L. Hn. et Ed. L
DOVE (Heinrich-Wilhelm). L'un des météorologistes les plus méritants de l'Allemagne, né à Liegnitz, en Silésie, le 6 octobre 1805. 11 fil ses études à Berlin, s'y fit recevoir docteur en philosophie, puis devint successivement privatdocent (1826) et professeur extraordinaire de physique à Konigsberg (1828), quitta cette Université en 1829 pour occuper la même chaire à Berlin et devint professeur ordinaire en même temps que membre de l'Académie des sciences en 1845, directeur de l'Institut météorologique en 1848. Il mourut à Berlin en 1879.
Dove a été un physicien hors ligne; il s'est particulièrement occupé d'optique et d'électricité et a imaginé des appareils très-ingénieux. Mais son principal mérite réside dans les efforts qu'il a faits pour donner à la météorologie une
550 DOYERE.
base scientifique, et ce sont précisément ses travaux de météorologie et de climatologie, si intéressants pour le médecin, qui nous ont engagé à accorder sa place à Dove dans ce Dictionnaire.
Parmi les ouvrages de Dove, tous fort intéressants, nous mentionnerons particulièrement celui qui s'occupe des variations non périodiques de la températurc {Ueher die nicht periodischen Aenderungen der Temperaturvertheilung aiif der Oberflàche der Erde. Dcrlin, 1859, in-8°), celui qui traite de Tinfluence delà chaleur sur la végétation {Ueber den Zusammenhang der Wàrmeverànderiing der Pflanzen. Berlin, 1846, in-8°) et son ouvrage sur la loi des tempêtes {Das Gesetz der Stûrme, Berlin, 1857 ; 4« éd., ibid., 1874, in-S"). La principale découverte de Dove en météorologie est la loi de rotation des vents, si importante au point de vue de la prévision du temps. Cette loi peut s'énoncer de la manière suivante : « Autour des centres de haute et basse pression atmosphérique l'air se meut en spirales qui s'écartent du centre de la haute pression en tournant, pour l'hémisphère boréal, en sens inverse des aiguilles d'une montre, c'est-à-dire de droite à gauche. Ces centres se déplacent dans nos régions de l'ouest à l'est. Le contraire ariive dans l'autre hémisphère. » Enfin nous signalerons encore un ouvrage de Dove, où cet éminent savant a résumé ses recherches sur la climatologie : Die Verbreilung der Wàrme auf der Erde {^^ édit., Berlin, 1852, in-8°), auquel vient s'ajouter comme une suite : Die Verbreitiing der Wàrme in der nôrdlichen Hemisphàre (Berlin, 1855, in-8°). Ces ouvrages renferment des cartes donnant pour chaque mois de l'année la répartition delà température sur tout le globe. L. Hn.
D01VER (Poudre de) ou Poudre d" ipécacuanha composée. Cette poudre <Joit renfermer, d'après le Codex de 1884 :
grammes.
"if Poudre d'azolale de potasse 40
— de sulfate de potasse 40
— d'ipécacuanha 10
Opium officinal séclié et pulvérisé 10
Chacune de ces poudres doit être séchée avant la pesée. Le mélange est fait ensuite avec le plus grand soin. 1 gramme du produit renferme 1 0 centigrammes d'opium sec correspondant à 5 centigrammes d'extrait environ.
La formule donnée par le Codex de 1866 comprenait en outre 10 grammes de réglisse, et au lieu d'opium brut desséché 10 grammes d'extrait d'opium sec, de sorte que 1 gramme de la poudre composée ne renfermait que G*'',09 d'extrait d'opium, ce qui correspond à une proportion plus forte d'opium qu'avec la nouvelle formule.
Les pharmacopées britannique et prussienne suppriment le nitrate de potasse, la pharmacopée germanique remplace les deux sels par le sucre de lait.
Cette préparation a encore subi bien d'autres modifications depuis que son auteur, un médecin anglais, Dower ou mieux Dover, l'a fait connaître.
La date de son introduction dans la matière médicale française n'est pas exactement connue. La première mention s'en trouve dans Morelot, en 1803.
La poudre de Dower est calmante et diaphorétique. On la prescrit, à la dose de 5 à 10 décigrammes, le soir en se couchant, dans la goutte, le rhumatisme chronique, etc. L. Hn.
DOYÉRE (Louis). Physiologiste et naturaliste^ né à Saint-Jean des Essar-
DRACOGÉPHiLE. 5ol
tiers (Calvados), en 1811. Il fut professeur à l'École centrale des arts et manufactures, plus tard à l'ex-institut agronomique de Versailles, enfin au lycée Bonaparte. Il mourut à Bastia (Corse) le 12 juillet 1863.
