SAVON MOU
Beurre do cncao' 12 grammes.
Carbonate de cliaux 20 —
— de magnésie 25 —
Savon dépotasse 20 —
Essences 0,1^ —
Les dentifrices alcalins sont très-nombreux, et dès les temps les plus anciens on en a préconisé l'emploi. Pline, par exemple, recommande une recette dans laquelle figure le sel ammoniac, les cor|uilles d'œufs, les écailles d'huîtres pilées et de la myrrhe brûlée. On leur attribue non-seulement des vertus comme cosmétirpie, mais même comme agent thérapeutique : Utilissima fiât ex lus dentifricia, dit-il. On connaît aussi les préparations auxquelles certaines peuplades attribuent la beauté irréprochable de leurs dents : tel est le bétel [voy. ce mot).
o" Dentifrices acides. Indications : miheu salivaire fortement alcalin; dépôts abondants de tartre, absence de dents cariées; muqueuse normale ou plus ou moins enflammée. L'usage de ces dentifrices exige une certaine surveillance, et leur emploi ne doit pas être trop fréquent.
4° Dentifrices astringents. Indications : état morbide des gencives ou de la muqueuse buccale ; gingivite chronique ; granulations buccales et pharyngiennes. La forme liquide est celle qui convient le mieux à ces préparations, la muqueuse irritée supportant difficilement le contact des poudres. Toulefois aucune des préparations ordinairement préconisées ne vaut la solution de chlorate de potasse : on l'emploie à la dose ordinaire des gargarismes, soit 4 grammes pour 100, et on aromatise avec des essences au moment de l'emploi; le chlorate de potasse, outre son action spéciale siu' la muqueuse buccale, a encore l'avantage d'être légèrement alcalin, circonstance qui doit le faire rechercher d autant plus que les inflammations chroniques de la muqueuse buccale déterminent souvent l'acidité de la réaction salivaire. Le chlorate de potasse ne pourrait être remplacé par l'alun qui, ainsi qu'il est démontré, agit directement comme dissolvant sur le tissu de l'émail.
5° Dentifrices antiputrides. Indications : état fétide de la bouche avec ou sans lésion appréciable. Ces préparations peuvent* s'employer isolément ou être associées aux autres dentifrices, suivant les conditions particulières; elles contiennent de la poudre de charbon, du permanganate de potasse, des acides phénique, salicylique, thymique, les salicates, le borax, etc.
Nous recommandons les deux préparations suivantes :
Silicate de potasse 2
Eau lOOJ
Thymol î
Borax 5
Eau lOCO
Thymol 1
E. Magitot.
DEIVTAIRE (Prothèse). En considérant que, sans préjuger ce qui sera décidé sur l'organisation de l'art dentaire en France, actuellement à l'ordre du jour, la partie mécanique de cet art appartiendrait toujours à l'atelier plus qu'à l'école, on a pensé qu'il n'y avait pas lieu d'en traiter ici ex professa. Cependant, le médecin lui-même a intérêt à conisaître la nature des substances
DENTAIRE (prothèse). ^t25
employées comme dents artificielles, et quelques-uns des procédés] à l'aide desquels on les adapte ù la bouche.
On emploie pour le remplacement des dents : 1" les denU numaine^, cnoisies dans la classe de celles auxquelles on doit les substituer. Elles sont plus exposées à se "âter que des dents vivantes, mais sont généralement d'un long usage ; 2" les dents de bestiaux. On leur donne aisément par l'usure la forme de dents incisives, mais non celle de canines; elles ont une blancheur éclatante, qui contraste avec celle des dents humaines; elles sont plus aisément que celles-ci attaquées par les acides; 5'^ l'ivoire d'éléphant ou celui d'hippopotame. Le premier est moins dense que le second. Les dents qu'on y a taillées manquent entièrement d'émail, absorbent avec une extrême facilité les liquides et s'altèrent rapidement. Le dur émail des dents d'hippopotame les rend bien préférables aux précédentes ; cependant, les pièces qu'on en a formées ne tardent pas non plus à s'altérer, en prenant la teinte jaune de dents trop négligées ; 4» les dents de porcelaine. Leur fabrication est arrivée à un haut degré de perfection ; on est parvenu à donner à la porcelaine des teintes imitant admirablement celles des gencives. Les dents minérales, incorruptibles,sont presque exclusivement employées aujourd'hui. La pâte de ces dents est formée de: feldspath, 560 grammes; quartz, 60; kaolin, 27; titane, 1. Dans l'émail entrent : feldspath, 90 grammes ; éponge de platine, 5 à 20 ; fondant (préparé en faisant fondre 120 grammes de quartz broyé avec du verre de borax et du sel de tartre), 5 grammes.
