FIN DE LA LETTKE D
UARLE (Lus).
Earic (Sir James). Chirurgien extraordinaire de Georges III, roi d'Angleterre, qui lui conféra le titre d'esquire, et chirurgien de l'hôpital Saint-Barthélémy de Londres, directeur du Collège des chirurgiens de Londres, naquit en 1755 et mourut à Londres en 1817. Gendre du célèbre Percival Pott, il acquit en peu de temps une grande réputation, qu'il mérita, du reste, par son honnêteté, ses travaux et son habileté opératoire. Le principal mérite d'Earlc est d'avoir introduit dans la pratique, comme méthode générale, le trailcment de l'hydrocèle par les injections de vin. Ce savant cliirurgien a laissé également une grande réputation d'=liabileté dans l'opération de la lithotoniie. Voici la liste de ses publications :
I. The Chirurgical Works of Percival Pott ; ivith a Life 0/ Ihe Atithor, a Mclliod of Curing the Htjdrocele by Injections^ and Occasional Notes. Lond., 1790, 5 vol. in-8°; 1808, 3 vol. in-8°. — II. A Treatise on the Hydrocelc ; containing an Examination of ail Ihc Usual Methods of obtaining Relief in that Discase ; the Radical Cure by Injection parlicidarly dcscribed and illustraled by Cases. Lond., 1791, in-8° ; Appendix, 1705, in-8° ; 1805, in-8°. — III. Practical Observations on the Opération for the Slone. Lond., 1795, 1796, in-8''. — lY. Observations on the Cure of the Curved Spine. Lond., 1799, in-8". — V. An Account of a New Method of Opération for the Removal of the Opacity in the Eyc, called Cataract. Lond,, 1801, in-8''. — VI. Lelter containing some Observations on Fractures of the Lower Limbs. Lond., 1807, in-8'', pi. — VII. Observations on llemorrhoidal E.vcrcsceiices. Lond., 1807, in-8°. — VIII. An Account of a Caleulus, from the tluman Bladdcr, of Unconimon Magnitude. \n Philos. Transact., 1805, n" 305. A. C.
Earie (Hejvry). Le troisième fils du précédent, suivit les traces de son père. Né à Londres le 28 juin 1789, il eut celui-ci pour premier maître, devint en 1808 i/oMse-Swr^eon à l'hôpital Saint-Barthélémy, puis en 1811 commença la pratique de son art. La Society of Arts lui décerna en 1812 une récompense pour la découverte d'un lit de fracture, puis en 1821 un prix plus important encore; en 1815, il obtint le Jacksonian Prize, décerné par le Collège de chirurgie de Londres, pour un mémoire Sur les maladies et les lésions des nerfs. Il fut nommé ensuite chirurgien àuFoundling Rospital^ remplit de 1815 à 1827 les fonctions de chirurgien assistant à l'hôpital Saint-Barthélémy, puis remplaça définitivement dans sa charge le chirurgien titulaire, qui avait été le célèbre Abernethy ; il inaugura à cette occasion ses leçons de clinique chirurgicale, qui reçurent un excellent accueil et qu'il continua avec un égal succès jusqu'à
sa mort.
Earle fut chargé en 1853 par le Collège de chirurgie de faire des leçons d'anatomie et de chirurgie ; il présida pendant plusieurs années la Médical and Chirurgical Society. Il était en outre très-répandu dans la métropole anglaise et y occupait l'une des positions chirurgicales les plus élevées lorsqu'il m..;urut le 18 janvier 1858.
4oy E AS TON.
Il publia un grand nombre de mémoires, entre autres sur les rétractions cicatricielles consécutives aux brûlures, l'emploi de la nicotine dans la rétention d'urine, l'influence du système nerveux comme régulateur de la chaleur animale, la lithotritie, les calculs urinaires, le traitement des pseudarthroses, le cancer des ramoneurs, dans les Medico-Chiruryical Transactions (1812 à 1824), un mémoire sur la restauration du canal de l'urètlire dans les Philosophical TransacUons, 1821 (ou séparément, Londres, 1821, in-4"), des articles sur la chirurgie, etc., dans Lonclon Médical Repository, London Médical and Physical Journal^ etc. On a encore de lui :
I. Practical Observations in Surgenj. London, 1825, gr. in-8, pi. Trad. allem. dans la Chiriirg. Handbibliotliek. Bd. VII, 1824. — II. Two Lectures on the Primary and Secondary Treatmenl of Burns. London, 1852, in-8. L. Hn.»
