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C.HUzO'z = A \ ii

Avec l'acide chlorhydrique, l'acide diglycolamidique forme une combinaison en lames quadrangulaires, minces, crislallisables dans l'alcool, insolubles dans l'éther. Avec l'acide azotique, il donne une masse incolore, cristallisée, transparente, déliquescente. Avec l'acide sulfurique, il produit des cristaux que l'eau décompose.

Les diglvcolamidates crislallisables actuellement connus sont : ceux à base d'ammoniaque et à base de zinc. Les sels amorphes sont ceux à base de baryte, de chaux, de cuivre et d'argent. M.

D1CilY€OI.^:tiiylÉ\IQI]E (Acide). C'^H'^'O'-. Cet acide, découvert par Wûrtz [Ann. de chim., 1865), est un produit de l'action oxydante de l'acide azotique sur Valcool triéthijlénique (G^^IP'O^^). M.

DiGLf COLIQUE (Acide). C''H*0i*'-f-2aq. Composé obtenu pour la première fois par Heinlz qui l'appela acide paramalique et étudié par Wiirtz. Cet acide est en gros cristaux orthorhombiques, solubles dans les deux tiers de leur poids d'eau à 15 degrés; ils sont aussi très-solubles dans l'alcool. Leur saveur est franchement acide. Ils sont efllorescents, perdent une partie de leur eau à 100 degrés ou dans le vide, et le reste vers 148 degrés ; ils se décomposent entre 250 à 270 degrés, en dégageant de l'oxyde de carbone, de l'acide carbonique et un liquide épais qui distille et cristallise. C'est un mélange d'acides glycolique et diglycotique.

Pour obtenir l'acide diglycolique, Wûrtz mélange l'alcool diéthyléniqne (G^H'^O®) avec un grand excès d'acide azotique à 1,42 de densité, et chauffe doucement le mélange. Il se manifeste un dégagement considérable de vapeurs nitreuses et, dès que celles-ci ont disparu, le liquide esl évaporé aubain-marie; le résidu cristallisé est un mélange d'acides oxalique, glycolique et diglycolique. Ce mélange est dissous dans l'eau bouillante et neutralisé avec de l'eau de chaux. On le filtre encore bouillant : l'oxalate de chaux reste sur le filtre, le glycolate reste en dissolution, et le diglycolate cristallise par le refroidissement de la masse liquide. Le diglycolate de chaux, dissous de nouveau dans l'eau bouillante, est converti en diglycolate d'argent; celui-ci, traité par l'hydrogène sulfuré, donnera d'une part du sulfure d'argent et d'autre part de l'acide diglycolique libre.

L'acide diglycolique étant bibasique peut, en se combinant avec des bases, donner naissance à des sels acides et à des sels neutres : aussi connaît-on le diglycolate acide d'ammonium en gros cristaux prismatiques; le diglycolate acide de potasse est en gros cristaux anhydres et inaltérables à l'air; le diglycolate neutre de chaux en aiguilles brillantes, etc., etc.

L'acide diglycolique est isomère des acides isomalique et malique. M.

DIGNE (Eaux minérales diî). 451

BiBLiocRAi'HiE. — Heintz. Pogg. Annal., 1859, t. CIX, p. 482, ot Annal, cler Chem. u. Pharm.. nouv. série, juin 18è4, t. LIV ; t. LXVIII, octobre, et t. CXLIV, p. 95. — Wurtz. Annal, de chim. et de p/iys., 1803 (3), t. LXIX, p. 342. — II. Kammerer. Ann. de chim. et de pharm., nouv. sér., sept. 180i, t. LY. M.

DIGLYCOSIDES. Voy. Glycosides.

DIG\E (Eaux miisérales de). Mésothermales et hyperthermales, chlorurées sodiques moyennes, carboniques et sulfureuses faibles, chef-lieu du département des Basses-Alpes, est une ville de 5500 habitants, entoure'e de vieilles murailles flanquées de tours, ayant un évêché,"nne cour d'assises, une cathédrale assez remarquaiile, et une statue de Gassendi né à peu de distance de Digne. Son commerce de fruits secs est assez important. Cette ville fut dévastée par la peste en 1629. A 2 kilomètres de Digne émergent six sources de la base d'un rocher composé de lias. L'eau de ces sources est claire, limpide et transparente, elle a une odeur sulfureuse pendant les temps d'orage surtout, son goût est fade et légèrement salé, sa température varie de 35 à 42 degrés centigrade. L'analyse chimique de l'eau de la source principale de Digne a été faite en 1812 par Laurent, qui a trouvé dans 1000 grammes les principes suivants :

Chlorure de sodium 1,785

— magnésium 0,990

Carbonate de chaux 0,170

— magnésie 0,000

Sulfate de magnésie 0,2oO

— soude 0,926

— chaux 0,520

Total des siATiÈriES fixes 4,530

„ ( acide sulfhydrique 20 centimètres cub^s.

dz. . . I — carbonique quant, indélerm.

M. 0. Henry avait repris cette analyse dans le laboratoire de l'Académie de médecine, mais il arriva à des résultats si différents de ceux que nous venons de donner qu'il renon-^a à les publier. 11 fit connaître seulement qu'il n'avait pas trouvé trace d'acide sulfhydrique, ce qui pouvait s'expliquer aisément, puisqu'il opérait sur des eaux depuis longtemps transportées. Toujours est-il que les eaux de Digne devraient être soumises à un nouvel examen, car les résultats que nous avons annoncés datent d'une époque trop reculée pour qu'ils puissent inspirer une confiance absolue.

L'établissement thermal de Digue restauré dans ces dernières années contient dix baignoires, trois belles piscines et un cabinet de douches.