Les dents de remplacement se fixent au moyen : 1» d'un pivot ; 2" de crochets ; 0° de ressorts; 4° delà pression atmosphérique.
1° Dents à pivot. Cette méthode, qui consiste à fixer les dents sur une racine naturelle, ne doit être suivie que si la racine est saine : elle est beaucoup mieux applicable aux incisives et aux canines de la mâchoire supérieure qu'à celles de la mâchoire inférieure, qui sont généralement d'un plus petit volume; en outre, l'opération faite sur ces dernières est plus souvent suivie d'abcès. On commence par réséquer, au moyen d'une lime, d'une scie ou d'une pince coupante, la couronne de la dent à remplacer; puis on détruit le nerf en enfonçant dans le canal un instrument à extrémité recourbée ou dentelée, avec lequel on ramène la pulpe ; on lime la racine jusqu'à ce qu'elle soit arrivée un peu au-dessus du niveau de la gencive; on élargit un peu le canal avec un instrument ad hoc. €ela fait, on introduit, soit dans la couronne préalablement forée de la dent naturelle, soit dans le trou tout préparé de la dent minérale, un pivot, dont on enfonce l'autre extrémité dans le canal. On se sert presque toujours de pivots d'or ou de platine ; quelques dentistes préfèrent le bois (celui de noyer habituellement) comme exposant moins à user la couronne; même quand on fait usage du métal, on enfonce quelquefois un petit cylindre de bois dans la couronne et l'on y fait pénétrer le pivot métallique, auquel on a donné la forme de vis. Pour éviter plus sûrement l'action des liquides buccaux sur le canal de la racine, on a conseillé d'y introduire une sorte de gaine d'or, dans laquelle on enfonce ensuite le pivot.
2» Pièces à crochets. Une plaque métallique, portant une ou plusieurs dents et s'adaptant parfaitement à l'arcade dentaire, est fixée à d'autres dents au moyen de crochets. Tantôt la plaque et les crochets sont également en or ou en platine, tantôt on adapte les crochets métalliques à une plaque ou cuvette de caoutchouc vulcanisé. Ces pièces sont toujours disposées de manière à pouvoir être enlevées ou replacées à volonté et facilement.
AU DENTAIRE (prothèse).
3° Pièces à ressorts. Lorsque la deiUure du sujet n'offre pas de points d'appui pour des crochets, on pose deux dentiers, un supérieur et l'autre inférieur, réunis par un ressort en spirales, qui, par une pression continue, maintient les pièces en place dans les mouvements des mâchoires. Cet appareil, sujet à se déranger par suite de la déformation des spirales, et exigeant d'extrêmes soins de propreté, n'est plus guère en usage, et on y substitue le suivant :
4° Pièces à pression ahnosphérique ou à succion. La méthode consiste à mouler si parfaitement la forme de la monture sur celle des gencives que l'air ne puisse pas pénétrer entre les uns et les autres. L<i pièce est alors maintenue par la pression atmosphérique de la même manière que dans un jeu d'enfants qui consiste à lever un pavé avec une ficelle portant une rondelle de cuir mouillée et fortement appliquée contre la surface de ce pavé. Le succès du moyen dépend donc de sa précision ; il importe surtout que dans le rapprochement des mâchoires la pièce supérieure et la pièce inférieure, s'il y en a deux, ou, s'il n'y en a qu'une, celte pièce et les dents correspondantes de l'autre mâchoire se rencontrent à droite et à gauche en même temps, et avec la même force de pression, car, si elles se touchaient seulement par un côté, ou plus foitement d'un côté que de l'autre, l'appareil basculeiait, l'air pénétrerait entre lui et la gencive et l'adhésion serait détruite. Ou est arrivé, du reste, en cela, à une telle perfection d'exécution, qu'on peut porter, sans inconvénient sensible, deux dentiers complètement séparés et tout à fait dépourvus de ressorts.
On vient de voir quelle est la composition des dents de remplacement; quelques mots maintenant sur les substances qui servent à les monter et à les souder aux plaques.
