‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.31Chapitre 12 sur 67 · DICT. E«C. XXXI · texte numérisé non relu

DICT. E«C. XXXI

DIGA.LLIQUE (Acide). C'est le tannin de la noix de galle {voy. Tanmns).

OIGIT4TIO]V. Quand des muscles se terminent en faisceaux séparés qui vont en s'écartant les uns des autres pour aller prendre chacun un point d'insertion distinct, on donne à ces faisceaux le nom de digitatlons. Comme exemple, il faut citer le grand dentelé, dont les faisceaux terminaux vont s'attacher aux neuf ou dix premières côtes,' décrivant par leur ensemble une ligne courbe à concavité antérieure. Les faisceaux rausculo-tendineux du long dorsal, dont les uns vont s'insérer aux côtes, les autres aux apophyses transverses, d'autres enfin aux apophyses épineuses, sont de véritables digitations. D.

DILACÉRATIOIV. VoiJ. DÉCHIRURE.

DILATOmÈTltE. Instrument imaginé par Silbcrniann pour déterminer la richesse d'un liquide en alcool, et qui peut être d'une grande utilité dans la pratique courante. 11 est basé sur la différence des dilatations subies par l'eau et par l'alcool jiar une même élévation de température. Le liquide éprouvé se dilatera d'autant plus qu'il renfermera une plus grande proportion d'alcool, et d'autant moins qu'il renfermera une plus grande proportion d'étlicr. L'élévation de la température est prise entre 25 et 50 degrés centigrade, comme étant généralement facile à obtenir dans les conditions de la recherche.

Sur une plaque en cuivre est disposé : 4" un thermomètre à mercure, à côté duquel on a marqué deux traits, l'inférieur correspondant à la température de 25 degrés, le supérieur à celle de 50 degrés; 2" parallèlement au thermomètre, une pipette sur laquelle un trait marque le niveau du liquide introduit. Audessus, un zéro marque le point correspondant à la dilatation de l'eau à 50 ; plus haut, le chiffre 100 correspond à la dilatation de l'alcool pour le même degré de température. L'intervalle entre 0 et 100 est divisé en 100 degrés destinés à marquer la dilatation du mélange. D.

DISCOMYCÈTES. Une des six grandes divisions de la classe des Champignons, établie par Fries dans le Summa vegetabilium Scaiidinavise, p. 545, cl correspondant aux Champignons Thécaspore's ectothèques de Léveillé.

Les Discomycètes offrent cette particularité que leurs réceptacles fructifères portent Vhymemum à découvert à leur surface, tout au moins au moment de la maturité. Cet hytnénium est formé par une couche de filaments étroitement serrés et dressés, dont les cellules constituantes deviennent, les unes, ties paraphyses, les autres, de grandes cellules allongées, le plus ordinairement claviformes, nommées asqiies. Dans l'intérieur de ces dernières se développent de quatre à huit spores de forme et de coloration très-variables, auxquelles on donne le nom d'Ascospores. Celles-ci donnent naissance, en germant, à un prothalle byssoïde, auquel succède un mycélium, persistant ou fugace, toujours pourvu de cloisons transversales, et qui émet des filaments dressés, plusieurs fois ramifiés, portant à leur sommet les rudiments des réceptacles fructifères. Dans quelques espèces cependant, le mycélium produit ua autre mycélium, dur et persistant, appelé sdérote, capable, dans certaines conditions, de développer le stroma et les conceptacles ascophores. Tels sont, entre autres : le Peziza Fuckeliana de Bary, dont les sclérotes {Sclerotium echinatum Fuckl)

se (brment à la fin de l'automue dans les feuilles pourries de la vigne, et le Peziza ciborioides Fr., qui, sous sa forme sclérotique, vit sur différentes espèces de trèfles {Tr. pratense, Tr. repens, Tr. incarnatum, etc.) et produit la maladie connue sous le nom de Rouille du Trèfle.

Outre les réceptacles fructifères à asques, on rencontre souvent, dans le groupe des Oiscomycètes, d'autres organes reproducteurs qui se développent, suivant les circonstances, soit sur le même individu, soit sur des individus séparés. Ce sont: 1° des appareils conidifères, constitués tantôt par des stromas produisant des cellules simples, globuleuses, appelées conidies, susceptibles de germer comme les spores, tantôt par des rameaux du mycélium, simples ou ramifiés, s'élevant perpendiculairement au-dessus du substratum et portant à leur extrémité des conidies. On peut citer, comme exemple, la forme conidifère du Peziza Fuckeliana de Bary, qui, décrite par Persoon sous le nom de Botrylis cinerea, constitue une des moisissures les plus répandues sur les matières végétales en voie de décomposition ; 2" des spermogonies, sortes de réceptacles fermés, dans l'intérieur desquels se développent un grand nombre de très-petites spores unicellulaires en forme de bâtonnets, qu'on désigne sous le nom de spermaties, mais dont la germination n'a pas encore été observée ; o" des pijcnides, qui se distinguent des spermogonies en ce que, dans leur intérieur, se forment des spores plus grandes, uni- ou pluri-ccllulaires, le plus souvent brunâtres, ellipsoïdes ou claviformes, appelées si///ospores.

