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Cette élévation de pression dans l'aorte ou les vaisseaux rénaux, nous pouvons l'obtenir par nos toniques vasculaires aussi sûrement que le vivi secteur dans ses opérations, par conséquent c'est nier l'évidence que de refuser l'action diurétique à quelques-uns de nos médicaments : aussi bien l'article que je vais écrire a-t-il parfaitement sa raison d'être.
Mode d" action. Nous sommes actuellement encore assez mal au courant de la physiologie du rein. On a mis en avant bien des hypothèses ingénieuses sur son fonctionnement, plus ou moins justitiées par l'expérimentation; mais enfm ce ne sont que des visées de l'esprit, acceptables aujourd'hui, devenues fausses demain. Aussi bien, puisque nous ignorons à peu près la façon dont se forme l'urine dans l'état physiologique, il me paraît difficile d'émettre autre chose que des conceptions théoriques sur l'action des médicaments qui rendent plus active la formation de cette humeur. Quoi qu'il en soit, je vais essayer de présenter l'état actuel de la science sur ce point.
Il est parfaitement exact que le rein est un organe d'excrétion, qui enlève au sang une certaine fraction des déchets de la nutrition, puis quelques substances étrangères à l'économie ayant pénétré accidentellement dans cette humeur et, enfin, son excès d'eau.
Au glomérule de Malpighi paraît dévolu le rôle d'extraire l'eau, à la manière d'un filtre, tandis que, suivant Heidenhain, la séparation des matéiiaux propres de l'urine se ferait dans les canalicules rénaux pourvus d'un épithélium à bâtonnets, c'est-à-dire dans les tubes contournés et dans la grosse branche des conduits de Henle.
Les cellules épithéliales à bâtonnets deviendraient les organes actifs d'excrétion, chargés d'enlever au sang l'urée, l'acide urique, les sels de l'urine et autres matériaux constitutifs de l'urine.
Dans cette manière de voir, proposée il y a quelques années, le rein serait bien un filtre, mais un filtre intelligent, biologique, si je puis m'exprimer ainsi, et non plus le filtre banal du chimiste, ce qui me paraît très-admissible.
Ai-je besoin d'ajouter maintenant que le fonctionnement du rein varie avec
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l'état de sa circulation; qu'une certaine activité de cette circulation, qu'une tension particulière du sang, favorisent sa fonction et que des conditions opposées : stase sanguine et déjiression circulatoire, la diminuent ou l'annihilent?
Ces conditions physiologiques étant données, je pense que l'on peut comprendre l'action des diiiréliques de lu façon suivante :
Certains d'entre eux rendent la masse du sang plus considérable, augmentent ainsi sa tension et obligent le glomérule à doubler son activité pour rétablir l'équilibre ; ceci est une nécessité vitale, une sorte d'épuration obligée.
Un pareil résultat s'observe après l'ingestion de l'eau, l'un de nos plus puissants diurétiques, et de toutes les substances qui renferment de grandes proportions de ce liquide; après toutes les transfusions un peu abondantes de sang, de lait, etc. ; toutes les fois, en définitive, que le système vasculaire est en état de pléthore.
D'autres diurétiques agissent non plus sur le contenu des vaisseaux, mais sur ces vaisseaux eux-mêmes, augmentent par leur intermédiaire la tension du sang : d'où encore la nécessité d'une action plus grande des glomérules et la lillration plus abondante du fluide qu'ils élaborent. La digitale, la scille, les deux diurétiques dont on ne saurait raisonnablement contester l'action puissante, ont sans doute une pareille action.
Enfin, il est un certain nombre de substances qui s'éliminent à travers les reins, extraites du sang peut-être par ces cellules à bâtonnets, dont j'ai signalé tout à l'heure le rôle physiologique important ; ces substances peuvent agir topiquement et stimuler sa fonction, comme les aliments sapides font sécréter abondamment la salive et le suc gastrique. Je -citerai les balsamiques, les cantharides et les sels neutres (vraisemblablement) : azotates de soude ou de potasse, acétate de potasse, chlorate de soude ou de potasse, etc. Toutefois, à propos de ces derniers sels je dois dire qu'on a invoqué une action physique particulière, mise en lumière par certaines expériences de Poiseuille, et imaginé une théorie bien subtile de leur action diurétique.
Cet expérimentateur ingénieux ayant démontré, en effet, que l'écoulement des liquides dans les tubes inertes est favorisé par certains sels : le bromure de potassium, le nitrate dépotasse, l'azotate d'ammoniaque, etc., pensa que l'action diurétique de ces médicaments devait être toute mécanique, et se résoudre à une filtration plus rapide du liquide urinaire à travers son émonctoire, le rein.
Je demanderai alors aux partisans de cette théorie comment ils expliquent les échecs nombreux des sels neutres prescrits pour exciter la diurèse. Une loi physique est immuable, et toute action qui dérive de cette loi est constante. De telle sorte que, si le nitre agissait réellement en vertu de la loi de Poiseuille, il devrait avoir des effets invariables : or il n'en est rien.
Et puis voici que, d'après Poiseuille, l'alcool retarde l'écoulement des liquides dans les tubes : or c'est cependant un diurétique puissant.
Jusqu'à nouvel ordre, bornons-nous à croire que les sels neutres stimulent le rein en le traversant pour s'éliminer. L'organe répond plus ou moins à cette excitation, ou ne répond pas du tout; il en est ainsi de tous les actes vitaux qu'impressionnent très-différemment suivant les sujets leurs modificateurs désignés : c'est ce qui a donné lieu à la théorie de l'idiosyncrasie thérapeutique.
Classifications. Ce chapitre de l'histoire des diurétiques a singulièrement exeroé la sagacité des Ihérapeutistes : aussi bien la plupart ont-ils proposé une
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classiticalion différente et individuelle. Je n'entreprendrai pas de relater ici tous ces projets d'édifices à bâtir sur le sable, et je pense que le lecteur me saura gré de lui épargner la lecture de documents stériles.
On ne peut songer à classer dans un ordre bien naturel les diurétiques qu'autant que leur mode d'action propre sera parfaitement connu. Or, nous sommes loin, très-loin de cette connaissance approfondie. Le problème est complexe et il ne sera résolu qu'après des recherches patientes et nombreuses, dans des conditions d'une difficulté inouïe.
Donc je considère comme purement artificielles les classifications souvent citées de Golding Bird, qui divise les diurétiques en hydragogues, c'est-à-dire agissant sur les parties aqueuses de l'urine, et en nitragogues, c'est-à-dire augmentant l'excrétion d'urée; de Bouchardat, qui simplement les range sous deux titres : D. végétaux et D. minéraux; de Rabuteau et Sée, qui admettent 3 groupes : les diurétiques dialytiques, mécaniques et mixtes, ces derniers ayant un pied dans les deux camps, etc.
Si j'avais un choix obligé à faire dans les diverses classifications proposées jusqu'ici, j'opterais de préférence pour la division indiquée par Barrallier, laquelle a l'avantage de la simplicité, en même temps qu'elle s'appuie sur les données physiologiques les plus probables. Suivant ce médecin distingué, les diurétiques agissent : 1° en augmentant la masse du sang; 2° en modifiant mécaniquement la circulation; 5" en excitant directement la sécrétion rénale.