Les eaux de Digne s'administrent en boisson, en bains de baignoires de piscines, et en douches. Leur dose à l'intérieur varie de trois à six verres pris le matin à jeun de quart d'heure en quart d'heure. La température de l'eau des sources de Digne est graduée de façon qu'elle convient aux bains et aux douches employée à sa thermalité primitive, aussi n'a-t-on pas besoin d'appareils de chauffage à cette stalion thermale. La durée des bains est de trente à quarantecinq minutes, celle des douches est de dix à douze minutes.

C'est dans les affections lymphatiques et scrofuleuses que l'on emploie le plus souvent les eaux de Digne en boisson. Les bains et les douches ne sont que l'accessoire de la cure et ne sont administrés que lorsque la diathèse a une manifestation extérieure. Mais ce sont les bains et les douches qui font la

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base du traitement thermal dans le rhumatisme et ses complications, à moins que ce ne soient les organes internes qui en soient affeclés, et alors l'usage de l'eau en boisson est nécessaire.

La durée de la cure est de vingt-cinq jours à un mois.

On iVexporte pas l'eau des sources de Digne. A. Rotureau.

DIK;i. Le pain et le beurre de Dika sont des produits de VIrvingia gahonemis H. Bn (/. Barleri Hook. F., in Trans. Linn. Soc, XXIII, 167. — Mangifera gabonensis Adbr.-Lec, in O'Rorke^ Rep. pharmac, XXXI [1858], 275). Cet arbre est Ylba ou Oba des Gabonais et le WHd Mango des colons anglais de la côte occidentale de l'Ah-ique tropicale.

M. Aubry-Lecomte est le premier qui ait fait connaître en Europe le Mangifera gabonensis. Ses fruits drupacés sont, en effet, très-analogues à ceux d'un Manguier, par la forme, la couche charnue de leur mésocarpe, et la surface laineuse de leur noyau monosperrae. Les fleurs n'avaient probablement pu être analysées à cette époque ; on savait seulement que, vues à distance, ces « fleurs blanchâtres sont semblables à celles du Mangifera indien. » Ainsi s'exprimait en février 1858 le docteur O'Rorke, qui, sur les indications de M. Aubry- Lecomte, donna à cette époque une description sommaire du M. gabonenm, dans le Répertoire de pharmacie. « C'est, dit ce savant, un Manguier... de la famille des Térébinthacées, espèce non décrite auparavant. Il est extrêmement commun sur toute la côte d'Afrique, depuis Sierra-Leone jusqu'au Gabon. Son port diffère du Mangifera indica, et ressemble assez à celui de nos cliêiies; sa hauteur est de 15 à 20 mètres, son diamètre de 0'",75 environ. Ses fleurs sont semblables à celles du M. indica, mais ses feuilles sont plus courtes et moins lancéolées. Le fruit, appelé Iha, est une drupe jaune, de la grosseur d'un œuf de cygne, comestible pour les naturels. Il contient un noyau aplati, tomenteux, renfermant une amande blanche, oléagineuse, agréable au goiit, pourvue d'un épisperme rougeâtre. C'est avec cette amande que se prépare le pain de Dika... » Nous reviendrons tout à l'heure sur cette substance qui peut devenir d'une certaine importance pour la médecine et le commerce de notre établissement du Gabon. Cet arbre est encore appelle Manguier sauvage par les Français établis au Gabon, à ce que rapporte le P. Duparquel. Les indigènes le nomment Oha. Mais le docteur Grilfon du Bellay, observateur très-scrupuleux, nous avait, il y a bien longtemps, fait connaître que VOba n'avait pas la môme fleur que le Manguier, et j'ai trouvé, dans le journal de ses observations, une note qui indique qu'il n'a pas d'étamines avortées, comme le Mangifera indica qu'on cultive au Gabon, où il a été introduit. L'analyse des fleurs de YOba que portaient les échantillons du P. Duparquet, et ceux de M. Griffon du Bellay lui-même, nous a prouvé que ÏOba devait être rapporté au Genre Irvingia. Ses fleurs, normalement télramères, présentent en effet, sur un court réceptacle convexe, un calice gamosépale, à quatre divisions plus ou moins profondes, obtuses au sommet, et dont la préfloraison n'a pu être déterminée jusqu'ici. Les pétales, qui ne sont pas constamment blanchâtres, puisque M. Grifton du Bellay les dit d'un jaune pâle et légèrement verdàtre, sont libres, caducs, imbriqués dans la préflor-aison. L'androcée est diplastémoné ; avec quatre pétales, on observe huit étamines, dont quatre, oppositipétales, sont longtemps plus courtes que les quatre autres. Leurs fdets sont corrugués dans le bouton, et leurs anthères biloculaires sont d'abord introrses. L'insertion des étamines se fait en dehors de