L'argent est rarement assez pur pour résister longtemps à l'action oxydante de la salive. L'or pur est trop ductile pour la prothèse dentaire; il faut l'alliera l'argent ou au cuivre. Celui-ci lui donne plus de fermeté sans paraître le rendre plus sensible à l'action des acides, du moins si l'on ne dépasse pas le titre voulu, qui est d'environ 835 à 900 millièmes pour les plaques, de 750 à 800 pour les crochets. L'alliage du platine à l'or donne aussi plus de consistance à ce aiiétal : la proportion de 10 à 15 parties d'or pour \ de platine convient pour la conieclion des ressorts à spirale; elle n'assurerait pas la solidité nécessaire pour les plaques. L'aluminium, peu employé du reste, n'a pas toujours résiste à l'action des liquides de la bouche : c'est probablement qu'il n'était pas pur. 11 n'y aurait guère d'avantage à l'allier au platine ou à l'or.
Mais la substance la plus usitée comme base dentaire est assurément le caoutchouc durci, qui est très-solide, inaltérable par les liquides de la bouche, et d'ime grande légèreté.
D'après Wildmann, la vulcanite dentaire la plus solide est celle qui est composée de 1 partie de soufre pour iO de caoutchouc. On y ajoute souvent du vermillon, qui est inoffensif, pour lui donner une couleur plus approchante de celle des gencives, mais qui ne l'imite qu'imparfaitement et qui a l'inconvénient de diminuer la solidité de la pâte. Le caoutchouc rouge anglais foncé contient en poids 2 parties de sulfure de caoutchouc et 1 partie de vermillon. Enfin, pour obtenir le caoutchouc blanc grisâtre ou rose, on ajoute de l'oxyde blanc de zinc ou de l'argile blanche, dans la proportion de 20 à 50 pour 100, aux caoutchoucs rouge ou brun.
On fabrique aussi des gencives artificielles en porcelaine avec une base mélalhque. h?i fritte pour gencives conûeni : oxyde d'or, 50 centigrammes;
DENTAIRES (Artères). 425
l'eldspath, 20 grammes; fondant (le même que pom- les dents), 12 grammes. On emploie pour les émaiiler la préparation suivante : Fritte pour gencives, 50 grammes; feldspath, 90 grammes. Diverses substances colorées entrent dans ces compositions suivant les teintes qu'on veut obtenir. On les applique autour des attaches des dents préalablement soudées sur une plaque de platine pur, puis on les fait fondre à une température très-élevée. On obtient ainsi des
gencives continues.
Enfin, sans vouloir décrire les procédés par lesquels on soude la dent à la monture, avec le chalumeau ou autrement, disons qu'on interpose souvent entre l'un et l'autre une substance adhésive. Une soudure très-recommandée en Angleterre, est celle du docteur Slarr, contenant 7 parties d'aluminium contre 1 d'étain pur.
Telles sont les seules notions que nous croyions devoir consigner ici à l'usage des médecins. Elles sont suffisantes pour donner une idée des pièces dentaires qu'ils rencontreront dans la bouche de leurs clients et permettre d'apprécier les avantages et les inconvénients qu'elles peuvent présenter, sous le rap|iort de leur composition, de leur fabrication ou de leur adaptation aux arcades dentaires.
A. Decuambre.
DEXTAIRES (Artères). Au nombre de trois de chaque côté : deux pour la mâchoire supérieure et une seule pour la mâchoire inférieure.
Les artères dentaires supérieures se distinguent en postérieure et antérieure.
1" Artère dentaire supérieure et postérieure, alvéolaire, alvéolo-dentaire ; elle constitue l'une des deux branches collatérales de la maxillaire interne qui se dirigent en avant (Sappey). Née de ce dernier vaisseau avant sa pénétration dans la gouttière sous-orbitaire par la fente sphéno-maxillaiie, l'alvéolaire se porte en bas et en avant, s'applique sur la tubéiosité du maxillaire supérieur et glisse flexueuse sur cette saillie osseuse au devant de laquelle elle se termine par des ramusculcs destinés aux gencives, aux alvéoles supérieurs et au buccinateur; mais, chemin faisant, elle a fourni deux ou trois rameaux qui s'engagent dans des conduits osseux creusés dans la tubérosité du maxillaire (conduits dentaires postérieurs et supérieurs] et, après avoir cheminé obliquement dans ces petits canaux, aboutissent, les uns aux racines des molaires, d'autres au tissu osseux et un certain nombre à la muqueuse du sinus maxillaire ; assez souvent une artériole va plus loin en avant s'anastomoser dans l'épaisseur de la paroi du sinus avec un ramuscule émanant de la dentaire supérieure et antérieure.
