‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.26Chapitre 19 sur 75 · L. Un · texte numérisé non relu

L. Un

DECEXïLÉXE (C^'IP^). Carbure d'hydrogène liquide entrant en ébullition à 165 degrés, sous la pression de 0,741. Son odeur rappelle un peu celle de l'oignon. On l'obtient en chauffant en vase clos, pendant six heures, le dec\ lèiie brome avec trois fois son volume de potasse alcoolique (Reboul et Truchotj.

DÉCÈS. Décéder {decedere, cesser) se dit d'un être vivant qui vient de cesser d'exister, mais il est presque exclusivement appliqué à l'espèce humaine : « constatation, vérification d'un décès; acte de décès ».

Décès est surtout un terme administratif, juridique, scientifique, tandis que mort est d'abord une expression littéraire qui s'applique à tout ce qui a eu vie. En outre, décès, conformément à son origine étymologique, indique moins un état que la fin d'un mouvement, tandis que mort exprime l'état de repos ayant succédé à l'activité vitale : « tout ce qui a vie est sujet à la mort )>.

En démographie, c'est un des termes de la série des mouvements de population : Mariage, Naissance, Décès et Migration.

Les décès peuvent et doivent être étudiés :

1» D'après leurs causes; 2» selon les catégories de sexe, d'âge, d'état civil, de profession, etc., des personnes décédées; 3° selon les proportions des décès constatés pendant l'unité de temps en chaque catégorie en rapport avec les mêmes catégories de vivants aptes à les fournir pendant ce temps. Ce sont ces raj)ports qui constituent la Mortalité, la Sdrvie et la Probabilité de vie et de mort [voy, ces mots).

Dans cet article nous nous bornerons à l'étude des décès au point de vue démographique des causes morbides ou accidentelles qui les déterminent. En outre nous signalerons certaines erreurs que peut commettre le démographe lorsqu'il étudie les décès de chaque catégorie sans les rapprocher des mêmes catégories de vivants aptes à les fournir.

■ Causes de décès. Remarquons d'abord que la difficulté de cette investigation réside tout entière dans l'obligation de ne grouper ensemble que des décès estimés dus à une même cause, ou au moins à une même catégorie de causes, catégories qui doivent être composées de causes morbides plus ou moins semblables. Or l'établissement de ces catégories est un groupement d'approximation qui laisse place à quelques tâtonnements et à quelque arbitraire.

En effet ici, comme toujours dans les faits d'observation, il est au moins fort rare de rencontrer deux causes de mort vraiment identiques ; il en résulte la nécessité de grouper celles qui se ressemblent le plus et dont la similitude est estimée suffisante pour qu'il soit loisible de les additionner ensemble. Une autre difficulté réside dans l'utilité très-grande qu'il y a de ne pas trop multiplier ces groupes morbides, ce qui réduirait d'autant la force numérique de chacun d'eux. Or, il est indispensable que chacun ait une certaine puissance pour bénéficier de la régulière production qui caractérise les grands nombres.

Je remarquerai d'abord au sujet des causes de mort qu'il est mieux, mais nullement indispensable, de n'avoir que des causes morbides simples, scientifiquement et rigoureusement délimitées au point de vue pathologique. Ce n'est pas, dis-je, une qualité indispensable. Une seule condition est nécessaire, c'est d'avoir des groupes morbides qui soient les mêmes pour tous ceux qui s'en servent, pour tous ceux qui font l'enquête. Éclairons ce principe par quelques exemples.

Lorsqu'on étudie la mortalité des petits enfants pendant la première année de la vie, on peut, au point de vue du péril, considérer ce premier âge à lui seul comme une cause de mort, car beaucoup de maladies (comme la rougeole) entrahieut un moindre danger; il y a moins de péril à avoir une rougeole à sept ou huit ans que d'avoir à parcourir sa première année de vie : ainsi cette première enfance constitue donc à elle seule un danger de mort, et un danger redoutable, mais enfin celte cause est fort complexe, et, pour agir, met en action maintes influences élémentaires diverses et des plus différentes au point de vue pathologique. Et cependant quelle étude a été plus féconde en résultais et scientifiques, et même pratiques, que l'étude de la mortalité de la première année de la vie considérée au seul point de vue de Tàge?