On pourrait, je crois, simplifier encore cette classification, car les diurétiques qui agissent en augmentant la masse du sang et ceux qui influencent mécaniquement la circulation ont au fond» le même mode d'action : ils donnent au fluide sanguin plus de tension : passive dans un cas, active dans l'autre.
De sorte qu'il n'y aurait en réalité, suivant cette manière de voir, que deux groupes de diurétiques : les uns, simples stimulants des éléments actifs, excréteurs, de la glande (cellules à bâtonnets) ; les autres, agents mécaniques augmentant la tension du sang dans les vaisseaux, et forçant les glomérules à plus d'énergie d'action.
Aux premiers on pourrait donner le nom de diurétiques vrais ou directs, ouragogues, le mot existe dans la littérature grecque : ohpa, âfco, et il aurait l'avantage de se rapprocher de vocables analogues usités en thérapeutique: sialagogues, galactagogues, etc.; toutefois, c'est malheureuseument un néologisme d'une euphonie impartaite ; les seconds seraient par contre les diurétiques indirects ou mécaniques.
Mais, en définitive, les agents des deux groupes ne sont que des stimulants, dont l'action porte tantôt sur les corpuscules de Malpighi, tantôt sur les éléments cellulaires des tubuli, et qui développent en outre dans le rein, primitivement ou secondairement, des modifications vasculaires : d'où il suit que leurs modes d'action intimes sont bien près de se confondre. En effet, toute action hypercrinique résulte nécessairement d'abord d'une excitation de l'organe sécréteur et ensuite d'un appel de sang propre à fournir les éléments de la sécrétion, ce qu'on traduit généralement par les mots de congestion physiologique.
II. Enumération. Premiî;re classe : agents mécaniques. Sous la réserve que ma classification est plutôt ici d'ordre didactique ou descriptif, voici l'énoncé des principaux médicaments diurétiques de ce groupe, dans lequel on peut, d'après ce qui vient d'être dit, introduire deux subdivisions : 1° les diurétiques
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par pléthore vasculaire ou transfusants ; 2" les diurétiques vaso-moteurs ou par tension active.
Premier groupe. L'eau et tous les liquides très-charge's d'eau, tels que : les tisanes d'orge, chiendent, queue de cerise, graine de lin, guimauve, saponaire, buglosse, bourrache; le petit-lait, les bouillons de veau et de poulet, l'oxycrat, les limonades, etc, etc., pris à haute dose, font uriner; ce sont les diurétiques aqueux, délayants, antiphlogisliques, des anciennes pharmacopées. Toutes ces substances sont réellement diurétiques à dose suffisante, mais elles doivent cette propriété plutôt à leur eau qu'à elle-même, à l'eau, puissant agent de diurèse, quoi qu'en ait dit Sandras, qui nie formellement cette action.
N'est-ce pas l'eau seule encore qui devient l'élément de diurèse dans cette grande classe des eaux médicales d'une minéralisation insignifiante, si vantées à bon droit dans bon nombre d'affections uro-génitales dans lesquelles il faut provoquer un flux d'urine propre à laver les voies urinaires : Contrexéville, Yittel, Évian, Saint-Simon (d'Aix), Capvern, etc., etc.?
C'est encore l'eau qui provoque la diurèse lors des cures de lait, de petitlait, de raisin. Et si l'on a reconnu parfois au sucre, à la manne, à la gomme, quelques vertus pour activer la diurèse, c'est sans doute, comme le remarque Barraillier, parce que ces substances agissent dans le sang par leurs qualités endosmotiques, attirant l'eau des tissus dans les vaisseaux et déterminant la pléthore vasculaire.
L'eau et les diurétiques aqueux sont indiqués dans les états fébriles pour débarrasser l'organisme des produits d'une combustion exagérée; puis chez les goutteux dont l'organisme est imprégné d'acide urique; dans certains cas d'hydropisie, alors qu'on redoute une action trop vive des diurétiques vasomoteurs ou stimulants ; dans les affections catarrhalesde la vessie et de l'urèthre à leur période aiguë; toutes les fois, en somme, qu'il faut rejeter au dehors les matériaux étrangers ou devenus étrangers à l'économie, et mondilier en quelque sorte nos tissus.
Deuxième groupe. Nous possédons un certain nombre d'agents ou de médicaments capables d'élever la tension vasculaire suffisamment pour accroître l'excrétion d'urine. Ces médicaments appartiennent naturellement à la grande classe des vaso-moteurs.
Je citerai en première ligne la digitale, la scille, l'ergot de seigle, le muguet, etc. , parmi les agents de notre matière médicale; et l'hydrothérapie froide, ou les applications du fioid, comme moyens de diurèse véritablement eîtîcaces.
Quelques mois maintenant sur chacune des substances médicamenteuses que je viens de nommer.
a. Digitale. Je considère les préparations de cette drogue comme les plus puissants diurétiques que nous ayons à notre disposition. Si l'on a discuté et si l'on discute même encore sur les modifications que la digitale apporte à la composition de l'urine excrétée sous son influence, nul, je crois, ne conteste son puissant effet diurétique, quand elle est bien maniée : toute la question réside, en effet, dans une tactique habile, si l'on veut réussir presque à coup sûr.
Nous ignorons, il faut bien l'avouer, son mode d'action intime sur le rein. Pour le professeur Vulpian, elle exciterait le tissu rénal, et « les parties de l'appareil vaso-moteur qui innervent les vaisseaux du rein n'entrent en jeu que d'une façon secondaire et sous l'influence du tissu rénal; cette excitation détermine, sans doute, en suspendant l'action tonique des centres vaso-moteurs des
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reins, une dilatation des vaisseaux de ces organes, et facilite ainsi la production de la diurèse » .
Brunton et Power donnent une théorie du même ordre. Pour ces expérimentateurs ce n'est pas l'excès de pression dans le glomérule de Malpighi qui produit la diurèse, c'est au contraire la dilatation des artérioles du rein. Et cette dilatalion est un effet de réaction après l'épuisement de l'action vaso-motrice de la digitale.
Pas davantage nous ne sommes bien fixés sur les modifications apportées par la digitale dans la composition de l'urine qu'elle fait excréter. Quelques auteurs pensent qu'elle rend l'urine plus aqueuse; d'autres assurent qu'elles diminue l'excrétion d'urée et d'acide urique (Bouchard) et des matières extractives (Ilammond). Toutefois, Maurel, qui, d'après de nombreuses expériences, admet presque que la digitale est notre seul diurétique, affirme qu'elle augmente à la fois l'eau et les matéiiaux solides de l'urine. Ce sont là de bien graves questions, fort difficiles à résoudre et qu'il faut remettre à l'étude.
11 n'est pas jusqu'aux indications de la digitale, en tant que diurétique, qui ne soient toujours controversées. Si tous les médecins la prescrivent dans l'anasarque symptomatique d'une alfection du cœur, beaucoup se refusent à l'ordonner quand l'hjdropisie résulte d'une maladie des reins et d'autres lui refusent toute action thérapeutique dans l'ascite, l'hydrothorax ou autres épanchemcnts dans les cavités séreuses.
