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bas-fonds et les accidents du sol sous-marin. On voit souvent les nuages s'arrêter au-dessus de ces points qui peuvent être aussi facilement relevés que les pics de montagnes. Nous nous contentons de rappeler la température de l'eau de mer des principaux points du littoral français où sont établies nos principales stations marines. Ainsi, elle est, à mer basse et pendant les mois de juillet, d'août et de septembre, de 15 à 16 degrés centigrade. Lorsque la mer monte doucement sur une plage fortement échauffée par le soleil pendant plusieurs heures, sa température est plus élevée et dépasse quelquefois 20 degrés centigrade.
L'eau de mer a une densité supérieure à celle de l'eau douce, en raison des matières salines. Elle est en moyenne de 1 ,0289 dans l'océan, au dire de Bouillon-Lagrange et Vogel. De Humboldt assure que la densité augmente depuis les côtes de la Gallicie jusqu'aux îles Canaries et qu'elle diminue du 22^ au 18" degré de latitude. Le poids spécifique de l'eau de mer augmente progressivement du pôle à l'équateur, ce que fait parfaitement comprendre une évaporation plus facile en raison de l'augmentation graduelle de la chaleur de l'air.
Rappelons pour mémoire que les plantes marines ayant besoin de lumière pour se développer, la sonde n'en ramène plus à partir de 500 mètres environ. Lorsqu'on drague à de plus grandes profondeurs, on ne récolte dans les fdets que des éponges de cristal de roche, ou des animaux munis d'appareils lumineux, et même d'appendices dits « bâtons d'aveugles. » Quelques-uns ressemblent à des fleurs (anémones de mer, etc.)., d'autres ont la tête tout à fait sous le corps : ce sont ceux qui cherchent leur nourriture dans la vase crayeuse et gluante qui recouvre le fond de la mer.
Propruôtés chimiques. Les recherches de Driessen et Bruymans ont appris que les sels de magnésie sont en plus grande proportion à mesure qu'on approche du pôle nord et les sels de chaux vers le pôle opposé. La nature et la quantité des sels contenus dans l'eau de mer ne sont donc pas identiques à tous les points où cette eau est puisée. Les différences qui pourront être constatées dans l'analyse de l'eau des mers principales en seront le meilleur exemple que nous puissions donner; mais la diversité de proportion des principes salins contenus dans l'eau de la mer ne doit pas faire conclure que ces sels changent aussi de nature, car toujours les mêmes principes sont en dissolution dans l'eau des différentes mers. L'origine de la minéralisation de l'eau de la mer reconnaît plusieurs causes dont les deux principales sont : la concentration de l'eau des fleuves et les amas de sel gemme submergés par la mer. Le chlorure de sodium est le sel qui est de beaucoup le plus abondant dans l'eau de mer ; c'est lui qui est sa caractéristique, pour ainsi dire, qui lui assigne sa juste place dans le cadre hydrologique et la fait placer à la tête des eaux chlorurées. Quelquesunes pourtant, Salies-de-Béarn , avant toutes, renferment plus de chlorures que l'eau de la mer la plus chargée, la mer Morte, par exemple, puisque Salies-de-Béarn {voy.^ ce mot) contient 255 grammes de "chlorures par litre d'eau, tandis que la même quantité d'eau du lac Asphaltile n'en a que 227s'',6 par litre.
■ Nous donnons les analyses chimiques de l'eau de l'océan Atlantique d'après Bouillon-Lagrange, du bassin d'Arcachon d'après Fauré, de la Manche d'après Mialhe et Figuier, avec de l'eau puisée à plusieurs kilomètres de la côte ; de la mer du Nord d'après Dumesnil, de la Méditerranée d'après Usiglio, de la mer Morte d'après Boussingault, et de la mer Caspienne d'après Gobel. Ces savants ont trouvé par 1000 grammes les principes qui suivent :
Chlorure de sodium
— magnésium.. , .
— calcium
— potassium ....
Bromure de magnésium.. . .
— sodium .....
Sulfate de magnésie
— chaux
— soude
— potasse
Carbonate de chaux
— magnésie. . . .
Silicate de soude
Silice
Oxyde de fer et de manganèse.
Sel ammoniacal
Résine et corps extractif. . . .
Brome
Matière organique animalisée .
Total des matières fixes.
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traces.
traces.
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0,033 traces.
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0,761 traces.
