‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.31Chapitre 31 sur 67 · II. GARRIGOU · texte numérisé non relu

II. GARRIGOU

Bisulfure de sodium 0,01130

iMonosulfure de sodium 0,00280

Jlyposullite de soude 0,00035

Sulfhydrate de calcium 0,00330

Carbonate de soude 0,00650

Silicate de soude , . 0,09570

Phosphate de soude 0,0(070

Sulfate do soude 0,07657

— chaux 0,09975

— potasse 0,01303

lodure de sodium 0,00080

Chlorure de sodium 0,10997

— lithium 0,02750

Sulfates, chlorures et borates d'ammonium, ca;sium, rubidium, strontiane, baryum, magnésium, alumine, 'glyci-

nium, fer, manganèse, zinc, cobalt, nickel, cuivre,

plomb, bismuth, étain, antimoine, arsenic, etc., etc. . . 0,00666

Matière organique dialysable.. 0,01576

Matière organique non dialysable 0,04131

Total des hatièbes fixes , 0,51180

Gaz acide sulfhydrique libre 0,0019

Les sels sont calcule's à sec dans cette analyse, c'est-à-dire, sans eau d'hydratation, et M. Garrigou n'a pas compté l'oxygène revenant aux métaux qui sont probablement à l'état de sels oxygénés. Les observations que nous avons faites ■en traitant de la classification des eaux minérales et thermales nous font regretter que M. Garrigou ait omis de parler dans son analyse si détaillée de l'azote, de l'acide carbonique et de l'azotate que les eaux sulfurées de la Vieille Source doivent contenir.

2" Nouvelle source. Le bassin de captage de la Nouvelle Source, l'ecouvert d'une plaque de grès circulaire lutée, est exactement pareil à celui de la Vieille Source, Il occupe le centre de la même cour : de plus, un regard établi à 1 mètre du bassin de captage, fermé seulement par une pierre plate et mobile, permet de s'assurer que l'eau de la Nouvelle Source s'écoule par une rainure •de bois de 5 centimètres de profondeur, de 8 centimètres de largeur et de o mètres de longueur, jusqu'au point où elle arrive dans le réservoir cloisonné recevant aussi la partie de la Vieille Source qui s'emploie aux usages externes. L'eau de la Nouvelle Source, qui sert en bains généraux seulement, a les mêmes propriétés physiques et chimiques que celle de la Vieille Source ; seulement -elle est moins limpide, parce qu'elle tient en suspension de la barégine et de la sulfurairo, dont les fragments sont très-blancs à leur partie supérieure et colorés en noir assez foncé à leur partie inférieure. La température de la Source Nouvelle est de 'iS" centigrade. Elle ne renferme sur 1000 grammes que :

FIUIOL.

Sulfure de calcium 0,0018

la Vieille Source contenant :

FILIIOL.

Sulfure de calcium 0,0072

Ce qui explique pourquoi l'odeur et la saveur de la Nouvelle Source sont moins sensiblement hépatiques que l'odeur et le goût des eaux de toutes les autres sources des Eaux-Bonnes.

3" Source supérieure. L'eau de cette source nest qu'un accessoire pour i'alimentation des moyens balnéaires de la station des Eaux-Bonnes, et elle n'est employée que lorsqu'elle est arrivée à la chaudière, où sa température est élevée, pour réchauffer l'eau employée aux bains. Son enchambrement est au bout de la cour du bassin de la Vieille et de la Nouvelle Source, au milieu de l'aire bétonnée, sous laquelle se trouvent les griffons de ces deux sources. Sa niche cintrée existe à la base du rocher, au fond de laquelle est établie la banquette qui recouvre son bassin de captage, construit sur son point d'émergence. Le niveau de son eau esta 10 centimètres au-dessous de la plaque de grès circulaire et lutée qui la ferme. Un tuyau de plomb recourbé la met en communication avec l'air extérieur, pour favoriser l'écoulement de l'eau qui se rend par un autre tuyau de plomb dans la chaudièi-e où elle est artificiellement chauffée.

La température de l'eau de la Source Supérieure est de 30° centigrade. M. le professeur Filhol a trouvé que 1000 grammes contiennent :

Sulfure de calcium • 0,0069

4° Source du rocher. L'eau de cette source se mêle à celle de la source précédente et alimente, après avoir été surchauffée, les baignoires du grand établissement. Son gvitfon émerge d'une fente du rocher, au niveau du mur

qui sépare la cour de derrière la maison des bains de celle où se font la mise en bouteilles, le bouchage et le capsulage des eaux destinées à être transportées. Un escalier de deux marches de pierre descend à l'aire de cette source. La surface de son eau est à 1 mètre de hauteur. De la barégine et de la sulfuraire en filaments plus longs et moins gros qu'à toutes les autres sources des Eaux- Bonnes nagent dans l'eau du bassin de cette source, dont ils altèrent la limpidité et la transparence. Ils sont très-blancs à leur ])arlie supérieure et noirs à leur partie inférieure. La température de l'eau de la source du Rocher est de 28",1 centigrade. 1000 grammes de cette eau contiennent :

FILIlOl.

Sulfure de calcium 0,0069

^° Source froide. Le griffon de celte source est au sommet d'une rampe, à 100 mètres au sud-est du grand établissement. On passe pour s'y rendre devant le temple protestant; son eau est depuis quelques années assez souvent employée. Sa température est de 12%8 centigrade; 1000 grammes de cette eau renferment :

FILIIOI..

Sulfure de calcium 0,0065

Un chalet a élé construit au point d'émergence de la Source Froide; il sert à abriter les buveurs pendant les jours froids et pluvieux. L'eau de cette source, d'un débit abondant et d'une composition élémentaire analogue à celle des autres sources de la station, est amenée par des canaux dans l'intérieur d'une grande chaudière où elle est artificiellement chauffée, jusqu'à une température telle que, mêlée à l'eau de la Vieille source et à celle qui est contenue dans son bassin, elle marque 30°, 32", 34" et même 36" centigrade, suivant les diverses indications que le médecin veut obtenir au moyen de bains frais, chauds ou très-chauds.

Source d'Ortech. Son griffon est à 50 mètres en avant du pont d'Aas, dans l'intérieur du village, derrière le grand établissement que la montagne de la Serre empêche de voir de ce côté. Il faut faire un détour de plus de 300 mètres pour arriver à la maison des bains d'Ortech, à peine distante, en ligne directe, de 100 ou 110 mètres de l'ancien établissement. La source d'Ortech émerge, parcinq points distincts, directement du marbre. Le principal filet sort par une ouverture de 15 centimètres de longueur et de 5 centimètres de largeur. Son eau est claire et limpide, elle entraîne cependant quelques fragments de barégine, et du soufre très-finement divisé se précipite et adhère fortement aux parois du rocher dans les points où son eau le baigne. L'eau de la source d'Ortech est alcaline, comme l'eau de toutes les sources des Eaux- Bonnes. Sa température est de 23», 1 centigrade et 1000 grammes de cette eau renferment :

FILUOL.

Sulfure de calcium 0,0U'/3

L'eau de la source d'Ortech est employée en boisson. Elle alimente l'établissement auquel elle a donné son nom et que nous décrirons bientôt.

Établissemelnts. 1° Ancien ou grand établissement. Il se compose d'une buvette, de 22 cabinets de bains, 12 anciens et 10 nouveaux, d'une salle pour les gargarismes, d'une salle pour les douches gutturales, et de deux salles pour les bains de pieds.

La buvette occupe la partie la plus importante et la plus fréquentée du grand établissement, elle se trouve en face de la porte principale et au fond d'un vestibule supporté par quatre colonnes carrées, sur deux rangs, séparées par des arceaux en plein cintre. Un robinet de platine est scellé à un écusson de marbre blanc, surmonté d'une tablette et d'une niche. Le robinet bifide de la Vieille source des Eaux-Bonnes verse l'eau dans une vasque de marbre blanc veiné de bleu qui repose sur le sol.

Les deux employés préposés à la buvette du grand établissement se tiennent dans un prétoire cintré derrière une tablette sur laquelle ils déposent les verres pleins des buveurs qui restent dans le vestibule. Le prétoire est éclairé par une fenêtre derrière laquelle la Vieille source a son point d'émergence. Deux armoires ont été établies de chaque côté du prétoire; elles renferment les sirops avec lesquels on a l'habitude d'édulcorer l'eau de cette station.

Une autre buvette existe sur la paroi droite du mur du vestibule, à 5 mètres de celle que nous venons d'indiquer. Elle donne de l'eau douce ordinaire, servant à ceux qui veulent se laver la bouche après qu'ils ont bu l'eau de la source Vieille. L'eau de cette dernière source, arrivée à la buvette, est claire, limpide, transparente et tiède à la bouche; son odeur est hépatique; son goût sulfureux n'est cependant pas très-désagréable. Sa réaction est légèrement alcaline, sa température n'est plus que de 50", 8 centigrade.

Les cabinets de bains du grand établissement sont au nombre de vingt-deux. Leurs baignoires reçoivent les eaux des sources Vieille, Nouvelle, Supérieure, du Rocher et enfin de la source Froide préalablement chauffée. Il n'y a qu'une baignoire simple dans chaque salle; au-dessus de ses bords sont deux robinets à clef, en saillie au-dessus des dalles de marbre des cabinets. Deux salles de bains sont précédées d'un vestiaire et ont un appareil de douches descendantes. Un autre cabinet est réservé pour les douches qui se prennent dans une baignoire de marbre gris, surmontée d'une colonne de marbre à plaque où est fixé, à 1 mètre de hauteur, un tuyau de caoutchouc terminé par un ajutage de cuivre à robinet. C'est dans la cloison du fond du vestiaire qui précède ce cabinet, dont il n'est séparé que par une porte de bois vitrée, qu'a été installé l'appareil à deux robinets de cuivre destiné à l'administration des douches locales.

Une salle est destinée aux gargarismes, dont l'eau est exclusivement fournie par le bassin de la Vieille source.

Une autre pièce est consacrée aux douches gutturales ; vingt appareils de douches locales et pulvérisées servent spécialement au traitement des affections des voies digestives et respiratoires supérieures.

Un bâtiment nouveau a été construit comme annexe au grand établissement des Eaux-Bonnes. Ce bâtiment est divisé en deux parties égales par un corridor au milieu duquel ont été pratiquées deux portes vitrées qui conduisent, l'une à gauche et l'autre à droite, à deux grandes salles carrées, éclairées au nord et à l'est par six fenêtres, et destinées à chacun des deux sexes. Dix-neuf cloisons de planches de chêne constituent autant de boxes fermés. C'est au fond de chacune de ces divisions qu'est placé le banc de bois sur lequel s'asseoient les malades qui doivent prendre les bains de pieds dans un bassin mobile.

