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Poudre d'ipéca

Extrait d'opium O.OOo

Calomel 0,005

F. s. a. pilules n° 1.

Le malade doit prendre de une à trois de ces pilules dans le courant des vingt-quatre heures et dans l'intervalle de ses repas et continuer ainsi pendant huit ou dix jours. On ne doit pas continuer au delà sous peine de voir apparaître la salivation buccale et intestinale dont nous avons parlé.

Enfin, au début de cette diarrhée catarrhale, surtout de celle qui est due au refroidissement, c'est l'opium que Trousseau recommande principalement dans la diarrhée nerveuse où, en effet, suivant l'expression de l'illustre clinicien, l'opium fait merveille. Aussi est ce à propos du traitement de cette diarrhe'e nerveuse qu'il convient de l'étudier. Celle-ci, d'après Roche, cède assez facilement à un régime composé de bouillon gras froid, d'œufs frais, de viandes rôties, de vin de Bordeaux étendu d'eau, secondé par l'emploi des bains tièdes et l'usage de quelques tasses, prises chaque jour, d'une infusion tiède faite avec une plante aromatique quelconque. « Je l'ai vue, dit cet auteur, céder après plusieurs mois de durée dès les premiers jours d'un voyage dans lequel on n'observait plus aucun régime. Je l'ai vue guérir immédiatement, après un dîner copieux et largement arrosé de vin de Champagne, que j'avais conseille' dans ce but en en désespoir de cause. » Mais ce sont là des faits exceptionnels, et l'opium est ici le moyen souverain. 11 peut être donné sous toutes ses formes et par toutes les méthodes. On a donné l'extrait gommeux d'opium, les vins d'opium, la teinture, le diascordium, la poudre de Dower, les sels de morphine, de codéine, de diacode, etc. On l'a donné par la bouche, en potions, par le rectum en lavements, par la peau en injections hypodermiques (Béhier). On l'a donné seul ou associé à d'autres médicaments, et de toutes façons il a réussi. Mais il faut cependant bien le reconnaître, l'opium, en raison de la facilité de son administration et de ses succès habituels, est un médicament employé d'une façon beaucoup trop banale et trop peu raisonnée. Sans doute, dans tous les cas, l'opium, en agissant sur le système nerveux, qui joue dans toutes les diarrhées un rôle dont l'importance seule varie, en paralysant les fibres musculaires de l'intestin, en diminuant la fréquence des mouvements péristaltiques, pourra rendre le (lux diarrhéique moins abondant ; mais de là à une guérison définitive, il y a souvent très-loin.

II est donc nécessaire de bien saisir les indications de l'administration de l'opium. Il faudra aussi, surtout lorsqu'on donnera ce médicament pour la première fois à un sujet, adulte ou enfant, et nous y reviendrons pour l'enfant, le donner avec une extrême prudence, tâter pour ainsi dire la susceptibilité du malade, susceptibilité qui peut varier beaucoup d'un individu à un autre. Nous avons entendu raconter à M. Millard, qu'étant interne, il avait été trèsgravement malade pendant plus de vingt-quatre heures à la suite de l'ingestion de deux centigrammes et demi d'extrait gommeux d'opium. Trousseau, dans

ses leçons cliniques, cite le fait de deux femmes de son service, qu'une seule goutte de laudanum jetait dans le narcotisme. Nous avons eu une malade qui, à la suite de l'injection d'un centigramme de chlorhydrate de morphine donnée pour une névralgie, a présenté des vomissements incessants pendant près de douze heures. ^ .

