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DICT. E>C. XXX

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du piluri, la Iranspiralion et la salivation deviennent abondantes, d'après tous les observateurs ; on a même été jusqu'à comparer ce phénomène aux augmentations de sécrétion que provoquent les injections de pilocarpine. A ce point de vue cette substance serait donc un antagoniste de la duboisine. Mais il est légitime de se demander avec M. Dujardin-Beaumetz si, en continuant l'expérience et à doses plus fortes, elle n'agirait pas comme la duboisine, pour modérer et arrêter la salivation et la sudation.

D'autre part, Sydney Ringer et Murrell considèrent le pituri comme ayant une action antagoniste de celle de la muscarine et de la pilocarpine sur le cœur de la grenouille. Il en modifie l'innervation et suspend l'action des nerfs modérateurs. En somme cette substance attend encore une détermination plus complète et moins contradictoire de ses puissantes propriétés.

Le pituri est un mydriatique. Après l'instillation entre les paupières de quelques gouttes d'une solution à 1 pour 100, la pupille se contracte, mais cette contraction passagère est bientôt remplacée par une dilatation pupillaire considérable : propriété qui rapprocherait donc le Duboisia Hopwoodii de la belladone et aussi du Duhoina myoporoides.

2" Action thérapeutique. Le pituri n'a pas encore été employé dans un but thérapeutique. D'ailleurs, avant de faire des essais médicamenteux, il serait nécessaire, est-il besoin de le dire? de fixer plus complètement et plus nettement ses propriétés, d'autant plus que sa toxicité paraît être grande.

Bielioghaphik. — Miirra.y. T/ic Lancet, t. I, p. 106, 1879. — Sydney Uinger et W. Murrell. The Journal of P/ujsioL, t. I, p. 357, 18.S0. — Des mêmes. The Lancet, t. I, p. 290, 1879, et ]°' mors 1880. — Des mêmes. Joitrn. of Pliijs., t. II, p. 152, 1880. — DujARDix-BEAnMETZ. Dictionnaire de tliérap., p. 282, 1884. Ch. Eloï.

II. Propriétés du duboisia myoporoides et de l.^^. duboislne. C'est Bancroft,. comme on l'a vu plus haut, qui le premier essaya sur l'œil l'extrait aqueux des feuilles de cet arbrisseau et constata ses propriétés mydriatiques. Ses expériences avaient été entreprises en 1877, à l'instigation de Von Millier, et leurs résultats furent alors l'objet d'une communication à la Société des sciences naturelles de Queensland. Peu de temps après Fortescue (de Sydney), Sydney Uinger, puis John Tweedy, constataient que l'extrait de cette plante possédait une action mydriatique plus énergique que celle de l'extrait de belladone. En 1878, Gerrard et Petit isolaient presque simultanément son principe actif : l'alcaloïde auquel on donnait le nom de duboisine. Depuis Galezowski, Fauqué,^ Gubler, Dujardin-Beaumetz, Desnos, de Wecker (en France), Hermann, Scliœffer, Lœbisch (en Allemagne), Risley, W. J. Norris (en Amérique); Albini (en Italie), et enfin en Angleterre, ou parmi les compatriotes des premiers observateurs, Gibson, Neale, Well, Nettleship, Jones, étudiaient ses propriétés physiologiques, médicamenteuses et toxiques,

1° Effets physiologiques. De toutes ses propriétés, la mieux connue et celle dont les applications thérapeutiques sont les plus usuelles est l'action de produire la mydriase et de modifier l'accommodation visuelle. De plus, la duboisine agit sur le système nerveux central, sur les activités psychiques, sur la sensibilité, sur les grandes fonctions de circulation et de respiration, enfin sur les sécrétions.

En 1877, Bancroft reconnaissait les propriétés mydriatiques àe ce végétal sur l'œil de l'homme et des animaux, chat et chien, en employant l'extrait

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de duboisia. Depuis, elles ont été mieux mises en évidence par la substitution de l'alcaloïde à cet extrait.

En effet, quand on fait usage d'une solution de duboisine au cent vingtième, on observe, peu de temps après l'instillation, une dilatation manifeste de la pupille. Elle est plus rapide qu'avec l'atropine, car avec la solution à un 1/2 pour 100 elle se produit dans l'espace de cinq à huit minutes, tandis que la mydriasc atropique dans les mêmes conditions expérimentales demande quatorze minutes. L'augmentation de l'ouverture pupi Maire est aussi plus considérable ; car avec la duboisine elle mesure 5 millimètres et avec l'atropine 4 millimètres et demi.

