‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.30Chapitre 96 sur 119 · DULONG · texte numérisé non relu

DULONG

DULLAHA. Nom donné par Serapion au Ciicumis Citndhis, Pastèque ou Melon d'eau. Pl-

DULOIVIG (Pierre-Louis). Chimiste et physicien français, auquel on doit d'importantes découvertes. 11 naquit à Rouen, le 12 février 1785, et entra à seize ans à l'Ecole polytechnique. La faiblesse de sa constitution le força de quitter l'École avant la lin de la seconde année. Il étudia aussi la médecine, et pratiqua quelque temps l'art de guérir à Paris, dans un des quartiers les plus pauvres du douzième arrondissement : « La clientèle s'augmentait à vue d'œil, dit Etienne Arago,mais la fortune diminuait avec la même rapidité, car Dulong ne vit jamais un malheureux sans le secourir ; il s'était cru obligé d'avoir un compte ouvert chez le pharmacien au profit des malades qui, sans cela, n'auraient pas pu faire usage de ses prescriptions. Les sciences parurent une carrière moins ruineuse, et Dulong quitta la médecine pour les cultiver )). La chimie, qui faisait parler d'elle depuis les beaux travaux des savants français, et surtout depuis les brillantes découvertes de Davy, l'attira particulièrement, et il entra, comme préparateur, dans le laboratoire de BerthoUet. Puis il fut maître de conférences à l'Ecole normale, professeur de chimie à la Faculté des sciences et à l'École d'Alfort, professeur de physique à l'École polytechnique, directeur des études dans la même école (1850), membre de l'Académie des sciences. 11 est mort à Paris, le 19 juillet 1858, après avoir perdu un œil et deux doigts dans une terrible explosion de chlorure d'azote, qu'il expérimentait au mois d'octobre 1812. Les travaux de Dulong sont fort importants et peuvent se résumer ainsi : recherches sur la décomposition (toujours incomplète) des sels insolubles par les carbonates de potasse et de soude ; découverte du chlorure d'azote (1811); études sur l'acide nitreux et sur les acides du phosphore (1815-1816); mémoire sur les lois du refroidissement (10 mars J818) ; analyse de l'eau, avec Berzélius, qu'ils montrèrent être composée de 1 partie d'hydrogène sur 8 d'oxygène ; détermination plus exacte de la composition de l'acide cai bonique; recherches sur la chaleur dégagée par la respiration des animaux et sur les produits gazeux de cette respiration ; sur la combustion du carbone du sang €t la transformation en acide carboni({ue par l'oxygène de l'air dans les cellules du poumon ; études sur les pouvoirs réfringents du gaz, sur la force élastique de la vapeur d'eau à des températures élevées ; vérification de la loi de Mariotte jusqu'à vingt-sept atmosphères ; détermination des forces élastiques de la vapeur jusqu'à vini;t-quatre atmosphères, etc., etc. Voici, par ordre chronologique, la liste des mémoires de Dulong :

I. Recherches sur la décom2}osition mutuelle des sels insolubles et des sels sohibles. In Annal, de chimie, ï. LXXXII. — II. Mémoire sur une nouvelle matière détonante. In Mém. de la Soc. d'Arcueil, t. III. — III. Recherches sur les lois de la dilatation des solides, des liquides et des fluides élastiques, et sur la mesure exacte des températures. In Annal, de chimie et de physique, t. II, p. 240, 1816. — IV. Observations sur quelques combinaisons du phosphore avec l'oxygène. In Mém. de la Soc. d'Arcueil, t. III. — V. Recherches sur la nature des températures et sur les lois de la communication de la chaleur. In Annal, de chimie et de physique, t. VII, p. 113, 245, 337, 1817. — VI. Recherches sur quelques points importants de la théorie de la chaleur. Ibid., t. X, p. 395, 1819. — VII. Nouvelle détermination des j}7-oportions de Peau et de la densité de quelques fluides élastiques. Ihid., t. XY, p. 586. 1820. — VIII. Note sur la propriété que posèdent quelques métaux de faciliter la combinaison des fluides élastiques. In Mém. de l'Institut, t. V. — IX. Recherches sur les pouvoirs réfringents des fluides élastiques. Ibid., t. X. — X. Recheixhes sur la force élastique de la vapeur d'eau, ibid., t. X. — XI. Rapport fait le 9 janvier 1852, avec

C>'o'2 DUMAS (Les deux).

MM. Arago, Promj et Cordier. sur [un mémoire relatif aux appareils producleurs de la vapeur, lu à l'Académie des sciences par le baron Séguier. Paris, 1832, in-S". A. C.

liUiTlAS (Les deux).

Dumas (Gha.ules-Louis) . L'uli des plus célèbres médecins de l'école de Montpellier. Nous résumons sa biographie d'après Boisseau. Fils d'un chirurgien distingué de Lyon, il naquit dans cette ville le 8 février 1765. Après avoir fait ses premières études au collège de l'Oratoire de Lyon, et sa philosophie au séminaire de Saint-Irénée, il se rendit à Montpellier et y prit le bonnet de docteur en médecine à l'âge de dix-neuf ans (1" juillet 1785). En 1787, il fut couronné par la Société royale de médecine de Paris, et concourut avec Fouquet pour la cliaire vacante par la mort de Sabalier. Fouquet, qui concourait pour la troisième fois, Fouquet, le fondateur de l'enseignement clinique de Montpellier, fut nommé dès le commencement des épreuves, par l'autorité supérieure qui, cette fois, fit une exception en faveur du savoir et de l'habileté. Dumas se mit sur les rangs pour obtenir la chaire de Grimaud ; malgré ses efforts, il n'obtint que l'accessit. Sans se décourager, il fit des cours de physiologie qui attirèrent un grand nombre d'élèves. La place de médecin de la Charité lui fut donnée. En 1791, Vigaroux étant mort, l'Université de Montpellier nomma Dumas viceprofesseur; il fît des leçons sur la pathologie. En 1792, il se rendit à Lyon où il fut nommé médecin de l'Ilôtel-Dieu. En 1 794, on le trouve à Paris suivant avec assiduité les leçons de Vicq d'Azyr. Enfin, en 1795, le gouvernement le nomma professeur d'anatomie et de physiologie à l'Ecole de santé de Montpellier. Ses leçons furent dès ce moment suivies 'avec empressement ; il enseigna l'anatomie, les maladies aiguës et chroniques, la bibliographie médicale. De nombreuses récompenses encouragèrent son zèle; il fut successivement nommé doyen de la Faculté, recteur de l'Académie, membre de la Légion d'honneur, conseiller ordinaire de l'Université, correspondant de l'Institut, président des jurys médicaux. 11 mourut le 28 mars 1813, âgé seulement de quarante-sept à quarante-huit ans. Voici comment Dezeimeris résume les doctrines professées par le célèbre professeur de Montpellier :