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la base d'un disque hypogyne qui présente huit sillons ou encoches, correspondant aux filets stamineux ; ce disque est à l'état frais « d'une belle couleur jaune-citron ». L'ovaire, atténué en un style à tète stigmatifère très-peu prononcée, renferme un seul ovule dans chacune de ses loges. L'ovule, incomplètement anatrope, est suspendu, à l'âge adulte, avec le micropyle dirigé en haut et en dehors. J'ai pu examiner un gynécée assez jeune pour observer les ovules à l'état d'une petite sphère ou d'un ovoïde très-court, à grand axe horizontal ou légèrement ascendant. A cet âge, un simple bourrelet équatorial, peu saillant, représentait les téguments ovulaires. A la même époque on voyait encore, audessus de chaque ovule, une petite saillie du placenta, semblable à celle qui se produit dans les Euphorbiacées, et repré-enlant un premier rudiment à^obtiimteur. Le fruit de YOba ne nous est connu q>ie par son endocarpe, noyau de la forme d'une amande verte, plus ou moins allongée, irrégulièrement ovale, comprimé, avec une paroi ligneuse très-épaisse et extrêmement dure, recouverte exlérieiu'ement de filaments fibreux courts et solides, plus ou moins feutrés et souvent mélangés d'une petite quantité de pulpe desséchée. Lorsqu'on fend ce noyau suivant t^es bords, on voit que, outre une vaste cavité qui coutient la graine, il renferme une loge stérile, étroite, en forme de croissant, parallèle à la surface convexe d'un des bords du noyau, et quelquefois réduite à une sorte de tissure linéaire et arquée, extrêmement peu prononcée. La graine est à peu près aussi de la même forme que celle de l'Amandier, souvent cependant un peu plus aiguë aux deux extrémités, et lisse, luisante à la surface, do manière à raipeler celle d'un grand nombre de Sapotacées. Le tégument séminal se dédouble facilement sur les graines sèches que nous avons enlre les mains. Entre la membrane extérieure, mince, sèche, et la membrane intérieure, plus épaisse, et comme subéreuse, de nombreux faisceaux vasculaires se dessinent, presque parallèles, et peu anastomosés, à direction générale presque transversale. L'embryon, épais et charnu, pré^ente deux gros cotylédons appliqués l'un contre l'autre. La radicule cylindro-conique est cachée dans une sorte de canal formé par les espèces d'auricules que présente la base des cotylédons. Le sommet de la radicule, trèsbrièvement apiculé, se voit seul dans l'ouverture extérieure et circulaire de ce canal. A cette graine s'applique parfaitement ce que disent MM. Bentham et Hooker, dans les Addenda et Corrigenda de leurs Gênera: « Irvingia. Characier emhryonis sic corrigatnr : albumen 0. » M;iis ce caractère ne saurait être attribué au genre tout entier ; et les mêmes auteurs étaient également dans le vrai, en disant à la page 314 du même ouvrage : « emhryo in axi albuminis copiosi reclus )>, car tel est exactement le cas de V Irvingia Smithii Hook., dont l'embryon verdàtre tranche très-nettement sur la blancheur de l'albumen, bien plus épais que celui du côté du dos des cotylédons. Il n'y a pas besoin d'insister sur ces faits pour montrer combien exagèrent le nombre des divisions génériques ceux q»ii s'appuient, pour en établir de nouvelles, sur l'absence ou la présence de l'albumen : caractère dont le mode d'évolution du périsperme démontre le peu de valeur dans un grand nombre de groupes végétaux.

UOba es,t un arbre assez commun, non-seulement près du littoral, mais surtout dans les forêts de l'intérieur du Gabon. 11 a ordinairement, suivant M. Grjffon du Bellay, de 8 à 10 mètres de hauteur, mais nous savons qu'il peut devenir bien plus grand encore. De son tronc se dégagent des branches longues, étalées, peu rameuses. Les rameaux sont, comme elles, recouverts d'une écorce grisâtre, avec les extrémités vertes, striés irrégulièrement suivant la longueur

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rt terminés par un bourgeon « allongé, acuminé, recourbé en alêne, à la base duquel est situé une feuille ». C'est-à-dire que les stipules supra-axillaires, qui apipartiennent à la dernière feuille, se comportent ici, comme dans tous les Irvingia, de la même façon que celles des Artocarpées, et enveloppent toute la portion extrême du jeune rameau, jusqu'au jour où elles se détaclieront à peu près circulaircment par leur base, pour dégager les feuilles suivantes. Cette « sorte de spathe, dit encore M. Griffon du Bellay, est un des caractères distinctifs les plus précis de ÏOba ». Il est vrai qu'elle constitue un caractère bien peu commun en dehors de quelques groupes fort éloignés de celui-ci. Les feuilles, dont le pétiole est assez court (1/2 centimètre environ], sont trèsvariables de taille. Elles ont souvent un décimètre de longueur, sur un demidécimètre de largeur; mais il y eu a dont les dimensions sont doubles. Leur forme est ovale ou elliptique-aiguë, à sommet brièvement acuminé dans un grand nombre de cas. Leur base est plus souvent atténuée en coin qu'arrondie et fréquemment insymétrique, l'une des deux moitiés présentant une tendance à former une sorte d'auricule peu prononcée. Lisses et brillantes en dessus, quand elles sont fraîches, plus ternes en dessous, minces et sèches, même quand elles sont vivantes, elles possèdent une belle teinte d'un vert sombre. Leurs nervures pennées, formant un réseau assez délicat, sont surtout visibles et proéminentes à la face infc'rieure, où elles présentent une teinte blanchâtre. Le véritable caractère des inflorescences nous échappe. Situées à l'aisselle des feuilles et plus rarement à l'extrémité des jeunes rameaux, elles forment probablement une grappe, simple ou peu rameuse, de cymes pauciflores. Les axes sont grêles, noirâtres sur Ja plante sèche, renflés ç\ et là au niveau des divisions. Jusqu'à présent on a défini l'inflorescence des Irvingia : une panicule.

Par les caractères qui précèdent, il n'y a évidemment qu'une des trois espèces du genre Irvingia décrites par M. J. Hooker qui se rapproche de celle-ci : c'est 1'/. Barteri, qui en est tout au plus une forme, car il s'agit d'une espèce dont plusieurs caractères extérieurs sont extrêmement variables. Il n'y a pas, en tout cas, à hésiter sur le nom spécifique à appliquer à YOba: celui de gahonemis a pour lui l'antériorité, quoiqu'il accompagne une description bien moins scientifique que la caractéristique si précise du botaniste anglais. Celui-ci nous apprend d'ailleurs que les colons de la côte occidentale d'Afrique nomment l'/. Barteri (( Wihl Mango », comme ceux de notre établissement appellent YOba « Manguier sauvage ». Ce dernier fleurit au Gabon plusieurs fois par an. Ainsi, M. Griffon du Bellay indique qu'il s'est couvert de fleurs en novembre 1862 et on août 1863. La récolte des fruits se fait surtout en novembre et en décembre.

