PENDANT LES ANNÉES
Sur 1000 décès généraux combien eu chaque année sont dus a la
Mortalité générale, ou combien de décès ' par 1000 vivants
? On s'aperçoit facilement que pendant l'année 1874 un certain nombre de maladies de l'estomac jugées de forme aiguë dans les années suivantes ont été admises Cumme chroniques en 18"4. Le dcf-Jut de limite précise entre les formes aiguës ou chroniques dans les maladies rend cette différenciation si naturelle des plus médiocres en statistique, c ir, nous ne saurions trop y insister, la qualité première des groupes en statistique est une délimitation précise.
? Pourquoi les décès par maladies de l'utérus sont-ils si nombreux en 1874 ? Nous n'en savons rien. Ce gros et insolite coefficient pourrait bien être le résultat de quelque erreur.
Il importe de remarquer que, si la mortalité générale croît ou paraît croître de 1874
150 DECES.
Notre période d'observation n'est pas arbitrairement limitée aux six années 1874-79. On a pris cette période parce que, pendant sa durée, il n'y a eu aucun changement notable, ni dans le personnel dirigeant, ni dans les questionnaires, ni dans la liste des groupes morbides causes de décès adoptée en 1875, ni aucune modification fondamentale dans les théories ayant atteint la médecine clinique. On peut même admettre qu'en un laps de temps aussi court les mulations survenues dans le personnel des médecins de l'état civil chargés de relever les maladies cnuses de mort ont été peu importantes. Il semble donc que ces enquêtes annuelles pendant ces six années sont suffisamment comparables et que, si des différences importantes (et il y en a de considérables) dans la fréquence et la nocuitédes maladies causes de mort se sont manifestées, elles traduisent des changements réels' survenus dans les manifestations morbides, sauf peut-être pour la première année (1874) de l'observation, année d'apprentissage et de mise entrain.
On constate pourtant, disons-nous, des différences considérables ; je ne parle pas seulement d'une année à l'autre, ce sont là des variations, des oscillations de moindre importance, car, quelque notables qu'elles soient, elles tiennent le plus souvent à des causes contingentes que l'on peut dire accidentelles, des anomalies de saisons, des épidémies passagères. Mais j'ai surtout en vue des mouvements continus, se poursuivant d'années en années, les uns (les plus nombreux) toujours croissant, comme les décès par maladies cancéreuses, par diphthérie (angine et croup), par maladies organiques du cœur, etc., qui semblent dénoncer ou des modifications importantes dans les organismes individuels, comme les maladies organiques du cœur, les maladies cancéreuses, ou des dangers nouveaux s'établissant en permanence dans la cité, comme la diphthérie; les autres (moins nombreux), animés d'un mouvement inverse, comme les décès par maladies de foie, les péritonites, etc.
Je ne discuterai pas les causes possibles de ces mouvements ; elles sont peu connues et je manque de la compétence nécessaire ; mais, comme ils sont continus, il faut qu'ils soient régis par une cause (ou un ensemble de cause) continue également progressive. Nous avons dit pourquoi les différences dans l'exécution de ces enquêtes annuelles nous paraissent trop faibles pendant ces six années pour pouvoir être soupçonnées d'être k raison de ces mouvements. Ils doivent donc être considérés comme révélateurs de vraies modifications nosologiques qu'il serait d'un haut intérêt théorique et pratique de suivre et de déterminer.
Liste des décès par âge ou Mortuaire.
Nous avons déjà établi dans notre article Mortalité (p. 748, §§ 20 et 21) combien il est erroné de prétendre apprécier la mortalité par âge de deux nations ou de deux époques par la seule comparaison des décès par âge. Pour que celte méthode fiit possible, il faudrait prouver d'abord que les deux collectivités qui ont fourni les deux mortuaires sont identiques dans leur composition
à 1876 (inclus), ce n'est pas seulement par le fait du croît de la chance de mort; sans doute los décès ont augmenté de 1874 à 1876, mais les vivants se sont aussi accrus, et, comme nos dénombrements sont seulement quinquennaux, on n'a dû comparer ces décès croissant qu'à une population immuable, celle de 1872: de là croît artificiel en partie ou en totalité des rapports de mortalité. Même observation sur une des raisons de la mortalité croissante de 1877 à 1879 : est-ce la seule? il est impossible de le dire; nous ne le croyons pas; mais enfin une affirmation fondée ne peut être avancée. C'est que pour ces grandes villes si mobiles il faudrait des census annuels. Quoi qu'il en soit, nous donnons ces coefficients de mortalité générale afin que l'on puisse toujours, en chaque annôe et en se servant de la règle donnée dans la note précédente (p. 148), déduire de la fréguence relative de chaque maladie quelle est sa nocuité ou danger annuel de mort.