Earie (James-Lumley). Médecin anglais, mort de phthisie à Birmingham, le 23 novembre 1870, à Tâge de trente ans. 11 fit ses études au Kinys Collège à Londres, devint accoucheur adjoint résidant à l'hôpital de Kinys Cofleye, puis au dispensaire général de Birmingham. 11 a publié plusieurs excellentes monographies sur des sujets d'accouchements et a inventé plusieurs instruments obstétricaux, tels qu'un pelvimètre, une sonde utérine à tète mobile. Malgré sa jeunesse, il était membre du Conseil de la Société obstétricale de Londres. Nous citerons de lui :
I. The Mamniavy Sigiis df Pregnancy and of Récent Belivery. London, 1862, in-8. — II. On Flooding a/ter Belivery and its Scientific Treatment. London, 18t55, in-8. — III. .1 New Method of Inducing Prematury Labour, etc. L. Hn.
EASLEY (Taindv-Edward). Médecin américain, né le 29 octobre 1842 à Perry Country (Alabama), oij son père exerçait l'art de guérir. Il servit comme volontaire dans la guerre de Sécession, puis fit ses études dans le Louisville Médical Collège, et y fut reçu docteur en 1874. L'année suivante, il se fixa à Little Rock (Arkansas) et fut de 1875 à 1878 secrétaire de la section de chirurgie de l'Association médicale américaine. Lorsque éclata l'épidémie de fièvre jaune à Memphis, en 1878, il offrit ses services, qui furent acceptés, mais succomba victime de son dévouement le 29 octobre 1878.
Easley a publié un grand nombre d'articles et de mémoires sur la chirurgie dans le Louisville Médical Journal. L. Hn.
EASTOIV (Joh>-Alexaxder). Médecin anglais, né en 1807 dans les Indes, fit ses humanités à Glasgow, puis étudia la médecine et fut reçu en 1828 licencié de la Faculté de médecine et de chirurgie de Glasgow, docteur en médecine en 1836, felloio de la Faculté en 1840. Dès 1828, il se fixa à Glasgow pour y exercer la médecine; il fut nommé, en 1840, chirurgien de la police, devint médecin et professeur de clinique à l'hôpital royal de la ville, enseigna pendant plusieurs années la matière médicale à YAnderson Institution, enfin fut appelé en 1855 à occuper la chaire de matière médicale à l'Université. Easton mourut à Glasgow le 12 novembre 1865. Il était membre de la Société médicale de Glasgow qu'il présida et de la Société médico-chirurgicale de la même ville dont il fut le viceprésident. Outre un grand nombre d'articles sur la médecine clinique, la médecine légale et la matière médicale, insérés dans VEdinburgh Monthly Journal (1849-1851), le G/as^ote Médical Journal (1858 et années suiv.), etc., il a laissé diverses Introductory Lectures et des Addresses, etc., et enfin :
EAU (chimie). 45")
T. General Observations on Ihe Elimination, Catalysis and Counter- Action of Poisons, etc. Glasgow, 1858. — II. On the Use of Ihe So-called Expeclorants in Diseuses of Ihe Mucous Membrane of the Lungs, etc. Glasgow, 1863. — III. Hinls on Médical Ethics and Address. Glasgow, 186*2. L. Un.
