DICT. ESC. XXV
CHEii^E-sTOKES (Phékomèîse RESPIRATOIRE de). Oïl désigne sous ce nom bizarre un trouble de la respiration qui se caractérise de la manière suivante. Les mouvements respiratoires cessent, par intervalles iiréguliers, et la pause dure une demi-minute environ. Quand la respiration reparaît, elle est très-faible^ très-superficielle; peu à peu, sans augmenter de fréquence, elle devient plus^ profonde et, en quelques secondes, elle atteint, après quelques inspirations^ dyspnéiques bruyantes, les degrés les plus prononcés de la respiration suspirieuse ; l'amplitude des mouvements respiratoires diminue ensuite de nouveau ; puis, lorsque la respiration est redevenue très-superficielle, une nouvelle pause se manifeste. Cheyne, le premier, dès l'année 1816, observa ce mode respiratoire chez un malade affecté d'une dégénérescence graisseuse du cœur et atteint, quelques jours avant sa mort, d'une attaque d'apoplexie. Stokes, dans son Traité des maladies du cœur (1854), décrivit plus en détail ce phénomène qu'il considéra comme un symptôme presque patbognomonique de la dégénérescence graisseuse du cœur. Et jusqu'en 1871, bien que von Duscli eût fait remarquer que ces irrégularités avec pauses de la respiration pouvaient s'observer chez les malades atteints de maladies cérébrales ou de coma urémique, cette opinion de Stokes fut généralement admise sans discussion. C'est eu 1871, puis en 1874, que Tr;iube essaya de donner une théorie physiologique de ce vhylhme respiratoire auquel il proposa de donner le nom de Phénomène respiratoire de Cheyne-Stokes. Traube fait remarquer tout d'abord que la dégénérescence graisseuse du cœur n'est pas la cause unique des irrégularités ou des pauses respiratoires. Ces irrégularités, que l'on constate assez fréquemment dans les méningites tuberculeuses et dans les maladies graves de l'estomac, Traube les a observées dans les maladies du cœur, avec ou sans lésion graisseuse, avec ou sans maladie cérébrale, dans toutes les maladies intra-cràniennes, dans le slade comateux de l'urémie, dans la tuberculisalion pulmonaire, etc. II les a vues s'accompagner de convulsions musculaires. Dans tous ces cas, dit-il, il y a perte de connaissance et celle-ci est due à de l'anémie cérébrale. Voici dès lors sa théorie : l'anémie bulbaire entraîne une diminution de l'excitabilité du centre nerveux respiratoire. Dans les maladies cardiaques, avec ou sans stéatose, il y a diminution dans l'afflux sanguin que reçoit le cerveau ; dans les hémorrhagies cérébrales ou méningées, il y a diminution de la circulation intracrànienne. Or, Scbiff, dès l'année 1858, sans connaître les faits cliniques signalés par Clieyne et par Stokes, avait écrit : « Tout épanchement sanguin peu abondant autour de la moelle allongée, toute pression sur celle-ci rend la respiration plus fréquente et plus laborieuse. Si l'épanchement est plus abondant ou la pression plus forte, on observe chez les divers mammifères un symptôme particulier dont jusqu'à présent j'ai cherché en vain l'analogue dans l'espèce humaine. Les respirations manquent un quart ou une demi-minute, commencent ensuite lentement, s'accélèrent, puis diminuent de nouveau jusqu'à ce qu'une nouvelle pause survienne ». Ces observations de Scbiff confirment donc la première hypothèse de Traube, celle qui consiste à admettre qu'il y a arrêt respiratoire toutes les fois que le bulbe est anémié. Mais on sait de plus que l'excitation du bulbe est déterminée par l'acide carbonique. Pour provoquer une inspiration dans les cas où l'excitabilité du centre respiratoire est diminuée, il faut donc une quantité d'acide carbonique plus grande que dans les conditions ordinaires. De là la nécessité d'une pause respiratoire qui permet au sang de se charger d'acide carbonique. Dès que le sang artériel pulmonaire contiendra de
l'acide carbonique en quantité suffisante pour exciter le bulbe, la respiration reprendra, par l'intermédiaire des rameaux pulmonaires du pneumogastrique. Toutefois, ces filets nerveux sont incapables à eux seuls de déterminer des inspirations dyspnéiques lors même qu'ils sont fortement excités. C'est ce qui explique, dit Traube, pourquoi, après la pause, les inspirations sont superficielles. Mais, peu à peu, l'acide carbonique s'accumulant dans le sang, les filets nerveux sensitifs de la peau et des muqueuses sont excités à leur tour. Leur excitation transmise au centre respirateur est de plus en plus énergique et se traduit par des respirations de plus en plus fortes, voire même dyspnéiques. Cependant ces respirations exagérées éliminent une assez notable proportion d'acide carbonique et, de plus, le centre nerveux respiratoire lui-même se fatigue et s'épuise. Dès lors, les inspirations deviennent de plus en plus faibles, puis une nouvelle pause survient, permettant à l'acide carbonique de s'accumuler de nouveau dans le sang. Une autre observation de Traube tend à confirmer encore cette théorie. Les injections sous-cutanées de morphine chez les cardiaques provoquent ou augmentent l'irrégularité et les pauses des mouvements respiratoires. Or, il est démontré que la morphine diminue l'excitabilité des centres nerveux : on comprend donc cette action qu'elle exerce pour provoquer le phénomène de Ciieyne-Slokes.
Le travail de Traube ayant appelé l'atlention sur ces phénomènes, un assez grand nombre d'observations furent publiées, surtout en Allemagne; elles tendaient presque toutes à confirmer la doctrine du professeur de Berlin. M. Bernheim, qui reproduit ces observations {Gaz. hebd., 1875, p. 444 et 492) et en publie quatre autres , qui lui sont personnelles , résume dans les termes suivants les conclusions que l'on pouvait déduire, en 1873, des faits observés jusqu'alors et des expériences entreprises pour vérifier leur interprétation : « Dans beaucoup d'encéphalopathies dues à des maladies intra-crâniennes ou compliquant des maladies diverses, la respiration peut quelquefois affecter un mode particulier. Elle présente des suspensions ou des pauses qui peuvent durer de quelques secondes à quarante secondes. Entre ces pauses se fait une série de respirations variant en nombre de deux à trente. Souvent ces respirations qui suivent la pause sont d'abord superficielles, puis deviennent plus profondes jusqu'à être laborieuses, dyspnéiques; puis elles redeviennent superficielles pour aboutir à une nouvelle pause. Cet ordre croissant et décroissant de respirations n'existe pas toujours ; tantôt quelques respirations superficielles peuvent être suivies de respirations dyspnéiques et la pause (ou apnée) peut succéder immédiatement à la dyspnée, sans que la série repasse par les respirations surperlicielles (Obs. de Lutz, Roth, Merkel, Bernheim) ; tantôt les respirations qui suivent la pause sont immédiatement dyspnéiques et suivies de quelques respirations moins fortes (Bernheim) ; tantôt enfin les pauses ne sont séparées que par quelques inspirations bruyantes, mais égales (Roth) ; enfin la respiration de Cheyne-Stokes peut être indiquée seulement par des respirations superficielles alternant régulièrement avec des respirations sans pauses.
Souvent la série des respirations dure un temps égal à celui de la pause. Il se peut aussi que ces temps soient différents : on peut voir des séries de deux ou trois mouvements respiratoires être séparées par des pauses durant trente secondes.
La durée du cycle entier (pauses et respiration) est variable; tantôt un seul cycle se fait en une minute à une minute et demie ; d'autres fois quatre ou cinq
cycles peuvent s'observer en une minute, auquel cas le phénomène est assez facilement méconnu.
Ce mode respiratoire s'accompagne souvent de coma persistant et peut se continuer à l'agonie jusqu'à la mort. D'autres fois, bien que le coma continue cl devienne plus profond, la respiration de Cbeyne-Stokes est remplacée par une respn-ation continue, superficielle ou stertoreuse jusqu'à la mort, ou par des respirations très-précipitées alternant avec des respirations plus lentes et plus profondes, sans pauses.
On a vu aussi une seule série se produire, être suivie assez longtemps de respiration continue et régulière, et la même série ne rci)araUre qu'après d'assez longs intervalles (Obs. de Lulz).
C'est toujours un symptôme grave, ce n'est pas un indice certain de mort prochaine; il peut être suivi de guérison (Lutz, Uolli) ou d'amélioration passagère dans le cours d'une maladie incurable (Merkel) ; il peut durer d'une façon continue pendant des semaines (Merkel), laissant à peine des intervalles de répit, puis disparaître et faire place aune respiration régulière.
On a vu, pendant les attaques éclampliqucs, les pauses disparaître et la respiration précipitée continuer régulière, puis l'attaque terminée après un certain temps les pauses reparaître (Uoth). Le malade peut s'endormir à chaque pause et se réveiller seulement au moment de la dyspnée (Traube, Meikel). I.orstiue les pauses sont très-longues, on observe souvent, vers leur fin, des mouvements convulsifs de la face et des extrémités supérieures.
Des jihénoMiènes oculo-puplllaircs ont accompagné parfois ce mode respiratoire ; les pupilles rélrécies pendant la pause peuvent se dilater chaque fois que lu respiration recommence ; les deux yeux peuvent osciller autour de leur axe vertical pendant la pause (cette observation a été faite pour la première fois par Ziemssen). Le pouls tantôt n'est pas influencé, tantôt se ralentit et devient plus tendu à la fin des pauses, pour redevenir plus fréquent avant la fin des respirations ».
M. Bernheim ajoute à cet exposé symptomatique que « tous ces phénomènes paraissent dépendre de modifications dans l'excitabilité du centre respiratoire », et que « toutes les maladies qui y donnent lieu s'accompagnent de moditîcations dans la tiiculation intra-crànieuno). A'ous admettrons aussi cette conclusion, bien qu'il importe de faire remarquer que M. Bernheim a confondu, dans ses observations personnelles, des respirations irrégulières avec le type respiratoii'e spécial de Chcyne-Stokes. Les lésions qui modifient la circulation intra-crànicnne ou qui changent les conditions d'excitabilité du centre respiratoire sont si nombreuses et il est si difticile d'en apprécier les effets, qu'on peut, sans considérer la théorie de Traube comme parfaitement démontrée, croire à l'existence de troubles de la circulation encéphalique ou de la nutrition du tissu cérébral toutes les fois que l'on observe les accidents respiratoires décrits par Glicyne et par Stokes. Dans les observations les plus récentes, soit que l'on admette avec Chvostck la théorie de Traube, soit que, comme Laycock, Sacchi, Filehne, etc., on la considère comme insuffisante, on peut, d'une manière générale, rci,ardcr comme démontrée l'influence des troubles de circulation ou de nutrition du tissu encéphalique sur les irrégularités et les pauses respiratoires qui caractérisent le phénomène de Cheyne-Stolves. C'est à cette conclusion qu'est arrivé 1 un des a. ve.saires de la théorie de Traube, W. Filehne, qui, dans une série d articles pubhés en 1874 dans le Berlhrer Uin. Wochenschrift, a bien étudie les conditions expérimentales du phénomène. D'après cet auteur, la dimi-
nulion d'excitabilité du centre nerveux respiratoire ne suffit pas pour produn-e le phénomène de Cheyne-Stokes. Il faudrait, de plus, que celte excitabilité devienne inférieure à celle du centre vaso-moteur qui se trouve dans le bulbe à, côté du centre respiratoire et qui est d'ordinaire moins excitable que lui. Filebnc a pratiqué un assez grand nombre d'expériences sur des animaux (chiens et lapins) empoisonnés à l'aide de la morphine, puis soumis à des inhalations d'éther et de chloroforme. Il diminuait ainsi l'excitabilité des centres cérébraux et favorisait le phénomène de Cheyne-Stokes. De ces expériences et de plusieurs observations cliniques il croit pouvoir déduire la théorie suivante : Le phénomène de Cheyne- Stokes dépend tantôt d'une excitabilité périodiquement variable de l'appareil nerveux respiratoire, tantôt des variations que subissent les agents qui meltont en jeu celte excitabilité. Lorsque, durant la pause, par suite de l'accumulation d'acide carbonique dans le sang, le centre vaso-moteur se trouve très-excité, sans que le centre respiratoire soit excité Ini-même, il se produit une contraction artérielle qui anémie progressivement le bulbe et excite peu à peu le centre icspiraloire. 11 y a dès lors incitation à la respiration. Cette incitation, de plus en plus énergique, oblige le malade à des efforts respiratoires considérables. Ceux-ci arlûnalisent le sang, font cesser la contraction vasculaire et par conséquent l'anémie du centre vaso-moteur, puis du centre respiratoire lui-même. Les inspirations deviennent donc de plus en plus superficielles. La contraction artérielle cessant complètement, le sang hématose arrive dès lors en grande quantité au centre respiratoire et y produit un état d'apnée. Une pause nouvelle survient qui cessera dès que la contractilité des artères aura été de nouveau mise en jeu par un nouvel état asphyxique. Filehne, on le voit, fait jouer le plus grand rôle à l'état de contraction ou de relâchement des artères cérébrales. Il cherche à démontrer que sa théorie est contlrmée par des observations cliniques et des vivisections. Cliniquement il a vu, comme Ziemssen, la dilatation pupillaire, qui est liée à la contraction des artères, coïncider avec la période respiratoire anormale ; il a constaté qu'au moment où, chez les enfants, le phénomène de Cheyne-Stokes se produisait, la grande fontanelle paraissait moins tendue, ce que l'on peut expliquer par une contraction artérielle, et que les pauses respiratoires pouvaient être provoquées par une pression exercée surla grande fontanelle. Mais déplus il s'est efforcé de faire voir que le phénomène de Cheyne-Stokes cesse quand on entrave l'innervation des artères cérébrales et qu'il survient dès qu'on règle périodiquement l'afflux du sang au cerveau. Chez une malade qui présentait le type respiratoire de Cheyne-Stokes, les inhalations de nitvite d'amyle produisant une paralysie vasculaire (avec rougeur de la face, du cou et de la poitrine) entravaient le phénomène morbide qui reparaissait dès que l'inhalation était suspendue. D'autre part Filehne a fait l'expérience suivante : passant un fil sous le tronc innominé et l'artère sous-clavière gauche, il parvint à rétrécir à volonté le cîilibre de ces artères et à régulariser ainsi l'afflux du sang à l'encéphale. En rétrécissant le calibre des vaisseaux, il rendait la respiration de l'animal de plus en plus dyspnéique et profonde. En abandonnant les fils, il voyait peu à peu les inspirations devenir dephisen plus superficielles pour cesser pendant une minute environ. Celte expérience reproduit les principaux phénomènes du mode respiratoire dit de Cheyne-Stokes.
Ces dernières recherches répondaient à une objection de Traube qui, reconnaissant la valeur des expériences de Filehne, niait cependant que le centre respiratoire fût plus excitable que le centre vaso-moteur.
Mayer (de Prague) a montré qu'on arrivait au résultat obtenu par Filehne en excitant passagèrement le bout phériphérique du nerf vague, ce qui détermine pour un temps l'arrêt du cœur et une diminution momentanée de la circulation sanguine intra-cérébrale.
Ces expériences et ces observations n'infirment point, du reste, d'une manière absolue, la théorie de Traube. Elles tendent seulement à montrer que le phénomène de Cheyne-Stokes est avant tout et surtout sous la dépendance du centre vaso-moteur, c'est-à-dire des troubles de la circulation, et que le centre respiratoire n'est influencé que consécutivement.
La théorie de Traube a été défendue tout récemment dans une thèse soutenue à Lyon par M. Biot. S'appuyant sur des oJ)servations qu'il confirme par l'examen de tracés pneumographiques, il se rallie d'autant plus volontiers à la théorie qui consiste à rattacher le phénomène de Chcyiie-Stokes à l'anémie bulbaire, qu'il parvient à provoquer ce trouble de la respiration par l'administration du bromure de potassium. Biot fait remarquer de plus que, durant la pause, il y a une diminution de la tension artérielle et accélération du pouls, tandis qu'au moment où les respirations deviennent dyspnéiques il y a au contraire augmentation de la tension artérielle et ralentissement du pouls. Pendant la pause on peut observer le rétrécissement de la pupille, la déviation conjuguée des yeux, lobnubilation intellectuelle, la pâleur de la face et des muqueuses, et pendant la dyspnée la dilatation de la pupille et la cyanose de la main et des pieds. Enfin Biot a montré que la strychnine et surtout le bromure de potassium et les opiacés augmentent le phénomène de Cheyne-Stokes.
