PAR LITRE
Gaz lotal
Acide carbonique
Oxygène
Azole
Bapport He l'oxygène à l'azote
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De même, A. Gérardin, en 1874-1875, dose l'oxygène de l'eau de la Seine par la méthode de Scliûtzenberger (à l'hydrosulfite de soude) et y trouve en centimètres cubes par litre :
Oxygène.
A Corbeil (en amont) 9,52
Au pont de la Tournelle 8,03
A Auteuil (au-dessus de !a bouche du collecteur) 5,99
.\ Épinay (au-dessous de la bouche) 1,05
Au pont de Poissy 6,12
A Mantes 8,96
AVernon 10,40
(En 1880, l'état de la Seine avait encore empiré et la limite du titre oxymétrique 8 avait reculé jusque près de Vernon).
Dans les eaux fluviales souillées par les déchets urbains, la proportion d'ammoniaque devient sensible ; celle des nitrates, des nitrites et des chlorures, s'élève ; les sels alcalins l'emportent sur les sels terreux, d'où l'abaissement du degré de dureté. Les hydrogènes sulfuré et carboné s'y développent ; de la graisse flotte à la surface ; des acides gras mal odorants annoncent de loin le voisinage de l'eau corrompue. Les poissons, les batraciens, les mollusques mêmes, disparaissent et font place aux infusoires. Si l'altération est suffisante, les végétaux délicats meurent d'abord, puis les roseaux et les joncs. En revanche, les champignons microscopiques, bactéries, bacilles, vibrions, y prospèrent. Il y aurait comme une échelle zoologique et botanique à laquelle on pourrait mesurer l'impureté des eaux. A. Gérardin a aussi indiqué un caractère facile à observer et d'une réelle exactitude : les bonnes eaux sont bleues, les eaux à matières organiques sont vêtîtes (probablement par la combinaison du jaune avec le bleu). Ces dernières deviennent de plus en plus communes. On peut même dire qu'il faut se trouver heureux quand elles ne passent pas au brun et au noir.
Nous indiquerons plus loin, au sujet des eaux souterraines, les principales substances et les micro-organismes des eaux corrompues. Remarquons seulement, ■dès maintenant, que, s'il y a une eau capable de charrier et d'entretenir des micro-organismes pathogènes, c'est l'eau sale, et que c'est dans la fétide Panke
EAU (hygiène). 459
(Berlin) que Gaffky a démontré pour la première fois un parasite pathogène dans l'eau, le bacille de la septicémie du lapin, de Davaine (VVolffhùgel).
Un phénomène naturel de la plus hante importance combat heureusement la pollution des rivières : c'est Y assainissement spontané des eaux courantes. Cet assainissement est dû à trois causes principales. Tout d'abord, les affluents que reçoit le fleuve dans son parcours diluent les impuretés, puis il y a précipitation des matières étrangères, surtout par adhérence au fond du lit et aux bords ; enfin, les matières organiques s'oxydent chemin faisant et l'eau elle-même reprend de l'oxygène ; le mouvement du flot, qui multiplie les contacts avec l'air atmogphérique, est un agent puissant de cette oxydation : aussi les eaux immobiles et les rivières à cours très-lent n'en bénéficient-elles guère. Nous avons vu la Seine reprendre de l'oxygène à Poissy ; la Wupper, si effroyablement sale à Elberfeld, est, redevenue assez pure et limpide à Opladen, à quelques milles plus bas, pour pouvoir être recherchée dans les opérations les plus délicates de la teinturerie. Les analyses de Schelhass, Brunner, Emmericli, ont démontré que l'Isar, qui reçoit à Munich les immondices de quarante-neuf ruisseaux de rue, s'assainit spontanément à un haut degré. En descendant la Deule, au-dessus ou au-dessous de Lille, on voit parfaitement le cours d'eau redevenir limpide à mesure que l'on s'éloigne de telle ou telle papeterie, distillerie, amidonnerie, etc., jusqu'à ce qu'elle en rencontre une autre oii tout est à recommencer. Le professeur Ripley Nichols fait remarquer que les eaux de certaines industries, comme les tanneries, les usines métallurgiques, forment avec les matières organiques des composés insolubles qui, naturellement, se précipitent sans tarder. Il est certain aussi que les poissons, divers organismes inférieurs et les plantes, consomment une notable quantité des matières organiques de l'eau ; à la condition, toutefois, que la surabondance des choses putrides ne tue pas les poissons.
Les expériences de Cli. Lauth ont montré que l'agitation à l'air de l'eau d'égout de Paris empêche la putréfaction et favorise la combustion rapide des matières organiques en même temps que le développement des Infusoires, Paramécies, Euglènes, et des Algues. Celles de P. Bert et de Horvath tendaient à prouver que le mouvement entrave la multiplication des micro-organismes ; mais d'autres recherches (Hansen, Reincke, H. Buchner, G. Roser, Tumas) ont limité la portée de cette conclusion.