EAf. § T. Chimie. Protoxïde d'hydrogène. II-O (foi'mule atomique), IIO (en équivalents). Les Anciens considéraient l'eau comme l'un des quatre éléments. Ils croyaient même que par une ébuUition prolongée elle pouvait se transformer en terre; mais dès 1770 Lavoisier avait démontré que la matière terreuse observée provenait des vases de verre dans lesquels l'eau avait été soumise à des distillations réitérées. Ce n'est qu'en 1781, à la même époque, que Cavendish en Angleterre et Lavoisier en France démontrèient, par des expériences précises, que l'eau est formée par l'union de l'hydrogène avec l'oxygène. Le physicien anglais obtint plusieurs grammes d'eau par la combustion d'un mélange d'oxygène et d'hydrogène. — Quand on briile de l'hydrogène à l'air, il se forme de l'eau que l'on peut condenser. Connaissant la quantité d'hydrogène brûlé, et la quantité d'eau formée, Cavendish et Lavoisier purent évaluer approximativement la composition de l'eau. En 1789, d'autres recherches sur le même sujet furent faites par Monge, Priestley, Lavoisier, Meusnier, Fourcroy et Vauquelin. La\oisier et Meusnier opérèrent la décomposition de l'eau par le fer chauffé au rouge. En pesant le fer avant et après l'expérience, ainsi que la quantité de vapeur d'eau décomposée, en déduisant du poids de l'eau employée celle qui se condensait dans un serpentin, enfin mesurant la quantité d'hydrogène formée, ils en conclurent la composition de l'eau. Toutes ces expériences cependant ne donnèrent la composition de l'eau que d'une manière très-approximative. Mais, par des expériences plus rigoureuses, au moyen d'analyses eudiométriqucs, Gay-Lussac et Ilumboldt démontrèrent, que l'eau est formée exactement de deux volumes d'hydrogène et d'un volume d'oxygène. Enfin, en 1843, Dumas, par la réduction de l'oxyde de cuivre chauffé au rouge par l'hydrogène, montra que l'eau est formée, en poids, de 1 partie d'hydrogène et de 8 parties d'oxygène.
Composition de l'eau déterminée par Vanalyse. Certains métaux ont la propriété de décomposer l'eau à la température ordinaire : tels sont le potassium et le sodium ; ces métaux s'emparent de l'oxygène de l'eau et mettent immédiatement l'hydrogène en liberté. Si, dans une cloche remplie de mercure et contenant un peu d'eau, on introduit un morceau de sodium, on voit immédiatement la cloche se remplir d'un gaz qui est de l'hydrogène pur. Le fer aussi a la propriété de décomposer l'eau à la température ordinaire, mais très-lentement, et l'expérience durerait plusieurs mois. A une température élevée, au contraire, la décomposition de la vapeur d'eau a lieu immédiatement; il se forme de l'oxyde de fer magnétique, et l'hydrogène se dégage. Lavoisier, comme nous l'avons vu, s'est servi de ce procédé pour établir la composition de l'eau.
L'expérience se fait de la manière suivante :
On pèse très-exactement un faisceau de fil de fer très-pur et décapé, et on l'introduit dans un tube de porcelaine AB. Ce tube placé dans un fourneau à réverbère reçoit d'un côté le col d'une petite cornue C renfermant de l'eau, dans l'autre côté s'adapte un tube E propre à recueillir le gaz.
On allume le fourneau à réverbère et, dès que le tube de porcelaine AB est porté au rouge, on fait passer lentement de la vapeur d'eau sur le fer chauffé. L'eau est décomposée. Son oxygène se porte sur le fer et l'oxyde, l'hydrogène DrCT. ESC. XXXI. 5!8
454 EAU (chimie).
devient libre et est recueilli dans une cloche. L'opération terminée, on trouve que le fer a augmenté de poids ; celte augmentation représente exactement le poids de l'oxygène primitivement contenu dans l'eau décomposé ; on déduit le poids de l'hydrogène du volume de ce gaz qui a été recueilli et mesuré.
^iS. 1.
Électrolyse de l'eau. Si l'on plonge dans de l'eau légèrement acidulée les
Fig. 2.
deux pôles d'une pile terminés par des fils de platine, on voit se dégager le long de chaque fil des petites bulles de gaz. On peut recueillir ces gaz dans deux cloches séparées, et l'on verra que le gaz qui s'est dégagé au pôle positif est de l'oxygène, et que celui recueilli au pôle négatif est de l'hydrogène, et que le volume de ce dernier est exactement le double de celui de l'oxygèue. Cette expérience se fait facilement à l'aide de l'appareil suivant :
EAU (chimie). 435
11 consiste en un vase de verre C (fig. 2) dont le fond est traversé par deux fils de platine isolés l'un de l'autre et communiquant, l'un avec le pôle positif, l'autre avec le pôle négatif d'une pile P. L'eau pure est mauvaise conductrice de l'électricité, mais en acidulant légèrement l'eau avec de l'acide sulfurique, le courant passe, et l'eau est décomposée. On verse donc de l'eau légèrement acidulée dans le vase G. Des cloclies graduées remplies d'eau sont renversées sur les fils de platine A et B qui constituent, le premier l'électrode négative, le second l'électrode positive de la pile P. En renversant une seule cloclie sur les deux électrodes, on 'peut recueillir les deux gaz ensemble à l'état de mélange. Ce mélange recueilli ainsi forme ce qu'on nomme le gaz détonant, gaz fréquemment employé dans l'analyse cudiométrique.