Toutes les observations et toutes les théories que nous venons de citer rattachent à des conditions presque exclusivement mécaniques les accidents respiratoires désignés sous le nom de phénomène de Cheyne-Stokes. Il est cependant des cas oii, alors même qu'il existe une lésion cardiaque et, par conséquent, un trouble circulatoire, les conditions mécaniques de la circulation ne suffisent pas à expliquer ni l'apnée, ni la dyspnée chez un homme atteint d'anévrysme aortique avec complications cardiaques. Sacchia pu voir les inhalations d'oxygène faire cesser absolument la respiration de Cheyne-Stokes. Il en a conclu que l'anoxhémie était la cause déterminante de ce trouble respiratoire. Les observations de V. Huttenbrenner, qui a vu la respiration de Cheyne-Stokes survenir chez un enfant dij)hthérilique et qui a, peut-être pour se conformer à la tradition, invoqué l'influence d'une dégénérescence cardiaque, celles plus nombreuses qui notent la coïncidence qui existe fréquemment entre les accidents mécaniques et le rhythme respiratoire intermittent, semblent démontrer le rôle de la dyscrasie sanguine dans tous ces phénomènes. Dans sa thèse consacrée à l'étude des altérations du sang dans l'urémie et de la palhogénie des accidents urémiques, M. Cuffer a récemment insisté sur ces faits. Sa conclusion est la suivante : « Les alternatives de pauses et de reprises respiratoires, qui caractérisent le phénomène de Cheyne-Stokes, se font sous l'influence de l'action directe du sang, oxygéné ou non, sur le bulbe, et aussi sous l'influence d'une action réflexe ayant son point de départ dans le poumon. Cet organe est le propre régulateur de la quantité d'oxygène qui pénètre dans la poitrine, et, chez les urémiques, cette quantité d'oxygène est en rapport direct avec la diminution de nombre et les altérations qualitatives des globules rouges. » Cette conclusion, M. Cuffer la déduit d'expériences qui reproduisent artificiellement le rhythme respiratoire de Cheyne-Stokes par des injections intra-sanguines de carbonate d'ammoniaque ou de créatine.
Ou peut suroxygéner le sang de manière à provoquer la pause respiratou-c, déterminer des accidents dyspnéiques par l'injection de créatine et surtout de carbonate d'ammoniaque qui ont pour résultat de diminuer le nombre des globules sanguins et de les altérer en leur faisant perdre leur capacité d'absorption pour
l'oxygène.
M. François Franck, qui a si bien étudié les conditions physiologiques des arrêts respiratoires [Journal de Robin, nov. 1877) et qui a fait ces expériences en collaboration avec M. Cuffer, a remarqué que, lorsqu'un animal à qui on pratique la trachéotomie fait de grandes inspirations, il ne larde pas à se produire une pause respiratoire assez longue, et que cette pause survient aussi lorsque, après avoir pratiqué la respiration arlilicielle, on vient à la cesser brusquement. Ces faits peuvent s'expliquer par la suroxygénation du sang qui paralyse le centre
respiratoire.
Enfin, il y a quelques jours à peine, dans une revue critique publiée dans le Montpellier médical (avril 1880), MM. Biaise et Brousse, rapport;mt une nouveHe observation de respiration de Cheyne-Stokcs, recueillie dans le service de M. Grasset, font connaître une nouvelle théorie due à leur savant maître.
De leur observation MM. Biaise et Brousse déduisent quelques conclusions intéressantes. C'est ainsi qu'ils font observer, avec raison, que M. Bernheim et avec lui quelques-uns des auteurs qu'il a cités confondent avec le Chcyne-Stokcs divers types de respiration suspirieuse et, en particulier, la respiration méningitique, qui n'a pas les mêmes caractères d'accroissement et de décroissance progressifs. Ils ont constaté de plus que la respiration de Cheyne-Stokes pouvait disparaître pendant le sommeil et avant la mort, que la tension artérielle était ordinairement diminuée et le pouls accéléré pendant la pause; augmentée, au contraire et le pouls ralenti, pendant la dyspnée. Chez leur malade le pouls, régulier et égal pendant l'apnée, devenait inégal, irrégulier et intermittent pendant la dyspnée. Enfin, ils ont vu que la pupille se dilatait lorsque la tension artérielle était accrue, et qu'elle se rétrécissait quand la tension artérielle diminuait. Quant à la théorie de M. Grasset, elle doit être mentionnée avec détails. Nous avons vu que tous les médecins et les physiologistes qui se sont occupés du Cheyne-Stokes regardaient l'insuffisance de l'excitabilité du bulbe comme la cause essentielle de ce phénomène. Traube et Filelme s'accordent pour attribuer à l'anémie bulbaire les pauses et les irrégularités de la circulation ; François Franck et Cuffer inclinent à considérer l'apnée comme déterminée par une suroxygéuation du sang, et Cuffer regarde le spasme vasculaire comme dû à l'action des principes toxiques contenus dans le sang (et non à une excitation du centre vaso-moteur) ; mais tous ces observateurs sont d'accord pour considérer la pause respiratoire, c'est-à-dire l'apnée, comme le phénomène essentiel. Us admettent tous qu'il y a dans les cas de respiration de Cheyne-Stokes diminution de l'excitabilité du centre respiratoire.
Pour M. Grasset, au contraire, la respiration de Cheyne-Stokes est un phénomène d'excitation, de convulsion ; l'anémie du bulbe, au lieu de diminuer l'excitabilité du centre respiratoire, l'excite et l'exalte. « Dans l'anémie des centres nerveux, dit M. Grasset, les phénomènes d'excitation, les convulsions sont de règle. La diminution de l'apport sanguin et l'insuffisance nutritive qui en résulte amoindrissent la vitalité des cellules nerveuses. Cette diminution de la vitalité des éléments nerveux augmente leur impressionnabilité ; ils réagissent en présence des excitants les plus faibles et dans des conditions où ils ne
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réagiiaieiit même pas à J'état ïiormal. Mais eu même temps cette suiaclivité est plus apparente que réelle ; elle s'accompagne d'une faiblesse véritable, d'un épuisement plus rapide.
C'est cet état particulier que les Anglais ont si heureusement désigne' par les mots de faiblesse irritable ou excitable. C'est aussi cet état que nous rencontrons dans l'hystérie, la chlorose, l'anémie, toutes les fois, en un mot, que l'irrigalion des centres nerveux est insuffisante ou appauvrie. Cette conception donne la clef de ce qui se passe dans le Cheyne-Stokes. L'anémie du bulbe entraîne l'irapressionnabilité plus grande des centres qu'il contient ; leur excitant normal, l'acide carbonique, agit sur eux avec une intensité inaccoutumée, la respiration devient dyspnéique, cl le devient d'autant plus que l'excitation du centre vasomoteur entraîne une conslriction des artérioles, et par suite augmente l'anémie bulbaire. Mais, s'ils sont facilement irritables, les centres vaso-motein's et respiratoires sont faibles et se fatiguent vile; leur excitation diminue bientôt progressivement et ne tarde même pas à cesser, d'où la pause. Au bout de quelque temps, les éléments nerveux ont réparé leurs forces, la dyspnée reparaît, suivie d'une nouA'elle pause, et ainsi de suite ». Cette théorie qui, comme le font remarquer MM. Biaise et Brousse, explique bien les phénomènes d'excitation (convulsion, déviation conjuguée des yeux, etc.) que l'on observe pendant la dyspnée, ainsi que la cessation des accidents de Cheyne-Stokes pendant le sommeil (phénomène relaté dans leur observation) et quelques instants avant la mort, serait définitivement acceptable, si la dyspnée était, en effet, le fait primordial delà respiration de Cheyne-Stokes, si, comme le dit ta tort M. Cuffer, le début du Cheyne-Stokes était une série de grandes inspirations; mais nous avouons que la marche progressive et toujours semblable à elle-mcnie des accidents observés nous paraît rendre difficile une interprétation définitive du mode respiratoire de Cheynes-Stokes. Le rhythme si bien défini de cette respiration : respiration superficielle après la pause, respiration de plus en plus forte, puis suspirieuse, enfin diminution graduelle des mouvements l'espiratoires et apnée : tous ces phénomènes ne semblent pas pouvoir être expliqués comme l'ont été les différents types d'apnée que les physiologistes observent ou provoquent. Telle est la conclusion à laquelle est arrivé François Franck, qui semble reconnaître cependant que les pauses respiratoires pourraient être attribuées à un état adynamique et qui, à ce point de vue, confirme plutôt qu'il ne combat la doctrine de M. Grasset. Celle-ci, toutefois, quelque séduisante qu'elle soit, ne nous paraît pas expliquer la succession régulière des périodes respiratoires. Nous préférons donc reconnaître qu'une théorie physiologique du phénomène respiratoire de Cheyne-Stokes ne peut être donnée dans l'état actuel de la science et qu'on doit se borner aujourd'hui à distinguer ce mode respiratoire des autres types d'apnée.
Mais, en nous plaçant à un point de vue exclusivement pratique, nous pouvons de toutes ces recherches à la fois cliniques et expérimentales déduire les conclusions suivantes : le phénomène de Cheyne-Stokes est toujours lié à une diminution dans l'irrigation sanguine du bulbe, soit que le sang arrive au centre nerveux en quantité insuffisante, soit que sa composition se trouve modifiée par la présence de principes toxiques. On observera donc la respiration de Cheyne- Stokes soit dans les maladies du cœur et des gros vaisseaux (et en particulier dans les maladies qui déterminent la stéatose du cœur), soit dans les maladies de l'encéphale, soit dans les maladies infectieuses (et en particulier l'urémie et la diphthérie). La respiration de Cheyne-Stokes, qui est toujours un phénomène
gi-ave, parfois mortel, peut êtœ provoquée ou augmentée par l'admiiustration des médicaments qui, comme la morphine, le bromure de potassium, le chloral, etc., ont pour effet de diminuer le pouvoir réflexe de la moelle. On n'a pour la combattre que la médication qui s'adresse à la maladie générale qui l'a provoquée et peut-être celle qui met en jeu, par l'excitation ou la faradisalion des nerfs cutanés, l'excitabilité du centre respiiatoire. L. Leheboullet.
CIIIARO:ao:VTE (Gieronimo). Médecin empirique italien, du dix-septième
siècle. Il est connu par l'invention d'une drogue à laquelle il donna le nom de
poudre de Baida et qu'il préconisa comme un spécifique contre toutes sortes
de maladies. Il a publié :
1. Trallato délia polvere o elixlr di'lla viUi. Genova, dSOO.— II. Ln Fenire délia medirina, discorso fisico-naturale circa la polvere magistrale. Firenze, 1620, in-4°. — III. Dichiarazioni contra il sommario melodo di don G.-A. Diandii c conlro il discorso di P.-F. Giraldinisopra la sua ritrovata polvere. Genova, 1627, in-4°. —IV. Compendio del suo rlixir vilœ, ridotto in polvere. Genova, 1628, in-i". — V. Osservazioni e brieve discorso dcl contagiose maie di Canna. Napoli, 1637, in-4». L. "n-
cuiiMlQL'E!i» (Notations). Voy. Notations chimiques.
cifLORÉTUYLSULFi'REUX (Acide). Se présente sous forme de cristaux Irès-f lisibles et déliquescents. En solution aqueuse, ne se décompose pas à la température de 100 degrés. Ses sels dissous et soumis à l'ébullition se transforment en chlorure. Cet acide, chauffé avec l'ammoniaque à 100 degrés, donne de la taurine.
On prépare l'acide chloréthysulfureux en décomposant le chonire chloréthylsidfureux {voy. plus loin ce mot) par l'eau à 100 degrés. Après évaporatiou, on vedissout dans l'eau et l'on agile avecdu carbonate d'argent. Il se forme du chloréthylsulfile d'argent, et l'on traite, pour isoler l'acide, par l'hydrogène sulfuré.
cnLOROM¥S (F. Cuvier) ou Agouti. Petit mammifère de l'ordre des rongeurs, très-rapproché du cochon d'Inde. Jambes plus longues que chez ces derniers; quatre doigts devant, trois derrière; quatre dents màchelières, à couronne plate et à contour arrondi. D.
CULOROPlii (de yjMp'oq, vert, et w-^, œil). Genre d'Insectes Diptères, faisant partie de la grande division des Muscides acalyptérées, et caractérisé par la face nue, le front tomenteux, les antennes inclinées, ayant le style de deux articles distincts. Ailes avec la nervure costale s'étendant jusqu'à l'extrémité de la sousmarginale; nervure médiastine arrivant jusqu'au tiers de l'aile; nervures transversales assez peu rapprochées, verticales.
Les Chlorops sont de très-petites mouches jaunes, à taches et lignes noires, avec les yeux d'un vert chatoyant. Elles fréquentent les fleurs à l'état parfait. Pendant la saison froide, on les rencontre parfois réunies en quantité prodigieuse, innombrable, dans des endroits abrités, sur des murailles protégées par le lierre, dans les greniers et sous des hangars. Leurs larves se trouvent sur les graminées et deviennent dévastatrices quand elles se multiplient dans les champs de blé, d'orge, elc.
Le Chlorops lineuta Eabricius-Meigen vit en grande abondance sur le blé;
Bjerkander et Westwood ont signalé ses ravages. Olivier, dans un Mémoire sur les insectes qui attaquent les céréales (1813), a fait connaître la plupart des espèces nuisibles de Chlorops et celles des genres voisins. Dagonet, Herpin et Guérin-Ménevillc, dans des travaux sur les insectes nuisibles au froment, au seio-le, à l'orge, etc., ont décrit, dans les Mémoires de la Société d'agriculture (1842 et 1843), ces insectes dévastateurs, et donné des figures qui les représentent sous leurs divers états.
La Mouche de l'orge {Musca hordei de Glas Bjerkander {K. vetensk. Akadem. Eandling., 34, 1777) est la JUMsm frit de Linné [Fauna suecica, 1761), Elle fait partie du genre Oscinis, qui diffère des Chlorops par la nervulation alaire, la nervure costale s'étendant à l'externo-médiaire, la médiastine dépassant le tiers de l'aile, les transversales étant très-rapprochées.
Les Oscinis sont plus petites que les Chlorops et d'une teinte foncée, assez luisante. V Oscinis frit, de couleur noire, à style des antennes blanc, ayant les tarses jaunâtres, est longue au plus d'une demi-ligne, ou 1 millimètre ; éh a causé plusieurs fois de très-grands ravages. Linné a évalué ses dégâts habituels au dixième de la récolte de l'orge en Suède, et le dommage qu'elle occasionne à cent mille ducats d'or.
Il me reste à dire, pour'mémoiie, un mot de la Musca leprœ de Linné ou Chlorops leprœ àe Wiedemann. Macquart, dans son Histoire naturelle des insectes diptères (t. II, p. 598, 1855), mentionne avec doute que cette espèce appartienne aux Oscinis et m que la larve produise l'espèce de lèpre nommée Elephantiasis, qui désole les nègres en Amérique ». A. La.bodlbè.\e.
CHLORURE CHLORÉTHYSLXFrREUX (ou chlorure de Vacide iséthioniqué). Liquide oléagineux rappelant par l'odeur l'essence de moutarde. Pour l'obtenir, on mélange de l'iséthionate de potasse [voy. iséthionique acide) avec du perchlorure de phosphore, dans la proportion de 1 molécule du premier contre 2 du second. Après réaction, on distille. Il passe d'abord de l'oxyehlorure de phosphore ; puis, vers 200 degrés, du chlorure chloréthylsulfureux. D.
• CUOLACROL. Voy. NlTRAflROL.
CHOLII^IE. Voy, Bile et Neurine.
cnouCAS. Espèce d'oiseau dont on a fait un genre particulier, mais qui, pour la plupart des zoologistes, appartient au genre Corbeau. De couleur grisfoncé, quelquefois noire, il a la grosseur d'un pigeon. Il vit en troupe et vole souvent avec les corneilles. D.