Ce groupe si artificiel, lorsque l'on considère les influences iéthifères si variables qu'il subit, doit cependant au chiffre qui le limite rigoureusement de pouvoir être très-nettement déterminé ; c'est pourquoi on a pu le soumettre à des investigations de toutes sortes et des plus utiles, car elles ont fourni à la science pure, comme à la pratique, les renseignements les plus inattendus. Par exemple, elles ont montré que toujours et partout la mortalité des petits garçons l'emportait sur celle des petites filles, ce dont ns se doutaient pas les palhologistes ni les physiologistes les plus perspicaces ; elles ont montré que les petits enfants (et jusque cinq ans) avaient infiniment plus à craindre des hautes tempéiatures de l'été, notamment celles du midi de la France, que des froids de nos hivers, ce que l'on soupçonnait si peu, qu'avant les recherches de la démographie, c'était le contraire qui était enseigné. Ce sont encore ces investigations qui ont

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permis de mesurer l'effroyable morialité de rillégitimité et qui ont montré qu'elle était bien plus élevée dans les campagnes que dans les villes ; elles ont fait voir l'étendue considérable des variations de la mortalité enfantine suivant les localités et les pays ; elles ont permis d'établir ce fait extraordinaire que l'illégitimité est bien plus nuisible aux petites filles qu'aux petits garçons; qu'il y a tels départements, comme la Haute-Loire, où la mortalité des petits garçons dépasse toujours de beaucoup celle des petites filles, et tels autres où il n'en est pas ainsi ; qu'il y a tel département de France, département riche ou aisé, où la mortalité des petits enfants de un à cinq ans est constamment trois fois plus forte que dans tel autre ! etc., etc., car je n'en finirais pas, si je voulais rappeler ici tous les faits nouveaux dénoncés et démontrés par la démographie touchant la mortalité de la première année de la vie. Ce sont même ces découvertes qui, ayant ému l'opinion publique, ont déterminé la formation de ces utiles sociétés protectrices de l'enfance ; ce sont elles qui ont fait ériger la loi de la protection de la première enfance dite, avec justice, loi Roussel ; et pourtant (c'est làdessus que j'appelle l'attention) la recberclie portait sur un groupe de causes de mort fort complexe au point de vue pathologique et u'ayant aucune prétention à l'unité, etc. Je conclus de là que des études démographiques fort utiles, des découvertes fort importantes, peuvent être faites en agissant sur les groupes morbides tout à fait artificiels, mais identiquement limités.

Je pourrais citer encore un grand nombre d'exemples de laits de même ordre, tels, par exemple, les mort-nés. Rien de plus variable que les influences qui déterminent la mortinatalité : c'est, d'après les causes qui l'amènent, un fait trèscomplexe, mais constituant d'ordinaire en chaque pays un groupe assez uniforme, bien que cette uniformité soit due à un fait pour ainsi dire accidentel, la sortie sans vie du sein maternel. Cependant on sait, sans que j'aie à les rappeler, que des faits nombreux et aussi remarquables qu'inattendus ont été révélés par l'investigation démographique des 3Iort-nés [voy. ce mot). Ces exemples, et une infinité d'autres que le lecteur trouvera sans peine, montrent donc combien est erronée l'opinion qui admet que les recherches statistiques exigent que l'on ne considère que des groupes simples et ne comprenant que des éléments dont la production soit due à des causes simples et identiques. L'illustre géomètre Poisson, qui a étudié cette question au point de vue mathématique dans son célèbre mémoire sur la probabilité des jugements, conclut que, pour qu'un groupe de causes puisse être pris pour une cause unique, il faut et il suffit que, pendant les durées des observations, des causes nouvelles et influentes ne viennent pas à être introduites dans le groupe étudié.