Les Oiscomycètes se développent soit sur la terre, soit sur les tiges, le bois, les écorces, plus rarement sur les feuilles, les débris végétaux, les fumiers, les bouses de vaches, quelques espèces même dans certaines parties des plantes vivantes (feuilles ou fruits) ; mais ces dernières n'atteignent ordinairement leur complet développement qu'après la destruction de la partie attaquée.

Le groupe renferme quatre familles : les Phacidiacés, les Pezisacés, les Helvellacés {voy. ces mots) et les Gymnoasqués, auxquels appartiennent notamment ÏExoascus deformans Fuckl, principale cause de la maladie des feuilles de pécher, appelée cloque, et VExoascus priini Fuckl, qui produit, sur les fruits non mûrs de divers pruniers [Prunus domestica, Pr. padus, Pr. spinosa, etc.), des gibbosités d'abord vertes, puis saupoudrées de blanc ou dejaune, maladie assez fréquente désignée vulgairement sous le nom de pochette.

C'est également à la famille des Gymnoasqués qu'appartiennent les champignons de la levure {voy. Saccharomyces). Ed. Lefèvre.

IIISPJEIVI^AIBES. Depuis que les articles Assistance publique et Dispensaires ont paru dans ce Dictionnaire, l'œuvre des établissements dont il s'agit ici a pris un nouveau développement.

Dès 1803, la Société philanthropique (fondée en 178U) en avait institué cinq. Ce chiffre est resté longtemps stationnaire ; c'est celui qu'indique encore en 1814 le dictionnaire en 60 volumes. Les douze arrondissements de Paris fournissaient alors une population d'un peu plus de 700000 âmes. Avec les récentes additions, le nombre des dispensaires est aujourd'hui de seize, pour une population d'environ 2 millions d'habitants. L'accroissement proportionnel du nombre de ces établissements est donc considérable, et il est d'autant plus à remarquer qu'il marche de front, d'une part, avec l'institution des soins à domicile et une organisation plus efficace des bureaux de bienfaisance, laissant moins à faire à la charité privée; d'autie part, avec l'existence d'une foule de

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sociétés mutuelles dans lesquelles, moyennant de faibles rétributions mensuelles, les soins médicaux sont assurés aux participants.

Les seize dispensaires de la Société philantbropique sont répandus dans les \ingt arrondissements actuels de la capitale, de manière à répondre le mieux possible aux besoins de la population. Us paraissent actuellement suffisants. Néanmoins la Société a pensé qu'il serait utile de reproduire dans les dispensaires une distinction qui existe dans l'Assistance publique et de créer en dehors des établissements actuels des dispensaires spéciaux pour enfants : elle en a ouvert un, le 16 mai 1883, rue de Grimée (quartier delà Yillette), au siège même d'un dispensaire général. Il est placé sous la haute surveillance de M. le professeur Lannelongue. Nous écrivions à ce sujet dans la Gazette hebdomadaire : « La spécialité de la pathogénie infantile est un article de foi pour la population. On installerait en plein milieu de Paris un dispensaire pour les vieillards que la vieillesse n'y fournirait pas un nombre de consultants égal au quart, au dixième du nombre des enfants qui, de tous les coins de la cité, affluent à cet hôpital pourtant excentrique, à ce refuge légendaire des mères inquiètes qu'on appelle VEiifant-Jésus. Une dérivation a été établie, il est vrai, du coté de l'est par la création de l'hôpital Sainte-Eugénie; mais le courant du nord, libre de ses mouvements, se dirige encore en grande partie vers la rue de Sèvres. La route est longue d'ailleurs des quartiers du nord, soit à la rue de Sèvres, soit à la rue Saint-Antoine. »

L'organisation actuelle des dispensaires n'a pas subi de modifications bien notables depuis leur fondation. Elle a toujours pour but d'épargner aux malades les transports à l'hôpital et pour base le traitement à domicile. Mais, comme certains malades sont alités et comme les soins à domicile ne sont donnés, comme on va le voir, que sur la présentation de certaines cartes, dont tout le monde ne peut disposer, des consultations sont données au siège même du dispensaire à toutes les personnes qui se présentent. Voici, du reste, les principales dispositions du règlement présentement en vigueur :

1° Il y a toujours, autant que possible, un dispensaire dans chaque arrondissement municipal; il peut y avoir plusieurs dispensaires dans le même arrondissement (art. l^^"").