2'^ Établissement d'Ortech. Cette maison de bains se compose d'une buvette, de huit cabinets de bains et d'un cabinet de douches. La source d'Ortech alimente seule la buvette et les cabinets de bains et de douches, qui sont précédés de vestiaires, grands^ bien éclairés et bien ventilés. L'eau arrive dans chaque

baignoire par deux ouvertures, l'une donnant passage à l'eau sulfureuse chauffée,, et l'autre à l'eau minérale à sa température originelle. A chacun des robinets peuvent s'adapter des tuyaux qui permettent de donner, pendant les bains, des douches vaginales à eau courante. Le cabinet réservé à la douche est alimenté par un double tuyau, contenant l'eau à la température de la source et Teau préalablement chauffée, de façon que le malade peut y prendre des douches aussi chaudes qu'il le veut, des douches tempérées, ou même presque froides.

Mode d'administration et doses. L'eau des sources des Eaux-Bonnes s'administrent en boisson, en bains, en douches, en gargarismes, en douches gutturales, et en bains de pieds. Ce que nous allons dire de l'eau en boisson s'applique principalement à l'eau de la source Vieille, qui a établi presque à elle seule la grande réputation de cette station thermale, car l'eau de la source d'Ortech, ;i l'intérieur, n'a été appliquée que dans ces derniers temps, et n'est qu'un moyen thérapeutique accidentel à la station des Eaux-Bonnes.

L'eau de la Vieille source des Eaux-Bonnes se prescrit ordinairement à trèsfaible dose, d'abord une ou deux cuillerées à soupe, par exemple, et les malades en augmentent progressivement la quantité, mais ils doivent dépasser rarement trois, ou au plus quatre verres, pris le matin à jeun et de quart d'heure en quart d'iieure, ou de demi-heure en demi-heure, suivant les indications que Ir médecin seul peut saisir. Quelques buveurs prennent et supjiortent très-bien les eaux des Eaux-Bonnes pures, mais beaucoup les coupent de lait ou d'infusions béchiques, et les édulcorent de sirops de gomme, d'althœa, d'érysimum ou de tolu. L'odeur et la saveur de l'eau des Eaux-Bonnes, quoique sensiblement sulfureuses, ne répugnent presque à aucun des malades ; le plus grand nombre la digère facilement; il y a des buveurs cependant qui se plaignent de pesanteurs ou de douleurs épigastriques, d'éructations nidoreuses, de nausées. C'est l'indice que ces eaux ont été prescrites en trop grande quantité, qu'il faut en diminuer la dose, en cesser l'usage pendant quelques jours, ou même le supprimer complètement. Il faut faire assurément ici, comme à presque toutes les stations sulfurées et sulfureuses, une grande part à l'idiosyncrasie des malades, et s'attendre à ce que les individualités renversent assez souvent des règles qu'on ne peut tracer que d'une manière générale.

La durée des bains généraux, au grand établissement et à l'établissement d'Ortech aux Eaux-Bonnes, varie entre un quart et trois quarts d'heure. Les douches s'administrent sur tout le corps pendant dix ou vingt minutes. Les gargarismes sont plus ou moins répétés suivant les maladies contre lesquelles ils sont employés. Le temps des douches gutturales ne peut être très-exactement fixé non plus, il est de dix à vingt minutes habituellement. La durée des bains de pieds est de dix minutes à un quart d'heure, à moins d'indications spéciales.

Emploi théravectique. Tout ce que nous allons dire en commençant se rapporte exclusivement à l'eau du bassin de la Vieille source de Bonnes à l'intérieur et à l'extérieur. Nous dirons en finissant la différence d'action des eaux delà source d'Ortech en bains généraux, et l'utilité que les médecins en retirent dans certains cas particuliers.

Les eaux des sources de la Raillère et de Mauhourat de Cauterets {voy. ce mot) sont celles de la chaîne pyrénéenne, qui sont le plus aisément supportées par les personnes pléthoriques dont le médecin doit se garder d'augmenter la circulation sanguine. Elles suractivent aussi, moins souvent que beaucoup d'autres, le système nerveux. L'eau de la Vieille source des Eaux-Bonnes est dans des

conditions tout à fait opposées, et il faut la prescrire avec une grande réserve et une extrême prudence aux buveurs prédisposés aux congestions et aux hémorrhagies cérébrales et pulmonaires, ou à une stimulation exagérée de l'innervation. Sous l'influence de l'usage intérieur des Eaux-Bonnes, les fonctions digestives se réveillent, l'appétit revient ou est augmenté, et l'assimilation se fait mieux. Quelques personnes éprouvent de la diarrhée dans les premiers jours; d'autres, au contraire, sont constipées; d'autres enfin n'éprouvent aucun trouble de ce côté, et les fonctions de l'intestin sont à peine modifiées. Les vertus diurétiques sont très-manifestes dès que l'on boit à une certaine dose, deux verres, par exemple, de l'eau des sources des Eaux-Bonnes. Elle stimule sensiblement l'innervation et augmente la transpiration. Lorsqu'elle produit la saturation minérale, ce qui est assez rare d'ailleurs, les malades doivent en cesser l'usage, afin d'éviter un embarras gastrique fébrile, une insonmie, une agitation nocturne, des picotements et des démangeaisons à la peau qui sont quelquefois suivis de poussée.

L'action physiologico-pathologique des Eaux-Bonnes sur les membranes muqueuses, est très-importante et doit èlre étudiée avec un grand soin. Nous avons indiqué déjà leur action physiologique sur la muqueuse stomacale et intestinale; il nous reste à dire quelques mots de l'emploi de l'eau de la Vieille source, en boisson et en gargai'ismes, dans les pharyngites et les amygdalites chroniques et granuleuses, souvent liées, ainsi que le professeur Chomel se plaisait à le répéter dans ses excellentes leçons cliniques, h une manifestation herpétique ayant disparu sur la peau pour se porter sur une membrane muqueuse. C'est sur les alfections de ce genre que M. le docteur Noël Guéneau de Mussy a appelé l'attention dans un travail remarquable. L'emploi de l'eau des Eaux-Bonnes diminue peu à peu la difficulté de la déglutition, la sensation de gêne et quelquefois de douleur que les malades éprouvent dans l'arrière-gorge, la rougeur granuleuse et l'aspect variqueux de la membrane qui tapisse la luette, les amygdales et surtout le pharynx, et les sécrétions filantes, purulentes ou sanguines, qui rendent l'expectoration difficile et laborieuse, occasionnant presque toujours des nausées et même des vomissements. Les buveurs affectés de maladies dont la toux et l'expectoration sont les symptômes principaux, sont assez nombreux à la buvette de la Vieille source pour que les phénomènes qu'ils éprouvent aient été parfaitement observés. La toux augmente pendant les premiers jours, et les crachats, de jaunes, d'opaques et de peu aérés qu'ils étaient, deviennent verdâtres d'abord, se transforment peu à peu en mucus, diminuent progressivement, et cessent quelquefois entièrement. L'auscultation fait constater alors que les râles muqueux ont une intensité moindre et disparaissent avec les crachats. Le murmure vésiculaire s'entend comme à l'état normal, et son obscurité ou son absence, constatées dans tout un côté ou dans un point limité de la poitrine, ne tardent pas à être remplacées par une ampliation pulmonaire parfaitement régulière qui a repris sa douceur et sa souplesse. Ces eaux en boisson ont aussi une action physiologico-pathologique marquée sur les produits anormaux qui tapissent les voies génito-ur inaires, dont elles tarissent les sécrétions pathologiques, du domaine exclusif, assez souvent, des eaux sulfurées et sulfureuses. Aucunes cependant ne sont aussi actives dans ces circonstances que celles de la Preste {voy. ce mot). L'eau des Eaux-Bonnes, beaucoup plus abondante aujourd'hui et beaucoup mieux appropriée à une cure externe, ne peut satisfaire pourtant au traitement de tous les états morbides qui nécessitent

un traitement externe. Les eaux de celte station ont cependant commencé leur réputation par leurs succès extérieurs, et c'est elles qu'on désignait sous le nom d'eaux (Varrpiebusade, parce qu'elles étaient souveraines, en topiques, en bains et en douches, dans les accidents résultant de plaies ou de blessures; elles faisaient concurrence alors aux eaux de la station de Baréges. Il est aujoud'hui difficile de tracer les effets physiologiques des bains et des douches administrés avec l'eau des Eaux-Bonnes, le traitement externe étant trop rarement suivi ; mais il est permis assurément de dire que leur emploi diffère peu, lorsque leur eau est artificiellement chauffée, de celui des bains et des douches des sources de Vernct, d'Amélie, de Bagnères-dc-Luchon, de Gauterets, de Baréges et des sources du Rey ou du Clôt des Eaux-Chaudes {voy. ces mots). Il faut remarquer cependant que le degré de sulfuration de la source Nouvelle des Eaux Bonnes, qui alimente à peu près exclusivement les baignoires, l'appareil de douches descendantes et le système de douches locales, est très peu élevé ; il est infiniment probable que l'action de son eau est beaucoup moins stimulante que la plupart de celle des sources dont nous venons de parler. Nous nous expliquerons d'ailleurs plus complètement dans le parallèle que nous ferons, en comparant l'eau de la Vieille source des Eaux-Bonnes avec l'eau de la source d'Ortech, par exemple.

L'eau des Eaux-Bonnes n'étant plus employée à l'extérieur que sur une petite échelle, nous ne pouvons renseigner sur leur vertu thérapeutique contre les affections de la peau, les accidents consécutifs à un grand traumatisme, les plaies et les ulcères, etc. Bordeu dit dans ses Œuvres complètes que l'eau des Eaux-Bonnes et les eaux de Baréges en lotions, en bains, en douches et en boisson, ont de tout temps été regairdées comme spécifiques pour la guérison des maladies cutanées, des plaies et des ulcères invétérés ou récents, quand ces états morbides ne sont pas entretenus par une cause niterne indestructible ; elles favorisent l'expulsion des corps cachés dans les chairs, et elles guérissent souvent certaines affections du tissu osseux. L'action physiologique des Eaux- Bonnes sur l'estomac et les intestins, dont elles réveillent les fonctions assoupies, a tout naturellement conduit ù les conseiller dans les dyspepsies, surtout lorsque les troubles fonctionnels se sont montrés à la suite de la disparition d'une manifestation cutanée, que l'eau de la Vieille source a la vertu, comme presque toutes les sources sulfureuses d'ailleurs, de guérir ou de rappeler, en rendant à l'estomac et à l'intestin leurs facultés digestives. Il en est de même dans les angines glanduleuses affectant la luette, les amygdales ou la partie supérieure du pharynx, et nous avons suffisamment insisté sur leurs bons résultats contre ces états morbides pour n'avoir pas besoin de nous y arrêter davantage.