« L'École de Montpellier revendique à juste titre Dumas comme un des plus fermes soutiens de sa gloire. Lorsqu'il parut dans le monde scientifique, à Bordeu et à Barthez, qui avaient restreint les écarts hypothétiques du stahlianisme, avait succédé Grimaud, qui était rentré dans les idées du spiritualisme du professeur de Halle; Dumas, riche d'érudition, reprit les travaux, et fut le digne successeur de Barthez ; la doctrine de l'élève de Montpellier perdit quelque chose de sa tournure abstraite et métaphysique ; il l'écarta un peu des voies as.'^ignées par Barthez, et négligea le principe d'unité vitale, pour considérer les forces isolées des divers organes. Quoique Dumas appartienne certainement par ses doctrines à l'école de Montpellier, on doit tenir compte de l'influence évidente qu'ont eue sur ses travaux le séjour qu'il avait fait à Paris et les relations amicales et scientifiques qu'il avait eues alors avec les hommes qui faisaient la gloire de l'école de Paris, et en particulier avec Vicq d'Azyr. »

Dumas a publié un grand nombre de mémoires et d'ouvrages. Nous donnons, de ces derniers, la liste des principaux, de ceux oii ce grand médecin a déployé son talent philosophique :

I. Essai sur la vie, ou Analyse raisonne'e des facultés vitales, pour servir d'explication

DUMAS (Les deux). G55

aux thèses sur le même sujet, soutenues dans l'Uni vei'sité de médecine de Monlpellier le 14 janvier 1785. Montpellier, 1785, in-8% 84 pp. — II. Déterminer dans quelle éjjocjue et dayis quel temps des maladies la fièvre peut être utile ou dangereuse, et avec quelle précaution ondoil l exciter ou la mode'rer dans leur traitement, llonlpellier, 1787, in-8°. — III. Système méthodique de nomenclature et de classification des muscles du corps humain. Montpellier, 1797, in-4''. — IV. Discours sur les progrès futurs de la science de Vhomme. Montpellier, 1804, in-4''. — V. Principes de pliysiologie, ou Introduction à la science expérimentale, philosophique et médicale, de l'homme vivant. Paris, 1800, 4 \ol. in-8°. Montpellier, 1800, 4 vol. in-8''. — VI. Doctrine générale des maladies chroniques, pour servir de fondement à la connaissance théorique et pratique de ces maladies. Montpellier, 1812, in-8". Paris et Montpellier, 1824, 2 vol. in-8°. A. G.

Dumas (Jean-Baptiste), l'un des plus illustres chimistes dont la France s'honore. 11 naquit à Alais (Gard), le 14 juillet 1800, fit ses études et apprit la pharmacie dans sa ville natale. En 1817, il se rendit à Genève, où il entra comme élève chez un pharmacien et s'adonna avec ardeur à l'étude de la botanique, de la physique et de la chimie. Il y eut pour maîtres De Candolle, qui lui ouvrit sa bibliothèque, ses herbiers, et lui prodigua ses conseils, Pictet, qui enseignait avec éclat la physique, et De La Rive, dont les leçons de chimie étaient très-suivies. Théodore de Saussure lui prodiguait les encouragements. A cette époque, Dumas se lia avec Prévost; ils publièrent en commun de nombreux mémoires sur le sang, sur la transfusion, sur les sécrétions, sur les animalcules spermaliques, la génération, etc. L'un des résultats les plus remarquables de leurs travaux, c'est la découverte que le rein n'est pas l'organe de la sécrétion de l'urée. Ce fait a été pleinement confirmé par la science moderne.

C'est en 1825 que le jeune Dumas vint se fixer à Paris, où l'avait déjà précédé une légitime réputation et où il se lia avec le zoologiste Victor Audouin, avec Adolphe Brongniart et Henri Milne-Edwards. Peu après il fut nommé répétiteur de chimie à l'Ecole polytechnique et professeur de chimie à l'Athénée, grâce à Ampère ; en 1824, il fondait avec Audouin et Brongniart les Annales des sciences naturelles, et il commençait à amasser des matériaux pour la publication de son grand Traité de chimie appliquée aux Arts, dont le premier volume parut en 1828; en 1829, il créait l'Ecole centrale des Arts-et-Métiers ; le 19 juin 1879, il a eu le rare bonheur de pouvoir célébrer le jubilé de cette institution. En 1852, l'Âcadén»ie des sciences l'admettait dans son sein et il fut nommé successivement professeur adjoint de chimie à la Faculté des sciences (1852), en remplacement de Gay-Lussac, puis professeur titulaire en 1841 et l'année suivante doyen de cette faculté. Dès l'année 1854, Dumas avait obtenu, par un brillant concours, la chaire de chimie organique à la Faculté de médecine, et y fonda l'enseignement de cette science considérée dans ses applications à la physiologie et à la pathologie. En 1849, envoyé à l'Assemblée législative par le département du Nord, il fut chargé, le 51 octobre 1849, du portetetiille de l'agriculture et du commerce, et quitta ce ministère en janvier 1851 . Après le 2 décembre, il entra dans la Commission consultative, fut nommé sénateur, piiis vice-président du comité de l'Instruction publique. Ce grand savant est mort à Cannes, le 11 avril 1884. Il avait ])resque atteint sa quatre-vingt-quatrième année. « Peu de savants ont publié sur la chimie des travaux aussi remarquables. Un des premiers, il a jeté quelque clarté sur la chimie organique, encore diffuse et embarrassée d'un nombre infini de corps que personne jusqu'à lui n'avait su grouper méthodiquement. Ses travaux ont beaucoup contribué à simplifier l'étude de cette science. Ses recherches sur les élhers, sûr l'isomérie, sur les substitutions, ainsi que ses déterminations exactes de plusieurs poids atomiques

