‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.31Chapitre 20 sur 67 · COMPOSITION · texte numérisé non relu

COMPOSITION

Matières solides en dissolution. .

Carbone organique .

Azole organique

Ammoniaque

Azote en nitrates et nitrites. . .

Total de l'azote en combinaison.

Chlore

Dureté temporaire

Dureté totale

Matières organiques en suspension Matières minérales en suspension.

linVELL.

Au

voisinage

des sources.

En aval

de

Manchester.

MEIISEY.

Un

des affluents.

Au-dessous

de Stockport.

L'eau de l'Espierre ou Trichon, après avoir reçu les eaux industrielles de Roubaix-Tourcoing, renferme par litre (Ladureau) :

Grammes.

Résidu organique ls',980 1 . „ „

- minéral 28',fi70 S ^'^^

Potasse 0,065

Azote 0,071

Acide phosphorique 0,02i

Le ruisseau du Marécaux, qui reçoit les eaux des mines d'Azincourt,d'Aniche, d'Anzin et d'une sucrerie, est limpide avant son arrivée au niveau des usines; lorsqu'il les a dépassées et en entrant dans Somain, il est tellement altéré qu'il a passé pour entretenir la fièvre typhoïde dans la rue de cette ville qu'il traverse et qu'il a été l'objet d'une réglementation spéciale de la part du Conseil d'hygiène du département du Nord. Au rapport de L. Faucher, l'analyse des eaux du Marécaux, à la sortie de Somain, donnait par litre :

Grammes.

Acide'sulfurique 0,543

Matières organiques - 0,042

Chlore, acide carbonique, chaux 1,873

Résidu sec. . . - 2,260

Hydrogène sulfuré 30 centimètres cubes.

Ce dernier gaz, comme on sait, est principalement dû à la réduction des sulfates par les matières organiques et les algues.

Ceci n'innocente point la projection jes matières de vidanges aux fleuves.

TVfais, ainsi que l'ont fait remarquer les hygiénistes allemands dans leur réunion à Nuremberg en 1877, la gravité des conséquences dépend de la puissance d» débit et de la rapidité du cours du fleuve, relativement au chiffre d'habitants de la ville. Francfort, qui a le Mein, Cologne, qui dispose du Rhin, pourraient peut-être ne pas compromettre sensiblement le gnmd fleuve ni son affluent principal, en y déversant l'intégralité des immondices de leur population. C'est le ternie recherché du « tout à l'égout » pour les villes qui ont un fleuve à leurs portes et trouveraient difficilement des champs d'irrigation. Munich paraît être disposée à user de l'Isar de cette fiiçon et les expériences récentes (1882) du docteur Emraerich, sur les dilutions fécales, n'ont probablement pas eu d'autre but que de démontrer la praticabilité de cette mesure. Autrefois, Londres avait tous ses égouts ouverts sur la Tamise ; mais la Tamise ne débite pas le tiers du Mein à Francfort, et elle devait suffire à trois millions d'habitants. On sait quelle horrible vase elle abandonnait en ce temps-là sur ses bords par les basses eaux. En 1859, on se décida à exécuter, sur les plans de l'ingénieur BazaJgette, les travaux gigantesques qui conduisent aujourd'hui les immondices de l'énorme cité par deux canaux parallèles au fleuve, à 22 kilomètres en aval, à Barking-Greek et à Crossness-Point. C'est un cas particulier de l'application des lois contre la pollution des cours d'eau {Rlvers pollution Act, 1875).

Je pense qu'il faut garder le principe et n'admettre le mélange des excrétions humaines aux eaux fluviales qu'à titre d'exception et dans des circonstances où l'atténuation de ses conséquences est si évidente que tout danger disparaît.

Les villes qui versent leurs eaux d'égout dans les rivières, sans scrupule, sous prétexte que les matières fécales ne s'y trouvent pas, sont extrêmement nombreuses. Elles ne projettent pas moins dans les cours d'eau publics un liquide contenant cinq ou six fois autant d'azote que pourraient en ajouter les matières de vidange. 11 y a, d'ailleurs, dans ces eaux d'égout des villes à fosses fixes, beaucoup plus de matières fécales qu'on ne croit, soit que ces matières y arrivent par le hasard des souillures clandestines de la rue, soit qu'elles aient passé à travers le mensonge des soi-disant diviseurs, soit même que les vidangeurs aient simplement déchargé leurs voitures dans une bouche d'égout, comme cela est arrivé à Paris. La Seine de ces dernières années idéalisait en grand un type des fleuves victimes de ce système bâtard; les égouls lui apportaient jusqu'au trop-plein du dépotoir de Bondy ! Ce serait, à notre avis, une raison de plus pour instituer officiellement le procédé du tOîit à Végout; au moins, la souillure sera évidente pour tout le monde et suffisamment odieuse pour qu'on fasse cesser la corruption du fleuve.

11 n'y a, en effet, que l'état de calamité publique qui puisse obliger les administrateurs à protéger les cours d'eau et les riverains contre les abus criants auxquels ils sont en butte. La France n'a pas de loi sur la pollution des rivières. Dans le département du Nord, on a essayé de tourner la difficulté en appliquant aux industriels les lois qui protègent le poisson, en introduisant, dans les conditions imposées par les conseils d'hygiène aux demandes en autorisation d'établissements classés, des clauses qui prescrivent l'épuration préalable des eaux résiduaires... Il n'y a pas, malheureusement, de procédé chimique d'épuration parfait, et il y a, en revanche, beaucoup d'industriels qui ne l'appliqueraient pas, s'il en existait un. La sanction se borne à quelques procès-verbaux bien

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moins coûteux que ne seraient les mesures à prendre pour éloigner les eaux industrielles sans contaminer les rivières.

Le premier effet de la souillure organique des eaux fluviales est d'y abaisser les ))roportions d'oxygène; les poissons y meurent asphyxiés plutôt qu'empoisonnés. Nous répétons ici le tableau comparatif dressé par Miller relativement aux gaz de l'eau de la Tamise suivant les points d'observation :

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