SUPERFICIE DU ROYAUME DANOIS
Julland 25,265 k«
i Seland et îles anneiées 7,55 \
Laaland et FaUer 1,081 Total: 13,037 k'
Pionie 5,.it5 (
Bornholm 586 /
Total 58,302 k«
La superficie de la partie continentale représente donc près de deux fois celle des îles dans leur ensemble.
Géologie. Les terrains de la majeure partie du Danemark appartiennent à la période tertiaire et offrent de grandes analogiesjd'aspect et de caractères géologiques avec ceux de la partie orientale de la Grande-Bretagne ; la craie et l'argile y dominent. Il est vrai que dans la partie méridionale du Jutland, qui con-
fine au SIcsvig, on retrouve encore les éléments géologiques propres aux basses plaines de l'Allemagne du Nord et caractérisés par des dépôts alluviens modernes dans lequels sont semés d'innombrables débris de roches erratiques charriées à l'époque glaciaire. Mais la formation calcaire s'accentue surtout à partir d'Aarhuus, et l'on peut suivre ces mêmes couches crétacées dans une grande partie de la région S. E. de Seland, dans l'ile de Moen et, au delà du Sund, dans les falaises méridionales de la Scanie.
Les terrains ondulés de la partie orientale du Jutland rappellent plutôt, par leur constitution géologique, ceux de l'Allemagne septentrionale, et appartiennent à la formation des terrains de transport; des sables, des argiles, des marnes, provenant de la désagrégation du granit, du gneiss et de la craie, les composent en plus grande partie. « Des blocs, des graviers d'origine glaciaire, recouvrent çàet là les couches les plus anciennes » (É. Reclus). Fionie se relie, comme formation géologique, à la partie méridionale de la péninsule jiitlandaise à laquelle vraisemblablement elle [était autrefois rattachée, et se compose des mêmes terrains- (le transport ; ses collines, parsemées également de blocs erratiques nombreux, offrent à peu près les mêmes altitudes que celles du Jutland oriental. On retrouve ces mêmes terrains dans Seland, au nord de la bande crayeuse qui en occupe la partie méridionnle, ainsi que l'île de Moen, et qui continue dans la Baltique la zone jutlandaise de même formation ; ils constituent dans le sud les îles de Falster et Laaland et, plus au nord, les petites îles du Kattégat, Samsôe, Anholt, Lœsô, etc L'ile de Bornholm seule offre des caractères géologiques tout différents de ceux de l'archipel et du Jutland ; c'est un grand plateau formé presque en entier de roches anciennes, grès et schistes appuyés sur le granit, et incliné en pente douce vers le sud. Ces roches granitiques y supportent des dépôts de différentes époques jusqu'à ceux qui commencent à appartenir à la formation crayeuse (Forchammer).
Sur la formation crétacée, dans la majeure partie du Jutland et des îles, repose un sol formé presque entièrement de dépôts alluviens modernes qui, dans une assez grande épaisseur, ne sont composés que de sable supporté par de l'argile ordinairement bleuâtre et mélangée à ties coquilles dont ou retrouve encore les représentants vivants dans les mers voisines. Sur les sommets, le sable est quelquefois mêlé d'argile rougeàtre; dans le nord du Jutland, il est remplacé à la surface par des couches de tourbe d'une grande étendue qui, sur les bords de la mer, sont couvertes par le sable des dunes (Malte-Brun).
La constitution géologique du Danemark rend compte de la pénurie métallique de son sol et de l'absence de houillères : il n'y existe ni mines ni métaux en quantités suffisantes pour être exploités; les seuls produits minéraux sont la marne, à titre d'engrais, le gypse, la chaux, le calcaire grossier, l'argile à poterie, le kaolin, etc Bornholm possède à Nexoedes carrières de grès et depierres meulières et fournit un peu de houille.
Tant dans l'archipel que dans sa l'égion de terre ferme, le Danemark est en majeure partie formé par de grandes plaines très-peu variées d'aspect et très-peu élevées au-dessus du niveau des mers qui l'enveloppent. Le sol, en général uniformément plat, se relève, il est vrai, en quelques points, mais n'atteint jamais que de faibles hauteurs ; l'altitude moyenne du pays ne serait que de 55"', 20 (G. Leipoldt). Dans le Jutland, la ligne de hauteur qui a parcouru du sud au nord le Slesvig-Holstein en longeant de très-près la côte baltique des duchés se prolonge jusqu'à l'extrémité septentrionale de la péninsule en s'incli-
liant quelque peu vers l'ouest, mais toujours plus rapprochée du Kaltégat que de l'Océan. Les plus fortes altitudes se trouvent à l'ouest des collines de la région orientale du Jutland ; elles n'attteignent pas 200 mètres. Le sommet culminant du Danemark, YEjershavsnehôj, ne dépasse pas 180 mètres; ÏHimmelbjerg {montacpie du ciel), dans le N. 0., ne s'élève qu'à 170 mèires; le « Dos du Jutland » (Jyske Aas), au N. du Limlîord, n'a que 120 mètres, et par ses dernières pentes abaissées va rejoindre le cap Skagcn. En somme, la ligne de partage des eaux des deux versants ne donne qu'une altitude moyenne de 52 mètres.