La digitale est, suivant moi, un remède souvent héroïque dans l'hydropisie d'origine cardiaque; c'est bien là, en effet, sa meilleure application. Mais je ne puis admettre, avec J. Lozes, qu'elle donne les mêmes bons résultats contre l'anasarque par lésion rénale ou les hydropisies des cavités séreuses. Son action thérapeutique est ici tout à fait incertaine. On réservera donc surtout son emploi pour les cas d'hydropisies par cardiopathie.
Quelles sont les jwéparations de digitale à prescrire à titre de diurétique et les doses de ces préparations?
La macération et l'infusion de feuilles passent avec raison pour très-sûres dans leur action diurétique.
Hérard recommande aiux sujets affectés d'anasarque d'origine cardiaque la macération à froid de 1 à 2 grammes de feuilles dans 200 grammes d'eau. On en commence l'usage au bout de vingt-quatre heures, et il est bien rare que l'effet diurélique tarde plus de trois jours. On a vu des sujets rendre alors jusqu'à 6 litres d'urine dans la journée. Quand il y a intolérance gastrique, ce qui se traduit par des nausées et des vomissements, le remède doit être abandonné. Fernet conseille l'infusion de Ob'", 20 de feuilles dans d50-200 grammes d'eau, en 3-4 fois, surtout quand l'affection cardiaque est mitrale, et il donne comme critérium de 4'action thérapeutique l'effet diurétique dont il faut toujours s'assurer par la ;mensuration quotidienne des urines.
Ce moyen véritablement héroïque réussit malheureusement plus exceptionnellement dans les hydropisies non symptomatiques d'une maladie du cœur.
La digitaline, l'extrait alcoolique, la teinture, sont moins efficaces que l'infusion de feuilles.
b. Scille. Elle peut être mise au moins sur le même plan que la digitale, avec laquelle elle a, du reste, la plus grande analogie d'action pharmacodynamique.
Hirtz la prescrivait habituellement dans l'anasarque d'origine rénale et s'en
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louait beaucoup : sous forme d'extrait, en pilules de 0»'',05, et à la dose de 3 à 4 par jour.
C'est pour ce thérapeutiste distingué le plus puissant de nos diure'liques, et dépourvu de propriétés irritantes.
L'un des principes aciifs de cette plante, la scillitine [voij. ce mot), est également pourvue de bonnes propriétés diurétiques.
Son mode d'action est vraisemblablement celui de la digitale. D'après Voit, elle augmenterait l'excrétion de l'urée et des chlorures. Ilammond affirme au contraire la diminution du chiffre de l'urée excrétée.
L'extrait, la teinture, sont rangés en tête des préparations les meilleures, puis viendrait l'oxymel scillitique, moins actif.
c. Convallaria maialis. 11 résulte des expériences de deux médecins russes, Troitki et Boioiavlenski, que le muguet des bois agit sur le cœur et les vaisseaux à la manière de la digitale, déterminant comme elle le ralentissement des mouvements cardiaques et l'augmentation de la pression artérielle.
C'est aussi un diurétique de premier ordre, ainsi que ces expérimentateurs l'ont vérifié chez des sujets affectes de lésions cardiaques et infiltrés.
Les recherches cliniques de G. Sée sont venues confirmer récemment ces données et faire valoir hautement les mérites du nouveau remède.
Suivant le professeur Sée, le Convallaria maialis ou muguet constitue un médicament cardiaque des plus importants.
Et « dans toutes les affections cardiaques indistinctement, dès qu'elles ont produit l'infiltration des membres, et à plus forte raison une hydropisie générale, le muguet a une action évidente, prompte et sûre ».
Il l'emporterait même sur la digitale, en ce sens qu'il est mieux toléré que celle-ci par l'estomac, et qu'il fatigue moins le cœur. D'où cette conclusion terminale de Sée :
« Enfin, dans les cardiopathies avec hydropisie, le maïalis surpasse toutes les autres médications, sans même qu'on soit obligé d'y associer d'autres diurétiques, comme le lait ;) .
Le muguet serait en somme le type des diurétiques, si l'on s'en référait absolument aux paroles du professeur. Malheureusement d'autres cliniciens, et des plus autorisés, ont émis des doutes sur cette puissance si remarquable de la plante.
Ainsi Moutard-Martin n'a observé qu'une fois sur 4 cas l'action diurétique de l'extrait de muguet, et il se demande même si dans ce seul cas favorable la diurèse ne se serait pas produite spontanément. Et Ferrand conclut aussi de ses essais cliniques que le C. maialis « ne paraît nullement doué de propriétés diurétiques puissantes ».
C. Paul, enfin, qui, l'un des premiers, en France, expérimenta les préparations de muguet, ne leur attribue que des effets diurétiques incertains. 11 suppose donc que le C. maialis recueilli en Russie est plus actif que le nôtre, pour expliquer la divergence dans les faits observés par les médecins russes et français.
La meilleure préparation de muguet, suivant Langlebert, qui a bien étudié la
pharmacologie de ce médicnment, est l'extrait aqueux préparé au moyen des
fleurs et des tiges, additionnées d'un tiers de leurs poids de racines et de feuilles.
On le fait prendre à la dose de 1 à 2 grammes par jour.
Si l'efficacité du muguet vient à être rigoureusement démontrée, on aura tout
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avantage à prescrire, au lieu de l'extrait, le principe actif qu'il renferme, la Convallamarine^ découverte en 1858 parWalz, et préparée actuellement par un nouveau procédé plus commode que celui de ce chimiste, et imaginé par Tanret.
d. Caféine. Comme le café, recommandé, dès !l825, par Zwinger, et dont elle dérive, cette substance est un diurétique, et j'ajoute un diurétique énergique, dont j'ai maintes fois observé les bous effets dans les hydropisies d'origine cardiaque. Son mode d'action me parait être d'ailleurs le même que celui de la digitale. Elle accroît la tension des artères et ralentit le cœur.
D'autre part, elle augmenterait la proportion de l'eau dans l'urine et diminuerait la quantité de ses matériaux solides (Lehman).
Iluchard a particulièrement fait ressortir les mérites de ce médicament dans les cardiopathies, dans une communication récente à la Société de thérapeutique.
Il a bien montré son action prompte, qui s'établit le plus souvent en douze ou vingt-quatre heures, et allant jusqu'à faire rendre 3-4 litres d'urine; sou innocuité plus grande que celle de la digitale, dont il faut craindre parfois les effets accumulatifs ; sa facile tolérance.
La caféine doit être prescrite en nature, de préférence à ses sels, d'effets plus incertains, à la dose de 1 gramme et plus, par la bouche ou bien en injection sous la peau.
Dans ce dernier cas c'est à la solution de benzoate de caféine (Tanret) qu'il vaut mieux recourir :
Benzonte de soucie 26', 25
Caféine 2s',50
Eau, Q. S. I our 10 centimètres cubes.
Ce diurétique réussirait également fort bien dans les hydropisies par lésion de reins (Brackenridge).
e. Ergot de seigle. Ce médicament est parfaitement digne d'être rapproché des précédents, sous le rapport de son efficacilé comme diurétique, de même aussi qu'il s'identifie avec eux au point de vue de son mode d'action sur le rein.