654 DUMASINE.

sont de véritables litres de gloire ». Ajoutons de remarquables travaux sur les alcaloïdes, l'albumine et les matières albuniinoïdes, sur les fermentations, ces derniers terminés peu d'années avant sa mort seulement. Une vie si bien remplie et si légitimement récompensée s'est signalée par la publication d'un grand nombre de mémoires et d'ouvrages du premier ordre. Les œuvres de Dumas présentent du reste une grande variété, autant par le choix des sujets que par la manière dont il les a développés. Les communications à l'Académie, ses documents officiels, ses rapports au Conseil municipal, ses discours prononcés à des fêtes, ses leçons d'ouverture, ses éloges historiques, ses oraisons funèbres sont innombrables. Nous en mentionnerons quelques-uns parmi les plus importants :

I. Examen du sang et de son action dans les divers phénomènes de la vie. In Annal, de physique et de chinae, t. XVIII, p. 280-292, 1821. En collabor. avec Prévost. — II. Deuxième mémoire sur li sang. Ibid., t. XXIII, p. 50-68, 1823. — III. Troisième mémoire, lu à la Soc. dephys. et d'hist. naturelle de Genève, le 15 nov. 1821. Ibid., t. XXIII, p. 90-104, 1823. — IV. Phénomènes qui accompagnent la contraction de la fibre musculaire. Paris, 1823, in-8» {avec Prévo^l)- — V. Nouvelle théorie de la génération. In Annal, des se. nat., t. I, p. 1-29, 1824. — VI. Deuxième mémoire sur la génération ; rapport de V œuf avec la liqueur fécondante; phénomènes appréciables résultant de leur action mutuelle; dévelojjpement de l'œuf des batraciens. In Annal, des se. naturelles, t. II, p. 100-121 et 129-149, 1824. —

VII. Développement du cœur et formation du sang. Ibid., t. III, p. 96-107, 1824. —

VIII. Troisième mémoire sur la génération dans les mammifères et des premiers indices du développement de l'embryon. Ibid., t. III, p. 113-138, 1824. — IX. Traité de chimie appliquée aux arts. Paris, 1828-1845, 8 vol. in-8'', atlas. — X. Propositions de physiologie et de chimie médicale. Th. de Paris, 12 avril 1832, in-4°. — XI. Leçons sur la philosophie chimique. Paris, 1837, in-S". — XII. Essai de statique chimique des êtres organisés. Paris, 1841, 2" édit., ibid., 1842. AvecBoassingault. — XIII. DeVaction du calorique sur les corps organiques; applications aux opérations pharmaceutiques. Paris, 1838, in-4°. — XIV. Mém. de chimie. Paris, 1845, 7 pi. — XV. Mém sur les cojnbinaisons du phosphore, principalement avec l'hydrogène. In Annal, de phys. et de chimie, t. XXXI, p. 113-154, 1826. — XVI. JSote sur quelques composés nouveaux. Ibid.-, t. XXXI, p. 433-436^ 1826. — XVII. Nouvelle méthode jJOUT préparer l'oxyde de carbone. Ibid., t. XXXIII, p. 1 10-111, 1826. — XVIII.il/ewioire sur quelques points de la théorie atomistique. Ibid., t. XXXIII, p. 357-591, 1826. — XXIX. Sur l'oxamyte, matière qui se rapproche de quelques substances animales. Ibid., t. LXIV, p. 129-143, 1830. — XX. Rechei-ches sur la composition chimique des verres employés dans les arts. Ibid., t. XLIV, p. 144-166, 1830. — XXI. Recherches sur l'or fulminant. Ibid., t. XLIV, p. 167-188, 1830. — XXII. Sur la théorie des chlorures. Ibid-, t. XLIV, p. 263-272, 1830. — XXIII. Sur la composition de l'urée. Ibid., t. XLIV, p. 275-278. — XXIV. Sur les chlorures de soufre. Ibid., t. XLIX, p. 204-207, 1832. — XXV. Sur l'esprit pyro- acétique. Ibid., t. XLI\, p. 208-209, 1832. — XXVI. Sur la densité de la vapeur du phosphore. Ibid., t. XLIX, p. 210-213, 1832. — XXVII. Sur la densité de la vapeur de plusieurs corps simples. Ibid., t. LU, p. 170-181, 1832. — XXVllI. Piccherches sur les combinaisons de l'hydrogène avec le carbone. Ibid., t. LU, p. 182-197, 1832. — XXIX. Recherches de chimie organique. Ibid., t. LUI, p. 164-181, 1835. — XXX. Mémoire sur l'huile essentielle de moutarde noire. Ibid., t. LUI, p. 181-190, 1835. Avec Pelouze. — XXXI. Recherches de chimie organique. Ibid., t. LIV, p. 225-247, 1833. — XXXII. Recherches de chimie organique. Ibid., t. LVI, p. 113-154, 1834. — XXXni. Sur la composition de l'huile extraite de l'eau-de-vie de pommes de terre. Ibid., t. LVI, p. 314-324, 1854. — XXXIV. Recherch. de chimie organique. Ibid., t. LVII, p. 505-334, 1834. AvecPéligot. — XXXV. Sur un hydrate d'essence de térébenthine. Ibid., t. LVII, p. 334-335, 1834. Avec Péligot. — XXXVI. Sur l'esprit de bois. Ibid., t. LVIII, p. 5-74, 1835. Avec Péligot. — XXXVII. Mémoire sur les éthers composés. In Mém. de l'Acad. d. se, t. XV, p. 457-494. — XXXVIII. Recherch. sur la chimie organique. Ibid., p. 495-556. — XXXIX. Mémoire sur un nouvel alcool, et sur les divers composés éthérés qui en proviennent. Ibid., p. 557-632. Avec M. Péligot. — XL. Recherches sur la nature de l'éthal. Ibid., p. 633-651. Avec M. Péligot. — XLI. Éloge de Désormeaux, p. 5 delà séance de la Faculté de méd. de Paris, 1846. — XLII. Des allopathes et des homœopathes devant le Sénat. Discours de MM. Dumas, Bonjean et Dupin, séance du 1°' juillet 1865, in-8°. A. G.