Dissociation des éléments de Veau par la chaleur. L'eau peut être décomposée en ses éléments par la chaleur seule. En faisant passer la vapeur d'eau à travers un tube de platine rempli de fragments de pierre ponce, et chauffé au blanc éclatant, on recueille de l'oxygène et de l'hydrogène. Une masse de platine chauffée au blanc et plongée dans de l'eau produit le même effet. Deville a rendu cette décomposition bien plus sensible et à une température plus basse (1 100 degrés) en agissant de manière que les gaz, une fois mis en liberté, ne puissent plus se recombiner en se refroidissant. Il a atteint ce but, en se basant sur la diffusibilité de l'hydrogène à travers des vases poreux, qui est bien plus grande que celle de l'oxygène. Voici la disposition qu'il a donnée à son appareil : Deux tubes concentriques, l'extérieur plus court et plus large, en porcelaine vernie, l'intérieur en terre poreuse, sont fixés l'un à l'autre aux deux extrémités par deux bouchons bien lûtes. L'espace annulaire entre les deux tubes est rempli de fragments de pierre ponce pour augmenter les surfaces. Les bouchons fermant le tube intérieur et l'espace annulaire sont traversés aux deux extrémités par des tubes de verre. On porte le tube ainsi disposé au rouge blanc, puis on fait passer un courant de vapeur d'eau à travers le tube intérieur, et un courant de gaz acide carbonique dans l'espace annulaire. L'eau est décomposée dans le tube intérieur, mais l'hydrogène étant plus diffusible que l'oxygène passe de préférence à travers le tube poreux et est entraîné par le courant d'acide carbonique. En recueillant les produits de la décomposition à l'autre extrémité, on constate, après avoir absorbé l'acide carbonique par la potasse caustique, la présence de l'oxygène et de l'hydrogène.
Détermination de la composition de Veau par la synthèse. Nous avons vu la production de l'eau par la combustion de l'hydrogène dans l'air atmosphérique; cette expérience nous montre bien quels sont les éléments qui entrent dans sa composition, mais ne nous apprend rien sur leurs proportions. Pour arriver à cette connaissance, on introduit dans un eudiomètre [voy. ce mot) bien sec et rempli de mercure \ 00 volumes d'hydrogène et 100 volumes d'oxygène, et on y fait passer l'étincelle électrique.
Au moment de la combustion, une vive lumière se produit : il y a dégagement d'une grande quantité de chaleur qui produit une dilatation considérable des gaz ; pour éviter qu'une partie de ces gaz soit projetée au dehors, on bouche l'eudiomètre au moyen d'un bouchon à soupape.
Aussitôt que l'eudiomètre est refroidi, l'eau formée se condense en gouttelettes le long de ses parois, et occupe un volume 2000 fois plus petit que les gaz qui lui ont donné naissance; la tension intérieure devient donc plus faible la soupape se soulève et le mercure [entre dans l'instrument. En mesurant le
436 EAU (chimie).
résidu gazeux, on verra qu'il sera égal au quart du volume primitif des deux gaz, c'est-à-dire de 50 volumes ; en y plongeant une allumette présentant encore un point en ignition, l'inflammation de cette allumette démontrera que ces 50 volumes sont de l'oxygène pur. Les 100 volumes d'hydrogène ont disparu en se combinant à 50 volumes d'oxygène pour former de l'eau. On conclut de cette
Fig. 5.
expérience que l'eau résulte de la combinaison de deux volumes d'hydrogène avec un volume d'oxygène.
Synthèse de Veau par la réduction de V oxyde de cuivre. Pour déterminer directement les poids d'hydrogène et d'oxygène qui se combinent pour former de l'eau, Dumas a employé une autre méthode qui est susceptible d'une plus grande précision que celle par l'eudiomètre. En faisant passer un courant d'hydrogène sur plusieurs oxydes métalliques chauffés à des températures plus ou moins élevées, ces oxydes abandonnent leur oxygène et sont réduits à l'état métallique. Cet oxygène forme, avec l'hydrogène, de l'eau que l'on peut recueillir et peser. La perte de poids que subit l'oxyde métallique représente le poids de l'oxygène qui est entré dans la composition de cette eau. La différence entre ces deux poids donne le poids de l'hydrogène.
