‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.25Chapitre 16 sur 108 · L. Hn · texte numérisé non relu

L. Hn

CÉBIKIS. Singes du Nouveau Continent, par opposition aux Péthécins, singes de l'Ancien Continent [voy. Singes). D.

CÉLÉRIPÉDES. Acarides de la famille des Gamasidés. Sont parasites des chauves-souris. D.

CELLJLRIA.. Genre établi par Lamouroux pour des Bryozoaires marins, dont les zoœcies , de forme carrée, constituent, par leur réunion, des colonies dressées, ramifiées et incrustées de calcaire. Chaque cellule [cystlde] est munie d'un opercule, la bouche est dépourvue d'épistome et les tentacules, disposés sur un lophophore discoïde, forment un cercle complet. Le C. fisUdosa L., de la Méditerranée, et le C horealis Busk., qui paraît spécial aux côtes du Groenland et du Spitzberg, sont les deux espèces principales de ce genre.

Ed. Lefèvre.

CÉNESTIIÉI§IE (de xoivôç, commun, et KtoOvjo-tç, faculté de sentir). Mot créé par Reil pour désigner le sentiment général de notre être ou sens de Vexistence, indépendant de l'action des sens spéciaux, et qui n'est en réalité que la résultante de nos sensations internes. La cénesthésie ne peut être conçue comme attribution fonctionnelle de l'organisme vivant que si l'on y rattache ces sens internes qui n'ont pas d'organes spéciaux connus, et qui pourtant fournissent à l'homme des notions instinctives, comme le sens musculaire ou le sens de la température.

Quoi qu'il en soit, ce sentiment général de l'être, comme ces sens internes dont nous parlons, est quelquefois altéré dans certaines formes d'aliénation mentale et même dans certains états purement passionnels. On se croit léger comme la plume, lourd comme le plomb; certains lypémaniaques répètent sans cesse qu'ils ne savent pas s'ils existent. C'est le propre de l'hypochondrie de donner lieu à un sentiment indéfinissable d'endolorissenient général. L'alcoolique est souvent en proie à mille sensations bizarres et particulièrement à des perversions des sens, de température, de pression, de traction. En un mot, tout ce qui, en dehors

des cinq fonctions sensorielles ordinaires, affecte néanmoins la sensibilité de l'individu, est susceptible de dérèglement et de folie. D.

CÉIV'OBITE [Cœnobita I.atr.). Genre de Crustacés-Décapodes, du groupe des Macroures et de la famille des Paguridés. Comme les Pagures, les Cénobites ont l'abdomen mou, contourné sur lui-même et logé dans une coquille vide de mollusque ; mais leur carapace allongée est dépourvue de rostre, leurs antennes internes sont très-longues et les palpes qui accompagnent les pattesmâchoires ne possèdent pas de fouet terminal. Ces animaux, qui peuvent vivre assez longtemps hors de l'eau, habitent les régions tropicales, principalement les Antilles et les Indes-Orientales, où on les rencontre parfois à une assez grande distance de la mer. Tels sont notamment les C. rugosa Miln.-Edw. et C. carnescens Dana, qui sont propres au Grand Océan Indien.

Ed. Lefèvre.

CEI^TE:^ AIRES. Voy. Longévité et Vie.

CENTRISQUE. Sous le nom de Cenlrisque [Centriscus), tiré du mot xivTûov, aiguillon, Linné désignait un groupe de Poissons acanthoptérygiens construits sur le type de la Bécasse de mer [Cenlriscus scolopax) ; mais il faisait à tort rentrer dans le même groupe les espèces qui constituent maintenant le genre Amphisyle. Chez les Centrisques proprement dits le corps, ovale et comprimé latéralement, se termine en avant par un museau tubiilaire ne présentant qu'une ouverture buccale fort étroite et fendue obliquement (d'où le nom de Bouches en flûte donné souvent à cette sorte de poissons) ; la membrane des ouïes porte trois rayons grêles et le dos est surmonté de deux nageoires dont la première est rejelée en arrière et armée d'une forte épine. Celle-ci est redressée et supportée par un appareil osseux recouvert de plaques larges et dentelées. Chez les Amphisyles, au contraire, toute la région dorsale est couverte d'une sorte d'armure, formée aux dépens de l'endosquelette et de l'cxosquelette, ei avec laquelle la première épine dorsale fait corps pour ainsi dire. Aussi M. Gûnther, le savant directeur du Musée britannique, considère-t-il les Amphisyles comme représentant « une forme chélonienne parmi les Poissons. »

Les Amphisvlcs ont vécu, aux époques antérieures à la nôtie, dans les mers qui couvraient une partie de l'Europe occidentale, et ont laissé de leurs débris dans les couches tertiaires inférieures et moyennes de l'Italie, de la Galicie et de l'est de la France ; maintenant ils ne se trouvent plus que dans la mer des Indes. Les Centrisques, au contraire, sont encore représentés dans la Méditerranée par une petite espèce, à teintes argentées, nommé vulgairement Bécasse de meç ou Trombetta.

Tout à côté des Centrisques et des Amphisyles se placent les Fistulaires, doa» le corps, dépourvu d'écaillés, ne porte qu'une seule nageoire dorsale, et dont les inlermaxillaires et la mâchoire inférieure sont garnis de petites dents, et les Aulostomes, dont le corps écailleux est armé en dessus de plusieurs épines libres précédant la nageoire dorsale et dont la bouche est privée de dents. L'espèce type du genre Fistularia est la Fistularia haccaria L. ou Cure-pipe^ qui n'est pas rare dans les parages des Antilles et de l'Amérique centrale et qui atteint plus d'un mètre de long. La Fistularia serrata Cuv. se trouve au con-< traire sur les côtes de l'Inde et de la Gochinchine. Les Aulostomes comptent

également des espèces asiatiques (Aulostoma sinense des mers de Chine) et américaines [Aulostoma coloratum de la mer des Antilles).

Dans la grande édition du Règne animal de Cuvler, M. Valeuciennes a placé, sous le nom de Bouches en flûte, les Centrisques, les Ampliisyles, les Fistulaires et les Aulostomes, dans mie même fumille, à la fin des Poissons acanihoptérygiens {voy. le mot Poissons). Des auteurs plus récents ont, au contraire, réparti les mêmes poissons entre deux familles, celle des Centriscidés et celle des Fislularidés. E. Oustalet.

Bibliographie. — Cuvier. Règne animal, édit. G. Masson ; Poissons, par M. Valenciennes. — GiJNTHER. Calai, of the Acanthopt. Fishes of the British Mus. — Heckel. Beitr. zur Keimtn. der foss. Fisch. OEsterreichs, 1850, t. I. — Sadvage. Notice sur les poissons fossiles de Froide fontaine. In Bull. Soc. géol. de France, 1870, t. XYIl. E. 0.

CÉPHALIQUES (Médicaments). Le nom de céphaliques était donné autrefois aux remèdes regardés comme propres à faire cesser divers genres de symptômes cérébraux : la stupeur, l'apoplexie, le vertige, les étourdissements, etc. Ces remèdes se composaient de substances volatiles, aromatiques, balsamiques, dont les unes étaient prises par la bouche, les autres simplement odorées (vulnéraire, alcali volatil, esprit de lavande, esprit de corne de cerf, etc.). Les espèces céphaliques se composent de : romarin, origan, serpolet, thym, menthe, marjolaine, lavande, rose et rue. D.

CÉPHALOBRit]\cnES. Un des trois ordres des Chétopodes; les deux autres sont les Abranches et les Dorsibranches [voy. Chétopodes). D.

CÉPI1ÉI\É9IYIE. Œstride cavicole qui se rencontre principalement dans les cavités nasales des mammifères. Trompe petite et arrondie; palpes réunis à leur base. Le style des antennes est basilaire. Abdomen court et large {voy. Œstre et Cephalémyie). . D.

CERCOPITHÈQUES. Lcs Singes à longue queue [voy. le mot Singes) qu'on appelle vulgairement Guenons sont désignés, dans les catalogues zoologiques, par le nom de Cercopithèques [Cercopithecus, de z=p/oç, queue, et 71-16/7;, môyjzoç, singe) ; ils constituaient, avec les Nasiques, les Semnopithèques, les Colobes, les Cercocèbes, les Macaques, les Cynopithèques, les Cynocéphales [voy. ces mots) et quelques genres secondaires, la tribu des Cynopithéciens d'Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, tribu qui a été élevée par quelques naturalistes modernes au rang de sous-famille [Cercopithecince).