DVHASITVE. En soumettant l'acétate de chaux à la distillation sèche, on

DUMÉRIL (Les deux). 655

obtient ordinairement, outre l'acétone, une petite quantité d'une huile insoluble dans l'eau, à laquelle M. Kane a donné le nom de Dumasine. Cette huile est isomère avec l'oxyde de mésityle, mais non, comme le pense M. Heintz, identique avec cette huile, car cette dernière forme une combinaison cristalline avec le bisulfite de soude, ce que ne fait pas la première. — La Dumasine constitue une huile incolore, soluble dans l'alcool, bouillant à 125 degrés. L'acide azotique la transforme en acide oxalique. Le chlore la transforme en une huile chlorée bouillant à 155 degrés. Lutz.

DUi^lÉRlL (Les deux).

Duniéril (André-Marie-Gonstant). Un des plus savants médecins de l'époque moderne, ayant joint à une haute instruction médicale un goût prononcé pour l'étude des sciences naturelles, dans laquelle il a acquis une grande notoriété. Il naquit à Amiens, le L'' janvier 1774. Il avait à peine atteint sa dix-neuvième année lorsqu'il fut, en 1793, nommé au concours prévôt d'anatomie à Rouen. Venu à Paris, il obtenait, dès l'année 1794, la place de prosecteur de l'École de médecine de Paris. Après avoir rempli les fonctions pendant quatre ans, il se présenta une troisième fois au concours, en 1798, il remporta par cette voie honorable la place de chef des travaux anatomiques. Le 18 octobre 1805, il se faisait recevoir docteur. Enfin, le 18 pluviôse an IX (18 févr. 1801), les professeurs de la Faculté, réunis en assemblée générale, le désignaient au ministère pour la chaire d'anatomie et de physiologie laissée vacante par la mutation de Lecler, et le ministre ratifiait ce choix. Dumcril avait eu cependant de vadlants concurrents : Barbier, Bichat, Deschamps, Dupuytren, Girault, Jadelot, Lurrey, Laumonier, Richerand. Le génie de Bichat ne prévalut pas dans cette assemblée du 18 février 1801. Le génie et la science avaient été mis en présence, ce fut le génie qui fut vaincu. Quoi qu'il en soit, Duniéril occupa la chaire d'anatomie avec la plus grande assiduité pendant dix-huit années, au bout desquelles il la quitta pour celle de pathologie interne, qu'il remplit jusqu'à sa mort. Ses cours à l'Ecole de médecine ne l'ont point empêché d'accepter, dans l'enseignement public, d'autres fonctions non moins importantes auxquelles le désignaient, du reste, ses grandes connaissances en histoire naturelle. C'est ainsi que pendant quatre ans il a remplacé Guvier, comme professeur d'histoire naturelle, à l'École centrale du Panthéon, et qu'il fit, pendant plus de vingt ans et comme suppléant de Lacépède, des cours fort suivis d'herpétologie et d'ichthyologie au Jardin des Plantes. Duméril, qui avait été, en outre, médecin de la maison royale de santé, secrétaire de la Société de la Faculté de médecine de Paris (1808-18'21), membre de l'Institut (1814), membre de l'Académie de médecine, est mort le 16 août 1860.

Je n'oublierai jamais Constant Duméril, avec sa taille élevée, mince, lluet, se tenant droit comme un I, malgré ses soixante-dix ans, sa chevelure d'un blanc d'argent, sans aucun mélange, ses yeux assez petits, un peu enfoncés, mais d'où jaillissaient les étincelles de l'esprit, le nez effilé, la bouche toujours souriante. Il y a un bon portrait de lui, dessiné et gravé par Ambroise Tardieu, en 1825. Ses ouvrages sont nombreux; en voici une liste presque complète:

I. Leçons d'anatomie comparée de M. Cuvier. Paris, 1799, 2 vol. in-S". — II. Essai sur les moyens de perfectionner et d'étendre Vart d'anatomiste. Paris, 1802, in-4''. — III. Traité élémentaire d'histoire naturelle, composé par ordre du gouvernement. Paris, 1803, in-8° ;

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ibid., 1807, 2 vol. in-8°. — IV. Zoologie analytique on méthode naluvelle de classification des animaux. Paris, 1806, in-8'. Trad. en allem. par L. E.Froriep. Weimar^ 180(5, in-S". — V. Recueil de 450 formules proposées dans les Jurys de médecine, de 1811 à 1813, Paris, 181Ô, in-4''. — VI. Projet d'une nomenclature anatomique. In Magaz. encyclop., 179Ô. — VII. Observations sur le lombric marin ou are'nicole. Ibid. — VIII. Dissertation sur l'organe de Vodorat dans les insectes. Ibid. — IX. Mémoire sur les moyens que les insectes emploient pour leur conservation. Ibid. — X. Exposé des particularités que présentent les insectes sous le rapport de la génération [voy. l'article Accouplement du Dict. des se. nat.). — XI. Dissertation sur la génération des vers intestinaux, en réponse à l'ouvrage de M. Bloch In Magas. encyclop. — XII. Sur quelques nouveaux procédés 2^^opres à l'injection des vaisseaux lymphatiques. Ibid. — XIII. Dissertation sur la forme de la dernière phalange dans les inamniifères, pour servir à leur classification. Ibid. — XIV. Exposé d'une méthode naturelle pour l'étude et la classification des insectes. Ibid. — XV. Mémoire sur le mécanisme de la respiration des poissons. Lu à l'Institut le 10 août 1807. — XVI. Mémoire sur l'odorat des poissons. Lu à l'Institut le 24 août 1807. — XVII. Mémoire sur la division des reptiles batraciens en deux familles naturelles. Lu à l'Institut le 7 sept. 1807. — XVIII. Considérations sur les rapports de structure qu'on peut observer entre les os et les muscles du tronc chez tous les animaux. Lu à l'Institut les 15 et 22 nov. 1808. — XIX. Méinoire sur l'auatomie des latnproies. — XX. Observations sur le Theridium civicuin {Arachnides). In Annal, de la Soc. entom. de Finance, 1850, 5. — XXI. Notice sur la vie et les ouvrages de Duponchel. Ibid., 1847, 5. — XXII. Lecture de deux chapitres de la Faune entomologique des insectes de France. Ibid., XXXVIII et CXVII, 1859, — XXIII. Erpétologie générale, ou histoire naturelle complète des reptiles, 1835-1859, 5 vol. in-8°. A. C.

numéril (âuguste-Henri-Akdré). Fils du précédent, naquit à Paris, le 30 novembre 1812. Il marcha sur les traces de son père, fut reçu inlerne des liôpitaux en 1856, puis obtint successivement le diplôme de docteur en médecine en 1842, et celui de docteur ès-sciences en 1845. Dès 1840, il était aidenaturaliste potu' la physiologie comparée au Muséum d'histoire naturelle, puis de 1844 à 1846 chargé de cours à la Faculté des sciences. 11 accepta en 1847 une chaire de géologie au Collège Chaptal, puis en 1857 remplaça son père au Muséum, et fut nommé chevalier de la Légion d'hanncur en 1861. Enfin, eu 1869, il devint membre libre de l'Académie des sciences, en remplacement de Delessert.