Il ne faut pas non plus que l'une ou plusieurs des causes actives de ce groupe de causes soient défaillantes, c'est ce qui arrive lorsque l'on étudie la mortalité du premier âge ou la mortinatalité. 11 importe au contraire que l'ensemble des causes pourvoyeuses de la mort reste sensiblement le même, et c'est ce qui arrive d'ordinaire, sauf durant les temps d'épidémie, qui doivent être étudiés à part. Une fois celte identité du fond certaine ou fort vraisemblable, les études statistiques peuvent être entreprises avec succès, si l'on ne s'écarte pas des méthodes que dictent la science et aussi la logique.

Ainsi je citerai un exemple qui m'a été donné comme une grave difficulté chez les petits enfants : les diagnostics différentiels de la bronchite, de la pleurésie, de la pneumonie (lobaire et lobulaire), ne sont pas chose aisée, les plus fins s'y trompent, assure-t-on : aussi, toutes les fois que j'aurai des groupes mor-

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bides aussi importants que ceux-là et aussi délicats à diagnostiquer, je les réunirai et j'écrirai, par exemple : plilegmasie aiguë des organes respiratoires, car, si le groupe est complexe, il est assez nettement déterminé, et je puis sans peine le prendre dans sa complexité. Dès lors mes travaux passés me permettent d'affirmer que, dans une telle investigation bien conduite, beaucoup de faits généraux seront mis en lumière.

Je reviens aux causes des décès, et je dis que ce qui importe le plus en commençant, c'est bien moins de prendre des maladies causes de décès finement déterminées, une à une, délimitées par de savants diagnostics, car la plupart les feront diversement, que de considérer des groupes morbides, même artificiels, mais d'une détermination et d'une délimitation faciles. Sans doute il vaudrait mieux qu'il n'y eijt que des médecins fort instruits et ayant même habileté médicale et pouvant déterminer des groupes plus simples. Mais je dis que, en dehors de ces conditions aujourd'hui et de longtemps encore impossibles à réaliser, il y a encore beaucoup de découvertes à faire, et qui atteindront ce double et précieux résultat d'accroître de suite nos connaissances, de faire avancer les méthodes d'investigation de la statistique médicale.

Pour quitter les généralités, je crois que dans l'état actuel de savoir de la majorité des praticiens, il y aurait beaucoup d'inconvénients à exiger, par exemple, dans les inflammations des organes pulmonaires des enfants, les diagnoses diverses dont ces inflammations sont déjà susceptibles entre les mains de praticiens consommés, tandis qu'on retirerait de grands avantages immédiats en ne considérant que comme un seul ensemble le grand groupe des inflammations des organes respiratoires, réservant toute l'attention des praticiens à bien délimiter ce grand groupe d'ailleurs fort naturel et relativement facile à déterminer. Je pourrais en dire tout autant des maladies des organes digestifs ou encore des centres nerveux qui, chez les enfants, sont si souvent le siège de phlegmasies aiguës ou subaiguës.

Cependant, à côté de ces nécessités de grouper les maladies qui s'y prêtent facilement et qui d'ailleurs doivent plutôt leur dénomination spécifique à leur unité de siège qu'à leur nature intime, il y a certainement des maladies spécifiques nettement déterminables, sinon dans leurs variétés, au moins dans leur unité spécifique, qu'il faut évidemment étudier à part, puisqu'elles sont à la fois d'un diagnostic généralement facile et forment des unités pour ainsi dire incommunicables. Telles sont les maladies virulentes, épidémiques, diathésiques, etc.

Ce sont ces considérations demi-théoriques, demi-pratiques, qui ont guidé les médecins statisticiens dans l'établissement des groupes morbides dont ils ont désiré voir relever la fréquence, et l'on comprend que, suivant le mode et le degré d'mstruction et les pays, ces médecins n'aient pas toujours constitué des groupes morbides identiques. Les uns, comme Marc d'Espine de Genève, ont préféré multiplier les groupes afih de se rapprocher des unités spécifiques admises par les écoles de leur pays et de leur temps; les autres, comme W. Farr de Londres, plus préoccupés des difficultés de l'enquête et de l'utilité plus grande d'avoir des groupes morbides uniformes plutôt que spécifiques, ont constitué des groupes moins nombreux et plus artificiels, mais plus faciles à déterminer.

