DORE MA
ramifiée; ce qui donne à ces inflorescences un aspect tout particulier. Mais nous avons montre qu'on ne peut accorder à ce caractère une véritable valeur générique. Les fruits sont d'ailleurs tout à fait ceux d'une Férule ou d'un Peucédan, avec des bandelettes solitaires dans les vallécules et souvent fort peu épaisses. Comme, d'autre part, depuis la publication dans ce Dictionnaire des articles Asa fœtida et Férule, nous avons rénni ces dernières au grand genre Peucedanum, nous ne faisons plus des Dorema qu'une section ou sous-genre des Peucedanum. Le type de cette section est la plante qui était jadis considérée comme produisant seule la Gomme- Ammoniaque des officines; nous verrons qu'actuellement il y en a au moins une autre espèce à laquelle nous devons une partie de ce médicament.
Le Dorema Ammoniacum Don est donc le Peucedanum Ammoniacum H. Bn. [Diserneston gummiferum Jaub. et Spach). C'est une grande herbe vivace, dont la tige atteint 2 ou 5 mètres de haut et s'atténue graduellement de la base au sommet. Sa portion supérieure est teintée ou tachée de pourpre, principalement au niveau des nœuds, et chargée d'abord d'un fin duvet blanc qui se détache facilement. Ses branches latérales s'échelonnent tout autour d'elle, au nombre d'une douzaine, de façon à donner à l'ensemble une forme pyramidale. Les feuilles sont peu nombreuses; quatre ou cinq d'entre elles sont basilaires. Leur pétiole se dilate inférieurement en une large gaine, et leur limbe est bi-tripinné, à pinnules irrégulièrement oblongues, triangulaires, ou les latérales subtrapézoïdales, aiguës ou un peu obtuses au sommet, plus ou moins obliquement coupées à la base et comme décurrentes sur les nervures. Sur la tige, les feuilles sont espacées en petit nombre, réduites à de larges gaines embrassantes, de couleur pâle, souvent réfléchies au sommet, qui porte un limbe plus ou moins rudimentaire ou en est dépourvu. Les fleurs sont groupées en petites inflorescences, échelonnées sur les côtés de l'axe principal, stipitées et représentant chacune une ombellule globuleuse, couverte d'abord d'un duvet blanchâtre. Les pétales sont blanchâtres, et l'ovaire est couvert d'un épais duvet. Le fruit est courtement stipité, ovale, très-comprimé parallèlement à la cloison, laineux ou glabre; à méricarpes aplatis, souvent tordus, d'un brun pâle, bordés de jaune, avec des bandelettes solitaires dans chaque vallécule, et deux qui répondent à la commissure.
Cette plante habite la Perse austro-occidentale, surtout près de Yedekhâst, et s'étend jusqu'au nord du pays, au travers du Kohistan et du Korassan, notamment aux environs d'Hérat et à Gorion où elle a été observée à une altitude de 4000 mètres, puis dans les plaines arides qui bordent au sud la mer d'Aral. Elle a été introduite en Europe et se cultive quelquefois dans nos jardins botaniques. Jeunes, ses feuilles sont entièrement blanchâtres, et la plante, surtout quand elle est frappée des rayons du soleil, dégage une légère odeur de gommeammoniaque.
Toutes les parties de cette espèce sont gorgées d'un suc laiteux qui s'écoule en abondance, à certaines époques, par les plus petites incisions. On dit qu'il s'échappe de la tige, non par des plaies faites de main d'Iiomme, mais par des piqûres d'insectes. Nous avons récolté sur la plante cultivée dans nos jardins une petite quantité de ce suc. En Perse, le liquide exsudé se concrète sur la tige elle-même, ou bien tombe et se solidifie sur le sol; il constitue ainsi des larmes de gomme-ammoniaque, qui sont récoltées à la fin de juin, conservées isolément ou rapprochées en masses, puis envoyées à Ispahan, ou dans l'Inde,
exportées ensuite par le port de Bombay. Il paraît qu'une certaine quantité entre aussi en Europe par la voie d'Astrakan. Le fruit, attaqué par des insectes, peut aussi donner de la gomme-ammoniaque ; on le voit souvent mélangé au produit dans certaines sortes qui arrivent de Bombay.