INous devons à Laborde la démonstration expérimentale de la vertu diurétique de l'ergot de seigle, signalée par Wernich, d'après ses observations cliniques. Je crois qu'on pourrait le conseiller au même titre que la scille dans l'albuminurie.
Il faut prescrire l'extrait aqueux en potion ou pilule, à la dose de 1 à -4 grammes, ou bien en injection sous-cutanée : 10 centigrammes.
f. Bromure de potassium. C'est théoriquement, je pense, qu'on a doté ce sel d'une action diurétique, à titre de tonique vasculaire.
S'il possède l'action qu'on lui suppose, c'est plutôt comme stimulant direct du rein lors de son élimination par cet émonctoire. En tout cas, cette action reste à démontrer.
g. Moyens diurétiques. Mon énumération serait incomplète, si j'omettais de citer à la suite des médicaments diurétiques agissant par tension quelques moyens hygiéniques jouissant du même mode d'action et d'une influence comparable.
Le froid fait évidemment fonctionner les reins plus activement; en outre
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l'exercice est encore un moyen de diurèse. Et si les induences morales étaient d'ordre thérapeutique, il faudrait aussi en tenir compte à cetfe place.
Le froid paraît bien augmenter la diurèse, de même qu'il accroît les besoins d'uriner.
Quant à l'exercice musculaire, il provoque également une plus abondante émission d'urine, et celle-ci renferme de plus fortes proportions d'urée, d'acide urique, de phosphates et de créaline (Uitter).
De pareils moyens d'action sont précieux chez les rhumatisants et les goutteux et doivent faire partie de leur hygiène. Aussi bien leur recommande-t-on avec insistance les pratiques hydrothérapiques et l'exercice musculaire au grand air, qui les débarrassent de matériaux morbifiq lies toujours en formation et prêts à s'accumuler dans leur organisme.
DEuxmjiE CLASSE. Stimulants du rein. A cette classe appartiennent, suivant moi, les diurétiques vrais, ceux qui exaltent en réalité la fonction des reins, et, suivant la définition de Sandras, font rendre plus d'urine qu'il n'y a eu de liquide ingéré. Nombreux sont les agents qui font partie de ce groupe, mais aussi sous cette richesse apparente se cache encore une réelle pauvreté ; je pourrais presque dire un dénùment absolu, si l'on me demandait de citer ici des agents réellement puissants.
Sans doute notre matière médicale nous fournit beaucoup de bous médicaments diurétiques de cet ordre, toutefois aucun n'est comparable à ce merveilleux agent d'hypercrinie, le Pilocarpus pinnatiis oujaborandi, stimulant si puissant des glandes salivaires et sudorales, comme chacun sait.
Je rappelle que les diurétiques que je vais étudier agissent vraisemblablement sur le rein au moment de leur élimination à travers sa substance, augmentant sans doute l'activité fonctionnelle des cellules à bâtonnets et modifiant secondairement la circulation du sang dans l'organe, de façon qu'il suffise à sa fonction
exagérée.
Parmi les médicaments les plus précieux comme énergie diurétique, il faut citer les balsamiques, les sels neutres, les alcalins, les alcooliques, la cantharide, la blatte orientale, etc., que je vais étudier isolément avec quelques détails.
a. Balsamiques. Tous les médicaments de ce groupe, qui comprend les baumes proprement dits, substances renfermant de l'acide benzoïque, etc., et les térébenthines constituées par une essence et une résine, s'éliminent en partie à travers le rein, et l'analyse cbiujique la plus élémentaire suffit souvent à déceler la présence d'un de leurs éléments dans l'urine.
Aussi bien les propriétés diurétiques du copahu, du cubèbe, de la térébenthine, du cajeput, du baume du Pérou, du baume de tolu, du buchu, du genièvre, du matico, de l'essence de Santal, etc., etc., sont-elles incontestables et proportionnées aux doses de résine que renferment ces substances (Barraillier), ce qui se comprend sans peine, puisque cette résine est leur partie active, celle qui passe par le rein, et j'ajouterai à leurs doses d'acidt; benzoïque pour le même motif.
Dans ses essais qui remontent déjà à une époque éloignée, William Alexander avait observé sur lui-même que l'huile de genévrier produisait une diurèse constante et active.
Ces agents que je viens d'énumérer rendent les meilleurs services dans les affections catarrhales de la vessie et de l'urèthre, d'une part comme topiques contre l'irritation de la muqueuse enflammée, d'autre part pour débarrasser
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cette muqueuse de-3 produits de l'inflammation à l'aide d'un flux d'urine plus considérable. Le copahu a même été préconisé contre l'anasarquc par Taylor, en Angleterre, et d'autres praticiens ont vérifié les assertions de ce médecin. Le remède est d'ailleurs assez délicat à manier, mais réellement excellent.
Toutefois, je le répète, l'action diurétique n'est jamais bien considérable.
A côté de ces médicaments à résine je place les préparations de sureau {voy. ce mot), dont les propriétés diurétiques sont incontestables et doivent être attribuées à une substance résineuse qui agit sans doute aussi sur le rein par élimination.
On peut rapprocher de ces substances d'autres diurétiques assez en vogue : les préparations de stigmates de maïs, vantées à la fois comme anticatarrhales (Dufau) et diurétiques (Laiidiicux), cette dernière propriété contestée par Queirel et Castan; la décoction d'avoine [Thémonl] , yû'de contre l'anasarque cardiaque; la scoparine et la spartéine, principes retirés du genêt à balais, Sarathamniiis scoparius Wim., augmentant la diurèse, suivant Stenhouse et Merck; l'infusion du Juncus acutiis ou jonc des marais, préconisée par Marcailhou d'Aymerie pour combattre l'hydropisie ; le gui de peuplier, expérimenté avec succès par C. Paul, en infusion dosée à 75 grammes par litre d'eau; VArenaria rubra, proposé par Bertherand (d'Alger) et F. Vigier en 1878-1879; Voignon cru [Allium cepa L.), cité par Murray, Lanzoni, Serre (d'Alais), et plus récemment par Duprez, comme une ressource précieuse contre l'anasarque, quelle que soit sa source; la fuchsine, agent douteux de diurèse (Bcrtet), qui s'élimine par le rein et peut le stimuler. Tous ces médicaments ont été peu expérimentés jusqu'ici, et leur composition chimique et leur mode d'action sont généralement mal connus.
b. Sels neutres. Les auteurs citent les nitrates de potasse et de soude, les chlorates de potasse et de soude, l'acétate de potasse, mais l'on pourrait joindre à cette liste les sels neutres purgatifs.
Le nitrate de potasse, ou sel de nitre, est un diurétique banal jouissant de longue date de la réputation d'activer énergiquement le cours de l'urine. Aujourd'hui, il se fait une réaction assez vive contre cette idée traditionnelle, et voici que le nitre est considéié comme dépourvu d'action sur le rein.
Maurel lui reconnaît, tout au plus, la propriété d'augmenter la proportion des matériaux solides de l'urine, dans une assez faible mesure. Et, d'après Sée et Rabuteau, son action diurétique serait fugace et incertaine. Ce dernier auteur lui substituerait volontiers le nitrate de soude, plus actif selon lui, et facile à manier.