Duméril mourut à Paris, le 12 novembre 1870, pendant le siège, d'une affection de l'estomac. 11 était universellement estimé tant pour son grand savoir que pour sa modestie et sa simplicité. Nous citerons de lui :

I. De r induration des centres nerveux sous le point de vue du diagnostic et de l'étiologie. De l'entorse, etc. Des anastomoses du ganglion cervical supérieur, etc. Th. de Paris, 1842, 111-4°. — II. Des odeurs, de leur nature et de leur action physiologique. Paris, 1845, in-8°. — III. De la texture intime des glandes, des produits de sécrétion en général. Thèse. Paris, 1845, in-S". — IV. Avec Demarquay et Lecointe : Des modifications de la température animale sous l'influence des médicaments, etc. Paris, 1853, in-S» (extr. de la Gaz. méd. et de YVnion méd.). — V. Histoire naturelle des poissons, ou ichthyologie générale, t. I. Paris, 1865-1870, 2 tomes en 5 vol. in-8°, pi. (fait partie des Nouvelles suites à Duffon). — VI. Il a public un Catalogue des reptiles du Muséum, le 1° volume de V Erpétologie de Duméril et Bibron, et avec Bocourt les « Études sur les i-eptiles et les batraciens » dans l'ouvrage intitulé : Missions scientifiques au Mexique, enlin divers mémoires dans les recueils périodiques. L. Hx.

DUiV.^EIRl. DOMEÏRI. Noms arabes du Melon [Cucumis 7nelo L.).

Pl.

DUiHOI^iT (Les).

Diimont (Pierre-Louis-Charles), plus connu sous le nom de Dumont [de Montera;). Ce médecin est né à Monteux (Yaucluse)etestmortàRennes,le 16 juin

DUMONT (Les). fi57

1885, à l'âge de quatre-vingt-un ans. La nature l'avait doué des plus brillantes qualités, qu'il avait su rehausser encore par l'étude et la méditation ; la philosophie, l'histoire, la littérature, la poésie, la sociologie, la médecine, lui étaient familières. Dans l'espace compris entre les années 1823 et 1852, il s'était fait connaître par la publication d'un grand nombre de mémoires : Sur la Controverse religieuse, les Aptitudes intellectuelles de la femme, les Passions affectives, le Charlatanisme y V Éducation des sages-femmes, sur des Maisons de retraite pour les médecins, les Cruautés sur les animaux, le Suicide, VHypochondrie, etc. Uu bel avenir s'ouvrait devant lui... une affreuse maladie, une terrible névropatbie a brisé tout cela. Il a fallu la généreuse intervention du corps médical pour arracher Dumont de Monteux au découragement et à la misère. Grâce à ses confrères, il put obtenir la place de médecin dans la prison du monV Saint-Michel (1852), puis dans celle de Rennes, oii il lui fut donné de pouvoir vivre sans souci du strict besoin. Dumont était docteur en médecine de la Faculté de Paris. Sa Thèse [Dissertation sur la disparition des règles) porte la date du 7 février 1853; il appartenait aux académies de médecine de Bruxelles et de Florence, et à l'Académie des Sciences de Marseille. Son dernier ouvrage, son Testament médical, publié en 1807, aux frais d'une souscription, a fait quelque sensation. L'auteur va dire lui-même son but : « J'ai cru qu'en racontant mes propres misères je plaiderais pour celles de mes analogues ; et, saisi des ardeurs d'un apôtre, j'ai sué sang et eau, pendant bien des aimées, pour élever le monument médico-social que j'expose... Ces vérités, je les ai mises sous la forme du drame, afin de conserver, autant que possible, le caractère et les allures qui leur sont propres. Je les ai déployées selon Tordre des temps, selon les lieux et d'après les circonstances qu'elles avaient fait naître. Décors, costumes, acteurs, tout est photographié sur nature; les caprices de l'invention n'y interviennent jamais ; c'est une pièce qui n'a pas été composée, mais presque décalquée de mon appareil nerveux sur ce papier qui conslilue ces pages... Chaque fois que j'ai fait rencontre d^un malade de mon espèce, j'ai vu dans ce malade un ami, un client, l'un de mes ménechmes, enfin, et je me suit dit : Un moment viendra, peut-être, où je pourrai élever la voix pour sa défense; cet espoir a soulagé mon àme!... Ce moment est venu, et j'en remercie la Providence... »

Dumont (Joseph). Médecin, littérateur fort distingué. Il naquit à Angers le 9 août 1797, fit de solides études au lycée de cette ville. Après avoir consacré quelques années à l'enseignement classique, il embrassa la profession médicale, et prit ses inscriptions dans les écoles d'Angers et de Paris. Sa thèse doctorale, datée de cette dernière ville, 4 août 1828, porte ce titre : De l'éclectisme en médecine ; dit est dédiée à Charles Montault, évêque d'Angers. C'est alors que Dumont partagea son temps entre le professorat médical, les fonctions de médecin des écoles des arts et métiers, de médecin des prisons, et d'autre part la rédaction de mémoires intéressants et variés concernant la philosophie, la médecine légale, les lettres grecques et latines, l'histoire de l'Anjou. Ce savant, ce digne médecin qui a laissé de grands souvenirs de charité dans la province qui l'avait vu naître, est mort le 28 novembre 1867, laissant les ouvrages suivants :

I. Vie de M^' Montault Desilles, évêque d'Angers, in-8°, 1842. — II. Considérations vhysiologigues et morales sur l'abolition de la peine de mort, in-8», 1856. —III. Pié flexions