CHOUETTE. Nom vulgaire donné à plusieurs rapaces nocturnes des genres Syrnimn, Athene, Strix, etc. {voy. Oiseaux de proie). E. Oustalet.
cnoULAi!«T (Johann-Lddwig). Célèbre médecin et bibliographe allemand, né à Dresde le 12 novembre 1791, mort dans la même ville le 18 juillet 1861. Il étudia d'abord la pharmacie, en 1807, puis à partir de 1811 se livra à la médecine successivement à Dresde et à Leipzig et prit son bonnet de docteur à cette dernière université en 1818. Dès 1817, nous le ti^ouvons exerçant la médecine à Altenburg et y secondant Pierer dans ses travaux sur la littérature mé-
ADDENDA. ^^i
dicale. C'est en effet de ce moment que date sa collaboration au Anatomischphysiologisches Realwôrlerbuch et aux Allgemeine medicinisclie Annalen de Pierer.
En 1821, Choulant fut appelé à occuper à Dresde le poste de médecin de l'hôpital royal de Friedrichstadt, et il s'acquitta de ces fonctions avec distinction jusqu'en 1827. Dès 1822, il professa des leçons sur la patlioJogic et sur la tliérapeutique à l'Académie médico-chirurgicale de Dresde, obtint en 1825 la chaire de médecine théorique à cet établissement en même que la direction de la policlinique, en 1827 la chaire de médecine pratique et la direction de la clinique thérapeutique. En 1836, il accompagna dans un voyage en Italie le prince Jean de Saxe, fut nommé l'année suivante conseiller de la cour royale, en 1842 directeur de l'Académie médico-chirurgicale, puis en 1841 fut attaché au bureau médical du minisière de l'intérieur. Il remplissait depuis plusieurs années les fonctions de médecin assesseur du cercle de Dresde.
Choulant a laissé la réputation d'un professeur distingué et d'un praticien habile. II a publié un grand nombre d'ouvrages remarquables sur la plupart des branches de l'art de guérir et entre autres sur l'histoire de la médecine et sur la bibliographie médicale. Nous citerons de lui :
I. Decas I. et II. pelvium spinarumque deformatarmn, adjeclis nonnuHis annotoiionibiis. Lipsiœ, 1818-20, \a-i°. — II. Tafeln zur Gesrhichle der Mcdicin, nnrli der Ordmiiig ihrer Doctrinen von des àllestcn Zeitcn bis zum Scklusse des 18 Johrk. Leipzig, ISi'i, '^r. in-fol. — III. De locis Pompejanis ad rem medicam (acienlibus dissent... Lipsiœ, 18'25, in-4°, 1 pi. — IV. Prodr. novœ editionis A.-C. Celsi libri 8 de medicina... Lipsiœ, 18'24, gr. in-4°. — V. Rede iiber den Einfluss der Medicin au f die Cultur des Menschvngeschlethls. Leipzig, 1824, gr. in-8°. — \'I. Atileitung zur àrzlliclten Reccplirkiinsl . Leipzig, 1825, gr. in-S"; 2. Aufl., ibid., 1834, gr. in-S». — VU. Anthropologie oder Lehre von der Nature des Menschen. Dresden, 1828, 2 vol. pet. in-8°. — VIII. Handbuch der Biicfierkuude fitr die altère Medicin, zur Kenntniss der griecliischen, lateinischen und arabischen Schriflen im ârztlichen Fâche und zur bibliographischen Vnterscheidung ihrer verschiedenen Ausgaben, Ueberzetziingen und Erlâuterungen. Leipzig, 1828, gr. in-S". — IX. Anleilung zu dem Stu~ dium der Medicin. Leipzig, 1829, gr. in-8°. — X. Die Vorwelt der organischen Wesen auf der Erde. Diesden, 1830, pet. in 8°. — XI. Nâhere Erôrterung der Verhâltnisse der chirurg.med. Académie in Dresden zu dem Medicinalwesen des Kônigreichs Saclisen. Dresden, 1831, in-4°. Zweite Erôrterung. Ibid. (1853), in-4°. — XII. LehrbucU der speciellen Pathologie und Thérapie des Menschen. Leipzig, 1851, gr. in-8°; 5te Aufl. von II. -E. Richter. Leipzig, 1853, gr. in-S". — XIII. Wiinsche fur eine Medicinalordnung Sachsens. Leipzig, 1851, gr. in-S". — XIV. Die Heilung der Scrophein durck Kônigshand. Dresden, 1853, gr. in-4°. ~ XV. Drei anthropolog. Vorlesungen. Leipzig, 1834, gr. in-8°. — XVI. Ueber die wiUkurliche Dewegung des Menschen. Leipzig, 1835, gr. iu-8°. — XVII. Anleilung zur âritlichen Praxis. Leipzig, 1830, gr. in-8°. — XVIII. Histor.-liter. Jahrbuch fur die deulsche Medicin, l~Z. Jahrg. Leipzig, 1858-40, gr. in-16. —XIX. Ge%etzentwurf den thierischcn Magnetismns betre/fend. Leipzig, 1841, gr. in-8°. — XX. Ueber den animal. Magnetismus. Dresden, 1840, gr. in-12; 2. Aufl., ibid , 1842, gr. in-12. - XXI. Bibliotheca medico-historica. Lipsiee, 1842, gr. in-é". — XXII. Die anatomischen Abbildungen des XV. u. XVI. Jalirhunderls. Leijizig, 1843, gr. in-4°. — XXIII. Varies, iiber die Kranioscopie oder Schâdellehre. Dresden u. Leipzig, 1844, gr. in-8°. — XXIV. Dritte ISachricht iiber die Wirksamkeit der in und mit der chir.-med. Académie vereinigten Institute. Dresden, 1845, iu-4». — XXV. Gulachten und Aufsâtze im Gebiete der Staatsarzneikunde. Leipzig, 1847, gr. in-8°. — XXVI. Der Curgast in Franzensbad., 2. verb. Aufl. Leipzig, lS5l7 in-16. "-^ XXVII. Gesch. u. Bibliographie der anatom. Abbildung . Leipzig, 1852, in-4°. — XXYIU. Graphische Incunabeln fiir ISaturgeschichte und Medicin. Leipzig 1858 ia-8° — XXIX Auswahlvon Gutachten... Dresden, 1863, gr. in-8». - XXX. Grand nombre d'articles dans les journaux médicaux et éditions de divers auteurs, tels que Platner Fracasior Stalil, Macer, etc. ' ^ \ù
CHRISTI^- OU CRISTIIVI (Bernardin). Médecin, né à Juvellina, dans l'ile de Corse, mort à Venise à la fin du dix-septième siècle. 11 étudia la médecine
332 ADDE.NDA,
à Montpellier sous Lazare Rivière, et après six ans d'études entra dans un couvent de moines franciscains. 11 n'en exerça pas moins l'art de guérir à Gênes et à Venise, et publia un grand nombre de recettes médicales, qu'il donna comme étant l'extrait des leçons de son maître. Quoique choisies sans grand discernement, elles se trouvent imprimées à la suite de îa plupart des éditions de Rivière; elles ont paru séparément sous le titre suivant :
Arrana Lazurii îMverii nusquam in lucem édita, cum institutionibus médias et rcgulis et considladonibus, quibits accesscrunt ccnturiœ quinque curatiomtm morborum, tractatus de lue seu morbo renereo, de febri pestilenli, cum brcvi Borna; contagii narratione, et abtrologicus ad medicinam pertincns. Venetiis, 1670, in-4°. L. Un.
cnRoraATOPSEL'DOPStiE. A la fin du paragraphe 2, p. 137. Voy. Rétike et Couleurs.
CIIROUET (Warner). Médecin hollandais, vivait dans la première moitié du dix-huitième siècle. Il est connu par ses travaux sur l'œil; il traite de Ja structure celluleuse de l'humeur vitrée, de l'iris, etc., et combat la doctrine de Nuck, en soutenant que les prétendus conduits nqiieux de cet auteur ne sont autre chose que des artères.
1. De Ititmi humoriaii ociili origine, formatione et nutritione. Liège, 1088, in-S"; 1691, in-12. — II. 1m connaissance des eaux minérales d' Aix-la-Chapelle, de Chaude-Fontaine et de S/m, par leurs réritablex principes. LeyJe, 1714, in-lii ; Liège, 1729, in-12. — III. Une traduciiou annotée du Spadacrone de Henri lleers. La Haye, 1759, in-12. L. Hn.
cnRisoDlOM. Genre de Fougères établi par M. Fée [Acrost. 22, 97), dont le type est l'ancien Acrostichiim aureum L. Ce genre comprend une dizaine d'espèces, toutes de la région tropicale, à frondes pinnées, dont les divisions supérieures seulement sont fertiles, et à nervures anastomosées. Ces frondes, qui atteignent plusieurs pieds de longueur, sont comestibles dans leur jeunesse : aus.^i l'espèce la plus commune porte t-el le aux Antilles le nom de Chou Caraïbe. EuG. Fournier.
cnURcniM^ (Fleetwood). Célèbre accoucheur anglais, né à Nottingbam en 1808. Désireux d'étudier la médecine et particulièrement les accouchements, il se présenta à Higginbotham pour être son élève, mais ce dernier n'accepta point. Churchill, sans se décourager, se rendit alors à Edimbourg et, après d'excellentes études à l'Université de celte ville, prit le grade de docteur en 1831. L'année suivante, il fut agréé licencié du King and Queens Collège ofPhysicians, à Dublin, où il s'était rendu pour se perfectionner dans l'art des accouchements. Il se maria dans cette ville et dès lors y passa le reste de son existence.
H fonda à Dublin, avec l'aide de Speedy, le Western Ly'mg-in Hospital,m^\ernité très-exiguë, il est vrai, mais qui ne tarda pas à être très-fréquenlée par une foule d'élèves enthousiastes, et d'où sortit une pléiade d'habiles accoucheurs. La réputation de Churchill alla alors en croissant ; les excellents livres qu'il publia, l'enseignement remarquable qu'il donnait, tout attira sur lui l'attention du monde savant; la clientèle, les honneurs, les titres arrivaient par surcroît. En 1851, l'université de Dublin lui conférait le titre de docteur en médecine honoris causa, les sociétés obstétricales étrangères l'admettaient successivement au nombre de leurs membres correspondants, etc., etc.
ADDENDA. îi.'iô
Nommé professeur d'accouchements à l'école de médeciiio de Dublin en 1856, en remplacement du célèbre Montgomery, il professa avec celai jusqu'en 1864. En 1856 et 1864, il eut l'honneur de présider la société obstétricale de Dublin ; en 1867 et 1868, il présida le King and Queens Collège of Physitians. En 1 87i. il fut élu président de la section obstétricale du British médical Association, qui se réunissait à Norwich ; mais sa santé, chancelante depuis quelque temps, l'empêcha d'accepter cet honneur.
Ardent partisan de la réforme sanltaiie, Churchill contribua puissamment à la fondation de l'ancienne Dublin Sanilary Association, qui se réunit pour la première fois en 1850. Les efforts de cette Association n'ayant pas abouti, il prit part plus tard à la fondation de la nouvelle Sanitary Association, dont l'influence ne tarda pas à se faire jour. Churchill était en outre un membre actif de Vlrishniedical Association; il assista régulièrement aux séances du Conseil de la Rogal médical Benevolent Fund Society of Ireland. Microscopiste distingué, il fut l'un des premiers membres du Dublin microscopical Club. Il était de plus membre du comité de la bibliothèque de la Royal Society de Dublin.
En 1875, Churchill fit don de sa bibliothèque au collège de médecine ; c'est également à cette époque qu'il renonça, à son grand regret, à la pratique obstétricale; souffrant d'une arthrite rhumatismale chronique extrêmement douloureuse, il se retira auprès de son gendre à Ardtrea-llcclory, dans le comté de Tyrone. C'est là qu'il mourut le 51 janvier 1878.
Les services que Cburchill a rendus à la science dans le domaine de l'obstétrique, de la gynécologie et des maladies des enfants, sont considérables et universellement reconnus. Ses ouvrages, considérés comme des modèles du "^enre, ont été traduits dans presque toutes les langues et intégralement reproduits en Amérique.
Nous citerons de lui :
I. Disseii. inaug. de perilonitide. Edinburgi, 1831, in-8°. — II. OiilUncs of llie Principal Diseuses of Females. DubJin, 1858, iii-8». — III. Observations on Ikc Diseuses incident ta Pregnancy and Childbcd. Dublin, 1840, in-8°. — IV. Researches on Operative Midwifern Dublin, 1841, in-8^ — V. On Ihe Tlieonj and Practice of Msdicine. Dublin, 1842 in-8»- 3d Edit. Ibid., 1855, in-12. — VI. On tite Diseuses of Wonien : includinq those of Pre'nnancu and Childbcd, 4 tli Edit. Dublin, 1857, in-8°. Trad. franc, par Wielaiid' et Dubrisav ■ Traité pratiq. des mal. des femmes. Taris, 1865-60, in-8°. Aut. trad. par Leblond Paris 1874 jn-8-. — VII. The Diseuses of Children. Dublin, 18i9, in-12 ; 2^ Edit. Ibid 1858 'in 12- 3" Edit. Ibid., 1870, in-8». — VIII. Manual for Midwivrs und Monthhj Nurses. — IV Tra' duction de divers mémoires sur la fièvre puerpérale pour la Sijdenham Society en 1849 -^ X. Très-grand nombre d'articles dans London Mcd. Gaz., Edinburgh Med. u. Surq Joiirn et surtout dans le Dublin Journal of Med. Science. L; Ij^.
CILOMIMI (Barnaba). Médecin italien, vivait à Rome vers la fin du dixseptième siècle. U a publié :
I. La bile smascherula, a sia il fuoco discoperlo a beneficio de Vicenti. Roma, 1091 in-8* — U. Quintessenza medicinule ieoricu e pralicu. Roma, 1692, in-8°. L ll.v '
CIDARE {Cidaris Lamk). Genre d'Échinodermes appartenant à la classe des Échinides et constituant le type de la famille des Cidaridés.
Les Cidaris sont des Oursins réguliers au test épais, circulaire, aplati en-dessus et en dessous. La bouche, située au centre de la face inférieure du disque, est pourvue d'un appareil masticatoire puissant, composé de cinq dents pointues, revêtues d'émail et fixées sur un système de plaques calcaires pyramidal appelé
lanterne d'Aristote. L'anus, diamétralement oppose' à l'ouverture buccale, est entouré d'un anneau formé de cinq grandes plaques génitales penlagonales, alternant avec cinq plaques oculaires beaucoup plus petites et triangulaires. Les ambulacres, disposés en rangées longitudinales depuis le pôle oral jusque près du pôle apical, sont étroits, couverts de petits piquants comprimés très-serrés, et les aires interambulacraires, très-larges, sont pourvues de deux rangées d'énormes tubercules perforés, sur lesquels s'articulent de gros et lourds piquants mobiles, souvent granuleux, parfois clavellés.
Ces Écbinodermes, dont on connaît un grand nombre de fossiles des terrains jurassique, crétacé et tertiaire, ne sont plus représentés dans les mers de l'époque actuelle que j)ar une quinzaine d'espèces dont trois seulement [C. papillata Fiera., C. hystrix Lamk et C. Stokesi Agass.) habitent les mers de l'Europe. La première se rencontre sur les côtes de l'Ecosse et de la Norvège, les deux autres dans la Méditerranée. Elles sont comestibles. Ed. Lefèvre.
ciCiiALlAll (Les deux).
Cii;;alini (Francesco). Médecin italien, né à Corne, mort dans cette ville en 1530, Irès-versc dans les langues, s'occupait d'astrologie judiciaire plus que de médecine. 11 a cependant public :
Dufu epistolœ ad Th. Dunum, de oxymelitis usu et viribus, maxime in pleuritide. Tigiiri, 1592, in-8". L. Un.