La méthode qui nous paraît préférable est celle qui consiste à donner l'opium en lavements. Le laudanum de Sydenham et la teinture d'opium, qui n'en diffère que par l'absence du safran, sont les préparations les plus commodes à employer. Après l'opium et « presqu'à côté de lui », dit Trousseau, ce qui nous paraît un peu exagéré, vient se ranger la belladone. Nous avons vu qu'une irritation portant sur un point plus ou moins limité de l'intestin pouvait devenir la cause de la diarrhée; c'est dans ces cas surtout, et presque exclusivement dans ces cas, que la belladone pourra faire cesser la diarihée en faisant cesser l'irritabilité, en calmant la sensibilité de l'intestin. Lorsque la diarrhée a son point de départ dans une irritation localisée à la partie inférieure du gros intestin, comme cela arrive à la suite de la dysenterie par exemple, la médication devra être essentiellement topique : les quarts de lavement au nitrate d'argent, les lavements au sulfate de cuivre ou encore les lavements au sous-nitrate de bismuth, suivant la formule de Lassègue, seront, dans ces cas, d'une merveilleuse utilité. Mais nous empiétons déjà un peu ici sur le domaine de la diarrhée chronique. La belladone est indiquée encore quand la diarrhée s'accompagne de douleurs gastralgiqiies et entéralgiques. C'est dans ces cas aussi qu'on peut employer avec avantage les antispasmodiques : l'éther et l'huile de térébenthine. Ces deux médicaments seront administrés sous forme de capsules gélatineuses qui en rendent aujourd hui l'emploi des plus faciles. Chaque perle de Clertan contient cinq gouttes d'éther; on en donne cinq à six par jour. Les capsules d'huile essentielle de térébenthine en contiennent jusqu'à quinze et vingt gouttes. On en donne également de cinq à dix par jour, c'est-à-dire cent à cent cinquante gouttes en conseillant aux malades, pour éviter les renvois, de les prendre autant que possible immédiatement avant de manger.

Un grand nombre d'autres médicaments ont encore été préconisés contre la diarrhée; nous n'avons parlé que des plus employés, de ceux dont les succès répétés ont consacré l'efficacité.

Dicirrhée chronique. Si la diarrhée aiguë cède le plus souvent avec assez de facilité devant des mesures hygiéniques bien entendues, associées ou non, suivant les besoins, aux moyens thérapeutiques que nous venons de passer en revue, il n'en est plus de même lorsque nous avons affaire à la diarrhée passée à l'état chronique ou chronique d'emblée. Ici le médecin devra souvent faire appel à toute sa science, à toute sa sagacité et aussi à toute sa patience pour vaincre un mal qui renaît au moindre prétexte. Il devra se rappeler ces paroles inspirées à Jules Simon par les observations de diarrhée spécifique dont j'ai parlé plus haut : « Lorsque le médecin aura échoué avec les moyens ordinaires, il ne devra pas désespérer. Chaque fois qu'un malade est atteint d'une affection quelconque, surtout d'une affection à marche inégale, irrégulière, chronique, qui semble déjouer tous les moyens employés à la combattre, le médecin, redoublant de courage, doit, par de nouvelles et minutieuses investigations, fouiller, scruter les moindres recoins du problème qui est soumis à sa sagacité. Le plus mince détail, insignifiant de prime abord, groupé à d'autres phénomènes, prend plus tard les proportions d'un indice révélateur. » Et plus loin : « Dans les cas les

plus graves, le médecin doit continuer la lutte comme dans ceux d'une gucrison certaine. Il ne doit jamais abandonner le terrain. C'est alors, au contraire, qu'il ne saurait s'élever trop haut et chercher à embrasser les symptômes d'un coup (l'œil d'ensemble. Qu'il soupçonne, qu'il distingue par un heuieux hasard une de ces grandes causes qui dominent la pathogénie, dès lors son siège est fait et sa thérapeutique s'ouvre des horizons nouveaux. » Ces réflexions élevées sont vraies toujours, mais elles le sont surtout quand il s'agit de diarrhée chronique.

Tout d'abord le régime devra faire l'objet de la plus grande surveillance de la part du médecin, car il suffira quelquefois seul à amener la guérison d'une affection jusque-là rebelle aux moyens thérapeutiques employés seuls. Aucun détail dans cet ordre d'idées ne doit être négligé par le médecin : nombre, heures, composition des repas, tout doit être réglé par lui.

