‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.26Chapitre 18 sur 75 · DÉCAPAGE · texte numérisé non relu

DÉCAPAGE

des vapeurs nilreuses. Je signalerai cependant un fait que j'ai observé, et qui offre un certain intérêt. Un ouvrier employé à entretenir un bain acidulé dans lequel étaient plongées des pièces de fer présentait depuis quelque temps des symptômes assez difficiles à caractériser : tels que faiblesse générale, vertiges et nausées; je finis par reconnaître que l'acide sulfurique employé était impur et contenait des traces d'arsenic, et que, par suite, il se dégageait de la cuve une certaine quantité d'hydrogène arsénié, gaz auquel je n'hésitai pas à attribuer les accidents observés.

l'our le décapage du zinc, on se sert généralement pour bain d'un mélange d'acide chlorhydrique et sulfurique plus ou moins étendu d'eau.

Les ouvriers décapeurs sont exposés à deux sortes d'.iccidents : à des altérations de la peau des doigts et de la main causées par le contact des acides, et à des lésions des muqueuses respiratoires produites par l'inhalation de vapeurs irritantes.

L'épiderme des mains est le plus souvent blanchi et durci. Ces parties sont le siège de crevasses et d'excoriations situées principalement le long des plis articulaires. Quelquefois il y a une certaine insensibilité de la peau accompagnée d'engourdissement pénible des extrémités.

Une irritation légère des muqueuses lacrymale, nasale, bucco-pbaryngienne et bronchique : tel est le premier effet des vapeurs acides, qui disparaît, jusqu'à un certain point, par l'assuétude. On constate souvent de la gingivite chronique et un état dyspeptique avec gastralgie. La plupart des anciens ouvriers décapeurs ont perdu leurs dents; les gencives sont pâles, durcies, mais présentent autour des dents et des chicots qui restent une aréole de coloration plus vive en même temps qu'un léger degré de ramollissement. Les chicots, ainsi que quelques-unes de ces dents, sont noirs et sillonnés de rugosités. L'altération de l'émail gagne peu à peu l'ivoire de la dent, et celle-ci amincie au niveau du collet finit par se casser.

Les troubles dyspeptiques et les douleurs gastralgiques paraissent être le résultat de l'altération de la salive consécutive à ces lésions gingivales et dentaires.

C'est surtout chez les ouvriers qui décapent le cuivre avec l'acide azotique que l'inflammation des bronches s'observe. Les vapeurs nitreuses absorbées se transforment dans les voies respiratoires, en présence de l'oxygène de l'air et de la vapeur d'eau, en acide azotique, et celui-ci agit directement sur les tissus : de là des accidents graves caractérisés par des accès de suffocation et de la cyanose. Cette action des vapeurs nitreuses sur les poumons a été étudiée aux articles Bijoutiers et Azoteux et Hvpoazotique [Hygiène publique) de ce Dictionnaire; nous n'avons donc pas à y revenir.

Les prescriptions d hygiène professionnelle concernant directement les ouvriers doivent avoir pour objet l'enlèvement rapide des vapeurs acides, au moyen de hottes surmontant les cuves à décapage, entourées de rideaux imperméables ou mieux d'un rideau vitré, s'opposant le plus possible à la dispersion de ces vapeurs dans l'atelier. Ces hottes doivent communiquer avec un fourneau d'appel qui en activera le tirage.

On a proposé de munir les ouvriers d'un masque préservateur, neutralisant les vapeurs acides. A cet égard, un simple voile en étamine imbibé d'une solution alcaline sera employé utilement, llillairet avait conseillé, pour le dérocha^e, de combattre les vapeurs nitreuses par celles de l'ammoniaque, dont l'évapora-

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tion est constante et assez rapide à la température ordinaire'. Il se l'orme des vapeurs blanclies opaques, plus denses, complètement inodores et absolument inolfensives d'azotate et d'azotite d'ammoniaque. Il est préférable d'établir dans les ateliers une ventilation spéciale suffisante pour entraîner toute vapeur dangereuse.

Une mesure que nous conseillons : c'est de mettre à la disposition des ouvriers des bains légèrement alcalins, dans lesquels ils viendraient se laver les mains après le travail de la journée. D'autre part, ils feront bien de se nettoyer cbaque soir les dents avec une brosse saupoudrée de magnésie, afin d'éviter l'acescence des résidus buccaux et l'action des dépôts acides sur les dents.

En ce qui concerne le voisinage, il est nécessaire que la cheminée d'évacuation des vapeurs s'élève de plusieurs mètres au-dessus du faite des cheminées voisines, dans un rayon d'au moins 100 mètres.

D'une manière générale, il serait bon que les ateliers de dérochage fussent relégués dans des terrains isolés. Pour ceux qui sont tolérés au centre de la population, il faut veiller à ce qu'il n'y ait aucune fissure aux murs de séparation.

