DAMAN
se dépose d'abord du damolate de baryte, puis du danialurate, d'où l'on peut ■extraire l'acide pur.
Tant que cet acide était étudié à un état où il n'offrait aucune garantie de pureté, il était considéré comme pouvant être représenté par la formule G'*11'^0*. Mais, depuis que M. Verrier l'a étudié à l'état cristallisé et présentant tous les caractèies de la pureté, sa formule est devenue telle que nous l'avons écrite au commencement de cet article.
Suivant M. Verrier, l'acide damalurique cristallise en aiguilles rhomboïdales, fusibles entre 50 et 53 degrés. Dans le vide on obtient des prismes fusibles entre 39 et 40 degrés, mais dont le point de fusion s'élève au-dessus de 50 degrés par «ne exposition prolongée à l'air. La modification prismatique est légèrement lœvogyre, la rbomboïdale est légèrement dextrogyre. M.
DAMAIS. Dans la péninsule Arabique, en Syrie, en Palestine et sur les côtes d'Afrique, en Abjssinie, à Mozambique, au Cap, en Guinée, vivent de petits mammifères de la taille d'un Lapin, ayant le poil rude ou soyeux, les pattes courtes, la queue réduite à un moignon caché sous la fourrure. Ces animaux sont les Damans qui, pour la plupart des naturalistes modernes, constituent un ordre spécial à cause de la structure de leur charpente osseuse et des particularités de leur développement. Di'jà connus des Hébreux qui les appelaient Sniiham, mentionnés dans la Bible sous ce dernier nom et rangés par Moïse parmi ces Ruminants à pied fourchu dont le peuple de Dieu devait éviter de se nourrir, les Damims échappèrent néanmoins à l'attention des naturalistes jusqu'au commencement du siècle dernier. Les traducteurs de la Bible se trouvant embarrassés en présence du mot Saphan Tavaicnt en effet, pour la plupart, rendu soit par Lapin (Cuniculus) , soit par Hérisson (yjjipoypvllioi). Seuls les écrivains arabes l'avaient traduit par el Wabr, nom que le Daman porte encore au mont Sinaï.
Vers la fin du seizième siècle, Prospcr Alpin, médecin et botaniste célèbre qui accompagna en Egypte le consul vénitien George Emo, rencontra le Daman ■dans la partie de l'Arabie qui touche au continent africain, et dans la relation de ses voyages, qui malheureusement ne vit le jour qu'un siècle plus tard, fit à •deux reprises mention de cet animal sous le nom singulier d'Agnus fiHonim Israël. Dans le courant du dix-septième siècle Thomas Shaw, clia|!elain anglican du comptoir d'Alger, signala aussi l'existence en Syrie du Daman Israël qui, dit-il, n'est autre chose que le Saphan dont il est question en ces termes dans la Bible : « Les hautes montagnes sont pour les Chamois et les rochers sont la ■retraite des Sophans » (Ps. cm, 16). « Les Saphans sont un peuple impuissant, vct néanmoins ils font leur maison parmi les pierres « (Prov. XXX, 20). D'un îintre côté, vers la même époque, un auteur hollandais, Kolbe, crut devoir rapporter au genre Marmotte les Damans du Cap que les colons désignaient sons le nom de Blaij-eaux (Das). Puis Jacques Bruce, qui cherche de 1768 à 1772 à découvrir les sources du Nil, donna du Daman d'Abyssinie, qu'il proposa d'appeler Ashkclio, une description et des figures très-exactes ; il constata que cet animal était le Wabr, le Webro et VAkbar des Arabes, Y Agneau des enfants d'Israël cité pai' Prosper Alpin, le Daman Israël de Shaw, et il estima avec raison que cette dernière dénomination était une simple altération de Gannim ou Ghanam Israël, Ghanem béni Israël, mots qui signifient en arabe Agneau d'Israël. Enfin, à partir de 1760, plusieurs Damans du Cap arrivèrent en Hol-