V. Lots de dentition
VI. Pathologie ou histoire des maladies des dents. Vil. Opérations qui se pratiquent sur ces organes.
§ I. Anatomie descriptive. Les dents sont des organes d'une nature particulière, composés de tissus spéciaux, sans analogues dans l'économie et destinés à remplir des rôles physiologiques qui seront déterminés plus loin.
Leur description sera limitée ici, au point de vue purement descriptif, à l'étude de leurs caractères généraux et à celle des caractères particuliers à chaque variété de dents.
Les arcades dentaires, constituées par] la série non interrompue des dents, présentent à considérer chez l'adulte comme chez l'enfant trois parties : une partie libre, une partie recouverte par la muqueuse, une partie profonde incluse dans les alvéoles.
« La partie libre est formée par les couronnes des dents : elle est en contact par sa face antéro-ex terne avec les lèvres et les joues, par sa face postéro-in terne avec la langue, par sa face supérieure ou inférieure, suivant la mâchoire que l'on considère, avec l'arcade de l'autre mâchoire. Les deux premières ont des dimensions à peu près égales dans toute leur étendue, la partie horizontale ou triturante est au contraire mince, et tranchante pour les dents antérieures, plus large pour celle des cotés, très-large aux postérieures. En avant, elle n'a »ir,T- FJ\'c. XXVIl. 1
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guère qu'un tubercule par dent; puis ceux-ci augmentent, se disposent sur deux rangées, l'une interne, l'autre externe ; celles de la mâchoire inférieure s'engrènent dans celles de la supérieure et réciproquement, pour broyer les aliments pendant la mastication.
La partie inoyenne ou gingivale est marquée par un léger rétrécissement, plus prononcé en arrière qu'en avant : c'est le collet de la dent, qui sépare la couronne de la racine, et par la réunion avec celui des autres dents forme deux lignes festonnées au niveau de la gencive, qui adhère étroitement en ce point.
La partie profonde des arcades est constituée par l'ensemble des racines; elle est uni-radiculaire à la partie moyenne, puis bi et muUiradiculaire en arrière. Les anciens, prenant des dents pour des os, avaient fait de l'imidantation des dents dans les alvéoles un mode particulier d'articulation, qu'ils appelaient gomphose. Il est surabondamment démontré que cette interprétation est erronée; les dents ne sont nullement articulées dans la mâchoire, mais adhérentes et fixes par l'intermédiaire d'un véritable périoste qui ne permet dans l'état physiologique aucun mouvement. Il n'en est pas de même, il est vrai, chez certaines espèces animales, les poissons, par exemple, qui ont parfois des dents véritablement pourvues de mouvement, de redressement, grâce à un appareil ligamenteux et à un système musculaire propre.
1» Cahactèues communs a toutes les dents humaines. La forme générale des dents est celle d'un cône allongé, verticalement dirigé, et présentant vers le tiers de son étendue un faible étranglement. Cette opinion est parfaitement conforme aux lois de la philosophie anatomique, car nous verrons plus loin en étudiant les Lois de dentition que toutes Its dents, aussi bien celles qui sont simples que celles qui sont compliquées, sont susceptibles de se réduire par voie d'analyse à un type morphologique unique qui est le type conique, ïunite' dentaire.
Quoi qu'il en soit, au point de vue descriptif, nous distinguerons deux formes principales qui sont : le cône plus ou moins parfait pour les incisives et les canines, et la forme de pyramide quadrangulaire pour les molaires.
En outre toutes deux présentent à considérer sa base ou couronne, son sommet ou racine, et le point intermédiaire étranglé, le collet.
Les couronnes par leur face libre ou triturante sont disposées sur un plan horizontal, parallèle au plan visuel et au plan alvéolo-condylien de Broca. De cette face triturante, les plans qui limitent la couronne sur les côtés convergent légèrement vers le collet, et il résulte de là que les dents en contact réciproque immédiat, à leur partie la plus élevée, interceptent audessous des espaces triangulaires, formant ce qu'on appelle les interstices dentaires. La couronne représente par sa constitution anatomique la partie la plus dure de tout l'organe; sa couleur est très-variable, tantôt blanche, demitransparente, lisse et polie, et d'une résistance extrême, tantôt plus ou moins grisâtre, ce qui est l'indice d'une plus grande densité des parties, tantôt enfin offrant une teinte légèrement bleuâtre et diaphane qui correspond en général à une faiblesse relative dans la constitution des tissus. Les racines ont toujours une longueur plus grande que la couronne, leur tissu est beaucoup moins compacte; leur couleur plus foncée, généralement jaunâtre. Pour les dents antérieures, incisives et canines, cette racine est unique, sauf une certaine exception que nous signalerons plus loin pour les canines inférieures. Aux dents antéro-supérieures, cette racine est régulièrement conique; pour les inférieures elle est au contraire légèrement aplatie dans le sens transversal, circonstance
DENT (anatomie). Z
qui s'oppose aux tentatives de rotation brusque que nécessitent certaines anomalies, tandis que la même opération est très-facile aux supérieures. Cet aplatissement transversal peut être considéré en outre co\nme le vestige d'une première subdivision qui s'accentue aussitôt pour les prémolaires et qui s'affirme tout à fait aux molaires.
La direction générale des racines est un point utile à noter; elles ne sont pas en effet verticales, c'est-à-dire perpendiculaires au plan masticateur; elles obéissent à une disposition générale qui les incline dans leur ensemble vers la partie postérieure d-i^s maxillaires. Elles sont donc ainsi parallèles entre elles et légèrement curvilignes dans le sens postérieur. Cette particularité s'accentue davantage aux molaires, si bien que la dernière ou dent de sagesse offre parfois dans sa partie radiculaire une concavité postérieure trèsmarquée.
Le collet des dents est cette partie en quelque sorte fictive, intermédiaire entre la couronne et la racine et qui coupe sur un point variable de bauteur la totalité de l'organe en deux parties inégales. La couronne en effet représente à peu près le tiers resté libre au dehors, la racine formant les deux tiers inclus. C'est à proprement parler une ligne située à l'intersection de deux des tissus composants de l'organe, le cément et Vémail. En ce point vient s'insérer d'une part le bord libre de la gencive, d'autre part le feuillet du périoste alvéolaire, lesquels y sont d'ailleurs en continuité parfaite dans l'état physiologique. Ce collet, qui répond en outre au bord libre des cloisons alvéolaires, est donc également horizontal.
2° Caractèkes propres a chaque groupe de dents, a. Caractères propres AUX incisives. Les incisives, au nombre de huit, soit quati^e à chaque mâchoire, sont situées à la partie moyenne ou antérieure des arcades dentaires.
Caractères généraux. Leur couronne, coupée en bec de flûte, présente quatre facettes, qui convergent vers un bord tranchant : deux latérales, triangulaires et verticales; une antérieure, semi-ovalaire, convexe; une jiostérieure, triangulaire, légèrement concave, très-obliquement ascendante pour les incisives supérieures, obliquement descendante pour les inférieures, s'unissent à la précédente pour former un bord mince horizontal et transversal ,
C'est sur ce bord que s'aperçoivent au moment de l'éruption les saillies ou mamelons au nombre de tiois de dimensions égales et qui s'usent plus tard par les progrès de l'âge. Ces mamelons ont même chez certains animaux un plus grand volume, en même temps qu'une différence de dimension entre eux. On les connaît chez le chien où ils affectent la forme dite en fleurs de lys, le mamelon central étant beaucoup plus élevé que les autres. Ou sait aussi que l'usure de ces m;mielons sert à déterminer l'âge de l'animal. Le même phénomène s'observe avec la même signification chez d'autres espèces, le cheval, par exemple. Une application de même genre serait donc possible chez l'homme pour la détermination de l'âge, et cela aussi bien pour les incisives que pour tes molaires, dont les tubercules subissent la même usure.
