‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.26Chapitre 13 sur 75 · DAVIE · texte numérisé non relu

DAVIE

savoir. Son ouvrage le plus important est un lexique hébraïque, avec la signification des mots en latin et en italien (1587, in-fol.). On a encore de lui :

De senum affeclibus. Venctiis, 1588, in-S". L. Hs.

DAlVIUGE (Johx-Beale). Médecin américain de mérite, professeur d'anatomie à l'Université de Maryland, vivait à Baltimore au commencement de ce siècle. Nous connaissons de lui :

I. A Treatise on tlie Autumnal Endemial Epidemy of Tropical Cliinates, vulgarlij called llte Yellaw-Fever. Baltimore, 1798, in-S". — II. Nosologia melhodica. Ed. 2. Baltimore, 1813, ia-8°. — 1)1. Account of llie Dissection of a Singidar Ltisus Nattirte. In Coxe's Philad. Sied. Muséum, t. Il, p. 164, 1806. — IV. Il publia, à partir de 1823, le Baltimore Philosophical Journal and Review. L. Hn.

DAViDSO:<v (William). Médecin du dix-septième siècle, d'origine écossaise, vint se fixer en France et résida bientôt dans la capitale. Grâce sans doute ù la protection de la reine Henriette-Marie de France, femme de Charles I", que la révolution d'Angleterre avait chassée de ce pays, Davidson fut nommé l'un des médecins du roi et même, en 1648, intendant du Jardin du roi, en remplacement de Michel Bouvart. Celte dernière nomination a été contestée jusqu'ici, mais l'honorable et vénéré M. Chevreul, qui a réuni les matériaux encore inédits d'une histoire du Muséum, a trouvé, dans ses archives, la date de la nomination" de Davidson, qui donna sa démission en 1650, pour se rendre en Pologne en qualité de premier chirurgien du roi. 11 fut l'un des partisans les plus enthousiastes des idées de Paracelse, et sous le nom latinisé de Davissonius il a publié un volume fort discuté en ce temps-là, sa Philosophia pyrotechnica. Eln Pologne il a étudié la plique polonaise, dont il a nié l'existence comme entité pathologique. Plusieurs autres mémoires, signés Guillaume Davissone, lui sont attribués. En voici la liste :

I. Philosophia pyrotechnica seu caniculus chymiatricus nobilissiina illa et exoplatissiinn medicinœ parle pyrotechnia instruclus, multis iisque haud vulgaribus observationibia adornatus. Paris, 1635, in-8''; autres éditions, 1641-1057, in-8°. Traduit en français par Jeau llellot, médecin du roi, sous le titre : Éléments de la philosophie de l'art du feu, ou chemtc... Traduits du latin de Guillaume Davissone. Paris, 1051, in-S", contenant les plus belles observations et exhibitions des végétaux, animaux et minéraux, et les remèdes contre toutes les maladies du corps Immain, comme aussi la métallique appliquée à la théorie par une vérité fondée sur une nécessité géométrique et démontrée à la manière d'Euclide. Ouvrage nouveau et très-nécessaire à tous ceux qui se proposent de jeter de bons fortdemenls pour apprendre la philosophie, médecine, chirurgie et pharmacie. Une autre édition aurait été donnée par Davidson lui-même, mécontent de la précédente, s'il faut en croire une note de Lenglet-Dul'resnoy. Cette traduction aurait pour titre : Éléments de la philosophie de l'arl du feu ou cours de chimie . Paris, 1675, in-8°. — II. Observations sur t'anatoinie. Paris, 1651, in-S". (Ily aurait aussi une édition en latin.) — ,111. Commentariorum in Pétri Severini Dani ideam medicinœ philosophicce prope dieni pi-oditurorum prodromus : in quo Platon icce doctrinœ expUcantur fundamenta, super quœ Hippocralcs, Paracclsus et Severinus, necnon ex antithesi Aristoleles et Galenus sua stabilivere doyniata. La Haye, 1660, in-4°. Autre édition : La Haye et liotterdam, 1668, in-4°. — IV. Plicomastix seu plicœ e numéro morborum apospasma. Dantzick, 1668, in-4». Ce mémoire a été publié sous le pseudonyme de Theophrasle Scotus. — V. Voir enfin Collectanea chemica medico-philosophica Polonica. Anvers, 1698, in-4°. A. D.

DAYIE (John-Christopher). Médecin anglais, étudia la médecine à Londres, fut reçu licencié de la Société des apothicaires de cette capitale en J826, membre du Collège royal des chirurgiens en 1827, puis se fixa à Iladdcnham, dans le

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district d'Ely, où il exerça l'art de guérir pendant de longues années et remplit les fonctions de chirurgien de Haddenham Dist. Ely Union. Nous connaissons de lui :

I. Case of Gonorrhœa, followed bu Phagedœiia Gangnenosa and Scalp Eruptions. In London Med. a. Phijs. Jouriu, t. LX, p. 507, 1828. — IL On the Use of Cotton Wool in the Ticatment ofBurns and Scahh, 1848. — lll. On Compoiind Fracture of llte Os Frontis, Exfolialion of RiglU Radius, Scaphoid and Pisi/ormBones, Simple Fracture oflhe Left Radius and Dislocation of Both Wrist Joints, 1844. L. ilx.

DAVIEL (Jacques). Célèbre chirurgien et oculiste français, né à La Barre, dans le diocèse d'Évreux, le 11 août 1696, était fils d'un médecin. Il commença ses études chirurgicales à Rouen, sous la direction de son oncle nommé Salon, puis vint les terminer à Paris, oîi il suivit principalement la pratique de Boudon à riIôtel-Dieu. En 1719, on demanda de jeunes chirurgiens et médecins pour aller combattre la peste à Marseille ; Daviel fut l'un des premiers à se présenter et remplit sa mission avec un dévouement et un courage dignes d'éloges. En récompense de ses services, les magistrats de Marseille l'agrégèrent au corps des maîtres-chirurgiens de cette ville et le roi lui envoya une décoration particulière, à Feffigie de saint Roch, et avec la légende: Pro fugata peste. Daviel s'établit à Marseille et devint chirurgien-major d'une galère, place qui lui valut, outre le traitement qui y était attaché, la faveur de pouvoir disposer des cadavres des sujets morts dans les hôpitaux de la ville ; il en profita pour se livrer à des recherches anatomo-palhologiques et s'exercer aux opérations ; il oumt en même temps des cours particuliers d'anatomie et de chirurgie, qu'il continua pendant vingt ans.

Dès 1728, il s'occupa particulièrement des maladies des yeux et y acquit une habileté peu commune ; sa réputation ne tarda pas à se répandre à l'étranger; appelé successivement à Lisbonne, à Modène, à Gênes et dans plusieurs autres villes d'Italie, il obtint son agrégation à l'Institut de Bologne ; il était déjà à cette époque membre associé de l'Académie de chirurgie de Paris et membre de l'Académie de Toulouse.

En 1746, il alla se fixer à Paris et obtint l'autorisation d'opérer aux Invalides; en 1747, il fit sa première opération de la cataracte par extraction. En 1749, il fut nommé cbirurgien-oculiste du roi. En 1750, il se rendit à Manheim pour la princesse palatine et rendit la vue à quatre personnes de la cour, en les opérant de la cataracte; en novembre 1752, il pratiqua deux cent six opérations, dont cent quatre-vingt-deux avec succès. En 1754, il alla en Espagne, auprès du roi Ferdinand YI, qui lui fit les offres les plus séduisantes pour le retenir; mais Daviel aima mieux revenir à Paris, qu'il quitta encore une lois cependant pour se rendre à l'appel du prince Clément de Bavière, à Munich.

A partir de ce moment, la sanlé de Daviel devint de plus en plus chancelante; atteint d'une paralysie de la langue, pour laquelle il avait vainement fait usage des eaux de Bourbon, il se rendit enfin à Genève pour réclamer les soins deTronchin; mais son état ne fit qu'empirer, et il succomba le 30 septembre 1762, à Genève.

Daviel peut à bon droit être considéré comme l'inventeur du procédé d'extraction de la cataracte, dont il a le premier fixé exactement les règles ; avant lui, aucun operateur n'avait tenté d'extraire le cristallin malade de la chambre postérieure de l'œil ; Saint-Yves, en 1707, et Pourtour du Petit, en 1708, avaient à la vérité fait sortir le cristallin à travers une incision rectiligne pratiquée à la

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cornée ; mais c'étaient des cristallins qui avaient passé dans la chambre antérieure par accident, comme on peut s'en convaincre en consultant le chapitre XXI an Nouveau traité des maladies des yeux par Saint-Yves (Paris, 1722, in-12) {voy. Saint-Yves et Cataracte, p. 171).

Daviel était beaucoup trop absorbé dans la pratique de son art pour trouver le temps d'écrire. 11 n'a laissé que quelques opuscules, sous forme de lettres. Cependant on trouva dans ses papiers un T raité complet des maladies des yeux, qui aurait mérité peut-être de voir le jour, au jugement de Morand.

Le fils de Daviel fut également chirurgien-oculiste; mais, comme son père, il n'a guère laissé que quelques lettres sur les opérations de la cataracte.

On a de Daviel, le père :

I. Lettres sur les maladies des yeux. Paris, 1748, inl2. — II. Lettres à M. van Dermonde sur les avantages de l'opération de la cataracte par extraction. P3ins.,ll5ù, ia-12. — HI. Réponse de M. Daviel à la lettre critique de M. Roussilles, etc. In Mercure de France, inillel 1749. Tirée à part : Paris, 1749. — IV. Mémoire sur une nouvelle méthode de guérir la cataracte par extraction. In Mém. de l'Acad. de chirurgie. L. Htt.

DJlVIER {Forceps, forfex, denticeps). Forte pince, à serres courtes et solides, employée pour l'extraction des dents.

La pratique générale du davier est récente et ne remante guère au delà de 1850. L'incommodité des instruments en rendait l'usage assez difficile et même dangereux ; mais aujourd'hui, grâce à certains perfectionnements, le davier peut remplacer presque constamment la clef de Garengeot, sauf le parti spécial qu'on peut tirer de la grande force d'action de ce dernier instrument; il a le grand avantage de ne pas prendre un point d'appui sur les dents vicieuses.

