NOMBRE DE TÈTES
PiU KlLOMÈTllE CAIIRÉ.
JuLland.
lies.
Julland.
Iles.
Moyenne.
îio.e
Toutes ces races ont progressé depuis 1873: cependant, la race ovine offre
une décroissance notable; elle représentait à cette époque une moyenne de 105 têtes par 100 habitants et de 47 par kilomètre carré.
La viande de boucherie occupe par suite une large place dans l'alimentation de la population danoise, principalement dans les villes; le bœuf ligure dans la nourriture de toutes les classes, il est de plus à bon marché. Le porc entre pour une grande part dans l'alimentai ion des classes pauvres. Otto a fourni à ce sujet des détails intéressants auxquels nous renverrons le lecteur (voy. Bibliographie). . ,
Si l'agriculture est prospère, en revanche l'industrie, gênée jusqu'en 186par le régime des corporations, des jurandes et des niaîtiises, n'y a pas pris un développement même suffisant pour les besoins de la population ; d'un autre côté, l'absence de houille et de métaux, la privation de force hydraulique, ont contribué à arrêter son essor. L'industrie manufacturière (draps grossiers, gants dits de Suède, àRanders), porcelaines, etc., s'est concentrée à Copenhague et dans quelques villes de Fiouie et du Jutland. Les objets manufacturés sont demandés au commerce extérieur : aussi l'importation l'emporle-t-elle sur
l'exportation, ^ . ■ rc , ^
Ethnologie. Au point de vue ethnologique, le peuple danois ollrc une ircs-
grande homogénéité dans l'Archipel et dans la partie de la Téninsule dont il n'a pas été dépouillé ; dans les duchés, le mélange teuton était beaucoup plus prononcé. En fait de races étrangères implantées dans le pays on ne cite généralement qu'un groupe peu nombreux habitant l'île Araager et descendant d'un certain nombre de familles hollandaises qui vinrent s'y établir en 1516, et qui, paraît-il, ont conservé en partie Jeur vieil idiome nérlandais (Vivien Saint- Martin).
Habité au commencement de l'ère chrétienne par les Goths (Jutes), par les Cimbres et les Angles, parmi lesquels le christianisme ne fut importé que vers 826, le Danemark, en 1597, réunit et fondit en un seul royaume les trois États Scandinaves par l'Union de Kalmar, union rompue en 1523 par la Suède; néanmoins il a possédé jusqu'en 18141a Norvégequi fut, à cette époque, réunie à la Suède. Le traité du 50 octobre 1864, par la spoliation violente de ses duchés méridionaux, Slesvig, llolstein et Lauenbourg, l'a réduit aux limites indiquées précédemment.
Le peuple danois, celui du Jutland et de l'Archipel, est une branche de la souche Scandinave, rameau de la famille germanique. Dans les âges préhistoriques, d'après quelques érudits, des tribus finnoises et laponnes auraient habité la contrée, et le séjour d'anciennes races celtiques dans le pays a été soupçonné. Du reste, d'innombrables débris témoignent de l'existence des civilisations primitives qui s'y sont succédé, et le Danemark est un des pays qui a fourni le plus de richesses archéologiques. Occupées plus tard par les Cimbres, les
Jutes, les Angles, etc , que des migrations successives entraînèrent vers les
Gaules, l'Italie et la Grande-Bretagne, la Chersonèse cimbrique et les îles furent envahies, dans le siècle qui précéda l'ère chrétienne, par les Danois, branche de la grande nation des Goths qui s'y fixèrent définitivement. Le nom du chef-lieu de Fionie, Odensee, rappelle encore la conquête d'Odin, leur chef légendaire.
