‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.26Chapitre 21 sur 75 · CAUSES · texte numérisé non relu

CAUSES

il Accidentelle, ) , ,,.

Vninr.t,,r<. l °^ ^u Btat Q ivrcsse. Criminelle.

Douteuse.

i Accidentelle, i . , ,,.

Vninnici c 1 °^ S'^ '^^^^ Q ivresse. Ci-iminelle.

Douteuse.

DICT. ENC. XXVI. 10

DECES.

Par strangulation ou pendaison

Par submersion

Par armes à feu ,

Par instruments tranchants .

Par instruments contondants .

Par précipitation d'un lieu élevé

Par écrasement

Insolation.

Brûlure.

Congélation.

Exécution.

Autres.

Accidentelle.

Volontaire. .

Criminelle.

Douteuse.

Accidentelle.

Volontaire. .

Crimmelle.

Douteuse.

Accidentelle.

Volontaire. .

Criminelle.

Douteuse.

Accidentelle .

Volontaire. .

Criminelle.

Douteuse.

Accidentelle.

Volontaire. .

Criminelle.

Douteuse.

Accidentelle.

Volontaire. .

Criminelle.

Douteuse.

Accidentelle.'

Volontaire. .

Criminelle.

Douteuse.

I ou en étal di'vresse.

I ou en état d'ivresse.

ou en état d'ivresse.

I ou en élat d'ivresse.

I ou en état d'ivresse.

' ou en état d'ivresse.

ou en élat d'ivresse.

Parmi les autres listes de maladies causes de mort en usage chez les autres nations, je signalerai seulement la liste de do8 maladies causes de mort en usage à Berlin. J'avouerai que je ne suis pas assez versé dans les théories médicales des écoles d'outre-Rhin pour compi^endre le fil conducteur de cette liste qui d'ailleurs, dans ses grands traits et dans ses unités morbides, s'éloigne assez peu de la liste parisienne, mais chez laquelle je rencontre des singularités dont la raison m'échappe absolument: ainsi, pour n'en citer qu'un exemple, je trouve la diphthérie parmi les autres affections épidémiques occupant le cinquième rang entre variole, érysipèle et la pyohémie, la fièvre puerpérale, la fièvre typhoïde, etc.; cela ne diffère pas notablement de nous. Mais bien plus loin je rencontre au quatre-vingt-unième rang : le croup, auquel est imposée la traduction latine angina membranacea, placé entre les convulsions, la laryngite avant, et la coqueluche, la phthisie laryngée après ! Nous le répétons, nous ne comprenons rien à celte ordoiniance. Chez nous, le croup, c'est la laryngite membraneuse, et tous nos maîtres la considèrent comme de nature identique à la diphthérie ou angine membraneuse, dont elle ne dilfère que par le siège des membranes diphthéritiques. Ces membranes débutent, dans un cas par envahir les amygdales et le pharynx, et dans l'autre par le larynx, tandis qu'il résulte certainement des places si différentes que leur assigne la nomenclature de Berlin que, pour l'illustre Virchov (auteur de cette liste), ce sont évidemment des affections absolument distinctes. Il m'est impossible de résoudre cette difficulté et beaucoup d'autres que présente pour moi la succession des maladies causes de décès à Berlin : je ne m'y arrête donc pas.

Mais en terminant je dois parler de la grande entreprise de la statistique ita-

lienne qui vient, par ordonnance royale de novembre 1880, de décréter le relevé

des maladies causes de mort, non pas seulement pour les villes, mais pour tout

le royaume d'Italie. C'est là, il faut le reconnaître, une grande liardiesse de

l'éminent directeur de la statistique italienne, L. Bodio : nous lui souhaitons un

heureux succès, mais il est entre les mains des médecins italiens. Cependant

l'organisation nous en paraît bien conçue ; la liste des maladies causes de décès,

au nombre de 131, à peu près comme la liste parisienne et édifiée absolument

sur le même plan, diffère fort peu de la nôtre. On se demande même s'il ne

valait pas mieux adopter simplement la liste parisienne en lui faisant subir les

quelques perfectionnements dont, dès aujourd'hui, elle est susceptible ; c'est

ainsi que les médecins italiens ont ajouté avec beaucoup de raison aux maladies

locales de l'appareil respiratoire (Y« classe de la liste italienne, ou lY" de la

nôtre) celles qui ont leur siège dans les fosses nasales (et autres tumeurs, polypes,

épistaxis, etc.). Quoiqu'il en soit, la liste italienne est excellente, et, si nos

confrères italiens goùlent les excellentes raisons développées avec beaucoup de

force par le ministre dans sa circulaire aux médecins, nous aurons bientôt, chez

nos voisins et amis, une source importante de renseignements d'autant plus

précieux qu'ils seront mis en œuvre par l'infatigable L. Bodio, aujourd'hui le

premier démographe de l'Europe par son savoir comme par" son ardeur au

tiavail.

11 me faudrait dire maintenant la part respective de chaque cause de mort spéciale dans la mortalité générale : mais comment apprécier cette proportion? La méthode la plus fréquemment employée (parce qu'elle est la plus commode) consiste à comparer les nombres de décès de chaque cause à la somme des décès de toutes causes : ainsi on compte annuellement à Paris 8 à 9000 décès phthisiques, ce qui, sur environ 50000 décès généraux, fait 16 à 18 décès phthisiques sur 100 décès par toutes causes. Mais ce rapport, tout précis qu'il semble, est pourtant fallacieux comme tous ceux que l'on tire de la seule considération des décès sans les rapporter aux vivants qui les ont fournis.

