DORSALES
très-flatteur. En 1794, la dysenterie décimait le centre et le nord de l'Europe; elle atteignit également Courtrai ; van Dorpe 1 étudia avec le plus grand soin et publia à la suite un ouvrage qui a pour titre : Essai sur la dijsenterie épidémiqiie qui a régné en Flandre et spécialement à Courtrai Van 179i (Courtrai, 1795, in-8°). Ce livre valut à son auteur le titre de membre associé national de la Société de médecine de Paris (25 mai 1802). Il avait déjà •été nommé, le 12 prairial an XI, membre correspondant de la Société de méde- ■cine de Mojitpellier. Comme il avait pris parti contre le brownisme, il fut en butte à toutes sortes de tracasseries, mais la Société de médecine de Paris lui donna gain de cause.
Après la dysenterie, Courtrai subit les atteintes du typhus; van Dorpe déploya le même zèle auprès des malades et avait recueilli sur l'épidémie des observations qu'il s'apprêtait à publier, lorsqu'il fut frappé lui-même par le fléau et y succomba le 29 décembre 1805. L. Ih'.
DORRES (Eaux MINÉRALES de). Htjpertherniales, sulfurées sadiques faibles, •azotées faibles, dans le département des Pyrénées-Orientales, dans l'arrondissement de Prades, dans la commune de Dorres, émergent les deux sources dont l'une est connue sous le nom de source de Prades, et l'autre sous celui de source du Pré. L'eau de ces sources est claire et limpide, mais elle contient en suspension quelques flocons d'un blanc grisâtre qui n'est autre chose que de la barégine; son odeur est manifestement hépatique, son goût est fade et légèrement sulfureux; la température de la source de Prades est de 40'\5 centigrade, celle de l'eau de la source du Pré est de SS"*,? centigrade, la chaleur de l'air étant de 21°, 4 centigrade. M. Roux a trouvé que 1000 grammes de l'eau de la source de Prades renferment 0,0205 à 0,0192 de suUure de sodium et que celle de la source du Pré n'en contient que 0,0155.
L'eau des deux sources de Dorres est employée en boisson par les gens du voisinage, qui viennent aussi se baigner dans trois fosses ou baignoires naturelles alimentées par l'eau des sources de Prades et du Pré. Un petit établissement thermal a été bâti dans ces dernières années pour les buveurs et pour les baigneurs qui peuvent payer une certaine rétribution pour leur cure thermosulfurée.
Les catarrhes des voies respiratoires ou urinaires sont les maladies le plus souvent traitées par les eaux de Dorres en boisson à peu près exclusivement; les affections cutanées sont soignées, au contraire, par les eaux à l'intérieur et en bains généraux. A. R.
dobsalL, «e la verge (Nerf). Branche du nerf honteux interne {voy. Sacré [Plexus]). D.
DOUSALE ^^Région). 11 a été traité à part des régions de l'abdomen et du cou, ainsi que des régions lombaire et sacrée {voy. Abdomen, Cou, Lombes et Sacrée [Régioïi\). Un article spécial est réservé à la région thoracique tout entière, sternale et dorsale [voy. Thoracique [Région]). D.
DORSALES (Artères et Veines). De la langue [voy. Linguales); — du métacarpe ou interosseuse [voy. Main) ; — du métatarse {voy. Pied) ; — du
•408 DORSTKN (Les).
pouce {voy. Main); — du tarse [voy. Pied); — de la verge [voy. HoiNteuse INTERNE et Pénis). D.
DORSALl<:s (Paires). Les racines et ganglions rachidiens ont fait le sujet d'un article d'ensemble, où ils ont été étudiés au triple point de vue de l'anatomie, du développement et de la physiologie. La description des paires de nerfs qui partent de ces racines pour se distribuer au cou, aux lombes, à la région sacrée et dans les plexus distincts qu'ils forment dans ces régions, a été faite aux articles Cervical {Plexus), Cervicales (Paires), Lombaire {Plexus), Sacré {Plexus) et Sacrés {Nerfs). Il reste donc à indiquer ici les douzes paires de nerfs qui émanent des ganglions dorsaux.
Leur disposition est très-simple. Les branches postérieures des huit premières paires se divisent en deux rameaux. L'un se dirige d'abord en dedans, se réfléchit autour du muscle transversaire épineux, passe sous le trapèze, se dirige ensuite en dehors du long dorsal et se distribue dans la peau du dos; quelques filets remontent souvent jusque vers l'épaule : ce rameau est le rameau cutané de la branche postérieure, bien qu'il fournisse quelques filets au muscle transversaire épineux. L'autre rameau, dit musculaire, passe entre les muscles sacrolombaire et long dorsal auxquels il fournit des filets. Quant aux branches postérieures des quatre dernières paires dorsales, elles concourent avec les branches postérieures des paires lombaires et sacrées à former les branches abdominopelviennes qui passent entre le sacro-lombaire et le long dorsal, s'engagent dans la masse commune en distribuant quelques filets, et, traversant les aponévroses, se répandent dans la peau des parois latérales de l'abdomen, de la région lombaire et de la région fessière.
Les branches atiiérieures des paires dorsales sont les nerfs intercostaux^ Ils méritent d'être étudiés dans cet article spécial {voy. Intercostaux). D.