Les descendants de ces peuples sont encore aujourd'hui remarquables par leur vigueur de constitution, sinon par l'élévation de leur slature, par la blancheur des téguments et la coloration claire de leur système pileux ; ils se rapprochent, sous le point de vue des caractères physiques, des deux autres peuples
Scandinaves, sucdois et norvégiens. Chez eux, la moyenne des blonds purs, aux yeux d'un bleu pâle, est plus considérable que dans la race germanique. Voici le portrait que Malte-Brun, il y a cinquante ans, a tracé de ses compatriotes : « U se pourrait que IMumiidilé de l'atmosphère et la quantité de viande et de poisson salé dont il se nourrit contribuassent à rendre le caractère de ce peuple lourd, patient, difficile à émouvoir. Autrefois conquérant insatiable, aujourd'hui brave, mais pacilique, peu entreprenant, mais laborieux et persévérant ; modeste et orgueilleux, hospitalier, mais non pas ofticieux ; gai et franc avec ses compatriotes, mais un peu froid avec les étrangers; aimant ses aises plus que le faste ; plus économe qu'industrieux, imitateur des autres peuples, observateur judicieux, penseur profond, mais lent et minutieux; doué d'une imagination plus forte ipie riche; constant, romanesque et jaloux dans ses affections; capable d'un grand enthousiasme, mais raiement de ces saillies d'esprit, de ces finesses qui surprennent le succès ou l'admiration ; très-attaché à son sol natal et aux intérêts de sa patrie, trop peu soucieux de la gloire nationale ; accoutumé au calme de la monarchie, mais ennemi de la servitude et du pouvoir arbitraire : tel est le portrait du Danois. Au physique, il est généralement d'une taille moyenne, bien fait, blond, et d'une physionomie douce et agréable » [Précis de la géographie universelle, ISo'i). Ollo leur attribue plus de jugement ([ue d'imagination; « ils pensent plus qu'ils n'inventent et sont en général un peuple sérieux et grave w.
Le royaume, gouverné par une monarchie héréditaire et constitutionnelle appuyée sur deux Chambres, le Landsthing et le Folkthing, est divisé au point de vue administratif en 7 provinces ou diocèses (stift), dont 5 pour la partie insulaire, Seland, Fionie et Laaland, et 4 dans le Jutland, Aalhorg, Yiborg et Ribe. Les provinces se subdivisent eu 18 bailliages, districts ou préfectures (Amtcr), qui comprennent eux-mêmes 156 arrondissements (herreder).
La fertilité d'une part, de l'autre le peu d'activité de l'industrie, ont soustrait le Danemark au paupérisme. Les campagnes sont riches et le bien-être est général; le revenu des impôts frappés eu vue du soulagement de la misère ne trouve guère son emploi que dans les villes, et dans la capitale plus spécialement. Du reste, le peuple danois est le peuple le plus économe de l'Europe ; en 1875, les caisses d'épargne possédaient 22167 livrets par cent mille habitants, le livret représentant une valeur moyenne de 718 francs; le solde dû aux déposants atteignait près de 300 millions, et le solde par habitant s'élevait à 159 francs. En 1870, ce solde par habitant n'étaitque de 15 francs en France, de 8 francs dans les Pays-Das, etc..
L'instruction primaire est gratuite et obligatoire pour les enfants de sept à quatorze ans; les parents sont responsables sous peine d'amende de la nou-fréquentation des écoles par leurs enfants. Aussi presque tous les habitants saventils lire et écrire, et le Danemark figure parmi les États où le goût de la lecture et l'instruction sont le plus répandus. En fait d'établissements d'éducation publique, le royaume en 1877 comptait 2940 écoles primaires, et 14 secondaires dites Écoles latines ou savantes, et Écoles des sciences exactes {Laerde skoler, Calhederal skoler); des écoles spéciales, 4 écoles normahs destinées à former des professeurs pour l'enseignement supérieur, et endn une Université conférant les grades. Depuis vingt ans, il s'est formé successivement dans les districts ruraux des différents bailliages des écoles secondaii'es de paysans [Folkehôiskoler) destinées à donner aux habitants des campagnes une instruc-
tion plus avancée que celle des écoles primaires. On en comptait 51 en 187J, dont 4 pour les femmes, londées par des dons volontaires et subventionnées par l'État. Depuis 1875, les femmes peuvent suivre les cours universitaires au même litre que les hommes et concourir pour les mêmes diplômes.
