‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.25Chapitre 69 sur 108 · SUR 100 SUICIDES · texte numérisé non relu

SUR 100 SUICIDES

U0MHE3. FEMMES

Strangulation 74,8 51,3

Submersion 14,6 59,4

Armes à l'eu 9,4 0,1

PoibOn 6,9 3,2

Autres moyens 3,3 6,0

Il est fort difficile d'apprécier les causes de l'extrême fréquence du suicide en Danemark ; elles sont probablement subordonnées aux mœurs, aux usages sociaux de la population danoise ; les influences sociales doivent jouer un rôle certain, mais qui ne pourrait être déterminé que par une connaissance approfondie du pays. Est-il permis d'invoquer l'intervention d'influences ethniques comme pour la race germanique? Le fait est probable, mais non encore prouvé. Toutefois, l'esprit religieux très-développé et même un peu empreint de mysticisme de la race danoise est un facteur ethnologique dont il y aurait lieu de tenir grand compte. Otto dit que le suicide en Danemark prend le plus souvent sa source dans la mélancolie. Il y a une vingtaine d'années, le suicide frappait avec, une intensité peu commune sur la classe des gens à gages, des domestiques, parmi lesquels le nombre moyen des morts volontaires s'élevait à 464 pour 1 million ; cette proportion était à la même époque, et pour le même cliiffre d'habitants, de 288 pour la population entière. L'alcoolisme joue aussi un rôle considérable dans une foule de cas ; un tiers des suicides masculins, et les G/i 00 des féminins, ont l'ivrognerie pour cause plus ou moins immédiate. 17 fois sur 100, à la question posée par l'autorité chargée de la rédaction des procès-verbaux, la réponse de la réalité de l'alcoolisme a été aflirmative, et celte proportion est probablement encore très-éloignée de la vérité. On a noté que les ivrognes se pendent dans une plus forte proportion que les autres suicidés.

Les morts violentes, en dehors des suicides, et de 1866-1875, ont figuré dans la proportion de 15,3 sur 1000 décès à Copenhague et de 18,8 dans les villes de province; 17,1 pour l'ensemble des villes du royaume. Ce rapport subit peu d'écarts, il était le même en 1851-1854, période pendant laquelle on avait observé une moyenne de 572 morts accidentelles par an, et pour le pays entier, soit 232 pour 1 million d'habitants, dont 603 pour 1000 par submersion, 7 par la foudre, 16 par brûlures, etc....

Pathologie. Épidémies. Moins expose que les pays méridionaux, en raison de sa situation géographique, à l'importation ou à l'invasion des grandes épidémies, le Danemark en a pourtant subi un assez grand nombre dans les temps passés. La première mention qui en soit faite remonte au quatorzième siècle ; le fléau qui, sous le nom de peste noire, ravagea l'Europe de 1346 à 1550, fut importé en Danemark par un navire en 1349 ; il sévit surtout le long des côtes et enleva une grande partie de la population de Copenhague. Dans le Jutland, Viborg, Aalborg, Aarhuus, furent presque entièrement dépeuplées ; le quart seulement des habitants du royaume échappa à la mort (Otto).

En 1529, la maladie désignée sous le nom de peste ou suette britannique, sudor anglicus, et qui pendant 50 ans exerça de si grands ravages dans le nord de l'Europe à partir de 1486, visita tout le pays avec un caractère de gravité tel « qu'à Copenhague seulement, le jour de la Saint-Michel, elle emporta plus de 400 personnes » (Otto).