DOBSEY (Joh.n). Né à Philadelphie, le 23 décembre 1785, prit le diplôme de docteur en 1802 et fut nommé professeur adjoint de chirurgie à l'Université de Pennsylvanie en 1807 et peu après professeur de matière médicale. Il venait d'être désigné pour la chaire d'anatomie lorsqu'il mourut le 12 novembre 1818. Dorsey était un fort savant médecin et l'un des opérateurs les plus distingués des États-Unis (Dezeim.).
Ï.An Essay on the IJtJionlriplic Viriites of the Gastric Liqiior. Philadelphia, 1802, in-8°. — II. Eléments of Surgery for the Use of Students, witli P/aies. Philadelphia, 1813,2 vol. in-8°. L- Hn.
DORSIBRAIWCHES. Un des trois ordres de Chétopodes [voy. ce mot). D.
DORS T EN (Les).
Borsten (Theoderich). Médecin et botaniste, né en Westphalie, termina sa carrière à Cassel, le 18 mai 1552, âgé d'environ soixante ans. Il fut successivement régent du Collège et professeur à Marbourg, puis se fixa à Cassel oiî il jouit d'une grande réputation comme praticien. Il s'est occupé de botanique avec succès, et pour reconnaître ses mérites Plumier donna son nom à un genre remarquable de plantes, les Dorstenia. On a de lui :
I. Botamcon, coniinens herharum aliorumque simpUcium quoru?n usits in medicinis
DORSTÉNIE. 409
est, descriptioncs et icônes ad vivum effigiatae. Francofurti, 15i0, in-fol. — 11. Il a publié une édition de VHorlus sanitatis. L- "''•
Dorsten (PniLipp). Fils du précédent, né à Marbourg, devint professeur dans sa ville natale au retour d'un voyage d'Italie, en 1571. Il mourut prématurément le 6 mars 1574.
Dorsten (Johanx-Damel). Médecin allemand de mérite, né à Marbourg, le 20 avril 1643, était le petit-fils du précédent. Il fit ses études à l'Université de sa ville natale et y fut nommé professeur extraordimtire de médecine en 1673, professeur ordinaire en 1678. Il devint membre de l'Académie des Curieux de la Nature sous le nom d'Averrhoës, en 1684, médecin du prince de liesse en 1689, professeur de physique en 1695.
Dorsten mourut le 20 septembre 1706, laissant :
I. Diss. de phthisi. Marburgi, 1067, in-4°. — II. Diss. sisl. commendationem rei herbariae. Marburgi, 1675, in-4''. — III. Biss. de pancreatc ejusque usu noviter détecta. Marburgi, 1675, in-4°. — IV. Diss. de ductu ilioracico chylifero. Marburgi, 1678, in-4°. — V. Diss. de atonia. Marburgi, 1682, in-4"'. — VI. Diss. de tobaco Marburgi, 1682, in-4°. — VII. Diss. de succi nutritii statu natiirali et praeternaturali. Marburgi, 1085, in-4°. — "VIII. Diss. de monstro humano 7wpero impervio. Marburgi, 1084, in-4°. — IX. Diss. de oculo. Marburgi, 1687, in-4''. — X. Dins. de vacito. Marburgi, 1096, in-4''. — XI. Programmes et observations divers dans les Éphémérides des Curieux de la Nature. L. Un.
DORSTÉIVIE [Doratenia Plum.). Genre de plantes de la famille des Ulmacées, série des Morées, et type pour certains auteurs d'un groupe particulier, des dorsténiées. Les fleurs y sont monoïques, et celles des deux sexes sont renfermées ordinairement dans une même inflorescence générale. Cbaque inflorescence partielle est un glomérulequi comprend, ou des fleurs mâles seulement, ou des fleurs mâles entourant une fleur femelle centrale. Tous ces glomérules sont réunis sur un réceptacle commun à forme extrêmement variable d'une espèce à l'autre. C'est quelquefois un plateau circulaire, comme il arrive dans le D. hrasiliensk, plan, légèrement convexe ou concave; ou bien une coupe à contour arrondi ou quadrilatéral, comme dans le D. Contrayerva, ou inégalement découpé, soit en deux branches, comme dans le D. multiformis, soit en un plus grand nombre de branches semblables ou dissemblables, et dont la surface supérieure est d'abord entourée de bractées marginales, foimant un involucre peu développé. Le plus souvent, le réceptacle se déprime, au point d'insertion de la fleur femelle, en un petit puits dans lequel celle-ci se trouve comme enchâssée, tandis que vers ses bords s'insèrent les fleurs mâles périphériques. Les fleurs mâles sont le plus souvent dimères, à sépales libres ou connés, avec 2 étamines, ou plus rarement 1 , 3, formées d'un filet d'abord incurvé, puis redressé et exsert, et d'une anthère biloculaire et introrse. La fleur femelle a un calice court, périgyne, s'insérant au bord du puits dont le fond donne insertion au gynécée, et fermant d'abord plus ou moins complètement l'orifice de ce puits. L'ovaire est d'ailleurs hbre au fond de sa cavité; il n'y a qu'une loge développée, surmontée d'un style dont le sommet stigmatifère se partnge en deux branches et sort de l'orifice bordé par le calice. L'ovule est unique, descendant, inséré sous la base du style et plus ou moins campylotrope, avec le micropyle dirigé en haut et en dehors. Les fruits sont drupacés, inclus dans les cavités dont est creusé le réceptacle, ou en partie exserts, pourvus d'un exocarpe charnu, plus ou moins épaissis vers les bords, et d'un noyau monosperme.
no DORSTÉNIE.