Les modifications apportées à la forme des daviers et qu'on doit surtout à MM. SncU, llarris, Wolwerton, Andrieu, ont consisté surtout à donner à l'instrument (au-dessus de l'articulation des branches) et aux serres mêmes des courbures diverses en rapport avec le siège et la forme des dents à extraire. Ainsi, pour l'extraction des grosses molaires supérieures, la courbure est telle qu'elle permet aux mors d'atteindre la dent, du côté gauche ou du côté droit, sans presser sur les parties ailjacenles, ni tirailler la bouche. Les mors de ce côté sont disposés en crochet, de manière à s'adapter à la forme de la dent. Cette dernière disposition ne doit pourtant pas être e.vagérée; car avec des mors trop recourbés on s'expose à couper la dent, d'autant plus aisément que la maladie peut l'avoir rendue très-fragile. En principe, les deux mors ne doivent s'écarter du parallélisme que dans la mesure nécessaire pour pouvoir s'appliquer sur la plus grande surface possible. Des daviers autrement recourbés servent pour l'extraction des grosses molaires inférieures. Dans celui de Plarris, par exemple, les branches du manche font avec le plan antérieur de l'opérateur un an^le de 25 à 30 degrés. Enfin, on a imaginé des duviers spéciaux pour l'extraction des incisives et des canines, supérieures ou inférieures. On comprend, du reste, que l'habitude et l'haLileté peuvent ôter beaucoup de leur importance à ces diverses modifications.

lien est une autre, peu utile sans doute en beaucoup de cas, mais bonne en principe, et qu'on peut recommander : c'est celle qui consiste à terminer en crochet le manche correspondant au bord cubital de la main de l'opérateur, de manière que le petit doigt recourbé y trouve un point d'appui.

Quant à l'opération elle-même, elle consiste à saisir la dent d'avant en arrière,

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le plus près possible de la racine, et à la tirer suivant la direction de son axe, en ayant soin d'imprimer à l'instriinieiit de légers mouvements de rotation. Il est quelquefois nécessaire de déchausser préalablement la dent avec une lancette pour permettre aux serres de s'appliquer très-bas. Cette pratique est indiquée surtout quand une carie étendue laisse peu de prise à l'instrument [voy. Dk.ms). D.

DAVIES (Les). Nom d'un grand nombre de médecins anglais, parmi lesquels :

Davies (William). Né vers 1785, servit dans la marine militaire en qualité de chirurgien, de 1806 à 1829, prit son grade de docteur à Erlangen, en 1840, fut agréé licencié du Collège royal des médecins de Londres en 1841, membre du même Collège en 1850, et exerça la médecine à Londres durant de longues années. Il était en outre membre de la Société de botanique de Londres, membre honoraire de la Société d'histoire naturelle de Brighton, et vivait encore retiré à Brighton en 1877, comme le témoigne le Médical Directory de cette année, auquel nous avons du reste emprunté les dates ci-dessus.

Davies a écrit de nombreux articles sur les sujets les plus variés de la médecine, maladies des gens de mer, réforme médicale navale, purpura, etc., etc., dans Edinb. Med. Journal, Medico-Chiruryical Review, the Lancet, etc.

Davies (John). Naquit vers 1795, étudia la médecine à Londres, où il fréquenta l'hôpital Saint-Bartholomcw et fut reçu membre du Collège royal des chirurgiens d'Angleterre, en 1819. Il se fixa à Hertford et devint successivement chirurgien de la Herts-Militia et inspecteur du recrutement, médecin de la prison, de l'asile d'aliénés de Hadham Palace, de l'hôpital général d'Hertford, etc. Il fut reçu docteur d' Erlangen en 1847, docteur du Ring s Collège d'Aberdeen en 1 850, membre du Collège royal des médecins de Londres en 1859. Davies a été le principal rédacteur du London Médical and Surgical Journal à partir de 1828. Nous citerons de lui :

I. Sélections in Pathology and Siirgery, or an Exposition vf the Nature and Treatment of Local Disease. London, 1839, in-S°. — II. Use of lodiiie Locally appUed Lond., 1845. — III. Exposilion of the Laws which relate ta the Médical Profession. London, 1844. — IV. Une traduction : Edwards et Vavasseur : Manual of Materia Medica and Pharmacy. Lon- Jun, 18Ô1. — V. Grand nombre d'articles dans London Médical Repository, London Médical and Surgical Journal, the Lancet, the Médical Gazette, etc., etc. L. Un.

Davies (Henrï). Savant accoucheur, vivait à Londres dans la première moitié de ce siècle; il était membre du Collège des chirurgiens de Londres, professeur d'accouchement, chirurgien et accoucheur au Western Dispensary pour les maladies des femmes et des enfants, à la Maison générale d'accouchements, puis au British Lging-in Hospital. On a de lui un assez grand nombre d'articles e.t de mémoires sur les accouchements, les maladies des femmes et des enfants, j.ubliès dans London Médical Repository, London Médical and Physical Journal, etc.

Davies (Thomas). Médecin de Londres, professeur de clinique médicale an London Hospital, est surtout connu par un ouvrage estimé sur les maladies des A oies respiratoires et du cœur publié en 1 835 ; c'est une série de leçons qui avaient paru dans le London Médical Gazette, en 1834: Lectures on Diseases of

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tlie Lungs and Heart, deUvered at the London Hospital (Loiidoii, 1835, ia-8. Trad. allem. par Hartmann et Kirchliof. Hannover, 1836, gr. in-8).

Davies (J.-Redfern). Chirurgien de l'infirmerie du Birmingham Workhouse et de l'Hôpilal des enfants de Birmingham, ex-chirurgien de l'armée fédérale aux États-Uuis, mourut le 5 mars 1867, à Edgbaston (Birmingham), des suites d'une chute de cheval. Il n'était âgé que de trente-deux. aus. On a de Davies plusieurs mémoires très-originaux, parmi lesquels nous signalerons surtout ceux qui traitent de la cure radicale des hernies, de la résection des nerfs dans les névi'algies et de la résection du maxillaire supérieur. L. Hn.

DAVILA (don Pedro-Fr.v>co). Naturaliste péruvien, né à Guayaquil, mort en 1783. Il vint à Paris, oià il forma un beau cabinet d'histoire naturelle qu'il vendit fort cher (800 000 réaux). En 1769, il fut appelé à Madrid pour y créer un musée d'histoire naturelle, dont il fut nommé conservateur; par les nombreux correspondants espagnols qu'il avait daus le monde entier, il réussit à enrichir rapidement la collection madrilène. Il était membre de l'Académie d'histoire naturelle de Madnd, membre correspondant de la Société royale de Londres, de l'Académie de Berlin et de plusieurs autres sociétés savantes. Le catalogue de son cabiuet, rédigé par Rome de Lisle, est encore très-recherché. 11 a pour titre :

Catalogue systématique et raisonné des curiosités de la nature et de l'art qui composent le cabinet de M. DavUa. Paris, 1767. 3 vol. in-8% lig. L. ll.v.

DAVILLA {Davilla Vand.). . Genre de plantes Dicotylédones de la famille des Dilléniacées, composé d'arbrisseaux sarmenteux ou volubiles dont les feuilles sont alternes, entières, penninervées, coriaces, et les fleurs jaunes, disposées en panicules terminales. Chaque fleur est pourvue d'un réceptacle élargi sur lequel sont insérés : un calice à 5 divisions très-inégales, une corolle à cinq pétales égaux, caducs, à préfloraison imbriquée, et des étamines nombreuses, à filets dilatés au sommet, à anthères courtes, biloculaires. Le fruit est formé de trois carpelles indéliiscents, uniloculaires et monospermes, recouverts par les deux divisions intérieures et opposées du calice considérablement accrues ; les graines, presque complètement entourées d'un arille membraneux, renferment un embryon droit situé à la base d'un albumen charnu.

On connaît environ quatorze espèces de ce genre, toutes spéciales aux régions tropicales de l'Amérique et douées généralement de propriétés astringentes. C'est ainsi que les feuilles du D. elliptica A. S*-Hil. servent à préparer -un vulnéraire très-estimé, connu au Brésil sous le nom de Camhaibinha.

Celles du D. rugosa Poir. {D. brasiliana DG) ou Cipo de Carijo des Brésiliens sont employées en cataplasmes et en fomentations pour guérir l'enflure des jambes et des testicules, affections très-communes dans les régions chaudes de l'Amérique du Sud.

Bibliographie. — Vandeli.. FI. Lusil. et Brasil., 115, tab. 2, fig. 14. — De Caniioile. Prodr., h 69. — Bentham et Hooker. Gen. plant., I, p. 12. — A. St-Hilaire. PL us. des Brésil., t. XXIV. I'laschon et Triana. Sur les Davilla. In Ann. se, nat., 4° sér., XVII, 18. — Mérat ei de Lexs. D'ct.mal. méd.. Il, p. 603. — Rose.miivl. Sijnops. pi. diaph., p. 600. — H. Baillo>. //i"s^ des plantes. I, p. 106, 126, 130, fig. 146, 147 et 148, et iu Adamonia, VI, p. 269, 271, 272 et VII, p. 84. Ed. L.'

DAVi\i (Giovanm-Battist.\). Médecin italien, né à Camporgi.mo, en 1562,

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mort en 1635, fut le premier médecin du duc de Modène. ïl s'est beaucoup occupé d'histoire naturelle. Vers la fin de sa vie, il embrassa l'état ecclésiasiique. Davini était l'oncle du célèbre Yallisnieri. On connaît de lui:

I. Depofu vini calidi dissertatio. Mutinaî, 1720, in-S»; ibid., 1726, in-4°. Imprimé avec le Traité des bains chauds de Yallisnieri; on trouve cette dissertation dans la plupart des éditions des œuvres de ce dernier. — II. Dissert, de usu chinœ. In Gallerie de Minerva, t. IV. — III. Epislola ad Vallisnierium (sur une source dont l'eau était claire ou trouble selon que le ciel était serein ou couvert); dans les œuvres de Yallisnieri. L- Hn.

DAVIS (Les). Parmi les médecins anglais de ce nom nous mentionnerons :

Davis (Johin-Burrell). Né vers 1770, reçu docteur à Edimbourg en 1808,

avait servi auparavant dans l'armée anglaise et passé quelques mois en France,

en 1806, comme prisonnier de guerre. Il se fixa à Londres et y devint médecin

à l'Hôpital général des enfants. L'époque de sa mort nous est inconnue. Nous

connaissons de lui :

I. Projet de rf-glement concernant les décès, précédé de réflexions : 1° sur l'abus des enterrements précipités ; 2° sur l incertitude des signes de la mort ; 5° sur les moyens de rappeler à la vie dans les cas de mort ajparcnte. Verdun, 1806, in-8°. — II. Observations sur les asphyxies. Verdun, 1806, in-S». — III. Diss. inaug. de phthisi pulmonum. Eilinburgi, 1808, gr. in-8°. — IV. More Subjecis than one, principalhj Relative to France. Lcndon, 1807, 2 vol. in-12. — V. AScienlific and Pojmlar Vieiv of the Fever of Walchcren. London, 1810, in-S". — VI. A Cursory Inquiry info Some of the Principal Causes of Mortality among Children. london, 1817, in-8''. — VII. Annals Historical and Médical during the First Four Ycars of the Universal Dispensary for Children. London, 1821, in-S". — VIII. .4 Popular Mcinual of the Art of Preserving Health. London, 1836 (1835), in-8°. — IX. Articles dans Médical and Physical Journal, etc. L. Un.