LeDorema Aucheri Boiss. (D. robustum Loft. — D. Ammoniacuni Loft., nec Don) est le Peucedanum Aucheri H. Bn. C'est une espèce voisine de la précédente, et qui s'en distingue surtout par ses tiges moins élevées, les divisions plus étroites de ses feuilles, leur couleur plus sombre, des fleurs à pétales jaunes et des fruits ovales-oblongs, longuement stipités, avec des bandelettes nulles ou peu visibles dans la commissure. Cette espèce est répandue aux environs d'ispahan et dans les provinces occidentales de la Perse. Elle donne, dit-on, de très-bonne gomme-ammoniaque, en larmes plus petites et plus colorées que celle du Peucedanum [Dorenia) Ammoniacum. H. Bn.
Bibliographie. — Berg et Scnsf., darst. offtc. Gew., t. 26, c, e, — Bentl. et Trim., Med. plants., n. 150 (151). — II. Bn, Hist. des jAant., YII, 99, fig. 88; Tr. bot. médic phanér., 1042, fig. 2856. H. Bn.
Dorer (André). Médecin allemand, né près de Henneberg, le 24 mars 1557, reçu docteur à Bàle en 1584, puis nommé professeur de médecine à Leipzig et médecin de Christian 11, électeur de Saxe, mourut le 26 avril 1622. U est l'auteur de plusieurs opuscules parmi lesquels nous citerons, d'après la Biographie médicale :
Uspi Twv |y XExXvj Tpu/xaTwv xatrà tov 'lmzoxp«rriv. Bâie, 1584, in-4''. L. Es.
DOREURS. ARGEXTEURS ( HvGIÈNE PROFESSIONNELLE). A. Doreurs.
Les divers procédés de dorure comprennent la dorure au feu et au mercure, la dorure par voie humide ou au trempé, la dorure par l'électricité ou galvanique, la dorure à la feuille.
1. Dorure au mercure (Doreurs sur métaux). Ce procédé, qui n'est applicable qu'aux métaux attaquables par le mercure, tels que le cuivre, l'argent et les alliages de ces métaux (bronzes ou laiton), consiste à enduire le métal à dorer d'une couche d'amalgame d'or qui est ensuite décomposé par la chaleur pour en chasser le mercure.
On peut diviser en quatre parties les opérations de la dorure au mercure : 1° la préparation de l'amalgame d'or; 2° la préparation des pièces et bronzes; 5° l'application de la dorure ; 4° la mise en couleur et brunissage.
a. Préparation de V amalgame d'or. L'amalgame employé renferme environ deux tiers d'or et un tiers de mercure. On le prépare en versant du mercure sur de minces lames d'or placées dans un creuset chauffé au rouge, et en brassant le tout avec une tige de fer jusqu'à dissolution complète de l'or. L'amalgame, versé dans l'eau, se sépare à l'état pâteux de l'excès de mercure qu'il contient, et dont on le prive totalement en le comprimant dans une peau de chamois. Selon, du reste, qu'il est destiné à la dorure de l'argent ou du bronze, l'amalgame est préparé à l'état plus ou moins liquide, c'est-à-dire qu'on y laisse plus ou moins de mercure en excès.
Cette préparation de l'amalgame d'or est une opération qui présente des dangers sérieux pour la santé des ouvriers. Chaque ouvrier, en effet, prépare lui-même l'amalgame qui lui est nécessaire et se trouve ainsi directement soumis à l'action du mercure.
b. Préparations des pièces et bronzes. Avant d'être dorées, les pièces subissent diverses opérations: le recuit ou chauffage au rouge et refroidissement à l'eau, qui a pour ol.jct de détruire les corps gras dont elles pourraient être recouvertes ; le dérocliage ou passage au bain acidulé, afin d'enlever l'oxyde formé par le recuit, et le décapage ou passage des pièces dans l'acide nitrique additionné ou non de sel marin, qui a pour but de les nettoyer entièrement. Pendant ces préparations, les ouvriers sont exposés à tous les inconvénients du contact avec les acides et de l'inhalation de vapeurs irritantes. Ces inconvénients ont été étudiée aux articles Décapage et Dérochage de ce Dictionnaire : nous n'y reviendrons donc pas ici. Quant aux mesures de précaution à prendre, elles peuvent se résumer dans les conditions générales suivantes : l*^ Munir d'un vitrage mobile la hotte sous laquelle se font le dérochage et le décapage, de manière que les vapeurs acides ne puissent se répandre dans l'atelier ; au besoin activer le tirage par un fourneau d'appel ; 2** ventiler l'atelier de décapage et fermer ses ouvertures sur les propriétés voisines ou sur la voie publique; 5° rendre le eol de l'atelier imperméable; 4" diluer dans deux ou trois fois leur volume d'eau ou neutraliser les eaux acides provenant du dérochage.