En 1710, l'armée danoise, après une bataille livrée en Scanie, importa à Elseneur le typhus qui, de là, s'étendit rapidement dans le pays sous forme d'épidémie violente. Cette épidémie, d'après Otto, présenta les caractères d'un violent typhus fever et fut accompagnée de pétéchies. Otto en a indiqué les symptômes prédominants : fièvre, vertiges, violente céphalalgie, délire, rachialgie, vomissements, expectoration sanglante, hématuries, ménorrhagies ; adénites inguinales, axillaires et cervicales; charbons, pétéchies, etc.. La mort survenait ordinairement du troisième au quatrième jour. A Elseneur, l'épidémie

enleva en 1710 plus de 6000 personnes. Dans l'hiver de 1710-1711, qui fut trèsdoux et humide, la maladie se changea en fièvre avec éruption mihaire qui fut aussi très-maligne. En juin 1711, elle prit le caractère d'une vraie peste qui ravagea à la même époque la Prusse, la Lilhuanie, la Thuringe, la Poméranie et le Luxembourg; de juin à la fin de l'année, le chiffre de la mortalité en Danemark atteignit 40 000; en août et septembre, le nombre des morts monta à 300 par jour. La maladie s'éteignit à la fin de 1711.

Aaskow (Urban-Brunn) a laissé la relation d'une grave épidémie de typhus péiéchial qui fut importée à Copenhague en 1769 par un navire de guerre russe, et sévit sur la ville et sur la flotte danoise destinée à une expédition dirigée contre Alger. La contagion s'étendit rapidement des équipages à l'hôpital delà marine et (le là à la population de îa ville tout entière; peu de médecins et d'infirmiers échappèrent à l'épidémie. Importé en automne, le typhus augmenta pendant l'hiver, qui fut impuissante arrêter son cours, et sévit avec violence pentlant l'été de 1770. 11 dura jusqu'en 1771, époque à laquelle il parut faire place à une épidémie de rougeole qui d'abord s'était mêlée à cette fièvre pétéchiale et avait fait beaucoup de victimes. « Cette fièvre putride avait d'abord dans la population de îa ville revêtu la forme bilieuse ; puis, à l'automne et surtout pendant l'hiver, des pleurésies et des pneumonies étaient survenues à titre de complication ; eu même temps, beaucoup de scarlatines accompagnées d'angine de mauvaise nature se manifestaient chez les femmes et les enfants » {Arch. de méd. navale, t. V, p. 340). En 1774, cette maladie sévissait encore, mais avec des caractères moins graves.

En 1788 et 1789, Copenhague a été visitée par une épidémie de fièvre bilieuse maligne et contagieuse qui, depuis quelques années déjà, foisait des ravages parmi les équipages danois; elle ne prit pourtant le caractère malin qu'à la fin d'octobre 1788, quand la flotte danoise se l'éunit à la flotte russe. 11 régnait, à ce moment, un temps froid et humide et des vents d'est. L'escadre alliée introduisit la maladie à l'hôpital de la marine, d'où elle se propagea dans le reste de la ville. Otto a relaté les symptômes de cette fièvre épidémique : vomissements noirs et jaunes, coloration jaune des conjonctives et de la peau, gangrène des pieds, de la face, de la gorge, des oreilles, du dos et des organes génitaux, etc.. Son caractère contagieux fut si prononcé que, dans les trois jours qui suivirent l'arrivée des malades à terre, il n'y eut pas moins de 6 chirurgiens et 16 infirmières atteints par la maladie. Elle dura quatre mois.

C4holéra. Le choléra asiatique a été inconnu jusqu'en 1850 dans le Danemark, qui avait joui d'une immunité à peu près complète (quelques cas en Seland) pendant la grande épidémie de 1832-1834. En septembre 1848, lors de la deuxième grande épidémie d'Europe, il avait éclaté à Gliickstadt (Holstein) ; ce fut seulement en août 1850 qu'il fit une apparition inattendue à Bondholm, en Laaland. Panum, qui assista à cette petite épidémie et qui en a tracé la relation, dit qu'elle montra un caractère très-grave; 5 pour 100 des habitants furent atteints, et 53 pour 100 des malades succombèrent ; cette bouffée épidémique ne s'étendit pas au delà de 2000 milles carrés {Hospital-Meddelelsei\ 3« vol.).