Mode d'admimstration et doses. L'eau de mer s'administre en boisson, en bains en pleine eau ou cbauffés, en doucbes froides ou cbaudes, en affusions, en lotions, en bains de siège, de pieds ou de mains, en applications locales au moyen de compresses ou de cataplasmes délayés dans l'eau de mer, en injections vaginales et rectales, en lavements et en applications topiques des plantes marines réduites en pulpes. Nous allons nous occuper seulement de l'eau de mer à l'intérieur.
L'eau de mer n'est pas potable avant d'avoir été distillée, ainsi que le prouve la fameuse expérience de Pierre le Grand qui, ayant voulu faire ingérer exclusivement de l'eau de mer à ses matelots, les fit périr presque tous après une dizaine de jours de ce régime. Les marins qui, après une disette d'eau douce ont essayé de soulager leur soif avec de l'eau de mer prise en boisson et en bains, ont succombé lorsqu'ils ont été forcés de continuer son usage intérieur. Nous n'indiquons que pour mémoire les expériences de Gauthier, de Freycinet, de Clément, et de tous ceux qui les ont suivis, qui ont inventé ou perfectionné les appareils pour distiller l'eau de mer et la rendre plus ou moins propre aux usages économiques. La congélation, comme la distillation, prive l'eau de mer des sels ou des corps étrangers qu'elle renferme et la rend potable ; mais la congélation, pas plus que la distillation, ne laisse à l'eau de mer aucune vertu thérapeutique. On avait cru autrefois, car l'eau de mer a été depuis longtemps employée en médecine, qu'il suffisait de plonger à une grande profondeur une bouteille qu'on débouchait, qu'on emplissait et que l'on rebouchait, pour obtenir une eau beaucoup moins salée et beaucoup plus acceptable par l'estomac. Des expériences déjà anciennes ont facilement prouvé que rien ne justifie une assertion pareille. L'eau est loin d'avoir les mêmes propriétés physiques, chimiques et thérapeutiques, dans toutes les mers, dans tous les points de la
bU EAU.
même mer et à toutes les profondeurs, mais partout et toujours l'administration intérieure doit être soumise à des précautions rigoureuses et à une surveillance éclairée. Essayons de tracer le tableau succinct des règles générales qui doivent être suivies lorsque l'eau de mer est ingérée à dose médicamenteuse.
L'eau de mer a, comme nous l'avons dit, une saveur salée et amère trèsdésagréable : aussi est-il rare que le médecin la prescrive en boisson, telle qu'on là puise du rivage. On doit prendre certaines précautions dont les principales sont de la faire venir du large, de la filtrer, de la gazéifier ou de la couper. On se souvient, en effet, de ce que nous avons dit de la composition élémentaire de l'eau suivant qu'on la prend au voisinage de la côte oii elle est moins chargée de principes salins, moins pure et moins limpide, ou en haute mer, où elle est plus fixe dans les principes qu'elle renferme, moins altérée par les eaux douces et les matières végétales et animales dont elle contient cependant assez encore pour que son filtrage ne soit pas une opération inutile. Pasquier, pharmacien à Fécamp, a eu l'idée, pour rendre l'eau de mer plus facile à boire, de la charger de gaz acide carbonique, après l'avoir préalablement débarrassée de toutes les impuretés qui rendent sa conservation si difficile et son altération si prompte. Malgré toutes cespi^cautions, le médecin ne peut faire accepter l'eau de mer par tous les estomacs, et il est souvent forcé d'avoir recours à des coupages variés pour en pouvoir continuer l'usage pendant un certain temps. L'eau douce simple, les bouillons de bœuf, de veau ou de poulet, le pain, le biscuit, certains bonbons même, sont les moyens les plus habituels de faire tolérer l'eau de mer par les personnes auxquelles son usage intérieur convient et dont l'estomac refuse de la prendre pure. Les doses de l'eau de mer en boisson varient suivant qu'on veut obtenir un effet purgatif, laxatif ou altérant : 1/2 litre et quelquelbis 1 litre sont nécessaires lorsqu'on veut produire une purgation réelle; un verre ou deux suffisent en général chez les personnes dont il importe de favoriser des évacuations sans cela difficiles. Le médecin et le malade doivent être prévenus qu'il ne faut pas avoir recours trop souvent à l'administration intérieure de l'eau de mer, s'ils ne veulent pas s'exposer à une irritation de l'estomac et de l'intestin. Quand on emploie l'eau de mer à dose altérante, il ne faut la prescrire qu'en quantité relativement faible, suivant les cas pathologiques et diathésiques qu'on a à combattre, suivant l'âge, la constitution, le degré de sensibilité plus ou moins grand, etc., des sujets qu'on traite ; mais le médecin ne doit pas oublier qu'il faut agir continuellement et longtemps, et ne jamais s'exposer, par conséquent, à être forcé d'interrompre ou de suspendre le traitement interne par l'eau de mer.