Climat. Placé entre les isothermes de H-IO'^ et -j-5», comme le sud delà Norvège et de la Suède, baigné de tous côtés par les eaux, et d'une étendue assez laible pour qu'aucun point de son territoire ne soit distant des côtes de plus de 70 kilomètres, le Danemark jouit d'un climat essentiellement marilmie, c'est-à-dire caractérisé comme tous les climats insulaires des zones tempérées par l'absence de températures extrêmes. Son climat est moins froid que celui de la Suède et moins rigoureux que ne le ferait tout d'abord supposer sa position géoi^rapbique à proximité de la zone froide.
Les observations suivantes, empruntées pour la plupart à l'Aimiiaire de l'Institut météorologique danois pour 1876, et olfrant par conséijuent toutes les garanties d'exactitude, vont nous permettre d'apprécier les divers clémonls de la climatologie du pays. Elles ont été recueillies pendant quinze années consécutives (186J-75) dans 4 stations réparties sur différents points du territoire : à Copenhague; à Tarm, dans le Jntland occidental, à 4 kilomètres du lUiigkjôbiniT-Fiord, et à 12 kilomètres de la mer du nord ; à Ilindholm, dans le S. 0. de Seland, à 4 kilomètres environ du rivage, et à Smidstrvp, au nord du Jutland, à 5 kilomètres des plages baignées par le Skager-Hak.
Tempe rattire. Les moyennes mensuelles, saisonnières et annuelles, concernant Copenhague et Tarm {voy. les tabl.), ont été calculées d'après les moyennes coiTcspondant aux o heures d'observation : 8 heures du malin, 2 heures de l'après-midi et 10 heures du soir, en y appliquant une correction proportionnelle déduite d'observations faites d'heure en heure pendant vingtcinq ans à Nybolm (Copenhague).
Eu Seland, à Copenhague et à ilindholm, localités prises comme types du régime theimologique des îles, la température moyenne est de 7",40 ; mais dans la dernière station le printemps est un peu plus chaud ; le commencement de l'été et l'entrée de l'hiver s'accusent par des températures un peu plus basses.
Dans rO. du Jutland (Tarm), à latitude à peu près égale, la moyenne annuelle est de 0°,'i inférieure à celle de Gopenliague ; elle s'abaisse à 6», 8 à Smidstrup en raison de la situation plus septentrionale et de l'altitude plus considérable delà localité. Le nord de la péninsule est en somme plus froid pendant toute l'année et surtout au printemps et à l'automne.
La moyenne estivale en Seland ne dépasse pas 15°, 78; elle s'abaisse à 14", 92 dans rO., et à 14°7 dans le N. du Jullmd; en aucune de ces stations la moyenne de l'hiver ne descend au-dessous de zéro, et l'on ne trouve de dilférence Irèsseusible pour le printemps qu'entre le N. de la Péninsule et les îles. Les écarts sont plus prononcés pendant l'automne entre l'Archipel et la terre ferme.
Février représente le mois le plus Iroid de l'année à Copenhague, janvier à Tarm ; à la pointe N. du Jutland et dans le sud de Seland, la moyenne de ces deux mois est égale; mais celte période du plus grand froid se déplace assez souvent selon les hivers: ainsi, dans le cours de 15 hivers étudiés à Copenhan-ue 4 fois décembre a été le mois le plus froid ; janvier, 4 fois; février, 7 fois.
Dans tout le Danemark, juillet se montre d'une Aiçon persistante le mois le plus chaud de l'année, quoique suivait les étés on trouve également des diffé-
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