Letheby prétendait que l'eau d'égout, diluée dans 20 fois son volume d'eau pure, est tout à fait inoffensive après avoir cheminé l'espace de 4 à 5 kilomètres. La Commission de la pollution des rivières n'accepta point cette formule comme une règle, et Frankland montra que l'oxydation des matières d'égout dans les cours d'eau marche, au contraire, assez lentement pour qu'on ne puisse préciser d'avance à quelle distance elle sera complète. 11 y a, à cet égard, des différences imprévues entre les cours d'eau ; le Merrimack n'est pas plus impur, après avoir reçu les eaux et même les égouts des villes manufacturières de Lowel et de Lawrence, que le Blackstone-River à 20 milles en aval de Blackstone (R. Nichols, de Boston).
Les analyses oxymétriques de A. Gérardin, en 1880, tendent à prouver que, d'année en année, l'infection des fleuves persistant, leurs eaux perdent de plus en plus le pouvoir de s'assainir spontanément. En 1874-1875, le titre oxymétrique 8, que ce savant considère comme la limite de l'altération, était au barrage de Mézy, à 73 kilomètres du collecteur de Clichy; en 1880, elle est au barrage
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de Povl-Villez, à 123 kilomètres du même collecteur. La puissance d'assainissement a donc reculé de 10 kilomètres par an.
Le Rhin, à Bonn, selon Wachendorf, ne renferme pas plus de matières organiques (0,28 pour 100 000) à 180 mètres au-dessous de l'embouchure de l'égout (où il en a 11 pour 100000) qu'en amont de la ville.
11 ne convient probablement pas de donner une formule quelconque sur cette question. Je crois que l'abstention est le meilleur parti à prendre et qu'on ne saurait guère exagérer la protection des cours d'eau, en présence du dédain aussi profond que coupable des industries pour le bien-être d'aulrui et de l'agrandissement toujours croissant de la plupart des grandes villes. Une dilution suffisante aujourd'hui sera demain une saturation. Après tout, il est au moins difficile de considérer comme le condiment universel, auquel les plus pauvres ont droit, une eau qui renferme un cent-millième d'eau d'égout, encore que le docteur Emmerich ait pu, pendant quinze jours, fairg son régime d'une telle boisson. La Seine renferme, à certains jours, 1 pour 2000 de matières de vidange, selon Schlœsing et Bérard ; voilà, au moins, une situation qui ne peut pas durer.
Remarquons encore que jamais la dilution désirable ne s'opère au moment de la chute de l'égout dans la rivière, mais que le Ilot noir des eaux immondes est longtemps à se mêler à l'autre; qu'en se purifiant il ne dépose pas moins sur le fond une vase qui produit des atterrissements et qu'il faut draguer à grands frais ; que les bords sont soumis à ce même dépôt de vase et que, mis à nu par les basses eaux, celui-ci s'étale aux yeux et empeste l'atmosphère. C'était, et c'est encore à un haut degré, l'état de la Seine, quand on commença les irrigations de Gennevilliers, en 1869. La ville va probablement se décidera détourner du fleuve l'intégralité du produit de ses collecteurs; on ne saurait dire que les sacritices qu'elle va s'imposer soient au-dessus de l'urgence et de la gravité du fléau à faire disparaître.
Les lacs et étangs. Ces collections aqueuses sont dues à la portion des eaux de pluie qui n'a pu trouver son écoulement vers les fleuves ni s'infiltrer dans le sol ; mais des sources plus ou moins visibles et l'eau souterraine, de façon ou d'autre, alimentent aussi les étangs et les lacs ; parfois, un fleuve tout entier les traverse ou s'y termine. Ceux-ci ont les meilleures eaux ; elles peuvent même être excellentes quand le lac n'est, en quelque sorte, qu'un évasement du lit du fleuve, comme est pour le Rhône le lac de Genève, l'eau la plus pure de l'Europe (Tyndall, Lombard). Si, au contraire, le lac n'a pas de tributaire ni d'écoulement, la constitution de ses eaux dépend entièrement du régime des pluies et la collection aqueuse tourne aisément au marais.
En soi, cette eau n'a rien qui puisse empêcher de l'utiliser pour les usages domestiques et, en fait, Edimbourg prend son eau au loch Katrine, Berlin la moitié de la sienne au Tegelsoe ; Stuttgart met à contribution pKisieurs petits lacs; Chicago puise au lac Michigan, Boston au lac Cochituate. Mais le voisinage des groupes humains peut leur infliger les mêmes altérations qu'aux fleuves, avec une gravité en raison inverse de la masse liquide qu'ils contiennent. La participation de ces eaux aux oscillations de la température extérieure est dans le même sens ; une grande profondeur maintient le degré thermique dans des limites peu étendues. En été, l'eau est plus chaude à la surface que dans la profondeur.
Le lac de Gérardmer, dans les Vosges, qui est essentiellement constitué par