Les Cercopithèques se distinguent non-seulement par les dimensions de leur queue surpassant la moitié de la longueur totale de l'animal, mais encore par l'aspect de leur dernière molaire inférieure qui porte seulement quatre ou même trois tubercules, par la structure de leur estomac, qui n'est jamais subdivisé en plusieurs poches, par la conformation de leurs mains antérieures, dont le ])oiice est bien développé, et enfin par la présence de vastes abajoues. Ces derniers caractères ne permettent pas de confondre les Cercopithèques avec les Semnopithèques ni avec les Colobes. D'ailleurs les Cercopithèques sont de formes légères et gracieuses; ils ont la tête arrondie, avec le museau faiblement proéminent, les mains fines, des callosités sur la région postérieure et le pcla"^e généralement de couleur vive. Ils habitent la plus grande partie du continent

DICT. ENC, XXV, 20

africain et la portion de l'Asie qui est contiguë à l'Afrique et qui ne peut en être séparée au point de vue de la zoologie géographique. A la znanière des per« roquets qui se l'encontrent dans les mêmes régions, ils parcourent les forêts en troupes nombreuses et bruyantes et se nourrissent de fruits et de grains. Ils font des dégâts considérables dans les jardins et dans les champs de mais. Aussi leur fait-on une chasse des plus actives. Au Gabon, au Sénégal et dans le Soudan, les Européens et les indigènes tuent ces singes à coups de fusil ou s'en emparent au moyen de fdets sous lesquels sont placées des friandises. Les Cercopithèques ainsi capturés sont envoyés en Europe et fout l'ornement de nos jardins zoologiques. Ce sont des animaux pleins de gaité, et chez lesquels la malice naturelle à la race ne dégénère que rarement en méchanceté.

Parmi les espèces les mieux connues nous citerons le Cercopithèque gris vert ou Grivet {Cercopithectis griseoviridis), qui vit en Abyssinieetdont le nom seul indique le mode de coloralion ; le Cercopithèque diane {C diana), qui vient de la Guinée et du Congo, et qui se fait remarquer par la variété de ses feintes, le dos étant pourpre, le dessous du corps blanchâtre, les cuisses jaunes, la face noire, ornée, chez le mâle, de longues moustaches blanches, et surmontée d'un croissant de même couleur; le Cercopithèque blanc-nez ou Ascagne (C. petaitrista), originaire de la Côte d'Or et dont la physionomie est des plus singulières; le Cercopithèque talapoin (C. talapoin); le Cercopithèque callilriche (C. calJitrichus); le Cercopithèque mone (C. mono) de Sénégambic, etc., etc.

Les Cercocèbes, qui viennent se placer, dans la tribu des Cercopiflléciens, immédiatement à côté des Cercopithèques, ne diffèrent guère de ces derniers que par leur museau plus allongé et leur dernière molaire inférieure pourvue d'un cinquième tubercule, comme chez la plupart des Singes de l'ancien continent. Mais ils n'ont pas tout à fait la même répartition géographique. En effet, si quelques-uns d'entre eux, comme le Cercocèbe fuligineux {Cercocebus fuliginosiis), le Cercocèbe nègre (C. œthiops), le Cercocèbe à collier [C. collaris) et le Cercocèbe à joues blanches (C. aîbigena), habitent la côte occidentale d'Afrique, d'autres, et en assez grand nombre, comme le Cercocèbe à calotte (C. pileatus), le Cercocèbe bonnet chinois {C. sinicus) et le Cercocèbe aigrette (C. cynamolgus), se rencontrent dans le sud du Bengale, la presqu'île de Malacca, dans l'île de Ceylan, à Java, à Sumatra, à Bornéo, à Timor et jusqu'aux Philippines. Quelques individus inti^oduits dans les îles de la Réunion et Maurice s'y sont aussi multipliés.

Pendant une partie de la période tertiaire, la tribu des Cercopithéciens était généralement représentée dans nos contrées par certaines espèces aujourd'hui complètement anéanties, telles que le MesopUhecus monspessidanus et le Cebochœrus anceps. E. Oustalet.

Bibliographie. — Buffon. Histoire naturelle des mammifères ; Singes de l'Ancien Continent. — Isidore GEOFFROV-St-HiLAiRE. Troisième mémoire sur les Singes de l'Ancien Monde. In Comptes rendus de l'Acad. des sciences, 1842, t. XX, p. 1037, et Catalogue méthodique de la collection des mammifères du Muséum, 1851, p. 18. — Sciilegel. Muséum des Pays- Bas, Simiœ, 1874, p. 68 et suiv. — D' E. Tuouessart. Catalogue des mammifères vivants et fossiles, 1879, p. 10 et suiv. E. 0.

CÉRÉBRlTE. Voy. Eacéphalite.

cÊRiJkNTnE {Cerianthus Del. Chiaj.). Établi en 184i par Délie Chiaje

[Descr. e notom. degl. animali invert, délia Sicilia citer., t. IV, p. 124), ce genre d'animaux Cœlentérés appartient à l'ordre des Zoantliaires et au groupe des Actiniaires ou Zoantliaires malacodermés, dans lequel il forme, avec les cenres Moschata de Blainv. et Saccanthus Miln.-Edw., la famille des Gérianthidés.

Le Cerianihus memhranaceus J. Haim. {Tubularia memhranacea Gmel.), qui en est le type, est un polype simple, hermaphrodite, au corps allongé vermiforme, revêtu d'une peau mince, lisse, visqueuse, et enveloppé d'une gaîne feutrée et flexible dans laquelle il se meut librement. Son disque supérieur, circulaire ou légèrement elliptique, porte sur ses bords des tentacules similaires simples, cylindre-coniques, non rétractiles, au nombre d'une centaine environ et disposés sur quatre rangs très-rapprocliés les uns des autres. Enfin, sa bouche, elliptique et peu saillante, est entourée d'un grand nombre de tentacules semblables de forme et de structure aux tentacules du disque, mais plus petits et plus grêles.

Ce polype remarquable vit sur les côtes de la Méditerranée, mais uniquement dans les criques où l'eau est très-calme et peu profonde, et où on le rencontre fixé par sa gaîne feutrée dans le sable ou la vase. Les vives couleurs dont il est paré, et qui varient du violet pur au rose et au jaune brunâtre avec les tentacules annelés de vert, lui ont fait donner par les matelots le nom de Marguerite de mer {voy. Jules Haime, Ann. des sciences nat., ¥ sér. Zoologie, t. I, 1854, pi. 7 et 8). Ed. Lefèvre,

€ÉRITnE [Cerithiiim Brug.). Genre de Mollusques-Gastéropodes, du groupe des Prosobranches, qui a donné son nom à la famille des Cérithïïdés.

Ces animaux ont la tête prolongée en forme de mufle et surmontée d'un voile membraneux avec deux tentacules, à la base externe desquels sont insérés les yeux; les branchies sont disposées sur deux rangs. Leur coquille, dépourvue d'épiderme, est allongée, lurriculée, le plus ordinairement tuberculeuse, à ouverture oblique, fermée par un opercule corné et terminée à sa base par un canal très-court, tronqué ou recourbé, mais jamais échancré.

Les Cérithes ont des représentants dans presque toutes les mers; elles se rencontrent sur les fonds vaseux ou sablonneux et le plus ordinairement à l'embouchure des fleuves; quelques-unes cependant, le C- metida Lov., par exemple, vivent à de grandes profondeurs. Parmi les espèces qui fréquentent les mers de l'Europe, les plus répandues sont : C. vidgatum Brug., C. fuscatum Gost., C. lima Brug., C. lacteumVhil., C. metaxœDel. Ch.,C. reticidatum Cost., etc.

Quant aux espèces fossiles, elles ont commencé à l'époque triasique et ont atteint leur plus grand développement à l'époque tertiaire. Les couches du calcaire coquillier des environs de Paris en renferment un grand nombre qui ont été décrites et figurées en partie par Lamark dans le tome III des Annales du Muséum d'Histoire naturelle. Ed. Lefèvre.

CERTIFICAT MÉDICAL. Il a été parlé du certificat médical à l'article Rapport (p. 305) et à l'article Médecine légale (p. 707), avec renvoi à Maladies SIMULÉES, ce dernier travail concernant les simulations qui peuvent servir de thème aux faux certificats, plutôt que ces certificats eux-mêmes. Nous ne voulons nous occuper ici que d'une question soulevée par une intervention administrative

postérieure aux articles susiiidique's , après avoir rappelé toutefois certaines dispositions législatives relatives aux faux certificats.

Le médecin peut être appelé à certifier sur des choses d'intérêt privé ou sur des choses d'intérêt public. Dans le premier cas, si, par exemple, un médecin faisait, en écriture authentique, de fausses déclarations de nature à frustrer lin tiers du bénéfice de dommages intérêts, ou à fausser l'application d'une clause testamentaire, ou à provoquer une interdiction, etc., le délit de faux certificat rentre dans les dispositions de l'article 162 du Code pénal, qui punit « les faux certificats de toute nature d'où il pourrait résulter une lésion envers des tiers. » La sanction pénale se trouve alors dans l'article 147 du même Code. 11 en est de même dans le second cas, si le certificat est de nature à léser le trésor public (attestation d'une maladie imaginaire en vue d'obtenir une pension de retraite), ou s'il établit faussement une condition légale et nécessaire pour l'admission à un service public (Cass., 15 décembre 1866). Mais, si le faux certificat a pour but, au contraire, d'affranchir quelqu'un du service public (service militaire, fonctions de juré, comparution en justice, etc.), il tombe sous l'application de la loi du 13 mai 1863, devenu l'article 160 du Code pénal. La peine est celle de l'emprisonnement pendant une année au moins et trois au plus. La durée peut être augmentée d'un an, si le coupable a été mû à l'acte criminel par dons ou promesses. Dans les deux cas, il peut être, en outre, privé des droits mentionnés dans l'article 42 (G. P.), c'est-à-dire des droits civils, civiques et de famille, pendant cinq ans au moins et dix ans au plus, à compter du jour où il aura subi la peine de l'emprisonnement. Il est bien entendu que la fausseté du certificat, qu'il s'agisse d'intérêt privé ou d'intérêt public, doit être intentionnelle. Un certificat attestant, par exemple, qu'un individu est atteint de telle maladie, alors même qu'il serait démontré ultérieurement que celte maladie n'existait pas, ne constituerait aucun délit et n'entraînerait aucune réparation envers des tiers, si la bonne foi de l'homme de l'art était établie. Ce qui précède concerne les médecins ou officiers de santé en général ; mais la loi montre une sévérité particulière à l'égard de ceux qui sont revêtus d'un caractère public. Ils sont dès lors considérés comme fonctionnaires, et passibles, en cas de corruption, des peines édictées par les articles 177 et 178 (G. P.), et qui consistent en une amende double de la valeur des promesses agréées ou des choses reçues, et la dégradation civique. Ces articles, il est vrai, ne visent pas spécialement les certificats, mais ils s'appliquent à tous les actes de la fonction.

