POUR
Natalité. On voit qu'en Serbie les naissances sont plus fréquentes qu'en Roumanie et en Transylvanie. En Hongrie seulement la proportion des naissances est plus marquée qu'en Serbie.
Enfants illégitiines. Sur 1000 naissances vivantes, on enregistre en moyenne 3,6 enfants illé;^itimes seulement. Généralement, l'homme qui a rendu enceinte une jeune fille ou une veuve s'empresse de l'épouser, et de la sorte Tenfant est légitimé avant sa naissance. D'ailleurs le chiffre élevé de la matrimonialité (11,51 pour 1000 habitants) nous indique déjà que les naissances illégitimes doivent ^tre, en Serbie, moins fréquentes que dans les pays voisins.
Rapport des sexes dans les naissances. Dans toute la Serbie, le chiffre des naissances féminines étant 1000, les naissances masculines ont été (de 1862 à 1873) de: 1057, 1074, 1041, 1058, 1065, 1062, 1061, 1071, 1055, 1064, 1062, 1051, et en moyenne pour les douze années il y a eu 1060 naissances masculines pour 1000 naissances féminines.
Mais pour les naissances illégitimes nous voyons que, contrairement à ce que l'on observe ailleurs, il y a 1095 naissances masculines pour 1000 naissances féminines.
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Pour toute la Serbie, on remarque que dans les années où le chiffre des naissances est plus fort la prédominance des naissances masculines est aussi plus marquée; et réciproquement, les naissances des garçons sont relativement moins nombreuses lorsque le chiffre des naissances générales a diminué. On voit que les causes qui influent sur la liausse ou la baisse du chiffre des naissances influent surtout sur les naissances des garçons.
Mariages. Il se contracte 11,51 mariages pour 1000 habitants; c'est là un beau chiffre. Dans les pays voisins, la matrimonialité varie entre 7 et 8,76.
Nous manquons de renseignements sur l'âge respectif des époux. Si les unions sont si fréquentes, apparemment les époux sont plutôt jeunes.
Toutefois, nous tenons d'un médecin des plus distingués de la Serbie qu'assez souvent un chef de famille donne pour mari à sa fille âgée de 23 ou 25 ans un jeune homme de 17 ans, pour avoir dans la famille un travailleur jeune de plus.
Fécondité des mariages. En divisant le nombre moyen des naissances par le nombre moyen des mariages, pour les douze années, on obtient le chiffre de 5,7 : il y a donc, en moyenne, trois naissances vivantes et sept dixièmes par mariage.
Nous rappellerons qu'en France il y a 5,03 naissances vivantes par mariage, en Autriche 4,5, et en Roumanie 4, 3.
Mortalité. Il y a en moyenne 50,91 décès par 1000 habitants. En Roumanie, la mortalité est de 25,75; en France, de 25 ; en Hongrie, de 34,6. En additionnant les chiffres des décès de 1862 à 1875, on trouve qu'il meurt 1115 hommes pour 1000 femmes.
Nous rappellerons qu'en Roumanie il meurt 1254 hommes pour 1000 femmes. Nous manquons de chiffres relatifs à la mortalité suivant l'àge et au nombre des mort-nés.
Accroissement de la population. L'excédant du nombre des naissances sur les décès est de 15 pour 1000 habitants. La population s'accroît donc dans une forte proportion. Mais elle doit s'accroître aussi dans une certaine mesure par l'immigration, car nous voyons que d'un recensement à l'autre le chiffre représentant l'accroissement de la population est supérieur à celui que l'on trouve en additionnant les chiffres qui représentent annuellement l'excédant des naissances sur les décès.
La statistique serbe ne nous donne pas le chiffre de l'excédant du nombre des immigrants sur celui des émigrants. 11 y a pourtant un courant d'immigration. Il arrive en Serbie des Roumains du nord, des Roumains du sud (Tsintsares) et surtout des Bulgares.
Voici le résultat des recensements depuis 1855 : en 1855, 678 155 habitants; en 1843, 859 545 habitants; en 1855, 990 009 habitants; en 1866, 1 211 567 habitants ; en 1874, 1 352 522 habitants.