Cependant, à côté de la détermination des groupes des maladies ou des conditions causes de mort, il y avait la question des dénominations à adopter et

celle de l'ordre dans lequel il convenait de les éniime'rer ; on comprend facilement que l'accord n'a pas été plus facile sur ces deux points. Vainement les congrès internationaux de statistique ont essayé de l'amener. Cette œuvre, entreprise surtout par le congrès de Paris en 1855, n'a abouti qu'à un semi-accord, mais il a mis en avant des principes dont l'avenir a prouvé la vérité : à savoir que ce qui imprtait et sur quoi il serait plus facile et plus utile de tomber d'accord, c'était la déteimination uniforme du plus grand nombre possible de groupes morbides iniportants qui se retrouvent les mêmes dans les divers modes d'ordination et de groupements adoptés par les nations. Pour aider à ce résultat désirable, le congrès a dressé une liste de 139 maladies ou groupes morbides causes de mort traduit en sept langues : latin, français, italien, anglais, allemand, suédois, danois. Ces causes de mort étaient rangées selon les six groupes suivants : 1° mort-nés; 2° morts par faiblesse congénitale ou vice de conformation ; 3° morts par vieillesse ou marasme sénile; 4'* morts par accidents ou morts violentes ; 5» morts par maladies bien définies ; 6" morts par maladies mal définies (indiquées pas le symptôme dominant : diarrhée, dentition, convulsions, âge critique, morts subites, etc., etc.).

Mais il n'écbappe pas que le cinquième groupe (morts par maladies bien définies) contient toutes les maladies pouvant causer la mort. Au moyen de la liste ci-dessus indiquée, le congrès tomba assez facilement d'accord sur leur dénomination, mais il n'en fut plus de même pour leur classification, les uns penchant, avec Marc d'Espine, vers une ordination aussi scientifique, aussi naturelle que possible ; les autres plus nombreux, et avec W. Farr, préféraient une classification surtout utilitaire et facile. Pour nous, après avoir été partisan de la première manière, nous le sommes devenu de la seconde dont se rapproche la classification adoptée par la ville de Paris,

Nous allons donner une idée sommaire de ces trois systèmes en commençant par le plus ancien, celui de W. Farr, en usage depuis plus de quarante ans d'abord en Angleterre, puis en Ecosse, plus tard en Irlande, car à l'Angleterre revient l'honneur d'avoir la première organisé sur tout le territoire l'enquête des causes de décès. Depuis, la liste et l'ordination de W. Farr ont servi de patron plus ou moins modifié à la plupart des enquêtes des causes de décès essayées par les grandes villes d'Europe et surtout par les États d'Amérique.

Causes de décès d'après W. Farr et la statistique anglaise. Avec raison peut-être W. Farr recommande de préférence l'emploi des mots populaires, sauf le cas où la dénomination technique ordinaire se recommande par plus de précision ou de concision.

W. Farr, surtout préoccupé du point de vue pratique et utilitaire, range toutes les causes de décès en cinq grandes classes : 1° les Maladies épidémiques et contagieuses (zymotiques); — 2» les Maladies constitutionnelles ou cachectiques; — 3° les Maladies locales; — 4" les Maladies du développement; — 5° les Maladies PAR violences.

r« Classe. Les Maladies zymotiques causes de décès comprennent: 1" Ordre, les maladies miasmatiques : variole, rougeole, scarlatine, diphthérie et croup, coqueluche, typhus (fièvre typhoïde), érijsipèle, f. puerpérale, choléra, grippe, diarrhée?, dysenterie?, f. intermittente, anthrax malin?, rhumatisme. — 2me Ordre, les maladies enthetici (venimeuses inoculables?) : syphilis, pel-

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lagre? lèpre, morve, rage, piqûre anatomique, pustule maligne. — 5'"^ Ordre, dietici, maladies dues au régime: inanition, scorbut, purpura {pellagre?), alcoolisme, rachitisme?. — 4'"^ Ordre, parasitisme: muguet, gale, entozoaires, hijdatides.