La législation relative aux certificats médicaux vise évidemment les sagesfemmes, qui peuvent, comme les médecins, avoir à produire des attestations en leur nom privé ou comme experts. L'aiticle 160 dit expressément : « Tout médecin, chirurgien, ou autre officier de santé, etc. » Or, les sages-femmes, livrées à la pratique de l'art en vertu d'un titre légal, sont des officiers de santé au même titre que le médecin du second ordre.

Quant aux corrupteurs, atteints par les articles 160 et 179, nous ne croyons pas devoir nous en occuper ici, non plus que des personnes frappées par l'article 159 pour fabrication de certificats de maladies ou infirmités so^is le nom d'un médecin, dans le but de se rédimer elles-mêmes ou d'affranchir autrui d'un service public. Cela ne touche qu'indirectement à la médecine légale {voy. Militaire [Service de santé] et Recrutemexm).

Une question se présente, qui a toujours été et est encore aujourd'hui une source de difficultés. Quels sont les certificats médicaux soumis à

l'obligation du timbre? Il vaut la peine d'être fixé à cet égard; car la contravention est punie d'une amende de 50 francs, non compris les droits de

timbre.

La loi en vertu de laquelle la taxe du timbre atteint les certificats médicaux est celle du 13 brumaire an YII, dont l'article 12, après avoir énuméré nombre d'actes et d'écritures, assujettis au droit, ajoute : « et généralement tous actes et écritures, extraits, copies et expéditions, soit publics, soit privés, devant ou pouvant faire titre, ou être produits pour obligation, décharge, justification, demande ou défense ». Dans la confusion qui peut naître de la cinquantaine de lois ou décrets intervenus sur la matière depuis l'an VII, le paragraphe que nous venons de citer a gardé à l'égard du certificat médical sa valeur première, et la généralité des termes laisse aisément deviner quel nombre et quelle diversité d'objets il peut atteindre. Aussi des difficultés d'interprétation surgissent-elles fréquemment, et une certaine incohérence s'est-elle manifestée dans la pratique administrative. Lors de la discussion du budget de 1872, il fut demandé au sein de l'Assemblée nationale que, en présence des cliargcs dont le pays était alors écrasé, la loi de l'an YII fût plus exactement et plus rigoureusement exécutée ; et, en conséquence, M. le ministre des finances adressa en ce sens à ses agents différentes instructions et prit, le 10 mars 1874, sur la demande de M. le ministre de la justice, une décision concernant spécialement les certificats délivrés par les médecins pour être produits en justice. Dans ces circonstances, une Société locale de prévoyance et de secours mutuels , celle de Melun, désirant s'éclairer sur la \raie portée des dispositions législatives dont on demandait avec une nouvelle instance l'application, prit directement des informations auprès de l'administration du timbre et de l'enregistrement, et, conformément aux informations reçues, dressa la liste de tous les certificats qu'on peut demander à un médecin, en plaçant en regard de chaque nature de certificat l'indication relative à la taxe du timbre. Ce document, en raison du caractère presque officiel de ses interprétations juridiques, a un grand intérêt pour le corps médical. Ne pouvant le faire connaître par analyse, nous croyons devoir le publier intégralement, sauf quelques changements dans la disposition des termes en vue de le rendre plus clair au premier coup d'oeil.

1° Certificat aux nourrices pour obtenir un nourrisson. — Cette pièce ne paraît exempte du timbre qu'autant qu'elle est délivrée à des nouriices destinées à des enfants assistés. (Décision ministérielle du 25 février 18-il.)

2° Certificat de vaccine. — Exempt.

3° Certificat de naissance et de décès. — Exempt.

4° Certificat ou rapport médical pour coups, blessures ou meurtre, sur réquisition de M. le Maire, ou de M. le Juge de paix, ou de M. le Juge d'instruction, ou de M. le Procureur de la République, ou de M. le Commissaire de police. — Exempt.

5° Certificat sur réquisition de M. le Maire pour constater le décès d'une personne trouvée sur la voie publique par suite de maladie, d'accident, de meurtre ou de suicide, et généralement les certificats et rapports donnés par les médecins sur la réquisition de l'autorité judiciaire et de la force armée. — Exempts.

6° Certificat pour les aliénés:

a. Certificat délivré par le médecin d'une maison d'aliénés au sujet de l'état d'un malade, mais ayant un caractère purement administratif et ne devant servir que dans l'intérieur dé l'asile. — Exempt.

b. Certificat délivré à des particuliers ou employés dans un intérêt privé. — Soumis au timbre.

7" Certificat de santé pour les Compagnies d'assurances sur la vie. — Soumis au timbre. 8° Certificat de décès pour les Compagnies d'assurances sur la vie. — Soumis au timbre. 9» Certificat de maladie ou d'infirmités à l'époque de la revision. — Soumis au timbre.

10° Certificat de maladie dans le cas d'impossibilité de se présenter lors du tirage au sort ou de la révision. — Soumis au timbre.

11° Certificat pour obtenir une prolongation de congé de convalescence (militaireou civil). — Soumis au timbre.

12° Certificat de maladie délivré à un militaire ou à un ecclésiastique pour obtenir une saison aux eaux thermales. — Sowwis au timbre.

13° Certificat d'infirmités pour obtenir une retraite avant l'âge voulu (prêtres, instituteurs, employés des postes, des ponts et chaussées, etc.). — Soumis au timbre.

14° Certificat d'aptitude pour obtenir l'admission dans certaines écoles ou administrations de l'Etat. — Soumis au timbre.

15» Certificat de maladie pour obtenir une indemnité pour traitement médical des administrations ou des sociétés de secours mutuels (instituteurs, ponts et chaussées, sociétés de patronage, etc.). — Exempt, si le certificat du médecin est rédigé à la suite d'un certificat d'indigence.

l(i° Certificat de maladie ou d'infirmités pour admission dans les hôpitaux et hospices de vieillesse. — Exempt.

17° Certificat d'infirmités pour secours annuels du département en cas d'indigence. — Exempt.

18° Certificat de maladie pour être dispensé de faire acte de présence en cas d'arbitrage, de juré ou de témoignage devant les tribunaux. — Soumis au timbre.

19° Certificat demandé par une veuve d'employé à l'effet d'obtenir une pension de l'administration. — Soumis au timbre.

Remarque importante. — Un médecin n'est pas passible d'amende quand un certificat non timbré délivré administrativement et avec mention de sa destination est plus tard produit en justice.

Les médecins feront donc prudemment d'indiquer la destination de tout certificat délivré sur papier non timbré.

Au sujet du document qui précède, nous fûmes consulté par un honorable confrère de Bernay (Eure), M. le docteur Teissier, qui signalait dans sa lettre, comme n'étant pas d'accord avec les dispositions de la loi de l'an Yll, quelques-unes des solutions admises par l'administration, et demandait quelques renseignements sur le sens de la décision ministérielle de 1874. M. Teissier faisait remarquer : l» que les certificats de vaccine et les cerlificats de naissance et de décès notés comme exempts du timbre ne sont pas compris dans les cas d'exemption spécifiés par le titre III de la loi; 2" que, par contre, ce titre comprend quatre catégories de certificats indiqués dans le document publié par la Société de Melun comme étant soumis au droit du timbre, tandis que la loi les range parmi les exemptions. Tels sont les certificats de maladie ou d'infirmités à l'époque de larévision, les certificats de maladie dans les cas d'impossibilité de se présenter lors du tirage au sort ou de la révision ; les certificats pour obtenir une prolongatio7i de congé de convalescence (militaire) ; enfin les certificats de maladie délivrés à un militaire (la situation serait la même à l'égard d'un fonctionnaire quelconque, civil ou ecclésiastique) -pour obtenir de passer une saison aux eaux minérales. Ajoutons qu'une instruction ministérielle du 26 novembre 1872, relative aux opérations préliminaires de l'appel des classes, déclare d'ailleurs affranchis de l'impôt du timbre les certificats que les jeunes gens ont à produire, soit pour leur inscription sur le tableau de recensement, soit pour la justification devant les conseils de 'révision de leurs droits à la dispense.