11 est en dernier lieu une prescription essentielle : c'est de ne jamais laisser écouler sur la voie publique ou dans les égouts les eaux des cuves, sans les avoir préalablement neulralisées avec la craie ou la chaux. Alex. Layet.

DÉCAPODES [Decapoda Latr.). Établi par Latreille en 1817, dans le t. III du Règne animal de Cuvier, l'ordre des Décapodes renferme tous les Crustacés d'organisation supérieure qui viennent se grouper autour de trois types principaux représentés par les Écrevisses, les Pagures et les Crabes, et que Linné réunissait pour la plupart dans son grand genre Cancer. C'est, de toute la classe, la division la plus nombreuse en espèces et une de celles dont les limites sont les plus tranchées et la composition la plus homogène. En voici la caractéristique générale ;

Yeux situés à l'extrémité de pédoncules mobiles plus ou moins allongés ; trois paires de pattes-mâchoires ; cinq paires de pattes ambulatoires ; anneaux de la tête et du thorax soudés entre eux de manière à constituer une srande carapace [Céphalothorax], dont les bords latéraux forment, au-dessus des articles basilaires des pattes-mâchoires et des pattes ambulatoires, une cavité plus ou moins vaste dans laquelle sont placées les branchies.

Cette carapace varie beaucoup quant à sa forme générale. Dans la grande majorité des cas, elle est formée d'une seule pièce sclérodermique qui s'étend du front jusqu'à l'origine de l'abdomen, et ses téguments solides, en général calcifiés, présentent, notamment dans les espèces de grande taille, des sillons ou des dépressions plus ou moins marqués qui correspondent pour la plupart à des insertions musculaires et circonscrivent des érainences symétriques constituant autant de régions distinctes en rapport constant avec les organes internes. Ces régions, que G. Desmarets [Histoire des Crustacés fossiles, 1822, p. 72) a signalées le premier à l'attention des zoologistes, et sur lesquelles Dana [On the Markings of the Carapax of Crabs, in American Journal of Science and Arts, 2« sér,, vol. XI, p. 93), puis H. Milne-Edwards [Observations sur le squelette tégumentaire des Crustacés-Décapodes, in Ann, se. nat., 5"^ sér., vol. XVI, p. 221), ont publié des observations importantes, fournissent d'excellents caractères pour la distinction des espèces. Mais la consolidation du squelette lé^u-

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mentaire ne s'effectue pas toujours d'une manière aussi complète ; dans les Cénobites, les Pagures, les Birgues, par exemple, la carapace est divisée en deux parties bien distinctes, articulées entre elles par une suture membraneuse et jouissant d'une certaine mobilité' ; la partie antérieure {arceau céphaliqne de H. Milne-Edwards) recouvre le front, l'estomac et la portion antérieure des organes hépatiques, tandis que la partie postérieure {arceau scapulaire du même auteur) constitue de chaque côté du thorax la voûte des cavités respiratoires et recouvre le cœur ainsi qu'une partie de l'intestin et des autres viscères. Chaque arceau peut, en outre, se composer d'un nombre plus ou moins considérable de pièces secondaires.

Chez les Crustacés-Décapodes, les antennes de la paire antérieure ou antennes internes, insérées en général au-dessous des pédoncules oculaires, se composent d'une tige de trois articles et de deux ou trois fouets multiarticulés, sur lesquels sontplacés des fdaments tenus, innervés parles ganglions cérébroïdes, et que les anatomistes allemands considèrent comme des organes olfactifs. Ces filaments sont des poils cyhndriques, d'une longueur variable et d'une gracilité extrême, revêtus d'une mince couche de chitine se décomposant en un nombre variable d'articles. Leur extrémité libre, en forme de cône légèrement tronqué, porte un prolongement hyalin, et la gaine articulée du cylindre montre un contenu granuleux qui paraît être une dépendance de la couche dermique ou chorion. Ces cylindres ont incontestablement le caractère d'un organe des sens, mais il résulte d'observations publiées tout récemment par M. S. Jourdain {Sur les cylindres sensoriels de l'antenne interne des Crustacés, in Compt. rend, de l'Académie des sciences, t. XC(, 1880, p. 1091) « qu'en se fondant sur leur structure anatomique, indépendamment de toute expérimentation physiologique, on n'est pas en droit d'affirmer qu'ils sont affectés à l'olfaction ». Quant aux antennes de la paire postérieure ou antennes externes, elles s'insèrent un peu au-dessous des premières sur une lamelle plate située en avant de la bouche; elles ne portent qu'un long fouet, mais sont fréquemment pourvues d'une écaille plus ou moins grande ; à leur base est placé un petit appendice tubuleux dans lequel vient déboucher le canal excréteur d'une glande spéciale. L'appareil buccal, très-compliqué, se compose : l-^ d'un labre, qui se confond en général avec la partie voisine du test ; 2° de deux mandibules, de conformation très-variable, ordinairement pourvues d'un palpe ti- ou triarticulé; 3" de quatre mâchoires dont les antérieures sont toujours formées de deux lames cornées et pourvues d'un palpe le plus souvent simple, tandis que k postérieures, constituées par quatre lames cornées et accompagnées de palpes, portent une grosse lamelle branchiale bordée de soies ; 4» enfin de trois paires de pattes-mâchoires qui, dans la règle, sont munies d'un appendice tlabelliforme.