C'est ici le lieu d'appeler l'attention, avec M. le docteur Leudet, médecin aux Eaux-Bonnes, sur la différence de l'action physiologique des eaux de la Vieille source et de la source d'Ortech employées en boisson, mais surtout en bains généraux et en douches. Sous l'influence de l'eau des sources qui alimentent le grand établissement, l'organisme est très-promptement et très-vivement surexcité ; les malades deviennent nerveux et irritables, leur pouls s'accélère et leur sommeil est troublé par une agitation comme fébrile, qui s'accompagne d'une sensation de chaleur sèche et incommode à supporter. Il y a, en même temps, comme une suractivité de toutes les fonctions; les sécrétions naturelles ou morbides sont augmentées, et certains flux anciens réapparaissent. Avec l'eau

EAUX-BONNES. î>&:i

de la source d'Ortech, ce ne sont plus les mêmes phénomènes, ce sont presque des effets opposés. Après les bains d'Ortech, par exemple, aucune excitation n'est produite; le sommeil est intact, l'équilibre parfait de toutes les fonctions n'est aucunement modifié, le système nerveux est plutôt calmé, la circulation sanguine est moins active, et une sensation marquée d'un grand bien-être est habituelle. On comprend, dès l'abord, combien, depuis que la maison des bains d'Ortech est ouverte, les médecins qui pratiquent aux Eaux-Bonnes ont pu étendre et modifier les indications thérapeutiques de sources inconnues, il y a quelques années encore, et dont l'administration est si utile dans certains états pathologiques que nous cnumérerons en quelques mots.

L'eau de la Vieille source est utile assurément dans les catarrhes des voies urinaires et génitales, mais elle n'a rien qui lui soit spécial et qui ne rentre dans les indications générales des eaux sulfurées et sulfureuses. Son action stimulante, tonique et reconstituante, qui leiid difficile et quelquefois dangereux l'usage de cette eau, est précieuse au contraire toutes les fois qu'il est indiqué d'activer la circulation lymphatique ou sanguine, et d'exciter les fonctions du système nerveux des sujets scrofuleux torpides, des anémiques, quelle que soit la cause qui ait déterminé leur faiblesse et la diminution des globules rouges de leur sang, de ceux qui éprouvent les accidents produits par une syphilis larvée qu'il faut découvrir en appelant sur l'enveloppe extérieure ou sur les membranes muqueuses accessibles à la vue les traces certaines de son existence. L'action physiologico-pathologique de la Vieille source des Eaux-Bonnes est franchement excitante, tandis que celle de la source d'Ortech est hyposthénisante et convient aux sujets nerveux et irritables. Ainsi les jeunes filles et les jeunes femmes mal réglées et languissantes, qui n'ont pas encore de tubercules, mais qui sont sur le point d'en avoir, se trou veut bien des eaux de la source d'Ortech employées surtout en bains. Cette eau les tonifie sans les exciter; elles en ressentent une stimulation salutaire, lente et douce, nécessaire pour redonner à leur organisme la force et l'équilibre qui lui manquent, et cela sans secousses violentes et sans crises perturbatrices. M. le docteur Leudet ajoute qu'il ne craint même pas de conseiller les bains d'Ortech à certains tuberculeux, dont les lésions pulmonaires graves et inflammatoires sont enrayées depuis un certain temps, et chez lesquels on ne peut plus redouter les poussées si fréquentes et si dangereuses qui accompagnent le plus souvent le début de la phthisie.

Nous avons cru indispensable d'entrer dans les détails qui précèdent avant d'aborder la partie capitale de cet article, l'étude des effets thérapeutiques de l'eau des Eaux-Bonnes contre les affections des organes respiratoires. Ces eaux ont donné, depuis les premiers temps de leur emploi, des résultats remarquables dans les intlammations chroniques du larynx et des bronches. Tous les médecins qui les ont appliquées contre les catarrhes laryngés et bronchiques simples, sont unanimes pour reconnaître leurs vertus incontestables. François Bordeu dit {Précis d'observations, p. 94 et 95) : « Ces eaux sont regardées comme le meilleur remède possible contre les maladies de poitrine. Les eaux de Cauterets vont de pair avec celles des Eaux-Bonnes : celles-ci paraissent mieux convenir dans le marasme, lorsque le sang est sec et échauffé et lorsque l'irritation domine ; mais, lorsque l'estomac a perdu son ressort, on donne la préférence à celles de Cauterets. Quant aux eaux de Baréges, elles passent, depuis Fajon, comme spécifiques dans l'asthme ». L'eau des Eaux-Bonnes était employée par F. Bordeu comme le meilleur de tous les béchiques; il la prescrivait à l'inté-

t86 EAUX-BONNES.

rieur à doses éleve'es, et il aimait à répéter qu'elle était adoucissante comme une infusion de fleurs de mauve. Nous venons de montrer que les médecins actuels sont loin de reconnaître à ces eaux, à celles de la Vieille source surtout, ces vertus émollientes. Le docteur Darralde, qui a pratiqué avec un grand éclat àcepostethermo-sulfuré, lequel lui doit une grande partie de sa réputation, dit que ces eaux ont une énergie manifeste dans les affections des voies aériennes, mais il faut les administrer avec une grande réserve en surveillant très-attentivement leurs effets chez les malades sujets à des congestions pulmonaires, à des hémoptysies que ces eaux rappellent, lorsqu'elles ont été employées même aux doses les plus réfractées. Ce praticien a constamment remarqué de plus que l'eau des Eaux-Bonnes a une action stimulante, sauf les remarques que nous avons faites en ce qui concerne la source d'Ortech non découverte de son temps, sur les personnes nerveuses, très-irritables, éréthiques, ce qui rend son emploi difficile et souvent dangereux. « L'eau des Eaux-Bonnes, peut-être à cause de sa composition chimique exceptionnelle, dit M. le professeur Filhol, a des vertus curatives particulières sur les affections des organes de la respiration, et persenne ne conteste leur action spéciale dans ces sortes de cas : mais comment ces eaux agissent-elles ? Où commence et surtout où finit leur indication ? 11 n'est possible de répondre à la première question avec aucune eau minérale, avec aucun agent de la matière médicale. Nous nous serions dispensé de l'énoncer, si nous ne voulions appeler l'attention sur les éléments minéralisateurs de l'eau des Eaux-Bonnes et faire remarquer que le sulfure calcique remplace le sulfure sodique qui se trouve dans les eaux de la chaîne des Pyrénées et constitue le caractère essentiel de ce groupe ». Un fait remarquable que nous ne pouvons omettre, en attendant que nous y insistions davantage dans l'article consacré aux eaux minérales en général où l'action thérapeutique des diverses classes d'eaux sera successivement étudiée, c'est que l'expérience a partout démontré que les eaux sulfurées à base calcique sont particulièrement efficaces dans les maladies des voies respiratoires, et que ce sont surtout les eaux de cette classe qui, dans tous les pays, ont semblé donner les résultats les plus satisfaisants contre les phthisies laryngées et pulmonaires. La réponse à la seconde question : M où commence el surtout où finit leur indication », est loin d'être simple. La vieille source des Eaux-Bonnes en boisson, en bains généraux et partiels, en douches gutturales et en gargarismes, donne incontestablement les résultats les plus favorables dans les catarrhes chroniques non compliqués des voies aériennes les asthmes humides, lorsque ces états morbides ne se présentent pas chez les sujets sanguins ou nerveux à l'excès, lorsqu'ils s'observent au contraire chez des personnes débilitées, lymphatiques ou scrofuleuses ; mais, lorsqu'il est parfaitement reconnu que ces catarrhes coïncident avec la présence de tubercules siégeant dans le larynx ou dans les poumons, ou sont la conséquence de ce produit hétéromorphe, l'eau de la vieille source des Eaux-Bonnes est-elle encore recommandable? Oui certainement. Les médecins de ce poste thermal, et à leur tête M. le docteur Pidoux, médecin inspecteur des Eaux-Bonnes, assurent à l'unanimité que les malades, dans ces conditions, constatent tous les ans l'efficacité de ces eaux dans les bronchites et les laryngites chroniques avec la toux et l'expectoration fatigantes qui accompagnent presque toujours le second degré de la phthisie pulmonaire. La complication catarrliale de la tuberculose du poumon retire donc d'excellents résultats d'une cure aux buvettes des Eaux- Bonnes : en est-il de même de l'existence du tubercule, quel que soit son degré

d'évolution, quelle que soit aussi la constitution des poitrinaires? F. Bordeu a^ le premier signalé la tendance qu'a l'eau des Eaux-Bonnes à aggraver les accidents de la phthisie arrivée au troisième degré, et à faire marcher plus vite la maladie vers une issue funeste. L'expérience de Darralde et de tous les médecins qui exercent actuellement à ce poste thermal a pleinement confirmé dans l'immense majorité des cas la justesse de l'observation de F. Bordeu. Nous disons dans l'immense majorité des cas, car il arrive quelquefois, et chez les privilégiés, que la cicatrisation de cavernes parfaitement constatées finit par suivre plusieurs cures aux Eaux-Bonnes, lorsque les malades ont pu surtout aller hiverner dans un point géographique où ils peuvent éviter les transitions brusques de la température. La phthisie à la deuxième période est heureusement modifiée dans sa complication catarrhale, que les eaux de la Vieille source finissent par faire disparaître : faut-il aller plus loin et soutenir avec plusieurs médecins que l'eau de cette source a une puissance d'action non-seulement sur le tissu pulmonaire pérituberculeux, mais sur l'élément tubercule lui-même, à son premier ou à son second degré d'évolution? Nous ne pouvons croire à cette vertu, pas plus^ d'ailleurs que presque tous les confrères qui pratiquent depuis longtemps aux Eaux-Bonnes. Cependant il n'y a absolument rien d'exagéré dans l'opinion du savant inspecteur M. Pidoux, qui dit : a L'eau minérale d'Eaux-Bonnes montre contre la phthisie pulmonaire une puissance à Liquelle les médicaments de nos officines n'ont rien de comparable. L'Europe thermale, ne craignons pas de le dire, n'a rien à mettre à côté d'elle dans ce genre.... Cette maladie, même au troisième degré, peut être guérie par nos sulfureuses, à la seule condition que l'économie entière n'ait pas été entraînée dans le tourbillon de la dégénérescence tuberculeuse. Que le précieux médicament puisse s'appuyer sur une certaine somme d'éléments encore saufs, et vous verrez, sous son heureuse influence, les lésions déjà accomplies s'immobiliser et rétrograder ». Concluons enfin, avec M. le docteur Marcellin Cazaux, que l'eau des Eaux-Bonnes, n'agit point sur le tubercule en le supprimant comme la quinine supprime la fièvre, mais elle est un remède puissant, énergique, spécifique même, contre le cortège des processus morbides produits par le tubercule.