Par contre, la durée de la mydriase duboisique est moindre que celle de la mydriase atropique. Risley évalue cette différence du simple au double, de sorte que la duboisine est un mydriatique dont l'action commence plus promptement et cesse plus rapidement que celle de l'atropine.

La duboisine produit aussi des modifications de Vacuité visuelle et de r accommodation. Elles débutent en général immédiatement après l'emploi du collyre à la duboisine, augmentent pendant une heure et demie et diminuent ensuite, pour disparaître définitivement dans l'espace de trois heures. Quand on compare cette action sur la vision à celle de l'homatropine et de l'atropiue, on constate que, pour la duboisine et l'homatropine, le maximum d'intensité des modifications visuelles se montre une heure et demie après la dilatation mydriasique, tandis qu'avec l'atropine il est plus tardif. Mais, si l'on classe ces substances d'après la durée totale de leur action, on voit que l'homatropine est celle dont l'activité est la plus courte, que la duboisine vient après, et que l'atropine possède l'influence la plus longue.

Ces résultats diffèrent des faits observés par M. Loison, qui avait constaté la persistance plus durable de la mydriase duboisique. Celle-ci existait, en effet, deux jours encore après l'administration du médicament. M. de Wecker fait remarquer aussi que la paralysie de l'accommodation est totale au moment où la dilatation de la pupille a été produite par la duboisine, tandis qu'on doit faire usage d'instillations successives d'atropine afin d'obtenir ce même résultat : ce qui est un inconvénient et une cause d'erreur pour chiffrer rapidement le degré de la réfraction chez les myopes et les hypermétropes. A ce point de vue, la duboisine l'emporte donc sur l'atropine.

Relativement à son action sur l'accommodation, M. Loison a fait des recherches dont une jeune fille très-hypermétrope était le sujet. Cinq minutes après l'instillation, la vue commençait à s'obnubiler; six minutes plus tard la dilatation était déjà manifeste et la gêne visuelle augmentait, et à la neuvième minute on constatait que les objets extériei^rs étaient confusément aperçus. Après onze minutes le degré d'hypermétropie était de quatre degrés à l'optomètre de Mascart et Perrin. Il augmentait jusqu'à quatre degrés et demi vers la quatorzième minute; le lendemain il était descendu à quatre degrés et le surlendemain à trois degrés.

D'autre part M. Fauqué estime que le maximum de dilatation pupillaire dure deux à trois jours avec la duboisine, un jour, rarement deux et plus exceptionnellement encore trois, avec l'atropine. En outre, après neuf à dix jours l'aclion de la duboisine ne serait pas complètement effacée, tandis que celle de l'atropine re s'étendrait pas au delà de sept jours environ. Quel est le mécanisme de cette action sur la pupille et sur l'accommodation

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visuelle? D'après M. Fauqiic, la paralysie porterait directement sur les filets moteurs des muscles iridien et ciliaire. On en trouve d'ailleurs une preuve dans ce lait que la mydriase duboisique, tout en débutant presque en même temps que la paralysie de raccommodation, persiste pendant un temps plus long que cette modification de l'accommodation.

La duboisine agit sur le système nerveux central. Si l'intoxication est légère, l'individu auquel on administre cette substance, éprouve seulement des vertiges et de l'assoupissement. Est-elle plus complète, on observe des troubles circulatoires.

Un jeune tuberculeux, auquel Gubler avait administré un milligramme de duboisine, éprouva aussitôt après des vertiges, de la sécheresse buccale, une diminution de l'activité cardiaque et un état de stupeur ressemblant à celui que produit le Datura stramonium. Le malade était dans une sorte d'étonnement, d'immobilité et d'indifférence. Il répondait mal aux questions qu'on lui adressait. Étranger à ce qui l'entourait, il demeurait assis, n'ayant pas l'énergie de faire les moindres mouvements de' déplacement, de s'asseoir ou de se rendre compte de ce qui se passait autour de lui.

A un degré plus élevé, la duboisine produit le coma, parfois même du délire et des hallucinations, dont le caractère diffère cependant de celles de l'ivresse et de la folie consécutives à l'intoxication belladonée.