Les cinq paires de membres qui font suite aux organes buccaux sont beaucoup plus développées et constituent les pattes proprement dites qu'on appelle également pattes thoracigues ou ambulatoires. Chacune de ces pattes se compose de sept articles, et les deux antérieures sont très-souvent terminées par un organe préhensde ou pince parfois énorme; il en est de même quelquefois pour une ou deux des pattes suivantes, mais, en général, les quatre dernières paires ne servent qu'à la locomotion et se terminent par une sorte d'ongle pointu.

La conformation de l'abdomen varie beaucoup. Chez les Écrevisses, les Crevettes, \e% Homards, etc., il est très-développé, recouvert d'un test épais et

résistant, muni de cinq paires de fausses pattes et terminé par une grande nngeoire formée de cinq lamelles ciliées disposées en éventail. Chez les Pagures et les Birgues, il reste mou et asymétrique. Enfin chez les Crabes il ne forme plus qu'une lamelle large (femelle) on étroite (mâle), qui est constamment repliée sur le plastron sternal.

Chez les Crustacés-Décapodes, l'organisation interne n'est pas moins caractéristique que la structure des parties extérieures.

Le système nerveux central possède les mômes éléments histologiques que celui des animaux supérieurs, et la disposition de ces éléments est absolument semblable à celle des Vertébrés {voy. Owsjannikow, Recherches sur la structure intime du système nerveux des Crustacés et principalement du Homard, in Ann. se. nat., 4^ sér.,t. XV, p. 129). La chahie ganglionnaire abdominale présente des modifications en rapport avec l'atrophie qui frappe l'abdomen. Chez les Écrevisses, les Homards, par exemple, elle se compose de douze ganglions, dont six sont répartis dans le céphalothorax et six, plus petits, occupent l'abdomen; chez les Pale'mons, les Langoustes, au contraire, quelques-uns des ganglions thoraciques sont soudés entre eux, et chez les Pagures, outre une réduction des ganglions du céphalothorax, la chaîne ganglionnaire abdominale n'est plus représentée que par un ganglion unique ; ce qui établit le passage à la conformation des Crabes chez lesquels tous les ganglions se sont fusionnés et ne forment plus qu'une grosse masse située dans le céphalothorax. D'après M. E. Yung (Sur les fonctions de la chaîne ganglionnaire chez les Crustacés-Décapodes, in Compt. rend, de VAcad. des sciences, t. LXXXVIII, 1879, p. 547), « les masses ganglionnaires et les connectifs qui les unissent sont manifestement sensibles sur toute la longueur de la chaîne, et la sensibilité est la même sur les faces supérieure, inférieure et latérales. Les racines des nerfs irradiant de la chaîne sont à la fois motrices et sensibles, contrairement à l'opinion classique de Newport, Valentin, Longuet, etc. ; il en est de même pour les faces supérieure et inférieure de la chaîne. Chaque ganglion est un centre de sensibilité et de mouvement pour le segment du corps auquel il appartient, mais la sensibilité devient inconsciente et les mouvements réflexes lorsque le ganglion est séparé de ceux qui le précèdent. Le ganglion sous-œsophagien est le centre moteur et sensitif pour toutes les pièces masticatoires et les pattes-mâchoires. Le cerveau ou ganglion sus-œsophagien est sensible sur toutes ses faces, contrairement à ce qui a lieu chez les Insectes chez lesquels, suivant Faivre, le cerveau est insensible. Il joue le rôle de centre nerveux et sensitif pour les appendices céphaliques (yeux, antennes). Chaque moitié droite (?t gauche du cerveau afit sur la partie correspondante du corps; il en est de même pour les autres sanglions de la chaîne ; il n'y a pas d'entre-croisements dans le parcours des fibres nerveuses. »

Organes des sens. Chez les Crustacés-Décapodes, l'organe de la vision est représenté par deux gros yeux composés à facettes, occupant chacun l'extrémité d'un pédoncule plus ou moins allongé que des muscles mettent en mouvement. Le sens du toucher est exercé par les antennes, les palpes des mâchoires, et aussi par les pattes-mâchoires. Enfin, à l'article basilaire des antennes internes sont placés les organes auditifs qui, découverts par Rosenthal en 1811, ont été étudiés par plusieurs auteurs, notamment par Favre, en 1845, et par Krôyer, en 1859, dans les Mémoires de l'Académie de Copenhague, t. IV, p. 287. Mais c'est aux belles recherches de M, Ilensen [Études sur l'organe auditif des Crus-