Ces deux versants offrent une configuration chorographique très-différente: le versant occidental représente une vaste plaine basse inclinée en pente douce et uniforme vers r(Jcéan jusqu'aux dunes du littoral; la ])cnte orientale est plus accidentée et comprend cette succession de collines dont nous avons signalé les caractères géologiques « Ces collines ne se développent pas le long de la mer en rant^ées continues ; elles s'élèvent en massifs distincts dont plus d'un sommet dépasse la hauteur de 100 mètres ; aux yeux des habitants de la plaine basse, ce sont de véritables montagnes. Immédiatement au nord de la frontière germanique, entre Christiansfeld et Kolding, un de ces massifs, le Skammlingsbanke, se dresse à 150 mètres au-dessus des eaux tortueuses du Petit Bclt ; d'autres croupes s'élèvent entre les deux fiords de Vcjle et de Ilorsens; de plus hautes dominent au sud la cité d'Aarhuus » (É. Reclus).
Sur les hauteurs centrales du Jutland, on ne trouve que des landes brousailleuses recouvertes d'un sable rougeâtre absolument stérile. Les plaines du bas pays ont été souvent comparées à nos landes de Gascogne qu'elles rappellent, en effet, par leur aspect général, mais avec les caractères difféients que leur impriment une autre végétation et un autre climat. Dans le centre et le N. 0., ce sont de vastes landes sablonneuses couvertes de bruyères et parsemées de tourbières, de marais et d'étangs. Comme dans nos Landes, les couches sous-jacentes aux amoncellements sablonneux sont constituées par des couches noirâtres formées de débris végétaux. « Partout, sous les couches supérieures, le sous-sol saturé du tannin des bruyères forme uue plaque d'Al, Valios des landes françaises, aucjuel se mêle l'oxyde de fer, assez riche en plusieurs endroits pour qu'il ait été possible de l'exploiter en minerai » (Ë. Reclus). La zone occidentale, du cap Skagen à Riugkjobing, offre d'assez bons terrains de culture d'une fertilité moyenne et entremêlés d'excellents pâturages; plus bas, jusqu'à Ribe (Ripen), les qualités du sol s'améliorent et fournissent de plus abondantes ressources à l'agriculture. C'est dans la région des collines orientales, au sud d'Aarhuus spécialement, que l'on rencontre les terrains les plus fertiles et les restes des anciennes forêts du Jutland. Les rivages offrent les mêmes contrastes que les deux versants ; toute la côte occidentale, entre le cap Blaavands et le promontoire de Ilirshals, est formée de longues plages sablonneuses bordées de dunes et de tourbières ; elle est complètement dépourvue de ports et la mer y est semée de bas-fonds dangereux. Les dunes du littoral rappellent celles de nos côtes quoique moins élevées et n'atteignant qu'une hauteur maximum de 55 mètres moins mobiles aussi en raison d'une forte proportion de sable calcaire, elles ont dû pourtant être fixées par des plantations de pins ; de nombreuses digues ont aussi été opposées aux envahissements de la mer.
Le long de cette même côte, plusieurs golfes marins se sont depuis longtemps transformés par les apports des rivières en vastes étan^^s d'eau douce d'une
faible profondeur et dont le fond 'vaseux émerge peu à peu ; des flèches sablonneuses étroites les isolent des eaux de la mer du nord. Les plus remarquables de ces nappes d'eau douce sont, du sud au nord , le Ringôkjbing-flord, qui n'a pas moins de 300 kilomètres cai-rés de superficie, le Stadil-fiord, le Nissitmfiord, et enfin le Lim-fîord, le plus étendu et le plus curieux de tous, qui traverse d'une mer à l'autre fout le nord de la péninsule et mesure H69 kilomètres carrés.,:
La. côte orientale est creusée de nombreuses échancrures qui pénètrent plus ou moins profondément dans les terres et qui, ici, sont accessibles à la navigaiion ; on leur donne généralement dans le pays le nom générique de fiords, quoiciu'elles ne rappellent que très-imparfaitement les remarquables indentations du Groenland, de l'Islande et de la Norvège ; tels sont les fiords de Holding, de Yejle, llorsens, Aarhuus, etc..