Davis (David-D.). Célèbre accoucheur anglais, né le 15 juin 1777 dans la paroisse de Llaiidefeilog, près de Carmarlhen, dans le pays de Galles. Il fit ses humanités à Noribampton, de 1793 à 1798, puis se rendit à l'Université de Glasgow, où il fut l'un des élèves les plus distingués du professeur Mylne et prit le degré de docteur en 1801. Il exerça ensuite pendant dix ans l'art de guérir à Sbeffield, dans le Yorkshire, et y remplit avec distinction les fonctions de médecin à l'Hôpital général.

En 18H, Davis fut élu fellow du Collège desmédecins d'Edimbourg, et deux ans après licencié du Collège des médecins de Londres ; il habitait celte capitale depuis peu de temps ; il s'y était rendu en effet, en 1812, pour suivre les leçons obstétricales de Haighton au Guy's Hospital et la pratique de Gooch au Westrrinster Lyivg-in Hospital, mais il ne s'y fixa définitivement qu'en 1813. En décembre de la même année, il lut nommé médecin accoucheur du Queen Charlottes Lying-in Hospital, en remplacement d'Andrew Thynnc, qui venait de mourir. En 1815, il commença des leçons sur les accouchements, d'abord à son domicile, puis dans la résidence du docteur Squire, et l'année suivante à l'École de médecine deTaunton, à Hatton Garden. C'est vers la même époque qu'il fut nommé médecin-accoucheur au Northern Dispensary et au Royal Materniiy Charily (mars 1816). Il assista ensuite Sims dans sa pratique privée et ne tarda pas à succéder à cet éminent accoucheur.

En 1819, il eut l'honneur d'accoucher la duchesse de Kent d'une fille qui fut la reine Victoria. Il enseigna l'obstétrique durant plusieurs années à l'école fondée par Grainger et institua également des cours dans sa propre résidence; il fit également des leçons à l'École de médecine d'Aldersgate, conjointement

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avec J. Ouain el Tyirell. Enfin en 1827 il obtint la chaire d'accouchement à Universily Collège, et, quand fut fondé l'hôpital en connexion avec cette école, il y remplit la charge de médecin-accoucheur. Davis mourut le 4 décembre 1841, laissant d'unanimes regrets.

Davis fut vm accoucheur d'une habileté rare et un professeur remarquable par la clarté de son enseignement. 11 a perfectionné divers instruments obstétricaux, entre autres le forceps [craniotumy- forceps) , et a publié un assez grand nombie de travaux remarquables, parmi lesquels ses Éléments d' opérations obstétricales et son Traité de médecine obstétricale méritent surtout d'être signalés. Voici du reste la liste des publications les plus importantes de Davis :

I. Eléments of Opérât ivc Midwifcry, comprisimj a Description of Certain New and [niproved Poiverx for Assisting Difficult and Dangcrous Labours. London, 1825, in-4°. — II. Principles and Practice of Obsletric Medicine, in a Séries of Syfitematic Dissertations on Midwifery and on the Diseases of Women and Children. London, 1851-30, 2 vol. in-4, plancti.; NewEdit., ibid., 1855-36, 2 vol. in-4°, pi. A very comprehensive Index to Dr. Davis's Obst. Medic., by liis Son, John Davis. Ibid., 1856, in-4°. — IlL Une traduction : Pixei,. Treatise on Insanily. Sheffield, 1806, in-8°. — IV. Descript. of a Craniotomy and Polypus- Forceps. In Transact. of the Soc. for the Encouray. of Arts a. Manuf., t. XXXV, p. 188, pi. — V. On the Craniotomy- Forceps, etc. In Lond. Med. Reposif., t. VllI, p. 375, 1817. — VI. An Essay on the Proximate Cause of the Disease called Phlegmasia Dolens. In London Med.-Chir. Transact., t. XH, p. II, p. 419, 1825. — VII. Autres articles dans London Med.-Chir. Trans., Johnson s Med.-Chir. Review, etc. L. Un.

DAVY (Les). Famille de chimistes et de médecins anglais, parmi lesquels nous mentionnerons :

Davy (IIumphry). Né à Penzance, dans le comté de Cornouailles, le 17 décembre 1778. Il perdit sou père à l'âge de seize ans et eut par suite des débuts très-pénibles. En 1795, il fut mis eu apprentissage chez maître Borlase, chirurgien et apothicaire à Penzance. C'est là qu'il prit ce goût ardent pour la chimie, OVL il fit de si belles découvertes plus tard. Les conversations qu'il eut avec Grégoire Watt, le fils de l'inventeur de la machine à vapeur, le foitilièrent dans son dessein de se livrer aux sciences physiques et chimiques, et comme il était dénué de ressources, il dut construire ses premiers appareils avec des tubes de verre achetés à un marchand ambulant, avec de vieux tuyaux de pipe et avec une seringue que lui avait donnée, dit-on, le chirurgien d'un navire français, échoué à Land'sEnd; d'après une autre version, il trouva lui-même la seringue et divers autres instruments dans une caisse échouée sur le sable du rivage.

Les premières expériences de Davy portèrent sur le mode de respiration des plantes marines, et il constata que ces dernières agissent sur l'air comme les plantes terrestres. Davy envoya le résultat de son travail au docteur Beddoes, ancien professeur de chimie à l'Université d'Oxford, et qui venait de fonder à Clifton, près de Bristol, mi établissement connu sous le nom A' Institution pneumatique et destiné au traitement des affections pulmonaires par l'emploi des gaz, Beddoes fit venir le jeune chimiste à Bristol, en 1798, et l'attacha à son institution. C'est là qu'il fit ses fameuses expériences sur le gaz nitreux ou protoxyde d'azote, encore appelé gaz hilarant, grâce à ses propriétés particulières sur l'organisme. Il avait été amené à faire ces expériences pour réfuter l'opinion d'un célèbre praticien, le docteur Mitchell, qui prétendait que ce gaz était un principe immédiat de la contagion et était capable de produire les elfets les plus désastreux, si on en respirait une quantité même très-faible. Davy ne se laissa pas intimider et, dans l'extase provoquée chez lui par la respiration du

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protoxyde d'azote, il disait : « Rien n'existe que la pensée : l'univers ne se compose que d'impressions, d'idées, de plaisirs et de souffrances. » Davy fit des expériences analogues avec d'autres gaz, avec l'hydj'ogène carboné, l'acide carbonique, l'azote, le bioxyde d'azote, mais ce ne fut pas impunément, car sa santé s'en ressentit et ne se remit jamais tout à fait.

En 1801, Davy fut appelé à V Institution royale de Londres, créée par Rumford, pour professer la chimie, et son enseignement ne tarda pas à obtenir un succès énorme. Le bureau d'agriculture chargea également Davy d'un cours de chimie appliquée. Il devint l'homme à la mode dans la capitale et fut créé successivement chevalier et baronnet (1812).

En 1805, il fut nommé membre de la Société royale de Londres, trois ans après en devint le secrétaire, puis en 1820, à la mort de Joseph Bancks, présida l'illustre compagnie. En 1807 l'Institut de France le couronna, au moment où la guerre avec l'Angleterre était dans toute sa violence, et, en 1819, le nomma l'un de ses huit associés étrangers. En 1812, Davy avait renoncé à son enseignement au Royal Institution. 11 fit alors de fréquents voyages sur le continent, particulièrement en Italie, pour rétablir sa santé qui déclinait déplus en plus; il mourut subitement dans un de ces voyages à Genève, le 29 mai 1829, âgé seulement de cinquante et un ans. Sa veuve fonda à l'Académie de Genève un jirix destiné à être décerné tous les dix ans à l'auteur de l'expérience chimique la j)lus neuve et la plus féconde en résultats.

Il nous reste à apprécier brièvement l'œuvre scientifique de Davy. II reprit l'expérience de la décomposition de l'eau au moyen de la pile de Volta et le premier interpréta exactement ce phénomène ; il expérimenta sur un grand nombre d'autres corps et arriva à formuler cette loi qui devint la base de la classification de Berzelius, à savoir que l'affinité chimique n'est autre chose queVénerçjie de pouvoirs électriques opposés. C'est le mémoire consacré à ces travaux qui remporta en 1807 le prix de l'Institut de France. Mais D.ivy ne s'arrêta pas en si beau chemin et au moyen du courant électrique décomposa les alcalis fixes (potasse et soude) et les terres alcalines (chaux, magnésie, etc.), que jusqu'alors on avait regardés comme des corps simples. C'est ainsi que l'illustre chimiste anglais isola \e potassium, le sodium, le baryum, le strontium, h calcium et le magnésium. Le premier il osa hardiment affirmer que l'acide muriatique oxygéné n'était autre chose qu'un corps simple, qu'il appela chlorine, nom qui fut changé plus tard en celui de chlore. Les idées de Lavoisier sur la combustion étaient dès lors renversées. Citons encore de Davy son invention de la lampe des mineurs, fondée sur ce principe que la flamme ne se propage pas à travers les mailles étroites d'une toile métallique froide.

Nous mentionnerons de Davy :

1. Researches Chemical and Philosophical, chie/ly concerning Nitroiis Oxide. London, 1800. — II. Si/llabus of a Course of Lectures on Chemhtrij. London, 1802. — III. A lecture on ihe Objects of the Roijal Institution. London, 1810. — lY. Eléments of Chemical Philosophy. London, 1812, in-S" (ouvrage inachevé). Trad. en franc, par van Jlons. Bruxelles, 1813, 1810, in-8°. Trad. ail. par F. Wolf. Berlin, 1814, in-S". — Y. Eléments of AgricuUural Chemislry. London, 1813, in-4°. Trad. en fr. par Marchais de Migneaux. Paris, 1820, in-12. Trad. allem. par F. Wolf. Berlin, 1814, in-8°. — M. On the Safety Lamp for Goal Miners, U'ith Some Researches of Flame. London, 1815, in-8°. — YII. Discourse to the Roy. Society. London, 1828, in-4°. — YlII. Salmonia or Days of Fly-fishing. London, 1S28, in-12. — IX. Consolations in Travels, or the hast Days of a Philosopher. London, 1850, in -8» (posthume). — X. On Galvanic Compositions by Single Melallic Plates and Fluids. In Philosoph. Transactions, 1801. — XI. On Adstringent Vegetables and their Opération in Tan-

DAYY (Les). 57

ning. Ibid., 1803. — XII. On Some Chemical Âgenciesof Eleclricitij. Ibid., 1807, et Annal, de chim., t. LXIII, p. 172, 225; Joiirn. de phijs., t. LXIV, p. 42. — XIII. On some New Phenomena of Chemical Changes produced by Electricity, particularlij the Décomposition of ihe Fixed Alcalies. Ibid., 180S, et Anu. de chim., t. LXVIII, p. 205, 225. — XIV. On the Electro-Clicmical Décomposition of the Eartlts, on the Metals obtained from the Atkaline Earths and on the Amalgam procured from A)mnonia. Ibid., 1808. — XV. New Anahjtical Hesearches on the Nature of Certain Bodies, parlicularly the Alcalies, Phosphorus, Sulphur, etc. Ibid., 1809, et Annal, de chim., t. LXXII, p. 244, et t. LXXIII, p. 5. — XVI. On Varions Objects, parlicularly the Médical Bodies from the Alcalies and Earths. Ibid., 1810.