Outre les indications présentées par M. O'Piorke dans sa Note sur le pain de Dika, nous devons à l'obligeance de M. Aubry-Lecomte quelques renseignements sur cette substance intéressante. Les indigènes mangent le sarcocarpe pulpeux de ÏOba, mais sa saveur térébinthacée, analogue à celle des Mangues, est bien plus prononcée encore; de sorte que les Européens n'apprécient que fort peu un semblable aliment. La graine seule sert à préparer le Dika [Odika, d'après le P. Duparquet). On brise les noyaux ; les graines sont broyées dans un mortier, puis jetées dans un chaudron préalablement garni à l'intérieur de feuilles de bananier. Sous l'influence d'un feu lent et doux, la fusion se produit, puis la substance refroidie se prend en une masse assez analogue au Benjoin amygdaloïde, tachetée de brun et de blanc. Les parties brunes constituent cette sorte de cacao qui peut servir, étant sucré et aromatisé, à préparer ce que M. O'Rorke

nomme le chocolat des pauvre?. Sa couleur et sa consistance naturelles sont bien celles du cacao, mais il n'en a pas le parfum. Les taches blanches représentent la matière grasse, ou beurre de Dika, assez analogue aussi à celui du cacao.

MM. Gelléefrères (à Paris), Pilastre (à Rouen) etMazurier (au Havre), ont propose' d'employer celte matière grasse à plusieurs usages industriels ; on eu a préparé une snbstance analogue à la stéarine, des parfumeries fines, des cérats, des savons à base de soude, etc. La substance brune a déjà servi, dit-on, à falsifier les chocolals. Les Gabonais emploient d'ailleurs le pain de Dika comme aliment ; ils l'associent râpé à difléienls mets, principalement aux bananes cuites. Mais, peu délicats, à ce qu'il paraît, sur les saveurs, ils ne consomment guère qu'un dika dont le goût est celui de la fumée, car les insectes en sont très-friands, et, afin de préserver les pains contre leurs attaques, on a l'habitude de les suspendre pendant plusieui's mois en dedans du sommet des habitations où ils reçoivent la fumée de tout le feu qui se fait dans l'intérieur <le la case.

M. Ouclemans a étudié {Journ. f. prakl. Cliem.^ LXXXI, 556) la composition •du beurre de Dika; il en a retiré par saponification de l'acide myristique et de l'acide laurique (G^»H-^0'* et G'^^IP^O'^) {Journ. de pharm. et de chim., séi\ 5, XXXIX, 239). II. Bn.

Bibliographie. — Hook. f.,'GeH., I, 314. — Guic, Drog. simpl., éd. 7, III, 573. — II. Bs, Ilist. des 2)1., IV, 412, 445, 501; Tr. de Botanique médicale, 881. II. Bs.

DIHAMA.LI. Nom donné dans l'Inde à la gomme exsudée du Gardénia gummifera (voij. ce mot). D.

DILACTIQI'E (Acide). Anhydride obtenu en maintenant pendant quelques temps l'acide lactique à la température de 150 degrés centigrades. D.

DlLA.TATïOi\. I. Physique. La dilatation des corps liquides, solides et gazeux, sous l'influence de la chaleur, a été longuement étudiée à l'article Chaleur, p. 656.

II. Anatomie pathologique. Voij. EcTASiB, Anévrysme, Varices, et le nom des divers organes susceptibles de dilatation pathologique (tels que les bronches).

m. Chirurgie. Les principes de la dilatation chirurgicale, une des formes de \a diérèse, sont exposés à l'article Opératio.n (p. 455), où l'on énumère les indications qu'elle est appelée à remplir.

Les moyens de dilatation varient, on le conçoit, avec ces indications mêmes et avec les parties qu'il s'agit d'agrandir. Tantôt c'eit la main de l'opérateur, comme pour la contracture anale; tantôt ce sont des corps susceptibles de se gonfler par imbibition des liquides, et qu'on introduit, pour les y laisser séjourner quelque temps, dans une cavité trop étroite, un trajet fisluleux, la cavité du col utérin, le conduit auriculaire, etc. Tantôt ce sont des mèches de charpie, dont on augmente progressivement le volume, ou des instruments de bois ou d'ivoire, ou des bougies de caoutchouc de forme et de grosseurs diverses, ou des poches extensibles qu'on insuffle d'air, ou des instruments de métal, etc. Les moyens de dilatation qui ont paru devoir être appréciés l'ont été en temps et lieu convenables par les collaborateurs du Dictionnaire, dans leurs articles respectifs; un certain nombre n'ont pas été mentionnés. Nous avons cru qu'il

ne serait pas sans utilité de melti e sous les yeux du lecteur une liste des principaux dilatateurs employés, avec l'indication sommaire de leur composition, de leur mécanisme, mais sans aucune appréciation critique.

Dilatateurs des paupières. Il suliit sur ce point de se reporter à l'article Ophthalmostats.