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tacés-Décapodes, in Arch. des sciences physiques et naturelles de Genève^ février i 864) que l'on doit de connaître aujourd'hui la plupart des détails de leur structure. D'après ce savant zoologiste, ce sont des vésicules à ololithes dont les unes sont ouvertes et les autres sont fermées. Dans le premier cas, les otolithes, de forme irrégulière, ressemblent à des grains de sable ; dans le second cas, ils offrent une structure particulière constante et leur surface n'est jamais irrégulière. La durée de ces vésicules n'est que temporaire, car les Crustacés rejettent périodiquement le sac auditif avec ses otolithes et l'appaieil se forme à nouveau. La matière organique contenae dans les otolithes est un sel calcaire et les réactions paraissent indiquer du fluorure de calcium. Chez les Crabes, les vésicules sont dépourvues d'otolithes, mais leurs cavités auditives sont pourvues de poils chitineux, semblables, par leur conformation, aux poils à otolithes, et pouvant, comme ces derniers, entrer en vibration. C'est ce qui a conduit M. Hensen à considérer comme des organes de l'audition certains poils de la surface du corps qui présentent la même structure que les poils à otolithes.

Vappareil digestif, très-peu compliqué, se compose d'un œsophage court et étroit, d'un vaste estomac globuleux dont les parois, soutenues par une sorte de charpente cartdagineuse ou osseuse, présentent des saillies nombreuses en forme de dents mobiles ; enfin d'un intestin de longueur variable qui s'étend à peu près en ligne droite jusqu'à l'anus, lequel est .situé à la face antérieure du dernier segment abdominal. Les organes hépatiques forment de chaque côté de l'intestin une masse volumineuse composée d'un grand nombre de petits csecums de couleur jaune insérés sur les ramifications d'un conduit biliaire qui débouche dans l'intestin au-dessous de l'estomac.

Ainsi que nous l'avons déjà dit à l'article général Crustacés {voy. l'« sér., t. XXIV, p. 4), chez les Décapodes le sang veineux, après s'être rassemblé dans des sinus occupant la face sternale du céphalothorax et la base des branchies, passe dans les organes respiratoires, puis, redevenu sang artériel par son contact avec l'eau aérée, s'engage dans des canaux à direction verticale creusés dans les parois épimériennes de la cavité dorsale située entre la voûte de la carapace au-dessus et les organes génitaux internes au-dessous. Cette cavité, appelée oreillette par Slraus-Durckheim {Considérations générales sur ranatomie comparée des animaux articulés. Paris, 1828, p. 346), chambre péricardique ou sinus péricardiaque par les anatomistes actuels, contient le cœur qui en occupe la région médiane. Les parois de cette cavité comprennent une voûte immobile et passive»qui adhère à l'hypoderme de la carapace, et un plancher très-mince dont la partie médiane est formée d'une bande assez large de tissu conjonctif, tandis que sa périphérie présente une couche de fihres musculaires. L'existence de ces éléments musculaires avait fait penser que \e plancher devait jouer un certain rôle dans la circulation, soit en exerçant, par sa contraction, une pression sur le liquide sanguin remplissant le sinus, soit en opérant une traction sur les attaches du cœur et facilitant ainsi la diastole, soit enfin en comprimant les viscères sous-jacents et en chassant le sang veineux vers les branchies et par suite vers le sinus. Mais il résulte d'observations publiées tout récemment par M. Félix Plateau (Recherches physiologiques sur le cœur des Crustacés-Décapodes, in Arch. de biologie, vol. I, 1880, p. 655) que toutes les parois du sinus péricardiaque sans exception sont réduites à l'immoliilité, que le sinus est un sac passif et que « tout le transport du sang, dans la circulation

artérielle comme dans la circulation de retour, se fait exclusivement sous l'action du cœur qui, à la façon d'une pompe aspirante et foulante, aspire le sang du sinus lors de la diastole et le refoule, pendant la systole, avec une force suffisante non-seulement pour lui faire parcourir le réseau des artères à parois propres, mais de plus pour déterminer toute la circulation de retour par les sinus veineux, vaincre la résistance très-grande des canaux du système branchial et ramener entin le liquide sanguin au sinus péricardiaque. »

La respiration s'opère au moyen d'un nombre variable de branchies, d'une structure complexe. Ces branchies, qui ne sont autre chose que des appendices des pattes-mâchoires et des pattes ambulatoires, sont, à peu d'exceptions près, toutes renfermées dans une cavité plus ou moins vaste {chambre respiratoire ou branchiale) située de chaque côté du thorax et formée par les expansions latérales de la carapace. L'eau pénètre dans chaque cavité par une fente longitudinale placée à la face inférieure du céphalothorax ou bien par une ouverture spéciale située à la base de la première ou de la troisième paire de pattes ; elle est constamment renouvelée par les mouvements oscillatoires d'un appendice lamelleux mince et étroit (flagellum) qui est fixé à la base de l'une des paltesmâchoires, et qui s'étend sur l'ensemble des branchies.