Cigalini (Paolo). Fils du précédent, né à Corne en 1528, mort à Pavie en 1589. Il fui premier professeur de médecine à l'Université de Pavie et y exerça l'art de guérir avec réputation. On cite de lui :
1. Devera patria C. Plinii secundi, naturœ hisloriœ scriptoris, ejusdemque fi.de et auctoritatc pra'lcctiones. Coini, 1605, in-i"; Francof., 1(J08, in-8°; Lugduni Batav , 1669, in-S" — IL Tabula de pleuritide. Comi, 1C53. — III. Coiisultatio de viclus ralione pro prœservatione oculi, etc. Comi, 1653. — IV. In Aphorismos Hippocralis Lib I et 11 Lectiones. Comi, 1653. L. JIn.
Cl!\iX"ïS. Le genre Cinixys (de zivsm, je remue, et t?d;, lombe) a été établi par Bell pour quelques Tortues américaines dont le plastron jouit, dans sa partie postérieure, d'une mobilité singulière, et peut, en s'abaissant, fermer la boîte osseuse. Quelque chose d'analogue existe chez les Pyxides [voy. ce mot), mais ici c'est la partie antérieure du plastron qui est mobile.
MM. Duméril et Bibron, en plaçant le genre Cinixys parmi les Chersites [voy. Tortue), indiquent en outre que chez les tortues de ce groupe les pattes sont pentadactyles, mais que celles de la paire postérieure sont armées de quatre ongles seulement, et que le sternum est d'une seule pièce. La Cinixys de Home {Cinixys Homeana), type du genre, et la Cinixys rongée (C. erosa), sont toutes deux originaires de la Guytme. E. Oustalet.
tlKOSTERKE. Le genre Cinosterne [Cinosternon Wagl.), que MM. Duméril et Bibron rangeaient dans le groupe des Tortues paludines ou élodites correspondant à une partie de la tribu des Chersémydinés des lierpétologistes actuels, {voy. le mot Tortue), est caractérisé par une tête presque carrée, n'offrant sur le crâne qu'une seule plaque rhomboïdale, des mâchoires un peu crochues, des barbillons au menton, un test à écailles légèrement imbriquées, un plastron de
forme ovale, composé de onze plaques et se partageant en deux battants, mobiles en avant et en arrière autour d'une pièce fixe, une queue onguiculée et assez longue chez le mâle. L'espèce type du genre vit dans les marais de la Floride et de la Caroline ; elle s'engourdit en hiver dans la vase et en sort au printemps pour faire sa ponte. C'est la Tortue de Pennsylvanie {Testudo pennsylvanica L. ou Cinosternon -pennsylvanicum Wagl.), dont la carapace, longue de sept à huit centimètres, est ovale, lisse en avant et d'un jaune rougeàtre. Le Cinosterne scorpioïde [G- scorpioïdes Wagl.) de l'Amérique méridionale est plus brillamment coloré; il est marqué en dessus de rayons bruns sur un fond plus pâle, et offre des tâches brunes ou jaunes sur les membres et sur la queue; au Mexique se trouve une troisième espèce que Wagler a nommée Cinosternon hirtipes. E. Oustalet.
Bibliographie. — Duméril et Biiiron. Erpétologie générale ou Histoire des Reptiles, t. II. — Wagler. Amphib., p. 127. — Spix. Rept. Braz., p. 17 et siiiv. — Beil. Zcol. Jourii., t. II.
CIBROTEUTOIS { Cirroteuthis Eschr. ). Les Mollusques-Céphalopodes qui composent ce genre npparlienncnt à l'ordre des Ilihraiichiaux ou Acelabiilifères et à la famille des Uctopodidés {voy. ce mot). Leur cor[)s (rc\>i-court, bursiforme, est muni de deux nageoires latérales étroites, et leurs huit bras sessiles, armés chacun d'un seul rang de ventouses garnies de fins tentacules charnus disposés par paires, sont réunis, de la base au sommet, par une membrane cutanée très-mince formant un large entonnoir au fond duquel se trouve la bouche. On n'en connaît que deux ou trois espèces qui vivent exclusivement dans les mers boréales; la plus répandue est le C. MûUeri Eschr., des côtes du Groenland. Ed. Lefèvre.
CllîCCi (Anton. -FiLlppo). Chirurgien italien de la seconde moitié du dixseptième siècle, né à Arezzo, étudia la médecine à Rome et exerça son art à Macerata ; il s'est fait connaître par l'invention d'un ténaculum à trois branches et par les publications suivantes :
I. Pi'omptuarium medico-chirurgicum. Macerata, 1679, in-4°. — II. Filo d'Arianna, ovvevo fidelissima scorta ai esereenli di chirurgia, al quale si aggiunge un brève tratlato délia circulazione di sangue. Macerata, 1682, in-12. L. Un.
CLAPIÈS (Charles) Médecin français, né à Alais le 26 octobre 172i, mort dans la même ville le 7 septembre 1801. On a de lui un livre fort peu sérieux, qui n'est que la traduction annotée de l'ouvrage intitulé : Mulieres homines non
esse :
Paradoxes sur les femmes, où l'on tâche de prouver qu'elles ne sont pas de l'espèce humaine, 1766, in-12. L. Un.
CLARKE (Jacob-AugustusLockhart). Éminent anatomisle et médecin anglais, né en 1817, iilset petit-lils de médecins, perdit de bonne heure son père ; sa mère, restée avec sept entants, vint en France pour y faire leur éducation. En 1830, Lockhart Clarke rentra en Angleterre avec sa mère et, bien que jusqu'alors il n'eût point 'manifesté beaucoup de dispositions pour l'étude, il se montra subitement animé d'une vive ardeur pour le travail et choisit la profession médicale.
Il étudia la médecine à Giii/s et Saint-Thomas llospitals et, après avoir obtenu le titre de licencié de la Société des aj)Othicaires, il s'établit en province et ne tarda pas à y acquérir une grande réputation. En même temps, il continuait ses travaux scientifiques et, pour les terminer dans de meilleures conditions, il revint à Londres et continua ses études à Saint-George' s Ilospital. C'est à cette époque qu'il fut agréé membre du Collège des cbirurgiens. En 18G4, la Société royale lui décerna la médaille d'or, en récompense de ses belles recherches sur l'anatomie et la structure microscopique des centres nerveux.
En 1867, Lockhart Clarke fut élu membre honoraire du Collège des médecins d'Irlande. En 1871, il prit le diplôme de membre du Collège des médecins de Londres et aussitôt après fut nommé médecin de l'hôpital pour l'épilepsie et la paralysie, à Regent's Park ; ces fonctions étaient bien en rapport avec ses aptitudes spéciales, et il les conserva jusqu'à sa mort, arrivée le 25 janvier 1880. C'était, disent ses biographes, un homme de mœurs simples, d'une grande indépendance de caractère, dépourvu de toute ambition et de tout désir de briller. Sa modestie exagérée et l'absence de ces qualités supei'iiciel/es qui font l'homme du monde lui avaient beaucoup nui auprès de la clientèle.
Lockhart Clarke a rendu d'immenses services à la science, dans l'une de ses branches les plus importantes et les plus difficiles à étudier; ses travaux sur l'anatomie et la pathologie du système nerveux sont bien connus et juàteraent estimés par les savants les plus éminenls du monde entier. Mentionnons entre autres ses recherches microcospiques sur la structure intime du cerveau et de la moelle allongée, sur les origines des nerfs, etc. ; grâce aux importantes découvertes qu'il a faites dans ce domaine, son nom vivra toujours dans la science ; et même sa nomenclature du cerveau a été conservée en grande partie par les anatomistes qui sont venus après lui.
Les travaux de Lockhart Clarke sont disséminés dans divers recueils; nous citerons entre autres :
I. Resenrchcs on Slruclttrc of l/te Spinal Corel. Iii Philos. Transact. of Ihe Royal SocieUj of Loiidon, 1851, (J pi. in-4°. — II. On Cerluin Funclions of Ihe Spinal Cord, wilh furtlter Investigalioits into ils Structure. Ibid., 1853, 2 pi., ia-4°. — III. Researches on ihe Inlimate Structure of the Medulta oblougatn. Ibid., 1858, 6 pi. in-4°. — IV. Furlher Resenrchcs on Ihe Grcij Substance of Ihe Spinal Cord., Ibid., 1859, 7 pi. in-4°. — V. On Ihe Developmenl of the Spinal Cord in Man, Mamnialia, Tîîïy/s. Ibid., 1862, 0 pi. in-4°. — VI. On the Siruclure of Ihe Opiic Lobes of Ihe CuUlc Fish [Sepia officinalis). Ibid., 18C7, 1 pi. in-l«.
— VII. On the Nervous System of Lumbricus ierresiris. In Proceedings of the Royal Society, '29 janvier 1857.— VIII. Notes of Researches on Ihe Inlimate Siruclure of Ihe Drain. Ibid., juin 1857, juin 18C1. — I.\. On Ihe Structure of t/ie Cérébral Convolulions. Ibid., t. XII, n" 59. — \. Researches on the Inlunale Structure of the Drain. In Philos. Transact., 1868. —XI. Onlhe Siruclure of Kerve-Fibre. lu M icroscopical Journal, 1 pi.— XII. Veber den Eau des Uiilbus olfactorius. In Kôlliker's u. Siebold's Zeitschr. f. Zool., Bd. XI, II. 1, 1861. — XlII. Hislorical Sketch of tlie Progrcss of Ihe Analomy and Pliysiology of the Nervous Centres and Nerves, front Ihe Time of Hippocrates lo Ihe Time of milis. ]nDril. a. For. Mcd.-Chir. Revieiv, 1804. — XiV. On Ihe Develop. of Siriped Muscular Fibre in Man, Mammalia a. Dirds. In Procecd. of Roy. Soc, a Microsc. Journ., t. II. — XV. Essay on Ihe Nature of Volitions. In Winslow's Psycholog. Journal, 18t)2-C5.
— XVI. On a Case ofMuscutar Atrophy with Diseuse of Spinal Cord. In Dealc's Arch. of Med., t. III, n» 9, 1861.— XVII. Pathological Observations on a Case of Epilepsy wilh Diabètes. Ibid., 1804, n" 14. — XVIII. On a Case of Muscular Atrophy with Diseuse of Spinal Cord and Atrophy of Nerve-Cells. In Brit. a. For. Med.-Chir. Review, July 1862. — XIV. Examinalion of Ihe Spinal Cord in a Case of Muscular Atrophy. Ibid., Octob. 1865. — XX. Olher Cases. Ibid., Apr. a. July 1864. — XXI. Palhology of Telanus. In Med.-Chir. Transact., t. XLVIII, 1865.— XXll. On a Case of Musc. Atrophy wilh Dis. ofSp. Cord. Ibid., 1866. — XXIlI. Diseuses of the Drain and Spinal Cord conscguent lo Railwaij Collision. In Transact. Path. Soc. of London 1806, p. tiO. — XXIV. On Parapkrjia after Fever. Ibid.,
1863, p. 53. — XXIV. Pathol. Investig . in a Case of Paraplegia. In Brit. a. For. Med. Chir. Heview. 1865. — XXV. On a Case of Paraplegia with Cancer of 8 th. Dorsal Vertebra, etc. In Beale's Arch., 1867, n° 16. — XXVI. On a Case of Muscul. Atrophy, etc. In Med.-Chir. Trans., 1867. — XXVII. On Palhol. of Nerv. Centres in General Parahjsis. In thelancet, sept. 1861 et suiv. — XXVKI. On the Diagn., Path... of Progr. Locomot. Alaxij. In St-George's Hosp. Rep., 1866, p. 71. — XXIX. On Locom. Ataxy. In Dril. Med. Journ., t. Il, 1869. — XXX. Part. Spin. Parai, with Locom. Alaxy. Avec Solly. In St-Thom. Hosp. Rep'., 1870, p. 277. — XXXI. Progr. Muscul. Atrophy with Musc. Rigidity. In Med.-Chir. Trans., 1873, p. 103. — XXXII. Case of Cysts in the Cerebellum. In Transact. Clin. Soc. London, t. VI, p. 68, 1873. — XXXIII. On Pseudo-Hy périr. Muscul. Parahjsis. Ibid., 1874, p. 247. ^- ^^^
CLAUSIER (Jean-Louis). Médecin et chimiste d'origine allemande, né à Aheim, en Bavière, exerça l'art de guérir à Paris. II mourut à Paris vers le milieu du dix-huitième siècle, laissant:
I. Introduction à la chimie, etc. Trad. de l'allem. de Mender. Paris, 1741, in-12. — II. Principes généraux de la théorie et de la pratique de la pharmacie, où l'on voit tes affinités des corps et une explication de la nature et de l'action ' dxi feu. Paris, 1747, in-4"'. — lU. Pharmacopée universelle raisonnée, etc. Trad. de l'angl. de Quincy. Paris, 17i9, in-4°. L. Un.
CLAVE (Les deux).
Clave (Etienne de) . Médecin et chirurgien français du milieu du dixseptième siècle, exerçait à Paris. L'histoire du collège de Navarre nous apprend qu'en 1624 il attaqua violemment, de concert avec Antoine de Villon et Jean Bitaudo, dans une dispute publique, la philosophie d'Aristote et l'alchimie, alors toutes-puissantes. La Sorbonne le punit de sa témérité en le déclarant hérétique, lui ordonnant de quitter Paris dans les vingt-quatre heures et lui défendant, sous peine de la vie, de répandre ses opinions subversives, enfin le déclarant inhabile à enseigner la philosophie dans aucune ville dépendante de l'Université.
Outre une édition de Glaudien, publiée en 1602, et une autre de Perse, imprimée en 1607, Clave a laissé :
I. Paradoxe ou Traité philosophique des pierres et pierreries, contre l'opinion vulgaire. Ensemble la génération de tous les mixtes, savoir es animaux, végétaux et minéraux. Paris, 1635, in-8. — II. Nouvelle lumière philosophique des vrais principes et éléments de nature... Paris, 1635, in-8. — III. Le cours de chimie d'Estienne de Clave, docteur en médecine, qui est le second livre des principes de nature. Paris, 1646, in-8. L. Hn.
Clave (Gaston le Doux de). Chimiste français, natif de Nevers, vivait dans cette ville à la fin du seizième et au commencement du dix-septième siècle, occupant, paraît-il, une charge publique et se livrant avec ardeur à la chimie. On a de lui :
I. Apulogia Chrysopoeae et Argtjropoeae adversus Thomam Erastum. Nevers, 1590, in-8
et dans le Thealrum chymicum. — II. Phylosophia chymica. Coloniae, 1612, in-8. III '
De triplici praeparatione auri et argenti. Argentorati, 1613 — IV. De recta et vera ratton'e progignendi lapidis jjhilosophici, seu salis argentici et aurifici. In Theatrum chymicum trad. en français. Paris, 1695, in-12. L H>f '
CLiivocÉPHALiE (z)ivv5, selle, et -Az^oùM, tète). Se dit des crânes en forme de selle {voy. Crâne, p. 485, et Dolichocéphalie). D.
CLiODlDɧ>. Famille de MoUusques-Ptéropodes, dont les représentants, tous
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de petite taille, sont essentiellement caractérise's par l'absence complète de coquille et d'appareil branchial. Leur corps, gélatineux, fusiforme, est sépare' de la tête par une sorte de cou, sur les côtés latéraux duquel sont fixées une ou deux paires de grosses nageoires ovalaires ; la bouche, située à l'extrémité céphalique et pourvue de deux tentacules simples, sur lesquels sont insérés des yeux ti'ès-rndimentaires, présente latéralement deux lobes membraneux qui sont accompagnés de quatre ou de six appendices coniques, rétractiles et armés de ventouses. Par suite de l'absence des branchies, la respiration s'opère parla surface des téguments.
Cette famille renferme principalement les genres Cymodocea d'Orb., Clionopsis Trosch. et Clio O.-Fr.-MuU. {Ctione Pal!.). Ce dernier a pour type le Clio borealis Pall., dont l'anatomie a été étudiée d'abord par G. Cuvier [Ann. du Musemn d'hist. nat., t. I, 1802), puis par Eschricht {Anat. Unters. ûber die Clione borealis, Copenhagen, 1838). Ce Mollusque se rencontre en quantités prodigieuses dans les mers des régions boréales, notamment au Groenland et au Spitzberg, où il forme, avec le Limacina arcticaYahr. (autre Ptéropode appartenant àJa faiîiilie des Ilyalicics), la principale nourriture des baleines qui fréquentent ces parages.