2" Artère dentaire supérieure et antérieure. L'arlère sous-orbitaire, pendant qu'elle est encore contenue dans le canal du même nom, et avant de sortir par le trou sous-orbitaire, fournit l'artère destinée aux incisives et à la canine ; c'est l'artère dentaire supérieure et antérieure ; elle se loge dans un conduit osseux qui porte le même nom et occupe l'épaisseur de la paroi antérieure du sinus maxillaire ; l'artère s'épuise dans les racines des incisives et de la canine, dans le tissu osseux et la muqueuse du sinus. Une branche anastomotique la fait souvent communiquer avec la dentaire postérieure.
0° Artère dentaire inférieure. L'une des blanches descendantes delà maxillaire interne ; elle naît souvent par un tronc commun avec la temporale profonde postérieure, la massétérine et la buccale, se dirige en bas et en dehors vers l'orifice supérieur du conduit dentaire inférieur : dans ce trajet, elle se glisse entre h face interne de la branche de la mâchoire et la face externe du ptéry-
4i.'6 DENTAIRES (Nerfs).
goidien interne dont elle reste séparée par la bandelette aponévrotique qui, sous le nom de ligament interne ou sphéno-maxillaire, vient s'attacher en bas, sur la petite lamelle triangulaire qu'offre le côté interne de l'oiifice du canal dentaire et la protège, comme le nerf dentaire inférieur auquel elle s'accole.
Une fois engagée dans le conduit osseux, elle en parcourt toute l'étendue, en formant une aixade à concavité supérieure qui longe le sommet des alvéoles et fournit pour chacune des racines des dents des ramuscules parliculiers qui ont élé décrits à l'article Dent du Dictionnaire avec tous les détails que comporte le sujet. Mais la dentaire inférieure ne s'épuise pas dans les alvéoles des molaires: arrivée au niveau du trou mentonnier elle se partage en deux artères distinctes : la mentonnière, qui émerge du canal osseux pour se perdre dans les parties molles du menton et de la lèvre inférieure en s'anastomosanl avec des branches de la faciale, et l'autre qui continue son trajet intra- osseux et se termine dans les dents canine et incisives, et dans le tissu os<cux.
Ainsi, dans toute la longueur du corps de la mâchoire inférievire et la partie inférieure de la branche de cet os règne un canal osseux qui protège et contient les vaisseaux dentaires inférieurs ainsi que le nerf du même nom. En ce qui concerne l'artère, il en résulte certaines apj)lications à la pathologie externe et à la médecine opératoire; notons, en pailiculier, deux phénomènes constatés souvent dans les fractures de la mâchoire : savoir, 1" une ecchymose considérable qui se forme sous la muqueuse du plancher de la bouche, sous la langue; 2° un suintement sanguin, persistant alors que le tissu gingival est déchiré, suintement qui peut venir des capillaires de la muqueuse, mais qu'il me paraît rationnel de rattacher, dans quelques cas, à la lésion de l'artère dentaire, quoique très-fréquemment, les parois de celle-ci ayant été déchirées, arrachées, il y ait peu de tendance à l'hémon'hagie [voy. Fracture du maxillaire [Dictionnaire encyclopédique]).
Au point de vue de la médecine opératoire, il est évident que toute section du corps de l'os en arrière du trou mentonnier divise l'artère dentaire inférieure et nécessite souvent l'application de moyens hémostatiques particuliers. L'auteur de cette note a été témoin d'un fait de ce genre dans une opération qu'il a pratiquée en 1863 pour remédier à l'immobilité cicatricielle de la mâchoire : après la section du corps de l'os par la méthode de Rizzoli, il eut à combattre uu écoulement de sang provenant du bout postérieur de l'artère et dont il se rendit maître non sans difficulté, en écrasant sur l'orifice osseux du fragment postérieur une boulette de cire {Bulletin de la Société de chirurgie, année 1864, 5* fascicule, p. 3-48, et Thèse pour le Doctorat, par M. Mathé (Adolphe), 30 juillet 1864).
Veines dentaires. En nombre égal à celui des artères et en suivent le trajet; elles ne comportent pas de descriptions spéciales.
LvMrHATiQUEs. Ceux des gencives sont les mieux connus; ils se rendent dans les ganglions parotidiens et sous-maxillaires. J. Aubry.