Les propriétés stimulantes, toniques, reconstituantes et révulsives, de l'eau des Eaux-Bonnes, conduisent tout naturellement khurs contre-indications. Ainsi les personnes pléthoriques, quelle que soit leur maladie, doivent être éloignées de ces thermes qui tavorisent les congestions, les hémorrhagies, les inflammations même des oi'ganes respiratoires, du tissu pulmonaire principalement, sur lequel ces eaux semblent avoir une influence élective. M. l'inspecteur Pidoux craint moins que tous ses confrères les hémoptysies occasionnées par la cure sulfurée des Eaux-Bonnes. « Le pronostic des hémoptysies eaux-bonnaises, dit-il, n'a pas de gravité. Il suffit, pour l'apaiser, de suspendre le traitement pendant quelques jours, d'administrer des béchiques, le lait d'ânesse, etc. Il arrive même souvent que, quand elle est arrêtée, le malade peut tolérer, sans nouveau crachement de sang, des doses d'eau minérale qui n'eussent pas été innocentes auparavant.... Certains phthisiques sont soulagés, amendés même après une hémoptysie.... Parmi les beaux résultats que j'ai obtenus des Eaux- Bonnes dans la phthisie, je compte un certain nombre de cas où les malades avaient éprouvé des hémoptysies abondantes pendant la cure thermale ou peu de temps après. » Nous avons tenu à exposer mot à mot les raisons données par un praticien aussi distingué que M. Pidoux pour que les médecins éloignés

b88 EAUX-BONNES

sachent bien que le raptus sanguin que détermine la cure sulfure'e n'est pas un symptôme alarmant; il est favorable même dans certains cas de tuberculose pulmonaire, suivant le savant et ingénieux confrère que nous venons de citer. Il n'en est pas de même pour les phthisiques dont les poussées tuberculeuses, accompagnées de congestions du tissu pulmonaire ambiant, activent singulièrement la maladie : tout le monde est d'accord pour reconnaître alors les incouvénients d'une cure thermale aux Eaux-Bonnes. On devra, nous l'avons vu, éloigner de cette station thermale aussi toutes les personnes irritables et nerveuses à l'excès dont certaines ne peuvent supporter l'eau des Eaux-Bonnes aux doses les plus fractionnées. Ces eaux sont contre-indiquées enfin chez les phthisiques qui ont aisément des pneumonies ou des pleurésies pérituberculeuses, chez ceux qui ont des maladies du cœur ou des gros vaisseaux sanguins.

La durée de la cure ne peut être indiquée que d'une manière générale aux Eaux-Bonnes, comme à beaucoup d'autres stations, car il est des malades qui supportent une dose si minime d'eau, chez lesquels il faut si souvent interrompre le traitement thermal, que rien de précis ne peut être avancé. Cependant la durée de la cure varie entre quinze et vingt-cinq jours le plus ordinairement ; elle dépasse rarement quarante-cinq jours dans les cas exceptionnels.

On exporte l'eau de la Vieille source des Eaux-Bonnes dans toutes les parties du monde. A. Rotlreac.

Bibliographie. — Bokdeu (Théophile). Lettres contenant les essais sur l'histoire des eaux minérales de Béarn,et.c. Amsterdam, 1746, in-12; Eaux-Bonnes, in 8», 9% 10'. ii" et 12'= lettres. — Du mêmr. Aquilenienses minérales aquœ, et Traite' des maladies chroniques.

— BoRtiEu (père). Dissertation sur les eaux minérales de Déarn. J'aris, 1750, in-12.

— l.ABArG. Parallèle des Eaux-Bonnes, des eaux chaudes de Cauterets, et de celles de Baréges. Amsterdam, 1750, in-12. — Podmier. Analyse et propriétés médicales des eaux des Pyrénées (Eaux-Bonnes), 1815, in-8°. — Andrieu. Essai sur les Eaux-Bonnes. Agen, 1847 et 1848, deux brochures. — James (Constantin). Guide aux eaux minérales. Paris, 1857. Opinion de Darralde sur les Eaux-Bonnes. — GuÉNEAn de Mdssy (Noël). Traité de l'angine glanduleuse et observations sur l'action des Eaux-Bonnes dans cette affection, précédées de considérations sur les diathèses. Paris, 1857, in-S". — Cazenave (Edouard). Pœcherclies cliniques sur les Enux-Bonnes. Rapport du D"' de Puisaye sur la brochure précédente, in Annal, de la Soc. d'iiydrol. médic. de Paris, t. I, p. 84-87, 1854-1855. — Dd même. De l'action des Eaux-Bonnes dans le traitement de la phthisie pulmonaire. Happort sur ce travail par M. Henri Bourdon, in Annal, de la Soc. d'hydrol. médic. de Paris, t. VI, p. 460-469, 1859-1860. — Du même. Dix-sept années de pratique aux Eaux-Bmnes. Paris, 1867, in-8°. — De Pietra Santa (Prosper). Les Eaux-Bonnes {Basses-Pyrénées), la pulvérisation, état de la question. Paris, 1861, in-8°. — Du même. Les Eaux-Bonnes (Basses-Pyrénées), voyage, topographie, climatologie, hygiène, valeur thérapeutique des eaux, promenades, renseignements. Paris, 1862, in-12. — Du même. Les Eaux-Bonne.^ (Basses-Pyrénées), lettre quatrième, effets physiologiques et thérapeutiques. Paris, 1863, in-S". — Delvaz (S.). De l'action des Eaux- Bonnes dans le traitement des affections de la gorge et de la poitrine. Paris, 1865, in-8°. — Leudet (L.). Les bains des Eaux-Bonnes, physiologie et thérapeutique thermales. In Union médicale, avril et mai 1866, brochure in-8". — De même. Des effets immédiats et éloignés des Eaux-Bonnes dans le traitement de la phthisie pulmonaire. Paris, 1868, in-12. — Du même. De la fièvre des phthisiques. Est-elle une contre-indication absolue de l'usage des Eaux-Bonnes? Rapport de M. Tillot sur ce travail, in Annal, de la Soc. d'hydrol. médic. de Paris, t. XV, p. 372-580, 1868-1869. — Du même. Note sur les sources et les établissements thermaux d'Eaux- Bonnes. In Annal, de la Soc. d'hydrol. méd. de Paris, t. XX, 1874-1875. — Le Roy (Raoul). Quelques observations sur les Eaux-Bonnes. Paris, 1874, in-8''. — Cazaux (Marcellin'i. Lettj-es médicales sur les Eaux-Bonnes. Paris, 1875, in-S". — PiDOUx. Principes de thérapeutique thermale, etc. Paris, 1862. — Du même. Fragments sur la pneumonie, l'hémoptysie et la fièvre des phthisiques, considérées en ellesmêmes et dans leurs raj)ports avec les Eaux-Bonnes. Paris, 1867. — Du même. Aperçu sut les cures préventives des maladies de poitrine par les eaux minérales d'Eaux-Bonnes, 1877. — Du MÊME. Jjes Eaux-Bonnes comparées dans le traitement de la phthisie primitive-

EAUX-CIIAUDES. 589

ment locale et de la phlhisie primitivement générale, parallèle avec les eaux minérales arséniquées. Quimper, 1879. A. R.

EAL'X-CHAUDES (Eaux MiiNÉRALES DEs). Hyperthemiales ou mésothermales ou hypothermales ou athermales, sulfurées sadiques faibles, azotées. Dans le département des Rasses-Pyrénees, dans l'arrondissement d'Oloron, dans le canton de Laruns, à 680 mètres au-dessus du niveau de la mer, est une commune de 106 habitants. La vallée d'Ossau, à l'extrémité méridionale de laquelle se trouve le village, est ouverte du nord au midi et arrosée par un gave dont le cours bruyant se fait entendre des maisons et de rétablissement thermal qui s'élèvent sur ses rives. Cette station, entourée à l'est et à l'ouest par d'assez hautes montagnes, occupe dans une gorge sinueuse un point rapproché de sommets escarpés. Ceux du Ger et du Midi dominent tous les autres et leurs cimes, toujours couvertes de glace et de neige, s'aperçoivent au loin quand elles ne sont pas entourées de nuages et de brouillards. Le paysage est sévère, triste même ; les montagnes plantées de hêtres et de sapins sont hérissées de rochers de granit et de marbre qui ne laissent que çà et là place à la végétation ou (jui s'élèvent nus et abrupts de leur base à leur sommet (chemins de Ter de Bordeaux, Dax et Pau ; des voitures particulières et publiques conduisent en cinq heures de Pau aux Eaux-Chaudes, et laissent à gaucho la route des Eaux-Bonnes qui ne sont éloignées des Eaux-Chaudes que de 7 kilomètres).

L'établissement thermal des Eaux-Chaudes, situé à droite de la route départementale de Pau à Gabas, si habilement creusée dans le rocher, tantôt sur la rive droite et tantôt sur la rive gauche du gave, semble à l'abri de tous les vents par une enceinte de montagnes et de rochers. Cependant la température varie dans toute cette vallée suivant les heures de la journée, et les malades ont à éviter soir et matin la fraîcheur et l'humidité, formant contraste avec la chaleur qni se fait sentir vers le milieu du jour. Le vent du nord qui domine dans cette contrée souffle avec le plus de force vers neuf heures du matin; il s'apaise insensiblement, et vers trois heures du soir le calme se rétablit. La température des trois mois de la saison thermale, qui commence le 15 juin et finit le 15 septembre, donne pour le mois de juin une moyenne journalière, entre neuf heures du matin et cinq heures du soir, de 22°, 8 centigrade, la température minima est de 15 degrés centigrade et la température maxima de 29 degrés centigrade. En juillet et pendant les mêmes heures de la journée, la moyenne est de 19 degrés centigrade, la température minima étant de 15 degrés centigrade et la température maxima de 24 degrés centigrade. En août, la moyenne est de 21 degrés centigrade avec une température minima de 17 degrés centigrade, et une température maxima de 28 degrés centigrade. Les excursions qu'on peut faire aux environs sont très-intéressantes et très-variées. L'ascension aux glaciers et la visite aux torches de la grotte des Eaux-Chaudes, que traverse le gave à une petite distance du village, offrent certainement un des spectacles les plus curieux du pays basque. Plusieurs baigneurs visitent aussi la magnifique vallée de Gabas en se rendant aux frontièi'es d'Espagne, à Sallente et à l'établissement thermal de Panticosa, situé dans un point si curieux du versant espagnol des Pyrénées. Nous avons dit que les Eaux-Bonnes sont voisines des Eaux-Chaudes; une voiture publique fait plusieurs fois par jour le trajet entre ces deux stations minérales, par une route pittoresque et accidentée, qu'aiment à parcourir les hôtes des Eaux-Bonnes, auxquels on a prescrit un traitement

590 EALX-CHAUDES.

externe aux Eaux-Chaudes où l'eau thermale ne fait jamais défaut. L'établissement et les sources qui l'alimentent appartiennent à la commune de Laruns qui les exploite en régie.