L'oxyde métallique employé par Dumas est l'oxyde de cuivre qui est facilement réduit par l'hydrogène.
L'appareil qui a servi à cette synthèse est représenté par la figure 4. L'hydrogène produit dans le flacon A par l'action de l'acide sulfurique dilué sur le zinc traverse les tubes a b c d ef g h oh il est purifié et desséché. Au sortir de ce tube, l'hydrogène, absolument pur et sec, arrive dans le ballon B à deux tubulures en verre peu fusible. Avant l'expérience, ce ballon a d'abord été pesé vide et bien sec, et ensuite rempli avec l'oxyde de cuivre parfaitement desséché. La différence entre les deux poids donne le poids de l'oxyde de cuivre contenu. On pèse de même le ballon B' avec les tubes i kl o remplis de pierre ponce imprégnée d'acide sulfurique concentré. Quand tout l'appareil a été mis en place, on
EAU (ciiniiE)
fait dégager lentement le gaz hydrogène ; on continue le dégagement jusqu'à ce que tout l'air de l'appareil ait été chassé. On chauffe alors le ballon B au rouge
obscur au moyen d'une lampe à alcool. Bientôt la réduction de l'oxyde de cuivre par l'hydrogène commence, et l'eau ruisselle sur les parois du ballon B'. La
458 EAU (chimie).
vapeur d'eau entraînée par le courant d'hydrogène est condense'e dans les tubes z, k, l, 0. On continue l'expérience jusqu'à ce que l'oxyde de cuivre soit entièrement ramené à l'état métallique ; on laisse refroidir l'appareil tout en continuant le courant d'hydrogène. Après complet refroidissement, on déplace l'hydrogène par de l'air, et on pèse le ballon B d'une part, et le ballon B' avec les tubes i,k, l, 0, de l'autre. La différence entre le poids du ballon B renfermant l'oxyde de cuivre avant l'expérience, et le poids du même ballon contenant le cuivre réduit, donne le poids de l'oxygène qui est entré dans la composition de l'eau formée. L'augmentation du poids du ballon B' et de ses annexes donne le poids de l'eau formée. La différence entre le poids de l'eau et de l'oxygène donne le poids de l'hydrogène.
Par les expériences les plus précises faites par cette méthode, Dumas a montré que 100 parties d'eau renferment :
Hydrogène 11,11
Oxygène 88,89
Total 100,00
Or le rapport ^ ' - =.-. On peut donc exprimer la composition de l'eau en
88, ou 8
disant que 1 partie, en poids, d'hydrogène, se combine exactement avec 8 parties pondérales d'oxygène. Comme l'équivalent de l'hydrogène est égal à 1, et celui de l'oxygène à 8, l'eau est formée d'un équivalent d'hydrogène et d'un équivalent d'oxygène, et sa formule en équivalents est HO.
Nous avons vu d'autre part que l'eau est formée de deux volumes d'hydrogène et d'un volume d'oxygène, et comme il est admis que les gaz simples renferment le même nombre d'atomes dans le même volume, la formule atomique de l'eau est H-0.
Préparation de Veau pure. Dans la nature, il n'existe pas d'eau pure, l'eau la plus limpide des sources et des rivières est loin d'être de l'eau pure [voij. Eau \Eygièné\) ; on peut s'en assurer en évaporant dans une capsule une certaine quantité de ces eaux ; il reste toujours un résidu sensible. L'eau de pluie est plus pure, mais, comme en traversant l'atmosphère elle a entraîné des poussières de toute nature, sa pureté n'est pas parfaite. On purifie l'eau en la soumettant à la distillation. La distillation se fait soit dans des cornues en verre, soit le plus souvent dans un appareil nommé alambic. L'alambic se compose d'une chaudière en cuivre, sur laquelle s'adapte un couvercle en forme de dôme, le chapiteau, terminé par un tuyau recourbé qui communique avec un serpentin. Le serpentin est renfermé dans une grande cuve cylindrique et que l'on maintient pleine d'eau froide. L'extrémité du serpentin débouche à la partie inférieure, en dehors de la cuve.
On met de l'eau de source ou de rivière dans la chaudière de l'alambic, et on maintient en ébullition modérée. On essaie de temps en temps le produit avec les réactifs que nous allons indiquer ci-après, et l'on ne commence à le recueillir qu'à partir du moment où il est sans action sur eux. Il faut arrêter l'opération orsqu'il ne reste plus dans la cucurhite (la chaudière) que le quart de l'eau qui y a été introduite.