Aux troubles psychiques s'ajoutent des troubles de la sensibilité et de la motilité : céphalalgie, sentiment de lassitude, impuissance musculaire et incertitude dans la marche. Après l'administration d'un milligramme de duboisine, Gubler constatait, en effet, de l'affaiblissement musculaire et de la difficulté dans les mouvements : cet alcaloïde diminue donc le pouvoir excito-moleur des centres nerveux. De plus, fait dont il faut tenir compte au point de vue physiologique, son action paraît porter directement sur les éléments nerveux, car les mêmes phénomènes s'observent encore sur les muscles d'un membre dans lequel on a par une ligature réalable interrompu la circulation.

Sous l'influence de cette substance on observe des troubles circulatoires et des phénomènes vaso-moteurs : le pouls s'accélère, ses battements, d'après Sydney Ringer, peuvent s'élever jusqu'à 180 et les pulsations cardiaques sont accrues en fréquence chez les mammifères. A la faible dose de 5 milligrammes, elle augmente la tension artérielle, et, d'après Gibson, elle la diminue, quand on l'administre à la dose 10 fois plus élevée de 5 centigrammes. Enfin, à dose toxique, elle arrêterait le cœur en diastole.

Dans les intoxications par la duboisine, l'innervation vaso-motrice de la peau est modifiée; il se produit des taches scarlatiniformes maculant la surface cutanée. Il est vrai que, pour Gibson, elle agit à petite dose comme un médicament vaso-dilatateur ; mais, comme le fait remarquer M. Dujardin-Beaumelz, cette propriété serait en désaccord avec les troubles sécrétoires qu'elle provoque.

Dans ses recherches, Gubler constatait que l'administration de la duboisine était suivie d'une accélération des mouvements du cœur et d'une rubéfaction de la peau. M. Dujardin Beaumetz a noté des effets analogues, en injectant un quart et un demi-milligramme de duboisine à des malades atteints de goitre exophthalmique. Les palpitations du cœur étaient atténuées, en même temps que la fréquence et l'amplitude des battements de cet organe diminuaient.

La respiration est modifiée par la duboisine, elle devient plus rapide et plus

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active. Gibson qui signale ce phénomène l'explique par une excitation du centre régulateur de cette fonction.

Les modifications des sécrétions salivaire et sudorale furent notées par les premiers observateurs. Blacke et Gubler constataient qu'une injection souscutanée de 1 milligramme de duboisine avait pour effet la suppression des sueurs nocturnes avec la production rapide d'un sentiment de sécheresse de la gorge et de soif vive. Toutefois, à la dose moins élevée de 1 milligramme, il n'en était pas ainsi : la sueur et la salive n'étaient pas diminuées. Sydney Ringer, avait aussi observé les mêmes phénomènes, après l'ingestion d'un seul grain d'extrait de Duboisia myroporoides. M. Fauqué éprouva, une demi-heure consécutivement à l'instillation de deux gouttes d'une solution de sulfate de duboisine au 200% une pénible constriction du gosier. Chez quelques individus cette sensation de sécheresse entraîne la gêne de la parole. Enfin, appliqué sur la muqueuse buccale, cet alcaloïde possède une saveur amère et désagréable, qui est un obstacle à son administration par la bouche.

Ces phénomènes Lsont constants, et on a pu, par une injection opportune de duboisine, arrêter, comme avec l'atropine, l'hypersécrétion salivaire et sudorale provoquée par la pilocarpine. Quand on l'injecte sous Ja peau un moment après l'administration de la pilocarpine, on constate en effet la dilatation de la pupille, qui s'était resserrée sous l'influence de la pilocarpine. Aussi M. Fauqué attribue à la duboisine la propriété de paralyser les fibres nerveuses excito-sudorales. Par contre, M. Gibson ne pense pas que cette substance soit un modificateur de l'innervation sympathique.

En résumé, la duboisine possède des propriétés mydriatiques plus énergiques que celles de l'atropine. Comme cette dernière, elle modifie les sécrétions, produit la sécheresse buccale, des exanthèmes toxiques et des troubles de l'innervation vaso-motrice. Mais, phénomène que l'atropine ne produit pas, elle accélère les mouvements respiratoires. De plus elle peut comme l'atropine être administrée à doses élevées aux animaux sans provoquer d'accidents mortels. M. Fauqué a pu eu donner vingt centigrammes à un chien et M. Bochefontaiiie a vu un cobaye résister à une dose de quatre centigrammes. Enfin, son action sur la circulation est analogue à celle que la digitaline exerce sur le pouls.

