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DENTELLIÈRES

mauvaise hygiène prive'e, diminuent les activités fonctionnelles et donnent lieu à une réparation insuffisante de l'or-anisme : de là la tendance aux dégénérescences constitutionnelles.

Pour prévenir les effets fâcheux de l'attitude vicieuse que les ouvrières prennent en travaillant, on a proposé l'emploi d'un support qui maintiendrait leur ouvrage à une hauteur convenable; ce qui les empêcherait de se tenir courbées. Au lieu de poser leur carreau sur les genoux, ce qui, dit Tiiouvenin, force les dentellières à se pencher fortement en avant, il faudrait leur conseiller l'usage d'un pupitre.

« Combien de femmes âgées, ajoute cet auteur, occupées de longues années à la fabrication de la dentelle, éprouvent une grande difticulté à mouvoir leurs jambes, quand après un travail de quatre à cinq heures elles sont obligées de se lever pour prendre leur repas et satisfaire à leurs besoins I Certainement, si dans leur bas âge, quand elles ont commencé à travailler, on leur avait fait contracter l'usage d'un pupitre, le mouvement de leurs jambes serait tout aussi facile chez elles que chez les autres ouvrières, et elles ne seraient pas exposées comme on eu voit beaucoup à Lille à avon- leurs genoux ankylosés dans leur vieillesse; enfin le meilleur conseil qu'on puisse leur donner, c'est de quitter l'habitation des caves et des chambres noires humides ».

Maliierbe (de Nantes) a, dans ces dernières années, proposé à son tour l'emploi d'une pelote hygiénique pour remédier aux inconvénients de la position vicieuse que les ouvrières prennent en cousant. Les jambes croisées de manière à élever le genou droit sur lequel elles fixent l'ouvrage, la partie supérieure du corps fortement penchée en avant pour que l'objet soit à portée des yeux, une semblable position, dit-il, apporte nécessairement une gène considérable à l'accomplissement des fonctions des poumons, du cœur et de l'estomac, surtout quand le travail a lieu immédiament après les repas; chez les femmes enceintes, celte attitude peut produire beaucoup d'accidents et peut-être favoriser les positions vicieuses du produit de la conception. Pour les apprenties qui travaillent dans les ouvroirs, à Tàge où le développement du corps se produit ou s'achève, les prédispositions aux déviations du rachis, à la phthisie, à la chloreanémie, à l'hystérie, sont certainement accrues par cette attitude vicieuse et fatigante.

Voici en quoi consiste le moyen préservatif que propose M. Malherbe : « Au bord d'une table ordinaire, devant chaque ouvrière, se trouve solidement vissée une tige verticale de 40 à 60 centimètres, portant une pelote qu'on peut élever, abaisser à volonté, afin que le travail puisse se faire alternativement dans la position assise ou debout. Dans l'un et l'autre cas, la colonne vertébrale reste dans la rectitude, et le changement fréquent de position prévient à la fois l'excès de fatigue et les attitudes vicieuses ».

M. Gélineau a signalé chez les ouvrières en couture, principalement chez les ouvrièies des campagnes qui travaillent de longues journées entières, l'existence d'une affection, véritable signe professionnel, caractérisée « par la contracture et l'ankylose de la phalangine et de la phalangette du petit doigt et de l'annulaire de la main qui manie l'aiguille ».

Dans le manœuvrement de l'aiguille, dit M. Gélineau, les trois premiers doigts de la main droite sont sans cesse en activité, Vannulaire et le petit doigt sont au contraire condamnés à Vimmohilité la plus absolue. Rephés sur eux-mêmes, leurs extrémités se cachent dans la paume de la main, derrière la saillie que

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fait l'éininence théiiar, sans recouvra' le fil qui s'échappe au dehors entre le médius et l'annulaire. S'il était gardé à l'intérieur de la main, ce fil, frotlant 50 fois par minute contre le rebord cubital, finirait par excorier la peau et y creuser des sillons douloureux.

(( La flexion de ces doigts chez les personnes nerveuses ou chez celles qui sont pressées d'aller très-vite est si forte que les ongles s'impriment dans les chairs, tant est grand instinctivement leur désir de rendre leur main aussi petite et aussi peu gênante que possible pour faciliter leur tâche.

(( Il résilie de celle ilexion forcée des doigts annulaire et médius, conservée pendant de nombreuses heures d'un travail de tout un jour et souvent d'une partie de la nuit, une rétraction progressive des tendons fléchisseurs, un affaiblissement de plus en plus marqué de l'action des extenseurs, qui font que les daigts llécliis ne peuvent plus se déployer sans que le mouvement soit trèsdouloureux; la main gauche intervient alors, et quelquefois le mal est tel qu'il faudrait faire un violent effort pour vaincre la rétraction des tendons dont on sent sous la peau la saillie noueuse et surtout pour détruire l'ankylose qui est survenue.

« Cette ankylose est plus ou moins complète, plus ou moins prompic à s'établir suivant l'âge de la personne, son assiduité à la couture et son tempérament. Elle peut survenir aux deux articulations phalango-métacarpiennes. Elle se rencontre plus fréquemment chez les lymphatiques que chez les gens sanguins et chez les personnes issues de goutteux ou de rhumatisants que chez les gens non arthritiques ».