Dans lous les cas, cette usure n'est pas réparable chez l'homme non plus que chez le chien et les herbivores. Il n'en est pas de même, comme on le sait, des rongeurs, chez lesquels l'accroissement continu vient contrebalancer d'une manière incessante la perte de substance.
Caractères différentiels des incisives en général. On distingue les incisives, tant supérieures qu'inférieures, en centrales et ea latérales. Les centrales
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ou médianes sont les deux du milieu, et les latérales, celles qui sont contiguës aux canines.
Les incisives supérieures diffèrent des inférieures par leur couronne, qui est plus large, et leur racine, qui est plus ronde. La racine des inférieures présente toujours un sillon de chaque côté, et dans le sens de sa longueur. Les incisives centrales supérieures, encore appelées grandes incisives, ont leur couronne trèslarge, tandis que les centrales inférieures sont les plus petites de toutes les dents. II est donc facile de les reconnaître. Il l'est un peu moins de distinguer les latérales supérieures de leurs correspondantes inférieures, qui en dilfèrent très-peu de volume. La couronne des incisives latérales supérieiu-es est taillée moins nettement en bec de sifflet que celle des incisives inférieures ; de plus, la face postérieure de la couronne de l'incisive latérale supérieure présente deux sillons qui se réunissent à la base en formant un V. De chaque côté des branches du V, on peut remarquer un petit bourrelet dont l'interne est, en général, plus droit et moins volumineux que l'externe. Ces deux sillons n'existent jamais sur les incisives inférieures. Ils ont une certaine importance, car c'est souvent dans la dépression qu'ils interceptent que se produisent des altérations et en particulier la carie dont elles constituent un lieu d'élection. La racine des incisives centrales supérieures est plus longue que celle des latérales supérieures, mais la racine des incisives centrales inférieures est plus courte que celle des latérales inférieures.
Distinction des incisives supérieures entre elles. Les centrales ont en général une dimension égale en largeur et en hauteur, tandis que les latérales ont une hauteur à peu près double de la largeur. Pour toutes ces dents le bord interne est droit, tandis que le bord externe est légèrement courbe, à concavité interne. 11 en est de même des angles, qui sont droits à la partie interne et mousses à l'externe.
Distinction des incisives inférieures entre elles. Les centrales ont à la fois la couronne plus petite et la racine plus courte que les latérales, mais cette distinction est toujours très- difficile pour une dent isolée. Toutefois on pourra encore distinguer l'incisive droite de la gauche par la légère courbe des racines, ainsi que nous l'avons signalé tout à l'heure.
B. Canikes. Les canines, unicuspidées, sont surtout remarquables par leur longueur, supérieure à celle de toutes les autres dents qu'elles débordent à la fois par leur racine et par leur couroiuie. Plus solidement implantées que les incisives et plus rapprochées aussi du point qui répond au centre des mouvements de la mâchoire, elles peuvent supporter des efforts beaucoup plus considérables.
Ces dents atteignent un grand développement chez les carnassiers, pour lesquels elles représentent non- seulement l'un des principaux organes de la mastication, mais une arme véritable : les canines ont pour atti-ibut essentiel la forme conoïde de leur couronne. Cependant celle-ci, attentivement étudiée, peut encore se décomposer en quatre facettes assez distinctes : deux latérales, triangulaires; une antérieure, convexe, limitée au collet par une courbe semiovalaire, et une postérieure, oblique comme celle des incisives. Sur cette dernière on remarque une crête mousse plus ou moins accusée, s'étendant, d'une part, vers le collet; de l'autre, vers le sommet. De ce sommet descendent deux petits bords arrondis, dont l'externe est un peu plus long que l'interne.
La racine des canines est unique, très-longue et plus régulièrement conoïde que celle des autres dents. Toutefois on a signalé la bifidité de la racine des
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canines inférieures, et l'on a attribué à ce fait une certaine valeur dans la caractéristique des races inférieures et préhistoriques. Nous l'avons du reste rencontré assez fréquemment à titre d'anomalie accidentelle chez les individus de nos races actuelles.
Caractères différentiels. Les canines supérieures se distinguent des inférieures : l" par leur couronne, qui est plus épaisse, moins longue et plus large. Le bord externe de la face antérieure de la couronne des canines inférieures se contourne plus fortement en dedans que celui des supérieures. La face postérieure de la couronne des canines supérieures est plus pleine, c'est-à-dire moins concave que celle des inférieures, qui est presque creusée en forme de bec de sifflet; 2° par leur racine, qui est plus longue, plus ronde et très-peu sillonnée (quelquefois n'offrant même pas trace de sillon) pour les canines supérieures, tandis que les canines inférieures ont toujours une racine aplatie latéralement et creusée d'un sillon sur chaque face latérale. On distingue les canines droites des canines gauches par les mêmes caractères que ceux déjà signalés pour les incisives, savoir : 1° si sur la face antérieure on trace une ligne verticale partant du sommet de la couronne, on divise cette face en deux parties : la partie externe est toujours plus large que la partie interne ; 2"^ le bord incisif de chaque canine est divisé en deux parties par un angle : la partie interne est toujours plus pelite que la partie externe, laquelle est toujours plus inclinée.
De plus. Il couronne est contournée sur la racine, de manière que toute la partie qui est en dehors de la ligne abaissée du sommet de la couronne sur la face antérieure se dirige non directement en avant, mais en dehors (c'est-à-dire à l'opposé d'une ligne tracée perpendiculairement entre les deux incisives centrales).
Enfin la face interne des canines est aplatie dans toute son étendue, tandis que la face opposée qui répond à la petite molaire est arrondie : sur cette dernière face, le sillon est toujours moins marqué que sur la première.
C. Petites MOLAIRES 00 biccspidées. Les petites molaires, au nombre de huit, quatre à chaque mâchoire, deux à droite et deux à gauche, sont situées entre les canines et les grosses molaires. On les distingue par les noms de première et de seconde, en procédant d'avant en arrière.
i° Caractères généraux. Leur couronne est irrégulièrement cuboïde. LeS' faces antérieure et postérieure, tournées vers les dents voisines, sont à peu près planes. Les faces qui regardent en dehors et en dedans sont convexes. La l'ace libre ou triturante présente deux tubercules, l'un interne et l'autre externe. Ce dernier est le plus gros et le plus saillant; un sillon antéro-postérieur le sépare du tubercule opposé.
La racine des petites molaires est ordinairement unique, quelquefois bifide. Dans le premier cas, on observe sur les faces antérieure et postérieure un sillon vertical bien accusé. Dans le second, l'une des racines est interne, l'autre externe; mais elles n'atteignent jamais la longueur de celles des grosses molaires ; en général, la bifidité reste limitée à leur sommet. Les divisions sont ordinairement très-effilées, parfois inclinées en courbes variées et toujours fragiles, ce qui explique leur fracture fréquente dans l'extraction.
Caractères différentiels. Il est facile de distinguer les petites molaires supérieures des petites molaires inférieures : 1" les couronnes des supérieures ont deux cuspides beaucoup plus saillantes que celles des inférieures ; de plus
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elles sont séparées par vue rainure dont la profondeur est d'autant plus considérable que ces cuspides sont plus élevées. Les petites molaires inférieures, au contraire, ont la rainure moins profonde et leurs cuspides sont quelquefois réunies par une saillie qui sépare deux petites fossettes très- inégales dont l'interne est toujours plus petite que l'externe. La couronne des bicuspidées supérieures est aplatie transversalement, tandis que la couronne des inférieures est sensiblement sphéroïdale. Enfin les cuspides des petites molaires supérieures sont sur le même plan : cependant la cuspide extérieure est toujours un peu plus basse que l'intérieure. La cuspide intérieure est plus mousse que l'extérieure. L'extérieure semble formée de la réunion de trois petites cuspides dont la centrale est plus développée que les deux autres; 2" la racine des petites molaires supérieures est toujours composée de deux racines divisées ou réunies, tandis que celle des inférieures est ordinairement unique, ronde, et ne présente qu'un très-petit sillon.