Nous croyons en effet, avec notre confrère de Bernay, que l'administration n'avait pas tenu assez de compte, dans ses diverses solutions, des principes qu'elle avait elle-même posés au sujet des certificats concernant les aliénés : celui du caractère privé ou du caractère administratif de l'attestation. Or, c'est précisément ce principe qui formait le fond de la décision ministérielle du

10 mars 1874, et qui avait d'ailleurs été plusieurs fois rappelé dans d'autres instructions. On peut le résumer en ces mots : Tout acte délivré par un particulier ou employé dans un intérêt privé doit être assujetti à l'impôt du timbre, et il doit en être exonéré, s'il est produit au nom de l'administration et dans un intérêt administratif. Ainsi, le certificat constatant les infirmités ou les blessures de l'employé qui demande une pension est affranchi du timbre, s'il émane du médecin officiel de l'administration à laquelle appartient cet employé ; il est soumis au timbre, s'il est délivré par le médecin de l'employé. Ainsi encore, les certificats donnés par les médecins pour être produits en justice, sur la réquisition des agents de l'autorité judiciaire ou de la force armée, ne sont pas soumis au timbre, tandis que les certificats de même nature délivrés sur la demande des particuliers sont toujours astreints au timbre, à moins qu'ils ne soient accompagnés d'une réquisition de l'une des autorités chargées de concourir à la répression des crimes et délits.

Si les certificats de vaccine et de décès ne sont pas en général soumis à la formalité du timbre, c'est qu'ils sont considérés comme pouvant rentrer dans la catégorie, soit dos actes d'intérêt public, de police générale ou d'administi'ation publique, soit des actes délivrés aux indigents. Encore ne jouissent-ils pas de celte immunité quand ils sont délivrés, manifestement dans un intérêt particulier, à une administration particulière, comme une Société d'assurance.

Quant aux certificats suivants : Certificats de maladies ou d'infirmité à l'époque de la révision ; certificat de maladie dans les cas d'impossibilité de se présenter lors du tirage au sort ou de la révision ; certificat pour obtenir une prolongation de congé de convalescence (militaire) ; certificat de maladie délivré à un militaire pour obtenir une saison aux eaux thermales, l'administration leur applique encore la distinction rappelée plus haut. L'exemption du timbre n'existe que si l'acte produit concerne le service de la guerre, c'est-à-dire s'il est produit dans l'intérêt de ce service, dans un intérêt public. Que si, au contraire, cet acie est présenté dans un intérêt privé, à l'appui d'une demande, la circonstance que le pétitionnaire serait militaire ou appelé au service ne suffit pas pour justifier l'exemption du timbre.

Enfin, en ce qui concerne les certificats délivrés aux ecclésiastiques, l'exemption ne pourrait être admise qu'au cas où l'indigence du postulant pourrait être établie.

Telle est la véritable interprétation qu'il faut donner à la loi de brumaire, et c'est à elle seule que le corps médical doit s'en rapporter. Comme toutes les autres interprétations juridiques, celle-ci peut devenir, dans la pratique, sujette à contestations ; mais le recours aux tribunaux est toujours ouvert, et une opposition peut être formée contre la contrainte délivrée par l'administration du timbre pour exiger le payement des droits. Dechambue.

CÉSitM. Emploi médical. L'oxyde de césium [Césine) a été essayé dans ces derniers temps comme dissolvant des calculs vésicaux. Le docteur Goux (de Paris), après avoir expérimenté la potasse, la lithine, la rubidine, la méthylamine, la césine, est arrivé à cette conclusion, que les composés qui réussissent sont ceux dans lesquels la base est saturée par l'acide borique (hexaborates), et que les meilleurs hexaborates sont ceux de potasse et de lithine. Cesassertions restent jusqu'ici personnelles à l'auteur. D.

CESTE. Voy. Cténophores.

CESTiDÉs. Voy. Cténophores.

CHABOT. Nom vulgaire du Cotlus gobio, poisson de la famille des Scorpénidés {voy. Scorpène). D.

CHALASOiDERMlE (de x,àlK(7iç, relâchement, et oép^j-K, peau). Relâchement de la peau {voy. Dermatolysie). D.

CHAMIDÉS. Famille de Mollusques-Lamellibranches-Siphonicns, caractérisés par la coquille épaisse, feuilletée, inéquivalve, adhérente et, par suite, de forme très-irrégulicre; la charnière, pourvue d'un ligament externe enfoncé sous les crochets qui sont inégaux et recourbés, offre une seule dent cardinale épaisse, oblique et striée, s'articulant dans une fossette correspondante de la valve opposée. Chaque valve présente intérieurement deux impressions musculaires grandes et réticulées. L'animal, parfois très-volumineux, a les bords du manteau soudés dans toute leur étendue, sauf aux trois orifices qui correspondent l'un à la fente du pied, l'autre à l'anus, le troisième cà l'appareil branchial; les siphons sont tubiformes et peu allongés.

Le genre Chama L., qui constitue le type de cette famille, se compose d'espèces marines, bien connues sous le nom vulgaire de Cames et vivant, comme les huîtres, fortement fixées par leur plus grande valve aux rochers ou aux coraux, sur lesquels elles forment des masses souvent considérables. Le Ch. gryphaides L., ou Huître écailleuse, et le Ch. lazarus Lamk, ou Came feuilletée, se rencontrent assez communément sur les côtes de l'Océan Atlantique et de la Méditerranée. Ils sont comestibles.

Près des Cames se place le genre Diceras Lamk, dont les espèces, aujourd'hui éteintes, existaient à l'époque secondaire. Les couches moyennes des terrains oolilhiques renferment notamment le D. arietina Lamk, remarquable par le développement des crochets de la coquille qui sont coniques, divergents et contournés en spirale irrégulière. Ed. Lefèvre,

CHAMPIER OU CAMPEGIUS (Jean-Bruyren). Médecin français, neveu de Symphorien Champier, exerça la médecine à Lyon dans la seconde moitié du seizième siècle. On a de lui :

I. Aven^oes liber de curandis inorbis . In Collectanea de re medica. Lugduni, 1537, in-4°. — H. Avicennœ de corde ejusque facuUatibus libeîhis. Lugd., 1559, in-S". — lU. De re cibaria libri XXll. Lugd., 15G0, in-8°. — IV. Calalogus Ubrorum Galeni et guo M sint ordine legendi. Dans l'ouvrage de Sympli. Cliampier intitulé : Cribratio medicamentorum fere omnium. Lugduni, 1j34, in-8°. L. IIx.

CHAPUYS (Claude). Chirurgien français, né dans la Franche-Comté, à Saint- Amour, oïl il exerça son art avec assez de succès et oîî il mourut en 1620. H était très-lié avec Fabrice de Hilden. On a de lui :

I. Traité des cancers tant occultes qu'ulcérés. Lyon, 1607, in-12. — II. De infelicissirtio successu cauterii j^otentialis brachio applicati, suivi de De gravissimo tumore brachii, ex cancro mamillœ progenito. Oppenheim, 1619, in-4° ; Francfort, 1646, in-fol. (avec des observations de Fabrice de Hilden). L. Hn.

cnARDOl\'IWERET. Le Chardonneret élégant, l'un de nos plus jolis oiseaux européens, est désigné dans les catalogues ornithologiques sous le nom de Cardiielis elegans Steph., et lait partie de la nombreuse fomille des Fringillidés; Cuvier le rangeait parmi ses Passereaux conirostres {voy. Oiseaux et Passereaux).

Le genre Carduelis ne compte que trois ou quatre espèces qui vivent en Europe, dans le nord de l'Afrique et en Asie, et qui sont toutes remarquables par la beauté de leur plumage. Dans l'espèce de nos pays le corps est brun en dessus, blanchâtre en dessous, les ailes sont noires avec un miroir jaune et la face est couverte d'un masque rouge. Les Chardonnerets se montrent en automne, en troupes plus ou moins nombreuses qui s'abattent dans les champs et se nourrissent de grains et de semences de chardon (en latin carduus).

E. OUSTALET.

cnASSAIGMAC (Pierre-Marie). Chirurgien éminent, né à Nantes en 1805, mort à Versailles le 2G août 1879, à la suite d'accidents diabétiques. Il étudia la médecine d'abord à Nantes, où il fut interne des hôpitaux, puis à Paris, et y prit le diplôme de docteur en 1835, Il concourut pour l'agrégation la même année et fut nommé. Il devint également peu après prosecteur à la faculté, chirurgien du bureau central, vice-président de la Société anatomique. Mais il échoua sept fois au concours pour le professorat et vit nommer successivement des adversaires tels que Blandin, Bérard, Laugier, Malgaigne et Nélaton ; certes, comme ces illustres chirurgiens, Chassaignac eiît mérité de trouver une place à l'école de Paris; le sort en voulut autrement ; l'abolition du concours lui enleva toutes les chances qui lui restaient.

Chassaignac se présenta ensuite à l'Académie, mais il vit passer suecessiveraent devant lui Huguier, Robert, Larrey, Michon, Nélaton; en 1860, après la nomination de Gosselin, son cadet, il renonça à se présenter. Cependant, en 1866, les circonstances redevinrent plus favorables; soutenu par la presse médicale et patronné par Velpeau, il se présenta de nouveau, et, après avoir vu passer devant lui Follin, Legouest et Deraarquay, il fut enfin nommé en 1868, dans la section de pathologie chirurgicale, en remplacement de Follin. « C'est le dernier et presque le seul honneur qui ait été accordé à Chassaignac. Yelpeau lui fit bien avoir, en 1865, un prix à l'Institut pour l'écrasement linéaire, mais l'administration des hôpitaux oublia de faire accorder la croix d'officier au chirurgien de Lariboisière, qui d'ailleurs avait été nommé chevalier fort tard (1852) », alors que beaucoup de ses élèves l'étaient déjà.