Quant au genre Pneiimodermon Cuv., que Gervais et van Beneden placent parmi les Cliodidés, il constitue maintenant le type de la famille des Pneumodermidés {voy. Pneumoderme). Ed. Lefèvre.
CLIOIVE [Cliona Gr.). Le professeur Gr aiU {Edinhirgh ISew Philosoph. Journ., 1826, p. 182) a donné ce nom à un genre de Spongiaires marins qui ont pour caractères principaux : une bouche distincte, tm œsophage protractile et des spicules siliceuses en forme d'épingles. Ces éponges, sur lesquelles M. Hancok a publié un mémoire important (voy. Afin, and Mag. of Natiir. History, 2^ sér., vol. III, 1849, pi. XII à XV), ont toutes des habitudes pertorantes et vivent principalement dans l'épaisseur des coquilles de divers mollusques, qu'elles sillonnent de galeries anastomosées communiquant au dehors par de petits orifices circulaires. On en connaît plus de cinquante espèces vivantes, répandues surtout dans les mers des régions tropicales. L'Océan Atlantique et la Méditerranée possèdent notamment le Cl. celata Gr. {Spongia terebrans Duvernoy, in Compt. rend. Acad. se, XI, p. 683 et 1021), espèce excessivement commune sur diverses espèces d'huîtres et en particulier sur l'huître pied-decheval {Ostrea hippopus Lamk), dont il crible les valves. Ed. Lefèvre.
CLTPÉASTRE {Gypeaster Lamk). Les Échinodermes qui composent ce genre de la classe des Échinides sont des Oursins irréguliers de forme pentagonale, plus ou moins aplatie, parfois conique, dont le test épais est couvert de petits tubercules serrés les uns contre les autres, portant des piquants trèscourts et uniformes. La bouche, qui occupe le centre de la face inférieure, est munie d'un appareil masticatoire composé de cinq mâchoires très-fortes sur lesquelles sont fixées des dents simples taillées en biseau à leur extrémité. L'anus, situé à la face supérieure, est infra-marginal, et les ambulacres, au nombre de cinq, sont très-amples et pétaloïdes.
Parmi le petit nombre d'espèces actuellement vivantes, la principale est le Cl. rosaceus Lamk, qui se rencontre assez communément dans la mer des Antilles. Quant aux espèces fossiles, dont on connaît environ une quiîizaine d'espèces, elles sont propres aux terrains tertiaires. Ed. Lefèvre.
C7VIDAIRES {Cnidaria Miln.-Edw.). Sous-classe de rembranchement des Cœlentérés, dans laquelle viennent se grouper tous les Anthozoaires ou Polypes proprement dits, dont les tentacules, disposés en couronne autour de l'orifice buccal, sont des cylindres creux communiquant librement cbacun à une cloison correspondante {repli mésentéroïde) de la cavité gastro-vasculaire. Cette sousclasse comprend deux ordres : les Cténocères (appelés aussi Alcijonaires ou Odactiniaires) et les Zoanthmres [voy. ces mots). Ed. Lefèvre.
CIVÔFEL. Voy- Knôpfel.
COBITIIKE (Ichthyologie). Voy. Cyprins.
COCCYCÉPHALE. Voy. Anomoce'phale.
CŒLEIVTÉRÉS [Cœlenterata Leuck.). Nom sous lequel R. Leuckart (Ueh. die Morphologie und Yerwandtschaftsverhdltnisse niederer Thiere, Braunschweig, 184:8) a réuni, pour en foi'mer un embranchement particulier, les animaux rayonnes que G. Cuvier avait répartis dans ses deux classes des Acalèphes et des Polypes, mais entre lesquels des observations nombreuses et approfondies ont fait découvrir des rapports si intimes qu'il n'est plus possible aujourd'hui de les maintenir séparés. Eu effet, tandis que certains Polypes engendrent des Méduses, c'est-à-dire des Acalèphes, il existe des Méduses qui, au point de vue anatomique et physiologique, présentent les affinités les plus étroites avec les Polypes.
Adopté maintenant par tous les zoologistes, Tembranchement des Cœlentérés correspond à une partie des Zoophytes radiaires de Milne-Edwards et au Type des Polypes de Gervais et van Beneden . Il se compose d'un nombre considérable d'animaux qui, contrairement aux Protozoaires, près desquels ils viennent se placer, ont leurs organes déjà plus ou moins différenciés, mais qui ne possèdent pas encore, comme les Échinodermes, un appareil circulatoire distinct de l'appareil digestif. D'une structure rayonnée, leur corps présente toujours quatre ou six segments similaires, ou un nombre de segments multiple de quatre ou de six, disposés autour d'un axe fictif représenté par sa partie centrale. Quelquefois cependant, par suite de la prédominance de deux rayons symétriques, le type radiaire tend à être remplacé par le type bilatéral {Siphonophores et Cténophores) .
Le corps présente extérieurement de nombreuses variations de forme, dues à l'extension plus ou moins grande qu'il prend suivant son axe longitudinal. Généralement cylindrique, hémisphérique ou discoïde, il est essentiellement formé d'une masse de tissu conjonctif que recouvre un enduit épilhélial constitué par plusieurs couches de cellules, dont la plus extérieure joue le rôle d'épiderme et conserve presque toujours la majeure partie des cils vibratiles qui recouvrent le corps de la larve à la sortie de l'œuf. Chez les Cténophores, ces cils vibratiles, en s' accroissant en longueur et en largeur, se transforment en palettes natatoires hyalines, dont les oscillations régulières aident puissamment à la locomotion.
Ordinairement mince et délicate, la couche épithéliale devient fréquemment coriace par suite de la présence d'un plus ou moins grand nombre de spicules ou sclérites calcaires, déformes très-diverses, et peut même quelquefois être en-
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vahie par un dépôt de sels calcaires dont la masse cohérente, tantôt particulière à un seul individu, tantôt commune à plusieurs, constitue ce qu'on appelle le Polypier.
Chez tous les Cœlentérés se développent, sur les diverses parties du tégument, notamment sur les tentacules et les appareils préhensiles, des organes particuliers, appelés nématocystes, dont la forme varie beaucoup et qui provoquent sur la peau, quand on vient à les toucher, une vive sensation de brûlure. Tantôt isolés, tantôt réunis en groupes et disposés sur plusieurs rangs [batteries urticantes des Siphonophores), ces organes urticants consistent en petites capsules microscopiques d'origine cellulaire renfermant chacune, outre un liquide corrosif, un filament élastique, enroulé en spirale et garni de pointes aiguës Irès-fines, qui se projette au dehors aussitôt que la capsule a subi le moindre contact. Une fois lancé, chaque filament devient rigide et est remplacé par un autre filament en spirale. D'après Gegenbaur, ce sont des filaments ayant déjà servi qui, réunis entre eux par une substance agglutinante durcie, constituent la gaîne protectrice des Cérianthes.
Ainsi que nous l'avons dit plus haut, les Cœlentérés manquent d'organes distincts pour la digestion et pour la circulation. L'appareil digestif et le système vasculaire sont réunis en une cavité unique située au milieu du corps et à laquelle on donne le nom de cavité gastro-vasculaire ou à! appareil cœlentérique. Tantôt simple et purement cylindrique, tantôt partagée par de nombreuses cloisons radiaires {replis mésentéroides), cette cavité communique par des pores avec un système de canaux situés dans les parties périphériques du corps et dont les parois sont garnies d'un épithélium vibratile aidant puissamment à la distribution du liquide nourricier. Elle débouche au dehors par un seul orifice servant à la fois de bouche et d'anus, parfois (dans les Cte'nophores) ^HY un pédoncule buccal [tube stomacal ou œsop/ia^ien), rarement (dans les Rhizostomes) par plusieurs pédoncules buccaux. Lorsque plusieurs individus sont réunis en colonie, la cavité centrale de chacun d'eux est en rapport avec un système de canaux plus ou moins larges, qui parcourent la masse commune [cœnenchyme ou sarcosome), établissent une communication entre eux et distribuent le liquide nourricier dans toute la souche, en même temps qu'ils forment çà et là des élargissements bourgeonnants pouvant se différencier en nouveaux individus et déterminer ainsi l'accroissement de la colonie. L'ouverture buccale est le plus généralement entourée d'une ou de plusieurs rangées de tentacules que l'on considère comme des organes du tact.
Presque tous les Cœlentérés sont pourvus de tissu musculaire, mais c'est surtout chez les Anthozoaires ou Polypes proprement dits que ce tissu paraît être le plus développé. Quant au système nerveux, dont l'existence n'a encore été observée que chez les Méduses et quelques Cténophores, il consiste soit en un anneau de ganglions placé sur le bord de l'ombrelle {Méduses), soit dans la réunion de plusieurs ganglions reliés entre eux et situés au fond de la cavité digestive {Cténophores). Chez certaines Méduses on observe des organes de sens se présentant sous la forme de capsules, presque toujours placées sur les bords de l'ombrelle et qu'on désigne sous le nom de corpuscides marginaux. Ce sont des capsules auditives renfermant des otolithes, ou bien des taches oculaires formées d'un pigment rouge ou jaune et surmontées d'un ou de plusieurs cristallins.
A l'exception des représentants des genres Hydra et Cordylophora, qui habi-
teni les eaux douces, tous les Cœlentérés vivent dans la mer. Les uns sont fixés, les autres nagent librement et possèdent alors des organes locomoteurs très variés. Tous peuvent se reproduire soit par génération sexuelle, soit par bourgeonnement ou par scissiparité. Dans le premier cas, ils sont monoïques ou dioïques ; dans le second cas, ils donnent souvent lieu à la formation de vastes colonies {Pohjpiers) qui, en continuant à s'accroître par le même procédé, ont exercé et exercent encore une influence considérable sur la constitution de certaines couches du globe.
Les organes génitaux, renfermés dans l'intérieur du corps, sont le plus généralement placés dans le voisinage de l'appareil gastro-vasculaire. Chez les Cténophores, qui sont monoïques, leur formation s'opère dans des expansions latérales en forme de caecums qui se développent le long des canaux costaux, dont un des côtés est garni de lobules tesliculaires et l'autre de follicules ovigères. Chez les Méduses, au contraire, les glandes sexuelles (mâles ou femelles) sont disposées en rosette tantôt sur la paroi de diverticulums de la cavité gastrovasculaire, tantôt directement sur la paroi inférieure de l'ombrelle. Très fréquemment les œufs et les spermatozoïdes se rencontrent en dehors du lieu où ils ont pris naissance, soit en dedans, soit en dehors de la cavité somatique. De l'œuf sort le plus ordinairement une larve asexuée [planula), infusoriformc, couverte de cils vibratiles, qui ne tarde pas à se fixer et qui passe le plus souvent par une métamorphose plus ou moins compliquée avant de reproduire des individus sexués, dont le développement ultérieur repose sur le phénomène de la génération alternante. Dans d'autres cas, la larve se transforme en petits polypes donnant naissance par scission répétée de leur propre corps à une génération sexuée; d'autres fois, enfin, la larve forme, par gemmation, des colonies de polypes asexués, sur lesquels se développent des bourgeons contenant les éléments sexuels [œufs ou spermatozoïdes) , et qui restent fixés sous la lorme de sacs ovoïdes ou bien se détachent pour se transformer en Méduses libres.
D'après les classifications les plus récentes, l'embranchement des Cœlentérés se divise en deux classes : 1» les Anthozoaires ou Polypes proprement dits, auxquels on rattache les Hydres d'eau douce {voy. Hydre) et qui renferment trois ordres, les Cténocères, les Zoanthaires et les Madréporaires ; 2" les Méduses, comprenant d'une part les Siphonophores et les Cténophores {voy. ces mots), d'autre part les animaux qui passent par l'état polypoïde agame avant d'acquérir la forme médusaire {voy. Calïptoblastes). Ed. Lefèvre.
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CŒLIAQUE (Battement). Nom donné quelquefois aux pulsations aiiérlellc* qui se font sentir dans la région épigastrique et qui appartiennent réellement à l'aorte {voy. Aorte, p. 587). D-
COITTER (Thérée-Jean). Médecin français, né dans l'Aunis, exerçait l'art de guérir à Poitiers dans la seconde moitié du seizième siècle. Nous connaissons de lui :
1. De febre purpurea epidemiali et contagiosa libri duo. Lutet. Parisior., 1578, in-i. — II. Discours de la coqueluche et autres maladies populaires, qui ont eu cours à Poitiers en 1580. Poitiers, in-8. L. llx.
COLIQUE HÉPATIQUE. Voy. Hépatiqde (CoUque).
COLOX (François). Médecin français, né à Nevers, en 1764, mort à Montfort, près d'Auxerre, le 17 juillet 1812, fut l'un des plus ardents propagateurs de la vaccine. 11 pratiqua l'inoculation vaccinale sur son fils unique. Nous mentionnerons de lui :
I. Essai sur l'inoculation de la vaccine. Paris, 1801, in-8. — II. Recueils d'observations et de faits relatifs à la vaccine, auxquels on a joint les procès-verbaux de la contreépreuve, e.\.^. Paris, 1801, in-8. — III. Précis des contre-épreuves varioliques faites sur le fils du citoyen Colon et sur quarante-sept autres vaccinés. Paris, 1801, in-8. — IV. Histoire de l'introduction et des progrès de la vaccine en France. Paris, 1801, in-8. — V. Mémoire présente au Premier Consul sur la nécessité et les moyens de répandre la vaccine en France. Paris, 1803, in-8. — VI. 06s. crit. sur le rapport du Comité central de la vaccine. Paris, 1803, in-8. L.H.y.
CO.^IBE (André). Médecin écossais, né le 27 octobre 1797, mort le 9 août 1842, fut médecin particulier du roi des Belges jusqu'en 1856. Il fut nommé ensuite médecin ordinaire de la reine Victoria, mais, sa santé chancelante ne lui permettant plus de remplir aucune fonction officielle, il entreprit le voyage de Madère, dans l'espoir de se rétablir. On a de lui :
I. Observations on Mental Dérangement. Edinburgh, 1841. —II. Principles of Physiology appliedto the Conservation of Health. Edinburgh, 1834, 1842. — III. Jhe Physiology of
Digestion... Edinburgh, 1836, 1842.— IV. A Treatise on the Physiological and Moral Management oflnfancij. Edinb., 1840, 1842. L. Hn.
COXCHIFÉRES. A la brève indication donnée à ce mot par notre regretté collaborateur M. Gervais nous croyons devoir ajouter, d'après son traité de Zoologie médicale, les détails suivants, utiles pour la plupart aux médecins.
Dans l'ordre des Conchifères figurent les familles suivantes : 1° les Naïades. Pieds grands et charnus ; byssus remplacé, à l'état adulte, par un cordon long et entortillé. Vivent dans l'eau douce. On les mange quelquefois. C'est à cette famille qu'appartient l'anotZonfe des cygnes ou moule d'étang; 2« les Mytilidés. Pieds mobiles en forme de languette, byssus constant et développé. Vivent dans l'eau de mer. Dans cette famille se trouve lapmne et la moule [voy. ces mots); 3" les Dreissènes (van Beneden). Munis d'un byssus. Vivent dans l'eau douce et dans l'eau de mer; 4" les Ostréadés, grand muscle adducteur au milieu du corps, composé de parties distinctes et quelquefois séparées ; pied nul ou rudimentaire, absence de byssus (i^o?/. Huîtres); 5° les Pectidinés. Remarquables par le manteau, qui est ouvert dans toute sa longueur, avec un bord épais, couvert de tentacules souvent oculifères. Vivent dans l'eau de mer. Comprennent le peigne {voy. ce mot), la lime, etc.; C" les Malléidés, manteau ouvert et prolongé dans les ailes de la coquille; muscle adducteur unique; pied petit, étroit; quelqiiefois un byssus. Ici se distingue V aronde perlière f\\à fournit la perle fine et la nacre de perle; 7° les Arcades; 8° les Chamidés. Un des genres, le genre Tridacne, a une coquille gigantesque employée dans les arts d'ornement; on en fait. des bénitiers; 9° les Cardidés, manteau entièrement fermé, un pied long et étroit, replié en forme de genou. Une des espèces (Cardiuîn edule) est comestible : on la pêche surtout dans les étangs saumâtres; 10" les Cycladés {voy. ce mot) ; 11" les Vénéridés {voy. Vénus) ; 12° les Saxicavidés; 13° les Tellinidés; ii° les Mactridés; Ib" les Lucinadés; 1G° les Myadés. Deux siphons ordinaircaient très-développés, quelquefois soudés l'un à l'autre; bords du manteau réunis, avec un passage en avant, pour un pied massif. Le genre Mye comprend deux espèces assez communes sur nos côtes et que les pêcheurs mangent comme les moules {Mye des sables et Mye tronquée). Le genre Tarel comprend le Taredo navalis ou ver de mer qui attaque le bois des navires; 17° les Aspergillidés. D.