Les sources des Eaux-Chaudes sont au nombre de six : la Source du Rey, la source du Clôt, la source de VEsquirette, la source Baudot, la source de VArressecq et la source Minvielle. Les eaux de toutes ces sources ont à peu près les mêmes propriétés physiques et chimiques ; elles ne diffèrent que par leur sulfuration et leur température. Elles sont claires, limpides, transparentes, incolores, avec une odeur et une saveur légèrement hépatiques. Quelques-unes •ne semblent pas gazeuses, mais des bulles lines et nombreuses se dégagent des autres.

1« Source du Rey. Le bassin de pierre de 50 centimètres carrés qui reçoit l'eau du griffon de la source du Rey, émergeant du granit au milieu du corridor, à 4 mètres de la porte d'entrée de l'ancien établissement, est recouvert d'une dalle dont la partie inférieure n'est qu'à 10 centimètres de la surface de l'eau. Deux tuyaux de grès aboutissent à ce bassin sur les parois duquel se déposent, surtout du point où la source jaillit de bas en haut, une couche de barégine et du soufre très-finement divisé. Un des tuyaux conduit l'eau à l'hémicycle situé au midi à 45 mètres de l'établissement nouveau, et de là à sept baignoires dans lesquelles elle arrive par le fond ou par la partie inférieure d'une des parois latérales. L'autre tuyau la fait parvenir à l'une des buvettes intérieures de l'établissement thermal. La température de l'eau de la source du Rey est, au griffon, de 33°, 5 centigrade, l'air du couloir de l'ancien établissement indiquant SI", 5 centigrade. M. le professeur Filhol a fait, en 1852, l'analyse sommaire ■de toutes les sources des Eaux-Chaudes, mais il n'a publié que celle de la source Baudot que nous donnons après avoir décrit la source de ce nom. MM. Izarié et François ont trouvé, en 1858, que l'eau de. la source du Rey contient pour 1000 grammes d'eau :

Sulfure de sodium 0,0090

M. Filhol, en 1858, a trouvé que l'eau de la même source renferme :

Chlorure de sodium 0,0969

2" Source du Clôt. A droite et à la partie inférieure de la rampe qui monte -à la promenade, la source du Clôt émerge de bas en haut d'une fissure du granit. Le bassin de 60 centimètres carrés, hermétiquement fermé, qui la capte, communique avec des tuyaux de grès dans lesquels l'eau se rend à la buvette et aux réservoirs, pour être distribuée à 7 baignoires et à 1 cabinet de bain -et de douches, à 2 cabinets de grande douche et aux appareils des douches ascendantes. Ce bassin est situé à 25 mètres du mur septentrional de l'ancien établissement et à 75 mètres de l'établissement nouveau. La température de l'eau de la source du Clôt est, à son point d'émergence, de 56 degrés centigrade. MM. François et Izarié ont trouvé, en 1858, que 1000 grammes de cette eau contiennent :

Sulfure de sodium 0,0090

L'analyse de M. Filhol avait démontré, en 1852, que dans la même quantité de l'eau de la source du Clôt il existe :

Chlorure de sodium ' 0,0997

5° Source de l'Esquirelte. L'eau de cette source émergeait autrefois par quatre fentes du granit qui donnaient des filets d'une température différente. L'un était chaud, les deux autres tempérés, le quatrième presque froid, et leurs eaux se mélangeaient. Pour augmenter la tliermalité de la source, on a laissé perdre le dernier ; le filet chaud a été séparé des deux tempérés, et l'on a ainsi deux sources distinctes reçues dans des bassins carrés de béton, élevés de 50 centimètres au-dessus des dalles de la partie nord de l'ancien établissement, qui se trouve au nord-ouest du nouveau et à 60 mètres environ de la buvette. Les tuyaux de grès qui partent des bassins portent l'eau de l'Esquirette chaude à la buvette intérieure de l'établissement nouveau, et l'eau des sources de l'Esquirette chaude et tempérée à 7 baignoires et à 2 appareils de douches locales, à 2 cabinets de grande douche, à 5 salles de bains et de douciies ascendantes utéro-vaginales, et à 1 cabinet de douche rectale. Les 2 salles de douches utéro-vaginales peuvent être alimentées indifféremment par l'eau des sources du Clôt ou de l'Esquirette. L'eau de cette dernière source a une température de 34°, 9 centigrade au griffon, et 1000 grammes de son eau contiennent suivant MM. Izarié et François :

Sulfure de sodium 0,0084

L'eau des trois filets est amenée par un même tunnel qui a son entrée intérieure sous la cage de l'escalier, en face de la buvette de l'Esquirette. Des tuyaux de terre cuite, de 11 centimètres de diamètre, renfermés dans des canaux de bois, emportent les eaux des sources à l'établissement nouveau dont elles alimentent les moyens balnéaires. Mais leur température, à peu près mésothermale à leur griffon, s'abaisse d'autant plus facilement dans leur parcours assez long que des infiltrations d'eau froide ont lieu d'espace en espace.

4° Source Baudot. On a construit sur le point d'émergence de cette source un pavillon composé de deux pièces séparées par un corridor : celle de gauche, au rez-de-chaussée, constitue la buvette, et celle de droite, formant sous-sol, est destinée à l'administration des douches locales ; sous le dallage du milieu du corridor a été établi le réservoir où se rend l'eau inutilisée de la buvette qui doit être employée aux douches. La pièce carrée de la buvette, éclairée par deux fenêtres, renferme une vasque demi-circulaire de marbre blanc de Gabas, qui reçoit l'eau de la source Baudot, versée par un tuyau de verre à robinet de bois scellé dans une niche à 20 centimètres au-dessus du bassin. L'eau de cette source a une odeur et une saveur très-sensiblement hépatiques, et pourtant elle n'est pas difficile à boire. Elle alimente la buvette et les appareils de douches locales. La buvette de la source Baudot est la plus suivie de toutes celles des Eaux-Chaudes. Sa réaction est très-sensiblement alcaline, et son eau fait monter le thermomètre centigrade placé sous le robinet de la buvette à 25°, 1. MM. François et Izarié ont trouvé, en 1858, que 1000 grammes de cette eau renferment :

Sulfure de sodium • . 0,0081

Mais on possède une analyse chimique complète de l'eau de la source Baudot. M. Filhol, en 1852, a trouvé, en effet, dans 1000 grammes de cette eau :

592 EAUX-CIIAUDKS.

Sulfure de sodium 0,0087

Sulfate de chauv. 0,103(1

— soude 0,0i-20

Carbonate de soude 0,0550

Silicate de cliaux 0,0050

— magnésie 1

— alumine j "■='"^-

Chloruie de sodium 0,1150

Glairine et iode traces.

Total des matières fixes 0,5087

On descend au cabinet de douclies locales dans le sous-sol du pavillon de la source Baudot par un escalier de douze marches. Cette pièce, éclairée par deux fenêtres, est pourvue de deux appareils de douches descendantes placés à 70 centimètres au-dessus d'une cuve de pierre recevant l'eau des ajutages alimentés par le réservoir établi sous le corridor du rez-de-chaussée.

5° Source de V Arressecq. Les deux tuyaux de bronze distants de 1 mètre, dont l'un, celui de gauche, a 12 centimètres de longueur et 4 centimètres de diamètre, et l'autre 6 centimètres de longueur et 25 millimètres de diamètre, sont scellés à une caisse de marbre adossée au rocher, à 40 mètres du pavillon de la source précédente et au bas de la rampe qui descend à la cour du nouvel établissement. Ils veisent sans cesse l'eau du griffon de cette source sortant directement du granit dans une cuvette percée à son fond et creusée à une profondeur de 5 centimètres seulement. Une tache blanche, faite par le soufre divisé que laisse déposer cette eau tombant d'une hauteur de -40 centimètres, existe dans chaque bassin et adhère (rès-intimement à la paroi. Ce dépôt est abondant, surtout au fond du bassin qui se trouve sous le petit tuyau. Une couche de barégine d un gris roussàtre, très-lisse sous le doigt, tapisse les côtés de chacun des bassins de la source de l'Arressecq, et principalement celui de droite. L'eau de celte source est utilisée en boisson, en douches locales sous les tuyaux de la fontaine et en application topiques. Sa réaction est sensiblement alcaline, et sa température est de 24°, 1 centigrade. Elle contient pour 1000 grammes, suivant MM. François et Izarié :

Sulfure de sodium 0,0081

6° Source Mlnvielle. l^ile n'a pas son point d'émergence au village même des Eaux-Ghaudes ; il faut monter une rampe escarpée de 100 mètres de longueur, située à l'est, pour arriver au plaleau où se trouve le tuyau toujours ouvert de cette source qui sort directement d'un énorme bloc de granit. Ce tube est scellé à une caisse de 1™,50 centimètres de largeur, de 1 mètre de hauteur et de 70 centimètres de profondeur, à 20 centimètres de la pierre percée d'une ouverture à son milieu par laquelle s'écoule l'eau inutilisée de cette source, employée en boisson seulement. C'est l'eau de la source Minvielle qui laisse précipiter le plus de soufre : aussi une tache d'un blanc jaunâtre de 10 centimètres de diamètre recouvre-t-elle la pierre sur laquelle tombe son jet. De toutes les eaux des sources de la station des Eaux-Chaudes, celle de la source Minvielle est la plus limpide, la plus froide et semble à l'odorat la plus chargée de principes sulfureux, quoique le sulfliydromèlre dise le contraire. La paroi extérieure des vases dans lesquels elle est reçue se recouvre immédiatement d'une rosée produite par la différence des températures de l'eau et de l'air. Des bulles gazeuses très-fines montent en grand nombre et lentement à sa surface. Elle ne semble renfermer que peu ou point de barégine; sa réaction est alcaline, et sa

température de 10", 8 centigrade. MM. Izarié et François on trouve', en 1858, que 1000 grammes de cette eau contiennent :

Sulfure de sodium 0,0053

Établissement thermal. L'établissement thermal nouveau des Eaux-Chaudes est une belle construction qui s'élève au fond de la vallée, sur la rive droite du gave. Il forme un carré de 52 mètres de côtés, dont la façade principale regarde le midi; et il se compose d'un étage inférieur au sous-sol, d'un sous-sol, d'un rez-de-chaussée, d'un premier et d'un second étage. L'étage inférieur au sous-sol contient ; 3 cabinets de bains avec douches, 2 cabinets de grandes douches, 1 cabinet de douches locales, 1 salle pour les bains de vapeur et les douches écossaises, et enfin une pièce pour la piscine. Tous les cabinets de bains et de douches sont carrés, sans vestiaires, et établis sur le même modèle. Leurs baignoires de marbre blanc de Gabas sont en face de la porte, la paroi intérieure des cabinets est stuquée, et une ouverture, ménagée à la partie supérieure, sert à l'éclairage et à la ventilation. Un tuyau de caoutchouc, rempli de vapeur pour chauffer l'eau, arrive à chacune des baignoires. La piscine est alimentée par le trop-plein des sources, et surtout par un filet continu de la source de l'Esquirette tempérée. L'eau de la piscine peut être chauffée à volonté par les tuyaux de vapeur qu'on y peut faire aboutir. Une douche à forte pression est à la disposition de ceux qui prennent des bains de piscine. Les cabinets de bains et de douches du sous- sol sont pareils à ceux de l'étage inférieur, seulement ils ne sont éclairés que par la galerie demi-circulaire qui y conduit. On trouve, dans cette division, o cabinets de bains avec appareils de douches alimentés par l'eau de l'Esquirette, 1 cabinet de douche descendante, 1 de douches locales,

I cabinet de bains de vapeur par encaissement, 1 chambre de repos, et le générateur de la vapeur conduite à toutes les salles. Le rez-de-chaussée, contenant les moyens balnéothérapiques principaux, est surtout important à connaître.