c. Application de la dorure. La pièce ayant été lavée à l'eau et séchée à Ja sciure de bois chaude, on la frotte avec un gratte-bosses (pinceau de fils de laiton) que l'on trempe d'abord dans une dissolution de nitrate acide de mercure. Avec l'extrémité du gratte-bosses on prend l'amalgame d'or sur un bloc en bois où on l'a étendu, au doigt, en couche assez mince. Cette opération est répétée autant de lois que cela est nécessaire pour que la pièce soit entièrement recouverte.
Après un lavage à l'eau et un séchage, l'objet à dorer, qui a pris la couleur du mercure, est placé sur un feu de charbon de bois et porté à une température suffisante pour volatiliser le mercure. C'est ce qu'on appelle le passaye à la forge.
L'ouvrier qui l'exécute doit retourner très-souvent la pièce pour qu'elle chauffe régulièrement. H lui faut aussi la brosser fréquemment, au moyen d'une brosse de crin, s'il s'agit d'une pièce en bronze, ou la cotonuer (la frotter avec un tampon de coton cardé), dans le cas oli l'objet est en aigent: le tout afin d'égaliser le plus possible l'amalgame d'or qui, sous l'action de la chaleur, coulerait sans celte précaution et donnerait une dorure d'épaisseur inégale.
Après le passage à la forge, la pièce à dorer est d'un jaune mat, très-pâle, l'or qui la recouvre contenant encore un peu de mercure. On lui fait alors subir le polissage au feu. La pièce lavée et giatte-bossée est de nouveau chauffée, mais cette fois plus fortement, et sans être brossée.
L'application de l'amalgame d'or par le feu est une opération des plus dangereuses pour les ouvriers, en raison des vapeurs mercurielles qui se dégagent pendant l'opération.
L'influence nuisible de ces vapeurs se manifeste pour les ouvriers doreurs par un tremblement qui va jusqu'à les empêcher de porter leurs aliments à la bouche. La plupart sont hâves, chétifs, eu proie à une anhélation marquée. Ils ont les gencives irritées, tuméfiées, et les dents souvent déchaussées, accidents parfois portés à un degré extrême du mercurisme professionnel {voy. art. Maladies mercurielles).
Quelques-uns présentent sur les mains et les avant-bras des éruptions vésiculo-
ulcéreuses et parfois aussi des bulles de rupia. D'autres fois on rencontre des ulcères atoniques que le contact des acides a contribué à développer et rend très-douloureux.
Les accidents professionnels presque inévitables auxquels sont exposés les doreurs au mercure constituent la principale raison qui fait que ce mode de dorure tend à disparaître de plus en plus.
Il est vrai de dire, toutefois, que les précautions apportées dans les opérations et surtout dans le passage à la forge des pièces peuvent prévenir en grande partie les inconvénients que nous avons signalés.
D'autre part, les procédés ont pu être modifiés de façon à se passer complètement, pour ainsi dire, de la présence de l'ouvrier. Tel est, par exemple, le procédé Henri Dufresne, mis en usage par Masselotte (de Paris). Dans ce procédé, on évite l'emploi de la solution mercurielle en introduisant les objets à dorer dans un bain basii^ue d'un sel de mercure. On les met en communication avec le cathode d'une batterie galvanique et on laisse le courant se produire jusqu'à ce que les objets soient complètement recouverts de mercure. Ensuite on les dore dans un bain très-riche et on les introduit de nouveau dans le premier bain où, sous l'influence du courant électrique, ils se recouvrent d'une seconde couche de mercure. Enfin, pour volatiliser le mercure, on expose les objets dans un four muni d'une porte de verre que l'on peut fermer. Cette opération n'exige la présence d'aucun ouvrier.
Dans les procédés ordinaires, le principe d'hygiène ptéservalrice consiste à pratiquer la dorure au feu d'après le système d'appareil inventé par d'Arcet. En 1816, Ravrio, un des plus célèbres fabricants de bronzes dorés, fonda un prix de 3000 francs, qui devait être décerné par l'Académie des sciences au meilleur travail sur les procédés propres à préserver les doreurs des accidents auxquels ils sont exposés. Ce prix fut remporté par d'Arcet, qui imagina sa lanterne.