Nous avons fait voir (in Comptes rendus de VAcad. sciences. Par., LXX, 799; in Adansonia, IV, 518) comment l'exocarpe du fruit chasse avec élasticité le noyau, au moment de la complète maturité, et le projette à une distance quelquefois relativement considérable. Ainsi sont disséminées dans les bois les graines entourées de l'endocarpe et contenant un embryon charnu, sans albumen, à cotylédons inégaux ou subégaux, plissés ou condupliqués, embrassant la radicule incombante. Les Dorstenia sont des arbres ou des arbustes de toutes les régions tropicales, africaines, asiatiques et surtout américaines. Ils ont des feuilles alternes, entières ou découpées, accompagnées de stipules latérales, le plus souvent persistantes et durcies. Leurs inllorescences sont pédonculées et axillaires. 11 y a encore des botanistes qui comparent ces inflorescences au capitule simple de la plupart des Composées, et qui ne comprennent pas qu'au lieu d'appartenir à la série des inflorescences définies celles des Dorstenia doivent être rangées parmi les inflorescences mixtes, formées d'un grand nombre de cymes, comme il arrive si fréquemment d'ailleurs parmi les Ulmacées et les Urticées.
Les principaux Dorstenia utiles sont des Contrayerva (Gomez, de Contrayerva, in Mém. Acad. Lisb., 1803) et tiennent ce nom de la propriété qu'on leur attribuait, dans l'Amérique centrale et tropicale, de guérir les morsures des serpents venimeux. La Racine de Drake, qu'avait rapportée du Pérou, à la fin du seizième siècle, ce fameux navigateur, et que Clusius a décrite, dès 1605, dans ses Exotica (lib. IV, cap. 10), est un rhizome noirâtre, chargé de racines adventives et de cicatrices foliaires, qui a été attribué au Dorstenia Houstoni L. {Spec, éd. 4, 176; Mat. méd., 55). C'est pour bien des auteurs une simple variété du D. Contrayerva. Linné avait pensé que c'est le type de cette dernière •espèce qui produit le véritable Contrayerva. Mais l'espèce qu'il a nommée {Spec, éd. 3, 1, 176) D. Contrayerva est mexicaine, et le véritable Contrayerva officinal, ou Caa-apéa de Margraff et de Pison {DrasiL, éd. 1, 52, 90; éd. 2, 252, 511, c. icon.), est une espèce du Brésil, soit le D. Cayapia Velloz., soit le D. multiforniis Miq., dont les propriétés sont exactement les mêmes. On emploie aussi, dans ces régions, comme alexipharmaques, le D. tubicina Rliz et Pav. (D. infundïbidiformis Lodd.), le Tusilla du Venezuela et le D. faria Paiv. Ils ont l'un et l'autre des rhizomes antidysentériques, astringents, toniques, aromatiques. Certaines espèces africaines, telles que le D. radiata Lamk, type du genre Kosaria pour Gmelin, le Kosar des Abyssins, sont usitées dans le traitement des affections cutanées, principalement chroniques. On croit que le plus actif des Dorstenia est le D. brasiliensis Lamk (D. tomentosa Fisch. — D. placentoides Commers. — D. montevidensis Gardn.), espèce à inflorescence orbiculaire, assez souvent cultivée dans nos serres, de même que le D. Contrayerva. Sa souche est rougeâtre, a une faible odeur aromatique et une saveur finalement très-âcre. Elle renferme, d'après de Martius, un principe amer et une essence chaude, diurétique et diaphorétique. Elle est stimulante et provoque la sueur; ce qui explique sans doute les propriétés alexipharmaques qui lui ont été attribuées. A dose plus élevée, elle provoque des vomissements. Aussi son action a-t-elle été, au Brésil, comparée à celle de l'Ipécacuanha. Dans ce pays, on instillait le suc de la plante dans les blessures produites par la dent des serpents ou le fer des flèches empoisonnées, et Pison assure que cette simple pratique suffît pour sauver de la mort les personnes atteintes; on y joignait souvent l'usage interne du médicament.
DORTOMAN. ^^^
Quant au D. Contrayevva des Antilles, il est indiqué comme guérissant subitement delà morsure des serpents, quand on lave la plaie avec sa décoction. Mais on ne sait pas de quels serpents il s'agit, ni même s'ils sont incontestablement venimeux. Clusius le signale comme carminatif, quoique ses feuilles soient, à son avis, vénéneuses, et Monardès en fait un vermifuge. En Europe, on l'a seulement préconisé comme tonique, cordial, antiputride. Huxham établit que son action s'exerce sur les exhalants cutanés, qu'il provoque la sortie des exanthèmes et peut être, par conséquent, utilisé dans les fièvres éruptives dites rentrées. Pour Pringle, Willis, Alibert, c'est un remède des fièvres nerveuses, lentes, putrides, etc. Gomez a été jusqu'à l'égaler comme tonique au quinquina; mais toutes ces opinions doivent être actuellement considérées comme exagérées, et le médicament se trouve à peu près généralement délaissé, surtout en Europe. Le D. caulescens Pom. a, d'après Descourtils {FI. médic. des AntilL, IV, 105), les mêmes propriétés que le Parietaria officinalis. H. Bn.