— XVII. On the Oxymuriatic Acid, ils Nature, etc., Ibid., 1810, et Ann. de chim., t. LXXVI, p. 113, 129. — XVIII. On Some of the Combin. of Oxymuriatic Cas and Oxygen, etc. Ibid., 1811, et Ann. de chim., t. LXXVIII, p. 298, et 3ourn. de phys., t. LXII, p. 558. — XIX. On Some Combin. of Phosphorus and Sulphur. Ibid., 1812. — XX. Ou a New Subst. which becomes a Violet-Coloured Gus by Ileal. Ibid., 1814, et Ann. de chim., t. XCII, p. 89, et Journ. de phys., t. LXXIX, p. 153. — XXI. On lodine. Ibid., 181 i. — XXII. Ou the Combustion of the Diamond, etc. Ibid., 1814, et Ann. de chim. et de phys., t. I, p. 16. — XXIil. On the Coloiirs used in Painting by the Ancients. Ibid., 1815, et Annal, de chim., l. XCVI, p. 72, 195. — XXIV. On a Solid Compound of lodine and Oxygen. Ibid., 1815. — XXV. Oh the Fire-Damp of Coal-Mines and Methods of Lighting the Mine so as to prevent ils Explosion. Ibid., 1816, et Ann. de ch. et de ph. , t. I, p. 136. — XXVI. On Invention for giving Light in Explosive Mixtures of Fire-Damp in Coal-Mines. Ibid., 1816. — XXVII. On ihe Combustion of Explos. Mixtures confined by Wire-Gau-ie. Ibid., id. — XXVIII. Researches on Flanie. Ibid., 1817. — XXIX. Fallacy of the Experim. in which Water is said to hâve becn formed by the Decomp. of Chlorine. Ibid., 1818. — XXX. On the Combin. of Phosphorus. Ibid., 1818. — XXXI. On the Formation of Mists in Particulur Situations. Ibid., 1819, et Ann. de ch. et de phys., t. XII, p. 195. — XXXII. On the Magnetic Phenomena jjroduced by Electricity. Ibid., 1821. — XXXIII. On the Papijri found in the Ruins of llerculanum. Ibid., 1821, et Journ. de phys., t. XCIII, p. 401. — XXXIV. On the Electrical Phenomena cxhibited in Vacuo. Ibid., 1822. — XXXV. On the State of Waler and Aërifoiin Matler in Cavities found in certain Crystals. Ibid., 1822, et Ann. de ch. et de phys., t. XXI, p. 132.

— XXXVI. On a New P/ienom. of EledroMagnetism. Ibid., 18-23, — XXXVII. On the Applic. of Liquids formed by the Condensation ofGases as Mechanical Agents. Ibid., 1823, et Ann. de ch. et de phys., t. XXV. p. 80. — XXXVIII. On the Corrosion of Copper-Sheeling by Sea- Water and on Methods of Preventing Ihis Effect. Ibid., 1824, 1825, et Annal, des mines, 1. X, p. 149, et t. XII, p. 214; Annal, de chim. et de phys., t. XXVI, p. 84, et t. XXIX, p. 187. — XXXIX. On the Relation of Electrical and Chemical C/ianges. Ibid., 1826. — XL. On the Phenomena of Volcanoes. Ibid., 1828, et Ann. de ch. et de ph., t. XXXVIII, p. 153. — XLI. Experim. on the Torpédo. Ibid., 1829. — XLII. Divers articles dans Annals of Philusophy, Quart. Journ. of Science, etc. — XLIII. The Colleclcd Works of Sir Humphry Davy, edited by his brother John Davy. London, 1859-41, 10 vol. L. Un.

Davy (.!ohn). Frère cadet du précédent, né à Penzance, en Gornouailles, le 24 mai 1791, étudia la médecine à Edimbourg où il se fit recevoir docteur en 1814. 11 prit en outre son diplôme de docteur en droit, puis entra dans l'armée en qualité de médecin. Il servit en Flandre et en France, à Colombo et à Kandy dans les Indes, puis à Ceylan, où il resta de 1816 à 1820. Nous le retrouvons ensuite à Corfou, puis en qualité de sous-inspecteur des hôpitaux militaires à Lavalette, dans l'île de Malte, où il resta plusieurs années. Après quoi, il résida à Londres et obtint le titre d'inspecteur général des hôpitaux militaires d'Anglelerre. Plus tard, il se relira à Ambleside, dans le Westmoreland, où il vivait encore en 1860.

Davy était membre des Sociétés royales de Londres et d'Edimbourg. Parmi ses nombreuses publications nous citerons :

I. Diss. inaug. Tentam. expérimentale quœdam de sanguine complectens. Edinburgi, 1814, gr. in-8°. — II. Account of the hiterior ofCeylon and ils hihabitants. With Travels in that Island. London, 1821, in-i» (ouvrage très-important pour la topographie médicale de Ceylan). — III. Memoirs of the Life of Sir Humphry Davy, Baronnet. London, 1836, 2 vol. in- 8°. — IV. Notes and Observations on the lonian Island and Malia. London, 1842- 1848, 2 vol. in-8°. — V. Physiological and Anatomical Researches. London, 1839, 2 vol.

58 DAWKES.

in-8°. — VI. On a Gaseous Compound of Carbonic Oxide und Chloriiie. In Philosoph. Transact., 1812. — VII. On Ihe Combinolinns of Différent Metals and Chlorine. Ibid., 1812. — VIII. On Différent Combinat, of Fluoric Acid. Ibid., 1812. — IX. On Ihe Température of the Océan and Almosphcre, and on the Density ofSea-Water. Ibid., 1817. — X. On Corrosive Sublimate. Ibid.. 1822. — XL On the Changes which hâve taken Place in some ancient Alloys of Copper. Ibid., 1826. — XII. On Ihe New Volcans in the Mediterranean. Ibid., 18.51-53. —XIII. Experim. on the Torpédo. Ibid., 1852, 1854, I8il. — XIV. On the Température ofFishes ofthe Geniis Thunnus. Ibid., 1855. — XV. Experim. on the Blnod in Connexion wilh the T/ieory of Respiration. Ibid., 1858. — XVI. Miscellaneous Observ. on Animal Hcat. Ibid., 18i5. — XYII. On ihe Action ofSuns Uays on Lithic Acid. Ibid., 1844. — XVIII. On the Température of Man. Ibid., 1845. — XIX. On Carbonic Acid as a Solvent in the Process of Végétation. Ibid., 18i7. — XX. On Carbonate of Lime as an Ingrédient of Sea-Water. Ibid., 1849. — XXI. On t/ie Température ofMan ivithin the Tropics. Ibid., 1850. — XXII. Aulres articles dans Edinburgh Neiv Philosopidcal Journal el Edinb. Med. a. Surg. Journal. L. Ils.

Davy (Elmund). De la même famille que les précédents, naquit à Penzance vers 1785. 11 fut tout d'abord assistant de son cousin Ilumphry Davy au laboratoire de la Royal Institution à Londres, puis professa la chimie à la Royal Cork Institution, de 1815 à 1820, et, après la mort de W. Higgins, à la Royal Dublin Society.

Il mourut à Dublin le 5 novembre 1857, laissant :

I. On a Neiv Fuhninating Platinam. In Philos. Transact., 1817. — II. On some Combinations of Plalinum. Ibid., 1820. — III. Electro-chemical Melhod ta detect. very minute quantities of MetaUic Poisons. Ibid., 1850. — IV. On a ISew Combination of Chlorine and ÎSitrous Gas. Ibid., 1851. — V. Experiments to Prevent Corrosion of Iron by Sea-Water. In Heport. Brit. Assoc, 5tli Jleet., 1856. — VI. On Mcotin. Ibid., id. — VII. On a New Gaseous Bicarburet ofllydrogcn. Ibid., (îth a. 7lh Meet., 1837 a. 1858. — VIII. On a Compound of Carbon and Potassium. Ibid., 1857. L. Un.

DAVYUM. Nom donné par M. S. Kern à un métal découvert dans un sable platinilère. Il l'a retiré des eaux mères restant après la séparation du ihodium et de l'iridium par le procédé de M. Bunsen. Ces eau.v mères donnent un précipité rouge lorsqu'on les chauffe avec du chlorure et du nitrate d'ammonium, et ce précipité fournit le davyum sous forme.de mousse lorsqu'on le calcine.

Chauffé en chalumeau oxyhydrique, le davyum fond en un culot d'un blanc d'argent. Sa densité est alors égale à 9,388. 11 est dur et malléable au rouge. 11 est facilement attaqué par l'eau régale et par l'acide sulfurique bouillant.

Les solutions de davyum donnent avec la potasse un précipité jaune d'hydrate; avec l'hydrogène sulfuré, un précipité brun de sulfure, attaquable par les sulfures alcalins.

Le chlorure de davyum est très-soluble dans l'eau, l'alcool et l'éther, et forme des cristaux non déliquescents. 11 donne avec les sels de potassium et d'ammonium des sels doubles insolubles dans l'eau et très-solubles dans l'alcool absolu; le sel double sodique, et ceci est caractéristique, est insoluble dans l'eau et dans l'alcool.

Le poids atomique du davyum paraît être intermédiaire entre 150 et 154° {Comptes rendus, t. LXXXV, p. 625 et 667). Ed. Willm.

DAWKES (Thomas). Chirurgien anglais, exerçait son art à Huntington dans la première moitié du dix- huitième siècle. Nous citerons de lui, d'après Dezeimeris :

I. The Midwife rightly instructed. London, 1756, in-8°. — II. Account of the Glgantic

DAX (Eaux minérales de). 59

Boy ai Willingham near Cambridge. In Phil. Transact., t. XLIII, p. 249, 1745. — III. Pro^ digium Willinghamense, or Memoirs of the Life ofa Boy, u/io before hewas three Years Old, uas 5 Sccl 8 Juches High, and Itad the Marks of Puberly. London, 1747, in-S".

DAVI'SOK (Les). Nom porté par un très-grand nombre de médecins anglais parmi lesquels nous mentionnerons :

Da-wson (Thojias). D'abord ministre dissident, étudia ensuite la médecine, lut reçu docteur à Glasgow le 8 juin 1753, puis devint licencié du Collège des médecins de Londres en 1762. 11 fut nommé médecin de Lliôpital de Middlesex, à Londres, en 1759, conserva ces fonctions jusqu'en 1761,. puis en 1764 devint médecin du London Hospital, et enfin prit sa retraite en 1770. Il mourut en 1782. Dawson est connu par deux ouvrages qui eurent du succès et traitant l'un de la goutte et du rhumatisme contre lesquels il préconise la teinture volatile de gaïac, l'autre d'un moyen sur de guérir les affections des yeux et des paupières, et qui consiste dans l'usage d'une pommade composée d'une solution de mercure dans l'acide nitrique, de beurre, d'huile et de camphre.