En 1853, lors de la troisième irruption épidémique du choléra en Europe, le Danemark fut plus sérieusement atteint, et le fléau sévit surtout à Copenhague; le Jutland fut très-épargne. Bricka et J. B. Ilubertz, qui ont écrit l'histoire de

celte épidémie, rapportent que sur la population totale du Danemark il y eut 4,45 cas sur 1000 habitants (5,5 à Copenhague) et une proportion de 65,6^2 décès sur 1000 malades, et de 56,5 sur 4000 iiabitants (55 à Copenhague). Le choléra éclata le 12 juin à Copenhague; pendant près d'un mois, l'épidémie suivit une marche lente et irrégulière, puis augmenta d'intensité et atteignit son apogée le 27 juillet; elle disparut le l^' octobre. Le sexe féminin fut un peu plus atteint que l'autre; l'âge de 10 à 20 ans fut le plus épargné; les âges de 5 à 10 ans et de 20 à 55 ans montrèrent moins de tendance que les autres à contracter la maladie, et offrirent une mortalité assez modérée; c'est entre 15 et 20 ans que les décès furent les moins nombreux. Pendant la première semaine, la maladie attaqua principalement les personnes dans la force de l'âge, les enfants et les gens âgés furent atteints rarement à ce moment; plus tard, la maladie se répandit avec une assez grande violence dans tous les âges, et sur son déclin comme à son début elle s'adressa plus particulièrement, pendant quelques semaines, aux hommes et aux femmes robustes plutôt qu'aux enfants et aux gens âgés. La plus haute gravité coïncida avec la période qui précéda l'apogée : ainsi, du 17 juin au 27 juillet, il mourut 69,8 malades sur 100 ; du 28 juillet au 1" octobre, la proportion des décès fut seulement de 58,6. Dans les corporations d'artisans, à part les tisserands, les ouvriers travaillant à l'air libre (maçons, tailleurs de pierres, cordiers, etc..) furent plus maltraités que les autres (Hannover).

Les statistiques danoises de 1865-1875 montrent que le Danemark n'a pas eu à souffrir de l'épidémie de 1865-1866; elles ne signalent dans cette période de treize années qu'une centaine de décès par cliolérine^ y compris quelques cas isolés de choléra asiatique introduits dans les ports par la voie de mer.

La grippe épidémiqiie, influenza, fièvre catarrhale épidémique, a fait de très-nombreuses apparitions dans le pays. Ranôe a décrit une épidémie de cette nature qui éclata en avril 1782 à Copenhague. Otto considère la grippe comme endémique dans cette grande ville dont le climat et les variations atmosphériques y prédisposeraient au plus haut degré les habitants. Fenger, Bremer, Panum, se sont occupés des épidémies d'influenza qui ont passé de 1825 à 1844, et de leur influence sur la mortalité. Une première épidémie en 1851, moins intense que les suivantes, ne se développa que sur des points isolés dans le sud de Fionie et dans le nord de Seland. Dès le printemps de 1855, la grippe se répandit dans le pays, mais n'influa pas beaucoup sur la mortalité; 1864 personnes furent atteintes à Copenhague dans la classe la plus pauvre da la population. La grande épidémie de grippe de 1856-1857 qui parcourut une grande partie de l'Europe, et apparut presque simultanément en Danemark, en Angleterre, en Suède, en Allemagne, etc.,... semble avoir pris naissance dans le premier de ces Etats. L'épidémie fit sa première apparition dans l'ouest, dès le mois de novembre ; en janvier et février, elle sévissait dans l'est, à Bornholm ; des observations exactes ont démontré qu'à quelques exceptions près l'épidémie suivit une marche constante de l'est à l'ouest, et envahit les diverses localités en s'avançant directement contre les vents régnants ; la maladie prit un caractère inflammatoire par le vent de N. E. Pendant cette épidémie, la grande ile Mors, dans le Limfiord, fut complètement épargnée tant que la température lui permit de couper ses communications avec le continent (Panum). Cette épidémie coûta la vie à 1644 personnes, dont 917 femmes ; la plupart des habitants de Copenhague furent atteints.