Bibliographie. — Houston, in Philos. Transact., XXXYII [1731], 196. — L., Gen., n. 209. — Lamk, Dict. encycL, II, 516; SuppL, II, 517; lllustr., t. 83. — Mér. et de L., Dict. Mat. méd., II, 671. — Guib., Drog. simpL, éd. 7, II, 516, figf. .'«47, 448. — Rosenth., Syn. plant, diaphor., 196. — H. Bâillon, Hist. des plant., VI, 147, 178, 196, lig. 108-115; Tr. bot. méd. phanér., 990, fig. 172-174, 2789-2791. H. Bx.
DORTDES (Jacques-Anselme), né à Nîmes le 19 juillet 1759, était destiné à entrer dans les ordres, mais à la fin de ses études son goût pour l'histoire naturelle l'attira du côté de la médecine et il se fit recevoir médecin. Il accepta un emploi dans l'armée des Pyrénées, et mourut pendant la campagne de 1794. Nous citerons seulement de lui :
Mémoires sur les insectes considérés dans leurs rapports avec la médecine, Vagricullure et les arts. In Mém. de la Soc. d'agric. Paris, 1793. k. D.
DORTO:nA:v (Nicolas). Né à Arnheim, dans le diocèse d'Utreclit, il alla étudier la médecine à Montpellier en 1566, et fut reçu docteur de cette faculté en 1572. 11 se fixa dans cette ville et succéda, en 1574, au professeur Antoine Saporta, mort l'année précédente. Ses cours furent suivis, son enseignement eut un grand succès, et il fut nommé médecin et conseiller du roi Charles IX, et plus tard médecin de Henri lit, enfin, en 1589, médecin de Henri IV, d'après Astruc. Charles Degrefeville, qui écrivait antérieurement à Astruc, assure [Hist. ecclés. de Montp., 2^ partie, liv. Xll) avoir tenu entre les mains un brevet de Henri IV, daté du camp de Saint-Cloud, le 5 août 1589, deux jours après l'assassinat de Henri 111, par lequel il donnait la charge de son premier médecin à Nicolas Dortoman. Il est évident que Astruc se trompe lorsqu'il prétend que Nicolas Dortoman mourut étant encore dans la charge de premier médecin du roi, en 1596, puisque en l'année 1595 un compte de la maison de Henri IV [Arch. gén. K. K., 150) désigne à cette place Jean Dailleboust.
L'ouvrage de Dortoman sur Balaruc-les-Bains n'a pas peu contribué à appeler l'attention des médecins sur cette station thermale fondée par les Romains. Cet ouvrage a pour titre :
Libri duo de causis et effectibus thermarum Belilucanarum parvo intervallo a Monspeliensi urbe distantium. Lyon, 1579, in-12. a n
Dortoman (Pierre). Né à Montpellier vers 1575. Il fit ses études médicales à la Faculté de celte ville et y fut reçu docteur en 1596.
412 DORVAULT.
Il est singulier qu'Aslriic fasse de Pierre Dortoman un neveu de Nicolas, tandis que dans une lettre patente, rapportée par Degrefeville [op. cit., p. 249), il est déclaré fils de Nicolas. Pierre Dortoman fit rejaillir sur lui les faveurs que le Béarnais avait déversées sur son père : par des lettres données à Paris, au mois de juin 1597, il fut créé professeur stipendié de l'Université de Montpellier pour les démonstrations de la chirurgie et de la pharmacie. Cet enseignement étant destiné surtout aux garçons chirurgiens et apothicaires, les élèves en médecine voulurent s'opposer à l'entrée de ces deux catégories, d'auditeurs, et il en résulta des leçons tumultueuses et même des émeutes. Le conseil de la Faculté dut intervenir, et les leçons spéciales de Dortoman, pour la pliai macie et la chirurgie, eurent lieu désormais dans un local en dehors du bâtiment de la Faculté. Plus tard, il demeura chargé du cours destiné aux étudiants en médecine, et deux nouveaux professeurs dirigèrent l'enseignement spécial des élèves ou garçons chirurgiens et pharmaciens. Dortoman est mort en 1612, en activité de service. A. D.
DORVAULT (F^.A^çoIS-LAURE^•T-MARlE). Nous considérons comme un devoir de consacrer quelques lignes dans ce Dictionnaire à l'illustre fondateur de la Pharmacie Centrale de France, à l'auteur de rO//?cme, ce vade-mecum indispensable de tout pharmacien.
Dorvault naquit en 1815 à Saint-Étienne de Montluc (Loire-hiférieure), d'une famille peu aisée. Après avoir reçu une éducation fort incomplète, il arriva à Paris en 1856; là il se livra avec tant d'ardeur à l'étude de la pharmacie qu'il finit par se faire recevoir interne des hôpitaux. Après avoir été proclamé lauréat de l'Ecole de pliai macie, il se fit recevoir pharmacien et, en 1841, prit une officine dans le voisinage de la Banque de France.