Depuis les tentatives de M. Moride (de Nantes), quelques chimistes ont pensé à concentrer l'eau de mer en l'évaporant à basse température. Nous traiterons plus amplement ce sujet dans l'article que nous consacrons aux Eaux Mères.
Emploi THÉRAPEnxiQUE ixterne. L'usage interne de l'eau de mer est connu depuis la plus haute antiquité, et Pline (liv. XXXI, ch. vi) traite avec détail des vertus hygiéniques et médicales de l'eau de mer en boisson. Cet auteur précise même les cas principaux où l'eau de mer à l'intérieur doit être préférée à tous les médicaments officinaux. On abandonna complètement, au moyen âge, ce moyen thérapeutique naturel pour lui substituer les formules cabalistiques et les combinaisons pharmaceutiques les plus bizarres et les moins rationnelles. Ce n'est qu'au milieu du siècle dernier que l'emploi interne de l'eau de mer a été remis en honneur,^ et est entré dans la pratique médicale d'une façon métho-
dique et raisonnée. C'est en Angleterre que les premiers essais scientifiques ont été tentes par Russel, White, Kentisch, Latham, Anderson et Buchan ; les travaux allemands de Carthôser et Vogel suivirent bientôt ; mais il faut attendre le commencement de ce siècle pour trouver l'usage interne de l'eau de mer expérimenté convenablement en France par MM. Lefrançois, Mourgué, Lalesque, Rayer et Gaudet.
L'eau de mer en boisson, nous venons de le dire, est assez difficilement acceptée par l'estomac, surtout lorsqu'il est nécessaire de la prescrire en assez grande quantité, comme lorsqu'il est indiqué de produire une véritable purgation. 11 ne faut pas alors que la dose soit moindre de deux à quatre verres en général, et peu de personnes consentent à ingérer cette quantité, quoiqu'on aiteu la précaution de la puiser au large, de la filtrer soigneusement, delà chargermêmede gaz acide carbonique. Les malades ont à leur disposition tant d'eaux sulfatées et chlorurées sodiques et magnésiennes fortes et purgatives que l'usage de l'eau de mer est relégué au second ou au troisième rang des laxatifs naturels. Cependant, il est certaines personnes qui habitent la côte et qui se purgent assez volontiers avec l'eau de mer qu'elles boivent le soir en se couchant, ou le matin à jeun, pure ou coupée d'eau magnésienne ou d'une décoction de follicules de séné. Mais c'est plutôt à dose altérante que l'eau de mer est administrée à l'intérieur, et alors elle peut être prise pure ou coupée d'un liquide alimentaire comme le lait, le bouillon de veau ou de poulet froid ou chaud. La quantité varie suivant l'âge et la susceptibilité des malades, depuis la dose de quelques cuillerées à soupe jusqu'à un verre pris en plusieurs fois et à des intervalles plus ou moins éloignés. Nous avons vu que diverses personnes ne peuvent ingérer l'eau de mer en assez grande quantité pour en être purgées, car leur estomac s'en débarrasse promplement par le vomissement, ou ne la laisse passer qu'au prix de nausées insupportables, de spasmes douloureux ou de coliques violentes. 11 est important que le médecin abandonne tout à fait ou suspende momentanément l'usage intérieur de l'eau de mer, prise à dose fractionnée, s'il rencontre une répugnance trop marquée ou une assimilation trop difficile. C'est, en général, ceux auxquels elle convient le mieux, qui l'acceptent le moins mal : ainsi les sujets lymphatiques et scrofuleux boivent avec beaucoup plus d'avantage l'eau de mer que les personnes d'un tempérament sec et nerveux. L'eau de mer, pour agir comme altérante, fondante et résolutive, ne doit pas augmenter notablement la proportion des liquides intestinaux, elle ne doit pas agir comme un purgatif; sans cela, on n'obtient