Il est manifeste qu'il y aurait à introduire ici, et dans les classes suivantes, quelques changements et additions, pour mettre ces groupes en accord avec les découvertes contemporaines.

II"'« Classe. Maladies coastitutioknelles. l" Ordre, diathéses : goutte, anémie, anasai'que, albuminurie, cancer et squirrhe, gangrène. — 2""^ Ordre, tuberculoses : scrofules, carreau, phthisie, hydrocéphalie.

ni'"* Classe. Maladies locales. 1" Da système nerveux. 1" Ordre: méningite, encéphalite, apoplexie, paralysie, chorée, manie, épilepsie, tétanos, convulsions. — 2" De l'appareil circulatoire: péricardite, anévrysme, maladies de cœur, autres maladies de l'appareil circulatoire. — 3" De l'appareil respiratoire. — 4" Des organes digestifs: (a) gastrite, entérite, péritonite, ascite {?), idcération intestinale {?), hernie, rétrécissement, fistule, autres maladies des voies digestives ; (b) maladies du pancréas, hépatite, jaunisse, autres maladies du foie, maladies de la rate. — 5" Maladies des voies ur inaires : néphrite, néphrite album., ischurie, diabète, calcul, cystite, rétrécissement urélhral, autres maladies des voies urinaires. — 6" Maladies des organes de la génération : tumeurs de l'ovaire, maladies de iiUérus, autres maladies. — 7° Maladies des articulations et des os: arthrite, ostéite, carie, nécrose, — 8° Maladies de la peau, ulcères, phlegmons.

IV'"' Classe. Maladies du développement, l" Mort-né, accouchement prématuré, avortement. — 2" Malformation, cyanose, spina-hifida, dentition, dystocie. — 3° Sénilité, atrophie et débilité.

V'"^ Classe. Morts violentes. 1° Lésions chimiques : congélation, insolation, brûlure, explosion, foudre. — 2» Asphyxie : submersion, asphyxie, suspension et strangulation. — 3° Lésions physiques : contusions, commotions, fractures, luxations, plaies. — 4" Empoisonnements: substances corrosives, acide oxalique, arsenic, mercure, sels de cuivre et de plomb, acide prussique, morphine, strychnine, phosphore, champignons. — 5° Morsures venimeuses : reptiles, mouches, rage. — Q° Homicide, meurtre, suicide, exécution.

M'"" Classe. Causes non classées et ikcertaines.

Nous devons donner de même une idée sommaire de la classification du Genevois Marc d'Espine. Nous avouerons même qu'elle nous a longtemps paru meilleure (parce qu'elle est plus naturelle), avant que nous lussions nousmême à la tête d'un service ; mais aujourd'hui elle nous semble d'une application trop difficile pour une grande ville et pour être à la portée des praticiens; maintes divisions, et des meilleures, comme celles des formes aiguës et des formes chroniques, sont d'une détermination trop incertaine pour garantir l'uniformité nécessaire aux enquêtes statistiques lorsqu'elles sont faites par plusieurs personnes.

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Or, cette uniformité est la qualité première et indispensable aux; relevés statistiques. Cependant la classification de xMarc d'Espine est intéressante à consulter, elle peut suggérer des idées utiles, car quelques-uns des groupes qu'elle propose sont d'une détermination facile et pourront être repris. C'est pourquoi nous la rapportons ci-après.

I. MoRT-NÉ. — II. Né vivant, kon viable: faiblesse, né avant terme, cya- 7iose, spina-bifida, imperforation anale, autres malformations. — III. Marasme sÉNiLE. — IV. Mort viole.nte : suicide, homicide, exécution juridique. — WMort accidentelle par accidejnt morbide, inort subite survenant au milieu de la santé apparente ou d'une maladie ne faisant pas présumer cette fin : congestion, apoplexie cérébrale, pulmonaire, angine de poitrine, hémorrhagie foudroyante, autres morts subites.