L'effet de la duboisine donne facilement lieu à des effets cumulatifs. Il faut donc, comme l'a noté M. Dujardin-Beaumetz, éviter de continuer trop longtemps l'usage suivi de ce médicament. En effet, à la dose quotidienne de \/A de milligramme à 1/2 milligramme, il provoquait des signes d'intolérance analogues à ceux que produisent la digitale et la belladone. Il ne faut donc pas, d'après ce savant observateur, en prolonger l'usage ininterrompu au delà de six à huit jours. A l'extérieur il en est de même et M. Galezowski, comme on l'a vu plus haut, a provoqué parfois des phénomènes semblables au moyen de collyres.

Usages thérapeutiques. La duboisine est surtout employée en oplilhalmologie. Quels sont ses avantages et ses inconvénients? D'après Hermann Schœffer, elle serait préférable à l'atropine, parce qu'elle serait moins irritante que cet alcaloïde. Néanmoins Schœler ne partage pas cette opinion, parce qu'il a vu l'emploi de la duboisine être suivi dans trois ou quatre cas d'une conjonctivite folliculaire. Il faut remarquer d'ailleurs, ce qui atténue ces inconvénients.

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que l'on observe aussi parfois des irritations conjonctivales consécutives à remploi de l'atropine. Il ne faudrait donc pas toujours mettre en cause l'alcaloïde quand il s'agit peut-être de susceptibilités individuelles ge'nérales ou bien locales. Cet inconvénient n'est pas le seul qui soit commun à ces deux substances : Galezowski, Tweedie, Nettleship, Jones, ont observé des symptômes toxiques, consécutifs à l'administration de collyres à la duboisine. Un collyre à la duboisine, à la dose de 5 centigrammes pour 10 grammes, dont on administrerait cliaquejour 10 gouttes, pourrait provoquer des accidents d'empoisonnement: vertiges, faiblesse musculaire, céphalalgie, et des troubles gastriques. MM. Dor et Alvorado la considèrent comme dangereuse, quand on emploie sous forme de collyres les solutions à 1 pour 800 et 1 pour 500. Des vomissements, de la céphalalgie et des syncopes, pourraient survenir alors, et avec un collyre à 4 pour 400 Alvorado a observé la production d'une éruption scarlatiniforme.

Par contre, elle a l'avantage de pouvoir suppléer à l'action de l'atropine. Chez certains malades, l'emploi de ce dernier médicament est contre-indiqué, parce qu'il provoque des conjonctivites ou de l'eczéma palpébral. Il est vrai que cette idiosyncrasie individuelle relative à l'atropine existerait aussi, comme on l'a vu tout à l'heure, chez d'autres malades pour la duboisine, circonstance qui atténue la valeur thérapeutique de cette substance.

Dans uns communication orale que nous devons à son extrême obligeance, M. Terrier déclare préférer la duboisine à l'atropine lorsque les instillations mydriatiques doivent être longtemps continuées. De plus, dans ces conditions, le premier de ces alcaloïdes lui a paiu moins irritant que le second. Aussi, pour M. Terrier l'action de la duboisine est aussi rapide, aussi complète et mieux supportée par les malades que celle de l'atropine, comme il a eu souvent l'occasion de s'en rendre compte dans son service de l'hôpital Bichat où il en fait souvent et avantageusement usage.

Quelles sont les indications de l'atropine dans la thérapeutique oculaire ? Au nombre de deux, d'après M. Fauqué elles doivent être motivées : 1° parla nécessité de mesurer la réfraction chez les hypermétropes et les myopes, en se mettant à l'abri des erreurs causées par le spasme du muscle ciliaire, c'est-àdire en supprimant l'accommodation ; 2" par l'urgence de remplacer l'atropine et d'éviter les accidents qu'elle produit.

En thérapeuli({ue oculaire on emploie donc la duboisine pour produire la mydriase et la paralysie temporaire de l'accommodation pendant l'examen de la réfraction visuelle des myopes ou des hypermétropes. D'nprès M. de Wecker, cette substance permet de faire un examen rapide de l'œil et d'éviter tout soupçon d'erreur par production, dès le début de l'exploration, du spasme de l'accommodation qu'on observe avec l'atropine. M. Norris la recommande aussi parce qu'elle provoque plus rapidement que l'atropine de puissants effets mydriatiques, d'ailleurs toujours prompts à disparaître.]