Densité de la poindation. Il y a en Serbie 28 habitants par kilomètre carré. Comme la population s'accroît beaucoup, la densité augmentera naturellement: mais n'oublions pas que le pays est hérissé de montagnes et qu'il n'offre pas beaucoup de terrain pour la culture.
Les montagnes boisées servent seulement pour les pâturages, et l'on sait que la vie pastorale et la culture extensive ne permettent pas l'augmentation de la densité de la population au delà d'un certain chiffre. Il viendra donc fatalement un moment où les Serbes seront portés à s'établir dans les plaines de la Bulgarie, région où la culture pourra se faire sur une plus grande échelle qu'en
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Serbie, et où, par conséquent, la population pourra s'accroître plus à son aise.
La vie industrielle permet, il est vrai, aux habitants des contrées montagneuses d'avoir une densité de plus de 100 habitants par kilomètre carré ; mais on ne peut pas s'attendre à ce que la Serbie, pas plus que la Roumanie, fasse un saut pour passer brusquement de la vie pastorale et de la période d'agriculture primitive à la période industrielle.
Lorsque celte infiltration de l'élément serbe dans la Bulgaiie arrivera, il est bien probable que ce sont les Serbes qui constitueront les classes dirigeantes, car ils ont plus de discipline et plus d'esprit d'organisation que les Bulgares de plaines.
Vie moyenne. La pseudo-vie moyenne d'après la fornmle de Priée = P (l\-j Ij)-j/9 ^^^ seulement de 27 ^^ ans. Nous rappelons que cette formule donne
pour la Roumanie 34^S pour la France 40''», pour la Transylvanie 53■'^ et pour l'Autriche 27*«.
Le faible chiffre donné par la population de la Serbie doit tenir probablement au nombre relativement fort des décès des enfants au-dessous d'un an. Nous n'avons pas de chiffres relatifs à la mortalité suivant les âges, mais il nous est bien permis de faire cette supposition, vu le chiffre élevé de la natalité (44,09 pour 1000 habitants). En effet, plus il y a d'enfanis de 0-1 an, plus il y a de décès relativement.
Mouvement de la popidation roumaine de la Serbie. 11 est intéressant de comparer le mouvement des populations serbe et roumaine de la Serbie. Il nous faut d'abord chercber le chiffre de la population roumaine. Lejean, qui a fait des recherclies sur les lieux, nous donne pour l'année 1857 le chiffre de 104 345 comme représentant la population vallaque, c'est-à-dire le dixième de la population totale de la Serbie ^
Dans les recensements exécutés depuis, on a inscrit le nombre des Tsiganes, des Allemands, des Turcs, mais on a confondu les Roumains et les Bulgares de la Serbie dans la population serbe.
En prenant pour base les chiffres du consciencieux Lejean, et en les comparant avec le chiffre de la population inscrite lors du recensement de 1874, on est porté à admettre que le chiffre approximatif de la population roumaine devait être, en 1874, de 135 300 au minimum; à savoir, 50000 dans le district de Pozarevac, 4G 100 dans le district de Krajna (ces deux districts sont sis le long du Danube, en face de la Roumanie), 26 700 dans le district de Crna-Reka, 9500 dans le district de Cuprija, et 1000 dans le district de Smederevo.
Ce qui revient à dire que la population roumaine représente dans le district de Pozarevac 314 pour 1000; dans le district de Krajna, 606 pour 1000 ; dans le district de Crna-Rcka, 457 pour 1000 ; dans le district de Cuprija, 150 pour 1000, et dans le district de Smederevo, seulement 14 pour 1000.
Comparons maintenant le mouvement de la population totale de la Serbie avec le mouvement des districts où il y a des Roumains. Nous laissons de côté les districts oii la population roumaine n'est pas dans une grande proportion.
• M. Kanifz indique en 1868 {Serbien, p. 325) le chiffre de 123 000 individus.
DANUBIENNE (Région).
AiNMEES.
DISTRICT DE POZAREVAC.
ROUMAINS