Mais dans bien des cas aussi le régime seul ne sufiira pas; bien souvent alors l'opium et le sous-nitrate de bismuth trouveront envore leur emploi; on aura recours en particulier aux lavements composés de mucilage gommeux, de sousnitrate de bismuth et de laudanum à doses variables, suivant les indications.

Nous avons vu qu'en certains cas de diarrhée catarrhale aiguë la poudre d'ipéca, à dose vomitive, avait son indication formelle. On emploie encore ce médicament lorsque la diarrhée est passée à l'état chronique. On peut le donner par la méthode brésilienne, usitée surtout cependant dans le traitement de la dysenterie.

Bourdon préfère l'administrer en lavement et il a ainsi obtenu des succès même dans la dian-hée des phlhisiques. Il emploie la formule suivante: faites infuser 10 grammes d'ipéca dans 120 grammes d'eau; décantez; versez de nouveau 120 grammes d'eau sur la même poudre; faites bouillir; décantez, répétez enfin une troisième fois l'opération et mélangez les liquides obtenus après filtration ; vous aurez environ 200 à 250 grammes d'infusion à prendre en lavemeut en une seule fois. On peut également le donner par la bouche, à la dose de 5 grammes chez les enfants, matin et soir, et de 10 grammes chez l'adulte.

Delioux qui s'est occupé surtout du traitement de la dysenterie, prélère dans l'emploi de l'ipéca la décoction à l'infusion. D'après lui cette dernière n'enlève pas à l'ipéca tous ses principes actifs. La décoction enlève en deux ou trois minutes tous les principes actifs de la racine. Féréol a donné aussi l'ipéca dans la diarrhée chronique et s'en est bien trouvé.

Bretonneau qui, un des premiers, avait reconnu les bons effets de ce médicament, pensait que l'ipéca agissait et guérissait les diarrhées chroniques en provoquant une inflammation substitutive. Delioux ne partage pas cette opinion et, pour lui, l'ipéca agit en veitu d'une action siccative.

Mais un médicament qui trouvera dans ces cas une de ses meilleures indications, c'est le nitrate d'argent. Il peut être donné par la bouche sous forme de pilules ou par le rectum sous forme de lavements. On fait faire des pilules contenant chacune 1 centigramme de nitrate d'argent et on en donne trois ou quatre par jour. Guéneau de Mussy donne la préférence aux lavements. Voici les règles qu'il pose pour l'emploi de ce médicament qui, comme toutes les substances actives, demande à n'être manié qu'avec une certaine prudence: «Je commence ordinairement, dit-il, chez l'adulte par 10 ou 20 centigrammes d'azotate d'argent cristallisé, dissous dans 125 grammes d'eau distillée; on verse cette solution dans une seringue de verre et on l'injecte rapidement ; puis à la seringue de verre on substitue la canule d'un irrigateur rempli

au tiers d'eau distillée pour pousser et étendre l'action du topique sur une plus grande partie de l'intestin. Ces lavements sont répétés à des intervalles plus ou moins rapprocliés suivant l'effet produit: s'ils causent d'emblée une vive douleur, si la sensibilité de l'organe malade est très-développée, on met un jour d'intervalle entre chaque lavement; le soir on pourra administrer un demi-lavement avec de la décoction de pavot ef de l'amidon. S'ils sont bien supportés on les répète plusieurs jours de suite. Puis après avoir obtenu la modification thérapeutique qu'on espérait, après avoir arrêté ou du moins considérablement diminué la diarrhée, on reviendra encore aux lavements de nitrate d'argent à des intervalles de plus en plus éloignés, et on y reviendra d'autant plus longtemps que l'affection diarrhéique aura été plus ancienne et plus rebelle. C'est une loi trèsgénérale en thérapeutique, applicable à presque toutes les affections qui ont duré pendant longtemps, ou à celles qui, sans être anciennes, ont profondément impressionné l'organisme; il ne faut pas cesser brusquement l'emploi des modihcaleuis qui les ont fait disparaître; il faut en prolonger l'usage au delà du moment où les fonctions sont redevenues normales. »