II se compose d'un vestibule, dont l'aire est asphaltée ainsi que celle de toutes les salles de l'établissement thermal. Sa partie profonde est occupée par les marchands d'objets fabriqués dans le pays. Une clôture vitrée laisse voir la cour intérieure entourée par les cabinets de bains alimentés par l'eau des sources du Rey et du Glot. Une vasque, élevée au-dessus de l'aire du milieu de la cour, laisse passer par son centre un jet d'eau douce froide, de 5 mètres de hauteur, qui retombe d'abord dans un bassin circulaire de marbre, puis dans une vasque de granit. Le surplus de cette eau se rend à la chaudière du soussol, où elle est chauffée pour alimenter les bains d'eau simple, ou pour produire la vapeur allant aux diverses salles de l'établissement. Le rez-dechaussée contient encore 21 cabinets alimentés par les eaux du Rey, du Clôt et de l'Esquirette. La source du Rey fournit aux 7 cabinets de droite ou du levant ; celle du Clôt aux 7 cabinets de la galerie perpendiculaire à celle du Rey, ou galerie du nord. Les 7 salles qui reçoivent l'eau de l'Esquirette tempérée sont dans la galerie de gauche ou du couchant, parallèle à la galerie du Rey. Le réservoir de la source de l'Esquirette tempérée a été aussi installé au rez-de-chaussée, sous un cabinet où l'on fait chauffer l'eau sulfurée destinée aux bains de pieds, ainsi que trois buvettes, dont deux sont pareilles, celle du Rey et celle du Clôt. Chacune de ces buvettes occupe le centre de la division des bains que ces sources alimentent. Les buvettes du Rey et du Clôt sont installées sous un hémicycle spécial éclairé par deux fenêtres donnant sur la cour inté-

DICT. ESfi. XXXI, 58

rieure et supporté par deux colonnes carrées reliées par des arceaux en plein cintre. Les buvettes intérieures de l'établissement des Eaux-Chaudes ont des récipients distincts sur les parois desquels on a inscrit, sur une plaque de marbre blanc et en lettres d'or, le nom des sources qui y sont contenues. On descend à la buvette de l'Esquirette par un escalier à double révolution. Cette buvette a la même disposition et la même installation que celles du Roy et du Clôt; son prétoire est seulement plus petit que celui de ces deux sources.

Nous avons donné, d'après Izarié et François, la température et la sulfuration des sources qui alimentent les trois buvettes de l'établissement des Eaux- Chaudes ; il convient maintenant de faire connaître la température et la sulfuration de l'eau des sources du Rey, du Clôt et de l'Esquirette, arrivée à leurs buvettes respectives et aux baignoires auxquelles elle se distribue. La température de l'eau du Rey, arrivée à la buvette, est de 32«,1 centigrade, et elle ne contient plus ([ue 0,0026 de sulfure de sodium ; au robinet de la salle n% 5 elle marque 52'',2 centigrade, et 1000 grammes de cette eau renferment 0,00255 de sulfure de sodium. A l'instant où l'eau est dans la baignoire, elle ne fait monter le thermomètre qu'à 520,1 centigrade, et la même quantité ne fournit que 0,0025 de sulfure de sodium. Enfin l'eau du bain du Rey, après une heure, n'est plus qu'à 31o centigrade, et 1000 grammes ne donnent plus alors que 0,00228 de sulfure de sodium. L'eau de la source du Clôt, arrivée au robinet de la buvette de ce nom, marque 54",5 centigrade, et elle ne renferme que 0,0016 de sulfure de sodium. Elle donne 53°,1 centigrade au robinet de la baignoire du cabinet n» 3, et 0,0021 de sulfure de sodium. L'eau de cette source remplissant la baignoire a une température de 53" centigrade et contient 0,0020 de sulfure de sodium. Après avoir séjourné dans la baignoire pendant une heure, elle élève la colonne thermométrique à 32«,4 centigrade et ne permet plus de constater que 0,0019 de sulfure de sodium. L'eau de l'Esquirette, sous le robinet de la buvette de ce nom, ne fait monter le thermomètre qu'à 35",5 centigrade, et on y trouve 0,0013 de sulfure de sodium; sous le robinet de la baignoire de la salle n° 4, cette eau est à 320,9 centigrade et contient 0,00169 de sulfure de sodium; l'eau de la baignoire est à 32", 7 centigrade, et 1000 grammes renferment 0,0011 de sulfure de sodium; après avoir été exposée au contact de l'air pendant une heure entière, sa température n'est plus que de 32°,5 centigrade, et elle ne x'enferme plus que 0,0008 de sulfure de sodium. Les réservoirs contenant les eaux du Rey, du Clôt et de l'Esquirette, chaude, sont établis au premier étage, ils ont tous les mêmes dimensions. On y monte par un escalier de douze marches, ils sont situés au nord et à la partie extérieure du bâtiment destiné aux bains du rez-de-chaussée. Le reste du premier étage est occupé par le logement du médecin-inspecteur, par les salons de conversation, de lecture, etc., à l'usage des baigneurs. Le second étage est réservé aux appartements et aux chambres où sont reçues, moyennant une rétribution qui varie de 4 à 5 francs par jour, les personnes qui viennent suivre un traitement thermal aux Eaux-Chaudes.

Mode d'administration et doses. Les eaux des sources des Eaux-Chaudes s'administrent en boisson, en bains de baignoires ou de piscines, en douches d'eau et de vapeur. Elles se prennent en boisson le matin à jeun, en petite quantité d'abord, comme toutes les eaux sulfurées et sulfureuses, et plus tard à la dose de deux, de trois et quelquefois de quatre verres ingérés de quart d'heure en quart d'heure et, autant que faire se peut, après un exercice modéré. La buvette

de la source Baudot est la plus fre'quentée; son eau, d'une digestion plus facile, est plus alcaline que celle de toutes les autres sources de la station ; ses deux effets physiologiques les plus tranchés tiennent à ses propriéte's diurétiques et à son action sur les membranes muqueuses, spécialement sur celle qui tapisse les voies aériennes, dont elle active les sécrétions occasionnées par une inflammation chronique ou xin catarrhe ancien. Elle les diminue progressivement et les fait même disparaître quelquefois complètement. L'eau de la source de l'Esquirette, la moins excitante de toutes celles qui sont amenées à l'intérieur de l'établissement thermal, est, après la source Baudot, la plus suivie et la plus avantageusement conseillée, toutes les fois que le médecin veut obtenir les résultats produits par une eau sulfurée dont les effets sont rarement stimulants. C'est l'eau hyposthénisante, antispasmodique, des Eaux-Chaudes. Les malades chez lesquels ou craint moins d'irriter le système nerveux, ceux dont le tempérament lymphatique ou scrofuleux demande à être tonifié, doivent être adressés à la buvette du Rey. C'est l'eau de cette source que les enfants supportent le mieux. Lorsque le médecin ne craint pas d'activer la circulation ■sanguine, lorsqu'il veut augmenter la sécrétion des muqueuses et particulièrement celle de la membrane interne du larynx, de la trachée ou des bronches, lorsqu'il désire suractiver les fonctions de la peau ou des reins, et lorsqu'au lieu de redouter il cherche à produire une stimulation marquée de tout le système nerveux, c'est à la buvette alimentée par l'eau de la source du Clôt qu'il envoie les malades, seulement il a soin de les prévenir d'être très-réservés dans son usage intérieur, car la fièvre thermale et tous les troubles auxquels elle donne lieu, la poussée caractérisée par les manifestations cutanées aiguës, ne tarderaient pas à apparaître et à entraver une cure thermo-minérale qu'il faudrait quelquefois suspendre. L'eau du Clôt en boisson ne doit pas être prescrite à ceux qui ont eu des accidents inflammatoires de l'estomac ou des intestins, à moins que ces troubles n'aient complètement disparu et qu'on n'ait pas à craindre de les voir réapparaître, sans cela des vomissements et de la diarrhée ne tardent pas à se montrer. L'eau de la source de l'Arressecq n'est guère employée à l'intérieur, et, si elle a des vertus curatives qui l'ont rendue trèscélèbre dans la contrée, ses effets physiologiques sont à peu près nuls; son action physiologico-pathologique étant de favoriser l'absorption du san» des ecchymoses, de produire la cicatrisation des plaies et des blessures, et d'opérer à la façon d'un résolutif, d'un vulnéraire et d'un siccatif antiphlogistique. La source Min vielle a une température de 10», 8 centigrade seulement : aussi ceux qui boivent cette eau doivent bien se garder d'en faire usage tant qu'ils sont en sueur ; nous devons insister sur ce point parce que la fontaine Minvielle est située sur un plateau élevé auquel conduit un sentier très-montagneux qu'on ne gravit pas sans fatigue et sans peine. Les buveurs échauffés par une ascension rapide et trop pressés d'ingérer l'eau, relativement froide, de la source de Minvielle, ont éprouvé des malaises et quelquefois des maladies. Le docteur Samonzet, ancien médecin inspecteur des sources des Eaux-Chaudes qui ne s'était pas rendu un compte suffisant de l'action de l'eau de cette source, la déclarait malfaisante, et demandait qu'elle fût condamnée com.me nuisible ; son erreur a été partagée par Pâtissier et Boutron dans leur Manuel ■ des eaux minérales; c'est pour cela que nous en avons parlé.

