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pas rare de les observer sur les talons, et alors tantôt la peau est fendue, gercée, crevassée en différents sens, tantôt comme mâchée ; chez quelques-uns, elle s'en va par lambeaux, laissant à vif un fond rouge pulpeux, d'une sensibilité extrême.
Cette affection, qui paraît n'être que le résidtat d'une macération du derme, détermine dans sou état d'acuité une douleur et une cuisson des plus vives, mais seulement quand les parties ét;mt hors de l'eau commencent à se séclier. Elle n'a par elle-même aucune gravité, car elle se guérit par le seul repos et la cessation de la cause qui l'a produite. Mais il est des ouvriers qui, dans le cours de la campagne, sont obligés d'interrompre cinq ou six fois leur travail pour se reposer quelques jours.
Nous signalerons aussi chez tous ces artisans, mais particulièrement chez les déchireurs de trains, les panaris et les phlegmons de la main consécutifs à la pénétration d'éclats de bois ou échardcs dans les tissus.
A côté de ces ouvriers viennent naturellement se placer ceux qui dirigent les trains et les bateaux en rivière, soit par la perche, soit par le halage. Souvent même ces conducteurs sont ceux qui, une fois le bateau arrivé à sa destination, procèdent à son déchargement.
Chez les hommes qui baient les bateaux le long des rivières, on remarque parfois un certain degré de voussure de la colonne vertébrale du à l'altitude courbée qu'ils prennent dans leurs efforts de traction. Ils présentent, en outre, une déviation eu dehors des pieds, plus ou moins marquée, une sorte de valgus professionnel provoqué par leur manière habituelle de marciier sur le chemin de halage en pressant sur le sol, particulièrement avec le bord interne des pieds.
En outre, j'ai été à même d'observer que l'action du baudrier, ou de la corde qu'ils portent en sautoir, détermine quelquefois, par le frottement, une irritation plus ou moins vive de la partie froissée, des furoncles et parfois un anthrax à la région dorsale correspondante ; et d'autres fois : la formation d'une bourse séreuse accidentelle sur le sommet de l'épaule. Cette même cause, en agissant par compression sur la cage thoracique et rur la partie inférieure du cou, a pu donner lieu à des hémoptysies et à des vertiges consécutifs au gonflement des veines cervicales. Un grand nombre de haleurs sont atteints de hernies. D'une manière générale, la phthisie est rare chez toutes ces catégories de travailleurs en rivière. Il est toutefois une profession ou mieux une attitude professionnelle qui prédisposerait au développement de cette affection : c'est le halage des bateaux au moyen de la perche. Sous le nom de phthisie professionnelle des mariniers, M. Perroud (de Lyon) a décrit une inflammation chronique du poumon susceptible d'aboutir ù l'état caséeux, à l'ulcération, au développement de cavernes et enfin au marasme et à la consomption.
Cette affection serait provoquée à la longue par l'emnloi du harpi, sorte de longue perche dont font usage les mariniers du Rhône, dont une extrémité armée d'une pointe et d'un crochet de fer est destinée à prendre un point d'appui sur le bord de la rivière ou sur les objets qui avoisinent le bateau, et dont l'autre extrémité plus ou moins irrégulièrement arrondie se fixe sur le haut de la poitrine dans la région sous-claviculaire. L'instrument étant ainsi placé, le marinier exerce sur lui, avec la partie supérieure de son thorax, des efforts de pression et de poussée au moyen desquels il éloigne le bateau de la rive, ou le fait progresser le long des bords.
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Ces manœuvres répétées soumettent le haut de la cage Ihoracique à une sorte de traumatisme chronique qui retentit jusque sur le sommet du poumon. C'est une compression plus ou moins intense, compliquée môme de chocs plus ou moins multipliés et violents qui dépriment, la région sous-claviculaire et atteignent dans une certaine mesure la portion sous-jacente du poumon. C'est d'abord un point de congestion chronique qui se forme au niveau de l'endroit ainsi soumis aux pressions exercées par l'harpi. En ce point, les malades ressentent une certaine douleur sourde et profonde; puis ils se mettent à tousser. Cette toux finit par devenir habituelle; et si la maladie n'est pas arrêtée, la congestion pulmonaire devient de l'inflammation: la fièvre s'allume, des signes de ramollissement se manifestent, et la phthisie consomptive se dessine. Des soins bien dirigés et surtout le changement de profession amélioreront et même guériront les lésions. On a bien essayé de prévenir ce traumatisme à l'aide de plastrons protecteurs ; mais il est bien difficile de les faire adopter, parce qu'ils sont contraires aux habitudes professionnelles.
La nature des matériaux dont on opère le déchargement ou le transbordement peut aussi influer d'une manière fâcheuse sur la santé des ouvriers. Cet ainsi que le charbon, le guano, les graisses, exposent à l'absorption de poussières irritantes et nuisibles.
Coustan a signalé chez ceux qui chargent et déchargent le charbon de terre, et particulièrement les briquettes, des éruptions cutanées, des inflammations de l'oreille fréquemment suivies d'otorrhée et déterminées par la présence et le séjour dans le conduit auditif de particules charbonneuses irritantes. Ou comprend combien il est nécessaire d'exiger, dans ces cas-là, des lavages fréquents de la face et des oreilles ; mais le moyen préventif par excellence contre ces otites chroniques consistera dans l'introduction d'un bouchon protecteur de ouate.
Chez les hommes occupés à décharger les navires chargés de guano, j'ai observé des blépharites chroniques, des conjonctivites tenaces dues à la nature ammoniacale de la poussière qui s'en dégage.
De Brou a constaté chez des ouvriers déchargeant un bateau de riz non décortiqué de la tuméfaction avec rougeur de la face accompagnée d'une inflammation assez intense des yeux. En examinant une petite balle de riz, on reconnut qu'elle était recouverte de larves vivantes de la calandre ou charançon du riz et de leurs dépouilles, et que le grain, en grande partie vermoulu, renfermait une quantité énorme de calandres mortes se réduisant en poudre par un léger frottement. De Brou reconnut que le charançon du riz contient un principe susceptible de produire une assez vive rubéfaction {Accidents produits par la calandre de riz, in Anii. d'hyg. publ., 1862).
Il est enfin des circonstances où les ouvrieis décharireurs de navires courent les plus sérieux dangers : c'est lorsqu'il s'agit du déchargement sanitaire d'un navire infecté de miasmes épidémiques ou contagieux, tels que fièvre jaune, choléra, etc.: témoin les cas de fièvre jaune survenus à Saint-Nazaire, lors du déc jargement de VAn?îe-Marie, en 1864. L'emploi des désinfectants, des fumigations, ne saurait prévenir le danger auquel expose le seul transbordement des marchandises infectées. Aussi conseillerons-nous, dans la plupart des cas, de suivre le précepte de Le Boy de Méricourt, qui a proposé l'emploi d'appareils respiratoires spéciaux.
« La respiration étant la voie la plus largement ouverte à l'absorption des