« Chassaignac a été un grand chirurgien par les méthodes chirurgicales qu'il a inventées et qui soiit désormais impérissables. Outre des remarques importantes sur de nombreux points de la chirurgie, on lui doit le drainage chirurgical. Le séton de caoutchouc perforé, voilà l'idée pratique qui l'a conduit à inventer un mode de traitement des suppurations aiguës et chroniques, auquel bien des malades ont dû la vie

« Le chirurgien de Lariboisière, car c'est là que Chassaignac a poursuivi sa carrière, avait des qualités et des défauts. Il n'avait pas été interne des hôpitaux.... Il n'aimait pas à voir couler le sang, et ce sentiment persistant lui a fait faire pourtant une découverte aussi importante au moins que le drainage chirurgical : je veux parler de Vécrasement linéaire. Ce procédé opératoire, le meilleur dans tous les cas oiî il s'agit d'enlever un organe vasculaire, a été très-

bieu raisonné parChassaignac. « Les plaies par arrachement, disait-il, ne saignent pas ; on n'a pas besoin d'appliquer des ligatures, et ces plaies sont rarement suivies d'inflammation. Cherchons un instrument que nous puissions diriger et qui fasse d'une façon intelligente ce que fait un arrachement. » La chaîne, engainée et manœuvrée par une poignée avec une double détente, réalisa le rêve de Chassaignac...

« Un troisième titre de gloire de Chassaignac est d'avoir appliqué aux plaies le pansement de Baynton pour les ulcères. Chassaignac a institué \e pansement des plaies par occlusion avec les bandelettes de diachylum : les plaies dans les fractures, les plaies des doigts, quelle que soit leur gravité, ont été traitées de la sorte, et les dernières surtout ont toujours remarquablement guéri entre les mains de tous » {Rev. se, 6 sept. 1879).

« La trachéotomie pratiquée en un seul temps chez l'adulte à l'aide d'un procédé particulier; l'emploi des douches froides dans le traitement de l'ophthalmie purulente des nouveau-nés ; l'application de la glace en permanence sur l'œil opéré de cataracte ; la description de main de maître de l'ostéomyélite et du traitement qui lui convient : voilà autant de points de thérapeutique cliirurgicale que Chassaignac s'efforça de perfectionner, pour le plus grand bien de l'humanité souffrante » (Panas).

Chassaignac était l'un des membres fondateurs de la Société de chirurgie qu'il présida en 1857. Il a fait paraître un grand nombre de mémoires dans le recueil publié par cette Société et des ouvrages de la plus grande valeur. Nous mentionnerons entre autres :

I. De la structure du col du fémur, étudiée spécialement sous le point de vue de l'anatomie pathologique. Thèse de Paris, 1835, in-4''. — II. Quels sont les agents de la circulation veineuse ? Le sang veineux présente-t-il des caractères identiques dans les diverses ■parties du système veineux? Tti. d'agrég. Paris, 1835, in-i". — III. Texture des organes de la circulation. Th. ch. d'anat. Paris, 1836, in-4°. — IV. De l'appréciation des appareils orthopédiques. Th. ch. de ir.éd. opér. Paris, 1841, in-4°. — V. Lésions traumaliques du crâne et des parties qu'il contient. Th. ch. de clin. chir. Paris, 1842, in-4°. — YI. De^ membranes muqueuses. Th. ch. d'anat. Paris, 1846, in-4''. — VII. Des tumeurs de la voûte du crâne. Th. cti. de clin. chir. Paris, 1848, in-4''. — VIII. Des opérât, applic. aux fractures compliquées. Th. ch. de méd. opér. Paris, 1850, in-4''. — IX. Des tumeurs enkystées de l'abdomen. Th. ch. de clin. chir. Paris, 1851, in-4°. — X. Leçons sur la trachéotomie. Paris, 1855, in-8''. —XI. Traité de l'écrasement linéaire. Paris, 1856, in-8°. — XII. Traité pratique de la suppuration et du drainage chirurgical. Paris, 1859, 2 vol. in-8°. — XIII. Traité clinique et pratique des opérations chirurgicales. Paris, 1861-62, 2 vol. in-8°. — XIV. Recherches cliniques sur le chloroforme. Paris, 1853, in-8''. — XV. Mém. sur lex hémorrhagies des cavités rnuqueuses, etc. In Arch. gén. de tnéd., 1851. — XVI. Origine du procédé des résections sous-périostées . Paris, 1872, in-8°. — XVII. Des épanchements purulents de la poitrine traités par le drainage chirurgical. Paris, 1872, in-S". — XVII. De l'empoisonnement du sang par matières organiques. Paris, 1873, in-S", etc., etc. L. Hn.

CDAT (Emploi). La chair du chat domestique encore jeune, bien cuite^ fournit un aliment d'une digestion assez facile, et l'on sait assez l'usage fréquent qu'on en fait dans certaines cuisines. Sa peau préparée est souvent employée comme topique contre les douleurs. Enfin, on se sert de peau de chat pour frotter la lame de caoutchouc durci avec laquelle on amorce la machine électrique de Holtz, ou pour frotter le gâteau de résine qui constitue l'électrophore. — Un petit groupe de poissons porte le nom de Silures-Chats {voy. Silures).

cnAL'FFARD (Paul-Émile). L'éminent professeur de la Faculté de Paris

naquit à Avignon, le 18 mars 1825. Il étudia la médecine d'abord à Avignon, puis à Paris, où il fut reçu interne des hôpitaux en 1842. Après avoir pris le diplôme de docteur en 1846, il revint dans sa ville natale, où il succéda à son père, comme médecin de l'hôpital d'Avignon, et exerça la médecine pendant dix ans. En 1857, à la suite d'un concours remarquable, il fut nommé agrégé à la Faculté de Paris; chargé de suppléer Andral, il fut à même de mettre en relief les brillantes qualités dont il était doué. Nommé médecin du bureau central en 1861, médecin de l'hôpital des Enfants malades en 1865, médecin de la maison municipale de santé en 1867, chevalier de la Légion d'honneur en 1865, officier en 1871, membre de l'Académie de médecine en 1867, Chauffard obtint, en 1869,1a chaire de pathologie générale, qu'Andral avait illustrée et qu'il est si difficile de remplir actuellement, en présence d'un auditoire plus passionné pour les recherches de laboratoire et les observations cliniques que pour les idées exclusivement théoriques et doctrinales, quel que soit le talent du professeur qui les lui présente. Il ne faut donc pas s'étonner que l'enseignement de Chauffard n'ait pas eu tout le succès que ce savant distingué était en droit d'espérer. Vitaliste et dogmatique avant tout, il eut de la peine à se faire écouter à notre école de Paris.

S'il est vrai que la nomination de Chauffard, comme inspecteur général de l'enseignement supérieur, fut plutôt un hommage rendu à l'homme politique qu'une récompense accordée au savant, il ne faut pas moins reconnaître qu'il s'acquitta de ces importantes fonctions avec un tact exquis, un esprit vraiment libéral et une remarquable impartialité, que sa part dans les réformes apportées à l'enseignement supérieur de la médecine fut des plus considérables. Chacun connaît les efforts qu'il a taits pour créer et organiser dignement les facultés de Lyon et de Bordeaux. « J'ai l'espérance, disait-il en inaugurant les cours de la Faculté de Lyon, que mon dévouement à l'œuvre naissante me sera compté à ce moment où l'œuvre est née, et me vaudra votre bienveillance en parlant de nos efforts et de nos désirs communs ».

On a dit parfois que Chauffard était un vitaliste de l'école de Montpellier, transplanté à Paris. Cependant, le savant professeur de Paris n'a jamais voulu accepter cette parenté avec l'école montpelliéraine et il a même vivement attaqué cette dernière à diverses reprises ; disciple insoumis de Barthez et de Jaumes , il les répudie pour ses maîtres, veut être original, ne procéder d'aucune école, et pense avoir imaginé un système entièrement nouveau. « Il se débat, dit Grasset, pour s'écarter de Montpellier, entre le matérialisme et l'animisme ; il ne parvient à éviter l'un qu'à la condition de tomber dans l'autre ». Ces oscillations ont fait qualifier sa doctrine par un critique spirituel des expressions de « spiritualisme matérialiste » et d' « opportunisme biologique ».

Quoi qu'il en soit, on peut résumer de la manière suivante, avec Grasset, la doctrine que Chauffard a consacré sa vie tout entière à défendre et à établir, et qui, en somme, ne diffère guère de celle de Montpellier ; Nécessité pour le médecin d'une doctrine; nécessité des principes spiritualistes avant toute expérience; nécessité de séparer la vie du monde inorganisé; nécessité d'admettre la doctrine pathologique et thérapeutique correspondante, et d'appliquer à toute la pathologie spéciale ces principes généraux une fois posés.

Chauffard exprimait ses idées dans un style d'une rare élégance ; c'est ce dont conviennent tous ceux qui ont lu ses livres.

Il mourut subitement le 6 février 1879, à la suite de la rupture d'un anévrysme de l'aorte, âgé seulement de cinquante-cinq ans et dans toute la vigueur de son intelligence. Il a été sincèrement regretté par tous ses collègues, parmi lesquels il ne comptait aucun ennemi, malgré les divergences d'opinion qui le séparaient d'eux.