I. Cases in the Acide Eheitmatism and the Goût; with Cursory Eemarks and the Method of Treatment. London, 1774, in-S"; Ibid., 1776, in-8°. — II. An Account of a Safe and an Efficacious Medicine in Sore Eyes and Eyelids. London, 1782, in-8°. L. H.

DaTison (Asibrose). Né dans le Yorkshire Aers 1706, reçu docteur en 1735, devint fellcw du Collège des médecins de Londres en 1757. En 1745, il fut nommé médecin du Saint-Georges Hospital et conserva ces fonctions jusqu'en 1760. 11 quitta Londres, en 1776, pour se fixer à Lancliff et peu après à Liverpool, oij il mourut le 23 décembre 1794, âgé de quatre-vingt-huit ans et laissant la réputation d'un praticien expérimenté et d'un homme fort chari table.

I. Oratio Uarveiana, habita 1744. Londini, 1745. — II. Observations on Human Cal- <:uli, etc. In Médical Transact., t. II, p. 105, 1759. — III. Of a Very Long Suppression of Urine. In Philos. Transact., t. XLI, p. 215; 1759, Abridg., t. XI, p. 570. — IV. Thought on Ihe Eydrocephalus interniis. London, 1778, in-8°. — V. Observations on Hydatids in the Heads of Cattle. London, 1778, in-8°. L. Us.

Dawson (Johk). Chirurgien et mathématicien, né à Garsdale, dans l'Yorkshire, en 1754, mort vers 1820. Il professa la chirurgie et principalement les mathématiques à Sedbergh, près deKendal, dans l'Yorkshire, et se fit connaître par diverses polémiques avec des savants de l'époque, avec Emerson au sujet de l'analyse de Newton, avec Stewat-t sur la distance du soleil, enfin avec Wildbore sur Je dégagement des fluides opéré par les vaisseaux en mouvement. On cite de lui un Traite' sur la doctrine de la nécessité philosophique, dirigé contre Priestley, et le mémoire suivant :

On the Inverse Method of Central Forces. In Mem. Manchester Society, t. IV, pt. II, 1790, €tt. V, pi. I, 1798. L. Hs.

DA\1'LX. On emploie à Ceylan et à Madras, comme antispasmodique, des feuilles de Dauul ou de Boke-md, qui sont celles d'une lobélie. Boke-nid signifie plante toxique. D.

DAX (Eaux uinéeales, boues et station hivernale {Aquce tarhellicœ) hypothermales, ou hyperthermales, amétallites, azotées). Chef-lieu d'arrondis-

CO DAX (Eau-v minérales de).

sèment du département des Landes, sa ville la plus importante et la plus populeuse, puisqu'elle renferme 10 000 habitants, à 40 mètres au-dessus du niveau de la mer, est bâtie sur les bords mêmes de l'Adour, dans une riche et gracieuse vallée (chemin de fer de Paris à Madrid et de Bordeaux à Pau). Son climat doux et sec a fait de Dax une station d'hiver déjà suivie : aussi convient-il d'entrer dans quelques détails sur les températures annuelles, saisonnières, diurnes et nocturnes, sur les hauteurs barométriques et les variations de l'hygromètre, etc. Nous ne pouvons mieux faire que de résumer le mémoire que M. le docteur Builliard, médecin-adjoint des thermes de Dax, a envoyé en 1874 à la Société (Vhijdrologie médicale de Paris. Les moyennes de ses observations météorologiques pendant les années 1872 et 1873 sont par saisons: hiver, 8° 2/10 centigrade; printemps, 15° 3/10; été, 23° 1/10; automne, 17» 5/10. La moyenne annuelle est donc de 16» centigrade. Il faut remarquer que les écarts entre le jour et la nuit ne sont jamais considérables et que la température de la journée reste à peu près la même entre dix heures du matin et cinq heui'es du soir. La hauteur moyenne de la colonne du baromètre a été par saisons : en hiver, de 760"'™,333; au printemps, de 760'"", 666 ; en été, do 759'"'",535; en automne, de 734'""', 166. La moyenne annuelle est donc de 759 millimètres. L'Iuunidité de l'air mesurée à l'hygromètre de De Saussure est du 84 degrés en moyenne.

Les sources de Dax sont connues depuis la plus haute antiquité; elles viennent assurément de la même nappe souterraine sur la rive gauche de l'Adour et sur un parcours d'environ 1 kilomètre allant du sud-est au nord-ouest. Elles émergent d'un terrain tertiaire et elles ont leur griffon entre 4 et 10 mètres de profondeur. Les sources principales sont au nombre de sept, qui sont : la source de Saint-Pierre, les sources de la Fontaine chaude ou de ISesle, la source Sainte-Marguerite , la source du Bastion, les sources Adouriennes, la source de Séris, la source des Baignots. La source de Saint-Pierre est à l'est de Dax, les sources de la Fontaine chaude, de Sainte-Marguerite et du Bastion sont au centre de la ville ; les sources Adouriennes, de Séris et des Baignots sont à l'ouest. Les sources de Saint-Pierre, de Sainte-Marguerite, du Bastion, de Séris et des Baignots sont des propriétés particulières ; les sources Adouriennes et de la Fontaine chaude appartiennent à la commune.

1° Source de Saisit-Pierre. Les divers griffons de cette source, captés sous un baraquement de planches au pied des remparts, alimentent le Bain Loquet, qui a neuf cabinets de bains munis d'appareils de douches descendantes, une piscine oià douze personnes peuvent se baigner ensemble, et une pièce spéciale pour les applications générales et partielles de boues.

2° Sources de la Fontaine chaude ou de Nesle. Leur eau émerge au centre même de la ville, sur une place à laquelle elles ont donné leur nom, à 120 mètres du pont de l'Adour. On peut s'y rendre de tous les points de la ville, guidé par les vapeurs abondantes qui s'en dégagent et forment au-dessus d'elles une colonne partant surtout de l'émergence de la source principale, qui a un débit de 1 800 000 litres d'eau toutes les vingt-quatre heures. L'eau de la Fontaine chaude est reçue dans un vaste bassin, à ciel ouvert, entouré de murs et percé d'arcades garnies de grilles ayant 1 mètre de hauteur. Ces eaux s'écoulent sans cesse sur la façade ouest par neuf tuyaux de bronze ayant 4 centimètres de diamètre qui les conduisent dans le lit de l'Adour. Le fond du bassin de la Fontaine chaude est recouvert de conferves verdâtres du genre des tremella

DAX (Eaux MINÉRALES pe). 61

thermalis, conferva tremelloides (îhore et Meyrac),osci7/a;'/a Grateîoupii (docteur Graleloup), oscillatoria labyrinthiformu.

L'eau (le toutes les sources de Dax a les mêmes caractères physiques et chimiques. En donnant ceux de la Grande fontaine, nous pouvons ne rien dire de ceux des autres sources. Sans avoir de saveur franchement définie, l'eau de la Grande source est assez désagréable ; elle brûle le palais et on ne peut l'ingérer sans la laisser refroidir pendant quelques minutes. Son odeur, assez peu prononcée, est fade comme son goût, et diminue lorsque, exposée à l'air, elle perd sa thermalité. La température de l'air étant de 17*, 5 centigrade, celle de l'eau est de 59°, 5 centigrade. Sa réaction est très - légèrement alcaline. MM. Thorc et Meyrac ont trouvé, en 1809, dans 500 grammes de l'eau de la Fontaine chaude, les principes suivants :

Sulfate (le chaux 0,170

— soude 0,151

Chlorure de magnésium 0,095

— sodium 0,032

Carbonate de magnésie 0,027

Total des matièhes fixes 0,475

M. Meyrac a publié, dans le Compte rendu de V Académie des sciences du 25 avril 1850, une note sur l'existence des iodures et des bromures alcalins dans les plantes de la famille des Oscillariées qui croissent dans les eaux thermales de Dax. Ces eaux dégagent une grande quantité de gaz azote, mais ses proportions n'ont point été dosées. De plus, les eaux de Dax contiennent des boues végéto-minérales et constituent une espèce spéciale qu'on ne retrouve en France que dans une petite localité à quelques lieues de Dax. Le premier élément, et l'élément de beaucoup le plus considérable des boues de Dax, provient des débordements limoneux de l'Adour. Le second est formé de la substance des corps organisés qui naissent et vivent dans l'eau thermale, les conferves dont nous avons déjà parlé. A cette double composition il faut ajouter le produit de l'évaporation spontanée de la partie liquide de la boue et celui de l'action réductibli! que les corps organisés exercent sur les bicarbonates terreux et métalliques dissous dans l'eau des sources de Dax. Il est important de noter que les oscillaires incinérées, après avoir été desséchées, contiennent, sur 100 parties, 45 grammes de cendres composées de chaux, de magnésie, de fer, de chlore, de soufre, de manganèse et de carbonates.

M. Guyot, d'Annecy, pharmacien en chef des hôpitaux de Bordeaux, a trouvé que 1000 grammes des boues de Dax séchées à une température de 100" centigrade, jusqu'à ce qu'elles aient cessé de perdre de leur poids, ont donné :

Silice 796,51

Alumine 76,21

Protosulfure de fer 29,31

Oxyde de fer 24,68

Magnésie 16,52 ,

Chlorure de sodium 1,29

Matières organiques combustibles 50,97

Iode, brome, potasse (trace très-sensible), pei te 4,71

La boue de Dax est douce au toucher, onctueuse ; son goût est styptique, son odeur particulière. Elle est noire dans toute son épaisseur, tant qu'elle est en

62 DAX (JiAUÏ MINERALES DEj.

contact avec l'eau minérale; elle devient légèrement grisâtre à l'air libie. Elle adhère fortement aux corps avec lesquels elle est en contact; elle fait des taches indôlébiles sur les tissus de toile ou de coton.

L'eau de la Fontaine chaude alimente les trois établissements de la place : le bain Hyrigoyen, qui a neuf baignoires dans neuf cabines ; le bain Lavigne, qui a douze cabinets et douze baignoires, et le bain César-Auguste, qui a neuf cabinets et neuf baignoires.

3» et 4" Source Sainte-Marguerite et sources du Bastion. Ce sont les eaux de ces sources qui alimentent le grand établissement thermal de Dax qui les a fait aménager et capter pour leur emploi thérapeutique. Le débit minimum de ces sources est de 5000 litres en vingt-quatre heures. Leur température est de 59 degrés S/lO'' centigrade. M. Hector Serres, chimiste distingué du département des Landes, a trouvé dans 1000 grammes de l'eau du griffon principal de la source du Bastion les principes suivants :

Sulfate de chaux 0,35921

— magnésie 0,16893

— soude 0,04306

— potasse tmces.