DICT. ENC. XXX, 42

658 DUMREICIIER YOX ŒSTERREICIIER.

SU7- les allcntals aux Diœurs portés devant les tribunaux, in-8°, 1858. — IV. Discours prononcé à la rentrée des écoles de médecine et d'enseignement supérieur, in-8°, 1857. — Dans les Mémoires de la Soc. académique d'Angers : V. Gilles Ménage considéré comme poêle, 1857. — VI. Des bizarreries et singularités de l'esprit humain au jwinl de vue de la médecine légale, 1858. — VII. Analyse d'un ouvrage de Tliomas Brown, intitulé : Religio medici, 1859. — VIII. Aj>erçu sommaire de la physiologie médico-légale, 18G0. — IX. De l'influence de l'hérédité sur les affections mentales, 1861. — X. Histoire de l'Académie prolestante de Saumur, 18G'2. — XI. Jean Ollivier, évêque d'Angers, poète de la Renaissance,

1863, XII. Traduction de l'Ode d'Horace: Qualemministrum, 1863. — XIII. L'Oratoire et

le Cartésianisme en Anjou, 1864. — XIV. de la versification latine en Anjou pendant les onzième et douzième siècles. A. C.

DUIWREICHER VO:^ ŒSTERREICIIER (Johakn-Friedrich, FrieherR VOll).

Médecin auliicliien très-distingué, né à ïriesteje 15 janvier 1815, fit ses humanités à Saint-Paul, en Carinthie, à Gralz et à Vérone, puis étudia la médecine à Vienne où il obtint le titre de docteur en 1838. Peu après, en 1859, il fut admis à l'Institut de médecine opératoire, et en. 1841 nommé assistent de la clinique. Après un voyage en France et en Angleterre, il obtint deux années de suite, en 1842 et 1845, la suppléance de la chaiie de chirurgie et de la direction de la seule clinique chirurgicale qui existât alors à l'Université de Vienne. En 1844, il se fit vecevoiv privat'doceul, puis en 1846 devint premier médecin d'un service de chirurgie à l'hôpital général et, en 1848, fut choisi par ses collègues de rétablissement comme directeur-adjoint. Celte même année, il fut nommé en outre chirurgien consultant à plusieurs hospices pour les blessés. Là, il eut l'occasion de faire de nombreuses observations sur les plaies de guerre. En 1849, il devint professeur ordinaire de chirurgie à l'Université, directeur de l'Institut de médecine opératoire et de la clinique chirurgicale ; il conseiva ces fonctions jusqu'à sa mort.

Lors de la guerre de 1866, Dumreicher se mit à la disposition de l'armée du Nord avec vingt opérateurs de sa clinique. Après la conclusion de l'armistice, il fut charn^é par son gouvernement de visiter les blessés autrichiens des forteresses de Kôniggrâtz et de Josephstadt et ceux qui avaient été recueillis dans les ambulances prussiennes, et de prendre les dispositions nécessaires pour ne pas les laisser manquer des soins de l'art. Le 50 novembre 1866, il communiqua à la Société des médecins de Vienne le rapport sur sa mission, dans lequel il attaquait avec violence les médecins militaires prussiens [Wochenblatt der k. k. GeselUch. d. Aerzte in Wien, 1867, p. 15, 21). B. von Langenbeck lui répondit dans XeBedlner klin. Wochenschrift, 1867, n° 1^, et cette réponse provoqua la publication par Dumreicher d'une brochure intitulée : Zur Lazarethfrage. Erwiderung an Professor von Langenbeck (Wien, 1867). Bohn à son tour répondit au célèbre chirurgien autrichien dans la Deutsche Klinik, 1867, n°^ 28, 29. Toute celte polémique est de la plus haute importance pour l'histoire médicale de la campagne de Bohème.

En 1869, Dumreicher présida la commission chargée de la réforme de l'organisation du service de santé militaire en Autriche; cette réorganisation a été faite complètement d'après ses idées. Après la mort deRokitansky, les fonctions de conseiller rapporteur médical au ministère de l'Instruction publique n'auraient pu être confiées à un savant plus apte et plus digne que lui; des influences bureaucratiques et de vulgaires jalousies l'empêchèrent d'être nommé.

Dumreicher mourut dans sa propriété de Januschowetz, en Croatie, le 19 novembre 1880, des suites d'une affection cardiaque. Il a publié une foule d'importants articles dans les Jahrhiicher et le Wochenblatt de la Société des méde-

DUiNAL. 659

cins de Vienne, dans la Wiener allgemeine mecUzinische Zeitung, la Wiener medizinische Presse, la Miiitàràrztliche Zeitung, etc. Il fut l'un des fondateurs du Deutscites Archiv fur Geschichte der Medicin. Il n'a pas publié d'ouvrages de longue haleine, mais ses excellents préceptes et son enseignement revivent dans ses élèves, parmi lesquels Linhart, Dittel, Scybert, Moseting, Ilofmokl, Nicoladoni et Albert brillent au premier rang. Mentionnons encore de lui :

I. Veber die Vereiiiigung der Médecin und Chirurgie. Inaug. Dissert. Wien, 1858. — II. Zeitfragen hêtre f fend die Universitât, mit besonderer Deziehung auf Medicin. Wien, 1804, gr. in-8°. — III. Ueber die Nothwendigkeit von Reformen des Unterrichts an den medizinischen Facultàten OEsterreichs . Wien, 1878, {11-8°. L. Hn.

DUIV (Patrick). Ce médecin distingué appartenait à une ancienne famille écossaise originaire de Dun, près de Montrose. 11 naquit à Aberdeen en 1662; son oncle, Patrick Dun, était le principal du Marisclial Collège et le fondateur de la Grammar School d'Aberdeen.

Quant à notre médecin, il vint se fixer à Dublin à une époque indéterminée et ne quitta plus l'Irlande, qu'il adopta pour sa seconde patrie. En 1681, il était président du Collège des médecins de Dublin; il fut réélu en 1690 et en 1695. Il fit beaucoup pour la prospérité du Collège et contribua puissamment à obtenir pour lui le titre de King and Qtieens Collège, qui constituait un précieux privilège pour la savante compagnie. Il fut l'un des fondateurs, en 1685, de la Dublin Philosophical Society ; il lut à cette Société un mémoire Sur les eaux minérales. La première dissection publique qui eut lieu à Dublin fut pratiquée par Patterson en 168i sur le cadavre d'un supplicié que Dun procura à son savant confrère.