Quelques plantes dans lesquelles l'analyse chimique a démontré la présence du nitrate de potasse, telles que le tournesol, la bourrache, l'ortie, la pariétaire, la racine d'asperge, etc., sont rapprochées quelquefois des nitrates par les auteurs. Je me borne à signaler le fait matériel, car, à supposer que lesditcs plantes aient la moindre action diurétique, il faudrait la rapporter à l'eau dans laquelle on les a fait infuser plutôt qu'aux traces de nitrate qu'elles renferment, et q\n ne pourraient avoir qu'une action homœopathique, c'est-à-dire nulle. Semblables réflexions devraient être faites à proposdes eaux minérales nitrées, généralement faiblement chargées, et qui n'ont certainement pas pour principe actif les nitrates qu'elles renferment.
V acétate de potasse est supérieur, au point de vue de l'action diurétique, aux nitrates, suivant Golding Bird ; mais ce sel est brûlé dans l'économie et trans-
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formé en carbonate de potasse, c'est-à-dire qu'il agit comme les sels alcalins dont je parlerai dans un instant.
Le chlorate de soude l'emporterait sur tous ses congénères, comme agent de diurèse, au dire de Rabuleau.
Et, d'autre part, Maurel, dans ses expériences, a observé que le chlorate de potasse augmente la quantité d'urine et l'excrétion de ses matériaux solides.
Viirate de soude, suivant Heidenhain, injecté dans les veines d'un animal en solution concentrée, déterminerait une très-abondante diurèse.
Les sels neutres n'ont aucune application .spéciale dans la médication diurétique et sont de plus en plus délaissés par les praticiens.
D'autre part, la limonade sulfurique agit à la façon des petites doses de sulfate de soude, et V acide azotique comme ks azotates de potasse et de soude, puisque les acides sulfurique et azotique se transforment en sel de soude ou de potasse dans l'économie; enfin pour la même raison le vinaigre, préconisé sous le nom d'oxycrat (eau vinaigrée) par les Anciens, agirait comme les acétates de potasse ou de soude. Dallon, toutefois, conteste son effet diurétique (18-45).
De sorte que la section des diurétiques acides n'existe pas en réalité et se confond avec celle des sels neutres.
A la limite des sels neutres et des alcalins, il y a place pour Vacide henzoique et les benzoates, l'acide bcnzoïque agissant comme benzoate dans l'organisme.
Ces médicaments sont parfaitement diurétiques, mais fort peu énergiques.
On peut employer avec un certain avantage le benzoate de litbine contre la diathèse urique, la litbine étant alors surtout l'agent actif, mais il n'y a guère à compter sur l'acide benzoïque ou le benzoate de soude contre cette même dialbèse.
Un autre acide aromatique, Vacide salicijlique , et son sel le plus ordonné, le salicylate de soude, tout en étant à peu près dépourvus de propriétés diurétiques, modifient manifestement l'urine par élimination, puisqu'on en retrouve dans cette liumeur plus de 60 pour 100 de la quantité ingérée; ils activeraient l'excrétion de l'urée, des matières extractives (Boucbard) et des urates, ce qui justifierait encore leur emploi si merveilleusement puissant dans la goutte et dans le rhumatisme.
c. Sels alcalins. On cite généralement les carbonates de potasse et de soude, le carbonate de litbine, comme assez actifs, le bicarbonate de chaux.
Ce sont là de bons médicaments, nullement dangereux, quand on les administre avec prudence, rem.èdes désignés pour les arthritiques et les goutteux. Ils ont chez ces sujets le double avantage d'augmenter la solubilité des urates de l'nrine et d'épurer l'organisme de l'imprégnation urique, en favorisant l'excrétion de l'urée et de l'acide urique avec l'urine.
Ils donnent aux eaux alcalines naturelles leurs vertus principales. C'est, en effet, grâce à leurs carbonates alcalins, que les eaux minérales de Pougues, Vais, Vichy, Royat, Carlsbad, Ems, etc., produisent des effets si remarquables chez les goutteux et les sujets affectés de gravelle.
L'action diurétique de ces eaux est encore accrue par l'acide carbonique qu'elles renferment, pourvu, lui aussi, d'un bon effet diiu'étique, si l'on s'en réfère aux expériences de Quincke.
Je dois rapprocher des sels alcalins le suc de citron, préconisé par le médecin russe Trinkowski, car les sels de potasse et de soude que renferme ce suc se
12 DIURETIQUES.
transforment dans l'économie en carbonates de ces bases et agissent comme tels.
C'est e'galement en subissant une pareille métamorphose que les acides végétaux : citrique, t;irtrique, employés sous forme de limonades, agissent pour délayer l'urine chez les fébricilants ; ils doivent figurer dès lors dans la médication alcaline.
d. Alcooliques. L'alcool s'élimine certainement par l'urine, en faible proportion, à la vérité, 0,82 [lour 100 de la quantité ingérée (Thudichum).
Faut-il attribuer son action diurétique absolument certaine à son passage à travers les reins, ce qui est admissible, ou bien rend-il le sang plus apte à l'endosmose, c'est-à-dire plus propre à soutirer l'eau aux tissus, enfin doit-on chercher ailleurs une explication de ses effets sur le rein? C'est ce que je ne saurais dire.
Toujours est-il qu'il augmente la diurèse et modifie la composition chimique de l'urine, laquelle contiendrait moins d'urée, moins de chlorures et de phosphates.
Hammond, d'après quelques expériences sur lui-même, met cependant en doute cette propriété, disant que l'alcool est plus anurétique que diurétique. En cela, il est en désaccord avec la majorité des observateurs.
Des expériences identiquement de même ordre, faites par Rabuteau, entre autres, il résulte, en définitive, que l'alcool pris à dose faible fait bien excréter l'urine plus abondamment, c'est donc qu'il est diurétique.
Les liquides alcooliques ont évidemment la même action, et parmi eux je signalerai les vins, le vin blanc surtout, ou mieux certains vins blancs, d'Anjou, de Champagne, d'Alsace, du Rhin, de Bordeaux, dont l'action diurétique est populaire.
Les boissons alcooliques augmentent la diurèse, en même temps que le besoin d'uriner, et parmi les plus diurétiques il faut signaler principalement la bière, le Champagne, le cidre, le koumys, toutes les boissons fermenlées, en un mot.
Les indications des alcooliques n'ont rien de bien particulier. On les prescrit volontiers maintenant aux fébricitants, et ils ont alors le double avantage de soutenir les forces de ces sujets et de favoriser l'élimination des déchets de la nutrition par l'urine.
Le cidre est réputé comme une excellente boisson, s'opposant à la formation des calculs dans les voies rénales et dans la vessie.
Enfin l'alcool élhylique posséderait la propriété de favoriser l'élimination des poisons, de l'arsenic et de la strychnine tout particulièrement, et il passe encore pour un alexipharmaque de premier ordre, pouvant rendre de grands sercices même contre la morsure des grands serpents venimeux (J, Cloquet, Williams Paterson, J. Shortt).