Gomme l'immense majorité des Crustacés, les Décapodes ont les sexes séparés. Les organes sexuels sont pairs et en grande partie logés dans le céphalothorax. Les organes génitaux mâles se composent essentiellement d'une paire de testicules, de canaux déférents et d'une paire de verges membraneuses qui font constamment saillie au dehors. Les testicules, formés chacun de deux tubes capillaires très-enroulés, présentent dans leur portion antérieure des connexions transversales, et les conduits déférents, longs et sinueux, se rendent de chaque côté à l'ouverture génitale externe située ordinairement sur l'article basilaire de la cinquième paire de pattes. Quant aux organes génitaux femelles, ils se composent de deux ovaires, d'un même nombre d'oviductes, et débouchent, par un conduit excréteur peu allongé, soit sur l'article basilaire des pattes de la troisième paire, soit sur le segment thoracique qui porte cette même paire de pattes. Les œufs restent, jusqu'au moment de leur éclosion, attachés aux poils qui garnissent les fausses pattes abdominales des femelles.

A l'exception des Pénéides, chez lesquels la métamorphose débute par la forme larvaire très-simple de Naiiplias, et de quelques espèces {Écrevisses, Homards, etc.), qui, au moment de leur naissance, possèdent déjà tous les caractères des adultes, tous les Décapodes éclosent sous forme de larves, appelées Zoés, dont les transformations ultérieures sont progressives, mais très-variables. Chez les Crabes, ces Zoés sont pourvues en général de quatre aiguillons trèsdéveloppés, ua sur le front, un sur le dos, et un de chaque côté de la carapace ; après une ou plusieurs mues, elles affectent une seconde forme larvaire qui a été décrite sous le nom générique de Megalopa.

La plupart des Décapodes habitent la mer et se nourrissent de matières animales. Outre les nombreuses mues qu'ils subissent avant d'acquérir leur forme définitive, tous, à l'état adulte, changent annuellement une ou deux fois de peau et se cachent alors dans quelque trou jusqu'à ce que leurs téi-umenls aient acquis une 'consistance suffisante. D'après la conformation de l'abdomen, on les divise en trois groupes : les Macroures, les Anomoures et les Brachyures.

1° Macrodres. Ce groupe renferme tous les Crustacés-Décapodes chez lesquels l'abdomen très-developpé, généralement plus long que la portion céplja-

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lothoraciquc, est recouvert d'un test solide et terminé à son extrémité libre par une grande nageoire caudale en forme |d'éventail. 11 a pour types principaux les Penées, les Écrevisses, les Homards, les Langoustes, les Galathées, les Scyîlares, les Crangons et les Palémons.

Le céphalothorax, ordinairement comprimé et plus long que large, se prolonge en avant pour former un rostre plus ou moins proéminent, souvent denté; dans la règle, ses parties supérieure et latérales sont confondues, mais les régions branchiales sont nettement séparées de la région stomacale par un sillon; parfois le dernier segment thoracique reste libre. Excepté dans les Langoustes où il forme un grand bouclier horizontal, le sternum est très-étroit en avant et presque linéaire dans le reste de sa longueur.

Les antennes sont toujours très-développées ; celles de la paire antérieure, composées d'un pédoncule de trois articles et de deux ou trois fouets très-longs, ne se replient jamais dans une fossette; les antennes externes possèdent presque toujours à leur base une longue écaille ciliée sur les bords.

L'abdomeii se compose de sept anneaux mobiles, dont les cinq premiers portent d'ordinaire chacun une paire de pattes-nataloires {fausses pattes abdominales] ; chacune de ces fausses pattes est formée d'un article basilaire gros et cylindrique et en général de deux lames tenninales longues et bordées de cils. Le sixième anneau est pourvu de deux grandes lames dirigées en dehors, qui constituent, avec la pièce médiane formée par le septième anneau, une grande nageoire caudale à cinq feuillets disposés en éventail.

Les branchies, formées par la réunion de nombreux filaments très-serrés et disposés comme les poils d'une brosse, présentent de grandes différences sous le rapport du nombre : ainsi les Homards en ont 20, les Scyllares, 21, etc. ; elles sont insérées par groupes de deux, de trois ou de quatre, au-dessus des diverses pattes. Dans les Écrevisses, il y en a deux sur la deuxième paire, trois sur la troisième ; les autres se répartissent isolément sur les paires de pattes suivantes. Les ouvertures génitales femelles sont toujours situées à la base de la troisième paire de pattes ambulatoires; celles des organes raàles sont creusées dans l'article basilaire des pattes de la cinquième paire, et sont ordinairement signalées par la présence de caroncules charnues présentant parfois (dans les Penœus, par exemple) un assez grand développement.