Dun fut médecin d'p]tat pendant plusieurs années et fut élevé à la dignité de chevalier le 29 janvier 1696. Il entra dans le parlement irlandais comme représentant de Killyleagh, dans le comté de Down, et jouit d'une grande popularité. Il mourut en 1714, léguant au Collège des médecins la rente d'une terre, pou+" payer, après l'extinction des baux alors en cours, une ou deux places de profes- ■seur de médecine. Ce vœu fut accompli en 1743, par la création de trois chaires, l'une de médecine, la seconde de chirurgie et d'accouchements, la troisième de pharmacie et de matière médicale. Ce fut là le point de départ de l'Ecole de médecine d'Irlande. Dun Patrick doit donc être considéré comme le fondateur de celte école. Son nom a été donné en outre à l'un des hôpitaux de Dublin.

On trouvera des détails fort intéressants sur Patrick Dun et sur l'histoire de l'Ecole de médecine de Dublin dans le Dublin Quarterly Journal of Médical Science (t. Il, p. 288, 1846), et dans une longue notice publiée dans le même Journal (t. XLll, p. 231, 1866), par T.-W. Relcher, sous le titre Memoir of sir Patrick Dun [Knt.) M. D., sometimes Président of the King and Queens Collège of Phijsicians in Ireland, including his Will, his Deed for constituting a Professor ofPlujsic, etc. L. ILv.

DUXAI. (Michel-Félix). Médecin et naturaliste français, né en 1777, reçu ■docteur à Montpellier en 1813, a publié des ouvrages fort intéressants sur la botanique. Il exerça la médecine à Montpellier et y mourut le 28 juillet 1856. Dunal fut l'un des rédacteurs des Éphémérides médicales de Montpellier et de la Revue médicale à partir de 1820. On peut encore citer de lui :

I. Histoire naturelle, mécanique et éconoinigue des Solanum et des genres qui ont été confondus avec eux. Montpellier, 1815, in-4°. — II. Solanorum generumque affinium

660 DUNCAN (Les).

synopsis seusolanoruni liistoriae edilionis seciindae summarium, ad chavactcres differen~ tiales redactum, seriem naturalem, habilationes stationesqiie specieruni brcviter indicans. Monspelii, 1816. in-8°. — III. Monographie de la famille des Anonacées. Paris, 1817, in-4°. — IV. Considérations sur la nature et les rapports de quelques-uns des organes de la fleur. Montpellier, 1829, \n-i°. — V. Comide'rations sur les fonctions des organes floraux colorés et glanduleux. Paris et Montpellier, 1829, in-4". — A^I. Mémoire sur la structure, le développement et les organes générateurs d'une espèce de Marsilœa [M. F abri) trouvée jyar M. Esprit Fabre dans les environs d'Agde. Orléans, 1837, in-8°. — VII. Éloge historique d'Augustin Pyramus de CandoUe. Montpellier, 1842, in-4°. — YIII. Description du Planera Richardi Mich., et indication de la cause qui V empêche de donner des graines dans nos climats. Montpellier, 1843, in-8''. L. Un.

DU^'CAl\ (Les). Parmi les nombreux médecins de ce nom, nous mentionnerons :

Duncan (Marc). Médecin écossais, mort en 1640. Il passa en France et s'établit à Saumur, oii il devint professeur de pbilosopbic et ensuite principal du collège des calvinistes. Il s'acquit une si grande réputation que Jacques I*% roi d'Angleterre, le nomma son médecin ordinaire, Duncan, qui s'était marié eu France, ne voulut pas quitter sa patrie adoptive et passa le reste de ses jours à Saumur. 11 laissa en mourant plusieurs enfants, dont l'im acquit quelque célébrité sous le nom de Cérisantes. On a de Duncan un opuscule intitulé: Discours sur lapossessio7i des religieuses iirsuUnes de Loiidun (Paris, 1634, in-S"). Duncan eut le courage de dire que cette prétendue possession n'était qu'un effet de l'hystérie et d'une imagination déréglée. Cet écrit fît tant de bruit que Laubardemont, commissaire pour l'examen de la possession démoniaque des religieuses, aurait fait une méchante affaire à l'auteur sans l'intervention de la maréchale deBrézé, dont Duncan était le médecin [Biogr. Didot, Chalmers). L. Hn.

Duncan (Daimel). Médecin français, de la famille du précédent, né à Montauban en 1649, mort à Londres, le 30 avril 1735. Son grand-père Guillaume Duncan avait quitté Londres pour venir s'établir dans le midi de la France. Daniel Duncan étudia la philosophie à l'Université de Toulouse, et fut reçu docteur à Montpellier en 1675. Il passa ensuite quatre ans à Paris pour se perfectionner dans ses connaissances, et revint à Montpellier se livrer à la pratique de la médecine. Forcé de quitter la France à la suite de la révocation de l'édit de Nantes, il se retira à Genève, puis à Berne, oii il passa huit ou neuf ans. Les magistrats de Berne ayant enjoint à tous les réfugiés français de quitter le canton, Duncan se rendit à Berlin, puis à La Haye, et enfin à Londres, où il termina ses jours. On a de lui :

1. Explication nouvelle et méthodique des actions animales. Paris. 1678, in-12. « Cette physiologie, dit la Biographie médicale, est calquée presque entièrement sur celle de"\Villis. Duncan i^emble n'avoir jamais songé même à consulter la nature, et à observer les faits avant de raisonner, car il puisa toutes ses théories dans sa seule imagination, et on aurait peine à croire jusqu'à quelles suppositions bizarres celle-ci l'a conduit. » — II. La chimie naturelle, ou explication chimique et mécanique de la nourriture de l'animal, partie 1'=. Montauban, 1680; parties II et III; Paris, 1687, in-12 ; La Haye, 1707, in-8°; trad. en latin. Amsterdam, 1707, in-S". — L'histoire de l'animal, ou la connaissance de lliomme animé par la méchanique et par la chimie. Paris, 1682, in-S' ; ibid., 1687 ; trad. en latin. Amsterdam. 1683, in-S". — IV. Avis salutaires contre l'abus des choses, et particulièrement du café, du chocolat et du thé. Rotterdam, 1705 ; trad. en allem. Leipzig, 1707, in-12; en angl. Londres, 1716, in-8°.