Les premières petites molaires supérieures se distinguent des secondes : {"parla couronne. La couronne présente deux cuspides plus saillantes que celles des secondes, et par cela même la rainure des premières est plus profonde que oelle des secondes. Les cuspides des premières sont inégales; l'extérieure descend plus bas que l'intérieure, tandis que les deux cuspides des secondes sont presque sur le même plan, quoique l'extérieure descende parfois encore un peu plus bas que l'intérieure; 2° par la racine qui est toujours plus divisée dans les premières petites molaires supérieures que dans les secondes, et, lors même que ces racines ne sont pas divisées, le sillon que l'on remarque sur les parties latérales des premières est toujours plus profond que celui qu'on observe sur celles des secondes. La racine des premières petites molaires supérieures présente un commencement de transition vers le type des molaires, c'est-à-dire qu'elles offrent dans certains cas trois racines parfaitement distinctes.
La première petite molaire supérieure droite se distingue de la gauche : 1" par la couronne, qui, comme il a été déjà^it, présente à la face intérieure ou triturante deux cuspides : or, si on tire une lif^rne droite passant par le sommet des deux cuspides, on remarque que celte face triturante est divisée en deux parties inégales et que la plus large est toujours l'externe, c'est-à-dire la partie la plus rapprochée de la seconde petite molaire; ^° par les racines, qui sont dirigées en arrière, c'est-à-dire formant une légère concavité postérieure. Comme pour les premières petites molaires supérieures droite et gauche, la partie la plus large est toujours celle qui est le plus près de la première grosse molaire.
On distinguera les premières petites molaires inférieures des secondes : 1° par la couronne, qui est un peu plus étroite et un peu plus haute de celle des secondes petites molaires. La couronne de la première ressemble davantage à celle de la canine, tandis que celle de la seconde ressemble davantage à la couronne des grosses molaires. La cuspide extérieure des premières est bien plus élevée que la cuspide intérieure, qui est très-petite, tandis que la cuspide intérieure des secondes petites molaires inférieures est presque de niveau avec l'extérieure ; 2" par la racine. La racine des premières et des secondes petites molaires inférieures n'est jamais bifide. Enfin il faut encore remarquer que leur extrémité est dirigée dans le sens postérieur.
La première petite molaire inférieure droite se distingue de la première petite molaire inférieure gauche par : 1° la couronne, dont la face supérieure ou triturante est toujours divisée en deux parties inégales par une saillie d'émail qui
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réunit les deux cuspides; la partie la plus large de cette division naturelle est toujours celle qui est du côté de la seconde petite molaire (ce caractère est infaillible). Cette saillie sépare deux petites fossettes très-inégales : l'interne est beaucoup plus petite que l'externe; cette dernière a même la forme d'une petite gouttière qui se prolonge davantage vers la face intérieure que vers la face extérieure; 2° la racine, qui présente presque toujours un sillon sur sa face interne, c'est-à-dire celle qui" répond à la canine. Quelquefois ce sillon est si bien marqué que l'on observe une véritable division à la face interne, tandis qu'il n'y en a pas trace à la face externe. 11 est curieux de remarquer que ce petit sillon se trouve presque toujours plus près du bord inférieur que du bord extérieur.
Distinction des secondes biciispidées inférieures. Pour reconnaître l'une de ces deux dents, il faut tirer une ligne d'un tubercule à l'autre; alors on voit que la face supérieure ou triturante de la couronne est divisée en deux parties inégales, dont la plus large est celle du côté de la grosse molaire. La racine des secondes petites molaires inférieures ne présente jamais le sillon signalé sur la racine des premières; c'est à peine si quelquefois la racine des secondes petites molaires inférieures offre une légère dépression.
Caractères de transition. La différence entre une incisive bien développée, une canine et une prémolaire, est si marquée, que les points de ressemblance <\m les rapprochent n'ont pas besoin d'être mis en lumière; on pourrait croire, en effet, que ces dents n'ont entre elles rien de commun.
Mais une gradation saisissante, au contraire, peut être établie entre elles, car il n'est pas rare de rencontrer des dents qui possèdent à un haut degré des caractères frappants de transition. Si l'angle externe d'une incisive latérale est plus fuyant, plus effacé que de coutume, en même temps que la crête et le tubercule de la base de la couronne sont plus accentués, l'incisive ressemble à une canine; cet exemple des incisives latérales tombe souvent sous les yeux de ceux qui recherchent les déviations de forme des dents. Ainsi donc, la forme caractéristique d'une incisive latérale, légèrement modiOée, nous conduit à la forme d'une canine.
Entre les canines et les bicuspidées, la même parenté de forme s'observe, et cela bien mieux à la mâchoire inférieure qu'à la supérieure. La transition des bicuspidées aux grosses molaires est plus brusque; du moins il n'est pas aussi facile de préciser exactement le point qui manque le passage de la forme des premières à celle des secondes. Qu'on s'imagine, au contraire, que la différence existant entre la canine et la première bicuspidée s'exagère encore un peu, et l'on aura presque exactement une deuxième bicuspidée. Ou peut conclure que les incisives, les canines et les bicuspidées, ne forment pas trois types de dents complètement distincts, d'une forme sui (jeneris, mais qu'elles sont des modifications d'un seul et même type.
D. Grosses molaires ou multicuspidées. Les grosses molaires, au nombre de douze, six à chaque mâchoire, trois à droite et trois à gauche, occupent la partie la plus reculée et la plus large des bords alvéolaires. On les désigne par les termes numériques de première, seconde, troisième, en procédant d'avant en arrière. La dernière, qui apparaît plus tardivement, porte aussi le nom de den de sagesse. Ces couronnes forment dans les races élevées une série dite descendante de volume de la première à la troisième, tandis que la relation inverse ou ascendante devient le caractère propre aux races inférieures telles que les
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Australiens, les Néo-Calédoniens, etc. Ce même fait aurait été rencontré chez les races préhistoriques, qui auraient ainsi un cai'actère marque d'infériorité. 11 rapproche, en définitive, à ce point de vue, l'homme des singes anthropomorphes chez lesquels la série ascendante est la règle.
1° Caractères généraux. La couronne assez régulièrement cuboïde, mais à angles arrondis, est armée de trois à cinq tubercules pyramidaux et triangulaires. Les racines sont au nombre de deux ou de trois ; on en compte quelquefois quatre, très-rarement cin({. Lorsqu'il en existe deux seulement, l'une est antérieure, l'autre postérieure, et toutes deux sont volumineuses, aplaties d'avant en arrière, allongées de dehors en dedans. Lorsque leur nombre s'élève à trois ou quatre, deux sont externes et la troisième ou les deux autres internes. Elles restent alors rarement parallèles, mais s'écartent le plus souvent, les externes descendant à peu près verticalement, la troisième ou les deux internes s'inclinant plus ou moins en dedans.
2° Caractères (Jiffcrentieh. Les multicuspidées supérieures diffèrent des inférieures : \° par leur volume qui est plus considérable; 2° par le bord externe de leur face triturante qui est plus tranchant; 3" par leurs racines qui sont au nombre de trois au moins, le plus souvent isolées, quelquefois soudées entre elles. De ces trois racines, deux sont externes; la troisième est interne, très-grosse, arrondie, fortement inclinée en dedans. Les grosses molaires inférieures, sauf de très-rares exceptions, ne possèdent que deux racines, l'une antérieure, l'autre postérieure, toutes deux aplaties d'avant en arrière et allongées de dehors en dedans.