Dans les Décapodes-Macroures, l'accouplement s'effectue ventre à ventre. On sait pertinemment qu'il n'y a pas de véritable copulation, mcis on icrnore encore la façon dont les œufs sont fécondés. Cavolini (Memoria sulla generazione dei Pescie dei Cranchi. Naples, 1787) et H. Milne-Edwards {Histoire naturelle dei Crustacés, I, p. 175) ont pensé que « les œufs sont fécondés par les mâles au fur et à mesure de leur ponte, comme cela a lieu chez les Grenouilles, ou bien après qu'ils sont sortis du corps de la mère et qu'ils sont suspendus aux appendices de son abdomen. » D'après M. Goste, au contraire {Rapport sur la reproduction des Crustacés au point de vue de la réglementation des pêches, Paris, 1860), « la semence est versée en dehors sur le plastron où elle se fixe par plaques irrégulières entre les deux orifices génitaux femelles. Dense, tenace et gluante d'abord, elle se liquéfie peu à peu et, à mesure qu'elle fond, l'es corpuscules fécondants dont elle est formée, se dégageant de la substance albumineuse qui les tient en suspension, pénètrent dans les oviductes et montent jusqu'aux ovaires pour y opérer la fécondation. » Mais M.Brocchi [Recherches sur les organes génitaux mâles des Crustacés-Décapodes, p. 49) se refuse à admettre que la

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t'écondation puisse s'opérer de cette manière, attendu, dit-il, « qu'on ne conçoit pas très-bien comment les corpuscules fécondants, qui sont d'ailleurs dénués de tout mouvement, pourraient arriver jusqu'à l'extrémité supérieure des ovaires. » Il ajoute que, pour ce qui concerne les Ecrevisses, il a vainement cherché dans les oviductes la présence des corpuscules spermatiques, et qu'en résumé, dans l'état actuel de la science, il est impossible d'être bien fixé sur le mode de fécondation chez ces Crustacés .

A l'exception de quelques espèces qui habitent les eaux douces {Ecrevisses) ou les eaux souterraines des grottes et des cavernes {T roglocaris Schmtdll Bovm., Comharm pellucidus Hag., etc.), tous les Décapodes-Macroures vivent dans la mer. Ils sortent rarement de l'eau, marchent peu, mais nagent avec rapidité et presque toujours à reculons; plusieurs sont recherchés pour l'alimentation {voy. ÉcREVissE, HoM.vRD, LANGOUSTE, Crevette, etc). Quelques-uns {Thalassinides) s'enfoncent dans le sable; d'autres {Pénéides) habitent des tubes formés par des Algues entre les branches de certains Polypiers. Il en est qui ne vivent qu'à de grandes profondeurs, et les dragages exécutés dans ces derniers temps par le Challenger, par le Drake, dans le golfe du Mexique et la mer des Antilles, et par le Travailleur dans le golfe de Gascogne, ont démontré l'existence, à des profondeurs de 3500 à 4000 mètres, d'un grand nombre de ces Crustacés offrant pour la plupart des particularités de forme et de structure extrêmement remarquables. Tels sont, par exemple, le Miinida temùmana A. Milne-Edw., aux yeux très-gros et phosphorescents; les Galacantha, dont la carapace est armée en dessus et sur les côtés de grandes épines en forme de sabres ; certains Gala thodes et Orophorhytichm, qui ont les yeux transformés en pédoncules épineux ; les Diptychus, ciiez lesquels l'abdomen, replié deux fois sur lui-même, se cache sous le sternum; plusieurs W iUemœsia, qai reprodaisent presque complètement les formes des Eryom de l'époque jurassique, mais qui sont aveugles ; etc. [voy. Alph. Milne-Edwards, in Compter rendus de ï Académie des sciences t. XCI [1880], p. 555, et t. XCIl [1881], p. 384).

2° Anomolres. Le groupe des Anomoures, créé en 1832 par Milne-Edwards, renferme notamment les Pagures, les Birgues, les Hippiens, les Porcellanes, les Homoles, les Dromies et les Ranines, c'est-à-dire tous les Décapodes anormaux qui, soit dans leur conformation extérieure, soit dans leur organisation interne, présentent un certain nombre de caractères intermédiaires entre ceux des Macroures et des Brachyures. C'est donc un groupe de transition et d'une composition peu homogène, attendu que l'un ou l'autre des caractères les phis importants qui ont servi à l'établir peut manquer. Aussi, à l'exemple d'Alph. Milne- Edwards [Histoire des Crustacés podophthalmaires fossiles, in Ann. des se. nat., 4^ série, t. XIV, p. 175), plusieurs auteurs modernes en font-ils complètement abstiaction et rattachent, d'une part les Pagures, les Birques et les Hippiens, au groupe des Macroures, d'autre part les Porcellanes, les Homoles les Dromies et les Ranines, à celui des Brachyures.