YI. Mort par maladies aigles ou subaiguës.

1"^ Classe, [a) Inflammations franches locales (non dialhésiques), méningite, encéphalite, myélite, ophthalmie\ otite^, péricardite, artérite et gangrène sèche des vieillards, laryngite aiguë^, œdème de la glotte (faux croup), bronchite et ses variétés aiguës ou subaignës, broncho-pneumonie, pneumonie, pleurésie aiguë et subaiguë, épanchement, emphysème, glossile, muguet, ulcère et gangrène buccale^, pharyngite et angine tonsillaire^, gastrite, entérite, coliques et dysenterie, choléra nostras, choléra infantile, péritonite, typhlite et pérityphlite, étranglement interne, invagination, hernie étranglée, }>hlegmon de la fosse iliaque, psoïtis, hépatite avec ou sans ictère, néphrite simple (les diabètes et calcul à la classe VI), cystite aiguë, phlegmon urineux, métrite aiguë (non puerp.), phlegmon péri-utérin, phlegmon local, anthrax, érysipèle, anasarque aigu ou essentiel (non scarlatineux, etc.), arthrite aiguë essentielle (ni rhumatismale, ni scrofuleuse, ni vénérienne).

11""^ Classe. Maladies aiguës ou subaiguës , spécifiques, générales: A. Spécifiques constitutionnelles: méningite et encéphalite tuberculeuses ou hydrocéphales aiguës, luherculisation aiguë (générale ou locale), croup membraneux sans angine diphthéritique (l'auteur le suppose lié au vice tuberculeux?), rhumatisme artic. aigu. — B. Spécifique miasmatique: variole, varioloïde et varicèle (espèce à part d'après Parrot), miliaire et suette miliaire, rougeole, scarlatine, angine diphthéritique, stomatite gangreneuse, gangrène blanche, oreillon, coqueluche, fièvre palustre, f. typhoïde, grippe, typhus d'Europe, peste, fièvre jaune, gangrène ou pourriture d'hôpital, pyohémie, phlébite, etc. — c. Spécifique seulement virulente : pustule maligne et charbon, hydrophobie, morve etfarcin.

III""* Classe. Maladies aiguës propres à certaines conditions physiologiques: avortement, éclampsie puerpérale, autres accidents de la grossesse, fièvre puerpérale, autres maladies suite de couche, sclérèmedes nouveau-nés, autres maladies spéciales aux nouveau-nés.

yil""" Division. Mort par maladies chrOiMques (maladies durant plusieurs mois ou plusieurs années).

I" Classe. Inflammation chronique d'origine locale: influnima-

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tion chronique du cerveau, induration, ramollissement, etc., etc.; et ainsi de suite de tous les organes et notamment de tous les viscères.

1I'"« Classe. Maladies chroniques diathésiques ou générales : A. Résultant de ladiathèse scrofuleuse, scrofule générale, tumeur blanche, etc.

— B. Diathèses tuberculeuses, énumération des différents organes pouvant être envahis par des tubercules. — C. Diathèses cancéreuses: même énumération.

— D. Diathèses dartreuses ou herpétiques et diverses affections de la peau comprenant les maladies de la peau non syphilitiques. — E. Affections diathèses rhumatismales, goutteuses et calculeuses. — F. Diathèses nerveuses : hystérie, chorée, épilepsie, aliénation, etc., etc. — G. Diathèses vermineuses. —h. Autres buthèses: scorbut, purpura, anémie, etc., diathèses syphilitiques. — K. Empoisonnement chronique : nourriture insuffisante ou malsaine (faiblement toxique).

VIII'"* Division. Causes indéterminées.