Caractères individuels des rmdticuspidées. Premières grosses molaires supérieures. La première multicuspidée supérieure est la plus large et la plus volumineuse des grosses molaires; sa couronne a ordinairement quatre et quelquefois cinq tubercules : dans ce dernier cas, il y en a trois extérieurs et deux intérieurs. Les racines sont plus grosses, plus longues, plus divergentes que celles de toutes les autres molaires ; elles sont invariablement au nombre de trois. La racine interne, plus grosse, plus longue et plus ronde, est aussi la plus divergente; elle se porte toujours obliquement en dedans; les deux externes sont sensiblement égales. La face antérieure de celte dent, c'est-à-dire celle qui touche la petite molaire, est plus large et plus aplatie que l'externe; la face interne de sa couronne est plus ronde et moins large que la face externe.
Sur la face intérieure de la couronne delà première multicuspidée supérieure on remarque un sillon qui, partant du point où .se réunissent les deux cuspides intérieures, se continue jusque sur la racine, oii il forme une espèce de petite gouttière. Ce sillon n'existe jamais sur la seconde multicuspidée ou, s'il existe sur cette dernière, il ne se prolonge jamais sur sa racine interne.
Secondes grosses molaires supérieures. Cette dent, un peu moins volumineuse que la précédente, n'est surmontée le plus souvent que de trois cuspides, tandis que la première grosse molaire en a toujours au moins quatre. Des trois cuspides que présente la couronne des secondes grosses molaires, deux sont extérieures et une intérieure. Lorsqu'il existe une quatrième cuspide sur la face triturante de cette dent, elle est bien plus petite que les autres et est placée sur l'angle de la face interne. Les racines de la seconde multicuspidée supérieure sont moins divergentes que celles de la première, le collet en est par conséquent moins rétréci.
Troisièmes grosses molaires ou dents de sagesse. Cette dent a une forme
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très-ii régulière ; sa partie triturante n'est pas cuboïde comme celle des autres grosses molaires ; c'est bien plutôt un prisme triangulaire. Ordinairement elle ne présente que trois cuspides, dont deux extérieures et une intérieure, mais quelquefois elle en offre une foule d'autres petites. Daus quelques cas la face triturante de cette dent est mamelonnée, chagrinée, plissée. Les trois racines sont généralement réunies plus ou moins complètement en un seul faisceau. Cependant, lors même que les racines de la troisième molaire sont réunies, on y trouve toujours le vestige des caractères propres aux molaires de la série à laquelle elle appartient, c'est-à-dire la trace des trois racines, une intérieure et deux extérieures pour la molaire supérieure, et pour la molaire inférieure le vestige de deux racines, une antérieure et une postérieure. Ces racines sont courtes et dirigées en arrière toujours vers l'origine de leur nerf.
Premières grosses molaires inférieures. Cette denl est remarquable par les cinq tubercules qui se trouvent sur sa face triturante : savoir trois en dehors et deux en dedans. Sur la face extérieure de la couronne de cette dent, on l'emarque deux sillons séparant les trois tubercules : le plus petit de ces trois tubercules se trouve toujours en arrière. Comme il n'y a que deux cuspides en dedans, on n'observe à la face intérieure qu'un sillon pour les séparer. Le collet de la première grosse molaire inférieure est, comme celui de la première grosse molaire su|iérieure, beaucoup plus étranglé que celui de toutes les autres dents : étranglement formé par la divergence des racines et la grosseur delà couionne. Des deux l'acines de celte dent, l'une est antérieure, l'autre postérieure. La racine postérieure est toujouis plus divergente, moins grosse et plus ro;:!dc que l'antérieure qui est au contraire plus longue, plus plate et plus profondément sillonnée dans le sens de sa longueur. Ces deux racines présentent d'ailleurs un aplatissement dans le sens transveisal de manière à indiquer la tendance à la division, c'est-à-dire à la séparation des quatre racines; ce qui nous a fait dire que ces dents ont en réalité quatre racines au point de vue anatomique, tandis qu'elles n'en présentent que deux au point de vue chirurgical.
Secondes grosses molaires inférieures. La face triturante de la couronne de la seconde grosse molaire inférieure est surmontée seulement de quatre cuspides que sépare un sillon crucial. Les racines de la seconde multicuspidée inférieure sont moins divergentes, c'est-à-dire plus rapprochées l'une de l'autre, que celles de la première; quelquefois même les deux racines de cette dent sont l'éunies, mais il est toujours facile de reconnaître la trace de leur soudure.
Troisièmes grosses molaires inférieures ou dents de sagesse. Cette dent est sujette à de grandes variétés, la face triturante de cette denl est garnie de cinq tubercules, comme celle de la première grosse molaire inférieure; mais ces cinq cuspides ne sont pas aussi bien conformées, ne sont pas placées aussi régulièrement. La face triturante de cette dent est, comme sa correspondante supérieure, rugueuse, mamelonnée, plissée. Les racines de la dent de sagesse inférieure sont plus courtes et moins divergentes que celles de la première grosse molaire; ses racines sont souvent réunies plus ou moins complètement en une seule. Les racines de cette dent se dirigent en général très-fortement vers la branche montante du maxillaire inférieur.
Quant à la distinction à faire entre les dernières molaires inférieures et supérieures, elle s'établira par la direction des racines qui prennent, ainsi que nous l'avons dit, une concavité postérieure très-marquée.
Caractères différentiels entre les deyits temporaires et les permanentes.
10 DENT (histologie).
Les dents de première dentition, dites aussi temporaires ou caduques, par opposition aux permanentes, sont, comme on sait, au nombre de vingt, soit dix à chaque mâchoire, et forment deux arcades parabohques, l'inférieure plus courbe inscrite dans la supe'rieure. Ces dents comprennent par leur forme trois gi-oupes :
Les incisives, les canines et les molaires.
D'une façon générale, les dents temporaires, d'un volume beaucoup plus iaible que les permanentes, sont avec celles-ci dans un rapport approximatif de 1 : 5, c'est-à-dire environ du tiers.
Les proportions sont en outre notablement différentes ; les couronnes sont moins hautes, à peu près égales à la largeur pour les incisives, les canines et la première molaire. La seconde molaire seule a une hauteur environ moitié moindre que la largeur.
Toutes ces couronnes sont en quelque sorte renflées et comme ventrues ; leur couleur présenle toutes les variations qu'offrent les dents permanenles ellesmêmes et a la même signification au point de vue de la constitution des tissus et des prédispositions morbides qu'elle entraîne.
En ce qui regarde leur nombre, les incisives et les canines sont en nombre égal dansles deux dentitions: ladifféience numérique porte donc sur les molaires; celles-ci chez l'enl'unt sont au nombre de huit, soit quatre à chaque mâchoire, et on ne peut à l'égard de leur forme les distinguer comme chez l'adulte en petites et grosses molaires, bien que cependant elles soient d'un volume différent ; elles ont en effet la même forme extérieure; elles sont les unes et les autres multicuspidées, la plus petite n'offrant point les deux tubercules caractéristiques de la prémolaire de l'adulte.