Les astringents sont également à recommander en pareil cas et leur emploi, moins douloureux que celui du nitrate d'argent en lavement, sera en général mieux supporté pir les malades. Ici nous trouvons le quinquina, la ratanhia, le Colombo, la monésia, la gomme kino, le guarana, l'inga qui ont des propriétés à peu près analogues et ne diffèrent entre eux que par la quantité de tannin qu'ils renferment.

Il est bien évident aussi qu'avaat de traiter une diarrhée chronique le médecin devra chercher si, dans les habitudes du malade, il n'y a pas quelque influence qui pourrait en être la cause et qu'il suffira de supprimer pour faire cesser l'affection en vertu de l'adage: suhlata causa tollitur effectus. Nous avons déjà rapporté l'histoire de ce malade de Trousseau qui vit disparaître une diarrhée chronique lorsqu'il cessa de prendre une tasse de thé à son premier déjeuner. Guéneau de Mussy cite le cas d'un autre malade dont la diarrhée guérit lorsqu'il cessa de prendre de la bière à ses repas. Quand la diarrhée chronique est symptomatique d'une dyspepsie, c'est celle-ci encore qu'il s'agit de combattre et de faire disparaître ; dans ces cas, lorsque le malade est un fumeur il sera bon de lin faire perdre l'habitude du tabac. Assez souvent on observe des diarrhées qui s'accompagnent de dyspepsie bien caractérisée et de légère congestion du foie : l'eau de Vichy pourra rendre alors de très-grands services.

Les indications du lait dans la diarrhée chronique seront longuement discutées à propos de la diarrhée des pays chauds et en particulier de la diarrhée de Cochinchine, mais nous devrions néanmoins en dire ici quelques mots, cet aliment ayant été employé aussi avec succès dans la diarrhée chronique de nos pays. D'après Debove, tous les auteurs qui l'ont employé ont vanté ses excellents effets et dit qu'ils en avaient obtenu de véritables résurrections. Karrel rapporte l'histoire d'unejeune dame cachectique par le fiiit d'une diarrhée invétérée, datant de son enfance, qui fut guérie par le régime lacté ; mais les accidents revenaient dès qu'elle suspendait le traitement; elle prit alors le parti de ne plus le discontinuer, ce qui lui assura une excellente santé. « Nous avons vu pour notre part, dit Gombault dans son article du Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques, ({wéqnes observations deguérison de diarrhées rebelles datant de plusieurs années, ayant résisté à tous les traitements et ayant cédé à l'emploi de la diète lactée. » D'après Debove le lait est surtout indiqué ici par sa facile digestibilité.

Il est un autre moyen dont l'indication se rapproche beaucoup de la précédente et qui donne aussi d'excellents résultats dans des cas de diarrhées qui paraissent désespérés, c'est l'usage de la viande crue. Ce moyen, préconisé tout d'abord comme nous le verrons dans le traitement de la diarrhée des enfants, est aussi très-avantageusement employé chez l'adulte. Seulement chez celui-ci le dégoût éprouvé pour un aliment aussi nouveau nous forcera souvent à dissimuler la médication. On lui servira par exemple de la viande à peine cuite et dont le centre saignant sera seul absorbé par lui ; on peut la haclier et la faire manoer dans du tapioca au gras léger, en boulettes roulées dans du sucre, entre deux tartines de pain beurré, comme des sandwichs. Trousseau faisait mélanger la viande crue avec de la gelée de groseilles ou de la conserve de roses et faisait prendre ce mélange à ses malades sous le nom de conserve de Damas. Je dirai un peu plus loin comment doit être préparée la viande crue pour être administrée aux enfants chez qui on ne retrouve pas pour ce mets la répugnance des grandes personnes.