Les eaux des sources des Eaux-Chaudes, employées en bains et en douches -ont-elles cette spécialité d'action signalée dans celles qui se prennent en bois-

596 EAUX-CIIAUDES.

£on? Trois des six sources sont administrées à l'extérieur : ce sont les eaux de l'Esquirette chaude et tempérée, les eaux du Clôt qui sont employées en bains et en douches, enfin celles du Rev, alimentant les baignoires seulement. Les bains et les douches administrées avec les eaux de l'Esquirette tempérée ont une puissante action sédative, et on les prescrit surtout aux personnes nerveuses, facilement irritables, à celles qui ont des affections utérines ou ' vaginales se traduisant à l'extérieur par de la dysménorrhée et par de la leucorrhée; mais ces bains et ces douches agissent-ils par une propriété antispasmodique inhérente à leur composition élémentaire, ou bien cette propriété résulle-t-elle seulement de la basse thermalité de cette source? Sans vouloir rejeter complètement leur vertu calmante, qu'expliquent peut-être certains de leurs principes minéralisateurs ou gazeux, nous ne pouvons nous défendre cependant de croire déjà depuis longtemps que les bains des cabinets où se rend l'Esquirette tempérée, dont l'eau n'a que 32", 7 centigrade, agissent principalement à cause de ce degré de température peu élevé. La durée des bains de l'Esquirette tempérée est ordinairement de trente minutes à une heure, et celle des douches de dix à vingt minutes. Les bains et les douches sont un peu moins longs lorsqu'ils sont pris avec l'eau de l'Esquirette chaude, qui a 53", 9 centigrade à son arrivée aux l'obinets des baignoires ou des appareils de douches. Ils sont moins sédatifs aussi que les précédents, mais ils le sont plus que ceux alimentés par les eaux du Clôt ou du Rey. Cette dernière source, employée en bains seulement, tient le milieu entre l'Esquirette chaude et le Clôt. Les enfants et les femmes doués à la fois d'un tempérament lymphatique et nerveux se trouvent bien en général dans les bains du Rey d'un quart d'heure à quarante-cinq minutes, qui agissent à la fois comme toniques et reconstituants, en n'activant pas outre mesure l'irritabilité et l'impressionnabilité du système nerveux. La source du Clôt, en bains de trente à quarante-cinq minutes et en douches de dix à quinze minutes, a une action physiologique qui la rapproche jusqu'à un certain point de quelques sources de Bagnères-de-Luchon, de Cauterets ou de Baréges (voy. ces mots). Ses effets stimulants sont mis à profit toutes les fois qu'il est indiqué d'activer la circulation capillaire de la peau, de réveiller une excitabilité nerveuse nécessaire à la guérison de certaines dermatoses ou d'affections générales caractérisées par un état de langueur physique ou morale qu'il faut combattre à tout prix ; quand on doit rappeler un flux physiologico-pathologique, comme les menstrues et les hémorrohoïdes, qui, en général, ne tardent pas à se montrer après l'emploi interne, mais surtout après l'usage extérieur des eaux de la source du Clôt.

La piscine des Eaux-Chaudes, oii de quinze à vingt personnes peuvent aisément se trouver réunies, est alimentée par le trop-plein des sources du Rey, du Glot, de l'Esquirette chaude, et par un jet continu de l'Esquirette tempérée. La durée de ces bains est d'une demi-heure à une heure, et leur action physiologique produit des résultats parfaitement comparables à ceux des bains de l'Esquirette. à la différence cependant que les malades peuvent prendre de l'exercice, se livrer aux mouvements impossibles dans les baignoires et si utiles dans certains états morbides sur lesquels il n'est pas besoin d'appeler spécialement l'attention. Un système de douches descendantes auquel arrive l'eau de l'Esquirette chaude est installé au-dessus de la piscine, et permet aux baigneurs de recevoir la douche sur telle ou telle partie du corps.

Emploi thérapeutique. L'étude qui précède sur l'action physiologique spé-

ciale des diverses sources des Eaux-Chaudes conduit naturellement à leur effi- <:acilé curative. Ainsi l'eau de la source Baudot en boisson est surtout employée dans les dyspepsies, les gastralgies et les entéralgies liées à un état herpétique, dans les laryngites ou les bronchites chroniques, dans l'asthme, dans les catarrhes pulmonaires, même quand ils accompagnent une phthisie au deuxième degré.

L'usage interne de l'eau de la source Baudot donne, en un mot, les résultats de beaucoup d'autres sources sulfurées plus célèbres et plus vantées dans les accidents des voies aériennes où le médecin doit redouter les hémoptysies; son action diurétique indique encore les services (ju'elle rend dans les catarrhes des voies urinaires. Les douches locales avec l'eau de cette source fournissent un moyen précieux d'arrêter les engorgements des articulations et les ulcères, lorsque surtout les uns et les autres reconnaissent pour cause un tempérament scrofuleux. On ne connaît que l'efficacité thérapeutique de l'eau de la source Baudot, prise en boisson et en applications de douches sur une partie du corps, mais la température de cette eau, sa sulfuration peu énergique qui la rendrait moins irritante, quoique peut-être suffisamment active, la disposition du pavillon élevé sur le grilfon de cette source, se prêteraient parfaitement à la pulvérisation de l'eau ou à l'inhalation des gaz qu'elle laisse dégager. C'est aux propriétés curatives de l'eau des sources de l'Esquirette que la station des Eaux-Chaudes doit une grande partie de sa réputation, et l'action relativement antispasmodique à l'intérieur, sédative et hyposthénisanle en bains et en douches, de l'eau légèrement hypothermale de la source tempérée, rend ses effets très-précieux chez les femmes et lorsqu'il est indiqué de prescrire aux deux sexes une eau sulfurée sodique qui rarement stimule, mais agit au contraire en calmant les troubles produits sur l'innervation. Ainsi c'est la bu-^elte et les douches alimentées par les sources de l'Esquirette que fréquentent surtout ceux qui sont tourmentés par une névralgie ou par une névrose. Ce sont les bains et les douches de l'Esquirette encore auxquels on envoie les malades affectés de leucorrhée, même lorsque ce symptôme reconnaît pour cause un engorgement, des granulations, des excoriations ou des ulcérations du col utérin qui déterminent la stérilité, contre laquelle ces eaux ont une grande et vieille réputation (Imprégnadères). Ce sont les douc'.'.es ascendantes qui sont employées alors; «Iles opèrent la résolution ou la cicatrisation des parties malades sans que le traitement hydrominéral produise la moindre secousse, occasionne la moindre douleur ; il procure même cet état de calme général et local qui résulte de l'application des émollients, des antiphlogistiques légers, ou des médicaments anodins.

La buvette et les bains oii se distribue l'eau de la source du Rey sont moins «uivis que la section du Clôt. Ils sont pourtant employés contre les mêmes affections, et il est certains malades sur lesquels les eaux du Rey sont plus efficaces que les eaux plus chaudes de la source du Clôt. Ainsi, dans quelques rhumatismes chroniques qui ont résisté à toutes les médications, y compris les bains et les douches du Clôt, les eaux de la source du Rey ont donné assez souvent des résultats remarquables. Ce sont spécialement les eaux de cette source qu'il faut préférer encore pour les sujets d'un tempérament lymphatique ou scrofuleux, et particulièrement pour les femmes et les enfants qui ont le système nerveux anormalement excité.

Les eaux de la source du Clol sont les plus fortes de l'établissement des

Eaux-Chaudes, et c'est à la buvette, aux bains et aux douches, où arrive l'eau de cette source, que se rendent tous ceux chez lesquels il convient de modifiei" énevgiquement les fonctions des membranes muqueuses, d'augmenter la vitalilé de la peau, et de surexciter le système nerveux. Ainsi, ce sont ces eaux qui sont conseillées de préférence en boisson, en gargarisme, en douches autour du col, et en bains, dans les pharyngites ou dans les amygdalites granuleuses^ dans les laryngites et dans les bronchites chroniques qui se sont développées après la disparition d'une dermatose. L'eau du Clôt en boisson, les demi-bains et les douches sur la partie inférieure du corps ou le long du rachis, doivent être prescrits aux catarrheux et surtout aux asthmatiques. Le bénéfice de cette source est réel à l'intérieur, en bains généraux, en douches descendantes et latérales sur tout le corps, et spécialement sur les régions épigastrique et dorsale, dans les dyspepsies, les gastralgies et les entéralgies dont le début a coïncidé avec la rétrocession d'une affection cutanée qu'il faut rappeler à tout prix ou guérir en agissant sur la diathèse herpétique. Ce résultat est le plus heureux, mais le plus rare et le plus difficile à obtenir. L'eau du Clôt en boisson, en bains et surtout en douches vaginales et rectales, est la plus active, lorsque l'on veut faire réapparaître le flux cataménial ou hémorrhoïdaire. Mais, dans tous les états pathologiques où l'eau de cette source est employée à l'intérieur, le médecin ne doit jamais perdre de vue ses effets physiologiques sur l'estomac et sur l'intestin, qu'elle stimule quelquefois avec trop d'énergie en produisant les accidents signalés plus haut, et qu'une administration sage et méthodique empêche ou arrête presque toujours.

Tous les malades affectés de rhumatismes chroniques articulaires ou musculaires, superficiels ou profonds, externes ou internes, cutanés ou viscéraux, quels que soient, en un mot, les tissus qu'ils affectent et quelle que soit la forme qu'ils revêtent, douleurs erratiques, fixes et à exacerbations névralgiques, gênes des mouvements, contractures, atrophies, rétractions ou paralysies, pourvu qu'on ne puisse pas craindre une trop forte stimulation des systèmes nerveux ou circulatoire, doivent être envoyés à la division du Clôt. L'eau en boisson, nrais surtout en bains généraux et en douches d'eau et de vapeur appliquées sur un des points du corps, plus souvent sur le tronc et les membres, y donne des résultats aussi remarquables que les eaux des sources sulfuréeset sulfureuses hyperthermales les plus en renom. C'est le même traitement qu'il faut opposer encore aux accidents qu'on a des raisons de croire sous l» dépendance d'une syphilis larvée, d'un empoisonnement métallique, saturnin,, mercuriel ou arsenical, par exemple. Enfin, ce sont les eaux de la source du Glot à l'intérieur et à l'extérieur qu'il faut conseiller dans toutes les affections cutanées essentiellement chroniques, où il est indiqué d'exciter très-vivement les fonctions de la peau et de ramener un état aigu ou subaigu, sans lequel oU' ne peut obtenir de guérison durable ou momentanée, ou même d'amélioration sensible.