Chauffard a beaucoup écrit; nous citerons parmi ses ouvrages :

I. Essai sur les doctrines médicales, suivi de quelques considérations sur les fièvres. Th. de Paris, 1846, in-4°. — II. Lettres sur le vitalisme. Paris, 1856. — III. Étude comparée du génie antique et de l'idée moderne en médecine... avec notice sur la vie et les ouvrages de J--B. Borsieri. Paris, 1855, in-S". — lY. Instituts de médecine pratique de J.-B. Dorsieri. Paris, 1856, 2 vol. in-8°. — V. Principes de pathologie générale. Paris, 1862, in-S". — VI. L'âme et la vie. In Correspondant, t. XXI, 1862. — Vil. De l'assistance hospitalière. Ibid., t. XXIV, 1863. — VIII. De la pathologie générale, de sa réalité et de son rôle dans la constitution de la médecine. In Rev. des cours scientifiques, déc. 1863 etjanv. 1864. — IX. De la philosophie dite positive dans ses rapports avec la médecine. Paris, 1863, in-!i\ — X. Fragments de critique médicale . Broussais, Magendie, Chomel. Paris, 1864, in-8°. ~ XI. De la spontanéité et de la spécificité dans les maladies. Paris, 1866, in-8°. — XII. Utilité des exutoires. In Gaz. liebd. de méd., 1856. — XIII. Étude clinique du typhus contagieux. (Extr. de la Gaz. hebd.). Paris, 1856, in-8°. — XIV. Parallèle de la goutte et du rhumatisme. Thèse d'agrég. Paris, 1857, in-i". — XV. Laennec : Confér. histor. de la Fac. de méd. Paris, 1805, in-8°. — XVI. Étude clinique sur la constitution médicale de l'année 1862 (Extr. d. Arch. gén. de méd.). Paris, 1865, in-S". — XVII. Des inocul. de mat. tubercul. In Bull. Acad. méd., t. XXXII, p. 52, 1866-67. Tirage à part. Paris, 1867, in-8°.— XVIII. De la spontanéité et de la spécificité dans les maladies. Paris, 1807, in-i8. — XIX. Les luttes actuelles de la philosophie et de la science. In Correspondant, t. LXXY, 1868. — XX. De l'idée de vie dans la philosophie contemporaine, MM. Virchow et Cl. Bernard. Ibid., t. LXXVl, 1868. — XXI. Étude bibliographique sur le Traité de path. et de thérap. générales de Jaunies (ouvr. posthume). In Gaz. hebd. de méd., mai 1869. — XXII. Cours de cliniq. méd., publié en partie dans Gaz. des hôpitaux, 1867-68. — XXIII. Caract. différentiels des diarrhées saisonnières et des diarrhées cholériques vraies. Lu à l'Acad. de méd., 1868. — XXIV. Sur la tnortalilé des nourrissons. Paris, 1870, in-8°. — XXV. Des vérités traditionnelles en médecine. Paris, 1871, in-S" (Leç. d'ouvert, du cours de path. gén.). — XXVI. De la fièvre traumalique et de l'infection jjurtdente. Paris, 1873, in-8°. — XXVII. Andral : La médecine française de 1820 à 1830. Paris, 1877, in-S". — XXVIII. Éliologie et palhogénie de la fièvre tgphoide . Paris, 1877, in-8°. — XXIX. La vie. Étude et problèmes de biologie génér. Pai'is, 1878, in-8°. — XXX. Div. mém. lus à la Soc. méd. des hôpitaux; divers rapports et discours, in Bullet. de l'Acad. de médecine. L. \h.

En terminant cette notice il nous sera permis d'ajouter que le père de notre regretté confrère, M. Chauffard (Marie-Denis-Étienne-Hyacinthe), né à Avignon le 26 décembre 1796, reçu docteur à Montpellier en 1818, professeur libre à Paris en 1852, puis médecin en chef des hôpitaux et des prisons d'Avignon, vit encore dans cette ville, où il est entouré du respect général. Ses principaux travaux sont les suivants :

I. Réfl. méd. et philosoph. sur la véritable expér. en médecine. Th. Montpell., 1818. — II. Tr. sur les fièv. prétendues essentielles. Paris, 1825, in-S". — III. Traité des inflammat. internes connues sous le nom de fièvres. Paris, 1831, 2 vol. in-8°. — IV. Mém. de méd. prat., d'anal, pathol. it de liltér. méd. Paris, 1833, 2 vol. in-8°. — V. OEuvr. de méd. pratique. Paris, 1848, 2 vol. in-8°. L. Hn.

CHELIUS (Maximilian-Joseph) . Célèbre chirurgien allemand, né le 16 août 1794 à Mannheim (grand-duché de Bade), où son père était directeur de la maison d'accouchements. Il fit ses humanités au gymnase de sa ville natale, puis à celui de Ileidelberg, quand la maison d'accouchements y fut transférée. Quoique orphelin de bonne heure et livré à ses propres ressources, il réussit néanmoins à terminer ses études médicales qu'il avait commencées en

1808; en 1811 l'Université couronna un mémoire de lui sur les fomenlations chaudes et froides dans les plaies de tête, et en 1812 il prit son degré de docteur. Il n'était âgé alors que de, 18 ans.

Chelius se rendit ensuite à Munich et y fréquenta les hôpitaux civils et militaires, puis passa le semestre d'hiver de 1812 à 1813 à Landshut, pour écouter les leçons de Walther. En novembre 1815, il obtint la place de médecin à l'hôpital d'Ingolstadt, où une épidémie meurtrière de typhus décimait alors les prisonniers français. Peu après il fut nommé chirurgien dans l'armée badoise et fit en celte qualité la première campagne de France, et, après avoir pendant quelque temps fréquenté les cliniques de Vienne, la seconde campagne de France. La guerre terminée, Chehus se rendit à Gottinguc et y fit un séjour de cinq mois, puis à Berlin où il resta également cinq mois, enfin cà Paris qu'il quitta en 1817, pour occuper le poste de professeur extraordinaire de chirurgie à Heidelberg, qui lui était offert. Il profita de cette situation pour créer la clinique de chirurgie et d'ophthalmiatrie, à laquelle tant d'habiles chirurgiens se sont formés depuis. En 1819, il devint professeur ordinaire de chirurgie, en 1821 conseiller aulique, en 1826 conseiller intime de la cour, en 1827 ciievalier de l'ordre du Lion rouge de Zàhringen, etc.

Chelius conserva sa chaire jusqu'en 1864, où il s'en démit; à partir de ce moment il mena une vie très-retirée ; sa haine pour la domination prussienne et ses tendances particularistes lui avaient valu toutes sortes d'inimitiés. Il mourut à Heidelberg le 17 août 1876, laissant un fils, Franz Chelius, qui est également un chirurgien fort distingué.

Chelius a été l'un des meilleurs professeurs et opérateurs de l'Allemagne, il contribua beaucoup à faire sortir la chirurgie allemande de l'ornière où elle croupissait, et à créer pour l'avenir des chirurgiens qui fussent autre chose que de simples barbiers ; il fut, en un mot, le précurseur de la chirurgie allemande moderne, illustrée par les Dieffenbach, les Langenbeck, etc. Son excellent traité de chirurgie, si populaire en Allemagne, a été traduit en français et en anglais ; cet ouvrage est surtout remarquable par sa méthode et sa clarté.

Nous citerons de Chelius :

I. Ueber die duvchsichtige Hornhaut des Auges, ihre Fundionen und ihre krankhaflen Verânderungcn. Carlsruhe, 1818, in-18. — II. Ueber die Erricidung der chirurgisclicn und ophthalmologischen Klinik an der hohen Schule zu Heidelberg. Heidelberg, 1819, gr. in-4°, pi. — III. Handbuch der Chirurgie, ziim Gebrauche bei seinen Vorlesungen. Heidelberg, 1822-23, gr. in-S»; 8 te verm. u. verb. Orig.-Aufl., ibid., 2 vol. in-8°, trad. franc. Traite' de chirurgie. Paris, 1842, 2 vol. in-8°. — lY. Ueber den schwammigen Auswuchs der harten Hirnhaut. Heidelberg, 1828, in-fol. — V. Zur Lehre von den schwammigen Auswûchsen der harlen Hirnhaut und der Schâdelknochen. Ileildelberg, 1831, in-fol., pi. — VI. Das chirurgische und Augenkranken-Klinikuin der Universitàt Heidelberg in den Ja/iren 1830- 34 incl. Heidelberg, 1835, gr. in-8°, pi. — \II. Handbuch der Augenheilkunde zum Gebrauch bei seinen Vorlesungen. Stuttgart, 1839-44, 2 vol. gr. in-8. Trad. franc, par MM. Ruef et J. Deyber. 2" vol. Maladies organiques de l'œil. Heidelberg, 1859, gr. in-8. — VIII. Ueber die Heilung der Blasen-Scheidenfîsteln durch Cautérisation. Heidelberg, 1845, gr. in-8°. — IX. En 1825, Chelius fonda le Heidclberger klinische Annalen, en collaboration avec Puchelt et Nacgele, recueil qui cessa de paraitie en 1846. On y trouve un grand nombre de mémoires de Clielius. L. Hn.