La disposition adoptée, et qu'il importe de prescrire, consiste à placer le feu sur la paillasse d'un fourneau (forge) recouvert d'une hotte communiquant avec une cheminée assez élevée pour assurer un fort tirage, et muni d'un rideau vitré pouvant s'abaisser jusqu'à 2 décimètres environ de la paillasse, de telle sorte que l'ouvrier, tout en étant à même de surveiller son travail, ait seulement les mains engagées sous la hotte.
Les prescriptions d'hygiène individuelle seront les suivantes :
Pour prévenir l'absorption cutanée du poison, on fera porter aux ouvriers passeurs à la forge un vêtement de travail spécial susceptible de fré(juents et rapides rinçages ; on leur donnera des gants de cuir ou de caoutchouc. Quant aux soins de piopreté corporelle, ils sont indispensables : ablutions fréquentes, lavages des mains et de la bouche avant de prendre les repas (toujours hors des ateliers), bains généraux, etc. Mais, dès que des accidents mercuriels auront été constatés, la première chose à faire sera de soustraire l'ouvrier malade à tout travail nuisible.
d. Mise en couleur et brunissage. Après le poussage au feu, l'or mis complètement à nu conserve néanmoins un ton verdàtre. Pour lui donner la couleur jaune foncé, un peu rouge, exigée par le commerce, on procède à la mise en couleur.
A cet effet, la pièce gratte-bossce est recouverte d'une pâte épaisse formée d'ocre rouge et de salpèti'e délayés avec de l'eau, puis portée sur un feu de
charbon un peu vif. Il convient alors de la laisser refroidir, de la nettoyer à l'eau et de la gratte-bosser pour voir apparaître le ton or moulu.
Si l'on désire obtenir le ton or mat, on recouvre la pièce avec une pâte composée de salpêtre, d'alun, de sel de soude et d'eau ; après l'avoir fixée à l'extrémité d'un mandrin de fer, on la laisse sécher et on la soumet à un feu assez vif pour produire la fusion de cette composition : à ce moment, on la plonge rapidement dans l'eau froide, afln de la dégager de l'espèce d'émail qui l'entoure; on finit de la nettoyer avec le gratte-bosse, et on la fait sécher dans la sciure.
La dernière opération est celle du brunissage. Elle est pratiquée aussi bien sur l'or moulu que sur l'or mat, et elle est destinée à donner à certaines pièces ou à certaines parties des pièces l'éclat métallique. Celui-ci s'obtient en frottant énergiquement avec un brunissoir, qui est le plus souvent un morceau d'acier de forme appropriée.
Cette dernière partie des opérations de la dorure au mercure n'a guère d'inconvénients pour les ouvriers. Toutefois il nous faut signaler l'action des poussières et surtout l'influence du brunissoir sur la formation de callosités et bourrelets dans la paume de la main, et sur la manifestation de troubles musculaires ou spasmes fonctionnels : ce qui constitue la crampe des brunisseurs.
II. Dorure àu trempé. La dorure au trempé se pratique en plongeant les objets dans une solution étendue de cblorure d'or ou dans un mélange bouillant d'une solution de chlorure d'or étendue avec une solution de carbonate de sodium ou de potassium, ou encore de pyrophospbate de sodium. Les pièces en cuivre ou en bronze subissent préalablement les opérations de dérochage et de décapage ; le fer et l'acier sont d'abord attaqués avec de l'acide azotique, puis enduits d'une solution de chlorure d'or dans l'éther chauffé.
Les ouvriers sont encore ici soumis à tous les inconvénients des vapeurs et des solutions acides.
Le contact habituel des liquides acides entraîne de la desquamation des mains, une inflammation chronique des couches superficielles du derme se manifestant à la région palmaire par une éruption psoriasiforme et à la région dorsale par des crevasses, des gerçures et de la perversion de nutrition des ongles {voy. Décapage).
Les prescriptions d'hygiène sont celles que nous avons déjà données.
m. Dorure galvanique. Les objets de cuivre, de bronze, de laiton, etc., destinés à être dorés par voie galvam'que, doivent préalablement subir toutes les opérations du décapage : d'où encore ici une première série de prescriptions hygiéniques toujours les mêmes.