L'extension forcée de la main maintenue la nuit, aussitôt que se manifeste une roideur articulaire, le massage et le soin de faire jouer les articulations menacées, tels sont les moyens de traitement qu'indique M. Gélineau,

Il est un travail particulier qui expose les dentellières à des accidents d'intoxication saturnine : c'est la confection des volants à fleurs d'application dites de Bruxelles.

Les ouvrières qui sont employées à ce travail s'appellent striqueuses {strikesseJi). Blanchel, puis Thibault, ont attiré, les premiers, l'attention sur l'insalubrité des opérations qui comprennent le blanchiment des fleurs et leur mode d'application.

Pour bien comprendre comment l'absorption plombique peut avoir lieu, il est nécessaire d'entrei- daas les détails de ce travail.

(( Sur un chevalet bombé on étend des couvertures plusieurs fois doublées, puis une toile cirée noire bien étendue ; alors au moyen d'un parchemin piqué qui reproduit le dessin, et du carbonate de plomb pulvérisé que l'on tamise au-dessus, on reporte en blanc sur le fond noir de la toile tous les contours de ce dessin. On prend ensuite les fleurs ou orneipents divers qui doivent figurer dans le volant, et on les frappe entre deux papiers gris dans lesquels du blanc de plomb est pulvérisé; le blanc pénètre dans l'épaisseur des fils et donne aux fleurs une riofidité et un éclat extraordinaires. Une fois blanchies, les Heurs sont légèrement bâties sur la toile cirée à la place que le transport en blanc du dessin leur a assignée, puis on étend sur elles le réseau du volant auquel on les fixe très-solidement par les petits œillets qui leur servent de bordure ».

Les striqueuses ont, pendant ce travail, les mains couvertes de plomb; elles en sont pour ainsi dire imprégnées ; penchées sur leur ouvrage, elles respirent la Diei. ENc. XXYU. 29

poussière toxique el l'absorbent. De là, chez presque toutes, des symptômes plus ou moins prononcés d'intoxication saturnine.

Blanclict attribuait à cette intoxication les troubles de la vue et de l'ouïe qu'il avait eu l'occusion d'observer chez un certain nombre d'ouvrières employées au blanchiment des dentelles.

En Belgique, où cette industrie occupe un grand nombre d'ouvrières, les accidents étaient assez nombreux pour que, vers la fin de l'année 1861, le Gouvernement ait saisi le Conseil supérieur d'hygiène publique de la question de savoir si l'usage de la céruse devait être absolument proscrit du blanchiment des dentelles (Gh. de Freycinct).

De nombreux procédés ont été essayés pour obvier aux inconvénients observés. On a cherché Ti remplacer le carbonate de plomb par le sulfate, lequel, à cause de son insolubilité plus grande, exposerait moins au danger d'intoxication. Mais comme bien d'autres substances que l'on a essayé de substituer à la céruse, le sulfate de plomb a le défaut de jaunir et de ne pas adhérer suffisamment; de plus, il est loin de mettre à l'abri de l'empoisonnement professionnel, ainsi qu'il résulte des recherches de Flandrin (Notes à V Académie des sciences, 1856).

Le moyen de préservation par excellence consisterait à faire exécuter le battage mécanique dans un appareil clos recevant les fleurs à blanchir. Ce moyen a été préconisé et exécuté à Bruxelles dans quelques ateliers. La machine en usage rappelle, dit M. de Freycinct, un orgue de Barbarie. Elle consiste essentiellement en une caisse hermétique dans laquelle se glisse l'espèce de portefeuille garni de feutre blanc qui reçoit les fleurs à blanchir. L'ouvrièie n"a qu'à tourner extérieurement une manivelle; par la rotation d'un rouleau de bois muni de tenons, des lattes pourvues de ressorts d'acier battent et frappent le portefeuille qui contient les fleurs saupoudrées de blanc de céruse. Ce n'est pas cependant une solution complète de la difficulté, puisque l'ouvrière reste exposée au contact du plomb avant et après le battage. Néanmoins il y a là un progrès notable qui doit sans doute se généraliser.

On conseillera en outre l'usage des moyens préservateurs individuels tels que masques, voiles, gants, soins de propreté, et administration d'iodure de potassium à l'intérieur à la dose éliminatrice du poison saturnin. Alexandre Layet.