Eau o.xyazotique. A côté des préparations alcooliques je puis placer un autre stimulant qui, comme elles, produit une ivresse particulière et doué manifestement de la faculté d'exciter la diurèse : c'est le protoxyde d'azote, ou plutôt sa solution dans l'eau, appelée eau oxyazotique.
Cette propriété de l'eau oxyazotique a été surtout mise en lumière par Ritter, en 1871.
A la dose de trois verres par jour, d'après Sée, qui a répété les expériences de ce chimiste, elle agit à coup sûr et provoque en même temps une abondante excrétion d'acide urique chez les sujets goutteux imprégnés de cet acide.
DIURÉTIQUES. i^
D'ordinaire, elle rend l'urine plus chargée d'urée, d'acide urique et de phosphates (Rilter).
Le protoxydc d'azote a sans doute sur le rein une action directement excitante, et l'eau oxyazotique agirait en somme à la façon des eaux gazeuses ordinaires.
Ce ne sont là que de simples hypothèses, car la science n'est nullement fixée sur les métamorphoses qu'il peut subir dans l'organisme animal, pas plus que sur son élimination de cet organisme.
A priori, c'est un diurétique à conseiller aux goutteux et aux sujets qui éliminent mal les urates et l'acide urique, et peut-être aux albuminuriques, auxquels nous avons si peu de ressources à offrir.
e. Cantharides. Blattes. La cantharidine s'élimine certainement par les reins, et elle va même jusqu'à déterminer l'inllammation de ces organes. Quand son action topique est fort légère, elle devient diurétique, aussi quelques médecins ont-ils été jusqu'à prétendre que l'action des vésicatoires dans la pleurésie relevait plutôt de la diurèse cantharidienne que de la révulsion produite sur la peau par l'agent vésicant.
Quoi qu'il en soit, c'est à titre de simple renseignement que je mentionne cette propriété des cantharides, que nul médecin, avecjuste raison, ne met jamais à profit. D'ailleurs, il est si facile de dépasser la mesure et d'empêcher au contraire le cours de l'urine, que je ne conseille à personne de recourir à celte substance dangereuse.
Là Blatta orientalis, insecte qui passe également pour jouir de vertus diurétiques comme la canlharide, a au moins l'avantage d'être d'un emploi inoffensif. C'est même un remède populaire en Russie, dans l'hydropisie.
Aussi bien nous a-t-elle été recommandée par deux médecins de ce paj's, Kouprianov et Bogomolov, élèves de Bolkin.
Suivant eux, la blatte réussirait à merveille chez les albuminuriques, nonseulement pour les débarrasser de leur anasarque, mais aussi pour diminuer l'albuminurie. La dose de poudre à prescrire est de 30 à 60 centigrammes.
Koehler a vérifié de son côté l'action diurétique de la blatte et son efficacité contre l'hydropisie.
Toutefois, dans ses quelques esssais cliniques, C. Paul a été moins favorisé que ces médecins étrangers, et les résultats obtenus par lui n'ont rien d'encourageant.
f. Astringents. Le tannin est le type des diurétiques astringents. Cette vertu spéciale est contestée par Mitscherlich, lequel admet au contraire qu'il rend l'urine plus rare, tout en augmentant sa richesse en acide urique et acide phosphorique.
En tout cas, la propriété diurétique du tannin a été plutôt admise jusqu'à présent sur la foi des auteurs qu'en raison d'expériences physiologiques bien conduites. Considéré comme un astringent, il est devenu par cela seul un aèrent de diurèse.
Quoi qu'il en soit, il n'y aurait rien d'impossible à ce qu'il eiàt cette propiiété. 11 s'élimine par l'urine, sous forme d'acide gallique, c'est donc qu'il peut exciter le rein en passant; et, d'autre part, Rosenstein et Rossbach viennent de lui reconnaître des effets vaso-dilatateurs directs sur les capillaires, ce qui n'en fait rien moins qu'un astringent, effets capables de favoriser la diurèse, laquelle exige, comme nous le savons, un certain état de congestion physiologique pour se produire et se développer.
14 DIURETIQUES.
Uacide gallique a les mêmes propriétés dilatatrices des vaisseaux sanguins et, comme le tannin, il s'élimine par les reins : c'est donc qu'il doit agir à la façon de ce dernier médicament.
Il faut rapprocher du tannin les plantes qui le contiennent, citées dans les anciennes pharmacopées comme diurétiques astringents : la bistorte, la racine de fraisier, la tormentille, la benoile, l'uva-ursi (qui, dit-on, renferme de l'acide gallique), la myrtille, etc., etc.
Les diurétiques astringents n'ont que des applications médicales douteuses. On peut les })rescrire à lilre de révulsifs, pour ainsi dire, afin de modérer la sécrétion sudorale excessive et les irritations catarrhales du tube digestif.
On a vanté beaucoup l'action du tannin et de l'acide grdiique, à la vérité, dans l'albuminurie ; mais la démonstration n'est pas faite de leur efficacité. Pour mon compte, dans la maladie de Bright, j'ai toujours vu ces agents inutiles et parfois dangereux, au point de provoquer de véritables accès de colique néphrétique.
Peut-être les préparations tanniques seraient-elles plus indiquées dans les empoisonnements par les alcaloïdes organiques, puisqu'il paraît avéré qu'elles retardent (je ne dis pas empêchent, comme certains auteurs) l'action toxique et favorisent ensuite l'élimination du poison.
On a citéj en effet, quelques observations favorables au tannin, dans l'empoisonnement par la morphine ou par la strychnine {voij. ces mots).
Il faut d'autres preuves, néanmoins, que celles qu'on a données jusqu'ici, pour justifier cet emploi, au moins dans les empoisonnements graves.
III. Indications et contre-indications. J'ai donné déjà à propos de chacun des principaux diurétiques leurs usages particuliers, je n'étudierai donc dans ce paragraphe que les indications et les contre-indications générales de la médication diurétique.
Les grandes indications des diurétiques sont habituellement posées de la façon suivante :
1° Agents stimulants, ils ramènent au taux physiologique la fonction des reins languissante et s'appliquent au traitement de l'oligurie ;
2° En exagérant la sécrétion de l'urine, ils dissipent les œdèmes, combattent l'hydropisie des cavités séreuses et sont nos meilleurs anthydropiques ;
3° En activant le flux urinaire, ils favorisent l'élimination des déchets organiques qui souillent l'organisme et rejettent au dehors les composés toxiques accidentellement introduits dans l'économie;
4° Ils rendent l'urine plus aqueuse et moins irritante pour les voies urinaires enflammées ;
5° Ils augmentent l'action dissolvante de l'urine pour certains de ses principes salins, et ils favorisent ainsi leur élimination;
6° Ils deviennent, en pénétrant dans l'urine, des topiques médicamenteux, utilisables contre les maladies catarrhales des voies génito-urinaires ;
7° Ce sont enfin des agents de révulsion.
1° Traitement de Vanurie et des néphrites. Il existe, suivant Bouchardat, une oligurie essentielle par parésie des reins, qui nécessite l'emploi des diurétiques.