Quoi qu'il en soit, les Anomoures présentent les particularités générales suivantes :

Le céphalothorax, toujours beaucoup plus développé que la portion abdominale du corps, est tantôt allongé {Pagures, Birgues, Hippiens), tantôt ovale ou arrondi, subtriangulaire ou quadrangulaire {Porcellanes, Dromies), tantôt enfin fortement rétréci en arrière [Ranines). En général, le dernier seomentest libre. Presque toujours les deux paires d'antennes sont bien développées.

Les pattes des trois ou quatre premières paires sont grandes et conformées à peu près comme celles des Brachyures, mais le plus souvent les pattes de la dernière et même celles de l'avaat-dernière paire sont rudimentaires, Iransforme'es en organes de préhension et plus ou moins nettement insérées sur le côté dorsal de la base de l'abdomen. Celui-ci, mince, lamelleux et terminé par une nageoire caudale, est, dans la règle, replie sous le thora-t ; d'autres fois, il reste mou et asymétrique [Pagures, Birgues) ; dans ce cas, l'animal se loge, pour le proléger, dans quelque coquille vide de Mollusque, à laquelle il s'accroche au moyen de SCS pattes postérieures.

Le système nerveux se fait remarquer par une réduction dans le nombre des ganglions Ihoraciques et par la présence, dans l'abdomen, d'un ganglion unique. Les orifices génitaux femelles sont, en général, comme dans les Macroures, situés à la base de la troisième paire de pattes.

Les Arom-jures sont essentiellement marins; beaucoup d'entre eux se rencontrent sur les rivages, sous les pierres ou dans les fentes des rochers; mais le plus grand nombre habitent à des profondeurs variables, et jusqu'à plus de 'iOOO mètres on trouve quantité de Dromies, à'Hotnoles et surtout de Pagures, dont plusieurs espèces constituent des types de transition d'un puissant intérêt au point de vue de la classification. Quelques-uns se font remarquer par des adaptations Irès-cu rieuses à un genre de vie spéciale {voy. Paguride*),

3" Bra-chyures. Les Décapodes qui viennent prendre place dans ce groupe très-naturel sont connus indistinctement sous le nom vulgaire de Crabes. La plupart vivent dans la mer à des profondeurs variables, mais qui ne paraissent pas dépasser 1500 à 2000 mètres; quelques-uns (Pinnothcres) vivent en parasites dans les coquilles de Mollusques -Lamellibranches des genres Plnna et Mytilus. Un assez grand nombre cependant sont aptes, à divers degrés, à séjourner sur la terre, et se rencontrent tantôt sur les rivages oii ils courent, soit de coté, soit même à reculons, avec une grande rapidité, tantôt (Gécarcinides) dans des lieux marécageux et même sur des collines boisées situées assez loin de la mer. Une espèce de Grapside, le Sesar^ma Pisoni H. Milne-Edw., du Brésil et des Antilles, grimpe sur les Mangliers pour en manger les feuilles ; les Gélasimei et les Ocypodes se creusent dans le sable des trous profonds dans lesquels ils se tiennent par couples et dont le mâle ferme l'entrée avec sa grosse pince- Dans le plan d'organisation propre à ces Décapodes, le corps ramassé est recouvert entièrement d'une carapace dure et épaisse, de forme variable (arrondie, triangulaire ou quadrangulaire), dont la face inférieure présente entre les pattes un large plastron sternal. Les antennes sont peu développées ; celles de la paire antérieure {antennes internes), toujours" très-courtes, peuvent se reployer dans la cavité qui loge leur article basilaire et à laquelle on donne le nom de fossette antennaire. La troisième paire de pattes-mâchoires, composée d'articles larges e! aplatis, recouvre presque complètement le cadre buccal, qui est de forme triangulaire ou quadrangulaire et à la partie antérieure duquel viennent aboutir les conduits efférents des cavités respiratoires. Ces dernières, de grandeur médiocre, renferment chacune sept ou neuf branchies formées d'une double série de lamelles isolées, empilées les unes sur les autres et allant en diminuant de grandeur vers leur extrémité.