Admettez en effet un milieu social, une population déterminée, chez laquelle la nocuité d'une ou plusieurs maladies jusque-là très-meurtrièi'es se soit considérablement amendée, mais non la phthisie que je suppose immuable. Par le fait de cette diminution, l'ensemble des décès aura donc diminué, et ceux par phthisie seront restés en même nombre.: dès lors, sur 1000 décès de toutes causes, la proportion relative des décès phthisiques sera plus grande sans que le danger de mort se soit accru !

Les variations de ce rapport ne mesurent donc pas nécessairement la mortalité ou danger de mourir phthisique. C'est qu'en effet, si l'on veut y réfléchir, on verra que ce rapport des nombres de décès de chaque cause entre eux ou à l'ensemble des décès traduit seulement la fréquence relative de chaque cause de mort. Dans l'exemple choisi, elle montre qu'à Paris 16 à 18 décès sur 100 sont dus à la phthisie pulmonaire, mais elle ne dit pas le danger que courent les vivants d'en être atteints. Pour avoir ce rapport il faut rapprocher les nombres de décès de chaque cause des vivants qui nous paraissaient également aptes à les fournir.

C'est ainsi qu'en comparant les 8 à 9000 décès phthisiques de Paris aux 2 millions d'habitants qui les fournissent, on trouve qu'à Paris 1000 habitants donnent annuellement 4 à 5 décès par phthisie; voiià, d'après les documents parisiens, le danger de mourir phthisique pour un habitant quelconque; ce rapport

148 DECES.

mesure bien le danger, car il ne pourra augmenter qu'au grand détriment des Parisiens'.

Nous avons vu qu'il n'en est pas de même du précédent, du rapport de fréquence relative, qui établit que, sur 100 décès généraux, il y a 16 à 18 décès phthisiques. Ce rapport en effet peut augmenter de deux façons : 1" par l'accroissement de la nocuité de la phlhisie, ou 2° par la diminution des décès provenant des autres maladies. On voit par là combien est différente la signification de ces deux rapports : fréquence et nocuité, et pourtant beaucoup de statisticiens se servent indifféremment de l'un ou de l'aulre.

Évidemment, le rapport des décès de chaque cause aux vivants qui les ont fournis dans l'année moyenne est le seul qui mesure toujours, et dans tous les cas, le danger spécial à chaque cause. Malheureusement , ce rapport exige la connaissance précise du nombre des vivants de Vannée durant laquelle le relevé des décès a été exécuté, c'est-à-dire qu'il suppose un dénombrement récent et exact, ce qui se rencontre assez rarement.

En oulre, l'appréciation du danger de mort et même celle de la fréquence relative exige encore une analyse plus fine pour les maladies qui frappent Irèsinégalement les sexes ou les âges. Ainsi l'âge d'élection delà phthisie est de 15 à 30 ou 55 ans, de sorte que, si on compare deux populations, dont l'une a une proportion beaucoup plus grande de ces jeunes adultes, par cela même elle devra fournir plus de décès phthisiques, sans que cela implique une nocuité réellement plus grande de cette affection : il faudra donc, dans de tels cas (et c'est le cas de la ville de Paris), que l'appréciation de danger et de fréquence soit, pour l'un ou l'autre groupe, calculée par groupe d'âge. De même , si un sexe est notablement plus apte à une maladie cause de mort, et que les deux collectivités que l'on compare, et dont on veut apprécier la mortalité par chaque maladie, ne renferment pas la même proportion de chaque sexe (comme il arrive dans les pays d'immigration), l'on devra faire l'analyse par sexe et déterminer isolément la mortalité de chacun.

On voit par ces explications combien de telles investigations sont délicates, ou tout au moins combien il faut se garder de conclusions fermes avant une discussion complète, une critique sévère et impartiale des documents élaborés. Cependant nous allons donner quelques coefficients de fréquence des principales maladies observées à Paris dans les années 1874-79.

' Lorsque l'on connaît : d'une part le coefficient (C) de la mortalité générale déterminé d'après la formule D/P dans laquelle (D) représente les Décès généraux de Tonnée, et (P) le nombre des vivants ou Population qui les ont fournis, et à'autre part le degré de fréquence relative des décès [d] d'une maladie résultant de la formule rf/D, il est facile de transformer ce degré ou coefficient de fréquence en coefficient de mortalité ou danger de mourir de la maladie étudiée; car on a : D/P = c et d/.î) = o {S étant le degré de fréquence de ladite maladie), et par suite, en éliminant D, on trouve que le danger de mourir de la maladie =^ djP — c S, c'est-à-dire est égale au produit des deux coefficients de mortalité et de fréquence. C'est ainsi qu'à Paris, dans les cinq années 1874-79, la mortalité générale ayant été environ de 0,('23 à 0,026 (25 à 26 décès annuels par 1000 P.), et la fréquence des décès phthisiques ayant oscillé entre 0,167 et 0,183 (167 à 183 décès phthisiques sur 1000 décès généraux], le danger annuel de mourir phthisiques pour les Parisiens se trouve compris à très-peu près entre 0,167 x 0,025 et 0,185 X 0,026, c'est-à-dire de 4,2 à 4,7 décès annuels phthisiques par 1000 habitants.

DEGRÉ DE FRÉQUENCE DE QUELQUES MALADIES PRINCIPALES DANS LA VILLE DE PARIS

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