COXE {Conus L.). Genre de 3Iollusques-Gastéropodes-Prosobranches, type de la famille des Conidés, dont les représentants sont caractérisés ainsi qu'il suit : Pied allongé, très-étroit, tronqué en avant et muni en arrière d'un opercule corné rudimentaire ; manteau court, dépassant rarement les bords de la coquille et formant en avant un siphon cylindrique, court et épais, recourbé en arrière; tête grosse, pourvue de deux tentacules grêles, vers le milieu et au côté externe desquels sont insérés les yeux, et prolongée en une trompe tronquée renfermant une langue protactile armée de deux rangées de longs crochets creux ; coquille épaisse, conique, roulée sur elle-même, couverte d'un épidémie [drap marin) plus ou moins épais, à ouverture longue et étroile, et à spire peu ou point saillante.
Essentiellement marins, les Cônes sont remarquables par la variété, la beauté et la disposition des couleurs qui ornent leurs coquilles. On en connaît un nombre assez considérable d'espèces, répandues surtout dans les mers des régions tropi-
cales où elles vivent à peu de distance des côtes. Seule des mers de l'Europe, la Méditerranée en possède quelques-unes, notamment le C. mediterraneus Hwass, qui y est assez commune. Parmi les plus belles et les plus recherchées des conchyliologistes, nous citerons principalement : C. cedonulli L., de la mer des Antilles; C aurantiacus L., des côtes de la Guyane; C. imperialis L. et C. amiralis L., des Moluques; C. nobilis L., d'Amboine ; C.Utteratus Hwass, C. tessellatus Born., C. gloria maris Hwass, C. virgo L., C. marmoreus L., C. geographus L., C arenatus Hwass, etc., du Grand Océan Indien.
La morsure de quelques espèces, notamment du C. aidions L., des Indes Orientales, paraît être venimeuse. Ed. Lefèvre.
COMOVIJLE {Conovula Lamk) . Genre de Mollusques-Gastéropodes-Pulmonés de la famille des Auriculidés, établi par La mark, mais que, bien avant lui, Denys de Montfort avait décrit sous le nom de Melampus. Les espèces qui le composent sont toutes essentiellement terrestres et ne diffèrent des Auricules qu'en ce que l'animal a le pied divisé en deux par un sillon transversal.
Ed. Lefèvre.
COIVSTARIT (Les deux).
Constant (Grégoire-Théophile). Médecin français, né à Mormoiron, en 1805, mort à Paris, en mai 1857. 11 fit ses premières études à Carpentras et au séminaire d'Avignon, puis étudia la médecine à Paris. Reçu docteur en 1835, il présenta à la Faculté, en 1835, un mémoire sur les maladies du jeune âge, qui lui valut le prix Montyon, et en 1856, un autre mémoire sur la méningile tubercideusedes enfants, pour lequel un nouveau prix lui fut décerné. On a de lui divers articles dans la Lancette française, le Journal de thérapeutique, la Gazette médicale.
Constant (Jacques). Médecin suisse, mort à Lausanne, en 1730. On cite de lui :
I. Compendium pharmaciae helveticae. Genovae, 1677. — II. Medicina Ilelveticorum, 1677, ij]-12. — III. Lemery. Cursus chimicus, lalinitate donntus, 1681, in-12. — IV. Les médecins, chirurgiens et apothicaires charitables, suivi d'un Traite de la peste. Lyon, 1683, 3 vol. in-8. — V. Atrium medicinae helveticae, cum observationibus rarissimis. Genovae. 1691. — IV. Essai de la pharmacopée des Suisses. Berne, 1709, in-12. L. Un.
cooP]nA\s» (Les deux).
Coopmans (Georg). Médecin hollandais, né à Makkum, dans la Frise, en 1717, étudia la médecine aux universités de Leyde et de Franeker, sous la direction de Boerhaave et d'Âlbinus. Il exerça ensuite et professa la médecine -à Franeker, puis, après la révolution de 1795, devint l'un des directeurs de l'Académie de cette ville. On cite de lui :
I. Nevrologia et observatio de calcula ex urethra extracto. Franekerfe, 1789, in-8- 1794 in-4. — II. Coopmans a de plus traduit en latin les ouvrages d'Alexandre Monro sur les nerfs Franeker, 1754, in-8 ; Haarling, 1763, in-8. L jj^
Coopmans (Gadso). Fils du précédent, né en 1746, mort à Amsterdam le 5 août 1810. Il fut, comme son père, professeur à l'université de Franeker, où il enseigna la médecine et la chimie. Lorsqu'éclatèrent les troubles politiques de
la IJoUanJe, il se réfugia en Belgique, et de là passa en France. Il occupa par la suite la chaire de médecine tour à tour à Kiel et à Copenhague. Il revint enfin dans sa patrie peu d'années avant sa raort = Coopmans a laissé :
I. Varis, sive carmen de variolis. Franckerae, 1783, in-4. — II. Opuscula physico-meclica. Ilavniae, 1793, in-8. L. H.\.
COP (Guillaume). Médecin suisse, né à Bàle dans la seconde moitié du quinzième siècle, mort le 2 décembre 1532. Il étudia la médecine à Bàle et à Paris, et prit son degré de docteur en 1495. Louis XII et François I le prirent pour leur premier médecin, ïrès-versé dans la langue grecque, il put lire les auteurs anciens dans leur langue et constata ainsi et fit ressortir dans ses ouvrages ([ne les médecins arabes n'avaient guère été que des copistes infidèles des Grecs. Nous citerons de lui :
I. Pauli Aeginetae praecepta sahibria, Paris, 1510, in-8. — II. Hippocratis Coi Praesagiorum libri très; ejusdem de ratione viclus in morbis acutis libri quatuor. Paris, 1511. iii-4. — m. Galeiti de affeciorum locorum nolitia iibri sex. Paris, 1515, )n-4; Lugduni, 1547, in-12. — IV. Il conLribua ù la traduction d'ilippocrate qui pîFrut sous ce titre : Hippocratis Coi, medicorum otnnium longe principes, opéra, etc., nunc tandem per F. Bhavennatem... latinitate donata, ac jamprinnun in lucem édita. L. Hn.
COPEMAIV (Edward) . Médecin anglais de grand mérite, né à Great 'Witchiiigham, dans le Norfolk, le 26 décembre 1809, mort à Norwicb, le 25 février 1880. 11 étudia la médecine sous la direction d'Arthur Brown à Norwich, puis la chirurgie sous celle du célèbre J. G. Crosse, et fut en même temps élève au Norfolk and Norwich Hospital. Il vint ensuite étudier à Londres, au St-Georges Hospital, devint licencié de la Société des apothicaires en 1851, et membre du Collège royal des chirurgiens en 1832. Peu après, il fut nommé Hanse-Sur (jeon de Norfolk and Norwich Hospital, puis il devint l'associé de W. Taylor, à Cottishall, dans le Norfolk, et se livra à la pratique. A la mort de ce médecin, il conserva sa vaste clientèle jusqu'en 1848, puis alla se fixer définitivement à Norwich , comme médecin consultant. Il avait obtenudans l'intervalle, en 1845, le diplôme de /e//o if du Collège royal des chirurgiens d'Angleterre, et, en 1847, celui de docteur en médecine du King's Collège d'Aberdeen. Plus tard, en 1859, Copeman fut nommé membre, en 1871 fellow du Collège royal des médecins de Londres. Sa réputation était grande dans toutes les provinces orientales de l'Angleterre et on allait le consulter non-seulement comme médecin, mais encore comme accoucheur.
En 1851, Copeman avait été élu médecin du Norfolk and Norwich Hospital; il conserva ces fonctions jusqu'à la fin de 1878, où il les résigna et devint médecin consultant au même hôpital. Il était en outre médecin du Norwich Eije Infrmanj et du Norwich Magdalen, accoucheur consultant au Norwich Lijing-in Charitij, premier médecin de l'hôpital des enfants Jenny Lind, dont il était
l'un des fondateurs, etc.
Copeman est l'auteur d'un assez grand nombre de publications médicales, qui
se d'vsUnguent surtout par leur caractère éminemment pratique. Nous citerons
entre autres :
I. Collection of Cases of Apoplexy, with an Explanatory Introduction. London, 1845, in-8°. 11. A Treatise on Puerpéral Fever. London, 1860. — III. Records of Ohstetric Consultation Praciice and a Translation of Busc/i and Moser on Utérine Uœmorrharje. Lond.,
1856, in-8». — lY. Histonj of thc Norfolk and Norwich Hospilal — V. An Essay on tlic History, Pathohgy and Treatment of Diphtheria. Norwich, 1859, in-S". — V. Cases of Intestinal Obstruction. In British Med. Journal, 1860-1861. — VI. Hare Cases in Midwifery. Ibid., 1862. — VII. On Bhod-letling. Ibid., Dec. 1879. —VIII. On Flooding afler Delivery. In Med. Gazette. — IX. Cérébral Diseuses oflnfancy. In Prov. Med. Journ. — X. On Ihe Treatment of the Vomiling of Pregnancy by Dilatation of the Os uteri (Traitement des vomissements de la grossesse par la dilatation de l'orifice utérin), formant le sujet de plusieurs mémoires publiés dans le Brit. Med. Journ. L. Un.
COQ DE BRUYÈRE. Les chasseurs et les forestiers appellent grand Coq de bruyère, Coq de bruyère à queue fourchue et Coq de bruyère à fraise, trois espèces de gallinacés du genre Tétras {Tetrao), le Tetrao urogallus, le Tetrao tetrix et le Tetrao cupido, les deux premiers européens, le dernier américain [voy. Gallinacés et Tétras). E. Oustalet.
CORinoRAiV. Les Cormorans sont des Palmipèdes totipalmes, c'est-à-dire des oiseaux aquatiques dont les pattes sont munies d'une large membrane embrassant non-seulement les trois doigts antérieurs, mais encore le pouce ou doigt postérieur. Après avoir constitué d'abord un seul genre, sous le nom de Graculus L., ou de Phalacrocorax Boie, les Cormorans ont été élevés plus tard au rang de tribu et sont devenus les Graculinés ; de même les Fous (genre Sula) ont fourni la tribu des Sularinés et les Pélicans (genre Pelecanus) celle des Pélécaninés ; enfin ces trois groupes ont été réunis en une même famille, celle des Pélécanidés. 11 y a, en effet, sous le rapport des mœurs et de la structure intime, de grands rapports entre les Cormorans, les Fous et les Pélicans, et nous pouvons, sans inconvénients, traiter de tous ces oiseaux dans un seul et même article, au mot Pélican {voy. ce mot). E. Oustalet,
COROl\ELLE. Le genre Coronelle [Coronella), établi par Laurenli pour la Couleuvre lisse (C lœvisoxx C. austriaca), a été élevé par quelques berpétologistes modernes au rang de tribu {Coronelliens) ou même de famille [Coronellidés) dans la section des Serpents aglyphodontes {voy. Serpents). Les Coronelliens ou Coronellidés sont de longueur médiocre ; ils ont la tête et la queue courtes, assez épaisses à l'origine et par suite à peine distinctes du tronc, et le corps revêtu en-dessus de plaques non carénées, caractère qui les sépare des Tropidonotes. Leurs narines s'ouvrent toujours entre deux plaques, et leurs dents antérieures sont moins développées que les dents postérieures.
Le genre Coronelle proprement dit est représenté dans l'Euiope centrale et méridionale par la Couleuvre lisse {Coronella austriaca Laur.), qui a les parties supérieures du corps d'un brun jaunâtre, luisant, recoupé par des marques noirâtres disposées en deux séries parallèles. En Algérie, on trouve une espèce assez voisine : la Coronelle à capucbon {Coronella cucullata Dum. et liib.), et dans le sud des Etats-Unis une troisième espèce, aux couleurs brillantes, la Coronelle de Say (C. Sayi), qui diffère notablement par ses mœurs de l'espèce européenne ; quand elle est irritée, elle agite violemment Ja queue, à la manière du Serpent à sonnettes, et mord avec férocité.
A côté du genre Coronella et dans le même groupe se placent les «^enres Tachymenis, Simotes et Liophis. E Oustalet
CORRIGAX^ (DoMiKic-JojL\). Célèbre médecin irlandais, né à Dublin, le !''■■ décembre 1802, mort dans cette ville, le l"' février 1880. 11 fit ses études
classiques à l'école laïque de Maynooth, puis étudia la médecine sous la direction de 0. Kelly, respectable praticien de la même ville. Il se rendit ensuite à Edimbourg, oii il continua ses études en compagnie de son illustre compatriote, Stokes, et obtint son grade à l'Université écossaise en 1825, la même année que ce dernier. Il alla aussitôt s'établir à Dublin, et peu après obtint la chaire de médecine de l'ancienne école de Digges Street, puis celle de l'école de Peter Street, enfin il remplit la même chaire au Collège médical de Richmond Hospital; il conserva ce dernier poste jusqu'au moment où les exigences de la clientèle le forcèrent à y renoncer.
Vers 1830, Corrigan devint médecin du Jervis Street Hospital, où il n'eut, il est vrai, que six lits à sa disposition ; mais, comme il avait le choix des malades, il réussit néanmoins à recueillir des matériaux importants au point de vue de l'enseignement clinique qu'il donna plus tard avec tant de perfection ; c'est à cette époque, en 1832, qu'il rédigea son fameux mémoire sur l'insuffisance aortique, travail remarquable qui attira sur lui l'attention de tous les médecins, et fit donner à cette maladie, par Trousseau, le nom de maladie de Corrigan ; si celte expression ne s'est pas conservée dans la science, celle du moins de pouls de Corrigan est devenue classique.
En 1840, à la mort de Crampton, Corrigan fut nommé médecin des hôpitaux de la chambre de l'industrie {Whitworth and Hard^vicke Hospitals); un vaste champ s'ouvrait ainsi devant lui pour l'enseignement clinique, et c'est alors qu'il fit ces belles leçons, particulièrement sur la nature du traitement des fièvres, qui furent réunies et publiées en 1853. En 1866, quand il se démit de ces fonctions, il conserva la charge de médecin consultant. En 1843, il avait été nommé mcmbredu Collège royal des chirurgiens d'Angleterre, et, en 1849, l'Université de Dublin lui conféra le titre de docteur en médecine honoris cawsa. Nommé membre du Sénat de Queen's University, lors de sa fondation, en 1850, il en devint le vice-chancelier en 1871, et le représenta au Conseil médical général, où son éloquence et son esprit naturel étaient très-appréciés.
Cori'igan avait été nommé en outi^e membre du King and Queen's Collège of Physicians,en 1856, et en fut élu cinq fois de suite président (1859-1864), honneur sans exemple dans les annales du collège. En 1838, il fut l'un des fondateurs de la Société pathologique de Dublin, qu'il présida par la suite ; il fut en outre le président de la Société royale de zoologie d'Irlande, aux travaux de laquelle il prit le plus grand intérêt jusqu'à sa mort ; enfin, en 1875, il fut élu premier président de la Société pharmaceutique d'Irlande.
Corrigan était de plus médecin ordinaire de la reine en Irlande, membre de l'Académie royale irlandaise, membre correspondant de l'Académie de médecine de Paris et de la Société Ilarvéyenne de Londres. En février 1866, Corrigan avait été créé baronnet, non-seulement à cause de sa haute situation professionnelle, mais encore en récompense des éminents services qu'il avait rendus à l'Irlande dans le domaine de l'hygiène publique et de l'instruction nationale. Il siégea à la Chambre des Communes de 1870 à 1874.