Les objets d'art en zinc, tels que sujets de pendules, statuettes, etc., sont d'abord recouverts d'une couche mince de cuivre dans un bain alcalin de cyanure de cuivre et de potassium. On augmente ensuite l'épaisseur du cuivre dans un bain de galvanoplastie ordinaire.
Les pièces une fois préparées sont plongées dans une auge contenant du cyanure d'or dissous dans du cyanure de potassium.
Le fil métallique suspenseur de la pièce est en communication avec le pôle positif de la pile. Un deuxième fil métallique communique avec le pôle négatif, et se termine dans l'auge par une lame de platine ou mieux par une lame d'or, dont la dissolution maintient toujours égale la richesse du liquide en or. L'opération de la dorure est rapide, et, pour qu'elle se produise d'une manière uni-
forme, l'ouvrier tient plongée lui-même la lame de platine ou d'or et lu» imprime un mouvement de va-et-vient dans la dissolution.
Le point sur lequel nous devons appeler l'attention, c'esl la quantité considérable de cyanure de potassium qui est employée dans la dorure galvanique.
Les ouvriers l'ont parfois à leur portée, sans que les industriels songent à la grave responsabilité qui leur incomberait en cas d'accident ou de crime.
Indépendamment de l'action directe que le cyanure de potassium peut exercer par son contact avec des parties irrilées présentant des érosions ou des crevasses, son plus grand danger réside dans le dégagement d'acide cyanhydrique en présence de solutions de chlorure d'or contenant de l'acide libre. On sait en effet que cette solution se forme en dissolvant l'or dans l'eau régale. On a proposé certains procédés pour prévenir cet inconvénient.
Quoi qu'il en soit, on ne saurait trop rappeler aux industriels que la loi leur prescrit la surveillance dans l'eniploi d'une pareille substance, et qu'ils la doivent toujours tenir dans un lieu sûr et fermé à clef.
Un inconvénient provenant du fonctionnement des piles consiste dans la production des vapeurs irritantes. Dans certaines circonstances il se dégage une quantité assez notable d'hydrogène. Ici, comme dans les bains acidulés employés pour le décapage des pièces, il sera bon de s'assurer de la pureté des acides usités, en se rappelant q.ue l'acide sulfuiique et même l'acide chlorhydrique impurs peuvent contenir des traces d'arsenic.
IV. DouuRE A LA FEUILLE (DoREURS SUR Bois). Lcs dorcurs sur bois se servent de l'or réduit en feuilles par le battage, qu'ils appliquent sur les objets au moyen du brunissoir. Au point de vue du mouvement professionnel, il y a donc à tenir compte chez ces ouvriers de tous les inconvénients du brunissage.
Mais les opérations préalables à l'application de ces feuilles, qui consistent à donner aux objets ce qu'on appelle des couches d'impression au vernis, peuvent provoquer des accidents d'intoxication saturnine. Ce vernis est en effet composé de blanc de céruse et de litharge détrempés dans l'essence de térébenthine. On évitera tout accident saturnin en remplaçant ce vernis toxique par un simple enduit de colle et de craie.
B. Argenteurs. L'hygiène professionnelle des argenteurs est absolument celle des doreurs. Les considérations que soulève, à ce sujet, la technique industrielle, sont identiques à tous égards. C'est ainsi que les divers procédés d'argenture des métaux comprennent : 1'' l'argenture par le feu, ou au moyen d'un amalgame d'argent ; 2° l'argenture par voie humide ou au trempé ; o*^ l'argenture galvanique ; 4" l'argenture à froid. On peut donc rapporter aux argenteurs tout ce qui a été dit pour les doreurs en ce qui concerne les inconvénients de la profession et les mesures d'hygiène à prescrire.
C. Nickeleurs. Le uickclage, industrie qui a pris, depuis quelques années, un certain développement, se fait, soit à la température ordinaire en plon"eànt la pièce dans une solution de sulfate de nickel, soit en ajoutant à la solution de nickel une très-faible quantité de carbonate de potasse, et en portant le bain à l'ébullition.
Dans un rapport relatif à un atelier de nickelage, M. Boussingault dit, à propos d'ustensiles de cuisine qu'il a rencontrés, que le nickel est attaqué i)ar les acides, et par conséquent que les cuillers nickelées pourraient, en contact avec certains aliments, amener la formation de sels dont l'innocuité n'est pas établie