L. Hn
DRACOXTïUIW[. Genre de plantes Monocotylédones, appartenant à la famille des Aroïdées ou Aracées.
Etabli primitivement par Linné, dans des limites assez larges, ce genre a été divisé par les botanistes en un certain nombre d'autres, dans lesquels sont distribuées la plupart des espèces intéressantes pour le médecin.
C'est ainsi que le Dracontium fœtidum L. est devenu le Symplocarpus fœtidus Salisb. ; le Dracontium pertusum L., le Monstera Adansonii Schott; le Dracontium spinosum L., le Lasia heterophylla Schott. Il ne reste plus dans les vrais Dracontium qu'une seule espèce, le Dracontium polyphyllum L.
C'est une curieuse plante de la Guyane et du Brésil, et de quelques pays cbauds de l'Asie, qu'on cultive dans les serres de Hollande depuis le commencement du siècle dernier. De sa racine tuberculeuse poussent une ou deux feuilles munies d'un long pétiole, de 30 à 35 centimètres, cylindrique, moucheté de vert, de blanc et de pourpre, ù épiderme écailleux, qui se divise à son sommet en trois axes rameux, portant des folioles pinnatifides. Quand les feuifles sont fanées, il sort de terre une grosse inflorescence formée d'un spadice, enveloppée d'une grande spathe en capuchon d'un vert pourpre en dehors, d'un brun foncé en dedans. Le spadice, qui est cylindrique, porte des fleurs hermaphrodites dont le périanthe membraneux, d'un rouge livide, est divisé en sept à neuf lobes; les étamines sont en même nombre que les divisions du périanthe, l'ovaire biloculaire est surmonté d'un long style subulé. Les fruits sont des baies contenant de une à trois graines exalbuminées.
DRACUNCULUS. 555
La spatbe a une odeur fétide au momeut de son développement. Toute la plante est acre, purgative, très-fortement emménagogue, et est employée, d'après Thuuberg, au Japon pour produire l'avortement. Les propriétés drastiques la font utiliser aux Indes contre l'hydropisie ; on l'a aussi préconisée contre l'asthme et à faibles doses comme anlispasmodiqne. Enfin, c'est un remède contre les bémorrhoïdes.
Nous avons parlé du Dracontiiim fœtidum L. à l'article Syjiplocarpus [voy. ce mot).
Quant au Dracontium pertusum L., qui est maintenant le Monstera AdansonÏL Scliott, c'est une plante de l'Amérique tropicale dont la tige grimpante porte des feuilles ovales-oblongues entières ou perforées, et dont le spadice sessile, enveloppé d'une spatbe béante, porte des fleurs femelles à la base, des fleurs mâles par avortement au sommet.
Les feuilles de cette espèce sont acres, surtout à l'état frais, et, appliquées sur la peau, elles produisent une très-légère vésication, ce qui fait qu'on les emploie souvent à la Guyane contre l'anasarque. La racine est acre et son fuc caustique : aussi l'emploie-t-on quelquefois sur les plaies faites par les serpents venimeux, dans l'idée de neutraliser le venin.
Enfin, le Dracontium spinosum L., qui est actuellement nommé Lasia heterophylla Scbott, est une plante des Indes, à feuilles d'abord sagittées, devenant primatifides dans la plante adulte, et dont la spatbe cylindrique, tordue en spirale au sommet, renferme un spadice couvert de fleurs bermapbrodites. On retire de sa racine une fécule, qui est alimentaire. Pl.
Bibliographie. — Linné. Gênera, Species, 1572. — Rob. Brown. Prodromus,ZZl. — Schott. Meletem, n" 22. — Endlicher. Gênera, 1704. — Kunth. Enumeraiio planiarum, 83. — Mérat et DE Lens. Dict. Mat. méd., II, 682. Pl.