Caractères physiques de Veau. L'eau pure ne doit pas modifier la couleur du papier de tournesol bleu ou rouge. L'eau de chaux, le sous-acétate de plomb, les azotates d'argent et de baryte, l'oxalate d'ammoniaque, le bichlorure de
EAU (ciiimir). 459
mercure ne doivent y produire aucun trouble. A cet état, l'eau constitue un liquide transparent, sans odeur ni saveur, incolore lorsqu'il est en petite quantité, mais présentant une belle couleur bleue lorsqu'il est vu en grandes masses. L'eau de la mer paraît le plus souvent verte, cela tient au limon jaune qu'elle renferme, qui avec le bleu de l'eau l'orme du vert. Soumise à une forte pression, l'eau est très-légèrement compressible; elle diminue de 0,000047 de son volume par chaque augmentation de pression d'une atmosphère.
L'eau se présente sous trois états dans la nalure. Par un grand abaissement de température, elle se solidifie et forme : la glace, le givre, la neige {voy. ces mots ; vog. de plus Congélation, RErnoiDissEMENr et Frou)). Au moment oii l'eau se solidifie, elle se dilate. La densité de l'eau liquide est donc plus grande que celle de la ghvce. La dilatation de l'eau par l'abaissement de la température commence déjà à la température de + 4". L'eau possède donc un maximum de densité situé à cette température.
De tous les corps liquides, l'eau possède la plus grande chaleur spécifique : aussi a-t-elle été choisie comme unité ; en se congelant, elle perd à peu près la moitié de cette chaleur spécifique.
L'eau abandonne des vapeurs très-sensibles à l'air ; la formation de ces vapeurs est d'autant plus abondante que l'air est plus sec, et que la température est plus élevée [voy. Hygrométrie).
L'eau, sous la même pression, entre toujours enébullition à la même température. Le point de l'ébullition de l'eau sous la pression de 760 millimètres a été choisi pour toutes les échelles thermomélriques : dOO degrés pour l'échelle centigrade, 80 degrés pour le thermomètre Réaumur, 212 pour celui de Fahrenheit [voy. Thermomètre). Quant aux propriétés physiques de la vapeur d'eau, voy. les mots Chaleur, Vapeurs, Evaporisation.
Pouvoir dissolvant de Veau. L'eau dissout les gaz et un grand nombre de substances liquides et solides.
La solubilité d'un même gaz est d'autant plus grande que la température est plus basse, et que la pression exercée sur la dissolution par la portion du gaz non dissoute est plus considérable.
Lorsque l'eau est mise en présence d'une atmosphère formée par le mélange de deux ou de plusieurs gaz, elle dissout de chacun de ces gaz une quantité égale à celle qu'elle dissoudrait, si elle se trouvait en contact avec une atmosphère simple de ce gaz exerçant une pression égale à la fraction de la pression totale qui lui appartient dans le mélange gazeux. Par exemple, 1 litre dissout, à la température ordinaire et à la pression 760 millimètres, 46 centimètres cubes d'oxygène; l'azote est encore moins soluble, un litre d'eau, dans les mêmes conditions de température et dépression, n'en dissout que 25 centimètres cubes.
1 litre d'eau exposé à l'air renferme donc - ■- :^ 9- d'oxygène, cl
4 . 1 25x^=:20 centimètres cubes d'azote, puisque l'air est formé de - d'oxygène
et de - d'azote, ou 29,2 centimètres cubes du mélange des deux gaz.
Les corps solides solubles dans l'eau se dissolvent, à peu d'exception près, en quantités d'autant plus grandes que la température est plus élevée, de sorte que, si l'on fait une dissolution d'une substance cristalline saturée à chaud, et qu'on l'abandonne alors au refroidissement, une partie de la substance cristallise.
UO E.\U (chimie).
La dissolution clans l'eau d'un corps solide, si elle n'est pas accompagne'e d'une action chimique, a toujours lieu avec abaissement de la température. Il y a élévation au contraire par la dissolution d'un gaz . Dans le premier cas il y a absorption de calorique pour faire passer le corps de l'état solide à l'état liquide, et dans le second il y a passage de l'état gazeux à l'état liquide, et par conséquent élévation de température.