Dilatateurs des voies lacrymales, a. En ce qui touche les points et les conduits lacrymaux, mentionnons : i° \e dilatateur de Bowman, composé de petites lames qu'écarte une tige métallique obéissant à une péJale; 2*^ le dilatateur de Desmarres, dans lequel les stylets de différentes grosseurs sont introduits avec la main ; 3° le dilatateur de Galezowski, dont les deux bi'anches s'écartent par la simple pression d'un bouton dont l'une d'elles est munie. h. Contre l'obstruction du sac lacrymal et du canal nasal, on emploie ou l'on peut employer (outre les injections) : 1° \Q.styletd'Anel; 2" le cathéter de Gemoul, qui s'introduit par les narines et progresse de bas en baut ; 5° les sondes graduées de Bownian, après incision des points lacrymaux; ¥ les mêmes sondes rendues bulbeuses à leur extrémités (Teule, Critchett) ; 5° la sonde hiconique de Weher {voy. Lacrymales [Voies']).

Dilatateurs des ouvertures nasales. La déviation de la cloison du nez rétrécit quelquefois assez l'une des ouvertures pour rendre nécessaire rintroduction de tentes de charpie, de morceaux d'épongé préparée ou de tiges de laminaria.

Dilatateurs de la boucheî; 1° Vis ouvre-bouche de Déguise. Cône de buis ou d'ivoire, muni d'un pas de vis, dont on introduit la pointe entre les dents et qu'on fait tourner lentement; 2" dilatateur métallique de H. Larrey[voy. Ouvrebouche) ; 5° divers ouvre-houches dont la destination est moins de remédier à un rétrécissement de la bouche, à une constriction cicatricielle des mâchoires, qu'à maintenir la bouche largement ouverte pendant une opération ou une explo- ?ation prolongée : ainsi : anneau de Saint-Yves, dans lequel on passe le doigt indicateur et qui est muni de deux gouttières, l'une supérieure, l'autre inférieure, destinées à protéger les doigts contre les dents molaires des deux arcades; anneau de Luër^ avec une sorte de languette faisant office d'abaisselangue; ¥ pinces ouvre-bouches de Delabarre, ùeBégin et de Mathieu [voy.SvÉcuLUM, p. 65); b° spéculum de Chassaignac, spatule à deux manches, dont le dos porte un anneau posé à plat, mais pouvant, par un mécanisme particulier, se redresser tout à coup quand on rapproche les manches, de manière à em|'êclier la fermeture des màclioires ; 6" spéculum de Charrière, à valves, fonctionnant comme le spéculum utérin ; 7^* diverses formes de baillons, dont les plus connus sont ceux de Smilh et de Trélat [voy. Maxillaires [Os], 408; Ouvre-bouche: Staphylobrhapie, p. 491).

Dilatateurs de la trachée. De nombreux instruments ont été imaginés pour maintenir écartés les bords de la plaie trachéale après l'opération de la trachéotomie et faciliter l'introduction de la canule : 1° simples crochets; 2" pince de Trousseau, en forme de ciseaux courbes, dont les mors sécartent pour se rapprocher des anneaux; 5° pince de Laborde, la même que celle de Trousseau, avec une troisième brandie qui vient presser sur l'angle inférieur de la plaie et agrandir ainsi l'ouverture; ¥ pince de Favre, modification de celle de Laborde, permettant de régler l'écartement des trois branches; 5° pince de Chassaignac, en forme de pince à pansement, dont les deux branches sont articulées l'une avec l'autre à leurs extrémités [voy. Trachéotomie).

Dilatateurs de L'ŒSorHAGE. Indépendamment des sondes de caoutchouc, des tiges de baleine à boules d'ivoire, uniques ou multiples (Trousseau, VeJpeaii, Le Fort), à part aussi l'instrument de Switzer, au moyen duquel les boules d'ivoire peuvent être laissées à demeure, le tout destiné à opérer la dilatation graduelle de l'œsophage rétréci, on a imaginé divers instruments pour pratiquer la dilatation forcée : 1" pinces dilatatrices de Schïilzenherger, à mors parallèles; 'i'^ pinces à trois branches de Clmrrière, de Demarquay, analogues à celles qui ont été proposées pour le rétrécissement forcé de l'urèlhre [voy. plus bas) ; o^ dilatateur de Léon Le Fort, dans lequel une partie fusiforme et plus volumineuse que le reste de la tige peut, à l'aide de leviers mobiles, se développer quand elle est parvenue au niveau du rétrécissement et presser sur ses parois {voy. Œsophage, p. 274).

Dilatateurs de l'anus et du rectum. La dilatation graduée de l'anus et de la partie inférieure du rectum se prati((ue avec des mèches de charpie, des bougies de caoutchouc, de cire, d'ivoire llexible, de métal même. Voici les principaux instruments usités pour la dilatation forcée : 1° dilatateur de Demarquay et H. Larrry, composé de trois tiges triangulaires qui, rapprochées, forment un cône facile à introduire dans l'anus. Ces tiges forment un angle droit avec trois branches et s'écartent quand celles-ci sont rapprochées au moyen d'un écrou marclianl sur un pas de vis ; '2" dilatateur de Huguier, formé de deux branches verticales mobiles et dont le jeu d'une vis produit l'écartement ; 5" dilatateur de Nélatoji; deux branches courbes, pouvant ainsi s'approprier à la courbure du rectum et remonter haut dans sa cavité, s'écartent parallèlement au moyen d'un levier et d'un écrou ; 4° dilatateur de Beylard, terminé par six branches rapprochées seulement par un anneau de caoutchouc ; une petite boule lixée à l'extrémité d'une tige droite peut être, au moyen d'un pas de vis, plus ou moins enfoncée entre ces branches en les écartant; elle (eut être aussi ramenée en arrière, de sorte qu'il est facile de régler la pression [voy. Anus et Rectum).

Dilatateurs de l'urèthre. Les bougies et sondes, de toute forme et de toute composition, sont le sujet d'articles spéciaux. On sait que les bougies de laminaria, dont le mode d'action se prèle tout particulièrement à la dilatation graduelle des parties rétrécies, n'ont pas donné les résultats qu'on en attendait. Il en a été à peu près de même des bougies porte-e'ponges d'Alquié (de iMontpellier); du dilatateur à baudruche, dont le petit sac, une lois introduit, est gonflé par de l'air ou par de l'eau.

