DENTAIRE (hycikne
saient le milieu buccal à des oscillations permanentes. Or, si un faible excès d'alcàlinité ne peut avoir d'inconvénient, la prédominance même passagère et peu marquée de la réaction acide a toujours des conséquences plus ou moins fâcheuses: aussi l'hygiène doit-elle avoir pour but, ici, d'en empêcher la production par l'usage des dentrifices légèrement alcalins, qui assureront une sorte de provision destinée à neutraliser les produits acides qui pourraient se développer accidentellement dans la bouche.
S" Règles et procédés d hijçiiène locale. Des considérations générales qui précèdent nous pouvons maintenant déduire les prescriptions d'une hygiène rationnelle.
Ces règles sont les suivantes : éviter les manœuvres ou les agents qui peuvent agir mécaniquement sur les parties; restreindre, autant que possible, l'usage des aliments et des boissons acides ou qui, par leur décomposition, donnent lieu à des produits acides (sucre, vinaigre, limonade, etc.) ; empêcher les fermentations des matières alimentaires ou des produits de sécrétion (lavages, soins de propreté); s'opposer à l'accumulation du tartre par l'usage modéré de brosses douces ; traiter soigneusement les affections à mesure qu'elles se développent ; enfin provoquer ou maintenir, par des dentifrices appropriés, le milieu buccal dans l'état neutre avec légère prédominance de la réaction alcaline.
Procédés d'applications dentifrices. Les dentifrices font le sujet d'un article spécial {voy. ce mot), mais seulement sous le rapport de leur composition. Nous n'en parlerons donc ici qu'au point de vue des indications diverses qu'ils sont destinés à remplir.
Les dentifrices doivent en effet répondre à certaines indications dont le premier venu ne peut être juge, et à ce titre leur choix doit être subordonné aux conseils de l'hygiéniste. On comprendra dès lors quel cas nous faisons de la plupart des produits qu'on vend partout sous le nom de dentifrices. Réveil, dans un mémoire lu à l'Académie [voy. aussi S. Piesse et 0. Réveil, Des odeurs, des parfums, des cosmétiques, etc. Paris, 1865, p. 456 et suiv.), a montré par le résultat de nombreuses analyses chimiques le danger des cosmétiques en général; ses observations s'appliquent aussi aux dentifrices dont la vente, par une él range lacune de notre législation, est laissée libre et en dehors de tout contrôle. Nous ne saurions trop nous élever contre cette déplorable interprétation de la loi qui refuse de reconnaître comme remèdes secrets les préparations hygiéniques et comestiques, et nous nous associons aux appels faits déjà maintes fois à la sollicitude de l'autorité sanitaire pour réclamer contre cet iibus.
Considéré d'une manière générale, tout dentifrice doit contenir trois substances susceptibles de se mélanger en une masse homogène. Ces trois substances sont :
1° Une substance inerte servant de véhicule et pouvant aussi parfois agir mécaniquement sur les matières étrangères accumulées sur les dents ou les gen- •cives ;
2^ Une substance active à réaction définie et capable de neutraliser la réaction dominante des liquides de la bouche ;
3° Une substance aromatique destinée à masquer, s'il est besoin, la saveur ou l'odeur des matières actives employées.
Envisagés ainsi, les dentifrices sont ou pulvérulents, ou liquides, ou mous (opiats).
DENTAIRE (hygiène), âM
Les dentifrices pulvérulents doivent toujours être impalpables. Sans cette condition, ils peuvent constituer un danger pour les dents par l'usure de leur émail, et pour la muqueuse par l'irritation que les frottements y déterminent, et aussi par l'accumulation de particules sous le bord libre des gencives où elles jouent à la longue le rôle de corps étrangers : nous avons plusieurs fois observé des lisérés grisâtres produits par l'usage prolongé de la poudre de charbon; il est probable que les autres produisent les mêmes résultats, mais que ceux-ci passent inaperçus lorsqu'ils ne donnent pas lieu à une coloration particulière.
L'action des dentifrices liquides s'étend uniformément à tous les points de la cavité buccale, à l'inverse des précédents, dont l'effet reste limité aux points avec lesquels ils sont mis en contact. Par leur forme, ils se mêlent l'acilement, en toutes proportions, à l'eau ou à d'autres liquides inertes, ce qui permet d'en graduer les doses suivant les effets qu'on veut obtenir ; enfin ils se prêtent mieux à une grande variété de composition, ce qui peut, dans certaines circonstances, être une précieuse ressource.
Les dentifrices mous ou opiats qui contiennent du miel doivent être complètement rejetés, le sucre étant un agent destructif des plus actifs pour les tissus dentaires. Quant aux savons dentifrices, ils ne peuvent convenir que dans les cas oiî la réaction alcaline est recherchée; ils ont un goût désagréable et qu'on ne parvient jamais à masquer complètement.
Envisagés au point de vue de leur composition et de leurs indications, les dentifrices peuvent être divisés en : neutres ou inertes, alcalins, acides, astringents et antiputrides.
1" Dentifrices neutres ou inertes. Indications : salive légèrement alcaline, absence de dents cariées et de dépôts de tartre, intégrité de la muqueuse ;
2» Dentifrices alcalins. Indications : salive acide ou neutre; caries nombreuses et à marche rapide ; absence complète de tartre; mucosités blanchâtres le long du bord libre des gencives et sur les dents; muqueuse saine ou plus ou moins enflammée. Les savons conviennent particulièrement aux cas où il importe, de lutter éneigiquement contre la réaction acide très -prononcée du milieu salivaire. Nous devons les trois formules suivantes à l'obligeance d'un pharmacien distingué de Paris, M. Faguer; k seul reproche qu'on puisse leur faire, comme à tous les savons, est leur saveur désagréable qu'il est impossible de masquei complètement.