Le Codex ne donnant qu'un nombre de formules insuffisant pour la pratique, Dorvault eut l'idée de réunir dans un même volume les formules et les prescriptions les plus célèbres, et c'est ainsi qu'après un labeur de plusieurs années il fut à même de publier en 1844 la première édition de son Officine ou Répertoire général de pharmacie pratique. Dorvault n'avait alors que vingt-neuf ans. Il y a peu d'années, au début de 1879, il mettait la dernière main à la dixième édition de cette œuvre considérable; la mort l'empêcha d'en écrire la préface.
En 1847, Dorvault publia un travail remarquable, Vîodognosie, monographie chimique, médicale et pharmaceutique, des iodiques eu général, de l'iode et de l'iodure de potassium en particulier. Les Sociétés de médecine de Lyon et du Hainaut récompensèrent cette œuvre. Longtemps il collabora à la Gazette médicale., à VUnion médicale et au Journal des connaissances médico-chirurgicales de Caffe. Il fonda la Revue pharmaceutique qui, depuis 1860, a pris le titre à' Union pharmaceutique.
« Au milieu de ses travaux scientifiques, dit Lefranc (du Havre), Dorvault suivait avec inquiétude le dépérissement rapide de la pharmacie. L'élévation du niveau des études avait amené la rareté des élèves; le commerce de la droguerie, presque entièrement concentré en des mains étrangères, laissait beaucoup à désirer. Guidé par les sentiments les plus élevés, entraîné par une conviction profonde, il veut régénérer la pharmacie française par elle-même; il rêve de réunir les pharmaciens dans une grande association ayant pour but de fonder une maison à eux, qui sera tout à la fois le centre de leurs intérêts matériels
DORYPHORE. 415
et moraux, une droguerie et un laboratoire, établissement modèle auquel ils pourront demander avec une légitime confiance et en toute sécurité les drogues simples et les médicaments composés qu'ils ne peuvent préparer eux-mêmes. Ce rêve prend un corps; un manifeste adressé aux pharmaciens leçoit des adhésions empressées de toutes les parties du pays, et la Pharmacie Centrale de France est fondée. »
Dorvault prit la direction du nouvel établissement. En 1863, il fut nommé chevalier, en 1878 officier de la légion d'honneur. C'est quelques mois avant la retraite qu'il comptait prendre qu'il mourut, le 16 février 1879, au milieu des regrets unanimes de tous ses confrères en pharmacie. Dorvault était membre de toutes les Sociétés de pharmacie de France et de l'étranger. Un monument a été élevé à sa mémoire dans la cour de l'hôtel de la Pharmacie Centrale. L. Un.
DORYCI\lUMI. Les Anciens donnaient le nom de Aopû/.vcov à une espèce d'arbuste, semblable à l'olivier, à propriétés narcotiques, pouvant communiquer la mort, si on en faisait usage à trop fortes doses ; on arrêtait les accidents au moyen du buccin.
Sprengel attribue ce nom de Dorycnium à un Convolvulus, le C. Dorychnium, mais avec un point de doute. On ne sait au fond pas exactement de quelle espèce il s'agissait chez les Anciens.
Dans nos ouvrages actuels de botanique le Dorycnlum est un genre de la famille des Légumineuses-Papilionacées, que Linné faisait rentrer dans les Lotus et dont le type est le Lotus dorycnium L. Ces plantes, à feuilles composéespinnées, ont un calice tubuleux, bilabié ; une corolle papilionacée, dont les ailes coalescentes sont difficilement séparables; une gousse deux fois plus longue que le calice, un peu renflé, à une ou deux graines.
L'espèce la plus répandue et la plus intéressante est le Dorycnium suffruticosum Vill., petit sous-arbrisseau, de teinte blanchâtre, à rameaux étalés, dont les feuilles trifoliolées, sessiles, ont des folioles couvertes d'un duvet blanchâtre, courtes, lancéolées-linéaii^es aiguës, se confondant presque avec les stipules caduques. Le calice campanule a des dents couvertes de soies blanchâtre; la corolle a un grand étendard blanc, des ailes delà même couleur, réunies ensemble dans le haut et recouvrant une carène d'un pourpre noirâtre. La gousse est monosperme.
C'est le Dorycnium monspeliense de Lobel, le D. monspesulanum fruticosum de J. B., qui est donné comme détersif et astringent.
Le Dorycnium herbaceum Vill., plante herbacée, à gousse monosperme, a probablement les mêmes propriétés. Pl.
Bibliographie. — Lobel. Icônes, II, p. 51, fig. 1 et 2. — J. Bauhin. Historia Plantarum. — Clusius. Historia, I, p. 100, fig. 1. — Linné. Species Plant., 1093. — De Candolle. Flore française, 3940. — Villars. Flore du Dauphiné, III, p. 410. — Grenier et Godron. Flore de France, I, 426. — Sprengel. Histor. Rei herbariœ, I, 127 et 129. — Mérat et de Lens. Dict. Mat. méd., II, 126. — Lemery. Dict. des drogues, 322. Pi,
DORYPHORE. Doryphora Endlichcr. Genre de plantes Dicotylédones appartenant à la famille des Monimiacées, à la tribu des Athérospermées, établi par Endlicher pour une espèce d'Australie, rangée avant lui dans les Atherosperma.