Quant à la dilatation forcée de l'urèthre, elle a à son service une grande richesse d'instruments. Naturellement ce sont encore des sondes, mais plus spécialement appropriées à leur destination. Nous n'y comprenons pas celles qui ne se distinguent des sondes ordinaires que par leur conicilé (sondes de Boyer,. de Yoillemier) ou par leur gros calibre (sondes de Mayor), et nous ne nous attachons qu'à celles qui ont pour but de n'exercer une pression, et une pression latérale, sur le rétrécissement, qu'après leur introduction. Disons, en passant, que ce sont ces instruments qui ont servi de modèle à plusieurs de ceux que nous avons vus servir à la dilatation de l'œsophage.

1" Dilatateur courbe de Michalena ; 2° dilatateur parallèle de Rigaud et Montaiu. Ils sont construits d'après le même principe. L'un et l'autre se composent de deux tiges dont l'une, manœuvrée par une vis de rappel, s'écarte de l'autre à l'aide de plaquettes mobiles; o" il en est de même encore dans les dilatateurs de Charrière et de Mathieu^ avec cette différence que l'écartement

des tiges, à peine sensible vers le méat urinaire, va en augmentant dans la profondeur du canal ; 4° le dilatateur de Ségalas se distingue par la forme olivaire que prend son exlrémilé quand Vinstrument est en place. C'est un tube droit divisé près de son extrémité, sur une longueur de 5 centimètres, en petites languettes flexibles. Une tige parcourant le tube est fixée à cette extrémité pour être ramenée en arrière au moyen d'une vis; elle tend ainsi à raccoiu'cir l'instrument, ce qui ne peut avoir lieu sans que les languettes se courbent; c'est la réunion de ces languettes courbes à convexité externe qui forme l'olive; 5" dans le dilatateur de Sheppardj l'olive est indépendante du cathéter; elle appartient à une tige qui est glissée après coup dans celui-ci le long d'une rainure latérale ; 6° de même dans le divulseur urcthral de Mallez, l'olive est introduite au moyen d'un mandrin dans une bougie filiforme conductrice; 7" \q dilatateur de Perrève se compose de deux moitiés longitudinales d'un tube métallique, droit ou courbe, qui, adaptées l'une à l'autre pour l'action opératoire, forment un tube complet, fermé à l'extrémité vésicale. Avant do les réunir, un conducteur très-fin, en fil d'acier, est placé entre les deux tiges uréthrales dont une présente, à la naissance de sa courbure, un arrêt qui reçoit un petit crochet dont le conducteur est pourvu. Le tout est assemblé et maintenu en place, à l'extrémité manuelle, par deux châssis. L'instrument étant introduit dans le canal, jusqu'au delà du rétrécissement, on fait glisser sur le conducteur un mandrin creux dont le diamètre varie suivant les circonstances et qui amène l'écartement des tubes ; 8*^ le divulseur de Holt (de Westminster) ditière surtout du précédent en ce que l'extrémité vésicale du mandrin est plus mince et n'est pas aussi exposée à être serrée entre les tiges ; 9° Charrière a essayé de remplacer l'instrument de Perrève par un dilatateur à trois valves, dans lequel on enfonce un mandrin; le conducteur consiste en deux lames d'acier, ayant la courbure ordinaire des sondes, et soudées à leur extrémité vésicale dans une longueur de 4 centimètres. Ces lames, planes d'un coté, convexes de l'autre, forment en se réunissant un cathéter de 2 millimètres de diamètre. Le mandrin, conique à son extrémité vésicale et portant un bouton à son extrémité manuelle, est creusé, sur deux points opposés de son diamètre, d'une gouttière disposée de manière à recevoir et à retenir les lames du conducteur. Celui-ci introduit jusque dans la vessie, on écarte un peu les branches et on les engage dans les rainures du mandrin qu'on enfonce brusquement; 10'' et 11° enfin dans le dividseur rétrograde de 3Ioreau-Wolf, un mandrin à extrémité piriformc est ramené d'arrière en avant dans un tube dont l'extrémité est divisée en six languettes ; et le dilatateur de Corradi (de Florence) est composé de deux fils d'argent parallèles, soudés à leur extrémité vésicale seulement, mais dont l'un, plus fin que l'autre, peut être raccourci à l'aide d'un mécanisme particulier; le raccourcissement opéré après introduction de l'instrument jusqu'au delà de la partie rétrécie force le fil le plus fort à se courber en arc. Il ne reste plus qu'à retirer lentement l'instrument {voy. Urèthre).

Dilatateurs du col de la vessie et de la région prostatique. Il s'agit ici plutôt de dépression que de dilatation proprement dite. Parmi les instruments employés pour déprimer momentanément la prostate ou la lèvre postérieure du col vésical, nous signalerons : 1'^ la simple sonde élastique, dans laquelle on substitue, après introduction dans la vessie, un mandrin droit ou mandrin courbe (Leroy d'Éliollcs) ; 2" le dépresseur de Meijrieux et de Tanchou, dans lequel un mandrin articulé, introduit courbe, peut être redressé, l'instrument

DILLEN (Les deux). 4M)

étant en place; 5" le dépresseur prostatique de Mercier y composé de deux tiges, l'une droite, l'autre deux fois coudée vers son extrémité vésicale, et glissant l'une sur l'autre. Pour introduire l'instrument, on ramène la tige droite jusqu'au niveau de la courbure inférieure de la seconde tige ; celle-ci étant conduite jusque dans la vessie, on fait avancer la tige droite, et l'on a ainsi à l'entrée de la vessia une espèce de fourciie dont la branche coudée a été d'abord portée en arrière; après quoi il suffit de tirer l'instrument pour déprimer le col {voy. Prostate et Vessie).