En dehors des époques d'épidémies, la fièvre catarrhale montre un caractère réellement endémique, et se rencontre dans tout le cours de l'année, mais spécialement en hiver et au printemps et sous l'influence des vents de N. E. ; habituellement sans danger, elle est pourtant à redouter chez les phthisiques, chez les malades atteints de quelque maladie de la poitrine, et chez les vieillards; pendant l'épidémie de 1857, 1500 décès eurent lieu chez des gens ayant dépassé la cinquantaine. Do 1866-1875, la grippe n'a occasionné qu'un chiffre insignifiant de décès à Copenhague, et 2,6 sur 1000 décès dans les villes de province. Elle est aussi souvent le point de départ de la phthisie et de maladies thoraciques incurables (Otto).

Malaria. Malgré sa situation géographique qui le rapproche de la zone froide de l'hémisphère boréal (60 degrés lat.), et sous laquelle, en règle générale, les maladies de malaria disparaissent, le Danemark a subi, à diverses reprises, des épidémies extrêmement graves de fièvres intermittentes. Une première épidémie de malaria, sur laquelle Fenger a fourni d'excellents renseignements dans les « Conférences de la Société royale de médecine de Copenhague » , a sévi de 1826 à 1855, dans l'Archipel plus spécialement. Cette influence épidémique régnait, du reste, à cette époque, non-seulement en Danemark, mais aussi dans la plus grande partie de l'Europe du nord. La mortalité atteignit le chiffre énorme de 60 550 victimes en Danemark. Seland, dans les régions basses et marécageuses de sa partie S. 0., Langeland et Laaland-Falster, furent les plus éprouvées. Dans ces dernières iles, en 1851, la proportion de mortalité, limitée à 1 sur 44 ou 47 en temps ordinaire, s'éleva à 1 sur 17 ; dans une paroisse de 2000 âmes, 1800 personnes tombèrent malades, et il y eut 98 morts. A Langeland, plus du cinquième de la population fut atteint (20,4 pour 100), et il mourut 1 sur 12 ou 15 malades; la mortalité augmenta d'un tiers. Dans les cas mortels, la fièvre passait au type rémittent, et des complications de caractère typhique emportaient les malades. On remarqua en 1851 et 1855 que la fièvre intermittente cessa immédiatement à l'apparition de la grippe, pour revenir dès que celle-ci disparut (Pantim).

^ A Copenliague, de 1827 à 1832, l'épidémie reparut chaque année dans le mois de mars ou d'avril, pour s'éteindre au mois de juillet ou d'août. Fenger remarqua que les adultes y étaient d'autant plus exposés qu'ils étaient plus jeunes ; la fréquence de ces fièvres diminuait dans les âges plus avancés.

Cette influence malarienne disparut presque totalement jusqu'en 1848, sauf dans Laaland etFalster où continuèrent à se montrer quelques cas sporadiques. En 1848, parut une nouvelle épidémie très-étendue également, mais bien moins grave dans ses conséquences, car la proportion de mortalité ne fut pas sensiblement affectée, et le passage de la fièvre à la rémittence ou à la continuité et aux complications typhiques ne fut guère remarqué. Dans les grands hôpitaux, on fit cette observation, que plusieurs maladies étiologiquement différentes, telles que la pneumonie, montrèrent dans leurs symptômes une véritable intermittence et des accidents typhiques. En 1849, il ne l'estait plus que des cas isolés etja maladie avait totalement disparu l'année suivante.