La plante porte le nom du Doryphora Sassafras Endl. [Atherosperma Sassa-
Mi DORYPHORE.
fras A. Cunn.). C'est un arbre à feuilles opposées, sans stipules. Les fleurs, qui naissent à l'aisselle des feuilles, sont disposées en grappes de cymes bipares. Elles sont réi^ulières et hermaphrodites ; leur réceptacle a la forme d'une bourse assez profonde dont l'orifice un peu rétréci donne insertion au périanthe; celuici est formé d'une douzaine de pièces allongées, pélaloïdes, imbriquées dans la préfioraison et caduques. Plus intérieurement s'insèrent de nombreuses étamines rangées en spirale, dont les extérieures fertiles ont un filet aplati, dilaté latéralement en deux appendices membraneux et pétaloïdes, el une anthère à deux loges s'ouvrant de bas en haut par un panneau ovale; au-dessus s'étend un long connectif en longue pointe subulée. Les étamines moyennes ont des loges d'anthères mal conformées; les plus intérieures sont réduites à de courtes languettes. Les carpelles nombreux, au fond du réceptacle, sont libres, uniloculaires, uniovulés et surmontés d'un style à insertion plus ou moins latérale. Les fruits sont secs, couverts de poils allongés et renfermés dans le réceptacle devenu ligneux.
Le Doryphora Sassafras est une plante aromatique dans toutes ses parties, et qui peut être employée comme stimulante et carminative. Son bois sent, diton, le fenouil. Pl.
Bibliographie. — Tulasne. Monimiacées, 424. — Endlicheu. Gênera, n° 2022. — A. de Ca\- DOLLE. Prodromus, XVI; sect. post., 642, 670. — Bâillon. Hist. des plantes, I, 317, lig. 357r.59. Pl.
DORYPHORE (^6pu, lance, et œo^oôç, qui porto). On désigne sous ce nom un genre d'Insectes Coléoptères de la famille des Chrysoméliens [voy. Coléoptères, p. 760), propre au Nouveau Monde, caractérisé par la poitrine pourvue d'une pointe dirigée en avant. Un insecte rapporté à ce genre, le Colorado heetle des Américains, qui vit sur les plantes solanées, est devenu célèbre par ses ravages. Après avoir dévasté les plantations de Pommes de terre de l'Amérique du Nord, il pourrait devenir extrêmement nuisible sur notre continent. Une histoireabrégéedeceredoutableparasite transatlantique, quelques détails sur ses mœurs ainsi que sur les moyens de le combattre, seront utiles et ils doivent trouver place dans ce Dictionnaire.
En 1824, Th. Say, explorant les Montagnes Rocheuses entre les rivières d'Arkansas et de Missouri, découvrit sur le Solanum rostratum Dunal, espèce de Solanée sauvage, très-voisine de notre Pomme de terre, un insecte Coléoptère qu'il décrivit dans le Bulletin de V Académie de Philadelphie sous le nom de Chrysomela decem-lineata. L'insecte était de teinte jaunâtre ou brune avec cinq lignes noires sur chaque élytre. Plus tard, Rogers plaça cet insecte parmi les Doryphora, mais le genre Doryphore ayant été démembré par Chapuis dans les suites du Gênera de Lacordaire, la Doryphora decem-lineata devint une Leptinotarsa, parce qu'elle est dépourvue de la pointe sternale caractéristique. Toutefois, et quoique ce dernier nom générique ne soit pas trop difficile à exprimer en français, le nom de Doryphore est passé dans la langue usuelle •. aussi le mieux me paraît de l'accepter jusqu'à nouvel ordre, tout en précisant que le vrai nom du Coléoptère américain destructeur des Pommes de terre est : Leptinotarsa decem-lineata Say. La nomination vulgaire américaine est Patato heetle, d'après le nom de la plante sur laquelle elle vit, ou Colorado heetle, d'après son lieu d'origine.
A l'époque où Say rencontra la Doryphore, elle était rare dans les montagnes.
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On n'aurait pu prévoir qu'elle deviendrait par sa multiplication un fle'au pour les États-Unis et qu'elle menacerait d'envahir l'Europe. Tant que les montagnes de l'ouest restèrent incultes, l'insecte vécut en petit nombre, se propageant sur le Solaaum roslratum, mais avec les défrichements aux environs des terres rocheuses, une des premières plantes cultivées fut la Pomme de terre, Solanum tuheromm, et l'insecte, trouvant sur cette Solance une nourriture abondante et parfaitement appropriée, y pullula. C'est l'exemple d'un parasite, non point nouveau, mais qui apparaît tout à coup par adaptation à un hôte qui lui convient. Davaine a insisté sur ce fait remarquable [voy. Parasites).