Bibliographie. — Thoi venin. De V influence que l'industrie exerce sur la santé des populations dans les centres manufacturiers. In Journ. de vicd. dr Bordeaux, avril et mai 1846. — Blaxciiet. Note sur les affections de la vue et de l'ouïe survenues chez les personnes employées au blanchiment des dentelles connues sous le nom d'application de Bruxelles. In Compt. rend, de l'Acad. des se, 4847. — A. Chevallier. Sur l'emploi du carbonate de plomb dans la fabrication des dentelles dites de Bruxelles et sur les inconvénients de ce jirocédé. lu Ann. d'hyg. publ., 1.S47, t. XXXVII, p. I M. — V. Tiiibault. Note sur le développement des affections saturnines chez les dessinateurs en broderie sur étoffes et chez les ouvrières en dentelles. In Ann. d'hyg. publ., I85b, t. YI, p. 55. — De Freycinet. Blanchiment des dentelles à la céruse. In Traité d'assainissement industriel, p. 89, 1870. — A. Layet. Art. Dextellières, Bhopeuses. In Traité d'hygiène des professions et industries, p. 278, 1875. — Malheuee. Pelote hygiénique pour les ateliers de couture. In Rapport sur les travaux du Conseil d'hygiène de la Loire-Inférieure. Nantes, 1877 à 1878. — Géhxeau. De Vankylose digitale des tailleurs el des couturières. In Journ. d'hygiène, n° iQ, 6 juin 1878. A. L.

DËIMTIERS. Voy. Dektaire (Prothèse).

nsKTiFRlCES (de dens, dent, el fricare, frotter). Il a été dit quelques mots des cosmétiques de la bouche au mot Gosmétiqles, et leur valeur est

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appréciée dans l'article consacré à l'hygiène dentaire {voy. Dentaire [Hygiène]). D'après l'étyraologie, le nom de dentifrice ne convient rigoureusement qu'aux substances employées pour frictionner les dents ; mais, d'une part, certaines préparations auxquelles ce nom est consacré sont destinées à agir tout à la fois sur les dents et sur les gencives, quelquefois même sur ces dernières seulement; d'autre part, nombre de cosmétiques des dents sont dirigés, principalement ou exclusivement, contre l'odontalgie, et sont appelés pour cela odontalgiques ; de ceux-là il est question aux cliapitres concernant, à l'article Deat, les diverses maladies dentaires auxquelles ils sont applicables. Il ne reste à donner ici que quelques notions générales et quelques formules.

Les dentifrices sont ou solides, ou liquide^, ou mous.

Les premiers sont pulvérulents et destinés surtout au nettoyage des dents. Les poudres doivent être porphyrisées afin de ne pas rayer et user l'émail. Les unes sont inertes, comme le charbon, le corail, la pierre ponce; d'autres plus ou moins alcalines, comme le carbonate de magnésie, le carbonate de chaux, le phosphate de chaux, l'os de seiche; d'autres plus ou moins acides, comme la crème de tartre; d'autres toniques, artringentes, hémostatiques, résolutives, comme la quinine, le ratanhia, le sang-dragon, le bol d'arménie, la laque, etc. ; d'autres désinfectantes, comme l'acide jihéiiique. On comprend dès lors que le choix des dentifrices ne soit pas indifférent {l'oy. Bouche et DENTAinE [Hygiène]).

Les cosmétiques liquides de la bouche qui agissent non-seulement comme dentifrices quand on les applique avec la brosse, mais aussi à la manière de collutoires, se composent d'alcoolats et d'essences aromatiques de menthe, de girolle, de cannelle, de pyrèthre, d'ambre, auxquelles on mêle, quand on veut les rendre odontalgiques, de l'éther, du chloroforme, du laudanum ou mieux de la teinture d'opium. Ils tiennent quelquefois en dissolution des substances minérales, telles que le chlorate de potasse, l'acétate de plomb, le sulfate de zinc. On les emploie soit mêlés à de l'eau, soit en friclions douces sur les gencives, soit versés purs sur un peu de coton qu'on introduit dans le creux de la dent malade.

Beaucoup de comestiques de la bouche, solides ou liquides, sont colorés par la cochenille.

Les cosmétiques mous sont : ou des opiats, dont le miel est presque toujours l'excipient, ou des savons qui sont nécessairement alcalins.

Nous ne parlons pas ici des préparations qui ont pour but de combattre des affections toutes spéciales des gencives ou des dents, comme la gingivite mercurielle ou l'érosion de l'émail par les vapeurs d'acide chlorhydrique chez les ouvriers employés à la fabrication de la soude artificielle.

Voici les formules des cosmétiques les plus usités :

PODDRE DEMIFRICE ABSORBANTE (cODEx).

?-' Carbonate de chaux iOO grammes.

Hydrocarbonale de magnésie 100 —

Poudre de quinquina gris 100

Huile essentielle de menthe poivrée 1 —

POUDRE DENTIFRICE ABSORBAKTE ET TOXIQUE (cODEX).

2C Charbon de bois léger 200 grammes.

Poudre de quinquina gris 100 —

Huile essentielle de menthe poivrée 1 —

rOUDKE DENTIFRICE ACIDE.

Il Ta)c (le Venise 120 giDniraes.

I lème do lartre 50 —

Essence de menilie -3 gouttes.

(.'.aniiin 0,5 —

POUDRE DENTIFRICE ACIDE (cODEx).

?i: Bilarlralc de potasse pulvérisé 200 grammes.

Sucre de lait pulvérisé 200 —

Laque carminée 20 —

Huile essentielle de menllic poivrée 1 —

POUDRE DENTIFRICE ALCALLNE.

■2f, Carbonate de chaux 20 grammes.

Jlaguésie -40 —

Sucre 20 —

AUTRE POUDRE DENTIFRICE ALCALINE (dESCUAMPs),

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