ans
Si l'on étudie les suicides suivant l'habitat, on trouve la répartition suivante (1867-1876) sur 100 : l'Archipel en fournit annuellement 60, c'est-à-dire les 3/5 ; le Jutland40 seulement. Les villes dans leur ensemble donnent plus de 25, et les campagnes près de 74. Par rapport à la population de ces divers habitats, on comptait pour 1 million d'habitants (moyenne des deux années 1870 et 1874) 260 suicides à Copenhague; 266 dans les villes de province, et 282 dans les campagnes. Dans la capitale, la part des suicides dans les deux sexes est représentée par 28 suicides féminins environ pour 100 chez les hommes (1864-1875); de 1845 à 1856, ce rapport s'était élevé à 57,6; il est de250,2 dans les villes de province et dans les campagnes.
Dans la mortalité générale, les suicides entrent dans laTproportion de 11,2 à
Copenhague, 11,7 dans les autres villes danoises; 12,2 dans les campagnes, et de 12 pour 1000 décès dans le royaume entier (1805-1876, 14 ans).
Suivant l'état civil, on a trouvé que ce sont les mariés des deux sexes qui se tuent le moins ; les veufs et les célibataires en plus grand nombre ; les divorcés fournissent plus de suicidés que les veufs. Le sexe masculin donne, à population égale, près de 4 fois plus de suicides parmi les veufs que parmi les mariés; les divorcés, hommes, 5 fois plus. L'influence préventive de l'état de mariage se manifeste surtout pour le sexe féminin : sur 1 million de femmes mariées, on ne compte que 155 suicides, et 556 sur le même nombre d'hommes mariés.
C'est en été et en automne que les suidides sont le plus fréquents ; viennent ensuite le printemps et l'hiver ; les 3 mois de mai, juin et juillet, en comptent relativement le plus grand nombre; 36,8 sur 100 cas sont commis pendant ce trimestre. Le trimestre le moins chargé comprend novembre, décembre et janvier, 17,8 pour 100 du total des suicides. Les deux autres trimestres occupent une place intermédiaire entre l'été et l'hiver. Le minimum tombe en décembre, puis il se produit un accroissement re'gulier jusqu'en juin, mois le plus chargé, à partir duquel le décroissement est régulier aussi jusqu'en décembre.
RÉPARTITION PAR MOIS. SUR 100 CAS DE SUiCIDE :
Novom)>re 6,8 )
Déeembie 5,1 | n,8
Janvier 5,9 '
Février 6i7 1
Mars 6,7 > 22,4
Avril 9,0 )
Mai 12,.'
Juia 13,0 \ 36,8
Juillet il. '6
Août 9,1
Septembre 1,8 } 23,9
Octobre 1,0
Quant aux modes de perpétration, le Danemark est de tous les pays d'Europe celui où l'asphyxie par pendaison est la plus habituelle ; 77 pour 100 environ des suicides ont lieu par strangulation ; c'est le mode le plus répandu dans les campagnes oij il est aussi plus fréquent que dans les villes. Les submersions sont à peu près en nombre égal dans les villes et les districts ruraux, et figurent pour 17 sur 100. L'emploi des autres modes de destruction est beaucoup moins fréquent dans les campagnes : ainsi, pour le même nombre de suicides, il y en a 2 fois plus dans les villes qui se tuent avec les armes à feu, 8 fois plus qui se précipitent d'un lieu élevé, et 2 fois plus qui s'empoisonnent. Le recours aux instruments tranchants y est également plus commun, dans le rapport de 4 à 5; le poison est rarement employé. Enfin le penchant à la pendaison croît avec l'âge, tandis que le nombre des noyés est à son maximum dans la jeunesse et diminue avec les années; les femmes ont plus souvent recours à la submersion.