Le sol de la plupart des îles de l'arcbipel danois est bas et plat comme celui de la région occidentale du Jutland, ou seulement relevé en légères ondulations en quelques points ; ailleurs, il s'e>bausse en collines dont les fortes altitudes n'atteignent môme pas celles de la presqu'île. La formation calcaire du sud de l'archipel fournit les escarpements culminants des îles dans le sud de Môen où VAborrehjerg s'é\è\c à 150 mètres au-dessus du niveau de la Baltique; plus à l'est, les falaises crnyeuses bien connues de Moen, « Moëns Klint », atteignent ] 00 et 150 mètres d'élévation, mais celles du sud de Seland, les « Stevns Klint » , ne dépassent pas 40 mètres de hauteur. On trouve pourtant en plusieurs endroits delà grande île quelques croupes de plus de 100 mètres d'altitude, mais partout ailleurs son sol est plat, couvert de magnifiques forêts, de beaux lacs et de riches campagnes; c'est la meilleure partie du Danemark.
Le sol de Fionie, légèrement ondulé dans la partie S. E. de l'île, est plat et bas le long des côtes, et toute la partie du nord ne forme qu'une vaste plaine monotone. Les collines ont à peu près la même hauteur et la même configuration que celles du Jutland oriental. Couverte de belles cultures, de forêts et de lacs, Fionie (Fijen, joli pays) a mérité à juste titre le nom de jardin du Danemark, de même que Faslter, unie, peu élevée, boisée et fertile, en a été surnommée le verger.
Le sol de Laaland, plat également, est celui qui se prête le mieux à la culture des céréales. Les terres de Langeland, la patrie d'Œrsted, sont plus élevées. iV'ous avons indiqué plus haut les, caractères différents qui appartiennent à l'île de Bornholm ; son sol n'est fertile que dans le sud. On retrouve dans quelquesunes des îles les découpures sinueuses qui caractérisent la côte orientale du Jutland ; tels sont les fiords d'ise et de Rotskilde en Seland, celui d'Odense en Fionie, etc.
Les cours tl'eau du Jutland sont peu nombreux et d'un faible parcours ; le Quden-Âa, la rivière la plus considérable du pays, va se jeter dans le Kaltégat par le Randers-fiord après un parcours sinueux de 132 kilomètres, les autres affluents de la Baltique sont sans importance. Sept ou huit cours d'eau arrosent les basses plaines du Jutland occidental et se déversent dans la mer du Nord, la Varde, le Konge la Lônharg, le Star (75 kilomètres), etc A part la rivière d'Odense qui traverse Fionie du sud au nord, les îles ne renferment que des ruisseaux.
L'archipel et le Jutland sont semés de près de 450 lacs, étangs ou marais d'étendue variable ; on compte une trentaine de grandes nappes d'eau dans la
péninsule, la plupart dans le centre et dans l'est; ainsi le Gudcn-Aa forme deux grands lacs à la base méridionale du Iliramelbjerg, dans l'ouest de Skanderborg ; au nord d'Aarhuus, on trouve le lac de Kolindsund, celui d'Asmild près de Viborg, etc.. En Seland, il eu existe une douzaine : ceux d'Arre, d'Esrom, de Sorô; ce dernier a deux lieues de pourtour; celui de Mariboe en Laalund, plusieurs en Fionie. En somme, les cours d'eau, les lacs, les marais, les lagunes, représentent une étendue estimée au vingtième de la superficie totale du pays. Flore et Faune. Elles diffèrent peu de celles des terres voisines, le sud de la Suède et le Slesvig-IIolstein ; les similitudes de climat ont nécessairement été favorables au développement des mêmes formes animales et végétales. Nous n'aborderons pas cette étude ; du reste, si la Flore du pays a été aussi bien étudiée que celle de la Suède et de la Norvège, il n'existe pas de Faune générale du Danemark. On trouvera à l'article Bibliographie une liste d'ouvrages et de mémoires qui fournissent des indications précises sur les sujets afférents à celte double étude.