Eau de cristallisation. L'eau entre en combinaison avec un grand nombre de sels quand on les fait cristalliser dans leur dissolution aqueuse, la même quantité de sel se combine souvent avec des proportions d'eau très-différentes, suivant la température à laquelle la cristallisation a lieu. Un grand nombre de sels doivent une partie de leurs propriétés à l'eau qui y est contenue : un certain nombre de sels peuvent cristalliser à l'état anhydre, mais le plus grand nombre ne peuvent cristalliser qu'en se combinant avec de l'eau. L'eau ainsi combinée avec les sels prend le nom d'eau de cristallisation. Ainsi le plâtre calciné est amorphe, mis en présence de l'eau, il s'y combine, et se prend alors en une masse formée de petits cristaux enchevêtrés, en même temps qu'il se produit une élévation très-sensible de la température. La couleur des sels dépend souvent aussi de l'eau de cristallisation, ainsi le sulfate de cuivre qui cristallise avec 5 molécules d'eau de cristallisation est bleu, le sulfate ferreux à 7 molécules d'eaii de cristallisation est vert : or, par une calcination légère qui chasse l'eau de cristallisation, mais qui ne modifie en rien la constitution de ces sels, ces sels deviennent blancs et perdent en même temps leur aspect cristallin. Ces sulfates anhydres sont très-avides d'eau et, dès qu'on la leur présente, ils s'y combinent, avec élévation de la température, et ils reprennent leurs couleurs respectives. Presque tous les sels privés par la calcination de leur eau de cristallisation s'y combinent de nouveau avec élévation de température, élévation qui est produite par l'action chimique de la combinaison du sel avec l'eau. Au contraire, la dissolution dans l'eau des sels cristallisés renfermant de l'eau de cristallisation produit un abaissement de la température, parce que ces sels passant de l'état solide à l'état liquide absorbent du calorique, et par conséquent produisent du froid.
Les sels ayant une même forme cristalline cristallisent avec la même quantité d'eau. Ainsi le sulfate de manganèse et le sulfate ferreux, cristallisés à la température de 4- 6 degrés, renferment 7 molécules d'eau de cristallisation, et la forme des cristaux est la même. Ces sels cristallisés à la température de H- 20 degrés ne renferment plus que 5 molécules d'eau, et leurs cristaux sont identiques avec ceux du sulfate de cuivre renfermant également 5 molécules d'eau de cristallisation. Ainsi encore les aluns de fer, de chrome, d'alumine, qui renferment 24 molécules d'eau, sont isomorphes.
Les sels perdent plus ou moins facilement leur eau de cristallisation. L'exposition à l'air seule fait perdre à certains d'entre eux une partie de leur eau. Ils changent alors d'aspect, de cristallisés qu'ils étaient, ils deviennent amorphes, et se réduisent en poussière, ce sont des sels efftorescents ; d'autres au contraire absorbent l'humidité de l'air et se liquéfient, ce sont des sels déliquescents.
Caractères chimiques de l'eau. L'eau est le corps qui intervient le plus fréquemment dans les réactions chimiques. On peut diviser de la façon suivante la manière dont cette intervention a lieu dans les cas où l'eau est décomposée :
1° L'oxygène de l'eau décomposée est fixé et l'hydrogène devient libre. Nous
EAU (chimie). 4H
avons donné un exemple de ce cas quand nous avons parlé de la décomposition de l'eau par le feu :
Ee-hHO = FeOH-H.
2" L'hydrogène de l'eau enlrc en combinaison et l'oxygène devient libre. Ce cas se présente quand on fait passer un courant de vapeur d'eau mêlée à du chlore gazeux à travers un tube de porcelaine chauffé au rouge. Il se forme de l'acide chlorhydriquc et de l'oxygène :
no + ci = iici + o.
o" L'eau est décomposée, mais l'oxygène et l'hydrogène entrent dans les nouvelles combinaisons. Certains chlorures et les bromures métalloïdiques sont dans ce cas. Ainsi le protochlorure de phosphore mis en présence de l'eau la décompose et il se forme des acides chlorhydriquc et phosphoreux :
PhCl^ -4- 5II0 = 51IC1 H- PhO'\
Les anhydrides, ou acides anhydres, s'emparent aussi avec une grande énergie des éléments de l'eau pour former des acides hydratés :
S^O^ -f 2H0 = S'Om\
Anhydride Acide suU'urique
sullurique. hydraté.