De nos jours, les fièvres de malaria sont assez rares dans le Danemark proprement dit ; elles ont été réellement endémiques autrefois dans les îles basses de Laaland et de Falster, mais là comme dans le reste du pays, les terres marécageuses estimées en superficie, il y a une trentaine d'années, à 1925 kilomètres carrés, ont en partie disparu par le drainage, par le dessèchement deplusieurs étangs

DANEMARK. ^t41

et la mise en culture des terrains autrefois recouverts d'eaux stagnantes. Le printemps et l'automne, mais particulièrement les mois de mars et mai, marquent l'époque du retour des fièvres intermittentes. Le type tierce est le plus fréquent, le type quotidien l'est moins, la fièvre quarte est très-rare. La fièvre revêt ordinairement le caractère gastrique; elle ne laisse d'habitude après elle aucune maladie secondaire, tels qu'engorgements du foie et de la rate, mais elle est sujette à de faciles récidives chaque année. La forme bilieuse serait une des plus fréquentes à Copenhague, et se montrerait toute l'année (Otto).

Le chiffre de léthalitépar fièvre intermittente est insignifiant, 0,3 pour 1000 décès entre 1866-1875, et pour l'ensemble des villes du royaume.

La fièvre typhoïde est d'une grande fréquence en Danemark et s'étend à tout le pays ; presque tous les ans, on la voit apparaître sous forme épidémique dans une localité ou dans une autre. Kayser a signalé entre 1856-1849, à Copenhague, trois épidémies principales qui déterminèrent 4 pour 100 des décès; la première dura 42 mois, de 1857 vers le milieu de 1840; la deuxième, 34 mois; elle commença en mai 1841 et ne s'éteignit qu'à la fin de février 1844; la troisième, en 1847, dura 7 mois. Ces trois épidémies occasionnèrent une mortalité mensuelle de 16 à 18. En 1852, une violente épidémie de dothiénentérie avait régné dans les quartiers occidentaux de la capitale; en recherchant les causes, il fut constaté que toutes les conduites d'eau en bois de ces quartiers étaient pourries. Jusqu'en 1859, en effet, les eaux de Copenhague provenaient de citernes et étaient distribuées en ville par des tuyaux en bois qui n'ont été remplacés qu'à cette époque par des conduits en fer. Ces derniers distribuent un mélange des eaux de citernes avec des eaux de puits artésiens ; celles des puits ordinaires sont impolables. Dans la période de sept ans qui suivit l'installation de ce nouveau système, la mortalité annuelle diminua de 2,74 à 2,65 pour 100, et les maladies principales sur lesquelles porta cette diminution furent la scrofule, la scarlatine et la fièvre typhoïde. Pour ce qui est de cette dernière maladie, en comparant les deux périodes septennales qui ont précédé et suivi l'année 1859, on a con§,taté que la mortalité par fièvre typhoïde avait diminué de 5,74 à 4,59 pour 1000, en même temps que la gravité des cas s'atténuait. Ce système de canalisation a dû, sous ce rapport, inlluer d'une façon essentielle, car aucune autre réforme hygiénique ne fut accomplie à cette époque (Hornemann).

Feuger, englobant sous la dénomination de fièvres continues les fièvres gastrique, bilieuse, typhoïde, typhique, etc.,... les dit assez rares dans les années de la puberté (15-19 ans); elles deviennent plus fréquentes de 20 à 29 ans, et décroissent peu à peu vers l'âge mûr et la vieillesse. C'est, du reste, la loi générale dans la fièvre typhoïde.

D'après Otto, la fièvre typhoïde à Copenhague se montre particulièrement en hiver et au printemps (Cold a fait la même remarque pour quelques paroisses rurales de Seland), et parmi ses formes la variété cérébrale est la plus commune; la foi-me pectorale est moins fréquente, la forme abdominale la plus rare. Elle représente, comme en Angleterre et en Belgique, le vin-^lième des décès pour l'ensemble du Royaume. Dans le décennium indiqué plus haut, elle figure dans les décès de Copenhague pour 17,4 sur 1000; dans les villes de provinces pour 34, et pour une moyenne annuelle de 25,9 dans la totalité des villes. Ces rapports varient, du reste, considérablement d'année en année : ainsi on trouve pour 1000 décès généraux :

VILLES ANNÉES. COPENHAGUE. DE PROVI.VCE.