Doyère a été un savant de premier ordre, mais n'a pas obtenu dans le cours de sa carrière universitaire les postes éminents que ses talents méritaient. 11 nous intéresse particulièrement pour les travaux qu'il a publiés sur la physiologie de l'homme et des animaux supérieurs. Voici les titres des plus importants :
I. Sur V accroissement des os, en commun avec Serres : Acad. des sciences, févr. 1842. — II. Sur les dangers de Véthérisalion et les moyens de les prévenir. In Gaz. méd. de Pans, 184'? (l'auteur décrit un appareil de son invention permettant de doser la quantité d'éther inhalé). — III. Sur la respiration chez l'homme sain et chez les cholériques. In Moniteur des hôpitaux, 1854. — lY. Ilotes sur quelques poinls de Vanalomie des insectes. In Annal, des se. naturelles, 1" série, Zool. — V. Leçons d'histoire naturelle d'après le nouveau
programme rfu 4 sept. 1840. Paris, 1840, in-8. — VI. Divers mémoires (un entre autres
Sur le lait au point de vue physiologique et économique] dans les Annales de l Institut agronomique, le Journ. d'agriculture pratique, etc. L. Un.
»RA€JE\A. § I. Botanique. VoiJ. DragOXNIER.
^ IL Emploi médical. Voy. Sang-dragon et DraGONiNIER.
draca:vos. D'après quelques auteurs, ce nom serait appliqué par Dioscoride à la Garance {Rubia tinctorum L.). Le nom le plus ordinaire de cette plante dans les auteurs grecs est ÈpvQpôiîavoç. Pl.
Bibliographie. — Mérat et de Lems. Dict, Mat. méd., II, 682, Pl.
DRACO. On donne ce nom comme spécifique à plusieurs espèces arborescentes qui produisent une résine nommée sang-dragon et particulièrement au Calamus Draco L., de la famille des Palmiers; au Dracœna DracoL., des Asparaginées; au Pterocarpus Draco L., des Légumineuses.
Dans les officines le Draco lierba est le nom de V Estragon [Artemisia Dracunculus L.). Pl.
DRACOCÉPIIA1.E. Dracocephalum L. Genre de plantes Dicotylédones, appartenant à la famille des Labiées, et caractérisé de la manière suivante : calice tubuleux, glabre à l'intérieur subbilabié, corolle grande, dilatée et renflée à la gorge, à deux lèvres, dont la supérieure voûtée et échancrée et l'inférieure ouverte, à 3 lobes dont le moyen très-grand et échancré, et les latéraux tout petits, 4 étamines didynames, ascendantes.
La plante la plus commune de ce genre est le Dracocephalum moldavicum L., que l'on connaît sous les noms de Mélisse de Moldavie, Mélisse turque, Moldavique, originaire de la Moldavie. On la cultive dans nos jai'dins : sa tige glabre, quadrangtilaire, porte des feuilles ovales lancéolées, crénelées sur les bords. Les fleurs sont à l'aisselle de bractées à dents sétacées, en grappes longues de 15 à 50 centimètres ; le calice est strié; la corolle bleue, purpurine ou blanche, est très-renflée ou ventrue.
Toute la plante a une odeur pénétrante, assez agréable, qui se rapproche de celle de la mélisse ; elle a la réputation d'être cordiale, céphalique et vulnéraire; on l'emploie en infusion théiforme ; dans le midi de la France, on fait avec ses
552 DRACOINTIUM.
fleurs, digérées dans l'eau-de-vie, une liqueur que, par une altération assez bizarre du nom de Moldavique, on appelle Mort en vie.
Le Dracocephahim canariense L., qu'on nomme aussi Mélisse des Canaries, Thé des Canaries, est un arbrisseau dont toutes les parties sont très-fortement aromatiques , et que Linné recommande comme l'un des végétaux les plus excitants de la famille des Labiées.
Citons aussi le Dracocephahim sibiricum Wild, plante vivace cultivée dans les jardins depuis le milieu du siècle dernier et dont l'odeur, moins agréable que dans les précédenles, est aussi très-développée.
Enfin, comme plantes curieuses plutôt que réellement utiles en médecine, mentionnons les plantes qu'on a nommées Cataleptiques, parce que leurs fleurs ont la singulière propriété de rester dans la position oij on les place, quelle que soit d'ailleurs cette direction. Ces espèces sont le Dracocephahim virginiannm L., qui porte plus spécialement le nom de Cataleptique, et \e Dracocephahim variegatum Vent. Pl.
BiBLiOGiiAPHiE. — TounxEFORT. histilutioues, tab. 85 et 85. — Linné. Gênera, 729, et Species, 829. — Lamauck. Dicl. de l'encyclopédie, II, 519. — De Candolle. Flore française, 2G03. — IkxTHAM. In De Candolle. Prodrnmus. Pl.
DRACO^. L'un des fils d'ilippocrale, florissait environ trois cent cinquante ans avant l'ère chrétienne (vers la cent troisième Olympiade). Il était le médecin de la reine Roxane. 11 contribua, de même que son frère Thessalus et son beau-frère Pçlybe, à altérer par des additions et des interpolations le texte des écrits de son père. On lui a attribué, mais sans preuves suffisantes, le Livre des Prorrhétiques. On a même prétendu qu'il a commenté Homère et Eschyle.