Dans tous ces ouvrages on remarque, suivant Eloy, beaucoup d'idées neuves et en même temps une infinité d'opinions plus absurdes les unes que les autres {Biogr. Didot, Chalmers, etc.). L. Hn.

DUNCAN (Les). C61

Duncan (AiNDREw), le père. Né vers 1745, étudia la médecine à Edimbourg et y fut reçu docteur en 1770. Il se fixa dans cette ville et devint en 1776 médecin du Public Dispensary, où il fit des cours privés de médecine. Vers 1785, il devint le médecin du prince de Galles, en 1789, professeur d'institutions médicales à l'Université en remplacement de William Cullen. Il était déjà fellow de la Société royale, du Collège royal de médecine et de plusieurs autres Sociétés savantes. Il fonda, à l'aide de l'assistance privée, en 1813, l'établissement d'aliénés [Lunatic Asylimi) d'Edimbourg; celui-ci comptait 105 pensionnaires dès 1822. Duncan mourut, après une vie bien remplie, vers 1829, laissant :

I. Biss. inaug. de alvi jnu-gantium nalura et usu. Edinburgi, 1770, in-8°. — II. Eléments vfThe7apeutics. Edinburyli, 1770, in-8°; 1772, 2 vol. gr. in-8». — lit. Observations on the Use and Opérations of Mercury in the Venereal Disease. Edinburgli, 1772, in-12. — IV. An

Address inlroductory to a Course of Lectures on the T/ieory and Practice of Physic.

Edinburgh, 1770, in-12. — V. Ileads of Lectures on the Iheory and Praclice of Medicine. Edinburgh, 1770, in-12. Edit. 5, sous le titre : Heads of Lectures on the Institutions of Medicine. Edinburgh, 1801, in-8°. — VI. De laudibus Gulielmi IJarvei oratio, habita in ledibus Academiae medicae ipsis calcndis Apr. Edinburgi, 1778, in-8°. — VII. Médical Cases, selected from the Becords of the Public Dispensary at Edinburgh, etc. Edinburgh, 1778, in-8°. Edit. 3, ibid., 1784, in-8°. Trad. en latin par D. Ryan. Leyde, 1785, in-8°. Trad. partiellement en franc, par J.-A. Coqnart. Paris, an VI (1797), in-8°. — VIII. Account fif the Life and Writings of the Late Alex. Mcnro, sen. Edinburgh, 1780, in-S". — IX. De calarrho qui anno 1782 epidemice in Anglia grassabatur. Edinburgi, 1785, in-4°. — X. Account of the Late D' John Parsens, 1780, in-8''. — XI. Heads of Lectures on Médical Jurisprudence. Edinburgh, 1792, in-8'' ; 1795, in-8'' ; 1801, in-8°. — XII. Observations on the Distinguishing Symptoms of three Différent Species of Pulmonary Consumption, the Catarrhal, the Apostematous and the Tuberculous, etc. Edinburgh, 1813, in-8». Edit. 2, To which is added on Appendix on the Préparation and Use of Lactucarium or Lettuce- Opium. Ibid., 1810, in-8°. Trad. allem. par Choulant. Leipzig, 1817, in-8°. — XIII. Letler to Dis Majesty's Sheriff Députe in Scolland, reconimending the Establishynent of Four National Asylums for the Réception of Criminal and Paupcr Lunatics. Edinburgh, 1818. — XIV. Heads of Lectures on the Materia medica. Edinburgh, 1780, gr. in-S". — XV. Duncan publia les Edinb. Med. Commcntaries de 1780 à 1795 (t. VII à XX, 14 vol. gr. in-8°) et <:omme suite les Annals of Medicine de 1790 à 1804, 8 vol. gr. in-8°. Etc. L. Hn

Duncan (A.NDREW), le jeune. Fils du précédent, naquit à Edimbourg vers 1770, fut reçu docteur en 1794 et se fixa dans sa ville natale. Il marcha dignement sur les traces de son père et ne tarda pas à posséder réputation et clientèle. Eu 1798, lord Dare l'appela en Italie, où il n'arriva qu'après la mort de son riche client. A son retour, il devint médecin du dispensaire et remplaça son père pour le cours de médecine légale, dont il s'aquilta avec honneur. En 1823, il fut nommé président du Collège des médecins, dont il était fellow, puis obtint la chaire d'hygiène, de matière médicale et de pharmacie à l'Université. Celle-ci lui confia en outre les fonctions de bibliothécaire et de secrétaire. Enfin Duncan, qui mourut prématurément en 1832, était en outre médecin du Lunatic Asylum et membre d'un grand nombre de Sociétés savantes. Citons de lui :

I. Tentamen inaugurale de Swietenia Soymida. Edinburgi, 1794, in-8°. — II. The Edinburgh New Dispe?isary, etc. Edinburgh, 1805, in-8% flg. ; Edit. 2, ibid., 1804, in-8"; Edit. 11, ibid., 1820, in-8''. Supplem. to the Edinb. New Disp., ibid., 1829, in-8°. Trad. française : Nouveau dispensaire d'Edimbourg, etc. Trad. par M. E. Pelouze sur la 10« edit. angl., etc. Paris, 1826, in-S". — III. Reports ofthe Praclice in the Clinical Wards ofthe Royal Infirmary of Edinburgh. Edinburgh, 1818, in-8°. — IV. Il publia YEdinb. Med. a. Surg. Journ. depuis 1805, comme suite aux Annals of Medicine publiées par son père. — V. Très nomforeux articles dans les recueils périodiques. L. Hn.

Duncan (William-Henry). Né en Ecosse, reçu docteur à Edimbourg en 1829,

G62 DUND.iS.

alla se fixer à Liverpool où il fut reçu médecin de l'Infirmerie, puis médecin consultant au Dispensaire. Il vivait encore en 1860. Outre sa dissertation inaugurale [De venir is in reliquum corpus potestate, Edinburgi, 1829, gr. in-8°}, il a publié un mémoire intéressant sur les causes de la mortalité excessive à Liverpool [Physinal Causes ofthe High Rate of Mortality in Liverpool).

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