DEA.CUi\CULi:s. Tournefort. Genre de plantes Monocotylédones, appartenant à la faniille des Aroïdéesou Aracées. Ce genre, établi par Tournefort, confondu par Linné avec ses Arum, a été de nouveau séparé par Schott et les botanistes modernes. Il comprend des plantes sans tige aérienne, dont la partie souterraine est formée d'un tubercule globuleux vivace, et dont les feuilles, s'embrassant l'une à l'autre par leurs gaines basilaires, ont un limbe pédalé, à lobes largement connivents. La spathe, contournée à la base, largement ouverte et plane au sommet, entoure un spadice garni, à la partie inférieure, d'étamines mêlées à des ovaires, dépourvu de filaments au-dessous des étamines et terminé par une portion nue au sommet. Les ovaires sont nombreux, libres, uniloculaires, à placentation pariétale. Ils deviennent des baies contenant un petit nombre de graines.
Le Dracunculiis vulgaris Schott, qui est VArum Draciinculus L., croît dans le midi de l'Europe, dans le Portugal, l'Espagne, l'Italie, la Dalmatie, la Grèce. On lui donne le nom de Serpentaire à cause des taches de ses gaines et de ses pétioles; le limbe est pédatifide, à 5 divisions plus ou moins entières ou subdivisées, et la spathe, extrêmement grande et d'une couleur violet livide foncée, a une fétidité remarquable. On dit sa racine vomitive. Toute la plante a du reste les propriétés acres et caustiques de VArum maculatum ou Gouet {voy. ce mot). Cette espèce est le Apa/.ovrtov de Théophraste, de Dioscoride et aussi d'Hippocrate. Pl.
Bibliographie. — Théophraste. Hist. plant., VII, 11. — Dioscoride. Ma ^ méd.,\l, 196. — Spren-
554 DRACYLIQUE-
GEL. Historia Rei herhar., I, 103. — Tournefort. InstitutlonesRei herb., 70. — Linné. Species, 1367. — Lamarck. Encyclop. Illustrât, des genres. III, 740. — Schott. Melelem., 1, 17. — KuNTE, Enumeratio plantarum, III, 29. Pl.
DR.4CUî\TlA l»iiNOR. C'est le nom donné parfois dans les officines à VAriim maculatum L. ou Gouet. Pl.
DRACl'l\TIUSI. Nom donné par quelques auteurs anciens à VArum serpentaire [Arum Dracunculus L.). Ce n'est d'ailleurs que la forme latine du mot grec employé par Dioscoride. Pl.
I>RAC"ÏL,1QUES (Combinaisons). Ces composés sont des produits de substitution isomères des produits de substitution du même ordre qui dérivent de l'acide benzoïque. On pourrait donc croire que les acides benzoïque et dracylique sont réciproquement isomères, et que ce dernier acide est le point d'origine des composés dracyliques. Mais il n'en est rien, car l'acide dracvlique n'existe pas, #t aucun des composés dracyliques ne dérive de l'acide benzoïque.
Que l'on se figure un carbure d'hydrogène connu sous le nom de Toluène G^''H®, peu importe qu'il soit tiré de la benzine du commerce, ou du baume de tolu, ou de toute autre source. Si l'on oxyde ce carbure au moyen de l'acide chromique, on le fait passer à l'état d'acide benzoïque. Si on opère l'oxydation au moyen de l'acide azotique, on obtient également de l'acide benzoïque, seulement il est nitré, puisque l'action de l'acide azotique s'est étendue à l'acide benzoïque issu du toluène oxydé. Ainsi le toluène, suivant l'agent d'oxydation auquel on le soumet, peut se transformer en acide benzoïque aussi bien qu'en acide nitrobenzoïque.