1864 45,7 70,2 niaùma.

1867 " -22,6 minimuiii.

Depuis le commencement du siècle, le typhus exanthématique n'a été observé que deux fois sous forme d'épidémies restreintes et localisées : la première à Fredericia, en 1841 ; la seconde dans la prison d'Odensee en 1845.

Le typhus recurrens a toujours épargné le Danemark (Lombard).

Fièvres éniptives. La variole est mentionnée comme ayant sévi épidémiquement en 1528 à Copenhague. Otto a indiqué la mortalité par cette cause dans le siècle dernier :

jionrs.

Le Jutland et les îles furent ravagés aux mêmes époques. Chacune de ces épidémies a tué l/7«, 1/10'= et 1/14" de la population de la capitale ; avant l'introduction de la vaccine à Copenhague, en 1801, on y pratiquait l'inoculation variolique depuis 1754; il y a bien eu plus tard plusieurs épidémies, mais bien moins intenses. En 1818, 151 cas dont 55 morts; importée en décembre 1825 par un navire étranger, la variole ne s'éteignit qu'en mars 1825; il y eut à cette époque de nombreux cas de varioloïde. D'autres épidémies ont été importées en 1825-28-32, mais n'ont pas acquis une grande gravité. La varioldide estlrèssouvent épidémique, à Copenhague spécialement, pendant les épidémies de variole (Otto). De 1863-75 (15 ans), la petite vérole a occasionné 664 décès à Copenhague et 282 dans les villes de province; le plus grand nombre de décès a été observé en 1872 dans la capitale, 219, et en 1875 dans les villes secondaires, 62.

La scarlatine est fréquente et grave à Copenhague où elle revient épidémiquement tous les 4 ou 5 ans d'après Otto. Ces épidémies ont beaucoup varié en gravité; quelques-unes ont été bénignes, d'autres ont revêtu un caractère de malignité emprunté surtout à l'angine ; telles sont celles de 1827-28-52-53. Dans les villes secondaires, la mortalité par cette maladie a été encore plus élevée dans ces dernières années: ainsi, de 1865-75, la scarlatine compte à Copenhague pour les 25 millièmes des décès, dans les autres villes pour 26,3. L'année 1865 a été particulièrement meurtrière dans la capitale, 68 pour 1000 décès. La scarlatine offre donc en Danemark une gravité que l'on ne retrouve pas au même degré ailleurs.

La rougeole, au contraire, est rarement maligne ou dangereuse ; elle a pourtant, dans le décennium 1866-75, provoqué dans les villes une mortalité plus élevée que la variole : 15,2 pour 1000 décès à Copenhague, 11,5 dans les autres. L'année 1873 a fourni 229 décès à Copenhague (maximum); 145 décès en 1874 dans les villes danoises. Elle apparaît presque toujours sous forme épidémique, spécialement q«and un temps humide et brumeux persiste longtemps en automne et en hiver.

De 1863-75, ces trois fièvres exanthématiques ont fourni dans les villes un rapport de 47 à 1000 décès généraux, proportion supérieure à celle de plusieurs

DANEMABK. -1^*5

villes allemandes, d'Amsterdam, de Paris et des villes françaises, mais inférieure à celle de Christiania et surtout des capitales des lies Britanniques (Lombard, onv. cité, t. II, p. 72, 101 et 135).

Maladies des organes de la respiration. La phthisie pulmonaire est aussi fatale en Danemark que dans la plupart des autres pays. Hirsch estime qu'à Copenhague la mortalité par phthisie est de 3,4' sur 1000 habitants. Nous avons recueilli les proportions suivantes pour 1870 et 1874 dans la capitale et les villes secondaires :

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