Dilatation du col utérin. Ici la dilatation est presque toujours graduée. Elle s'opère à l'aide de bougies, de cônes d'ivoire, ou d'épongé préparée, ou de laminaria, maintenus en place par divers mécanismes. On a pourtant imaginé des instruments métalliques destinés à opérer la dilatation brusque de l'orifice. Ainsi : 1° le dilatateur de Jobert, modifié par Mathieu, est formé d'une tige surmontée de deux branches qui, une fois introduites, sont susceptibles d'être écartées; 2" dans le dilatateur de Leme'nant-Deschenais, les deux branches sont en forme de valves; 5° celui de Buch, modifié par Pasquier, porte trois branches réunies en cône ; 4" celui enfin de Jules Charrière est formé de deux branches, mais qui s'écartent par l'etfet d'une pression exercée avec le pouce sur la rondelle d'une canule enfermant la partie inférieure de l'instrument [voy. Utérus). Nous laissons de côté, à dessein, les moyens de dilatation employés pour procurer l'accouchement prématuré artificiel {voy. Accouchement, p. 434 et suiv.).

Telle est l'énumération, non de tous les instruments de dilatation qui font partie de l'arsenal chirurgical, mais de ceux entre lesquels on a le plus souvent à faire un choix dans la pratique. D.

DILILURIQUE (Acide) OU I^ITRO-BARBITURIQUE. Un des dérivés de l'acide barbiturique, dérivé lui-même de l'acide urique {voy. Urique). D.

DILLEIK (Les deux).

Diiicn (Philipp-Eberhard). Médecin allemand, né à Darmstadt, le 3 août 1644, mort à Giesseii le 18 août 1720. Il fit ses études à Giessen, puis fut le médecin du comte de Nassau-ldstein et enfin s'établit à Darmstadt, qu'il quitta en 1685 pour remplir les fonctions de médecin de Lœwenstein-Wertheim. En 1688, il fut appelé à occuper à Giessen la chaire de médecine. Dillen était membre de la Société des Curieux de la Nature. Nous connaissons de lui :

I. Dissert, de herba et potu thee. Gissae, 1688, \n-¥. — II. de pulsu. Gissae, 1690, in-4\ — IIL Diverses Thèses, et des Observations dans les Ephémcrides des Curieux de la Nature. L. Un.

Dillen OU Dilleiiius (Johann-Jacob). Célèbre naturaliste, fils du précédent, naquit à Darmstadt en 1687. Il fit ses études avec distinction à Giessen et obtint le titre de docteur en philosophie dès 1719. Il fut reçu de bonne heure membre de la Société des Curieux de la Nature et ne tarda pas à acquérir une grande célébrité par ses publications sur la botanique insérées dans les éphémérides de cette société. H débuta par une étude sur la propagation des fougères et des mousses, qui constitue l'un de ses ouvrages les plus originaux.

Grand partisan de Ray, il dénigra fort Tournefort et Rivinus, et par là se concilia toutes les bonnes grâces des savants anglais. William Sherard, surtout

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frappé des profondes connaissances du jeune Allemand en cryptogamie, science qui était encore dans l'enfance en Angleterre, chercha à l'attirer à Oxford. Dillen consentit à lo suivre et arriva à Londres en août 1721.

Il s'étahlit à Oxford où il vécut plusieurs années, suivant les cours de l'Université et se livrant à ses travaux de prédilection, grâce aux libe'ralités de William Shcrard et de Jacob Sherard, riche et savant pharmacien. William Sherard mourut en 1728 et légua une somme de trois mille livres pour fonder une chaire de botanique à l'Université, avec la clause formelle que Dillen en serait le titulaire : de là le titre de professor Sherardlanus qui se trouve à la suite de son nom en tête de ses ouvrages. Il devint en même temps directeur du jardin botanique créé à Oxford avec le même legs.

Par reconnaissance pour ses protecteurs, Dillen publia en 1752 le catalogue raisonné des plantes exotiques que contenait le jardin d'Eltham, propriété de J. Sherard; outre d'excellentes descriptions des plantes, cet ouvrage renferme des planches gravées à l'eau forte, de sorte que Linné en disait : « Est opus botanicum quo absolulius mundus non vidit. »

Dillen se fit recevoir docteur en médecine en 1755 et, en 1741, il publia sa célèbre Hhtoria mnscorum, ouvrage surtout remarquable par les 85 planches qtii l'accompagnent et qui sont toutes de la main de ce botaniste, de même que les 524 de VHorlus Elthamensis. Cet ouvrage, avec celui de Vaillant sur la même matière, fixa l'état de la science à cette époque et prépara ses progrès ultérieurs.