C'est l'eau qui manque dans l'urine des malades affectés de cette oligurie, car ils excièlent la quantité normale des autres constituants urinaires. 11 est donc indiqué de recourir en pareil cas aux diurétiques aqueux, ou bien aux diuré-
DIURÉTIQUES. 15
tiques mécaniques, et même aux pratiques hydrothérapiques, pour stimuler le fonctionnement des glomérules.
Dans l'oligurie symptomatique d'un état fébrile, c'est encore aux boissons dites délayantes qu'il faudra s'adresser, ou bien aux diuréti(|ues acidulés et même dans certains cas, surtout dans les pyrexics et quelques phlegmasies, aux alcooliques. Suivant la remarque d'Ilippocrate, la polyurie juge la crise.
Quand il s'agit d'une anurie cantharidienno, les diurétiques émollients, les diurétiques alcalins, sont particulièrement indiqués.
Enfin, dans Voligurie des femmes grosses, signalée récemment par Fabre [Gaz. hop., décembre 1885), d'où résultent l'iiydro-amnios et. comme conséquences de celle-ci, les présentations vicieuses du fœtus, les hémorrhagics de la délivrance, etc., l'emploi des diurétiques, du lait surtout, des alcalins, réduirait sans doute l'hydropisie de l'amnios et permettrait à l'accoucheur de rendre la présentation meilleure, d'une façon définitive, et d'éviter l'hémorrhagie qui suit l'accouchement.
Dans les néphrites, les diurétiques émollients et alcalins, moyens aidés de la diète lactée, serviront encore, lors de la période aiguë, à rétablir le fonctionnement des reins.
Mais dans les formes chroniques de ces inflammations il est parfois nécessaire de recourir à quelques diurétiques énergiques pour combattre l'anurie. J'ai dit déjà que Ilirtz se louait beaucoup delà scille,et que d'autres médecins s'étaient bien trouvés de prescrire l'ergot de seigle, la Blatta orientalis ou la fuchsine (Bouchut, voy. ce mot).
Toutefois, il faut bien reconnaître que ces remèdes énergiques ne doivent être prescrits qu'exceptionnellement aux albuminuriqnes et dans les néphrites chroniques. Nous n'avons malheureusement contre ces dernières affections, il faut bien le reconnaître, que de bien pauvres moyens thérapeutiques, et nous devons assister le plus souvent à l'évolution du mal presque les bras croisés, bornant notre intervention à faire fonctionner plus activement de temps ù autre les régions du rein encore intactes .
Christison assure néanmoins qu'on aurait grand tort d'abandonner l'usage des diurétiques dans l'albuminurie, et il se montre partisan de la digitale, de la scille, du bitartrate de potasse, dans le traitement de cette maladie, médicaments qu'il considère comme propres à diminuer la proportion d'albumine de l'urine. Parlant du principe de la digitale, il dit : « lia digitaline, qui stimule les reins à une sécrétion exagérée, n'a donc pas, comme on l'a dit de la digitale et des autres diurétiques en général, l'inconvénient d'aggraver l'irritation rénale particulière qui constitue ou occasionne la maladie de Bright ».
Et Gairdner, grand partisan des diurétiques salins, aidés des préparations de fer et de digitale, dans la né[ihrite albumineuse, affirme que là où ces remèdes échouent la maladie est incurable.
Ces réflexions, vraies sans doute pour la néphrite catarrhale, ne sauraient, suivant moi, s'appliquer à la néphrite parenchymateuse.
Hirtz, cependant, n'hésite pas, même dans ce dernier cas, à proposer les diurétiques, afin, d'une part, de dégorger la glande malade par la stimulation fonctionnelle, et ensuite pour combattre l'hydropisie, l'ennemi tout à fait redoutable dans l'albuminurie. J'ajouterai : pour désobstruer les canalicules rénaux encombrés par les produits de l'inflammation.
2** Traitement deshydropisies. Un flux d'urine abondant peut débarrasser
16 DIURÉTIQUES.
un hydropique des liquides épanchés dans ses tissus, c'est pourquoi les médecins tentent normalement d'exciter une violente diurèse dans les cas d'hydropisies.
Je viens de dire combien nous sommes désarmés en présence d'une néphrite chronique; j'ajoute que notre embarras redouble quand celte affection amène l'anasarque. La diète lactée, l'ergot, la scille, la blatte, la fuchsine, ont été indiqués en pareil cas, mais leur efficacité n'est rien moins que siire.
Au contraire, lorsque l'anasarque est symptomatique d'une maladie du cœur, nos ressources sont beaucoup plus grandes. La digitale, la caféine, ainsi que je l'ai dit, deviennent entre les mains de médecins habiles de merveilleux médicaments.
Dans la leucophlegmasie à frigore, sorte d'anasarque essentielle dont j'ai vu un certain nombre d'exemples, les diurétiques agissent bien, et ici on n'a pour les prescrire que l'embarras du choix. On s'adressera de préférence aux vasomoteurs, qui renforcent l'action du cœur et rendent de la tension active aux vaisseaux capillaires. Parfois, la simple infusion de café s'est montrée utile en pareils cas [Bull, de thérap., t. XVI, 1859).
Brachet a pu, également, recourir avec avantage aux diurétiques dans un cas d'anasarque consécutive à une diarrhée chronique.
Ces agents sont certainement beaucoup moins puissants dans les lujdropisies localisées.
Ils constituent en pareilles circonstances de simples adjuvants sans grande valeur curalive.
On les conseille à ce titre dans l'hydrothorax et la pleurésie et dans l'ascite. Quand cependant celle-ci est essentielle, on peut la guérir, suivant Chrestien (de Montpellier), et Robert Christison (d'Edimbourg), par de simples frictions avec un mélange à parties égales de teintures de scille, digitale et savon.
Et j'ai cité à l'article Sureau des faits montrant lexcellente action thérapeutique de l'écorce de cette plante contre l'ascite même symptomatique.
Mais dans Vhydrocèle, dans les hydarthroses, leur rôle me paraît absolument nul, malgré l'assertion contraire de Lisfranc, qui prescrivait en pareil cas l'emploi du nitre et de l'oxymel scillitique.
5° Action dépuratioe. Élimination des poisons. Les diurétiques aqueux, en entraînant avec l'urine les déchets organiques résultant de combustions exagérées, telles que celles qui se produise^it sous l'influence de la fièvre, ou d'une dénutrition rapide, ont en somme une action dépurative des plus utiles. Hirtz donnait dans les pyrexies, de préférence aux boissons délayantes, la digitale, pour profiler encore de ses propriétés antipyrétiques. Les alcooliques rendraient les mêmes services.
Ces mêmes diurétiques aqueux et alcooliques sont encore d'excellents moyens d'entraîner au dehors les agents toxiques introduits dans l'organisme : les alcaloïdes organiques, particulièrement, qui s'éliminent en grande partie par les reins, et certains sels métalliques toxiques, plomb, mercure, ainsi que d'autres poisons qui s'échappent également par cet émonctoire.
Orfila, qui a le premier conseillé celle pratique, recommandait le mélange suivant comme boisson diurétique dans les empoisonnements :
Eau de Sellz 4 litres.
Vin blanc 230 cenlilities.
.\itra te de potasse 10 grammes.