On voit les efforts faits par le savant médecin statisticien de Genève pour classer les maladies causes de décès d'après les affinités pathologiques déjà connues de son temps (1840); mais on remarque que plusieurs sont déjà vieilhes. Nous croyons que ces efforts sont anticipés ; que la pathologie n'est pas encore en état de grouper toutes les maladies en familles naturelles. Il est vrai que certains groupes sont déjà généralement admis, telles sont les diverses espèces des maladies épidémiques ou encore certaines affections générales : la tuberculose, le cancer, la syphilis, etc., formant des groupes naturels admis aujourd'hui sans discussion; ce sont là des familles naturelles qu'il faut s'empresser d'accepter. Mais pour les autres rapprochements encore discutés, et par conséquent non connus ou non admis par tous, il vaut mieux conserver le classement systématique, mais très pratique, très facile, prenant pour base l'organe inilade, comme maladies des reins, de la vessie, etc.

C'est cette méthode mixte qui a été adoptée et plusieurs fois modifiée (par suite des progrès de la science) pour la nomenclature des maladies causes de mort en usage par le service de la statistique parisienne et dont nous allons maintenant exposer la classification en y introduisant pourtant les quelques modifications de détails qui, dès aujourd'hui, nous paraissent réalisables. D'ailleurs cette ordination n'a point de hautes visées scientifiques, encore moins doctrinales. Son but, plus modeste et plus pratique, a été de disposer ces causes et ces groupes morbides dans un ordre facile à saisir et que tous puissent admettre.

C'est pourquoi l'on n'a pas craint d'emprunter les raisons de groupement à plusieurs principes ; on a ainsi obtenu les cinq classes suivantes ; dans une première classe on a réuni les affections ou maladies générales, toutes les maladies qui, d'avis unanime et d'après nos connaissances actuelles, constituent de véritables entités morbides (je veux dire des unités spécifiques ou génériques pénétrant rapidement l'organisme entier), variole, fièvre typhoïde et jusqu'aux intoxications. Puis, à la suite, on a placé la plupart des autres maladies sous la désignation de maladies locales ; viennent ensuite les décès résultant des causes

DE MORT SPÉCIALES AUX AGES EXTRÊMES ; enfin Ics MORTS VIOLENTES.

La première classe I des affections générales comprend environ 50 groupes morbides, rangés en cinq catégories ou familles :

1. Les maladies épidémiques, oc épidémiques et virulentes, comprenant : fièvre typhoïde. — Typhus pe'téchial. — Scorhut et purpura hémorrhagique. — Variole et varicèle (rarement cause de mort). — Rouge'ole. — Scarlatine. — Coqueluche. — Diphlhérie et croup, comprenant les laryngites et les angines membraneuses (et leurs formes gangreneuses, fin fréquente des diphthéries).

— Pourriture d'hôpital. — Grippe. — Suette ou fièvre miliaire. — Choléra asiatique. — Choléra nostras. — Autres maladies épidémiques.

2. Maladies sEULEMEiNT virulentes et non épidémiques : infections purulentes ou pyohémie. — Morve et farcin. — Pustule maligne. — Charhon. — Rage. — Autres maladies virulentes.

5. Maladies endémiques : fièvres palustres intermittentes ou pernicieuses. — Cachexie palustre. — Pellagre. — Autres maladies endémiques.

4. Maladies diathésiqueo ou constitutionnelles : syphilis directement contractée, et syphilides (rarement cause de mort). — Syphilis héréditaire. — Rachitisme. — Scrofule (abcès se, etc.). — Tuberculose (phthisie, carreau, etc.).

— Âdénie, adénopathie, etc. — Lupus. — Pian. — Mycosis. — Lèpre. — Autres dermatoses [herpétisme) . — Cancer. — Cancroïde. — Rhumatisme. — Goutte.

— Diabète sucré. — Polyurie. — Leucémie. — Anémie profonde (non symptomatique d'une aifection connue). — Maladie bleue ou bronzée (d'Addison). — Hypertrophie goitreuse. — Exophthalmie. — Affections vermineuses. — Autres dia thèses.

5. Intoxications : alcoolisme et absinthisme. — Opiumisme. — Autres intoxications accidentelles. — Professionnelles. — Vicieuses.

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