Quant aux racines, elles affectent, au volume près, les mêmes formes que celles des dents permanentes : uniques pour les incisives et les canines et sans jamais présenter de bifidité accidentelle, elles sont multiples pour les molaires, c'est-à-dire au nombre de deux transversales et parallèles pour les molaires inférieures et de trois pour les supérieures ; pour ces dernières, deux sont externes et parallèles, une interne, oblique en dedans. Ces racines présentent en outre dans leur ensemble la légère courbure postérieure qui se remarque aux permanentes. Les pièces de la dentition temporaire éprouvent pendant leur séjour dans l'organisme d'une part la même augmentation de densité progressive qui est la loi physiologique commune à toutes les dents et d'autre part l'usure graduelle qui en amène rapidement la réduction en hauteur. C'est ainsi (|ue les dents caduques, à l'époque voisine de leur chute, sont souvent mutilées par l'usure et deviennent de véritables tronçons informes. On peut donc dire que la dentition temporaire présente dans son évolution totale, et malgré les différences considérables de durée, les mêmes phénomènes généraux qui s'observent aux dents permanentes. Ajoutons enfin que les diverses lésions pathologiques sont de tous points identiques dans leurs manifestations et susceptibles des mêmes applications, héiapeutiques. La distinction d'une dent temporaire déterminée isolément de son homologue permanente se fera donc au moyen des caractères de volume, de forme, de densité et d'usure. Cette dernière particularité sera même de nature à contribuer dans une certaine mesure à la détermination de Và<^e de l'enfant, de même que nous l'avons vu appliquer au même résultat pour les dents de l'adulte.
§ IL Structure histologique. Âu point de vue de la structure intime
DENT (histologie). M
l'organe dentaire se compose de cinq tissus différents qui se divisent en deux groupes : 1° tissus durs : émail, ivoire, cément; 2" tissus mous : pulpe dentaire et périoste alvéolo-dentaire.
I, Tissus DURS. A. Émail. L'émail est représenté dans la constitution d'une dent en général par cette couche de tissu compacte et résistant qui recouvre la totalité de la couronne. Dans un certain nombre d'espèces animales (pachydermes, molaire des ruminants, etc.), il est recouvert à son tour d'une couche d'un autre tissu, le cément. Chez un grand nombre d'animaux (homme, carnassiers, poissons, etc.), on le trouve à découvert à la surface de l'organe, mais ce n'est là, ainsi que nous le verrons, qu'une simple apparence, car, en l'absence du cément, il est recouvert d'une autre substance, la cuticule, dont nous verrons plus loin le rôle et la signification physiologiques.
L'émail l'orme à la couronne un revêtement d'une épaisseur très-variable, selon les espèces de dents, selon les différents animaux et en particulier chez l'homme suivant les variétés individuelles et les races. Cette épaisseur, qui atteint son maximum au sommet des tubercules, c'est-à-dire sur les points culminants de la couronne, décroît de volume depuis ce point jusqu'au collet où elle se termine par un bord aminci. Cette épaisseur, qui peut atteindre pour certaines dents et chez certaines races jusqu'à 3 ou 4 millimètres, est en moyenne de 1 millimètre à 1 millimètre et demi.
Détaché par certains procédés chimiques de la surface de la couronne, l'émail a la forme d'un capuchon exactement moulé sur la surface de l'ivoire à laquelle il adhère sans interposition d'aucune substance; la prétendue membrane qui a été décrite entre l'ivoire et l'émail n'existe pas, et son apparence n'est due qu'à la différence de réfraction des tissus lorsqu'on les étudie sur une coupe qui comprend toute l'épaisseur de la couronne.
Ainsi isolé, le chapeau d'émail a donc exactement la même forme que le chapeau de dentine, lequel représente à son tour la forme de la surface de la pulpe qu'il recouvre.
La couleur de l'émail observée à l'œil nu varie depuis le jaune plus ou moins foncé jusqu'au blanc mat et assez souvent jusqu'au gris bleuâtre. Toutefois cette coloration ne paraît pas être propre à ce tissu, cjui est essentiellement transparent, de sorte que la couleur des dents résulterait de la teinte particulière de l'ivoire transmise grâce à la transparence de l'émail. Toutefois ce caractère constant dans l'état physiologique éprouve de nombreuses variations : ainsi l'émail , par suite de certaines anomalies de structure étudiées ailleurs, présente des tons opaques ou des taches diversement colorées qui résultent de certaines défectuosités de rapport des parties constituantes; d'autre part les aspects bleuâtres de certaines dents sont dus en partie à des lacunes ou des défauts de cohésion entre les mêmes éléments composants. Mais ce sont là des accidents, car un chapeau d'émail détaché à l'état frais est diaphane ou légèrement opalin.
La densité et la résistance de l'émail sont considérables, on a dit depuis longtemps qu'il avait une structure vitreuse, et cette comparaison est assez exac(e ; il fait feu avec le briquet et il peut émousser les instruments les mieux trempés.
Il ne subit que très-difticilement l'action de la lime, sauf, bien entendu, le cas d'altération préalable ; toutefois ce tissu ne résiste pas à l'action de l'émail luimême, et c'est ainsi que l'usure réciproque des couronnes dentaires entame et détruit si facilement les festons du bord des incisives et les sommets tuberculeux
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des molyires. Mais celte résistance aux agents physiques ou mécaniques ne se retrouve pas pour les actions chimiques, car les acides même faibles entraînent sa désorganisation rapide; c'est même là, ainsi qu'on le verra, que réside le phénomène initial de la carie dentaire. Ces particularités si opposées s'expliquent parl'aitemcnt en même temps par la densité extrême du tissu et par sa composition chimique qui se prêtent essentiellement aux actions acides. Cette composition chimique étudiée depuis longtemps montre une proportion considérahle de phosphates et de carbonates calciques avec une quantité très-faible de matières organiques.
Voici d'ailleurs l'analyse de Bibras :
Molaire Molaire
d'une femme d'un homme
de 25 ans. adulte.
Phosphate de cliaux avec traces de (luorure de calcium . . . 81,65 89,82
Carbonate de chaui 8,88 4,^7
Phosphate de magnésie 2,55 1,5-1
Sels soluhles 0,97 0,88
Substance organique 5,97 3,59
Graisse traces. 0,20
Substances organiques. ... 5,9.t 5,59
Matériaux inorganiques 91,06 96,51
Au point de vue purement histologique, l'émail se compose de colonnes prlsmati([ties juxtaposées constituant jiour toute l'étendue du chapeau d'émail une couche continue, de sorte que l'épaisseur très-variable des tissus se mesure par l'étendue même des prismes. Ceux-ci ont donc une longueur qui varie depuis 2 à 3 millimètres jusqu'à ime dimension très-faible, puisqu'elle arrive même à zéro au niveau du collet.
Etudié sur une coupe verticale de la couronne et dans une direction parallèle au diamètre des prismes, l'émail ai)paraît comme manifestement composé d'une substance homogène dans laquelle on n'aperçoit les points de contact des colonnes qu'au moyen de certains artifices d'éclairage oblique ou par l'emploi des réactiis acides qui eu limitent plus facilement les contours ; la couche des prismes contigus offre cependant dans son épaisseur certaines lignes parallèles considérées autrefois par beaucoup d'observateurs et parnous-mème comme la trace t'e rangées superposées des cellules de l'émail directement calcifiées. C'était là une erreur d'interprétation, car les prismes ne représentent qu'une rangée unique, les lignes en question résultent de certaines inflexions générales qu'éprouve la masse des colonnes dans leur trajet au sein du tissu.
Ces inflexions ou courbures générales des prismes d'émnil peuvent parfois s'exagérer et devenir de véritables spires, mais c'est là une disposition anormale qui se rencontre sur les points défectueux de la couche, au voisinage, par exemple, de ces perforations accidentelles du tissu, de ces enfoncements fréquents dans les interstices des tubercules des molaires et sur d'autres points qui constituent les lieux d'élection delà carie. C'est dans ces circonstances que s'observent les dispositions des prismes enchevêtrés ou en towr5i//oMS, suivant l'expression de Tomes, dispositions qui se compliquent de lacunes, de cavités de formes diverses, interposées aux prismes et donnant au tissu une friabilité relative plus ou moins grande. Nous n'insisterons pas ici sur ces faits anatomiques qui rentrent dans la catégorie des anomalies de structure extérieure étudiées plus loin; mais il faut en tous cas les différencier soigneusement d'autres dispositions dans lesquelles
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certaines lacunes irrégulières situées dans le tissu de l'émail, entre les prismes et au voisinage de l'ivoire, sont en communication avec les extrémités des canalicules de la dentine. Ch. Tomes, qui les a étudiées avec soin, les a rencontrées chez l'homme oîi elles nous paraissent accidentelles et anormales, tandis que chez d'auties espèces animales elles seraient constantes. C'est ainsi que le même anatomiste les signale chez le Kangnroo et chez certains poissons, les Sargus {Dental Anatomy. London, 1876, p. 52).