Cliloruie de sodium 0,30077

Carbonate de chaux 0,09151

— m:igno=ie 0,01558

— fer 1

— manganèse . , j ii«i,-s.

Silicate de chaux 0,04518

Pliosphate de chaus, iode, brome, manières orgauiques . . traces.

Total DES matières fixes 1,02224

1 Azote. 11",40

Gaz. ] Acide carbonique '. . 5",90

( Oxygène Z"',ia

Le résultat de celte analyse portant le total des principes fixes à l«%0222i diffère sensiblement de celui qui est répété dans tous les ouvrages d'hydrologie. L'erreur est venue de ce qu'on ne s'est pas aperçu que MM. Thore et Mayrac n'ont opéré que sur une livre d'eau minérale de la source de la Grande fontaine, au lieu de se servir du litre.

Graind établisseme.nt ou Thermes de Dax. Cette maison de bains, fondée en 1871 par MM. les docteurs Delmas et Larauza, est très-bien installée; on y trouve tous les perfectionnements que la science moderne a mis à leur disposition. Elle est bâtie au centre même de la ville, sur l'ancienne place Sainte-Marguerite transformée en square, et à côté du vieux château-fort de Dax. Ces thermes occupent une surface de 1400 mètres carrés couverte de constructions; ils ont la forme d'un parallélogramme à corps central surélevé, ayant deux bas-côtés. Le soubassement est consacré à la section balnéo-théiapique qui comprend : trente cabinets de bains, dont vingt-sept ont des baignoires de marbre et trois des baignoires de ciment; deux grandes piscines à eau minérale courante; douze petites piscines pour les bains de boues particuliers; deux grandes piscines pour les bains de boue en commim; quatorze cabinets avec appareils de douches en jet; quatorze cabinets où se prennent les douches en pluie; deux cabinets de bains d'étuves à vapeurs d'eau minérale ou forcées; sept cabinets où s'administrent les douches de vapeur; un cabinet pour les bains de vapeur médicamenteux (térébenthine, cinabre, soufre, etc.); deux cabinets avec lits de marbre

DAX (Eaux minéhales de). 63

pour les applications locales de boues ; six appareils pour les inhalations des vapeurs et des gaz s'élevant directement des sources ; un appareil pour les applications locales des vapeurs d'eau minérale; deux salles pour les sudations; trois vestiaires; une vaste pièce pour l'hydrothérapie; des salles de pulvérisation; un cabinet d'électricité et une annexe communiquant au soubassement par .un tunnel voûté. Cette annexe renferme une machine à vapeur montant l'eau des sources Sainte-Marguerite et du Bastion dans de vastes réservoirs fermés, établis à 15'", 50 de hauteur dans une pièce dite le Château d'eau, d'où elle est distribuée aux diverses parties de l'établissement au moyen de conduits de fonte toujours remplis.

Outre ces ressources thérapeutiques, les Thermes de Dax disposent encore de bains avec addition d'eaux mères des salines de Dax; d'eaux sulfureuses fortes, silicatées, iodurées, amères et froides de Gamarde {voy. ce mot); d'eaux chlorurées sodiques fortes, bromo-iodurées, ferrugineuses, athermales de Pouillon {voy. ce mot), qui sont altérantes, laxatives, purgatives, diurétiques ou toniques, suivant leur mode d'administration et leurs doses.

Le rez-de-chaussée et le premier étage des Thermes de Dax sont consacrés au logement des baigneurs qui sont éclaires par des fenêtres donnant sur la façade, et par d'autres ouvertes sur une magnifique galerie vitrée de deux mètres de largeur, faisant intérieurement le tour du grand établissement sur un parcours de 143 mètres où peuvent se promener les malades. Des salons de conversation, de lecture, de jeux, etc., complètent cette installation bien entendue. La galerie vitrée est aérée en été par les deux cours qu'elle contourne; elle est chauffée en hiver par les vapeurs humides, douces et d'une chaleur uniforme, qui montent par un double escalier de pierre de la galerie des sources aux salles destinées à la balnéation et au traitement des malades. Cette galerie est une sorte de vaporarium où peuvent se tenir, aussi longtemps qu'elles le veulent, les personnes atteintes d'une affection des voies respiratoires. La température de cette galerie permet encore, en hiver aussi bien qu'en toute autre saison, les cures par les eaux et les boues de Dax. Le thermomètre centigrade marque toujours de 16 à 18 degrés dans la galerie du grand établissement.

5" Sources Adouriennes. Elles émergent sur les bords mêmes du fleuve qui leur'a donné son nom, le long de la promenade desBaignots. Leur eau alimente, pendant le printemps et l'automne surtout, des bains publics et gratuits que les habitants du pays et des campagnes voisines fréquentent tous les ans avec assiduité depuis les temps les plus reculés.

G'" Source de Séris. Elle alimente lebainSéris, qui n'est autre chose qu'une baraque de planches renfermant une piscine et dix cabinets de bains.

7° Source des Baignais. Cette source, qui a son point d'émergence sur la rive gauche de l'Adour, alimente les bains Romains et le bain Marion, qui ont été considérablement améhorés depuis ces dernières années et qui sont sous la direction médicale de M. le docteur Baillard d'Ozourt, qui y demeure pendant toute l'année. Le bain Marion, le plus ancien de la station, connu surtout sous le nom de Baignols, vient d'être complètement transformé. La vieille installation qui, sauf quelques modifications i-écentes, remontait après de deux siècles, a été remaniée et remplacée par des moyens balnéaires en rapport avec les ressources actuelles de l'hydrothérapie. Il renferme : 1° quatre pièces munies de tous les appareils de douches actuellement employés ; 2° huit piscines à bains de boues avec douches en jet et en pluie et baignoires séparées pour les bains à

64 DAX (Eaux minérales de).

eau courante ; 3° seize salles avec baignoires de marbre ou de me'tal pour bains thermaux simples ou additionnés d'eau mère; A" trois étuves naturelles placées sur le griffon même de la source principale avec ajutage de douches en jet et en pluie; 5» des salles et des appareils pour les applications locales de boues et pour l'administration générale et locale de la vapeur naturelle des sources ou de vapeurs liumides ou sèches, simples ou résineuses]; 6° une salle avec appareils de pulvérisation soit d'eau de Dax ou d'eaux transportées ; 7° une buvette sulfureuse froide alimentée par une source hépatique adossée à l'établissement et captée avec le plus grand soin ; 8" un cabinet pour l'application de l'électricité avec courant induit ou continu ; 9" un sanatorium pour les atfeclions de la gorge et de la poitrine, avec chambres à coucher, salle à manger, salon et promenoir couvert, chauffés pendant l'hiver au moyen des vapeurs naturelles des sources. ■

Mode d'administration et doses. Les eaux de Dax s'administrent en boisson, en bains, en douches d'eau de toute sorte, en bains et en douches de vapeur naturelle ou forcée. Enfin on trouve à Dax des salles munies d'appareils d'eau thermo-minérale pulvérisée. Les boues sont employées en bains généraux ou partiels. Les applications locales, de beaucoup les plus fréquentes, sont faites à l'aide d'appareils spéciaux à des températures nettement définies suivant les effets que le médecin veut obtenir.

Prises en boisson à doses faibles et à leur thermalité native, les eaux de Dax excitent l'estomac et produisent une sensation de chaleur marquée au creux épigastrique. A doses plus élevées, elles sont diaphorétiques. Les personnes qui les ingèrent en proportion considérable éprouvent les mêmes effets que si elles s'étaient administré un éméto-cathartique. Les bains, lorsque l'eau de Dax atteint 56» centigrade, ont un effet excitant prononcé. Les anciennes douleurs rhumatismales rep;a'aissent bientôt, et il survient assez souvent des éruptions vésiculeuses ou pustuleuses. Les ulcères ou les plaies anciennes sont presque toujours ramenés à un état aigu qui force de suspendre les bains. Ceux-ci, à une température inférieure à 35° centigrade, ont une action tempérante, sédative et tonique. Les bains avec addition de l'eau mère des salines sont comme toujours reconstituants, analeptiques et fondants. Les boues de Dax en bains généraux ou partiels sont, à température égale, plus excitants et plus toniques que les bains préparés avec les eaux de cette station thermale. Cette activité plus prononcée des boues tient-elle à leur action irritante sur la peau, à leur notable proportion de fer, ou enfin à l'action chimique qui se produit pendant le passage de l'eau minérale et qui se manifeste par des dégagements de gaz inodores au début et devenant sensiblement sulfureux ensuite? 11 est difficile de répondre à ces questions, mais le fait d'irritation est certain.

Emploi TniiRArEUTiQUE. Les vertus curatives des eaux et des boues de Dax sont très-marquées malgré leur peu de minéralisation relative, et les médecins constatent à chaque saison, et depuis des siècles, que l'eau amétallite de Dax ne le cède en rien aux sources les plus chargées en principes fixes et gazeux. La clinique a déjà maintes fois démontré d'ailleurs que l'action des eaux minérales n'est point en raison directe des sels ou des gaz qu'elles tiennent en dissolution ou qu'elles laissent dégager.

Les rhumatismes, quels que soient leur forme ou leur sié"-e, les névral"^ies et les névroses, sont les états pathologiques qui rentrent le mieux dans la "sphère d'activité des eaux, des boues et des vapeurs de la station de Dax. Ces moyens

DAX (Eaux minérales de). 65

balnéaires conviennent surtout aux personnes plétlioriques, sujettes ou pre'disposées aux congestions cérébrales ou pulmonaires que pourraient ramener ou produire des eaux chlorurées fortes, sulfurées et sulfuro-chlorurées, ou ferrugineuses hypertliermales. Ce sont les bains de piscine chaude, les douches chaudes ou alternativement chaudes et froides avec massage dans le bain ou sous l'eau de la douche, les applications généralisées ou partielles de boues, qui sont la base du traitement alors. Les rhumatismes noueux et goutteux à forme atonique ou fluxionnaire, avec concrétions tophacéees ou épanchements séreux ou fibrineux, sont le plus souvent améliores par l'emploi des eaux et des boucs de Dax à l'extérieur. C'est dans ces cas qu'il convient de prescrire en boisson les eaux sulfureuses iodurées de Gamarde, ou les eaux chlorurées sodiques fortes, bromoiodurées de Pouillon, suivant la constitution des malades et les indications que l'on veut remplir. Sous l'influence de ce traitement combiné, l'état fluxionnaire des articulations diminue peu à peu, les engorgements péri-articulaires rétrocèdent, et les mouvements deviennent progressivement plus faciles. La même amélioration peut se manifester lorsque la gêne des mouvements est produite par des concrétions sous-cutanées, péri ou même intra-articulaires, des amas séreux ou fibrineux dans les bourses articulaires ou tendineuses. L'atrophie musculaire localisée, surtout lorsqu'elle s'est montrée à la suite de grands traumatismes, entorses, luxations, arthrites de cause externe, etc., est utilement combattue ou enrayée par l'application externe des eaux et des boues de Dax. Le rhumatisme siégeant dans les organes parenchymateux après avoir eu des manifestations extérieures, qu'il se porte sur les voies aériennes, digestives ou génito-urinaires, ou sur le centre de la circulation et ses membranes, doit être traité par les eaux de Dax en boisson et quelquefois par l'emploi intérieur de l'eau de Gamarde qui doit être prescrite à dose fortement purgative. Les paralysies d'origine rhumatiijue, occupant les membres supérieurs et surtout les membres pelviens, doivent être combattues à Dax par les bains d'eau et de boues très-chauds, par les douches hyperthermales en jet ou par les douches écossaises, par les douches de vapeur naturelle ou ;forcée, par les bains de boue, ou par les applications topiques de cette même boue sur les points de la colonne vertébrale qui coïncident le mieux avec les accidents que l'on observe.