Mais, si le toluène, avant de subir l'action oxydante de l'acide azotique, est modifié par substitution ; si une partie de son hydrogène est remplacée par de la vapeur nitreuse (AzO*), ou par de l'amidogène (AzH'), ou par du chlore, ou par du brome; en d'autres termes, si l'agent d'oxydation n'agit pas sur le toluène, mais sur du nitro, ou amido, ou bromo, ou chlorotoluène, on obtiendra invariablement de l'acide nitro, ou amido, ou bromo, ou chlorodracylique, lesquels acides seront tous isomères des acides semblables dérivés de l'acide benzoïque. On ne saurait assez insister sur ce singulier phénomène de la production de deux acides différents selon que l'oxydation précède ou suit le remplacement de l'hydrogène par voie de substitution. Cependant, dans le cas dont il s'jgit, dans le cas particulier du toluène, on pourrait supposer (supposition qui expliquerait l'isomérie) que le corps, groupe ou molécule simple, qui se substitue à l'hydrogène, n'en prend pas exactement la place. Cette supposition trouve un appui dans le fait bien constaté que l'acide chlorodracylique soumis à une substitution inverse ayant pour effet d'éliminer le chlore et de faire rentrer l'hydrogène, l'acide chlorodracylique, disons-nous, se transforme en acide benzoïque.
Avant d'arriver aux combinaisons dracyliques particulières, expliquons leur qualification. Les premières recherches qui aboutissent à la découverte de l'acide nitrodracylique furent faites par Blumenau en oxydant du sang-dragon [Calamus draco)^ et par Glénard et Boudault en faisant agir l'acide azotique fumant sur le carbure d'hydrogène (toluène) recueilli à la distillation de cette même résine. De là le nom à' acide nitrodracylique que l'on a conservé pour désigner ses modifications.
DRAGVNTE. od5
Acide nitrodracylique. G*''H"(AzO'')0'\ Pour se procurer cet acide on agite les nitrobeiizines brutes du commerce avec du carbonate de soude, et on précipite la solution par l'acide azotique. On purifie le précipité par plusieurs cristallisations dans l'eau et avec le concours du charbon animal.
L'acide nitrodracylique cristallisé dans l'alcool est en écailles brillantes, fusibles à 240 degrés, peu solubles dans l'eau, et beaucoup plus solubles dans l'éther.
Les nitrodracylates d'ammoniaque, de soude, de plomb, de chaux, de baryte, de magnésie, d'argent, d'éthyle et deméthyle, et la nitrodracylamide, sont tous des corps cristallisables.
Acide azodracyliqde. C^^H^^'Az^O*. Le nitrodracylate de soude traité par l'amalgame de sodium passe à l'état d'acide azodracylique. Ce composé est amorphe, rougeâtre, insoluble dans l'eau, l'alcool et l'éther; il renferme de l'eau d'hydratation qu'il abandonne à 170 degrés. Il est très-stable : aussi peuton le chauffer à 250 degrés dans un courant d'acide chlorhydrique sans le décomposer.
Acide a.midodra.cylique. C^''IF(AzH^)0\ Cet acide se présente sous la forme d'aiguilles groupées en étoiles ou en rhomboèdres fusibles à 18() degrés suivant Beilstein, et à 197 degrés d'après Fischer. Il est soluble dans l'eau, l'alcool et l'éther.
L'éther azotique le transforme en acide azoamidodracyUque (C^*H'*Oz''0^).
L'acide amidodracylique provient de l'acide nitrodracylique réduit sous l'influence simultanée de l'élain et de l'acide chlorhydrique.
Acide chlorouracylique. C*''IPC10*. On prépare cet acide soit en traitant par l'acide chlorhydrique l'acide azoamidodracylique, soit en oxydant le toluène monochloré.
L'acide chlorodracylique fond à 236 degrés et se sublime en écailles. Il est soluble dans l'alcool, peu soluble dans l'eau bouillante. L'amalgame de sodium le transforme en acide benzoïque. 11 est isomèie de l'acide chlorobenzoïque.
Acide bromodracvlique. C'^IPErO*'. Cet acide cristallise en petites aiguilles fusibles à 251 degrés et est sublimable à une température plus élevée.
Presque insoluble dans l'eau froide, il se dissout assez bien dans l'eau bouillante et très-facilement dans l'alcool et dans l'éther.
On l'obtient en oxydant par l'acide chromique le toluène monobromé.