Ce botaniste aimait la solitude; il ne quittait sa retraite d'Oxford que pour visiter Eltham ou le comté de Kent, où il allait herboriser. Très-orgueilleux, il n'estimait guère que son propre savoir; il accueillit plus que froidement et du haut de sa grandeur l'illustre Linné à son passage à Oxford, et dans la correspondance qu'il eut avec ce savant par la suite la politesse et la condescendance furent entièrement du côté de Linné, La gloire du botaniste suédois l'empêchait de dormir et menaçait trop de lui enlever la prépondérance qu'il s'attribuait dans la science des plantes. Tout cela n'empêcha pas Linné de lui dédier un genre de plantes de l'Inde tropicale, le genre Dillenia, qui depuis est devenu le type de la famille des Dilléniacées. Dillen mourut d'iipoplexie le 2 avril 1747. On a de lui :

I Cataloqus plantarum sponte circa Gissatn nascentium. Francofurti a. M., 1719, in-8*. — II. IJortus Ellhamensis, seu plantaruin rariorum quas in liorlo suo Ellhami in Canlio coluit vir ornalissimus Jacobus Sherard, delineationes et descrijitiones. Londini, 1732, 2 vol. in-fol., 524 pi. — III. Ilorti Ellhamensis plantarum rariorum icônes et nomina a Johanno Jacobo Dillenio M. D. dexcriplarum EUhamlin Canlio. Lupduiii Balavorum, 177i, 2 vol. in-fol., 524 pi. (c'est une nouvelle édiiion de l'ouvrage précédent, mais sans le texte). — IV. Historia Muscorum, in qua ch-citer sexcentae species veleres et novae ad sua gênera relata describuntur, et iconibus genuinis illustrantur. Ûxonii, 1741, in-4°, 85 pi.; Edinburgi, 1811, in-4°, 85 pi. Dansdei^x autres éJitions de Londres, pLiblices en 1765 et en 1768, le texte lait défaut. L. Un.

DILLÉrviACÉES. DILI.É\IÉES. Les Dilléniacées constituent une famille de plantes dicotylédones-polypétales, voisine des Renonculacées, mais formée de végétaux exotiques et ligneux, qui ont des feuilles alternes, sans stipules; des fleurs à réceptacle convexe ou, exceptionnellement, légèrement concave, avec des étamines ordinairement en nombre indéfini. Elles peuvent être groupées en faisceaux exactement alternipétales, comme dans les CandoUea, ou bien être toutes rejelées d'un seul coté de la Heur, comme il arrive dans les Hlbbertia de la section Pleurandra et dans les Schumacheria. Dans les Aârastea, il n'y

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ea a que 10, disposées sur deux verticilles; et les Pachynema peuvent n'en avoir que 7, 8 petites, les autres étant des staminodes qui, dans certains Hihbertia, comme 17/. angustifolia, etc., sont eaK-mèmcs rapprochés en faisceaux nettement délimités. Un grand nombre à'Hibbertia proprement dits et les Dillenia, qui ont donné leur nom à la famille, ont un très-grand nombre d'étamines disposées comme sans ordre autour du gynécée. Il y a des espèces du genre Hihhertia qui ont deux et trois sortes d'étamines fertiles, et c'est l'anthère qui, dans ces diverses catégories, varie surtout de configuration. L'î gynécée est formé d'un ou plusieurs carpelles, souvent indépendants comme ceux des Renonculacées, et dont l'ovaire renferme soit un seul, soit deux, soit un nombre indéfini d'ovules. Quand les ovules sont ascendants, solitaires ou en nombre défini, ils ont le micropyle dirigé en bas et en dedans, ce qui les distingue de ceux des Renonculacées ; et c'est même là le caractère différentiel le plus net entre les ïienonculacées et les Dilléniacées. Mais assez souvent aussi, comme chez les Dillenia, les Wormia et les Actinidia, les carpelles s'unissent en un ovaire pluri- ou multiloculaire. Les fruits sont secs ou charnus. Dans les Dillenia, ce sont des baies; dans les Candollea, Ilibbertia, etc., ce sont, au contraire, le plus souvent des follicules; et dans ce cas la graine est entourée d'un arille charnu et plus ou moins lacinié, qui rappelle celui des xMuscadiers, et dont l'origine est ombilicale ; il est souvent de couleur jaune. Les semences ont d'ailleurs un albumen, ordinairement charnu, et un embryon relativement peu volumineux.

Les Dilléniacées constituent une famille par enchaînement, dans lauuellc les caractères absolument constants sont peu nombreux. Mais quelques-uns (l'entre eux sont très-fréquents, ce qui fait leur valeur. Ce sont : l'alternance des feuilles, la polypétalie de la corolle, l'indépendance des éléments du gynécée, l'insertion hypogynique des étamines, la persistance du calice autour du fruit, et la présence d'un arille autour des semences. C'est Salisbury qui eut le premier l'idée de former cette famille. Elle demeure actuellement divisée en trois séries : les Candolléées, les Hibbertiées et les Dilléniées. Celle dernière est pour nous formée des trois genres Dillenia, Wormia et Actinidia; les deux premiers à peine distincts l'un de l'autre et devant peut-être un jour se trouver réunis, et le dernier présentant avec les Ternstrœmiacées de très-étroites affinités qui ont décidé certains auteurs à les reporter dans cette dernière famille. Les Dilléniées ont des fleurs 5-raères, ou, comme les Wormia, de 4 à J5 sépales inégaux, mais avec 5 pétales, à moins que la corolle ne disparaisse totalement, comme dans le W. apetala. Leurs graines albuminées sont plongées dans la pulpe de leur fruit plus ou moins charnu.

. Les usages des plantes de ces groupes sont peu nombreux. La plupart sont riches en tannin et noircissent les substances ferrugineuses. Le fait est trèsaccentué dans les Schumacheria qu'on a proposé d'employer eu teinture. Il se retrouve, quoique à un moindre degré, dans les Tetracera, Davilla et Curatella : il n'est donc pas étonnant qu'on emploie les Curatella americana et Cambahiba au tannage des peaux, et qu'au Brésil on prépare des décoctions et lotions astringentes avec leur écorce intérieure ; les décoctions préparées avec les feuilles s'appliquent aussi topiquement au traitement des plaies. Les Davilla ont des usages analogues : le D. elliptica ou Cambaïbinha de la province de Minas- Novas sert, d'après A. Saint-llilaire, à préparer un vulnéraire du même nom tiès-apprécié des Brésiliens. Le D. riigosa est leur Cipo de Cabocho ou de

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