Quoi qu'il en soit, ces communications entre le système tubulaire de l'ivoire et les prismes de l'émail sont utiles à noter au point de vue de la physiologie de ce dernier. Elles établissent la possibilité d'un certain échange de matériaux au sein de l'émail et donnent la raison des modifications très-sensibles de résistance et de densité qu'éprouve le tissu pendant le cours de la vie.
Si après avoir étudié l'émail au point de vue de sa structure dans une coupe longitudinale on l'examine sur une tranche transversale perpendiculaire aux prismes, la préparation à un grossissement de 300 diamètres représente une véritable mosaïque composée de pièces hexagonales toutes identiques et juxtaposées immédiatement. Sur des préparations très-amincies on peut suivre exactement le contour des prismes, qui dans un émail tout à fait normal sont d'une régularité parfaite. Mais assez souvent sur des dents moins bien conformées ces contours, au lieu d'être de forme polygonale, présentent des arêtes moins vives, parfois même émoussées, de telle sorte que les prismes se rapprochent de la forme cylindrique. Dans ces conditions, la juxtaposition des prismes ne peut être parfaite et on remarque dans les interstices une faible quantité de tissu compacte, mais légèrement granuleux. Ces conditions qui donnent, ainsi qu'on le prévoit, une friabilité plus ou moins grande à la masse de l'émail, se rencontrent dans les dents de sujets cachectiques ou diathésiques comme prédisposition marquée à la carie. L'étude de la constitution anatoniique de l'émail se trouve singulièrement favorisée par l'emploi sous le microscope de certains réactifs, comme, par exemple, les acides faibles. Si l'on soumet une coupe longitudinale à l'influence de l'acide chlorhydrique faible, on voit peu à peu les prismes devenir opaques dans leur partie fondamentale en même temps que se produisent transversalement des striations parallèles assez régulières et granuleuses. De même les séparations des prismes s'accusent plus nettement et, si l'action chimique se prolonge, on peut voir se détacher des groupes de prismes restés accolés, mais très-friables et dans lesquels se reconnaît très-exactement l'existence d'un prisme unique dans le sens de l'épaisseur du tissu et non de plusieurs prismes superposés. Si l'on répète cette même réaction sur une coupe transversale, on arrive à produire un résultat tout particulier; c'est que la décalilication portant principalement sur la coupe des prismes et ménageant relativement leurs lignes de contact et leurs interstices, il se produit une véritable lamelle perforée d'ouvertures à peu près circulaires toutes semblables et donnant l'aspect d'une découpure à l'emporte-piècc.
Cette disposition en mosaïque qui se révèle à la coupe transversale se retrouve aussi, si l'on examine dans une préparation favorable la face profonde de la couche d'émail, celle qui répond à la surface de l'ivoire. Or, cette face profonde de l'émail a exactement la figure géométrique d'une série d'hexagones réguliers. €ette même disposition se retrouve d'ailleurs identique à la surface extérieure de la dentine qui reçoit précisément les extrémités centrales des prismes. C'est encore de la sorte qu'on reconnaît sur cette surface de .rencontre de l'émail et de
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l'ivoire l'absence complète de tout vestige de membrane que les faits de développement embryogénique excluent d'ailleurs complètement.
Mais, s'il n'existe aucune membrane à la face profonde de l'émail, il n'en est pas de même de la surface externe qui est tapissée d'une membrane propre isolable et recouvrant exactement toute la surface extérieure : c'est la cuticule de l'émail.
La cuticule, découverte en 1859 par Nasmyth [Medico-chirurgical Transactions, janvier 1859), qui l'a décrite sous le nom de persistent capsular, est une pellicule amorphe d'une épaisseur de 0'"'",001, intimement adhérente à la surface extérieure de l'émail, inattaquable par les acides, d'une résistance extrême et dont le rôle est de protéger le tissu soiis-jacent contre les agents altérants. Sa présence n'est perceptible sur une dent qui n'a point subi d'usure que sur une coupe mince soumise pendant quelques instants à l'action de l'acide chlorhydrique étendu. Dans une préparation de ce genre, l'action de l'acide désorganisant la substance de l'émail détache de sa surface la pellicule protectrice qu'on aperçoit soulevée par les bulles de gaz. On reconnaît alors qu'elle est transparente, d'une épaisseur uniforme et légèrement granuleuse sur certains
points. Les alcalis la gonflent sans la désagréger et en favorisent l'étude.
Étudiée par Kôlliker, qui lui a conservé le nom de cuticule, puis par Raschkow, Huxley, Todd et Bowman, elle représenterait la trace de la membrana prœformativa qui envelopperait le bulbe et au travers de laquelle se seraient déposés les éléments de l'émail. Cette interprétation ne nous paraît pas exacte et on doit selon nous se rattacher à l'opinion de Ch. Tomes, qui la représente comme composée par le vestige de V organe du cément sur les dents privées de cément coronaire. C'est en traitant des préparations de cuticule par les alcdis et en particulier par la potasse qu'il réussit à saisir quelques indices sur sa nature anatomique. La présence sur certains points plus épaissis d'un ou plusieurs ostéoplastes reconnaissables vient confirmer cette hypothèse. La cuticule manque donc à la surface de l'émail des dents à cément coronaire.
Au point de vue physiologique la cuticule de l'émail est un agent puissant de protection de ce tissu ; aussi faut-il qu'elle soit détruite sur un point pour permettre à un agent altérant de désorganiser l'émail. 11 en est ainsi dans les sillons ou anfractuosités de la surface de la couronne, la cuticule restant perforée à leur niveau sans se réfléchir dans la profondeur. Ces points sont, comme on sait, les lieux d'élection de la carie. Une autre circonstance amène le même résultat, car l'usure a pour premier effet d'entraîner la cuticule, mais avec cette différence que, l'usure produisant toujours une surface lisse et polie, le séjour des
Fig. 1. — Coupe d'une dent prise sur un sujet et comprenant la dentine et l'émail traité par les acides (d'après Ch. Tomes).
a, Cuticule de l'émail détachée de la surface désorganisée de l'émail. — b, dentine. — d, renflement de la cuticule occupant une aiifractuosité de l'émail et présentant les traces de deux ostéoplastes. — e, émail. — a', bout déchiré de la cuticule.
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agents destructeurs est fort difficile, de sorte que les surfaces d'usure sont trèsrarement attaquées par la carie.
B. Ivoire. L'ivoire ou dentine représente la portion essentielle, la niasse principale de la dent. C'est une substance d'une densité inférieure à l'émail, mais supérieure à celle du tissu compacte des os.. Elle est d'une couleur blanche inclinant tantôt vers le jaune faible, tantôt vers le gris avec reflet bleuâtre. C'est le tissu qui, ainsi que nous l'avons dit, donne à la dent en général sa couleur extérieure, l'émail transparent n'ayant pas de coloration propre.
L'ivoire est recouvert dans la couronne par l'émail qui lui forme un revêtement complet, et dans la racine par le cément qui le recouvre jusqu'au sommet radiculaire. Il résulte de là qu'il n'est nulle part exposé au dehors, car même au collet le bord terminal de l'émail est recouvert par un prolongement trèsaminci du cément qui se continue avec la cuticule.