Contrairement à ce qu'on observe chez les Macroures, la région abdominale, déprimée et lamelleuse, est toujours reployée sous le thorax en manière de tablier ; elle est traversée seulement par le tube intestinal et n'a d'autres usages

que de protéger les organes copulateurs chez les mâles et de coiistiluer, chez les femelles, le plancher de la chambre inoubatrice. Les ouvertures sexuelles femelles sont situées sur le plastron sternal, entre la troisième paire de pattes. Quîint aux orifices génitaux mâles, ils sont, dans la règle, creusés dans les articles basilaires des pattes de la cinquième paire. L'accouplement, observé pour la première fois en 1787 chez le Stenorhy nchus phalangiuin ?enn. par Cavolini, qui signala en même temps à l'attention des zoologistes cette particularité qu'au moment de la copulation la caz'apace, et en général le test de la femelle, est sensiblement ramollie, a été l'objet des études de Bouchard-Cliantraux {Cruslacés du Boulonnais, 1855), de de Lafresnaye {Revue zooloijique, 1848, p. 279) et de Brocchi [Becherches sur les organes mâles des Crustacés-Décapodes, p. 144). D'après ce dernier auteur, la copulation s'effectue de la manière suivante : « Les deux animaux sont placés face à face, la femelle couchée sur le dos; le mâle relève son abdomen et fait ainsi saillir les appendices mâles. Les verges membraneuses viennent alors se placer dans l'ouverture supérieure des appendices de la première paire. En ce moment sans doute cesse 1 invagination de l'organe, qui devient ainsi plus effilé à son extrémité et plus long. Les appendices de la première paire viennent se placer, par leurs extrémités inférieures, en contact avec les vulves de la femelle, et elles y pénètrent plus ou moins profondément. Le liquide fécondateur coule le long du canal offert par chacun des appendices de la première paire et arrive ainsi dans les poches copiilatrices de la femelle. L'intromission de l'appendice dans la vulve n'offre souvent rien de remarquable, cet organe étant grêle, aigu à son extrémité. Mais, dans certains cas, chez les Cardisomes, par exemple, les appendices mâles ont une grosseur relativement considérable, et il semble qu'il soit impossible qu'il y ait une véritable intromission. Cependant, même dans ce cas, deux circonstances paraissent permettre cet acte : la première est le ramollissement du test de la femelle; la seconde résulte de la constitution même de la pièce à introduire. En effet, la plupart de ces appendices mâles semblent formes par une lame cornée, reployée sur elle-même en une sorte de cornet et dont les parois sont d'ailleurs peu épaisses. Cet organe jouit donc à la fois d'une solidité considérable et d'une élasticité qui doit favoriser l'intromission. »

Le DécapoJes-Brachyures se divisent en trois groupes secondaires : 1» les Oxyrhynches, qui ont pour type principal les Araignées de mer (genre Maïa Lamk), chez lesquelles le céphalothorax est triangulaire et acuminé en avant avec un rostre plus ou moms long, parfois fourchu; 2" les Cyclométopes ou CancroWes, représentés surtout par les genres Cancer L., Carcinus Leach, Portunus Leach, Telphusa Latr., dont les représentants sont caractérisés parleur carapace large, rétrécie en arrière, dépourvue de rostre et recoui'bée sur le front ainsi que sur les bords latéraux ; 5» les Catoméfopes ou Grapsoldes, qui ont la carapace quadrangulaire, les régions branchiales très-développées, le quatrième article des pattes -mâchoires externes le [)lus ordinairement implanté sur l'angle interne du troisième, enfin les ouvertures sexuelles mâles placées sur le plastron sternal. Ce dernier groupe renferme notamment les genres Pinnotheres Latr., Gonop/ax Leach, Ocypoda Latr., Grapsus Lamk ei Gecarcinus Latr., qui constituent les types d'autant de familles distinctes.

L'existence des Crustacés-Décapodes remonte à l'époque secondaire. Les terrains jurassiques renferment en effet de nombreux débris de Macroures, appartenant surtout au genre Eryon. Quant aux Brachyures, dont l'apparition paraît

n'avoir eu lieu qu'à la période crélacée, ils ont été surtout abondants à l'époque tertiaire et leurs débris fossiles se rencontrent principalement dans les différentes couches des terrains éocène et miocène. Ed. Lefèvre.

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DÉCÈS. i^^

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DECEMBRio (Akgelo). Médecin italien, mort, selon le père Zaccaria, en 1461. II était le fils d'un homme de lettres célèbre, Oberto, qui fut le secrétaire de Pierre de Candie, de I59I à 1407, et le frère de Pier-Candido (1599-1447), qui occupa de hautes charges auprès du roi Alphonse de Naples et auprès des ducs Phil. Maria Visconti et François Sforza de Milan. Notre Angelo étudia la médecine sous Guarino et exerça cet art avec réputation; il était en outre trèsversé dans les langues grecque et latine ainsi que dans la littérature et était un excellent orateur. Les deux Sforzeschi l'envoyèrent comme ambassadeur auprès de plusieurs princes, entre autres auprès du pape Pie H. Argellati a écrit l'éloge de ce savant médecin. On connaît de lui :

I. De cognitione et curatione peslis. Papise, 1505, in-fol. ; ibid. , 1521, in-fol. — II. Politice litterariœ libri VU. Augustje Yindelicor., 1540, in-fol. — III. Un grand nombre de pièces littéraires restées manuscrites et énumérées dans Bonino [Bioçr.îned.piemontese, t. J,p. 75).

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