SUBSTANCE A 16° CENT
SCBSTAXCE PIFFUSE.
ol ,56
Comme on le voit, le sel marin, par exemple, se diffuse rapidement, tandis que l'albumine se diffuse avec une extrême lenteur, en raison sans doute du rôle important qu'elle joue dans les humeurs de l'organisme. Le sel marin et l'albumine sont les types de deux groupes de corps; l'un, renfermant les sels minéraux, les acides, le sucre, divers liquides organiques tels que l'alcool, l'acide acétique, etc., caractérisés par leur diffusibilité rapide et appelés cmfa/loides, parce que la plupart d'entre eux cristallisent aisément; l'autre, renfermant les gommes, la gélatine, les hydrates de silice, d'alumine, le tannin, etc., peu dilfusibles, et présentant tous, sauf le tannin, la propriété de gonller dans l'eau et de se transformer en gelée; c'est pour ce motif qu'on leur a donné le nom de colloides. Mais cette distinction, commode pour exposer les faits relatifs à la dialyse {voy. ce mot), est plus ou moins arbitraire et ne mérite pas d'être conservée ;
2<» Graham a recherclié en outre quels sont les temps nécessaires pour que des substances différentes se diffusent en quantités égales. Voici un tableau établi par ce savant relativement à la durée de la diffusion :
Acide chlorhydrique". 1
Clilorure de sodium 2,53
Sucre 7
Sulfalede magnésie 7
Albumine 40
Caramel 98
D'après ces chiffres, on a essayé de déterminer les vitesses relatives ou coefficients de diffusibilité des diverses substances. Or il ressort des travaux de Graham et de Fick que la diffusion d'un sel se fait toujours de la même façon et avec une égale vitesse, quand les conditions de température, de poids spécifique et de durée sont les mêmes. 11 existe donc pour chaque substance un coefficient absolu de diffusibilité qu'on peut définir Vespace qu'une molécule du corps parcourt dans l'unité de temps. Mais en présence de la complexité du phénomène de la diffusion, on a du renoncer à déterminer le coefficient absolu et se contenter du coefficient relatif, qu'on peut définir par la durée de la diffusion d'un même poids de matière. Les nombres du tableau précédent représentent dès lors l'inverse du coefficient de diffusibilité, et pour les corps qui y sont inscrits on obtiendrait pour les coefficients :
Acide ehlorhydrlque 1
Chlorure de sodium ^"35
Sucre ^
Sulfate de magnésie -
Albumine j^
Caramel ôô
On ne connaît encore ces nombres que pour peu de substances. On sait cependant que dans un grand nombre de cas les substance?' analogues au point de vue chimique se ressemblent au point de vue de la dif fusibilité. Ainsi on a constaté que les substances salines peuvent se classer en groupes d'tîgale diffusibilité et que les rapports des diffusibilités de ces groupes s'expriment par des nombres simples. Nous donnerons les groupes principaux, d'après Allen-Miller :
Le premier groupe comprend les acides chlorhydrique, iodhydrique, brombydrique, peut-être l'acide nitrique. Ces acides sont les substances les plus dilfusibles que l'on connaisse. Le second se compose de l'bydrale de potasse et probablement de l'ammoniaque. Le troisième contient les nitrates de potasse et d'ammoniaque, le cblorure, le bromure et l'iodure de potassium, le chlorure d'ammonium et le chlorate de potasse. Le quatrième, le nitrate de soude, le chlorure, le bromure et l'iodure de sodium. Le cinquième, le sulfate, le carbonate de potasse, le cyanoferrure de potassium, ainsi que le sulfate d'ammoniaque, probablement aussi les chromâtes neutre et acide, l'acétate de potasse et le cyaniferrure de potassium. Le sixième, le sulfate et le carbonate de soude. Le septième, les sulfates de zinc et de magnésie. Enfin, les nitrates de baryte, de strontiane et de chaux qui forment aussi un gioupe d'égale diffusibilité.
5" Graham a eu l'idée de comparer les carrés des temps exigés par des quantités égales de différents sels pour se diffuser également. Dans le tableau suivant que nous empruntons à Allen-Miller, la première colonne donne la diffusibilité relative de chaque groupe, en prenant pour unité celle du groupe de l'acide chlorhydrique; la seconde colonne indique les temps exigés pour la diffusion de poids égaux des individus de ce groupe, et la troisième, les rapports des carrés de ces temps d'égale diffusion.