Emploi des terres. Le Danemark est un pays tout agricole, qui puise dans la culture des terres les éléments principaux de sa richesse; l'agriculture y fait vivre directement les 3/5 de la population, et est poussée aujourd'hui à un point de perfection aussi avancé qu'en aucun autre pays (Pigeonneau). Son sol bas et humide ou faiblement ondulé se prête merveilleusement à la formation des prairies et à la culture des céréales. Pas de grandes villes en dehors de Copenhague; le pays est couvert d'exploitations agricoles et de villages enrichis par l'élève des chevaux, des moutons et du gros bétail. La production des céréales, des fourrages, des plantes textiles, etc., dépasse les besoins du pays et figure dans l'exportation pour un chiffre considérable que la suppression des droits d'entrée sur les grains en Angleterre tend sans cesse à augmenter. En 1876, l'exportation des céréales (froment, seigle, avoine, orge) a dépasse 28 millions (près de 250000 tonneaux). En 1871, la production annuelle était évaluée à 26 millions d'hectolitres représentant une valeur de 4-90 millions de francs (orge, 9000 hectolitres; avoine, H ; seigle, 4 1/2 ; froment, 4 1/2.
répartition proportionnelle des terrains productifs du DANEMARK EN 1876.
rRODUCTIO.N.
Sgi'EI1F\CIE ENSEUENCÉli:.
Sdpebficie cultivée.
Ski'euficie
TOTALE
Céréales et farineux 23 ' G
Piaules fourra£.ères.
— industrielles
Prés-pâturages. , .
Bois et forêts. ...
Jardins
( Territoire exploité \ 1'
JUTUND.
Pour
errains incultes, indéterminés (eaux, chemins, etc.) . .
hectares.
ILES
Pour
En hectares.
TOTALX.
Pour lUO.
houtiircs.
Comme terres labourables, le Danemark vient après la Belgique, la France, la^Grande-Bretagne et la Saxe Boyale. Pour la production des céréales et des fa-
l'ineiix, il tient le deuxième rang entre la Belgique et la France. Un cinquième à peu près de la contrée est occupé par des landes et marais, terres incultes, cours d'eau, lacs, chemins, etc.. Comme en France, 28 pour 100 environ du territoire est consacré aux céréales, mais le froment y entre pour la plus faible part : ainsi, le seigle et l'orge figurent pour 8 pour 100 de la superficie totale, le froment pour 1,6 seulement; l'avoine est représentée par 9,9. Les îles ont consacré à ces cultures une plus grande superficie que le Jutland.
Le rendement moyen par hectare est le suivant : froment, 17 hectolitres; seigle, 13; orge, 20; avoine, 26, etc.. La moyenne générale est de 20,4, celle de la France étant 16,7, sans distinction des espèces : le sol du Danemark serait donc plus fertile que celui de notre pays. En 1873, la production des céréales était estimée à 11,8 hectolitres par habitant, celle de la France à 6,9.
Comme étendue fourragère, les îles et le continent s'équivalent à peu près et, en tant que rapport des prairies de toute nature au terrain productif, le Danemark vient après la Grande-Bretagne et la Hollande, et avant la France.
La culture des plantes industrielles, colza, plantes textiles, houblon, tabac, etc., n'occupe qu'une très-faible étendue et ne s'élève qu'à 1 sur 200 hectares du territoire exploité total.
Forêts. La contrée était autrefois couverte de forêts, comme l'attestent les fouilles opérées dans les tourbières ; elle a été déboisée depuis le onzième ou douzième siècle, à tel point que, vers la moitié du siècle dernier, le Danemark était obligé (le demander tout son bois aux pays voisins. Les forêts qui couvraient encorde Jutland au dixième siècle ne forment plus que de longues bandes sur la partie orientale ; les îles renferment cependant encore d'assez belles surftices forestières, entre autres Fionie et Seland. Les principales essences sont le hêtre, l'arbre national, puis le chêne, l'orme, beaucoup de bouleaux, l'aune, le mélèze; le pin et le sapin sont plus rares, surtout sur le continent. Le reboisement se poursuit depuis 1804; à Bornholm, des forêts de bouleaux occupent maintenant le centre de l'île autour du sommet principal le Rytterknaegten (132'"). Le Jutland possédait, en 1876, 58 983hectacres en forêts et en bois,- dans les îles, 105,544 hectares; en tout, 4^5 hectares pour 100 du territoire total; la France figure à ce point de vue pour 18,7.
Le Danemark est l'État européen qui, proportionnellement à l'étendue de son territoire, possède le plus de bêles à cornes ; c'est aussi un des plus riches en races ovine et porcine. Le Jutland est renommé comme pays d'élève et nourrit d'excellentes races de chevaux et d'animaux de boucherie. Au mois de juillet 1876, le recensement du bétail avait donné les résultats suivants :