2° Les médecins auxquels est confié le traitement des malades dans chaque dispensaire sont nommés pour quatre ans par le Comité d'administration ; ils sont toujours rééligibles et ne peuvent être révoqués que par le Comité. Le Comité nomme et révoque également les pharmaciens qui, dans chaque circonscription, pourront fournir des médicaments aux malades soignés dans le dispensaire (art. 3).

3" La Commission prend connaissance de la situation des malades inscrits pour être soignés soit au dispensaire, soit à domicile, et répartit entre tous ses membres les malades à visiter (art. 7).

A" Les visites des Commissaires aux malades soignés à domicile ont lieu, autant que possible, deux fois par mois. Elles ont pour objet de reconnaître si le service se fait régulièrement, et d'examiner les médicaments fournis, sous le double rapport de la qualité et de la quantité (art. 8).

5" A telle époque de l'année qu'il conviendra à la Commission de choisir, elle s'assurera de la qualité des médicaments fournis par les pharmaciens, et de l'exactitude des livraisons de remèdes faites aux malades (art. 13).

6° Dans la séance indiquée à l'article précédent (dernière quinzaine de

décembre), la Commission spéciale pourra accorder exceptionnellement, et seulement en cas de nécessité reconnue par le médecin, une prolongation de quinze jours de traitement à un malade qui, inscrit depuis moins d'un mois au dispensaire, doit néanmoins, aux termes de l'article 58 {voy. ci-après), cesser de recevoir les secours de la Société le 51 décembre de l'année courante (art. 15).

7" Le service médical de chaque dispensaire est confié à un seul ou deux médecins suivant les besoins du service (art. 27) ^

8° Les dispensaires sont ouverts aux consultations deux fois par semaine et au moins une heure chaque fois (art. 28).

9" Dans chaque dispensaire, la Commission spéciale, après avoir pris l'avis des médecins et de l'agent du dispensaire, fixe les jours et les heures pendant lesquels auront lieu, chaque semaine, les consultations au dispensaire (art. 29).

10'^ En cas d'absence ou de maladie, tout médecin d'un dispensaire devra se faire suppléer, soit par l'autre médecin du dispensaire, lorsque deux médecins sont attachés au dispensaire, soit par tel autre de ses confrères qui serait agréé par la Commission spéciale. Toutes les demandes de congé formées par les médecins doivent être adressées au Président de la Commission spéciale. Les congés qui n'excèdent pas un mois peuvent être accordés par la Commission spéciale; ceux de plus d'un mois ne peuvent être accordés que par le Comité d'administration (art. 30).

H" Le médecin qui, dans un cas d'urgence, est appelé directement par un malade domicilié dans la circonscription de son dispensaire, doit, sur la présentation de la carte de dispensaire envoyée par ce malade, se rendre au domicile de ce dernier, sans attendre l'avis de l'agent du dispensaire, auquel la carte doit être ensuite remise (art. 51).

12'^ Toutes les prescriptions et ordonnances formulées par le médecin, soit au dispensaire, soit à domicile, sont inscrites, chacune à sa date, sur la feuille (le traitement préparée par l'agent du dispensaire conformément aux dispositions de l'article 21 (disposant que l'agent doit dresser, pour tout malade inscrit, une feuille particulière devant mentionner toutes les ordonnances délivrées à ce malade). Un double de l'ordonnance de chaque jour est délivré au malade sur un papier séparé portant la date de la consultation, l'indication du dispensaire, le nom du malade et celui du pharmacien (art. 52).

15" Un médecin suppléant, dont les fonctions seront gratuites, pourra être attaché à chaque dispensaire. En cas de vacance de la place de médecin titulaire, le médecin suppléant pourra être nommé de préférence à cette place art. 55).

14" Les pharmaciens fournissent les médicaments aux malades de leur circonscription, sur la remise des ordonnances délivrées par les médecins du dispensaire auquel ils sont attachés. Ils ne doivent livrer aucun médicament qui ne serait pas compris dans la nomenclature générale de remèdes approuvée par le Comité d'administration et ne doivent jamais donner des quantités supérieures à celles qui sont autorisées par cette nomenclature. Toute livraison faite contrairement aux prescriptions qui précèdent resterait à leur charge (art. 51).

15° Les pharmaciens sont soumis à la surveillance des Commissions spéciales chargées, ainsi qu'il a été dit article 15, de s'assurer de la qualité des médicaments et de l'exactitude des livraisons (art. 36).