Les névralgies, et particulièrement les sciatiques, à condition qu'elles soient essentielles, bien entendu, c'est-à-dire qu'elles soient produites par le froid, un vice herpétique ou une congestion du névrilemrae, sont souvent guéries, ou au moins presque toujours améliorées à la suite d'uu traitement par les eaux, les vapeurs ou les boues de Dax. La température des bains d'eau et de boues, la chaleur même des vapeurs minérales, doivent être appropriées à l'idiosyncrasie des malades et à leur plus ou moins grande susceptibilité thermale. C'est souvent de l'habileté du médecin et de la docilité des baigneurs que dépend le résultat de la cure.

Les névroses et particulièrement la chorée d'origine rhumatismale, les céphalées chroniques accompagnées de douleurs rhumaliques ou d'éruptions à la peau, l'hypochondrie, l'hystérie simple ou anormale amenant des troubles dans la sensibilité générale ou spéciale, dans les mouvements qui sont quelquefois totalement entravés, sont souvent combattues avec avantage par les eaux et les boues de Dax. Dans ces cas divers, la médication thermo-minérale doit varier suivant la constitution des malades et le degré de leur affection; mais, eu

DICT, ENC. XXVI. 5

66 DAY (Les deux).

général, les bains doivent êti'e prescrits à une température assez peu élevée, de façon à produire une sensation de fraîcheur ou de froid sur la peau.

]\ous ne mettons qu'au second plan les indications des eaux et des boues de Dax dans les affections internes, qu'elles soient sus ou sous-diaphragmatiques, qu'elles soient accompagnées ou non accompagnées d'un état d'appauvrissement du sang. Les eaux et les eaux mères des salines de cette station thermale peuvent Fendre des services pourtant aux malades éloignés des stations chlorurées fortes, et rapprochés des thermes de Dax.

Ce que nous avons dit du climat de Dax et des conditions topograpbiques de cette ville nous dispense d'insister longuement sur les avantages qu'ont les personnes habitant les pays septentrionaux à venir y séjourner pendant les mois où, dans leur région, les variations de la température sont plus sensibles et l'air ordinairement beaucoup plus humide et plus froid. Ceux qui souffrent d'une affection des voies respiratoires trouveront surtout au grand établissement de WM. les docteurs Delmas et Larauza une installation parfaite pour le traitement de leurs laryngites et de leurs bronchites chroniques, même lorsqu'elles seront produites par la présence de tubercules.

Ou peut suivre toute l'année un traitement thermal à Dax.

Ces eaux minérales ne sont pas emportées. A. Rotureau.

BiBLiOGiuniiE. — TiioRE et Meyuac. Analyse chimique des eaux et des boues de Dax. 1809. — Meybac. In Compte rendus de V Académie des sciences, séance du 23 avril 1850. — Delmas et I.ARAizA. Bax, ses eaux, ses boues. Premier compte rendu clinique des thermes de J)àx [Landes), pour le 2" semestre de 1871. — Lebuet. Rapport sur le mémoire précédent. In Annales de la Société d'hydrologie médicale de Paris, séance du 8 avril ■IHTI. Paris, 1871-1872. — Seures (Hector). Analyse chimique de l'eau de la source du Bastion de Dax [Landes). Dax, 1872. — Guvot d'Annecy. Analyse chimique des boues de Dax. Bordeaux, 1872. — Bun.LiAUD. Observations météorologiques, barométriques et hygrométriques de la ■ttation de Dax. In Annales de la Société d' hydrologie médicale de Paris, 1874. — Iaradza (L.). Notes manuscr'iles sur la station de Dax, dans lesquelles ont été puisés la plupart des renseignements de cet article. Idax, avril, 1874. — Raillard d'Ozoubt. Notes manuscrites, 1876. — JJu jiÊME. Dax, établissement des Baignais, in Guide aux Villes d'eaux, Bains de mer et stations hivernales. Paris, in-8°, 7 pages. A. R.

DAT (Les deux).

Day (George-Edward). Médecin anglais, né à Tenby en 1815, fit ses premières études au Pembroke Collège à Cambridge, puis se livra à la médecine à Edimbourg. Après des études brillantes, dans le cours desquelles il obtint deux médailles d'or, il prit son degré de docteur en 1842 et se rendit à Londres, oii il fut quelque temps médecin du Western Dispensary, puis professeur de matière médicale à l'hôpital de Middlesex. Nommé en 1844 membre et en 1848 fellow du Collège royal des médecins de Londres, en 1850 felloio de la Société royale, Day succéda en 1849 à John Readdans la chaire de médecine de l'Université de Saint-Andrew. Il conserva ces fonctions jusqu'en 1863, oh. le mauvais état de sa santé le força à renoncer à l'enseignement. Il se retira à Torquay, où il mourut le 51 janvier 1872.

Day a eu le mérite de contribuer pour une large part à la fondation de la Société de Cavendish, de la Société de Sydenham et de la Société pathologique de Londres. Il a laissé la réputation d'un professeur doué d'une grande faciUté d'élocution et d'une parole pleine de charme. 11 a publié de nombreux mémoires dans le Briiish and Foreign Med.-Chir. Review, the Lancet, etc., des articles très-remarques] dans le \Penny Cyclopcedia et le Chambers Encyclopœdia. On

D.VZA. 67

a encore de lui, outre un ouvrage intitulé Chemistry in its Relations to Physiology and Medicine, la traduction en anglais d'un grand nombre d'ouvrages français ou allemands, tels que ceux de Valentin, de Simon, de Lehmann, de Yogel, de Uokitansky, etc., et un livre sur les maladies des vieillards.

A Practical Trcatixe on the Domcstic Maiiagemciif and mo><t Important Discases of Advanced Life, wit/i an Appendix upon the Treatment of Lumbngo, Scialica and Paralijsis. London, 1849, in-8°. L. Un.

Day (John). Médecin et chimiste, frèrf du précédent, né en 1816, mort à Geelong, en Australie, le 10 janvier 1881. 11 fit ses études à Londres et suivit particulièremcr.t le Middlesex HospitaL puis, en 1847, fut reçu membre du Collège Royal des chirurgiens d'Angleterre et pendant (juelque temps remplit les fonctions de Honse-Siirgeon du Middlesex HospitaL Day était docteur de l'Université de Gitssen (1849), docteur de l'Université de Melbourne {ad eundum) (1869), membre de la Société d'épidémiologie de Londres, membre et pendant rjuelque temps président de la Société de médecine de Yictoria, médecin à l'hospice d'aliénés de Geelong, etc.

Ce savant médecin s'occupa spécialement de chimie médicale ; il est connu pour sa découverte de la réaction colorante du gaïac dans la recherche médicolégale des taches de sang. Ajoutons qu'il avait une prédilection particulière pour l'emploi de l'ozone en thérapeutique. La Société de médecine de Victoria a publié un assez grand nombre de mémoires de lui. Nous citerons encore :

1. Allotropie Oxijgen in its Relations to Science and Art. Melbourne, 1872. — II. On the Use of Oionic Elher and Lard as a Means of Preventing the Spread of Scarlet Fever. Melbourne, 1873. — III. On Pcroxide of Hydrorjcn as a Remedij in Diabètes. In Austral. Med. Journal, 1867. — IV. On Colour Tests as Aids to Diagnosis. Ibid., 1869. — V. Wooden Hospituls : their Advantages from a Sanitary Point of View. Ibid., 1874. L. Hn.

D4.YAHS DE BC»R\ÉO. VoiJ. MalAISIE.

DAl'SOL'S (Les). Voy. Nègres, p. 72.

DAZ.\ (Ar.ONSO-DiEz). Médecin espagnol delà fin du seizième siècle, était de Caracena et non de Séville comme le disent quelques biographes. Il fit ses études à l'Université de Salamanque sous la direction du célèbre Âlderete, puis exerça sou art avec éclat à Séville. On cite de lui :

I. Lihri 1res de ralione cognoscendi causas et signa tam in prospéra quam adversa valeludine urinarum, deque earum veris judiciis et prœnuntiationibus. .. , nonnulla tandem de febrilms et diebus decretoriis. Ilispal., 1577, in-4°. — II. Libro de los provechos y daîios que provienen con la sola bebida del agiia : côme se deba escojer la mejor y reclificar la que no es tal, etc. Sevilla, 1576, in-8°. — III. Avisos y documentas para la prcservacion y cura de la peste. Sevilla, 1599, 111-4". L. \\y.

DAZA ou l>AÇA CH.\€©:\(DioMsio). Célèbre chirurgien espagnol, contemporain d'Ambroise Paré, naquit à Valladolidvers 1510. Il fit ses premières études littéraires et scientifiques dans sa ville natale, puis s'appliqua à la chirurgie et alla terminer ses études à l'Université de Salamanque, oii il eut pour maître Ponce. Il commença à pratiquer son art dès l'âge de vingt ans. En 1545, il fut envoyé à l'armée de Flandre et nommé chirm'gieu principal d'une division de soldats anglais. Il assista aux sièges de Landrecies et de Saint-Dizier et attira sur lui l'attention de l'empereur Gharles-Quiut, qui l'attacha à sa personne. Après de nouvelles campagnes et un séjour à Âugsbourg, où il se signala durant

68 DAZILLE.

l'épidémie de peste, Daza revint en 1548 en Espagne, en compagnie du prince Maximilien, neveu de Charles-Quint et plus tard empereur d'Allemagne, dont il avait été nommé chirurgien.

