‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.30Chapitre 57 sur 119 · DOUBLET · texte numérisé non relu

DOUBLET

Double naquit, le 6 mars 1771, à Verdun, gros bourg du département de Taru-et-Garonne. Fils d'un pharmacien qui jouissait d'une certaine aisance, malgré une nombreuse famille, son éducation ne fut point négligée, et il adopta d'abord la profession de son père, qu'il continua même de suivre à Toulouse dans une officine de cette ville. Toutefois, son goût s'étant fortement prononcé pour la médecine, il se rendit à Montpellier pour y faire ses études médicales, et les principes de cette école formèrent tellement son opinion que rien dans Ja suite de l'âge ne put les changer radicalement. Sa thèse doctorale sur V Imminence des maladies porte la date du 9 messidor an VII. Quelques années après. Double vint à Paris et fut accueilli avec faveur par Sédillot, qui rédigeait alors le Recueil périodique de la Société de médecine, etc. Ni le public ni les abonnés ne se repentirent qu'on lui eût confié une collaboration étendue dans ce recueil. Double savait, en effet, juger, apprécier les ouvrages scientifiques avec cette profondeur de savoir, cette sûreté de goût, cette hauteur de vue, qui constituent le critique éminent. Il eut surtout le talent de concilier avec un art parfait les droits de la vérité et les ménagements dus ù l'amour-propre. Un Traité sur le croup, écrit pour le magnifique concours de 1807, une nouvelle édition de Ylnterpres clinicus de Klein, la publication de la Séméiologie générale ou Traité des signes, valurent à Double une grande notoriété et lui ouvrirent les portes de l'Académie des sciences et de l'Académie de médecine, où il conserva la haute position qu'il avait su prendre dans le monde médical, étant choisi un des premiers pour examiner les travaux envoyés à ces compagnies et rédiger les rapports. On avait grande confiance dans sa perspicacité, dans son jugement et dans la sûrelé de ses appréciations. La clientèle, une clientèle choisie, vint aussi le trouver ; Double était fait pour s'attirer la confiance publique; sa belle prestance, son air grave et réfléchi auprès des malades, son attention dans les interrogatoires qu'il leur faisait subir, le ton enjoué, affectueux, qu'il savait à l'occasion donner à sa conversation, lui attiraient de suite la sympathie. Joignons à cela une grande indépendance de caractère, une aversion innée pour la convoitise des places grassement rétribuées, et la fierté de ne devoir tout qu'à son propre travail et aux bénéfices de la pratique professionnelle. N'est-ce pas lui qui se vantait de n avoir jamais mangé sa soupe dans Vécuelle de l'État, et qui disait, faisant allusion aux sources de son aisance, quil n avait pas un écu qui ne sentit la fièvre? Il avait, dit-on, refusé la pairie, ne voulant pas accepter la condition de cesser l'exercice de la médecine.

Double est mort le 12 juin 1842, laissant les publications suivantes :

I. Traité du croup. Paris, 1811, in-S». — II. Séméiologie générale. Paris, 1811-182'2, 2 vol. ini-8". — m. Considérations sur l' imminence des maladies en général. Thèse de Moulpellier, 9 messidor an IX, in-i". — IV. Opinion sur la question de la réunion ou de la séparation des sections dans les travaux académiques, in-8°. — V. Rapport sur la maladie dite le Scherlievo, ou nouvelle forme de la syphilis qui a régné dans le littoral hongrois. Paris, 1811, in-4°. — Double a enrichi de commentaires la Médecine pratique de P. Franck.

DOUBLET (François). Médecin français, aussi distingué par son savoir que par son zèle et son dévouement à la cause publique. Il naquit à Chartres le 30 juillet 1751. 11 avait à peine terminé ses études que, séduit par le goût des voyages, il abandonna la maison paternelle et, en compagnie d'un de ses camarades, visita l'Italie, la Hollande. Après trois années d'aventures, Doublet

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