pas l'effet tonique et reconstituant si utile chez les chloro-anémiques, ni l'action fondante, résolutive et détersive chez les sujets lymphatiques, scrofuleux ou strumeux, qui retirent de si prompts et de si bons eflels de l'emploi de l'eau de mer, et de l'air marin. L'eau de mer en boisson a été souvent vantée comme vermifuge, mais nous ne mentionnons cette application que pour mémoire, puisque le médecin a tant de moyens d'arriver au même résultat avec des médicaments plus fidèles et d'une ingestion beaucoup moins désagréable. Russel, Buchan et Lalesque ont cité l'heureux effet de l'eau de mer en boisson dans l'hydropisie, mais aujourd'hui que la science a mis hors de doute que les hydropisies sont le résultat d'une maladie organique, la plupart du temps au-dessus de toutes les ressources de la thérapeutique, il n'est plus possible d'admettre sans distinction l'opinion des trois médecins que nous venons de citer. Frétaud, dans l'Ancien journal de médecine, a rapporté la guérison de plusieurs ictères par l'eau de mer en boisson, qui agit probablement
alors comme les purgatifs ordinaires, car elle ne contient aucun principe pouvant expliquer son action favorable dans les ictères sans lésion profonde. L'eau de mer en boisson a été vantée par Biett contre certaines maladies de la peau, comme le lichen et le prurigo; par Russel contre certaines paralysies, certains engorgements mésentériques, certaines coliques hépatiques ou néphrétiques, dans l'obésité et les suites de maladies longues ayant nécessité un traitement antiphlogistique énergique ou une diète prolongée, et enfin par M. le docteur Hédouin dans la glycosurie. Le médecin doit surveiller avec le plus grand soin l'administration intérieure de l'eau de nier et se garder de produire ou de réveiller un état fébrile qui peut avoir de fâcheuses conséquences; c'est alors que les doses doivent être fractionnées, et que l'effet altérant ne doit pas être dépassé ; il agit d'autant mieux, encore une fois, que les malades sont moins nerveux et offrent les attributs non équivoques d'une constitution lymphatique ou scrofuleuse. A. Rotureau.
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EAU BALSAIHIQUE d'arivold. Voy. SouLTZMATT {Eaux minérales de).
EAUX-BOIVNES (Eaux minérales d'), mésothermales, ou hypothermales, ou athermales, sulfurées sadiques et calciques, azotées. Dans le département des Basses-Pyrénées, dans l'arrondissement d'Oloron, à 747 mètres au« dessus du niveau de la mer, le village d'Eaux-Bonnes, situé dans la vallée d'Ossau, arrosé par deux ruisseaux, la Soude et le Yalentin, fait partie de la commune d'Aas et compte l'hiver une population de 125 habitants (chemin de fer de Bordeaux, Dax, Pau, Laruns-Eaux-Bonnes, d'où une voiture publique emmène les voyageurs en une demi-heure à la station thermale). On trouve à cette station plusieurs hôtels spacieux, bien bâtis, et des maisons particulières
où les malades sont très-convenablement logés. Avant 1846, les convalescents ne pouvaient guère quitter le village, qui leur offrait, du reste, une promenade fraîche, ombreuse même au milieu du jour. Depuis cette époque, il leur est permis de s'éloigner de ce point escarpé, grâce à la munificence de quelques hôtes reconnaissants, qui ont doté cette station de deux promenades sur lesquelles on peut parcourir quelques kilomètres sans avoir à redouter une inclinaison fatigante. En 1877, une Société fermière nouvelle s'est engagée à apporter des améliorations et à construire un Casino monumental, ouvert le l*"" juillet 1885, et pouvant réunir ks hôtes accidentels des Eaux-Bonnes, qui avaient auparavant trop peu d'occasions de se connaître.