La Doryphore, se répandant de champ cultivé en champ nouveau, arrivait en 1859 dans le Nebraska; en i86i au lowa ; en 1864 et 1865, le Mississipi fut traversé; en 1868, elle paraît dans l'indiana et l'Ohio. En 1870, la Doryphore entrait dans la province canadienne d'Ontario ; en 1873, elle s'avance dans l'est de l'État de New- York et à Washington ; enfin, en 1875 et 1876, Montréal et Québec furent envahis. La marche en avant avait été de soixante et dix milles dans l'espace de quelques années. Tous les moyens employés pour arrêter l'invasion de l'insecte avaient échoué ; la dévastation était considérable.
L'Europe commençait à concevoir des craintes. La Pomme de terre venant à manquer, la disette s'ensuivrait pour les campagnes ; l'introduction de la Doryphore constituerait un véritable fléau. L'Autriche proscrivit les Pommes de terre d'origine américaine; la Suisse, la Belgique, l'Angleterre, la Hollande, prirent des mesures administratives. En France, en janvier 1875, le ministre de l'agriculture demandait à l'Académie des sciences et à la Société centrale d'agriculture l'opinion de ces compagnies sur les mesures à prendre pour prévenir l'invasion de la Doryphore. Le 27 mars, un arrêt interdisait le transit et l'entrée des Pommes de terre américaines.
La Z)o?^?/p/iore continuant sa marche vers l'est traversa l'Océan ;le27 juin 1877, elle apparut en nombre dans un champ de pommes de terre de plus d'un hectare à MiiUieim, près de Cologne. L'autorité prévenue prit les mesures les plus énergiques. Le champ fut recouvert de sciure de bois imprégnée de pétrole, à laquelle on mit le feu, puis le terrain fut défoncé à une grande profondeur et saupoudré de chaux vive. Un mois après, dans un champ voisin, on trouvait de nombreuses Doryphores. Les mêmes moyens furent employés contre ces insectes, en présence de Ileuzé, inspecteur général de l'agriculture de France, délégué de l'administration pour aller étudier sur les lieux le nouveau parasite.
Le 30 juillet 1878, on constata en Saxe la présence du Coléoptère destructeur des Pommes de terre. En Allemagne, un assez grand nombre de points furent envahis. La Doryphore a été signalée en Hollande et en Suède. Andrew Murray l'a trouvée en Angleterre, près de Liverpool. En France, le gouvernement interdissait la culture des Pommes de terre de l'Amérique du Nord et un décret du 11 aoiit prohibait l'entrée des pommes de terre allemandes. Aucun fait, à notre connaissance, d'importation de la Doryphore dans notre pays, ne s'est encore produit.
Quelques mots sur la biologie de l'insecte feront comprendre ses ravages e les moyens à leur opposer. La Doryphore, comme la plupart des Coléoptères, passe par les états d'œuf, de larve et de nymphe, avant de parvenir à la perfectose, c'est-à-dire avant d'être un insecte sexué' et à l'état dit parfait. C'est en mai, quand le soleil réchauffe l'atmosphère et que les tubercules de la Pomme de terre poussent, que les Doryphores apparaissent. Le Coléoptère a hiverné
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soit en terre, soit protégé par quelque abri ; les mules et les femelles s'accouplent et, au bout de quelques jours, la femelle se met à poudre. Les œufs sont placés en paquets de 20 à 50 sous les feuilles de Pommes de ierre. Une seule femelle peut pondre une centaine d'oeufs, d'un jaune orangé; on a exagéré en disant un millier d'œuts. Au bout d'une semaine, il éclot de cbaque œuf une petite larve de couleur brune qui devient par la suite d'un jaune orangé, après avoir commencé de suite son œuvre de destruction. Le développement est complet dans quinze à vingt jours ; alors la larve s'enfonce dans la terre et s'y transforme en nympbe {voy. Nymphe). L'insecte à l'état sexué, ou parfait, sort de terre dix jours après; il monte aussitôt le long des tiges du Solanum, il mange, vole, émigré, s'accouple, et finalement devient la soucbe d'une nouvelle généralion. Cinquante jours environ suffisent à celte génération nouvelle pour en fournir une troisième qui de suite se met à dévorer les parties feuillues et florales de la Pomme de terre jusqu'à l'arrachage des tubercules. Les Doryphores de la troisième ponte parvenues à létat parfait ne s'accouplent pas ; elles hivernent soit profondément en terre, soit dans les fentes des pierres, sous les écorces, dans la mousse, etc. Les larves ainsi que les nymphes périssent et même les insectes parfaits qui n'ont pu trouver un abri sûr. Le nombre des adultes survivants est restreint, mais plus que suffisant pour perpétuer l'espèce, et en nombre trop considérable. Trois générations ayant lieu chaque année, le chiffre des insectes qui ont pullulé en mai, juin et août, devient véritablement incalculable.
La dévastation des Doryphores est déjà complète au mois de juillet. Il ne reste plus de feuilles et à peine de tiges, la verdure a disparu; les tubercules s'épuisant à fournir de faibles et nouvelles pousses dépérissent, la plante finit par mourir. La récolte est perdue et l'insecte vorace, manquant de nourriture, émigré au loin. La Doryphore est très-agile par les journées chaudes et le soleil levé ; elle est alourdie et s'agite peu par le froid ou l'humidité. Elle avance par milliers, rappelant les ravages des Sauterelles algériennes {voy. Criquets).