La diarrhée syphilitique n'étant qu'une manifestation de l'intoxication syphilitique est également passible du traitement mercuriel qui s'adresse à la diathèse et non à telle ou telle de ces manilestations.

Nous avons vu le succès obtenu par Jules Simon d'abord, par Lassègue et Ferrand ensuite, avec le sulfate de quinine dans des cas de diarrhées absolument rebelles à tous les autres moyens thérapeutiques et qui étaient dues très-vraisemblablement à l'intoxication par la malaria dont elles avaient été la seule et unique manifestation. Dans les mêmes conditions et lorsque le médecin aura quelque raison de soupçonner une origine paludéenne, il devra suivre la même conduite et employer le sulfate de quinine.

Mais depuis la publication du travail de Jules Simon on a reconnu que le sulfate de quinine était susceptible d'amener la guérison de diarihées chroniques qui n'avaient certainement rien à faire avec la malaria. Potain, dans ses leçons cliniques, et G. de Mussy ont tout particulièrement appelé l'attention des cliniciens sur ces faits et, pour expliquer cet effet curatif, ils font appel à l'action du sulfate de quinine sur le système cérébro-spinal et sur le rôle qui, comme nous l'avons dit, est toujours si considérable, du système nerveux dans la pathogénie des diarrhées.

Lorsque la diarrhée est symptomatique d'une diathèse herpétique (?), arthritique ou goutteuse, c'est à celle-ci que nous devons nous adresser pour amener la guérison de la manifestation diarrhéique. C'est dans ces cas que les eaux sulfureuses, associées ou alternant avec l'administration de l'arsenic, donneront d'excellents résultats. Ces moyens devront être aidés d'une hygiène sévère dans laquelle on n'oubliera pas de faire entrer les frictions sèches avec un pagne de laine ou des gants de crin et, pour les femmes nerveuses et les enfants, avec un grand sac de flanelle imprégné de vapeurs balsamiques selon l'excellent conseil de Queneau de Mussy. Dans les mêmes cas cet excellent clinicien recommande aussi de recourir aux révulsifs sous forme de vésicatoires appliqués soit sur le ventre, comme nous les verrons conseillés dans le traitement de la diarrhée des phthisiques, soit sur le bras.

L'hydrothérapie méthodiquement employée est encore un très-bon moyen nonseukment de guérir un certain nombre de diarrhées chroniques, particulièrement celles qui appartiennent aux dernières espèces que nous venons d'énumérer, mais c'est aussi et surtout un excellent moyen d'éviter les récidives. Nous en

dirons autant des bains de mer en rappelant que ceux-ci, pour être efficaces et agir véritablement dans un but thérapeutique, doivent toujours être très-courts et dépasser rarement cinq à dix minutes.

La diarrhée, avons-nous dit, est un des accidents les plus fréquents et une des complications les plus graves de la tuberculose.

On peut observer chez les tuberculeux la diarrhée catarrhale simple ; elle sera traitée comme nous l'avons dit plus haut. Lorsqu'il y a gastrite ou gastroentérite, le régime devra avant tout être très-surveillé : petites quantités de lait, dit Peter, un œuf à la coque sans pain ou poché dans du bouillon, viande crue râpée par 20 grammes à la fois. A ces soins hygiéniques on joindra l'emploi du sous-nitrate de bismuth associé à l'opium et des astringents qu'où administrera en lavements. Peter recommande en môme temps, et je me suis pour ma part assuré bien souvent de l'efficacité du moyen, de faire de la révulsion sur la peau de l'abdomen, soit en l'excitant matin et soir simplement par des frictions sèches à la flanelle ou stimulantes à l'aide de baume de Fioraventi, d'alcoolat de mélisse ou d'eau de Cologne, suivies d'un léger massage de la région.