1 En fait, plusieurs dispensaires sont desservis par trois ou quatre médecins.

16° La transmission d'une officine fait cesser de plein droit les fonctions de tout pharmacien de la Société (art. 57).

17° Les cartes de dispensaire délivrées aux souscripteurs, ne peuvent servir que pour l'année qui s'y trouve indiquée. Chaque carte ne sera valable que pour un seul malade et pour trois mois au plus, à partir du jour où le malade l'aura présentée pour commencer un traitement. Passé ce délai de trois mois, le traitement ne pourrait être continué qu'après une suspension d'un mois au moins et en présentant une nouvelle carte de dispensaire. Aucune exception à cette règle ne pourra être faite qu'en cas de nécessité absolue constatée par le médecin et en vertu d'une autorisation écrite du Commissaire de service dans le dispensaire. A quelque époque qu'un malade ait été inscrit, sa radiation a lieu de plein droit le 31 décembre, sauf le cas prévu à l'article 15 (art. 38).

18° Tout malade qui se présente à un dispensaire sans être porteur d'une carte de dispensaire appartenant à un souscripteur de la Société est admis gratuitement à la consultation du médecin, qui lui délivre ses ordonnances sur des feuilles d'une couleur différente de celle des feuilles délivrées aux malades porteurs d'une carte de dispensaire. Sur présentation de ces ordonnances, les remèdes prescrits sont remis par le pharmacien de la Société, à la charge par le malade de payer lesdits remèdes aux prix du tarif spécial de la Société (art. 40).

19" jNe peuvent être admis à profiter des secours des dispensaires: 1" les malades inscrits à l'assistance médicale des bureaux de bienfaisance; 2° ceux qui suivent un traitement autre que celui qui a été prescrit par le médecin du dispensaire ; 3° ceux qui, après avoir été inscrits et se trouvant en état de se rendre au dispensaire, restent un mois sans se présenter (art. 41).

20" Indépendamment des médecins de chaque dispensaire, le Comité d'administration peut nommer des cliirurgiens et des médecins consultants dont les conseils peuvent être réclamés indistinctement dans tous les dispensaires. Le Comité peut aussi nommer des chirurgiens-dentistes dont les services seront gratuits (art. 42).

21° Le Comité d'administration peut, en récompense de services rendus au moins pendant dix ans, conférer le titre de médecin honoraire aux médecins de la Société qui en feraient la demande (art. 43).

22° Chaque année, tous les médecins des dispensaires se réunissent dans le courant du mois d'avril pour rendre compte de leurs observations sur les malades qu'ils ont eus à traiter dans le cours de l'exercice. Le résumé de ces observations est consigné par chaque médecin dans un rapport écrit qui reste déposé au siège de la Société. Dans la même séance, les médecins choisissent, au scrutin, celui d'entre eux qui scia chargé de la rédaction d'un rapport général sur le service médical des dispensaires : ce rapport général est lu à l'Assemblée générale annuelle de la Société (art. 44).

Nous devons ajouter que des établissements de bains et douches sont mis, dans les divers quartiers, à la disposition des malades, sur ordonnance des médecins des dispensaires.

Le dispensaire pour enfants est soumis à une réglementation particulière ot provisoire. — Ne sont admis au traitement que les enfants âgés de moins de seize ans. — Chaque souscription de 1000 francs donne au souscripteur le droit de recevoir, sa vie durant, une carte avec laquelle il pourra faire soigner pendant l'année plusieurs enfants successivement. — Chaque souscription de 1 00 francs donne au souscripteur le droit de recevoir une carte valable pendant une année,

et avec laquelle il pourra également faire soigner, dans ce laps de temps, plusieurs enfants. — Une souscription de 10 francs donne le droit de faire soigner un seul enfant. — Les jours et heures de consultation et de traitement pour les garçons et pour les filles sont déterminés par un règlement intérieur.

Le dispensaire des enfants est d'ailleurs organisé tout autrement que celui des adultes. Le traitement à domicile ne peut s'y faire. C'est un service d'externat. Les enfants viennent; le chirurgien prescrit un traitement, et on applique dans l'établissement tous les jours les prescriptions formulées, même celles qui concernent les remèdes internes (car l'incurie des Runilles ou la répulsion des enfants ne permettent pas de compter sur l'exécution complète de l'ordonnance à domicile). Les bains et douches sont également administrés dans l'établissement.

On jugera des services rendus par les dispensaires en général et de l'importance particulière de chacun d'eux par le tableau suivant, que nous devons à l'obligeance du zélé agent général de la Société philanthropique, l'honorable M. Laporte.

MOUVEMENT GÉNÉRAL DES DISPENSAIRES PENDAM l'eXERCICE 1883-1884

ARROSDISSIHEUTS.

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