Son sel barytique cristallise en petites lamelles blanches nacrées, et son sel d'argent cristallise en aiguilles incolores. Malaguti,
Bibliographie. — Beilstein et W'ilbrand. Annal, der Chem. u. Phai-tn., t. CXXVIII, p. 257, et Bull, de la Soc. chim., t. l, p. 191, 1804. — Beilstein, ^VILBRA^'o et Reichenbach. Ibid., t. II, p. iô, 1864. — Fischer. Annal der Chem. und Pkarm., t. CXXVII, p. 137, et Bull, de la Soc. chim., t. 1, p. 144. 1864. — Beilstein et Schlem. Annal, der Chem. und Pharm., t. CXXXIII, p. 239, et Bull, de la Soc. chim., t. IV, p. 129, 1805. — Jakascii. Annal, d. Chem. und Pharm., t. CLII, p. 301, et Bull, de la Soc. chim., t. IX, p. 229, 1808. — Hubner et Schulze. Zeilschr. f. Chem., nouv. série, t. II, p. 014, et Bull, de la Soc chim., t. "VII, p. 507, 1867. — Hubner et Biepelmann. Zeitschr. f. Chem., nouv. série, t. IIF, p. 507, et Bull, de la Soc. chim., t. X, p 50, 1868. — Hubner, Ouly et Philipp. Annal, der Chem. u. Pharm., t. CXLIII, p. 230, et Bull, de la Soc. chim., t. IX, p. 488, 1868. —Beilstein et Geitner. Annal, der Chem. u. Pharm., t. CXXXIX, p. 1, et Bull, de la'Soc. chim., t. VII, p. 180, 1867. — BiLFiNGER. Annal, der Chem. u. Pharm., t. CXXXV, p. 152, et Bull, de la Soc. chim., t. V, p. 282, 1866. M.
DRi&GAlVTE. Nom vulgaire de l'Asfragalus qui produit la gomme adragante {voy. Gomme). D.
55C DRAGÉKS.
1>R ÂGÉES DE CDEVAIL. Nom donné au Sarrazin ou Blé noir [Polygonum fagopyrum h.). Pl.
DRAGÉES. On administre quelquefois sous forme de dragées des médicaments d'une odeur ou d'une saveur désagréable, ou qui sont altérables à l'air, ou qui renferment des substances hygrométriques. Piiarmaceuliquement parlant, elles ne diffèrent des granules [voy. ce mot) que par le volume.
l"* Pilules ou bols dragéifiés. On prépare d'abord les pilules ou bols à la manière ordinaire, puis on les met dans une bassine avec un peu de sirop de sucre et, après avoir ajouté un mélange à parties égales de sucre en poudre et d'amidon, on roule ces petites masses à la main et on les fait sécher à l'étuve sur un tamis. Cette opération est répétée deux ou trois fois; à la dernière, on remue le tout pour rendre lisse la surface des dragées. Elle ne réussit bien que sur des quantités considérables (5 kilogrammes au moins). Dans le procédé Calloud (d'Annecy), on prépare d'abord un mucilage avec 1 partie de gomme adragante et 2 parties d'eau, et l'on y ajoute 20 parties de sucre de lait. Le mélange ayant été séché à l'étuve, on y roule les pilules préalablement humectées.
Celte espèce de dragée ne doit pas être sucée, ou ne doit l'être que très-peu de temps, puis avalée comme une pilule. C'est une précaution à prendre à l'égard des enfants, qui pourraient en rejeter la partie essentielle.
2" Dragées dans lesquelles la substance médicamenteuse est mêlée au sucre. Dans ce cas, on donne pour noyau à la dragée une semence plus ou moins inerte, un pépin de cerise, un grain d'anis, une petite amande, etc. Si la substance médicamenteuse n'a pas un goût désagréable, on peut sucer les dragées jusqu'au noyau.
S" Enfin on peut préparer des dragées sans noyau central; toute la masse se compose de sucre et de substance médicamenteuse, mais ce n'est plus là la véritable dragée : il n'y a pas d'enrobement. La masse de sirop de sucre et de substance médicamenteuse est chauffée dans une bassine en remuant jusqu'à ce qu'elle se prenne eïi grains.
Voici quelques exemples de dragées médicamenteuses :
DRAGÉES d'aMS (aNIS DE VERDDN)
Fruits d'anis enrobés à la manière ordinaire.