CHEXU (Jean-Charles). Médecin et naturaliste français distingué, né à Metz le 30 août 1808, mort à Paris le 12 novembre 1879, à l'hôtel des Invalides, où il était entré au mois de mars de la même année. Après avoir fait ses huma-

nités au collège de Metz et y avoir commencé ses éludes médicales, Chenu les continua à Strasbourg, puis vint à Paris en d825 pour les terminer; mais il prit son diplôme de docteur à Strasbourg en 1833. Parti à vingt et un ans comme chirurgien militaire, il prit part à l'expédition d'Alger; il se trouvait dans le Midi lorsque éclata la première épidémie de choléra. Il eut l'occasion de soigner, à Carcassonnc, Gabriel Delessert, préfet de l'Aude, et dut à cette rencontre les relations d'amitié qu'il eut par la suite avec toute la famille de ce dernier. M. Benjamin Delessert lui confia quelques années après, vers 1840, sa riche collection botanique et conchyliologique, puis le fit nommer sousinspecteur aux eaux minérales de Passy, qui sont la propriété de la famille Delessert. A la même époque, en 1845, il devint médecin aide-major de la gendarmerie de la Seine. Promu médecin principal de l"" classe le 6 août J855, il suivit l'expédition française en Crimée, et fit preuve à cette occasion d'une supériorité scientifique militaire incontestable. Médecin principal de première classe et bibliothécaire de l'école du Val-de-Grâce, il a été retraité en 1868.

Chenu avait activement contribué en 1864 à la fondation de la Société de secours aux blessés militaires, et, lors de la guerre désastreuse de 1870 à 1871, il rendit d'éminents services comme président des ambulances de la Société. Il continua ses fonctions même pendant les premiers jours de la Commune, sans se laisser décourager par la détention que lui fit subir le gouvernement insurrectionnel.

Chenu est surtout connu dans le monde médical par ses ouvrages statistiques sur les guerres de Crimée et d'Italie, ouvrages riches en documents bons à consulter pour tous ceux qui tiendront à se rendre compte des vices de notre organisation médico-militaire. Le volumineux rapport qu'il publia sur les résultats du service médico-chirurgical en Crimée lui valut le grand prix de statistique décerné par l'Académie. Il était commandeur de la Légion d'honneur et membre de la plupart des ordres étrangers.

Nous citerons de lui :

I. Rapport sur le choléra-morbus. Perpignan, 1835, in-8°. — II. Essai sur l'action thérapeutique des eaux ferrugineuses de Passij. Avec des notes par hid. Bourdon, 2= édit. Paris, ■1841, in-12. — III. Essai pratique sur l'action thérapeutique des eaux tninérales, suivi d'un précis analytique des sources minéro-lhermales connues. Paris, 1841, 3 vol. in-8°. — IV. Illustrations conchtjUologiques, ou Description et figures de toutes les coquilles connues vivantes et fossiles, classées suivant le système de Lamarck, etc. Livraison 1 à 85. Paris, 1842-1854, in-fol. — V. Leçons élémentaires d'histoire naturelle, comprenant un aperçu sur toute la zoologie et un Traité de conchyliologie. Paris, 1846, in-8°, 12 pi. — VI. Encyclopédie d'histoire naturelle, ou Traité complet de cette science d'après les travaux des naturalistes les plus éminents. Paris, 1850-1861, 31 vol. in^". — Tables alphabétiques des noms vulgaires et scientifiques de tous les animaux décrits et figurés dans cette encyclopédie, dressées par Desmaresfs. Ibid., 9 vol. in-4''. — VII. Manuel de conchyliologie et de jmléontologie conchyliologée. Paris, 1859-1862, 2 vol. gr. in-8°. — VIII. Leçons élément. sur l'hist. naturelle des oiseaux. Paris, 1862-63, 2 vol. in-12.— IX. Rapport au conseil de santé des armées sur les résultats du service médico-chirurgical aux ambulances de Crimée et aux hôpitaux militaires français de Turquie, pendant la campagne d'Orient en 1854- 1855-1856. Paris, 1865, in-4''. — X. De la mortalité clans l'armée et des moyens d'économiser la vie humaine. Paris, 1870, in-12. — XI. Statistique médico-chirurgicale de la campagne d'Italie en 1859 et 1860. Service des ambulances et des hôpitaux militaires et civils. Paris, 1869, 2 vol. et atlas in-4°. — XII. Recrutem. de l'armée et population de la France. Paris, 1867, in-4''. L, Hj,.

COERLER (JoHANN-HEraRiCH). Médeciu et botaniste de Bàle, vivait dans la première moitié du dix-septième siècle. 11 fut reçu docteur à l'Université de Bàle

et gagna l'amitié du célèbre Jean Bauhin, qui lui donna sa fille en mariage. Il se livra avec ardeur à l'étude de la botaniiiue et son nom figure à côté de celui de son beau-père en tête de plusieurs ouvrages. Haller consacra à sa mémoire le genre Cherleria, qui fut adopté par Linné et par la plupart des botanistes.

1. Joannis Bauhini et Johannis Henrici Cherleri Historia plantarum generalis novœ prodromus. Ebroduni, 1619, iii-4°. — II. Uisloria plantai um universalis nova el absolulissima, cum consensu et dissensu circa cas, auctoribus Joli, Dauhino et Joh. Cherlero. Quant recensuit et auxit Dom. Chabrœus, D. Genov. Juris veropublici fecil F. L.a Graffenncd. Ebroduni, 1650-51, 3 vol. in-fol. L. Hn.

CnESIVECOPHERVS» (Les DElTx).

Chesnecopherus (Johan). Médecin suédois, né dans la province de Nerike en 1581, mort à Upsal le 31 janvier 1635. 11 fut le premier professeur de médecine et d'anatomie établi par le gouvernement à l'université d'Upsal. 11 a laissé :

I. Instruction sur la conduite que les voyageurs doivent tenir en traversant un pays ravagé par une e'pidémie (en suédois). Stockholm, 1013, in-S". — II. Diss. de cœlo. Upsal., 1614, in-S". — m. Diss. de natura. Upsal., 1015, in-S". — IV. Diss. de anima rationali... Upsal., 1618, in-8°. — V. Diss. de planlis. Upsal., 1621, in-S". — VI. Isagoge meteorolojfita. Upsal., 1624, in-8°. — yil. Disserlationes de physiologiœ constitutione ; de principiis corporum naturalium internis et externis ; de affectionibus corporuni naturalium internis, etc., etc. Upsal., 1024, in-8°. — VIII. De anima in génère; de vegetaliva in specie ; de anima sentiente, etc., etc. Upsal., 1826, in-8°. — IX. 'ElAo/AonKiS^ia. philosophiœ Socratico-Rameœ, etc. — X. Diss. de natura. Upsal., 1632, in-i°, — XI. Une foule d'autres dissertations sur la philosophie, la physique, la médecine, etc. L. Hn.

Chesnecopherus (Johan). Fils du précédent, avec lequel on le confond quelquefois. 11 naquit dans la province de Nerike et mourut à Upsal en 16S5. 11 fut, comme son père, professeur de médecine à l'université d'Upsal. On a de lui un grand nombre de dissertations, publiées en partie avec son père ; nous nous bornerons à signaler :

I, Diss. physica de physiol. constitutione. Upsal., 1624, in-8. — II. Diss. de temperamentis. Upsal., 1624, in-8. — III. Diss. de somno, somniis et vigiliis. Upsal., 1626, in-8.— IV. Diss. med. de causticis. Upsal., 1632, in-8. L. IIih.

CUÉTODOKI. Ce genre a été établi par Artedi et par Linné pour des poissons qui ont le corps aplati latéralement, à contour elliptique ou presque circulaire, la queue courte, la nageoire dorsale sans échancrure et couverte d'écaillés, le préopercule dépourvu d'épines, la tête petite, la bouche très-peu fendue et les mâchoires garnies de dents très-déliées et serrées comme les soies d'une brosse. C'est à ce dernier caractère que fait allusion le nonrde Chaetodon tiré des deux mots grecs %atT/3 (cheveu) et o^oùs, oJôvtos (dent). Quoiqu'il ait subi dans ces dernières années des réductions successives, le genre Chaetodon est encore fort nombreux en espèces et constitue le groupe le plus important de mf^l la famille des Squammipennes (ou mieux Squamipennes) de Cuvier et Valen-

g% ciennes, famille qui appartient à la division des Acanthoptérygiens {voy.

^j^0i Poissons). Les Chétodons sont particulièrement répandus dans la mer des

li'' Indes ; ils se tiennent en général à de faibles profondeurs et se montrent souvent

dans le sillage des navires, faisant briller au soleil les teintes variées de leurs îi(il#" téguments. Certaines espèces ont des couleurs métalliques dorées ou argentées,

relevées par des bandes noires ; d'autres sont colorées en bleu, en rose et en pourpre, et offrent l'éclat des pierres précieuses. Sur les côtes de l'Inde vivent les Chaetodon vagabundus, pictus, plebeius, dizoster ; dans la mer Rouge se trouve le Chaetodon fasciatus, à Sainte-Hélène, le Chaetodon Sanctae-Uelenae, aux Antilles, le Chaetodon striatus ou Demoiselle , clc. E. Oustalet.

cnÉTOGi\iATeES. De ce mot {{"^ série, t. XV, p. 730) il a été renvoyé au mot Nématoïdes. Quelques auteurs ont divisé, en effet, les ncmatoïdes en nématoïdes vrais, et plusieurs autres ordres parmi lesquels figurent les chétognalhes, ainsi nommés parce que leur bouche est bordée de soies {xaiz-fi, crins, chevelure, et 7vâ6oç, mâchoire). Mais ces animaux appelés de préférence sagitelles sont décrits à ce dernier mot. D.