Eu 1557, la place de chirurgien étant devenue vacante à l'hôpital de Valladolid par la mort de Herrera, la princesse Jeanne nomma Daza à ce poste. Mais les administrateurs de l'hôpital, irrités de n'avoir point été consultés, révo- (juèrent ce chirurgien, et un concours fut institué pour la place vacante et annoncé par tout le royaume. Quinze concurrents se présentèrent, mais douze se retirèrent devant Daza, qui n'eut dès lors plus pour compétiteurs que Yitoria et Francisco Diez, de l'Université d'Aicala, et le licencié Torres, de Madrid. Le service des malades fut partagé entre les quatre concurrents, qui après un temps donné durent rendre compte publiquement du traitement institué et des résultats obtenus. C'est Daza qui obtint la majorité des suffrages du jury et le poste de chirurgien à l'hôpital de Valladolid lui fut abandonné sans conteste.

Six ans après, Daza fut attaché en qualité de chirurgien à don Carlos, fils de Philippe II, roi d'Espagne. En 1569, un an après la mort de ce malheureux prince, il devint chirurgien de don Juan d'Autriche, frère naturel du roi, commandant des flottes espagnoles, et fit avec lui une croisière sur les côtes d'Espagne et de Barbarie; il prit part en 1570 à la guerre de Grenade, et deux ans après, toujours aux côtés de don Juan, à la guerre contre les Turcs et à la croisière sur les côtes du Levant, de la Sicile et de l'Italie, et enfin assista à la sanglante bataille de Lépante, qui d'après les historiens espagnols coula la vie à 10 000 Espagnols et à 50 000 Turcs. Cette bataille mit fin à la campagne et Daza revint à Madrid où le roi le nomma son chirurgien particulier, et quelques années après, avant 1580, il obtint sa retraite avec le titre de chirurgien-vétéran, c'est-à-dire put goûter le repos le plus complet, avec choix de la résidence, tout en conservant ses émoluments.

Daza jouit d'une grande célébrité en Espagne comme praticien el comme opérateur; grand ami de Vésale, il fit souvent appel à ses lumières et pratiqua plusieurs opérations avec lui. Quoique sa gloire soit éclipsée par celle de notre grand Paré, Daza mérite cependant une place distinguée dans l'histoire de l'art de guérir. Sou ouvrage sur la théorie et la pratique de la chirurgie, surtout inspiré par les Grecs, bien plus que par les Arabes, riche du reste en observations originales, donne d'excellents préceptes sur le traitement des tumeurs, des plaies, des ulcères, etc., et de bonnes règles pour exécuter les grandes opérations de la chirurgie. Pour une analyse détaillée de ce livre, nous renvoyons à Morejon et à Chinchilla, et surtout à l'excellente' Notice biographique publiée sur Daza par Ch. Wilson dans VEdinburgh Médical and Surgical Journal, t. Il, p. 865, 1857.

Pratica y teorica de cirurgia, en romayio y en latin. Compuesla por el licenciado Dionisio Daça Chacon, medico y clrujano de Su Magestad el Rey don Felipe segundo. Valencia, 1605, m-foi. ; Madrid, 1626; Vatencia, 1650, in-fol. L. Hn.

D4ZILLE (Jean-Baiithélemï). Ce médecin était du diocèse de Saintes. Il vint étudier à Paris sous le fameux Antoine Petit, et nous le voyons inscrit sur les registres de l'Ecole de médecine, dans le mois de mars de l'année 1771. En 1755, il était au service de la marine; il parcourut une grande partie des côtes de l'Amérique et des Indes orientales, et se trouva, en 1759, au bombardement de Québec. Pendant près de trente années, il séjourna dans les colonies

DEASE. 69

françaises d'Amérique en qualité de médecin du gouvernement, inspecteur général des hôpitaux, ou comme médecin honoraire à Saint-Domingue. Revenu en France en 1784, il mourut à Paris dans le mois de juin 1812, à l'âge de près de quatre-vingts ans. Dazille, fait remarquer Dezeimeris, introduisit dans le régime des hôpitaux des colonies d'importantes améliorations. Ses ouvrages tiennent un rang distingué parmi ceux qui ont le mieux fait connaître les maladies en pays chauds, et surtout celles des nègres, les règles d'hygiène les plus propres à les prévenir, et la thérapeutique particulière qu'elles réclament. En voici les titres :

[. De l'influence de la nuit sur les maladies. Paris, 1800, in-8°. — II. Observations générales sur les maladies des climats chauds. Paris, 1785, in 8°. — III. Observations sur le tétanos, précédées d'un discours sur les moyens de perfectionner la médecine sous la zone torride, suivies d'observations sur la santé des femmes dans ces régions, etc., etc. Paris, 1788, in-8°. — IV. Observations sur les maladies des nègres... Paris, 1776, in-8°. Ibid., 1792, 2 vol. in-Sv A. G.

DEAGOSTmi (AîfTOîsio). Médecin italien de mérite, né à Novare, le 29 août 1724, mort dans cette ville, ie 4 mars 1785. Ce fut un praticien très-estimé et très-clairvoyant, et un adversaire convaincu de la thérapeutique alexipharmaquc incendiaire alors dominante en Italie. Mais il se fit surtout connaître par un excellent ouvrage sur la fièvre miliaire qui régna épidémiquement à Novare en 1755 et dont faisaient grand cas les Eorsieri, les Giannini, les Jos. Franck, en un mot, les meilleurs cliniciens du commencement de ce siècles

Osservazioni teorico-praliche intorno aile febbri migliari che popolarmenle si sono diffuse per la citlà ai Novara e propagale talor per contatto neW anno 1755. Milano, 1756, in-8°. L. Un.

DEAIVE (Edmund). Médecin anglais, né vers 1572, dans le comté d'York, a pratiqué la médecine à York ; il est l'auteur de divers traités, l'un sur les eaux minérales de Knaresborough, un autre sur l'alchimie :

Admiranda chemica, imprimé avec d'autres du même genre sous le titre suivant : Tractalus varii alchimici.Fraindort, 1630, in-4°. A. D.

DEASE (William). Chirurgien et accoucheur irlandais du dix-huitième siècle, fit ses études médicales à Dublin et devint chirurgien des hôpitaux réunis de Saint-Nicolas et Sainte-Catherine. 11 s'est montré l'adversaire des grandes opérations, telles que la symphyséotomie et l'opération césarienne, rejetait l'usage du trépan à un moment où il était fréquemment employé et celui du séton dans l'hydrocèle, qu'il remplaçait par les caustiques. Il s'est occupé aussi des maladies vénériennes. Nous citerons de cet auteur :

I. Observations on the Treatment of Venereal Wart. In Médical Commenlaries, 1776, t. IV, p. 435. — II. Observations on Wounds of the Head, with a Particular Inquiiy into the Parts principally affected in those who die in Conséquence of such Injuries. Londres, 1776, in-8°. — III. Observations on the Extirpation of a Cancerous Ulcer in the Lower Lip. In Médical Commenlaries, 1877, t. V, p. 299. — IV. An Introduction to the Theory and Practice of Surgery. Londres, 1780, in-8°. — V. Observations on the Différent Methods of treating the Venereal Diseuses. Dublin, 1780, in-8°. — \l. Observations on the Différent Methods mode use as for the Eadical Cure of the Hydrocele, or Watery Rupture and on other Diseases of the Testicle ; to ivhich is added a Comparative View of the Différent Methods of Cutting for the Stone ; with some Remarks on the Medicines generally exhibited as Solvents of the Stone. Dublin, 1782, in- 8°. — Ml. Observations on Midwifery, particularly on the Différent Methods ofassisting W'omen in Tedious and DifficuU Labour ; to which are added Observations on the Principal Disorders of Women and Children. Dublin, 1786, in-8°. A. D.

70 DEBARDEURS.

DEALi'iLLE (Station marine). Dans le département du Calvados, dans l'arrondissement de Pont-Lévèque ; est une annexe de Trouville [voy. ce mot) dont la Touques le sépare, a été bâti depuis quelques années par une compagnie de spéculateurs qui ont acheté les terrains de la côte de Dcauville, et fait construire un très-beau casino ainsi que plusieurs hôtels importants, espérant attirer une partie de la population accidentelle de Trouville. Pendant un certain temps, Ûeauville rivalisait d'élégance avec sa voisine; la vogue est décidément restée à cette dernière. Nous devons ajouter cependant que Trouville et Deauville ont les mômes avantages et les mêmes inconvénients comme stations marines. Leurs plages ont les mêmes qualités et les mêmes défauts, c'est-à-dire que dans l'un et dans l'autre de ces petits ports de la Manche on trouve im sable mêlé de galets. Ces galets ont donné aux baigneurs fashionables l'idée de n'entrer dans la mer que les pieds recouverts de chaussures légères et spéciales dont on ne s'est servi que plus tard dans les autres postes marins dont les plages ont des anfractuosités ou des cailloux. A. R.

DÉBARDEURS. DÉ<:;nARGEURS DE BATEAUX (Hygiène.) On donne le nom spécial de débardeurs aux hommes de peine employés au déchargement des trains de bois arrivant en rivière. Les déchireurs de bateaux sont ceux qui mettent en pièces les bateaux dont les débris sont ensuite livrés au commerce et à l'industrie.

Sous la dénomination plus générale Ae déchargeurs de bateaux nous comprendrons tous les ouvriers employés aux opérations variées qui constituent le déchargement des navires.

La plupart de ces opérations rangent les travailleurs dont il s'agit dans la catégorie des hommes de peine : aussi constate-t-on chez eux la série des affections que provoquent les efforts répétés dans le transport de fardeaux considérables, telles que les congestions pulmonaires, l'hémoptysie, les anévrysmes d'une part; les ruptures musculaires, les hernies, les entorses et les luxations, de l'autre. Exposés à toutes les intempéries des saisons, à l'action continue de l'humidité, ils sont particulièrement sujets aux inflammations des organes broncho-pulmonaires et au rhumatisme. La plupart des auteurs, Ramazzini, Ackermann, Foucroy, Pâtissier, ont insisté sur la présence d'ulcères sur les membres inférieurs. Les débardeurs, dit Pâtissier, sont exposés à se faire aux jambes des écorchures qui dégénèrent souvent en ulcères très-difficiles à guérir.

L'optimiste Parent-Duchàtelet n'admet pas cette fréquence des ulcères dèsmembres inférieui*s chez les divers ouvriers en rivière. Tout en reconnaissant que' la profession expose aux plaies et aux contusions des jambes, il est loin de regarder le séjour dans l'eau comme défavorable à leur cicatrisation.

La seule maladie qui lui paraisse résulter directement du travail dans l'eau des débardeurs, des déchireurs de bateaux et de ceux qu'il désigne sous le nom de ravageurs de rivières, c'est ce que ces divers ouvriers appellent : les grenouilles.

Les grenouilles, dit Parent-Duchàtelet, constituent une altération du derme caractérisée par un ramollissement, des gerçures et souvent une usure, une véritable destruction des parties qui sont en contact avec l'eau. On les remarque sur les extrémités inférieures, mais plus souvent sur ces dernières. Ainsi elles siègent de préférence entre les orteils où elles déterminent de vastes fentes ou crevasses dont la profondeur est quelquefois de plusieurs millimètres. Il n'est

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