On s'est demandé si la duboisine pouvait amener la rupture des synéchies que l'atropine ne peut détruire, en un mot, si sa puissance serait plus grande et plus efficace que celle de ce dernier alcaloïde.

Il est difficile de répondre à cette question, mais vraisemblablement, dans l'espèce, on doit admettre que la puissance de la duboisine n'est pas plus grande que celle de l'atropine. Cependant M. Hermann Schœffer recommande dans ce but de débuter par l'emploi de l'atropine et de continuer par celui de la duboisine.

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On a mis à profit ses propriétés de modifier les sécrétions dans le but de combattre les sueurs des phthisiques. Fauqué, Hirsch, Blak, Gubler, retiraient des effets favorables de l'administration de 2 ou 3 pilules de diiboisine ; les sueurs se supprimaient, et cette suppression, d'après Hirsch, durait de 1 à 2 septénaires. En injections hypodermiques elle procurerait les mêmes résultats.

Le docteur Fielder (de Dresde) a essayé ce médicament sous l'une ou l'autre de ces formes et à l'état de sulfate, sur cinquante-cinq phthisiques avancés. Dans ces recherches il n'a pas constaté que la méthode hypodermique fût supérieure par ses résultats à l'administration par la voie buccale, bien que dans l'un et l'autre de ces procédés il fît usage de doses équivalentes, c'est-à-dire de un milligramme à un milligramme et demi.

Dans tous les cas, les sueurs profuses furent combattues avec succès et la répétition de la même dose pendant trois soirs de suite produisait la suppression des sueurs pendant dix jours. De plus, M. Fielder constatait la diminution de l'insomnie et le soulagement des malades sous l'influence narcotique de cet <alcaloïde. Toutefois, cette dose de un milligramme a été l'oriçrine d'accidents de collapsus, et chez certains malades on ne doit pas aller au delà d'une injection sous-cutanée quotidienne d'un demi-milligramme.

D'autre part, mais à un point de vue tout différent, on a essayé la duboisine dans les affections de poitrine. Bancrofft espérait tirer parti de son action sur la respiration, et c'est à titre de modificateur de cette fonction qu'il prescrivait cet alcaloïde dans Vasthme. Ces essais étant peu nombreux, leurs résultats sont provisoires et incomplets.

Gubler et Hirsch on fait encore usage des propriétés hypnotiques de cet alcaloïde pour combattre le délire maniaque. Dans un cas de delirium Iremens oïl une dose de trois centigrammes de morpliine ne donnait que des résultats hypnotiques incon)plets, M. Fielder a pu produire un sommeil de sept heures par l'administration d'un milligramme et demi de duboisine.

Enfin, sur les indications de M. Dujardin-Beaumetz, M. Desnos a essayé les injections hypodermiques de sulfate neutre de duboisine à la dose variable, suivant la tolérance des malades, de 1/2 milligramme à 1 milligramme, pour combattre le goitre e.vophihalmique. Sous l'influence de ce médicament, les palpitations diminuèrent de violence, la rougeur conjonctivale, la dyspnée, l'angoisse précordiale, les battements et le souffle thyroïdien s'atténuèrent ; les forces revinrent et l'état général des malades s'améliora. De plus, on constatait un abaissement de la température locale et une augmentation de consistance de la tumeur.

Cependant ces résultats favorables ne furent que temporaires ; sous l'in- Uuence de l'alcaloïde, la maladie subissait seulement un temps d'arrêt. On a donc obtenu de la duboisine une action thérapeutique incomplète, comme celle que donnait l'atropine dans des cas semblables. De plus, M. Desnos signale chez un de ces malades des douleurs, des crampes, dans les régions fessières et postérieures de la cuisse; phénomènes douloureux, vraisemblablement causés par le médicament et qui disparurent, dès qu'on diminua les doses.

M. Hunt a obtenu les mêmes effets thérapeutiques dans un cas de maladie de Basedow; mais le malade éprouva de l'ébriété et de la somnolence. Le médecin, craignant des phénomènes d'empoisonnement, dut atténuer les doses. C'est encore à titre de médicament vaso-moteur sans doute que M. de Renzi a voulu employer cet alcaloïde, sans succès d'ailleurs, pour combattre le diabète.

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