Durant les dernières années de sa vie, Corrigan souffrit d'accès de goutte réitérés et très-douloureux ; il succomba aux suites d'un accès d'hémiplégie droite.
Parmi les nombreux travaux de notre auteur, nous mentionnerons seulement :
I. Diss. inaug. de scrophula. Ediiiburgi, t825, gr. in-8°. — II. Reports on the Diseases and Weather of Dublin. In Edlnb. Med. a Surg. Journ., t. XXXIV, p. 91, J830. — III. Oh
the Motions and Sounds of the Heart. In Johnson's Med.-Chir. Review. ^eyf Séries, n° 25, p 122, 1830. - IV. An Jnquinj into the Causes of Bruit de soufflet am/ Frémissement cataire. In the Lancet. Febr. 1829. - V. On Bruit de soufllet. In Dublin Journ. of Mf('-^c t. VIII, p. 202; t. X, p. 173; 1836. — VI. On the Mechanism of Bruit do soultlet. ima., t XIV p 305, 1838. — VII. On Permanent Palency of the Aortic Valves. Ibid., t. I, p. l*i, 1832. et in Edinb. Med. a Surg. Journ., t. XXXVII, 1832. - VIII. Articles Pemphigus, Plica polonica et Bu}}ia. In Cyclopœdia of Practical Medicine, t. III, ''^^'*- ~^^„^' Bruit de cuir neuf in the Abdomen. In Dubl. Journ. of Med. Se, t. IX,^p. o92, 1830. \.OnAorlitis as one of the Causes of Angina Pectoris. Ibid., t. XII, p. 343, 1837. — XI. On Cirrhosis of the Lung. Ibid., t. XIII, p. 266, 1838. - XII. Obs. on the Exhibition ofBemedies in the Form of Vapour in Pulmonary Diseases, etc. Ibid., t. XV, p. 94, 183J. — XIII. Obs. on the Treatm. of Acute Rheumatism by Opium. Ibid., t. XVI, p. 256, 1840. — XIY. Practical Observations on the Diagn. a. Treatm. ofsome Functional Dérangements of the Heart. Ibid., t. XIX, pi. 1, 1841. — XV. On Famine and Fever as Cause and Effcct in Ireland, etc. Dublin, 1846, in-8». — XVI. Observ. on a Draft Bill for the Régulation and Support of Médical Charities in Ireland (avec Ilarrison). Dublin, 1842. - XVII. Uctures on the Nature and Treatment of Fever. Dublin, 1855. — XVIII. Choiera-Map of Ireland. Dublin, 1830, 1866. — XIX. Réminiscences ofihe Earhj Working of the Dissection Rooms, priorio the Anatomy Act. In Brit. Med. Journ., 1879 (anonyme). —XX. Nombreux articles et mémoires importants dans Dubl. Journ. of Med. Se., Proceedings of the Pathol. Soc. of Dublin, Edinb. Med. a. Surg. Journ., Dublin Med. Trans., Johnson's Med.-Chir. Rev., The Lancet, etc. ^- "'*•
COSTER OU COSTERUS VOIV ROSEA'RURG. Médcciu allemand, né à Lubeck en 1613. Après avoir fait une partie de ses études à Kœnigsberg, il se fit recevoir docteur en médecine à l'université de Leyde en 1645, puis agrégé à la faculté de Kœnigsberg en 1646. Trois ans plus tard, il exerçait la médecine à Wismar, passa ensuite à Revel, et fut nommé médecin de Charles-Gustave, roi de Suède. Après la mort de ce prince, survenue en 1660, Coster se retira à Uevel où il mourut en 1685. Il a laissé :
I. De dysenleria. Lugduni Balav., 1645. — II. Affectuum totius corporis humani prœcipuorum Iheoria et praxis, tabulis exhibitae ; accessit Caroli Gustavi, régis Sueciae, morbi et obitus relatio medica. Fi'ancofurti, 1663, in-4; Lubecae, 1675, in-4. L. Hs.
COlJROUCOlI. On appelle vulgairement Gouroucous les oiseaux exotiques à couleurs vives, qui constituent maintenant la famille des Trogonidés (ancien genre Trogon de Linné) et que Guvier rangeait dans l'ordre des Grimpeurs {voy. ce mot). E. 0.
COURTOIS (Richard-Joseph). Médecin et naturaliste belge, né à Verviers le 17 janvier 1806, remporta dès l'âge de seize ans une médaille d'or pour un mémoire qu'il publia sur une question de botanique qu'avait proposée l'université de Gand. Reçu docteur en médecine en 1825, il fut nommé en 1857 membre de l'Académie de Bruxelles, puis sous-directeur du Jardin botanique de Liège, oii il mourut le 14 avril 1835, âgé seulement de vingt-neuf ans. On connaît de lui :
I. Choix des plantes de la Belgique. Liège, 1826, in-fol. — II. Recherches sur la statistique physique, agricole et médicale, de la p)rovince de Liège, 1828, 2 vol. in-8. III. Mémoire sur les tilleuls de l'Europe. Bruxelles, 1834. — IV. Compendium Florae Belgicae etc Verviers, 1827-1836, 3 vol. in-8. L. H.v.'
CRAIG (James). Chirurgien anglais, mort à Edimbourg, le 20 février 1880, à l'âge de quatre-vingts ans. Il fit ses études à Edimbourg, où il fut l'un des élèves favoris de George Bell, et son assistant pendant plusieurs années. Il fut
agréé licencié du collège royal des chirurgiens d'Edimbourg en 1821, fellow en 1853. U servit en qualité de chirurgien de la Royal Midlothian Yeomanry et exerça son art avec le plus grand succès, pendant plus de quarante ans, à Ratho, près d'Edimbourg. Eu 1868, l'élal de sa santé le força à renoncer à la pratique, et il alla se fixer à Edimbourg.
Craig avait la réputation d'un habile chirui'gien et d'un homme charitable ; il était doué en outre d'un esprit plein de gaité et àlmmour, qui ne se démentit pas, même durant la longue maladie qui devait le mener au tombeau. Il était membre de toutes les sociétés médicales d'Edimbourg. On connaît de lui, entre autres :
I. The Jmw of the Coroner and on Médical Evidence in the Preliminary Investigation of Criminal Cases in Scotland. Edinburgh, 1855. — II. Interesting Cases of Spectral Illusion. In Edinb. Med. Journ., 1830. — IV. Inflammation of the Orbital Linings. ILid., 1855. — IV. Cases of Hœmorrhage. In Edinb. Journ. Med. Se, 1827. L. Hn.
CBA^XHIA.. Voy. Oigopsidés.
CRAIVIE {Crania Retz.), Le caractère distinctif de ce genre de Mollusques-Brachiopodes réside surtout dans la coquille, qui est suborbiculaire, inéquivalveet dépourvue de charnière. La valve supérieure est très-convexe, tandis que l'inférieure, presque plane et immédiatement fixée aux corps étrangers, c'està-dire sans l'aide d'un pédoncule, est percée à sa face interne de trois trous inégaux et obliques lui donnant une certaine ressemblance avec un crâne humain aplati.
Ces animaux ne sont plus représentés, dans les mers actuelles, que par quelques espèces vivant toutes à de grandes profondeurs : tels sont notamment le Cr. anomala Mûll et le Cr. rostrata Hoev., qu'on rencontre quelquefois dans la Méditerranée. Ils étaient au contraire très-abondants aux époques géologiques anciennes, et parmi les nombreux fossiles qui sont parvenus jusqu'à nous il convient de mentionner particulièrement le Cr. antiquissimç Vern., du silurien supérieur; les Cr. obsolela Gold. et Cr. proavia Gold., du dévonien ; les Cr. radiata d'Orb., Cr. porosa Gold. et Cr. aspera Gold., de l'époque jurassique; enfin les Cr. antiqua Defr., Cr. tuherculata Niiss., Cr. ignabergensis Retz, et Cr. parisiensis Defr., de l'époque crétacée. Ed. Lefèvre.
CRiiv'oÏDES. Voy. Ekcrines.
CRiivox. Chabert confondait sous ce nom plusieurs vers nématoïdes, particulièrement des strongles, des sclérostomes et des filaires. D.
CROCOXIQUE (Acide). Acide dérivé de l'acide rhodizonique * par perte d'une molécule d'eau. On l'obtient en faisant digérer à chaud du croconate de potasse pulvérisé dans de l'alcool absolu mélangé d'acide sulfurique. Par l'évaporation, après filtration, l'acide croconique se dépose en cristaux. Il est sans odeur, d'une saveur acide et astringente.
* Nous profitons de cette circonstance pour rectifier une erreur d'impression. L'article Rhodizonique {acide) se termine par ces mots : « Aussi allons-nous parler de la provenance de ce sel. » 11 faut lire : « Aussi venons-nous de parler (à l'article Ruodizon-*tes) de la présence de ce sel. »
Le croconate de potasse s'obtient lui-nicme de la manière suivante : On épuise à l'eau bouillante la masse noire qui se forme comme produit accessoire dans la préparation du potassium, en ayant soin de verser l'eau doucement et par petites parties, pour éviter l'explosion. On filtre, on concentre la solution au bain-marie et on l'abandonne à elle-même. Le croconate de potasse se dépose sous forme d'aiguilles jaunes. l)-
CTBISTAX [Cybistax Mart.). Genre de plantes Dicotylédones, de la famille des Bignoniacées, qui diffèrent des Tecoma en ce que l'ovaire est simplement supporté (et non entouré) par un disque à cinq lobes très-prononcés, et que la capsule, ligneuse, est pourvue de douze côtes longitudinales très-saillantes.
Le C. antisyphilitica MaiVl., seule espèce connue, est un arbrisseau glabre, à rameaux arrondis ou obscurément tétragones, à feuilles opposées, pctiolées, composées de cinq folioles elliptiques acuminées, et à fleurs d'un jaune vert, disposées en panicules terminales. Il croît en Bolivie et au Brésil, où son ccorce est employée, en poudre ou en infusion, contre la syphilis. l).
CTCLITE. Voy. Irido-cyclite.
CYCLODERME. Le genre Cyclodermc [Cydodermn], établi par M. l'cters pour une espèce de Tortue provenant de Mozambique et appartenant à la famille des Trionychidœ {voy. Tortoe et Trionyx), a été cLissé par M. A. Duméril entre les genres Gymnopode et Cryptopode [voy. ce dernier mot). Les Cyclodermes se rapprochent en effet des Cryptopodes par la présence de prolongements cutanés du plastron protégeant les membres postérieurs, et des Gymnopodes par leur corps déprimé et par leur limbe formé d'une peau trèsrésistante, et ne renfermant pas de pièces osseuses dans son épaisseur. On connaît jusqu'à présent trois espèces de ce groupe : Cycloderma frenatiim Peters, de Mozambique, C. Aiibryi et C. senegalensis A. Dum., du Sénégal et du Gabon. E. Oustalet.
BiBLioGRAi'HiE. — Peters. Monatsbericlit cl. kôn. preuss. Akademie, 1854, p. 216, et Naticrwissensch. Reise nach Mossambique. — A. Duméril. Reptiles et poissons de l'Afrique occidentale. In Archives du Muséum, t. X. — Gray. Proceedings of tlie Zoological Society of London, 1870, p. 717 et pi. 43. E. 0.
Fl.»* DE La LETTi>E C
DAALEi\. Ce nom est celui de plusieurs médecins hollandais, parmi lesquels :
Daaien (Joacuim-Ignatius van). Né à La Haye, vers 1758, fit ses études médicales à Leyde, où il lut reçu docteur en 1781. On l'a confondu avec un de ses compatriotes, Cornélius van Dalen. Nous ne connaissons de lui que sa thèse :
Dissertaiio inauguralis de nephritide. Leyde, 1781, in-4°. A. D.
DAALiniil\ii\i KT NON DjtEL<i?iAi^\ (GiLLEs). Médecin hollandais, de la fin du dix-septième siècle, était d'Anvers. 11 servit son pays pendant plusieurs années et visita les Indes Orientales, Java, Ceylan, la côte de Coromandel, etc., et y recueillit un grand nombre de renseignements utiles sur les maladies endémiques. Partisan fanatique de Bonlekoë et de sa doctrine chimique, il affirmait que la goutte était le résultat de la fermentation des molécules alcalines de la synovie avec les molécules acides du sang et il proposait l 'esprit-de-vin comme moyen curatif ; il recommandait exclusivement des remèdes chauds susceptibles de provoquer la sueur. Il exaltait les vertus de la pierre del porco et rejetait la saignée dans l'apoplexie et la pleurésie. On a de lui :
Nieuw hevformde (jeneeshttnst gegrond op de gronden van acidum en alcali om korlclijk aile zieklen. Aanmerkingen van verschide sicking der op net eyland Ceylan en de stall Cocimbo, Batavia en de kust van Coromandel synvoorge. Amsterdam, 1689, 1C94, 1703, in-8°. Tiad. en allem. Francfort, 1694, in-8". Trad. dans la même langue par J.-D. GohI. Berlin, 17 J 5, iii-S". L. Hn.
DAAms (JoHANNEs). Né à Haarlem, le 2 octobre 1756, fit ses études médicales à Haarlem, où il lut reçu chirurgien. Il a exercé la médecine à Amsterdam, et mourut le 24 juin 1799. Nous connaissons de lui :
I. Regislerop D. van Gesscher, Iledendaagsche œfenende Heelkunde. Amsterdam, 1787, 3 vol. in-4">. — H. Waarneming wegens een zehhaam en langduur end toeval, gevolg na eene aderlaating op den arm. In Verhandelingen van hel gcnoolschnp te bevordering der Heelkunde te Amsterdam, t. II, p. 69.— III. Waarneming wegens eene byzondere sluiting van denpisweg in ecn manlijk kind. Ibid., p. 82. — IV. Il a donné la traduction de J.-G. Benistein : Nieuw heelkundig Woordenboek. Anisterdum, 179.', 5 vol. in-8°. À D
DABURf. Nom donné au Rocou [voy. ce mot).
DACALOTANDALO. D'après Piheede, ce nom s'applique à une plante de rinde, appelée aussi Bula, et dont la décoction est employée pour tondre et chasser les humeurs. p
Rhiîede. Hortis malabaricus, X, t. XXX. p,
DICT. ENC. XXV. 23
354 DACRYDIUM.
DACHER (Eau de). Eau dite stomachique, coiiteuaiit du sublime, et aujourd'hui inusitée. "•
DACIAIVO (Giuseppe). Médecin illyrien, né à ToUnezzo (Frioul) en 1520, mort à Udine en 1576. Il était fils d'un ouvrier tailleur et étudia la médecine à Udine. Avec la protection des magistrats de cette ville, il put terminer ses études et visiter les universités les plus importantes de l'Europe. A son retour, il devint médecin pensionné d'Udine et obtint dans la pratique de son art de tels succès, que ses confrères jaloux tentèrent de l'empoisonner avec de la céruse et du sublimé corrosif, mêlés à de la pâte de froment; mais Daciano reconnut le poison et sut à l'avenir se prémunir contre de semblables tentavives.
L'un des premiers, Daciano a su distinguer la peste bubonique des fièvres contagieuses, en particulier de la fièvre pétéchiale ; il reconnut le vrai caractère des pétéclîies et ne leur accorda que le degré d'importance qu'elles méritent. Dans les affections contagieuses, dès le début de la maladie, il prescrivait la saignée, les sangsues, les scarifications, etc., puis instituait un traitement contro-stimulant; d'après les auteurs, ce traitement lui réussit bien, surtout dans la peste de 1560, dont il a laissé la description, ainsi que des épidémies de 1556 et de 1572.
On cite de lui :
I. Tratlalo délia peste e délie pelecchie, nello qualc s'insegna il vero modo che si deve tenere per preservarsi c curare ciascuiw oppressa di tali infirmità, etc. Venezia, 1577, in-4° (cet ouvrage est devenu extrêmement rare ; on en trouve un extrait intéressant dans l'ouvrage de MarcoUni, intitulé : Délie principali fcbbri tisiche di Udine nel secolo XVI, e di una operelta del doUor Daciano. Udina, 1817, in^"). — II. Poésies latines et italiennes insérées dans Raccolta encomiasUca di Salome délia Torre. Venezia, 1568. L. Hs.