L'apparition en Europe n'a pu avoir lieu par les œufs, ou les larves, ou les nymphes. Elle est due au transport de l'insecte parfait ; c'est sous la forme de perfectose que la Doryphore a traversé l'Océan. On a trouvé des Doryphores en nombre sur tous les quais d'embarquement de Pommes de terre, en Amérique. L'insecte est venu en volant se poser sur un bateau en partance ; son invasion est ainsi des plus faciles à expliquer. Du reste, les mœurs de la Doryphore, si bien étudiées par le docteur Riley (de Saint-Louis, Missouri), et récemment exposées par E. Olivier, par Ivùnckel, etc., ne laissent aucun doute à cet égard.
Pour permettre de reconnaître rapidement la Doryphore, je vais donner son signalement sous ses divers états. J'indiquerai ensuite les moyens employés pour s'opposer à ses dévastations.
Leptinotarsa (Doryphora) decem-lineata Say. Longueur 9 à il millimètres; largeur 7 à 8 millimètres. Corps globuleux très-convexe, glabre, jaune et brun, varié de noir. Tête enfoncée jusqu'aux yeux avec une tache noire sur le vertex; dernier article des palpes et extrémité des mandibules noirs. Antennes filiformes, brunes à la base, noires dans le reste de leur étendue. Prolhorax transversal, jaune, bordé en avant et en arrière de noirâtre, ayant en outre deux lignes et des points noirs en nombre variable. Élylres d'un jaunâtre ou d'un brun clair à suture noire et chacune avec cinq lignes longitudinales noires. Abdomen marqué, en dessous, de séries de points noirs et de petites lignes
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transversales noires. La coloration foncière est plus ou moins jaune ou brune et les taches ainsi que les lignes sont tantôt très-noires, tantôt brunâtres; mais l'espèce est facile à reconnaître.
La larve est longue de 1 centimètre, au summum de développement ; le corps est lisse, l'abdomen gros et gibbeux. Tète noire, six ocelles ; antennes de 4 articles. Prothorax noir; mésolhorax et métalhorax d'un jaune orangé ayant chacun quatre taches noires. Abdomen jaune orangé, les deux derniers segments noirs en dessus. Le bord externe de tous les autres segments offre deux taches symélriques d'un noir brillant. Dessous jaune.
Cette larve vit sur les diverses espèces de So/a/mm, les S. rostratum,S. Carolinense, S. rohuslum, S. discolor, etc. ; elle attaque aussi les Tomates, les Physalis, Datura, Hyoscyamm, Nicotiana, Pétunia. Enfin, on l'a trouvée dévorant \Qi Sysimhrium, Chenopodium. ei Eupatorium.
Moyens de destruction. Le nombre des individus et la diffusion facile de la Doryphore ont fait échouer la plupart des moyens employés pour la détruire. Il faut la combattre dans des localités restreintes et essayer de conserver le plus possible des récoltes.
L'arséniate de cuivre a été répandu mélangé avec de la farine et au moyen d'un tamis, en Amérique, sur les feuilles de Pommes de terre, et a fait périr les insectes, mais on comprend de suite l'impossibilité de se servir d'une substance aussi toxique sans danger pour l'hygiène publique. Les aspersions de phénol au centième ont été essayées.
En fauchant, puis en faisant briiler les tiges, on a détruit les œufs et les larves, mais les mouvements de la faux détachent celles-ci et les laissent à terre vivantes, prêtes à manger de nouveaux bourgeons. Le ramassage des insectes, larves et insectes parfaits, comme on le fait dans le midi pour le Négril des luzernes [Colaspidema atriim Olivier), se fait avec une large palette, secouant les tiges sans les briser et récoltant les Ghrysomélides dans une boîte; il pourrait être employé avec quelque succès le matin, quand la Doryphore serait encore engourdie. L'appareil décrit dans le Bulletin de la Société entomologique de France (25 juillet 1877) est promené dans les champs; le mouvement des roues est transmis à la palette mobile par une courroie continue.
Les oiseaux de basse-cour ont été lâchés contre les Doryphores aux États- Unis. Les canards seuls mangent avec plaisir les Doryphores; les poules ne s'en soucient guère. On dit même qu'elles ont été malades après s'être repues de ces insectes. Les corbeaux, les corneilles, la caille, les mangent bien.
Quelques insectes carnassiers sont nos auxiliaires en déposant leurs œufs dans les larves: tels sont des Ichneumouiens et des T&chinâires {Ly délia Doryphorœ). Les Carabes dévorent les jeunes, je doute que les Coccinelles et les Réduvesnous soient d'un grand secours. Je crains aussi que l'inoculation de champignons parasites, d'Entomophthora, auxquels avaient pensé Hagen, Charles Brongniart, Maxime Cornu, etc., ne produise pas de grands résultats. Le Phylloxéra [voy. Phylloxéra) et la Doryphore, d'origine américaine tous deux, se multiplient et pullulent d'une telle manière que leurs ravages sont extrêmement difficiles à combattre d'une façon vraiment efficace. Pour lu Doryphore ou Leptinotarse nous pouvons dire en terminant que les alarmes qu'elle a provoquées semblent diminuer, même en Amérique, mais il faut veiller activement et ne pas s'endormir dans une trompeuse sécurité. A. Laboulbène. mer. ESC. XXX. 27