‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.30Chapitre 104 sur 119 · L. Hn · texte numérisé non relu

L. Hn

DL'RIO (L.). Le Diirio zibeihinus h. (qui tire son nom de ce que la Civette- Zibeth se nourrit souvent de son fruit) est un bel arbre de l'Archipel Indien et de la Malaisie, introduit dans plusieurs autres régions tropicales et cultivé dans nos serres chaudes. Il appartient aux Malvacées-Bombacées et à une sous-série particulière dans laquelle les feuilles sont simples, entières, mais penninerves, épaisses et chargées, comme les inflorescences et la plupart des organes, de

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poils écailleiix, parfois très-abondants. Les fleurs sont enveloppe'es d'un involucregamophylle, qui figure un calice valvaire, et qui, à l'époque de l'anthèse, se déchire irrégulièrement. Dans les Diirio, il se détache en outre du pédicelle par sa base. Le calice est aussi un sac valvaite. En dedans de lui se voient cinq pétales et des étamines très-nombreuses, monadelphes à la base, puis partagées eu cinq faisceaux. Leurs anthères sont aduées au connectif et anfractueuses. Le fruit est ligneux, muriqué, indéhiscent et à graines entourées d'une pulpe charnue, avec un embryon à cotylédons épais. C'est le fruit de cet arbre qui en est la portion utile, et certaines personnes l'estiment extrêmement; ce qui est assez difficile à concevoir quand on a senti son odeur infecte et quand on sait que les personnes qui, dans certaines villes asiatiques, en jettent les débris sur la voie publique, sont condamnées à l'amende pour avoir empesté les maisons voisines. On lui attribue cependant tout à la fois la saveur de plusieurs fruits et légumes, de la crème, et en même temps une forte odeur d'ail et de concombre. Mais ce ne doit pas èlre son péricarpe globuleux, gros comme la têle ou à peu près et très-coriace, que l'on consomme ; c'est une partie qui envelojipe les graines et que nous connaissons actuellement assez bien, ayant eu l'occasion, grâce à l'obligeance de M. Fischer, d'étudier à l'état frais un fruit venant de Singapour. 11 avait sept loges; mais on sait qu'il n'y en a souvent que cinq. Elles s'ouvraient de haut en bas et dans toute la hauteur du fruit, suivant des lignes bien nettes, répondant au dos des loges. Cependant, le péricarpe n'est pas sec, mais bien charnu, de la consistance à peu près des couches extérieures d'un melon. Ce qui est plus dur dans ce péricarpe, c'est l'ensemble des aiguillons dont sa surface extérieure est hérissée ; ils sont coniques et un peu inégaux. Par tous les caractères qui précèdent, le fruit du Diirio zihclhinus est parfaitement comparable à un fruit vulgaire de notre pays, celui du Marronnier d'Inde. Chaque loge renferme un petit nombre de masses à peu près égales, blanches, crémeuses ; ce sont autant de graines, enveloppées chacune de ce qu'on a appelé leur arille, et qui est la senlc portion comestible. La graine elle-même, par ses caractères extérieurs, rappelle beaucoup celles de certaines Sapotacées : même surface lisse et luisante; même large cicatrice ombilicale, plus terne et un peu rugueuse. Un peu plus sphérique, la graine des Calvaria, dont la place a été tant discutée et qui ont été dans ces derniers temps rapportés au genre Sideroxylon, ressemble extrêmement par les apparences extérieures à celle du Durio. L'embryon de celui-ci rappelle celui d'un assez grand nombre de Sterculées. Il a deux cotylédons épais, d'un brun pâle, un peu violacé, inégaux, un peu sinueux, et une très-épaisse radicule obconique. On considère généralement comme un aiille l'enveloppe blanche pulpeuse de la graine. Il est vrai qu'elle part du pourtour de la large cicatrice ombilicale. Mais ce n'est pas là un argument abfolu. De ce point peut, en effet, partir une production du péricarpe, comparable au sac charnu qui entoure chacune des graines du Cacao, comparable même aux poils des Eriodendron, émanés, dit-on, de la substance du péricarpe. Ce qui milite ici en faveur de cette opinion, c'est que la pulpe blanche et comestible du Durio est parcourue par des faisceaux vasculaires, contenant des ph\tocystes étroits à paroi molle et des vaisseaux spirales. Ou ces vaisseaux sont des émanations des placentas, ou bien, s'il s'agit d'un arille, on a ici affaire à une de ces graines dans lesquelles les téguments plus profonds que l'arille présentent la même transformation que lui, comme dans les Ovalis, les Magnolia, etc. ; et si c'est un arille, c'est encore un arille exceptionnel.

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Le fruit du Durio passe pouraplirodisiaque. Ou l'a vanté contre les fièvres, la migraine, la dysenterie, etc. On l'appelle encore Durian et Hérisson (Varhre, à cause des aiguillons de sa surface. Les semences sont préconisées contre l'asthme et d'autres aftections pulmonaires. Le bois de l'arbre sert aux constructions.

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