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DIURÉTIQUES. I. Définition. Mode d'action. Classifications. On désigne sous ce nom tous les agents médicamenteux et les moyens thérapeutiques qui augmentent la diurèse, c'est-à-dire la sécrétion de l'urine, agents stimulants de la fonction des reins, qu'ils exagèrent plus ou moins en lui faisant dépasser son niveau habituel ou actuel. Ils appartiennent à la grande classe des hypercriniques, dans laquelle sont rangés nos médicaments destinés à rendre plus active et abondante la sécrétion des glandes à conduit excréteur, comprenant les sudorilîques, les sialagogues, les galactagogues, etc., etc.
Le mot diurétique est grec, ^toupïj-i/.d;, et il a été introduit dans notre langue avec sa signification antique.
Dès la plus haute antiquité, en effet, les médecins distinguaient parmi les médicaments qu'ils employaient ceux qui font uriner avec abondance, et savaient les administrer à propos dans les hydropisies principalement, pour évacuer au dehors les aquosilés en excès dans l'organisme.
Hippocrate, qui faisait de l'urine de ses malades une étude si minutieuse au point de vue du diagnostic et du pronostic des affections morbides, a pu juger sainement des effets thérapeutiques de quelques médicaments diurétiques. 11 prescrivait volontiers les boissons aqueuses, le nitre, la scille, le vin blanc, etc., pour obtenir la diurèse, lesquels figurent encore aujourd'hui parmi nos meilleurs stimulants du rein, ainsi que je l'indiquerai bientôt.
Galien de son côté vantait, à l'excès peut-être, le vinaigre et le vin scillitiques, excellents remèdes, toujours en honneur dans nos prescriptions.
Bien des noms nouveaux furent ajoutés, depuis l'époque oii vivaient ces grands hommes, sur la liste des agents diurétiques; mais je dois épargner au lecteur leur énumération fastidieuse, sans le moindre intérêt d'ailleurs.
Si donc l'on consultait cette liste, très-longue, je le répète, on pourrait croire que nous sommes admirablement pourvus et plutôt embarrassés d'ordi-
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naire dans le choix de l'arme à manier. Il n'en est rien. Cette richesse n'est pas réelle, et notre matière médicale est au contraire extrêmement pauvre en diurétiques énergiques et sûrs.
Est-ce à dire, comme certains auteurs modernes l'ont écrit, que nous n'en possédions aucun et qu'il faille renoncer à une médication puissante, inscrite dans tous nos traités de thérapeutique? Non, certes; une pareille réaction contre les idées anciennes serait excessive.
Comme toutes les glandes et les tissus de l'économie le rein est excitable; sa fonction peut s'exalter d'une façon morbide, ou bien encore sous l'inOuence de certains stimulants, et ceux-ci sont bien alors des diurétiques.
Qu'on augmente, à l'exemple de Goll (de Wurtzbourg), la pression sanguine dans l'aorte chez un animal, aussitôt l'écoulement d'urine par l'uretère devient plus abondant, et il est, en général, proportionnel à l'élévation de cette pression, comme l'indique le tableau suivant, résumant une expérience pratiquée sur un chien :
( 57 millimètres 2r,06 1 ,-, , ,, . „ ..
Ti ■ S Atn n- •. ter n.t i écoulement (1 urme par 1 uretère
Pression. . . •; ll9 millimètres 4«^9z ; . ^ ,