Le plateau qu'occupent les Eaux-Bonnes e^t borné à l'est et à l'cuest par de hautes montagnes calcaires, nues, quelquefois taillées à pic. Une échancrure assez étroite, par laquelle descend la route des Eaux-Bonnes aux Eaux-Chaudes (voy. ce mot) et à Laruns, situés l'un à gauche et l'autre à droite de cette route, permet d'accéder au village du côté du nord-ouest seulement, et par l'unique point où une végétation vigoureuse embellit le paysage. Les établissements thermaux et les sources de la station se trouvent au haut de la seule rue qui traverse le village d'Eaux-Donnes, que les pics de la Serre et du Ger abritent de tous côtés, excepté au nord. Pendant les journées oii l'agitation de l'air ne vient pas de celte partie de l'horizon, la chaleur est quelquefois difficile à supporter, et cependant les matinées, les soirées surtout, sont fraîches et humides quand surviennent les pluies et les orages si fréquents dans cette partie de la chaîne des Pyrénées, presque toujours à l'abri des vents. Nous croyons ces remarques importantes pour les m;dades qui ont intérêt à éviter les transitions brusques de la température, et qui viennent chercher à Eaux-Bonnes la guérison d'états morbides où les précautions minutieuses de l'hygiène la plus sévère doivent être rigoureusement observées. Les chaleurs de l'été y sont pourtant en général tempérées ; l'élévation de ce poste thermal, les vents du nord qui y soufflent le plus souvent, les eaux d'abondantes petites cascades qui puritîent et rendent moins sec l'air des Eaux-Bonnes, contribuent à la salubrité de son atmosphère. D'après les observations de MM. Schnepp, G. Sacaze, de Pietra Santa, la température moyenne des mois de la saison thermale, qui commence le l^' juin et finit le 50 septembre, est approximativement pour une période de vingt-quatre années, de 1845 à 1866, de 19 degrés centigrade pour le mois de juin, de 21 degrés centigrade pour le mois de juillet, de 20»,5 centigrade pour le mois d'août, et de 16» centigrade pour le mois de septembre.
Les sources d'Eaux-Bonnes appartiennent à la commune d'Aas, qui les a affermées pour une longue période. Six sources émergent aux Eaux-Bonnes, elles se nomment : la Grande Source, plus connue par la désignation de Vieille Source, la Nouvelle Source, la Source Supérieure, la Source du Rocher, la Source Froide, la Source d'Ortech. Bien que l'eau de toutes ces sources soit reçue dans les bassins qui alimentent les moyens balnéaires des Eaux-Bonnes, il n'en est pas moins vrai que les sources Vieille, Froide et d'Ortech, sont très-importantes à connaître. Aussi allons-nous nous en occuper principalement.
1° Grande ou Vieille source. Le griffon de la Vieille Source, sortant de bas en haut d'une fissure du rocher, se trouve dans la cour située derrière l'établissement thermal, à 1 mètre de la fenêtre qui éclaire la buvette; le bassin circulaire de pierre, qui reçoit l'eau, a 53 centimètres de diamètre et 11 mètres de profondeur. La surface de l'eau, à 20 centimètres de la paroi inférieure du mcT. ENc. XXXI. 37
grès qui ferme ce bassin, est recouverte par une couche assez mince de barégine et de sulfuraire grise en dessus et noire en dessous. Une poudre de soufre presque impalpable s'attache aux parois intérieures et latérales du bassin auxquelles viennent aboutir des tuyaux de })lomb de o centimètres de diamètre, qui emportent cette eau à la buvette et à la cour où s'emplissent, se bouchent et se capsulent les bouteilles destinées à l'exportation. L'eau que fournit cette source pendant la nuit est reçue dans une moitié du réservoir séparée par une cloison de maçonnerie bétonnée. Dans l'autre moitié se rend l'eau de la Nouvelle Source. Ces deux parties du réservoir ont ensemble 8 mètres de longueur, 7) mètres de largeur et 1™,50 centimètres de profondeur. L'eau de la Vieille source est conduite de là aux baignoires, aux cuvettes de bains de pieds, aux appareils de gargarismes et à la salle pour les douches gutturales. Elle est, comme celle de toutes les autres sources des Eaux-Bonnes, onctueuse au loucher; elle exhale une odeur plus prononcée de gaz acide sulfhydrique que la plupart des sources de la chaîne des Pyrénées. Sa saveur est franchement hépatique, sa réaction, alcaline, et sa température, de 31",4 centigrade.
Les dernières analyses chimiques sont dues à MM. Filhol et Garrigou. Ces deux confrères sont loin de s'entendre sur la composition élémentaire de la Vieille source d'Ëaux-Bonnes, en particulier. Nous nous bornons à relater ici le résultat des analyses de MM. Filhol (1859) et Garrigou (1876), sur 1000 grammes de l'eau de la source Vieille des Eaux-Bonnes :