Que l'entérite soit simplement catarrhale ou au contraire que la diarrhée soit symptomatique d'une entérite ulcéreuse, il y a un moyen révulsif dont Graves, Lebert, Peter, Jaccoud sont d'accord pour vanter les excellents effets, c'est celui qui consiste dans l'application sur l'abdomen de vésicatoires volants de 6 centimètres sur 5, le long du trajet des colons et à l'entour de l'ombilic, au nombre successif de trois, quatre ou cinq, apjiliqués chacun à quatre ou cinq jours d'intervalle et pendant une dizaine d'heures.

Enfin dans la diarrhée symptomatique d'entérite ulcéreuse une médication absolument rationnelle est celle qui consiste à porter un modificateur sur les ulcérations elles-mêmes et le nitrate d'argent, donné en pilules par la méthode que nous avons indiquée plus haut, est le topi(|ue indiqué ici par-dessus tout. Recommandé d'abord par Graves, il l'a été ensuite par Trousseau, par Peter etc.

Nous terminerons ce que nous avons à dire sur le traitement de la diarrhée chronique en disant quelques mots d'un moyen qui a été préconisé par Trousseau et qui consiste dans l'administration répétée de petites doses de sel de Glauber. Comme Trousseau attache une grande importance à la méthode, nous allons rapporter ici ce qu'il en dit lui-même: « Je commence par 10 grammes seulement de sel dissous dans une très-petite quantité d'eau et je recommande de ne pas donner ensuite à boire aux malades. Le lendemain je n'en donne plus que 5 grammes et chaque jour pendant une, deux semaines je reviens à cette dose. Si, comme il arrive le plus souvent, la diirrhée cesse, je n'administre plus le remède que de deux jours l'un, toujours le matin à jeun. Si les malades éprouvent une répugnance trop grande à prendre le sel dissous d,ms de l'eau, on l'enferme dans une feuille de pain à cacheter. »

DiiRRHÉE INFANTILE. La première condition du traitement de la diarrhée des enfants consiste à leur appliquer aussi sévèrement que possible les règles d'une hygiène convenable et de surveiller en particulier leur régime alimentaire. On devra, bien entendu, commencer par faire dispiraître les causes auxquelles on croira pouvoir attribuer la maladie. Si l'on suppose que les qualités du l.iit de la nourrice soient la cause de la diarrhée, il faut se hcàter de chan2:er la nourrice quelquefois même plusieurs fois. Si l'enfant a quitté le sein depuis peu de temps il faut le lui rendre ; on en verra même, et Trousseau en cite des exemples, qui reprendront le sein plusieurs semaines après avoir été sevrés. Lorsqu'un enfant

est pris de diarrliée peu intense comme celle qui accompagne presque toujours le travail de dentition, il suffira de lui donner exclusivement le sein pour améliorer la diarrhée ; on pourra ajouter l'usage des boissons gnmmeuses et de petits lavements émollients; on emploiera encore avec avantage l'eau de chaux, surtout quand les selles sont acides ; on la donne à raison de '20 gouttes dans un peu de lait, répétées deux ou trois fois par jour.

Bouchut recommande de placer le petit malade au milieu d'une température fort douce, de l'abriter contre le froid et l'immidité et de le tenir avec une excessive propreté. A chaque évacuation on le lavera, dans le but d'empêcher l'apparition de l'érythème fessier, avec une éponge imbibée d'eau tiède et on le changera de linge ; puis on saupoudrera les cuisses et les fesses avec de la poudre à la maréchale ou de la poudre de lycopode. Celle-ci est du reste bien préférable parce que l'eau glisse sur la peau qui en est recouverte comme sur de la toile gommée ; on peut du reste la parfumer pour en rendre l'usage plus agréable.

On maintiendra sur le ventre des cataplasmes simples ou arrosés de 4 à 5 gouttes de laudanum. Si ces moyens ne suffisent pas on peut employer de petits lavements faits avec de la décoction de graine de lin, de son, de guimauve, de semences de coings ou d'amidon et on peut, d'après Bouchut, y ajouter une ou deux gouttes de laudanum.