DIURETIQUES. 17
Lecanu, dans un cas d'intoxication par l'arsenic, a prescrit avec succès le nitrate de potasse et les purgatifs.
C'est sans doute comme diurétiques qu'agissent encore les limonades minérales dans les intoxications saturnine et mercurielle.
4" Action tempérante et médicatrice sur la muqueme des organes ge'mtourinaires. Au moment de la période aiguë d'une alTection catarrliale de la muqueuse des voies génito-urinaires, le médecin prescrira avec avantage les diurétiques aqueux pour rendre l'urine moins irritante, et en faire ce que l'on nomme parfois une urine de boisson. Plus tard, dans la période subaiguë de cette même affection, il aura recours aux balsamiques, dont l'action topique vulnéraire sur la muqueuse enflammée se manifestera par l'intermédiaire de l'urine.
5° Prophylaxie des affections calculeuses. Nombre de diurétiques ont été préconisés dans ce but. On comprend facilement la possibilité d'une pareille action, lorsqu'on se reporte à la faculté que possèdent beaucoup d'entre eux de rendre l'urine plus aqueuse et d'ajouter ainsi à ses propriétés dissolvantes pour ses constituants chimiques d'une faible solubilité : l'acide uriquc et les urates, les phosphates calcaires.
Toutes les boissons aqueuses produisent ce résultat. On n'ignore pas que les grands buveurs d'eau sont rarement aflëctés de la pierre ou de la gravelle. Et l'on cite parmi les autres diurétiques ayant cette spécialité d'action le genièvre [voy. ce mot), très-vanlé autrefois comme lithontriptique; les alcalins, particulièrement les carbonates de soude, de potasse, de lithine, ces lithontriptiques classiques surtout contre la gravelle urique, ainsi que l'eau oxyazotique ; les préparations de maïs; les eaux de Vittel, Conlrexéville, utiles surtout dans le cas de gravelle phosphatique.
7» Révulsion. Les diurétiques ont encore été conseillés par Martin-Solon, contre les accidents nerveux de la dentition, chez les enfants, à titre de révulsifs (Bull, dethérap., t. XVI, p. 257).
La polyurie juge souvent, en elfet, même les attaques ou crises nerveuses de l'hystérie et de l'épilepsie.
Il est donc possible qu'en provoquant artificiellement cette polyurie on puisse hâter la disparition des troubles nerveux éclamptiques. Si une pareille action thérapeutique était bien démontrée, il faudrait s'adresser aux médicaments dont l'action est prompte et énergique : sels neutres, balsamiques, alcooliques, digitale ou scille, caféine.
Dans la diarrhée chronique, cette même révulsion par les diurétiques a sa raison d'être, puisqu'elle concentre pour ainsi dire le fluide sanguin et le rend moins apte à fournir du liquide à l'intestin. Il est, en effet, démontré que les sels neutres purgatifs n'ont aucune action cathartique quand ils provoquent de la diurèse.
Le nitre, le chlorate de potasse, les diurétiques dits astringents, les sels neutres purgatifs, sont les médicaments à conseiller en pareilles circonstances.
L'action spoliatrice légère, déterminée par les diurétiques, est aussi mise à profit dans d'autres diacrises : bronchorrhée, sialorrhée, galactorrhée, sueurs profuses, en vertu de cette loi de balancement qui régit les sécrétions glandulaires et les rend inverses l'une de l'autre. C'est encore aux sels neutres, aux astringents, qu'on peut recourir ici; mais
DICT. ENC. XXX. 2
18 DIURETIQUES.
les toniques vasculaires, la scille, la digitale, l'ergot de seigle, les balsamiques, surtout dans la bronchorrhée, rendent aussi d'utiles services.
Ces mêmes médicaments auxquels on peut joindre les alcalins, réussissent encore très-bien dans le rhumatisme articulaire aigu, toujours à litre de révulsifs, modérant la sueur, hâtant la résolution des épanciicments séreux intraarticulaires ou autres et purifiant l'économie de ses souillures morbides.
Pareils résultats s'observent aussi dans la goutte articulaire, qu'on traite avantageusement par deux diurétiques incertains : le colchique et le salicylate de soude.
Enfin, j'indiquerai avec Alibert l'usage des diurétiques dans les dermatoses rebelles. En exerçant une dérivation vers les reins, ils favorisent la guérison de la maladie de peau.
Quand la médication diurétique est applicable au traitement des maladies, elle n'offre que de rares contre-indications, tirées surtout de l'état cachectique des sujets, de leur faiblesse, ou de lésions gastro-intestinales, enfin de l'état congestif ou inflammatoire des reins. Ces contre-indications s'expliquent d'ellesmêmes, ce qui me dispense d'entrer dans aucun développement à leur sujet.
IV. Formulaire. On associe souvent entre eux les diurétiques, soit pour renforcer leurs effets propres, soit pour répondre à plusieurs indications à la fois. De là sont nées une multitude de formules que met à profit la médication diurétique. Je reproduirai ici seulement les principales de ces formules, d'un usage encore habituel aujourd'hui et dont la valeur a été démontrée par une Ion gue expérience clinique. Elles pourront servir de type à des variantes facile à établir dans la pratique médicale.
\° TISANES DIURÉTIQUES
«• Scille 1 gramme.
Genièvre 15 ^
Polygala 10
Concassez ces substances, failes-les bouillir dans eau, 300 grammes, jusqu'à réduction ii 250 grammes, pa^sez et ajoutez :
Éther nitrique 2 grammes.
Sirop de sucre 50
A prendre par cuillerée à soupe toutes les deux heures, dans l'albuminurie (Bouchardal).
b. Digitale 2 grammes.
Sucre 20
Mêlez et triturez, et ajoutez :
Oxymel colchique fO grammes.
c. Feuilles et fleurs d'ulmaire 30 grammes.
Eau 1000
On prépare d'une façon identique la h'sane apen7tt)e, remplaçant l'ulmaire j;ar lamême proportion Au mélange connu sous le nom àes cinq racines apéritives.
Ces cinq racines sont celles de fenouil, de petit houx, d'ache, asperges et persil, aa : 52 grammes, intimement mélangées.
On fait infuser pendant quatre heures la quantité voulue de ces racines : 20-50 grammes dans un htre d'eau. La tisane ainsi obtenue est généralement sucrée avec le sirop des cinq racines, à la dose de 100 grammes par litre.
Ce sirop sepiépare, d'après le Codex, avec 100 parties de chacune des cinq racines, 200 grammes de sucre, eau 5000 grammes.
On ajoute 1 gramme d'acétate de potasse par 20 grammes de sirop.
DIURETIUUES.
(l. Espèces apéritives 20 grammes.
Pariétaire 10 —
Laisser infuser une demi-heure dans 1000 grammes d'eau bouillante, ajouter :
Nitrate de potasse.. .
Sirop des cinq racines
2 grammes.
e. Tisane de chiendent lOOO grammes.
Acétate de potasse. .
Sirop des cinq racines
/". Bicaibonate de potasse Nitrate de potasse. . .
Infusion de genièvre.
5 grammes.
g. Feuilles de Buchu Eau bouillante. . .
30 grammes.
2° POUDRES DIURÉTIQUES