DECKMANN. 151
selon les âges des vivants, sans quoi il serait naturel, et presque nécessaire, que la collectivité qui, par exemple, a une plus graude proportion d'enfants, ait aussi une plus grande proportion de décès enfantins. Il faut alors ramener par le calcul les deux populations considérées à avoir âge par âge une même composition; c'est ce que l'on fait par la construction des tables de survie et de MORTALITÉ {voij. cct article). C'est alors seulement que l'on peut, sur ces mortuaires théoriques, calculer la vie moyenne et cette nouvelle valeur bien plus significative découverte par M. le professeur Lexis, la vie normale [voy. ces mots). Bertillon.
DÉCHAIJSSOIR. Petit instrument formé d'une lame d'acier à extrémité lancéolée et un peu recourbée, destiné à détacher les dents des gencives avant de les arracher. Il est remplacé souvent par un bistouri, dont le bord mousse introduit entre le collet de la dent et la gencive suffît à rompre leurs adhérences mutuelles. D.
DÉCHIREURS DE BATEAUX.. VoiJ. DÉBARDEURS.
DÉCHIRURE. La déchirure des tissus est produite soit par des corps vulnérants, tels que pics, crocs, éclats de pierre ou de métal, soit par le passage d'un corps trop volumineux à travers une ouverture naturelle. Ainsi le col utérin, la vulve et le périnée sont souvent dilacérés dans l'accouchement ; l'orifice anal dans l'expulsion des matières dures que leur dureté même empêche de se diviser {voy. Anus, Blessures, Périnée, Rectum, etc.). D.
DEcmA (Angelo Conte dalla). Médecin italien du commencement de ce siècle, professeur de matière médicale et de pathologie à l'Université de Padoue s'est fait connaître par plusieurs bons ouvrages relatifs à la thérapeutique et à la pathologie générale. Épris des théories de CuUen, il traduisit, dès 1793, le Traité de matière médicale de l'illustre auteur anglais.
Nous citerons de Décima :
I. Tratlato di materia viedica. Trad. de l'angl. de CuUen, Padoue, 1793, in-8°. — II. De facultatibus remediorum rite investigandis. Venetiis, 1813, in-8°, anal, in Journ. de méd., juillet 1814. — III. Avec Bonato et V. L. Brera : Osservazioni sopra i fungi viangerecci. Padova, 1815, in-8''. — lY. Constituzione di palologia générale. P. 1. Padova, 1819. — V. Instituiione délia palologia générale. Padova, 1820-23, 4 vol. in-S". L. Hn.
DECKER (Les). Voy. Dekker.
decK!MA1\:m (Christian-Gottlieb). Médecin allemand, né à Rendsburg, le 8 avril 1798, fit ses premières études dans sa ville natale, servit ensuite dans l'armée allemande en qualité de chirurgien, fit la campagne de France en 1815 puis en 1819 suivit les cours de l'Université de Kiel; en 1820, il passa à Copenhague, où il prit ses premiers degrés, puis en 1824 obtint le diplôme de docteur à Kiel. Encore la même année, il se fixa à Schleswig et y exerça son art avec le plus grand succès jusqu'en 1829, où il fut nommé professeur extraordinaire d'anatomie et de chirurgie, et prosecteur à l'Université de Kiel. Ses leçons furent très-suivies, et à la mort du professeur Fischer, en 1833, il devint titulaire de la chaire d'anatomie et de chirurgie, et directeur de la clinique chirurgicale de l'hôpital Frédéric.
Les comptes rendus chniques qu'il publia dans les Pfaffs Mittheilungen
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promettaient un maître dans l'art de guérir. Mais de si belles espérances devaient être déçues. Depuis quelques années, il souffrait de plilhisie pulmonaire et d'hémoptysie, et, d'après Callisen, il fut enlevé par une attaque d'apoplexie, dans un voyage en Italie qu'il avait entrepris pour raison de santé. 11 succomba à la fleur de l'âge, le 25 février 1837. Nous connaissons de Deckmann :
\. ISoiœ quœdam, chemiciprœcipue argumenii, in aquas ophthalmicas . Dissert, inaug. Kiliee, 1824, gr. in-4''. — II. Sludium analomice et physiologiœ omnibus singularum artium cultoribus probat et ad prœlecliones anlhropologicas invitât. Kilifc, 1850, in-S". — III. Bemerhungen ïiber den traurigen Todesfall berichlet von Chr. Ostwald. In Kieler Correspondenzblatt, 1830, p. 97. — lY. Ueber das k. Friedrichshospital zu Kiel und das daselbst eingerichtete chirurginche CUnicum. In PfaJTs Mitlheil. a. d. Mcd., Jahrg. I, p. 165, 1852. — V. Bericht iiber das kyl. Fiiedrichshospilal vom 1. Mai 1852 bis Màrz 1835. Ibid., Jahrg. II, p. 497, 1853. — VI. Die Gaumennalit mit gUicklicliem Erfolg am Licenciât A/irens ausgeiïbt, vom Operirlen seblst beschrieben. Ibid., p. 522. L. Hn.
DÉCLABATIOIV. Parmi les déclarations prescrites par la loi, une seule concerne le médecin : c'est la déclaration de naissance. Il en a été parlé à l'article Accouchemeint (médecine légale). Voij. aussi Dénonciation et Secret