La surface extérieure de l'ivoire, après ablation de la couche d'émail, est, dans la couronne, couverte de petites dépressions concaves et hexagonales signalées pour la première fois par Owen et destinées à recevoir les exlrémilés terminales des prismes de l'émail. Cette surface présente par suite un aspect réticulé ou à facettes que nous avons comparé depuis longtemps à la surface des yeux composés des insectes. Dans la racine la face externe de l'ivoire est inégale et rugueuse, couverte d'anfractuosités remplies par le cément.
La surface interne de l'ivoire répond à la cavité centrale dont est creusée chaque dent. Cette cavité a exactement la même forme que la couronne et que l'organe (la pulpe) qu'elle renferme et sur laquelle elle est exactement moulée.
Cette cavité a donc, de même que la dentine qui la contient, une figure variable suivant les espèces de dents, c'est-à-dire qu'elle est fusiforme pour les canines, analogue à un coin pour les incisives et, dans les molaires, pourvue à la partie la plus élevée d'un nombre d'enfoncements conoïdes ou cornes, en nombre égal aux saillies de la pulpe.
Du côté de la racine, cette cavité présente des prolongements simples aux incisives et canines, multiples aux molaires et destinés à contenir les ramitlcations de la pulpe et les faisceaux vasculo-nerveux, qui pénètrent au centre de l'organe.
Les dimensions de la cavité centrale, très-grandes chez l'enfant oiî la pulpe qu'elle contient est volumineuse, diminuent progressivement avec l'âge pour disparaître finalement chez le vieillard. Le mécanisme de cette réduction d'étendue réside dans le phénomène continu de production de dentine, laquelle se surajoute couche par couche pendant toute la durée de la vie à la face interne de la cavité centrale. Cette circonstance nous a permis de dire que chez tous les animaux, en raison d'une loi constante, l'accroissement en volume de la dent est continu, mais non point, il est vrai, à la manière des incisives des rongeurs, lesquelles, composées uniquement d'une couronne, sont appelées à s'user par la mastication. Ce phénomène pour les dents pourvues de racines se renferme dans la cavité de la pulpe, dont la capacité s'affaiblit peu à peu sous la production incessante des couches successives.
La surface de cette cavité lisse et polie à un examen superficiel présente, si on l'examine à un grossissement de 500 diamètres et sur une préparation
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sèche, les innombrables orifices de canaux devenus vides par la dessiccation de leur contenu et qui rayonnent dans toutes les directions.
Sur une pièce sèche comme un petit fragment de chapeau de dentine en voie d'évolution, les orifices apparaissent comme un point noir central limité par une petite 7.one claire, entourée elle-même d'un cercle noir. Cet aspect est de nature à donner l'idée d'un double contour à la lumière des canalicules. Ce n'est là qu'une api)arence duc ù la réfraction des deux orifices superposés de la coupe vue par transparence, car, si l'on étudie une coupe analogue à l'état frais, le contenu des tubes apparaît clair et transparent et le contour unique.
Si la préparation est un peu oblique par rapport à la direction des canalicules, on verra à la fois l'orifice de ceux-ci et une certaine étendue de leur trajet.
Si enfin la coupe est tout à fait parallèle au trajet des canalicules, on pourra réaliser sur mie dent fraîche une préparation dans laipielle on verra l'orifice d'entrée des tubes, et au delà de ceux-ci des cellules de l'ivoire tantôt brisées et ayant laissé les prolongements dans le canalicule, tantôt entières et restées dans leur rajiporl normal. Parfois mémo une de ces cellules reste en connexion d'une part avec le canalicule dans lequel elle pénètre, et d'autre part avec l'une des cellules du stratnm que nous étudierons dans l'histoire du développement {voy. Physiologie).
Maintenant, en étudiant la niasse de l'ivoire au point de vue de sa structure intime, on lui reconnaît deux éléments qui sont : une substance fondamentale et des fibrilles.
La substance fondamentale, tissu propre de l'ivoire, est une matière homogène d'une grande dureté, transparente ou finement granuleuse à un fort grossissement. Cet état granuleux s'observe particuliètement dans les dents de structure défectueuse, tandis que la grande transparence et l'aspect nacré de la dentine sont les indices d'une constitution plus parfaite. Cette substance est interposée aux fibrilles qu'elle sépare et forme ainsi des colonnes de contour irrégulier.
Par cette disposition, la substance fondamentale de la dentine se présente en proportion variable suivant la situation plus ou moins rapprochée des fibrilles et les points où elles sont plus ou moins confluentes. C'est ainsi qu'elle est moins abondante au voisinage de la cavité centrale où les origines des fibres sont trèsrapprochécs, tandis que sur les points plus éloignés de la périphérie de l'ivoire les canalicules s'éloignent notablement les uns des autres en diver^^eant vers la surface extérieure de la dent; toutefois ces différences de quantité relative de substance fondamentale sont plus apparentes que réelles, car, si au voisinage de la pulpe les fibres sont plus rapprochées, la multiplicité des anastomoses dans les couches plus éloignées ne laisse que peu de place aux intervalles de la substance traversée souvent par places par un réseau extrêmement serré. Ce qui est plus exact, c'est que la densité de la dentine est beaucoup plus grande à la périphérie qu'au centre, les couches les plus anciennes continuant sans cesse à se calcifier par la suraddition incessante des matériaux élaborés par la pulpe. Ainsi s'explique la très-grande dureté et l'extrême fragilité qu'acquièrent les dents des vieillards, chez lesquels on constate d'ailleurs, en même temps que la diminution d'étendue de la cavité de la pulpe, la réduction du diamètre et parfois même l'atrophie d'un grand nombre de fibrilles. Ce phénomène, qui est ici tout à fait physiologique, s'observe, comme on sait, dans la marche de certaines caries où l'ivoire, réagissant d'une manière tout à hii organique ou
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vitale, devient le siège de production de ce que nous avons appelé le cône de résistance. Or ce cône est représenté par une zone d'ivoire dont les fibrilles sont calcifiées par une formation de dentine secondaire.
Considéré dans la coupe transversale d'une couronne saine, l'ivoire présente une disposition stratifiée, c'est-à-dire que la substance parjît composée de couches parallèles et concentriques. Les Anciens avaient déjà remarqué cette disposition qu'ils avaient rencontrée sur des dents soumises à l'incinération.
L'emploi des acides faibles et les altérations telles que la carie amènent le même résultat en permettant de dissocier le tissu de l'ivoire en couches superposées.
Sur une coupe normale, la disposition stratifiée dont il s'agit se traduit par des lignes parallèles appelées par W. Owen lignes de contour et observées par la plupart des anatomistes. Dans une théorie actuellement abandonnée, et dans laquelle on croyait l'ivoire produit par la calcification directe de couches superposées de cellules, les lignes de contour étaient regardées comme la trace de ce travail de formation. Mais il est démontré aujourd'hui que ce n'est p;is ainsi que se forme la denline et il faut dès lors expliquer autrement les dispositions en question. Oi', un examen attentif permet de reconnaître que la masse des fibrilles ainsi que la substance interposée éprouvent dans leur trajet excentrique des ondulations assez régulières, de telle sorte que chacune de ces ondulations correspondrait à l'épaisseur d'une couche d'ivoire, résultat du trava'l des cellules de la surface de la pulpe. Celte formation par couches superposées rappelle exactement les dispositions des lamelles concentriques des os autour d'un canal de llavers et dont le mode de développement comparable pour les deux tissus a été mis en évidence pai les expériences déjà anciennes de Flourens avec la garance. Il semble donc, pour la denline comme pour le tissu osseux, que le travail qui a produit une couche de tissu est suivi non d'un temps de repos, carie phénomène est continu, mais d'un certain changement de direction générale qui se traduit ainsi par une légère ligne de démarcation.