On doit apporter dans l'usage de l'opium chez les enfants la plus grande prudence. « Je ne connais pas, dit Trousseau, de remède plus désastreux; je n'en connais pas non plus qui soit plus fréquemment et plus imprudemment employé. Je le vois prescrire souvent à de telles doses que, si le malade n'en rejetait pas la plus grande partie, il serait infailliblement empoisonné. Une seule goutte de laudanum, c'est-à-dire un trente-deuxième de grain d'opium, suffit à jeter un enfant d'un an dans une stupeur qui dure quelquefois quarantehuit heures ; et cependant on ne craint pas d'en prescrire 5, 6, 7, 8 gouttes, soit en potion, soit en lavement. On donne l'opium sous forme de sirop, on en donne une demi-once, c'est-à-dire un demi-grain d'extrait gommeux; ou bien si l'on n'ose pas donner le sirop d'opium on ne craint pas de donner le sirop de pavot blanc, qui, pour 50 grammes, renferme 50 centigrammes d'extrait de pavot indigène, et ces 50 centigrammes d'extrait de pavot, que l'on est porté à considérer comme très-inoffensifs ont, dans beaucoup de circonstances, une action plus énergique que 5 centigrammes d'extrait d'opium de Smyrne ou de Constantinople ; on donne encore le sirop de lactucarium qui n'agit que par l'opium qu'il contient en quantités assez notables.

« Ce qui est peut-être encore plus dangereux ce sont les lavements avec la décoction de tête de pavot. Cette préparation que beaucoup croient fort innocente, et que chaque jour, dans le monde, on emploie chez les enfants même très-jeunes, sans demander d'avis aux médecins, cette préparation est des plus infidèles, les quantités et principes actifs, narcotiques contenus dans une tête de pavot étant des plus variables.

a La meilleure méthode, la seule à mon a\is, d'administrer l'opium alors surtout qu'il s'agit d'un enfant, est de le donner sous forme de laudanum de Sydenhara. On commence par un quart de goutte, par une demi-goutte, en augmentant progressivement suivant qu'on a tâté la susceptibilité du malade. C'est là une règle absolue dont on ne doit pas se départir. »

Pour avoir une demi-goutte, ou un quart de goutte de laudanum, le procédé à suivre est des plus simples ; il suffit d'en mettre une goutte dans une certaine

quantité d'eau et, après agitation, de prendre le quart ou la moitié de celte eau.

Les lavements doivent être composés de 40 à iOO grammes de véhicule, suivant l'âge des petits malades. Parrot proscrit absolument l'opium du traitement de la diarrhée infantile. Il recommande également de ne pas trop compter sur les lavements qui sont d'une inefficacité complète, la diarrhée des enfants dépendant pres({ue toujours de troubles portant sur l'intestin grêle et non sur le gros intestin. Diijardin Beaumetz est aussi de cet avis.

Bouchut au contraire dit s'être très-bien trouvé de l'emploi de lavements faits avec 100 grammes de mucilage de gomme adragante et 5 à 10 grammes de borax. En vingt-quatre heures cet auteur dit avoir vu disparaître par ce moyen des diarrhées datant de plusieurs semaines et qui avaient résisté à beaucoup d'autres médicaments. Ce même médecin conseille la potion antispasmodique suivante dont l'effet, dit-il. est très-avantageux.

grammes.

2i Eau de laitue ^ 40

Sirop diacode 10

Teinture de musc 24 goulles.

Par cuillerée à café toutes les trois heures.

On peut employer dans le même but la poudre d'ilufeland :

2i Jfognésie décarbonatée

Yeux d'écrevisses

Corne de cerf râpée ). Parties é^iales.

Gui

Racine de Talériane

^ On donne de celte poudre une ou deux fois par jour à prendre sur la pointe d'un couteau.

Enfin Bouchut a souvent recours à la formule suivante :

grammes.

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