L'eau de la source de l'Arressecq, qui n'est employée qu'en douches locales ou en applications topiques, jouit depuis un temps immémorial d'une grande célébrité dans la vallée contre les contusions, les blessures, les plaies récentes,, les ulcères anciens et atoniques, les engorgements articulaires accidentels ou résultant d'une diathèse scrofuleuse, contre les affections oculaires inflammatoires ou chroniques simples, ou sous la dépendance d'une constitution lymphatique ou strumeuse. Les vertus résolutives, vulnéraires, fondantes, toniques^

EAUX-DE-VIE (hygiène). 599

antiscrofuleuses et cicatrisantes, avaient fait donner par le premier Bordeu, à la source de l'Arressecq, le nom de fontaine du Salut.

La source de MinvicUe est la moins fréquentée, et cependant elle a maintes fois prouvé son efficacité dans les dyspepsies stomacales ou intestinales et surtout dans les gastro-entéralgies ; mais les remarques que nous avons faites sur sa basse température à propos de son action physiologique doivent être toujours présentes à l'esprit du médecin qui diiige la cure et surtout à celui du malade devant se conformer avec la plus grande exactitude aux conseils qui lui ont été donnés. Avant de boire l'eau de la source Minvielle, exclusivement employée à l'intérieur : il faut que les malades attendent qu'ils ne transpirent plus, aient la précaution de réchauffer à l'aide de leurs mains le verre dans lequel l'eau est contenue, et de l'avaler à petites gorgées. Le médecin doit se garder toutefois d'adresser à cette fontaine les personnes affectées d'inflammations ou de catarrhes chroniques des voies aériennes, car l'expérience a appris que son eau les augmente au lieu de les guérir.

L'usage des sources relativement peu chaudes^ et peu sulfurées des Eaux- Chaudes est contre-indiqué à tous les malades chez lesquels il importe de ne pas activer la circulation sanguine, comme aux pléthoriques disposés aux congestions ou aux hémorrhagies internes, à ceux qui ont des maladies du coeur ou des gros vaisseaux, aux personnes sujettes à l'inflammation d'un organe parenchymateux, aux cancéreux et aux névropathes, qui ne peuvent être traités par aucun moyen excitant sans éprouver une recrudescence de symptômes qui rendent leur vie si difficilement supportable.

La durée de la cure varie de vingt à trente jours.

On n'exporte encore l'eau d'aucune des sources des Eaux-Chaudes.

A. Roture AU.

Bibliographie. — Boedeu (Théophile). Lettres contenant des essais sur l'histoire des eaux minérales du Béarn, 13'=, 14° et 15% sur les Eaux-Chaudes. Amsterdam, 1746, in-S". Le même auteur parle des Eaux-Chaudes dans son travail intitulé : Aquilaniœ minérales aquœ, et dans son Traité des maladies chroniques. — Bordeo (Antoine). Dissertation sur les eaux minérales du Béarn [Eaux-Chaudes]. Paris, 1750, in-12. — Lebaig. Parallèle des Eaux- Bonnes, des Eaux-Chaudes, des eaux de Cauterets et de celles de Baréges. Amsterdam, 1750, in-12. — Poumier. Analyse et propriétés médicales des eaux des Pyrénées (Eaux- Chaudes). Paris, 1815, in-8°. — Laffore (.1.). Notice historique et médicale sur l'établissement thermal des Eaux-Chaudes. Pai-is, 1849. — Izarié. Aperçu historique, topographique et médical sur les Eaux-Chaudes (Basses-Pyrénées). Pau, 1852, in-12. — Lemonnier. Études cliniques et physiologiques sur les Eaux-Chaudes {Basses-Pyrénées), leurs modes d'action sur les principaux appareils et les principales fonctions de l'économie. Paris, 1870, in-S".

EAUX-DE-VIE. § I. Hygiène. Sous le nom d'eaux-de-vie il faut comprendre les boissons spiritueuses livrées à la consommation par le commerce, et dont la richesse en alcool oscille entre 58 de 61 pour 100 et qu'on obtient, soit par une première distillation, soit par l'addition d'une certaine quantité d'eau à des alcools plus ou moins rectifiés.

Au point de vue de leur nature, ou mieux des matières employées pour leur fabrication, on peut les diviser en :

1° Eaux-dc-vie de fruits; 2° eaux-de-vie de grains; 3» eaux-de-vie de tiges; 4° eaux-de-vie de racines; 5° eaux-de-vie de résidus.

A. Le nom d'eaux-de-vie de fruits est plus spécialement donné aux produits de la distillation des fruits autres que le raisin, la pomme et la poire, dont les

tiOO EAUX-DE-YIE (hygiène).

eaux-de-vie sont connues sous le nom d'eau-de-vie de vin, de cidre et de poiré. Ces fruits sont en France, principalement dans les départements de l'Est, et en Europe, les prunes, les cerises, les mûres et framboises, les groseilles et les baies de sureau.

Voici le rendement pour 100 en eau-de-vie à 50 degrés de ces divers fruits :

Vin 16 à 20 litres pour 100 litres.

Cidre et poiré 6 à 15 —

Prunes de couetsches li à 18 litres pour 100 kilogrammes.

Prunes à kirsch 8 à 10 —

Miires et framboises 8 à 14 —

Groseilles et baies de sureau 7 à 10 —

Cerises 6à9 —

En Asie, en Afrique, en Amérique, en Océanie, on emploie bon nombre de fruits riches en sucre dont on fait fermenter le jus. C'est particulièrement, en Asie : la figue de Barbarie, la pêche, le tamarin, la pomme cannelle; en Afrique : la datte, la noix de coco, le caroube et l'arbouse; en Amérique : Va^ianas; en Océanie : la pomme cythère, etc.

B. Les eaux-de-vie de grains sont fabriquées en France et en Europe avec la plupart des céréales usitées et avec les principales légumineuses: haricots, pois et lentilles.

Voici, d'après Girardin, le rendement pour 100 en eau-de-vie à 50 degrés de ces graines amylacées :

Litres par 100 kilogrammes.

Riz 70 à 74

Maïs .... .^ à 62

Sarrazin 48 à 54

Blés de Brie 51 à 58

Millet ou Dari 52 à 58

Blés durs 48 à 52

Seigle 48 à 54

Avoine 58 à 42

U,-.; Haricots, pois et lentilles 50 à 34

En Asie, on emploie surtout le maïs et le riz ; en Afrique, le millet, le sorgho et le maïs ; en Amérique, le maïs.

C. Les eaux-de-vie de liges sont tirées du suc fermenté, qu'on en extrait par incision ou par écrasement.

Les principales sont l'eau-de-vie de canne et l'eau-de-vie de palme. La distillation n'intervient point le plus souvent, il est vrai, dans la fabrication de ces boissons alcooliques, dont les peuplades de l'Asie, de l'Afrique, de l'Amérique et del'Océanie, s'enivrent généralement; mais au point de vue de l'hygiène les conséquences sont les mêmes, et il nous paraît utile de ranger ces boissons fermentées dans la liste générale des liqueurs alcoolisées que nous donnons plus bas.

D. Les eaux-de-vie de racines proviennent, soit de racines contenant du sucre, soit de racines féculentes. Ces racines sont, en France et en Europe, la pomme de terre, le topinambour, la carotte, le navet, le panais, Yasphodèle, la gentiane, la garance. A côté des eaux-de-vie tirées des racines féculentes ou eaux-de-vie de fécule, on doit ranger les eaux-de-vie de châtaignes vertes, de marrons d'Inde, de fèves de marais, etc.

Voici le rendement en eaux-de-vie à 50 degrés de quelques-unes de ces substances :

EAUX-DE-VIE (hygiène). 601

Litres par 100 kilogrammes.

Fécule de pomme de terre 68 à 80

Pomme de terre 10 à 14

Châtaignes vertes 24 à 52

Marrons d'Inde 12 à 18

Fèves de marais 24 à 50

Topinambour 9 à 15

Betterave 7 à 10

Carotte 7 à 10

Panais ...... 6à8

Mavets 4à 8

En Asie, eu Afrique, en Amérique, eu Océanie, le nombre des racines employées pour la fabrication des boissons alcooliques est assez conside'rable. C'est particulièrement, en Amérique, le manioc, la patate; en Afrique, le souchet; en Océanie, le taro, le piper melhysticum ; en Asie, le lotus.

E. Les eaux-de-vie de résidus proviennent de la distillation des marcs de raisin, des résidus des féculeries, des mélasses de canne et de betterave.

F. A coté de toutes ces eaux-de-vie, tirées des substances végétales, nous devons ranger les produits de la distillation de deux substances d'origine animale très-employées comme boissons fermentées dans certaines contrées de {'Europe, comme dans les autres parties du monde : ce sont le miel et le lait.

LiQCEURS DE TABLE. Ce sout dcs boissous ayant pour base l'alcool, le sucre et l'eau, auxquels on ajoute comme accessoires diverses substances aromatiques. On les prépare : 1" par distillation directe; 2° par infusion ou macération; 3" par mélange des produits distillés ; A" par mélange des sucs de fruits avec ï'alcool.

Au point de vue des proportions respectives de sucre, d'alcool et d'eau qu'elles contiennent, ce qui est le point important pourl'bygiène, on les divise en liqueurs ordinaires répondant par hectolitre à 43 litres d'eau-de-vie à 50 degrés, en liqueurs doubles, repondant par hectolitre à 83 litres d'eau-de-\ie à 50 degrés; en liqueurs demi-fines repondant par hectolitre à 45 litres d'eaude-vie à 50 degrés, en liqueurs surfines répondant à G8 pour 100 d'eaude-vie à 50 degrés.

Voici, d'après M. Lunier, les proportions pour 100 d'eau-de-vie à 50 degrés auxquelles répondent quelques-unes des principales liqueurs que l'on consomme en France :

Eau-de-vie à 50 degrés.

Absinthe ordinaire, répondant par hectolitre à ... 92 à 94 litres.

— suisse 140

Anisette de Bordeaux 66,60

Bénédictine 68

Bitter français 84

Chartreuse verte 124

— blanche 86

— jaune] 86

Crème de moka. f^'^

Curaçao ordinaire 42,50

— surfin 64,10

Eau-de-vie de Dantzig fine 55,20

Eau de mélisse des Carmes 187

Élixir de Garus 55,20

Genièvre de Hollande 98

Kirsch 100

Kummel 80

Liqueur de Raspail 50,50

Marasquin de Zara 61

Parfait-amour 42,50

Ratafias divers, ordinaires 42,50

surfins 61,20

Trappisline 68

Vermout français 36

Vespetro ordinaire 42,50

EAUX-DE-VIE (hygiène).

Page 1