DACHA, DAKKA. Expression employée par les Hottentots pour indiquer un certain nombre de plantes à propriétés plus ou moins excitantes ou enivrantes. Middleton signale une espèce dont la racine est comestible et donne un suc qui produit par fermentation une liqueur enivrante. Dans le recueil des voyages de Lahaye, ce nom s'applique à une sorle de chanvre sauvage, que les Hottentots fument comme le chanvre indien. Enfin Sparmann indique sous ce nom une labiée, le Phlomis Leonurus L. Pl.
Mérat et De Lens. Dictionn. de matière médicale, II, 576. Pl.
DACnilDiEAiS. Voy. Nematoïdes.
DACOLLAS (Les). Voy. Amérique.
DACRTADÉ1V1TE (>^<zz/3u, larme, et àSh-j, glande). Inflammation de la glande lacrymale [{voy. Lacrymale (glande)]. D.
DACRYDiuiv. Genre de plantes Gymnospermes, appartenant à la famille des Conifères et à la tribu des Taxinées. Ce sont des arbres élevés, qui habitent les Indes Orientales et la Nouvelle-Zélande ; rameux, toujours verts, à rameaux souvent pendants couverts de toutes petites feuilles opposées en croix. Les fleurs sont dioïques, terminales, les mâles, entourées à la base de bractées imbrinuées
DAGRYOPS. ^^^
et formées d'un certain nombre d'étamines à filets dilatés en un connectif ovale, lancéolé, portant deux loges d'anthères; les femelles, formées d'un disque cupu- Uforme, charnu, ouvert au sommet, renfermant un ovule solitaire. Le fruit est charnu, formé par le disque pulpeux renfermant une graine à testa osseux.
Le Dacrydium cupressinum Lamb. est la seule espèce intéressante ; son écorce et ses feuilles sont astringentes, on en prépare un extrait qui a les mêmes propriétés. ^'
Bibliographie. — Solander, ex Forster, pi. exsic, 80. — Endlicher. Gênera plantarum, — n" 1801. Lambert. Pinus, 93, tab. 69. ^'^•
DACRYDlUm.
Synonyme de Diagrediim (Scammonée). Pl.
DACRTOCTSTITE (Sd-^pv, larme, et xûanç, sac). Inflammation du sac lacrymal [{voy. Lacrymales (voies)]. D.
DACBYOlii.^E ou LACBYMlî^lE. Encore appelée Thrœnine (du mot allemand Thràne, larme) par Hûnefeld [Lehrh. der physiol. Chemie, Leipzig, 1827, in-8, t. II, p. 100). Jacquin {Elem. chymice univ. et med., Vienne, 17i)9, t. III, p. 138) VappaUe gluten ; Fourcroy et Vauquehn [Exam. chimiq. des larmes et derimm. des narines. In i?m. dechim., t. X, p. 1 13, 1792) l'assimilent au rmicus nasal. Robin et Verdeil {Traité de chimie anatom. et physiol., etc. Paris, 1853, iii-8, t. 111, p. 452) supposent que les uns et les autres de ces auteurs ont confondu ce principe avec la matière grasse des glandes de Meibomius.
La dacryoline, albumine de Lerch, qui a publié un mémoire sur l'analyse des larmes dans Arch. f. Augenheilk., est un principe organique particulier, qui ne se trouve normalement dans le liquide lacrymal qu'en faible quantité, mais qui, dans les inflammations de la conjonctive, est sécrété en quantité beaucoup plus appréciable. C'est une substance visqueuse, ne se mêlant pas aux larmes et formant sur la conjonctive et parfois sur la coi née une couche transparente. Elle ne se coagule ni par les acides, ni parla chaleur, et par l'évaporation lente à l'air libre se transforme, comme le mucus nasal, en une substance jaune insoluble.
La dacryoline se coagule du reste au simple contact de l'eau et se prend alors en une masse blanche, floconneuse ou grumelée; si l'on fait tomber un courant d'eau sur l'œil enflammé, le même phénomène a lieu, et la dacryoline prend l'aspect d'une couche pseudo-membraneuse, englobant les globules du pus. Ce sont ces prétendues fausses membranes, observées dans certaines conjonctivites, qui, traitées par l'eau froide, guériraient si rapidement ; c'est là une erreur grossière, car la couche pseudo-membraneuse en question s'est produite précisément au contact de cette eau à laquelle est attribuée la guérison. L. Hn.
DACRYOLITHEJS (§âzpy, larme, et >t9oç, pierre). Calculs des conduits excréteurs de la glande lacrymale [{voy. Lacrymale {glande)]. D.
DACRYOlV. Le mot grec ^â-tpyov, qui signifie larme, est appliqué par Théophraste à une plante qui est probablement le Coix Lachryma L. ou Larme de Job. Pl.
DACRYOPS' {U-^pvov, larme, et wi|/, œil). iNom donné aux tumeurs et plus spécialement aiix kystes de la glande lacrymale [[voy. Lacrymale {glande)]. D.
Ô56 DACTYLIUS ACULEATUS.
«ACTVLÈTHRE. Le Batracien anoure que G. Cuvier a pris pour type de sou genre DactylètUre {DacUjlethrm) avait été signalé précédemment par Mayer, sous^'le nom de Leptopns; il appartient à la famille ou, pour mieux dire,^ à la oiande section des Pipœformes, dont tous les représentants sont caractérisés |)ar l'absence de langue et par l'existence d'une ouverture unique pour les deux trompes d'Eustaclie. Les Dactylèthres représentent, sur le continent africain, les Pipas {voy. ce mot) de l'Amcrique du Nord. Us ont la tête aplatie, la mâchoire supérieure garnie, comme chez les Grenouilles, d'une série de petites dents, mais le palais inerme ; ils manquent de parotides et ont le tympan caché. Leurs membres antérieurs se terminent par quatre doigts, et leurs membres postérieurs par cinq doigts qui sont très-largement palmés.
Outre l'espèce décrilc par Cuvier, Daclylelhrus capensis, qui, comme son nom l'indique, habite l'Afrique australe, il y a dans ce genre une autre forme, Dacl. Mulleri Peters, qui se trouve au Gabon et sur la côte de Mozambique.
E. OuSTAt.ET.
IliBuociiAPHiE. — DfjiÉniL ct BroRON. Erpétologie géncra/e, t. VIII, p. 76-'. — Peters. Monatsberichi d. lion, preusi. Akacleiii/c, 1844, p. 57. — IIalloweli.. Proceedings of Ihe Akadcmic of Nalura/ Sciences nf Pliiladelphie, 1857, p. 67. — A. Duméuil. Reptiles et poissons de V Afrique occidentale. In Archiver du Muséum, t. 10, pi. 18. E. 0.
WACTI li:ti].»«. Nom donné à l'hermodacte dans quelques anciens ouvrages.
Pl.
WAC'TYl.IOiWAlV'CIl'; {Say-TÛliù;, anneau, ct u'/yz-ia, divination). Divination par l'anneau suspendu ct mis en mouvement [voy. Divination). D.
1>.\c:tylio\':^ Nom donné par Pline à la Scammonée, Convolvulus scamvionia L. Pi.
Mérat el De Lens. Dictionnaire de matière médicale, II, 576. Pi-.
D.i.C'TlB^lOX {Sdv.zMloç, doigt). Ce nom a été donné à la réunion de plusieurs doigts entre eux. D.
D.ACTYLIUS ACULEATUS. Un chirurgien anglais, T. B. Curling, observa en 1837, à plusieurs reprises dans l'espace de huit à dix jours, des vers longs au plus de 4/5 de pouce qui furent trouvés dans l'urine d'une petite fille âgée de cinq ans, qu'il soignait pour une affection pulmonaire. Ces vers lui parurent d'une espèce inconnue jusqu'alors, fait qui fut confirmé par deux naturalistes éminents, V\. Owcn et Quekett. On les classa donc dans un genre nouveau sous le nom de dactylius, dont voici les caractères : « corpus teres, elasticiim, anmilatum et ntrinque aUeniiatum, capul obtusum, os orbiculare, anus trilabiatus. » — Espèce DACTYLIUS AUCULE.vTus : « capite obtuso, loto corpore aculeorum série miiltipUci armnto, caucla ohtusa el annnlata. Habitat in vesica iirinaria. »
D'après ces caractères et l'organisation de ces petits êtres, qui a été parfaitement observée et décrite, on ne peut' conserver aucun doute sur leur nature et sur la place qui leur appartient dans la classe des vers, mais on peut conserver des doutes sur leur parasitisme et sur leur habitat dans la vessie urinairc de l'homme. Ce doute se changera même en ceititude, si l'on s'en rapporte aux
DAGTYLOl'TÈREj •'^'^
considérations suivantes : le fait est resté unique depuis quarante-trois ans qu'il a été observé; les vers parasites parvenus à l'état adulte comme l'étaient ceux-ci meurent aussitôt après leur expulsion du corps de l'homme et des animaux a sang chaud; or, Richard Owen, qui les a vus sans doute plusieurs jours après leur évacuation, au moins plusieurs heures après, a pu compter les batlemenls d\m vaisseau intérieur; enfin ou trouve à l'état libre, dans la terre humide ou dans les eaux de la surface du sol, de petits Lombvicidés ou des Enehytrœus doiil les caractères répondent jufqu à un certain point à ceux du Dachjlius uculeaUis. On ne peut donc se refuser à croire que, dans cette observation, comme dans beaucoup d'autres pins ou moins semblables, les vers provenaient de l'eau dont on faisait usage pour les soins de propreté de la petite malade. C. Davalnk.
Bibliographie. — T.-B. Curling. Case of a Girl who vnkhd fvoin Ihe Urcllirn a Niuiihcr of Enlo-ooiic Worms nol Uilheilo Desaibed wilh an Account of tlic Aniniah. In Med.-Chu . Transad. London, 1859, t. XXII, p. 274, fig. 1-G, et Arch. gén. méd. Paris, 18 iO, 4^ scric. vo) VU p. 497. — Rayer. Maladies des reins, 1845, t. Ht, p. 753. — Davaixe. Trailc dis en'loioa'ires, 2» éd. Paris, 1877, p. axill et 200. C I).
DAtTÏLOÎV. Yoy. ClIIEiNDEiNT.
DACTYLOPTÉRE. Les Poissons volants que les icblhyologistes modernes appellent Dactyloptères {Daclylopterus,de rîoézTy^oç, doigt, et rrrepiv, aile) étaient déjà connus des naturalistes anciens. Aristote en fait mention dans ses ouvrages, et Oppien les place auprès des Scorpions (Scorpènes) et des autres poissons dont les épines font des blessures mortelles. Elien les considère également comme des animaux dangereux, et en cela il n'a pas complètement tort, car tous les poissons de la famille des Triglidées {Triglidœ), à laquelle appartiennent les Dactyloptères et dont l'espèce la plus connue est le P.ouget ou Grondin rouge [voij. Trigle), ont le corps orné d'aiguillons acérés qui peuvent faire de profondes piqûres suivies d'une certaine inflammation [voij. Scorpkne).
Les Dactyloptères sont revêtus d'une cuirasse complète ; l'angle de leur préopercule et leur épaule se prolongent en une longue pointe aiguë, leurs nageoires dorsales sont au nombre de deux, et leurs nageoires pectorales se développent en de grandes expansions aliformes au moyen desquelles ils peuvent, non pas voler, mais se soutenir quelque temps dans les airs, quand ils bondissent hors de l'élément liquide. Leur palais est lisse, mais leurs mâchoires sont garnies de dents granuleuses.
Le Dactylopterus volitans est assez commun dans la Méditerranée, dans les parages de Madère et des îles du Cap Vert et sur les côtes de l'Amérique baignées par l'Océan Atlantique. Par les temps calmes, il se montre en troupes cl peut, dit-on, franchir hors de Peau un espace de 30 à 40 mètres. Sa chair est comestible. 11 porte sur nos côtes le nom vulgaire d'Hirondelle de mer et au Brésil celui de Pirabèbe (d'après Cuvicr). Une autre espèce, Dactylopterus orientalis, qui habile l'Océan Indien, se dislingue de la précédente par la présence d'un long filament à la partie postérieure de la tète Le D. macracanihus et le D. chirophlhalmus Bleck. des Moluques ne sont peut-être que des variétés du D. orienlalis et n'en diffèrent que par la coloration de leurs nageoires pectorales et d'autres particularités de peu d'imporlance. E. Oustalet.
. Bibliographie. — Aristote. HisL, liv. IV, ctiap. ix. — Oppien. Halieut., II, v. 457 et suiv.— Elien. liv. H, cli. v. — Klein. Missus, pi. XIV, iig. l et '2. — Li.nné. Sijst nal., cd. Gmeliiii
r,58 DAHL (Les).
1788, p. 1346. — CuviER et Valenciennes. Histoire des Poissons, t. IV, pi. 76- — Bleker. Tfjds. ISed. Ind., 1854, t. IV. E. 0.
D/KDALÉE {Dœdalea Pers.). Genre de Champignons-Hyménomycètes , du groupe des Polyporés, établi par Persoon {Synopsis, p. 499) et essentiellement caractérisé par rhyménium, qui est composé de feuillets épais, anastomosés, formant des cavités sinueuses irrégulières ou des pores larges, parallèles, flexueux, labyrintliiformes et inséparables.
Ce genre a pour type le D. quercina Pers. {Agariciis quercinus L. — A. labyrinthiformis Bull.), cbampignon constamment sessile et dimidié, de consistance subéreuse, qui se rencontre assez fréqu emment en Europe sur le tronc des chênes ou des sapins, quelquefois sur les bois de charpente. Dans quelques contrées de la France, on l'emploie en guise d'étrillé et, en llalie, les baif^neurs s'en servent souvent pour se nettoyer la tête : d'où ses noms vulgaires de feignede-loup et de Labijrinthe-élrille. Eu Autriche, on en fait une sorte d'amadou de qualité médiocre.
Desséché à 100 degrés, il donne, à l'analyse chimique;
Pour 100.
Azole 3,2
Cendies 3,1
(ScJilossberger u. Dôpjnnçi, in Annal, d. Cheni. u. Pharm., Bd. LU, p. Ul).
Ed. Lefèvre.
DAUOU.Ml'^R (Thomas). Médecin du dix-huitième siècle, était le petitneveu tle Guillaume Dagoumer, célèbre philosophe, professeur de philosophie au collège d'Ilaroourt, recteur de l'Université, mort à Courbevoie en 1745.
Notre Dagoumer naquit à Louviers (Eure), le 21 décembre iWl. Reçu docteur en médecine de la Faculté de Paris, d'après Callisen, il se fixa dans la capitale ; il est mort vers 1835. Nous connaissons de lui :
I. Essai sui- le gaz azote atmosphérique, considéré dans ses rapports avec t existence des aninmux. Paris, 1816, in-8°. — II. Un mot sur les expériences de M. le doct. Magendie, ou doutes sur ta cause du vomissement, déduites des expériences faites par ce médecin. Paris,
1824, in-8°. — III. Du danger d'habiter trop tôt des maisons nouvellement bâties. Paris,
1825, in-18. — IV. Précis historique de la fièvre, rattaché à l'histoire pliilosophique de la médecine. Paris, 1831, in-8'' (ouvrage cité avec éJoges dans la Rev. médicale, t. IV, p. 89, 1831). L. Hn.
DAIIL. Nom de plusieurs médecins suédois, parmi lesquels :
Dahi (Samuel). Né dans l'Ostergothland, en 1729. On le trouve en 1748 étudiant la chirurgie à Gotheborg, puis à Stockholm. U fut nommé chirurgien militaire, fit un voyage aux Indes et revint ensuite à Stockholm, où il suivit les leçons et la clinique de l'hôpital des Séraphins. Il passa en 1761 l'examen de maître en chirurgie, fut attaché aux hôpitaux militaires et mourut en 1782.
»ahl (Anders). Né à Warnhem, le 17 mars 1751, fit ses premières études au gymnase de Skara, puis se rendit à Upsal, où il se livra avec ardeur, sous l'illustre Linné, à la botanique. Il occupa diverses positions scientifiques, et se fit enfin recevoir docteur en médecine à Kiel en 1786. Nous le voyons ensuite à