€nEVAi:\E (Ichthyologie). Voy. Cyprins.

CliEVALLlEit (Jean-Baptiste-Alphonse), Pharmacien distingué, né à Langres le 19 juillet 1793, mort à Paris le 29 novembre 1879. Ses débuts furent très-modestes ; garçon de laboratoire de Vauquelin à l'âge de quatorze ans, aide de chimie au Muséum d'histoire naturelle de Paris à l'âge de dix-sept ans, il servit ensuite comme simple soldat au 132° de ligne et prit part aux campagnes de l'Empire. Blessé à la bataille de Leipzig, il fut réformé, puis reprit ses études scientifiques.

Reçu interne des hôpitaux en 18!5, Chevallier fut aussitôt attaché au service des Anglais et des Russes atteints du typhus. Plusieurs fois lauréat de l'Ecole de pharmacie, honoré de 15 médailles pour travaux scientifiques et actes de dévouement, nommé chevalier de la Légion d'honneur le 29 mars 1853, ofllcier le 31 juillet 1856, professeur-adjoint de l'Ecole de pharmacie le 24 mars 1835, membre du Conseil d'hygiène et de salubrité de la Seine en 1834, noire illustre savant fut élu dès le 5 octobre 1824 membre de l'Académie de médecine (section d'hygiène); sa cinquantaine académique a\Siû été honorée, il y a peu d'années, par le don d'une médaille commémorative. Chevallier était en outre membre honoraire de l'Académie de médecine de Belgique, et faisait partie de presque toutes les sociétés savantes ou professionnelles de la France et de l'étranger.

« La vie scientifique et professionnelle d'Alphonse Chevallier, dit Figuier, deviendra une véritable légende pharmaceutique, grâce à l'immense diversité de ses travaux et publications, grâce surtout au paternel enseignement qui fut la

base de sa solide popularité Tout ce qui touche à l'hygiène, à la toxicologie,

à la pharmacologie, à la nature et à la pureté des drogues, des aliments, à la préparation des mille et un produits de l'industrie, a été l'objet de ses investigations, de son coup d'œil pratique et de sa critique ingénieuse, honnête, sévère, malgré une inaltérable bonhomie. L'histoire de la chimie contemporaine enregistrera les services rendus par Chevallier à la science par les modifications et les perfectionnements qu'il apporta aux procédés des laboratoires, par les transformations des usines, l'assainissement des villes et des industries, enfin par la statistique qu'on lui doit des empoisonnements accidentels ou cnminels. »

Le nombre d'ouvrages publiés par Chevallier, de mémoires, de rapports et d'articles de lui, parus dans les revues et les recueils les plus variés : Journal de chimie médicale. Journal de pharmacie, Annales dliygiène publique, Archives générales de médecine, Bulletin général de thérapeutique, Comptes

rendus de V Académie des sciences, Bulletin de la Société d'encouragement pour l'industrie nationale, Bidletin des sciences lechnolocjiques, dictionnaire de médecine usuelle, etc., etc., est presque incalculable. Nous n'en essayerons pas rénumération et nous bornerons à citer :

1. Avec Belllac. Nouveau guide de l étudiant en médecine et en pharmacie. Paris, 1825, in-12. — II. AvecP.ItiT. Manuel du pharmacien ou précis élémentaire de pharmacie. Paris, 1824-25, in-8°.— lll. Avec Païen. Traité de la pomme de terre. Paris, 1827, in-S". —IV. Avec Paxeîi. Traité élémentaire des réactifs, etc. Paris, 1829-50, 2 vol. 10-8°. Suppl. Ibid., 1841, in-8°. — V. Avec A. Richard et A. Cufllemin. Dictionnaire des drogues simples et composées, ou Dictionnaire d'histoire naturelle médicale. Paris, 1827-28, 5 vol. in-8°. —VI, Avec I^nicHETEAU et Cottereau. VArt de doser les mcdicamcnts. Paris, 1829, in-8°. — VII. L'Art de préparer les chlorures de chaux, de soude et de potasse... Paris, 1829, in-S", pi.

— VIII. Essais sur Chaudes-Aiguës, déparlement du Cantal, et analyse chimique. Paris,

1828, in-4°. IX. Nouv. obs. sur l'emploi des chlorures et du chlore dans l'assainissement.

Paris, 1850, in-S». — X. ?iouvelle.s observations sur les chlorures désinfectants. Paris, 1830, in-S". — XI. Mém. sur le charbon végétal et animal et ses usages. Paris, 1830, in-S".

— XII. Essai sur les falsifications qu'on fait subir an sel marin (Exir. des Annales d'hyg. publ., t. VIH, p. 250, 1852). Paris, 1852, in-8°.— XIK. Avec Trévet. Rech. anal, sur les iliff. falsifie, qu'on fait subir au sel de cuisine (ExIr. du Journ. de cliïni. mcd., t. IX, p. 1, 1855). Paris, 1855, in-8°. — XIV. Av. Cottereau et Trévet. Traite des cau.r minérales naturelles françaises et étrangères. Paris, 1855, in-8°. — XV. lUjg. pub. Note sur de nouveau.r moyens employés pour la désinfection des matières fécales dans les fosses. Paris, 1850, in 8°. — XVI. Notice histor. sur les eaux minérales d'Ùriage, près de Grenoble. Paris, 1856, in-S,". — XVII. Essai sur la dissolution de la gravelle et des calculs de la vessie. Paris et Londres, 1857, in-8°. — XVIII. Avec ÎIèze. Manuel de pharmacie, etc. Paris, 1831, 2 vol. in-8». —XIX. Avec Henry. Mémoire sur le lait, clc. Paris, 1839, in-8\ —XX. Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales. Paris, 18J0, in-S" ; 5" édit., avec Raudrimoxt. Ibid., 1878, «r. in-S". — XXI. Avec Chevallier fils et E. Giumaud. Secrets de l'industrie et de l'économie domestique. 2» édit. Paris, 1800, iii-8°. —XXII. Du café, son historique, son usage, Paris, 18C2, in-8°. — XXIII. Essai sur la possibilité de recueillir les matières fécales, les eaux'vannes, etc. (ExIr. des Ann. d'hyg. Paris, 1800, in-8°. — XXIV. Essai pratique sur l'examen chim. des vins (E.vtr. des Ann. d'hyg.). Paris, 1857, iii-8°. — XXV. Avec J. Barse. Manuel pratique de l'apparc'U de Marsh. Paris, 1845, in-S". — XXVI. Mcin. sur les allumettes chim. préparées avec le phosphore ordinaire, etc. (Extr. des Ann. d'hyg.). Paris, 1801, in-S". — XXVII. De la nécessité de bâtir des maisons pour loger les classes moyennes et les ouvriers (Ibid.). Paris, 1857, iu-8°.— XXVIII, Note sur les cosmétiques, etc. (Ibid.). Paris, 1800, in-8°.— XXIX. Av. 0 liti-

VEiL. Notice sur le lait, les falsifications qu'on lui fait subir, etc. Paris, 185G, in-8°.

XXX. Rech. sur les dangers que présentent le vert de Schweinfurt, le vert arsenical, l'arsénite de cuivre, etc. (Extr. des Ann. d'hyg.). Paris, 1859, in-S". — XXXI. Traité des désinfectants sous le rapport de l'hygiène publique, etc. Paris, 1802, in-8°. — XXXII. Etude sur le sang considéré au point de vue des applications que l'on peut en faire en hygiène et dans l'industrie. Paris, 1871, in-8°. — XXXIII. Ilyg. alimentaire. Mémoire sur le chocolat, etc. Paris, 1871, in-8°. — XXXIV. Av. G. Lagneau. Quelques remarques sur le mouvement de la population de Paris. Paris, 1873, 111-8°. L. Un.

CDEVROLLE [Cctprella Lamk). Ce genre de Crustacés, qui appartient à l'ordre des Lémodipodes et forme le type de la fomille des Caprellidés, se compose d'espèces marines dont le corps droit, linéaire, allonge, se termine par un abdomen rudimentaire muni à sa base d'une paire de petits appendices natatoires styliformes et biarticulés. La tète, intimement soudée au premier anneau thoraciijue, est dépourvue de palpes maxillaires et le thorax se compose de sept anneaux, dont les deux antérieurs et les trois postérieurs portent chacun une paire de pattes grcles terminées par des griffes; au troisième et au quatrième anneau, les pattes sont remplacées par des tubes branchiaux. Parmi les espèces peu nombreuses de ce genre, nous mentionnerons les C. Unearis L., C. lobnta O.-Fr.-Mull., C. acutifrons Latr., C hystrix Kr., C. acanthifera Leach et C. tiiherculata Gucr., qui sont répandus dans les mers de l'Europe, surtout dans i'Océan Atlantique. Ed. Lefèvre.

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