Math. Bonafous, N. Lémery, M. Charas, Cas. Delavigne (couronnés par diverses académies) Pans, m-8° (publiés de 1838 à 1854). - X. Éludes pour servir à l'histoire de la science et des savants. 1" sér. Paris, 1857, in-18; '2° sér., ibld., 1864, in-18. - XI. Nombreux art de biographies dans le Journ. de pliarm. et de chim. - Xll. Trad. de Lindlev : Anhorismes de P'^yj^oLiyétale-J^v^^^ 1858, in-8°. - XIII. Une édit. des 0£««res de Bernard Palissy. Pans, 1844. —XIV. Avec E. Chastes : une édition de Senecé. Paris, 1856 2 vol — XV De la pharmacie considérée comme profession. Paris, 1841, in-8°. — XVI. 'la pharmacie au moyen âge et au dix-neuvième siècle. Paris, 1809, in-8°. i y,,.
CAPITELLE. Genre Capitella ou lumhricoonais {voy. Naïs). Chétopode abranche à sexes séparés, qu'on rencontre dans les eaux marines. Les globules du sang sont rouges. ^
CAPXOMAIVCIE (de y.anwç, fumée, et aavTet'a, divination). Voy. Pyromancie et Divination. D.
CAPPELER (ifoRiTz-ANTON). Médecin et naturaliste suisse, né à Luccrne en 1685, mort dans les environs de cette ville le 16 septembre 1769. Il fit ses études à Milan et à Pont-à-Mousson, suivit, comme médecin, en 1707, l'armée impériale, lors de la conquête du royaume de Naples, et servit, en 1712, comme officier du génie dans la guerre dite de Toggenbourg. Peu après, il succéda à son père comme premier médecin de la ville de Lucerne et, en 1739, passa comme premier médecin à Fribourg, et enfin, en 1744, à Soleure avec la même qualité. 11 revint exercer l'art de guérir dans sa patrie, en 1747, y devint membre du Grand Conseil et, va partir de 1754, vécut retiré dans un hameau près de Lucerne.
Cappeler fut élu en 1730 membre de la Société royale de Londres et plus tard devint membre, sous le nom d'Arcliytas, de la Société impériale des Curieux de la nature. On cite de lui :
I. Analyse des eaux miner, de Rnsslnjl, près de Lucerne. Lucerne, 1717. — II. Prodromus crystallographiœ... Lucarne, 1723, in-4°. Extr. in Phil. Transact. — III. Besclireibung der Glctscher des Grimselberge. In J.-G. AUmann's Versuch einer hist. u. phijs. Beschrei- Oinig der hclvelischcn Eisbergc, 1751, p. 129. — IV. Pitali montis historia... Basileœ, 1767, in-i'. — Y. Drscriptio alniosphœrœ Lucernensis. In Schcuclizer, de Helvetiœ aëribus, nquis, etc., 1729. — VI. Divers ouvrages sur la cristallographie et la paléontologie, et im prand nombre de dissertations et de mémoires dans Acta phys.-med. Nat. curios., t. IV, Breshnier Sainnilnngen, Méin. de la Soc. des naturalistes de Zurich (en allemand), etc