Outre les lignes concentriques de l'ivoire on observe très-souvent, mais non constamment, dans l'épaisseur des lissus, des zones composées de globules de dentine séparée par des espaces intercjlobulaires (fig. 2, </). Ces dispositions considérées comme normales par Czermak et Owen, sans doute en raison de leur fréquence, sont en réalité des accidents de l'évolution, de véritables anomalies déstructure. Nous n'avons donc pas à les décrire ici; ils trouveront leur place dans l'étude des anomalies desquelles ils relèvent.
Les auteurs ont décrit de tout temps dans la composition de l'ivoire un réseau de canalicules qui en constitueraient avec la substance fondamentale les deux parties essentielles. Ces canalicules existent en effet sur toute préparation sèche d'ivoire, et c'est dans ces conditions qu'on en a établi les caractères, les dimensions, les dispositions diverses, et qu'on a réussi même à les injecter. Nous allons les décrire aussi à notre tour, nous réservant de dire ensuite à quelle interprétation nous avons été conduit sur leur nature et leur mode déformation.
Les canalicules sont des tubes qui parcourent la substance de l'ivoire dans toute son étendue depuis la cavité centrale où ils s'ouvrent jusqu'à la limite extérieure du tissu où ils se terminent au voisinage même de l'émail.
Découverts en 1673 par Leeuwenboeck, ils ont été étudiés depuis par tous les anatomistes et injectés pour la première fois, croyons-nous, par le professeur Gerlach en 1859.
DICT. ENC.XXVJI, 2
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Ce sont des canaux microscopiques dont le diamètre varie suivant les pomts oij on les observe : leur largeur au voisinage de la pulpe est de 0""",005, et dans les ramifications terminales ils arrivent à être difficilement perceptibles même à un fort grossissement. Leur dimension moyenne est de 0"'°s0015 à 0™"',00'2. Ces chiffres observés chez l'homme varient infiniment suivant les espèces animales, mais c'est chez les pois-
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Fig, 2. — Coupe lon^iluiliriale d'une molaire adulte, intéressant l'émail et l'ivoire, et destinée à montrer les dii^posilions et les anastomoses des librilles dentaires (fig^ure empruntée au mémoire Robin et Magitol. 1860).
a. Émail avec ses prismes. — b, Couche des cellules anaslomotiques de la couche superlicicUe de denline. — c. Ivoire avec les fibrilles ramifiées et anastomosées. — d, Couche des globules de démine et des espaces interglobulaires.
sons qu'ils acquièrent leur plus giand accroissement. Aussi devra-t-on s'adresser à ces animaux pour étudier ies particularités anatomiquesqui les concernent, la constitution des canalicules étant d'ailleurs identique chez tous les vertébrés pourvus de dents ou de productions analogues.
Les canaliculcs de l'ivoire suivent un trajet uniforme représenté par le rayon de la dent ou par une ligne perpendiculaire à la cavité de la pulpe aussi bien qu'à la surface extérieure de l'ivoire. Ils s'irradient ainsi du centre à la périphérie. Leur orifice central s'ouvre à la surface de la pulpe et ils fournissent ainsi dès leur début même et dans toute leur étendue des anaslomoscs qui affectent les formes les plus variées : parfois elles sont transversales entre canalicules voisins, ce qui s'observe même au voisinage de la pulpe. Un peu au delà, les anastomoses prennent souvent la forme arborescente, ce qu'on remaïque, par exemple, lorsqu'un canalicule occupe une sorte de lacune de la substance fondamentale. Mais cette disposition représente plutôt un accident qu'un système normal. Ordinairement les branches latérales assez courtes se perdent en anastomoses réciproques dans un réseau très-fin. Quelquefois une branche se détache d'un tube et, conservant un diamètre sensiblement égal au tronc
primitif, se dirige transvei salement ou plus ou moins obliquement soit vers le canalicule voisin où elle pénètre directement, soit vers un canalicule distant de deux ou trois intervalles, pour constituer une véritable anse de communication. On peut voir dans la figure ci-contre (fig. 2, c) les différents procédés d'anastomoses qui peuvent se rencontrer.
Enfin la masse des canalicules parvenue à la couche la plus superficielle de l'ivoire offre sur ce point une série de lacunes ou de vacuoles rares dans cer-
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taines préparations, confluentes dans d'autres, et dans lesquelles viennent se rendre les extrémités terminales des canalicules. Ces vacuoles, qui représentent une couche spéciale de la substance de l'ivoire, ont été depuis longtemps désignées par nous sous le nom de réseau anastomotique des canalicules dentaires. C'est -en effet un véritable système d'anastomoses réciproques des exlrémités terminales des tubes et dont le contenu estidrntiqueà celui des canalicules eux-mêmes. En outre, c'est de ces lacunes que partent les ramifications qui pénètrent dans les vacuoles propres de l'émail où elles ont pour but physiologique d'entretenir un certain mouvement nutritif, très-rudimenlaire toutefois, dans ce dernier tissu. Ces relations tubulaires entre l'ivoire et l'émail, mises en doute par Waldeyer ■et Hertz, ont été démontrées de la manière la plus évidente dans ces derniers temps par Tomes, qui les a étudiées chez plusieurs espèces de mamuiifèies et en particulier chez les marsupiaux.
Considérés dans leur ensemble et sur une coupe observée cette fois à un faible grossissement, les canalicules de la duntine décrivent dans leur trajet plusieurs séries d'ondulations dont les courbures répondent exactement à ces lignes ■de contour dont nous avons parlé plus haut.
Le contenu des canalicules de l'ivoire a été l'objet d'un grand nombre de discussions parmi les anatomistes. Primitivement on pensait que les canalicules étaient creux et qu'ils transportaient un liquide alcalin d'imbibition. Ce liquide aurait même été analysé, mais une telle hypothèse est actuellement presque universellement rejetée ; M. Salter reste à peu près le seul à la défendre. €'est M. J. Tomes qui le premier en 1853 découvrit dans l'intérieur du tube la présence d'une fibrille molle qui le remplit entièrement et se divise ainsi qu'eux en ramifications et en anastomoses. Suivant le savant anatoniiste, cette fibrille n'exclurait pas la présence d'une paroi propre des canalicules, mais ce point ne nous paraît pas suffisamment démontré, et, malgré nos plus patientes recherches sur des coupes d'ivoire diversement traitées par les acides, nous n'avons pu réussir à discerner à la fois la fibrille centrale et la gaine périphérique. D'ailleurs les considérations tirées du développement de l'ivoire ne permettent pas, ainsi qu'on le verra plus loin, d'admettre la formation d'une paroi spéciale aux tubes de l'ivoire, tandis que la présence des fibrilles est due à la persistance pendant toute la vie du prolongement ou queue des cellules de l'ivoire qui tapissent la surface de la pulpe et qui sont l'axe ou le centre autour ■duquel se groupent les éléments de la substance fondamentale.
Ces fibrilles sont amorphes, molles et transparentes à l'état frais, et destructibles par la dessiccation, de sorte que les canalicules à l'état de vacuité se remplissent d'air et apparaissent noirs sous le microscope. Très-fines chez rhomme et les mammifères oii les tubes dentinaires sont très-étroits, elles prennent un développement plus grand et sont plus faciles à étudier chez les poissons, qui ont des canalicules très-larges. C'est ainsi qu'on peut reconnaître certaines particularités importantes : ainsi sur une coupe de dentine d'une dent de raie, soumise successivement à l'action des acides faibles et additionnées de chlorure d'or, on peut rencontrer dans le tmjet des tubes des fibrilles très-déliées, présentant de petites nodosités sur certains points. Les fibrilles ainsi détachées par les agents employés occupent le centre des canalicules.
Il résulte des considérations anatomiques qui précèdent que la dentine ne doit plus être considérée actuellement comme un tissu creusé de canalicules proprement dits.