DEiVTAlRES (Nerfs). Deux pour la mâchoire supérieure, un seul pour l'inlérieure : ces trois nerfs proviennent, les deux premiers du nerf maxillaire supérieur, le troisième du maxillaire inférieur. En somme, ils émanent tous les trois de la portion sensitive du trijumeau.
1° Nerf dentaire supérieur et postérieur. Quand le nerf maxillaire supérieur a traversé d'arrière en avant le tond de la fosse zygomatique, qu'il a envoyé au
DENTAIRES (Nerfs). 427
ganglion spliéno-palatin ou de Meckel ses filets de sensibilité, mais avant de se loger dans la gouttière sous-orbitaire, il émet le nerf ou plutôt les nerfs dentaires supérieurs et postérieurs, car le plus souvent, au lieu d'un troue unique, on en tiouve deux; ces filets, qui naissent cependant quelquefois par un faisceau commun, se portent siu* la tubérosité maxillaire, fournissent quelques rameaux à la partie postérieure de la gencive supérieure, et après plusieurs flexuosités s'engagent dans les conduits dentaires postérieurs et supérieurs où ils s'anastomosent les uns avec les autres dans l'épaisseur de l'os pour former des arcades de la convexité desquelles se détaclient un grand nombre de filets dont les uns se distribuent encore à la muqueuse des gencives, dont les autres pénètrent avec les artères et les veines dans les canalicules des racines des dents grosses et petites molaires. En avant ce nerf communique avec le dentaire supérieur et antérieur et fournit quelques filets à la muqueuse du sinus maxillaire et même au tissu osseux.
2" Nerf dentaire supérieur et antérieur. C'est le nerf qui donne la sensibilité aux dents incisives et canines ; il s'isole du nerf sous-orbitaire dans le canal de ce nom, s'engage dans l'épaisseur de la paroi antérieure du sinus maxillaire, logé dans un conduit osseux qui lui est commun avec les vaisseaux du même nom, et après un trajet oblique en bas et en avant, pendant lequel il longe le fond des alvéoles auxquels il donne des filets dentaires, il se termine dans l'épaisseur du tissu osseux au voisinage de l'orifice des fosses nasales: de sa partie postérieure part une brancbe anastomotiquc qui l'unit au nerf dentaire supérieur et postérieur; d'autre part la muqueuse du sinus reçoit aussi plusieurs filets qui en sortent.
5» Nerf dentaire inférieur. On sait que le nerf maxillaire inférieur est un nerf mixte ; qu'il est composé de deux sortes de fibres, les unes provenant du ganglion de Casser et destinées à la sensibilité, les autres faisant suite à la racine non ganglionnaire du trijumeau et conduisant aux muscles masticateurs le principe de leur contraction. Or le nerf dentaire inférieur, quand il se sépare du nerf maxillaire, réunit sous la même enveloppe névrilématique des tubes nerveux des deux ordres; seulement, avant que le nerf pénètre dans le canal dentaire dont est creusée la mâclioire inférieure, les fibres motrices se séparent des autres pour former un petit cordon qui sous le nom de nerf mylo-byoïdien va animer le muscle de ce nom et le ventre antérieur du digastrique. Ce fait, bien connu aujourd'hui par les travaux des anatomistes modernes et surtout de Longet, permet de comprendre ce qu'il pouvait y avoir d'extraordinaire dans l'origine ■apparente du nerf mylo-byoïdien, nerf de mouvement émanant d'un nerf de sentiment, le dentaire inférieur. En réalité, quand ce nerf s'engage dans l'orifice supérieur du canal dentaire, il ne renferme plus que des fibres qui ont traversé le ganglion semi-lunaire, des fibres de sentiment.
Parcourant avec les vaisseaux le conduit dont est creusée la mâchoire inférieure, le nerf dentaire décrit une courbe à concavité supérieure de laquelle se détachent autant de filets qu'il existe de racines aux molaires, et qui vont dans la pulpe dentaire se terminer suivant un mode décrit précédemment à l'article Dents de •ce Dictionnaire.
Arrivé au niveau du trou mentonnier, le nerf émet par cet orifice une grosse branche qui, sous le nom de nerf mentonnier, va donner la sensibilité à la peau •du menton et de la lèvre inférieure ainsi qu'à la muqueuse de son bord libre et de sa face postérieure, les muscles de la même région étant sous la dépendance