‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.31Chapitre 39 sur 67 · DOSE TOXIQUE MOYENNE CHEZ LE CHIEN · texte numérisé non relu

DOSE TOXIQUE MOYENNE CHEZ LE CHIEN

PAR KILOGRAMME DU POIDS DO CORPS POUR AMENER LA MORT DANS L'eSPACE DE 24 A 36 UEURES.

Flegmes.

Rectifiés.

Alcool éthvliftiip dilué .. ..«.•••>

Esprit de vin fin de Montpellier

Eau-de-vie de Doiré .. ..>.•■•.

— de cidre et de marc de raisin. . .

— de mélasse de betteraves

— de débit de vin (qualité ordinaire).

— — (qualité inférieure).

— de pommes de terre

— — (dite dix fois rectifiéel. . . .

Le fait important qu'au point de vue de l'hygiène nous devons surtout faire ressortir ici, c'est l'expansion considérable de ces alcools de qualité inférieure, incomplètement rectifiés, dans la consommation générale. De là des accidents d'alcoolisme plus rapidement et plus gravement accusés chez ceux qui font un usage habituel d'eau-de-vie ; de là aussi, à la longue, des troubles marqués et

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des manifestations morbides chez ceux qui, usant modérément de ces boissons, n'éprouvaient autrefois aucun inconvénient avec l'eau-de-vie de vin.

Il y a, dans ce mouvement commercial des caux-de-vie, qui s'est affirmé avec le prix de plus en plus élevé du vin, un point d'hygiène sociale qui mérite toute l'attention.

Nous ne referons pas ici l'histoire de l'alcoolisme. Il n'y a du reste rien à ajouter au portrait pathologique qu'en a tracé M. Lancereaux dans le remarquable article publié dans ce Dictionnaire. Nous dirons seulement un mot des progrès funestes que le mal a faits depuis cette époque, en résumant les principaux documents qui ont paru sur ce sujet.

A. Influence de V alcoolisme des parents sur la dégénérescence physique de» descendants. « Sous le rapport des forces physiques et de la stature, écrivait Magnus Huss, le peuple, en Suède, a dégénéré de ses ancêtres. »

Les désordres héréditaires de l'alcoolisme se traduisent chez le fœtus ou dans le jeune âge par des arrêts de développement de la masse cérébrale, portant tantôt sur un seul hémisphère, tantôt sur les deux. Ces atrophies sont en général accompagnées de déformation ou petitesse du crâne, et de développement général très-incomplet. Dans ces conditions, l'être dégénéré, produit du buveur, marche avec difficulté, il est quelquefois paralytique et souvent idiot ou imbécile. Le docteur Howe, dans son rapport sur l'idiotie dans le Massachusetts, dit que, par des recherches sur les habitudes des ancêtres de 500 idiots, il a été constaté que, dans presque la moitié des cas, il y avait eu des parents ivrognes. Dahl, en Danemark, avait dans ses propres recherches trouvé la même proportion.

L'alcoolisme peut complet- parmi les causes de la paralysie infantile, mais surtout de l'épilepsie. Les épileptiques par hérédité alcoolique ont souvent tous les attributs de l'état désigné sous le nom d'infantilisme. Ces malades, fait observer Lancereaux, ont dans leur enfance des convulsions qui cessent plus tard : mais vienne la puberté et surtout le moment de la suture des os du crâne, qui le plus souvent est prématurée chez eux, alors se déclarent des attaques épileptiques presque toujours à la suite d'une frayeur. Dans quelques cas il n'y a pas d'attaques franches, mais des vertiges, des étourdissements fréquents et, dans la nuit surtout, des hallucinations plus ou moins terrifiantes.

L'hystérie est encore une conséquence de l'alcoolisme, et peut-être ne faut-il pas chercher une autre origine au nombre toujours croissant de ces sujets névropathi<jues qui deviennent une proie si facile pour les hypnotiseurs de nos jours.

La méningite tuberculeuse est assez fréquente chez les enfants nés de parents alcooliques. L'abus des alcools entre, en effet, pour une large part dans la genèse de la tuberculose, de cette affection qui peut être considérée comme l'expression intime de toutes les dégénérescences constitutionnelles.

Un dernier point, sur lequel il nous faut insister, c'est la transmission héréditaire de l'ivrognerie. Ehrii gignunt ebrios, a écrit Plutarque. L'envie de boire héréditaire dit le docteur Norman Kerr, là où elle existe, là même où elle est à l'abri des tentations, la même où, par l'effet d'une volonté forte et résolue, elle ne s'est point manifestée, n'en est pas moins toujours une envie latente, prête à se laisser voir dès la plus légère provocation alcoolique. Quelles que soient leur perfection intellectuelle et leurs positions sociales, les sujets atteints de l'envie de boire héréditaire ne peuvent que, ou s'abstenir complète-

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meut ou boire à l'excès, mais, quant à boire modérément, cela leur est impossible. Si, ayant conscience de leurs actes, ils goûtent d'un breuvage alcoolique, ils sont en danger imminent : l'incendie est pour ainsi dire allumé dans leur organisme.

On comprend après cela quel rôle sont appelés à jouer dans le réveil des tendances alcooliques béréditaires l'emploi de l'eau-de-vie comme agent thérapeutique et l'usage si ridiculement répandu de l'eau de mélisse des Carmes. On peut dire sans trop exagérer que ce sont là deux causes déguisées d'alcoolisme, qui ont conduit plus d'une Ibis et d'une façon inconsciente, surtout la la femme, au vice de l'ivrognerie.

L'hérédité de l'alcoolisme est donc aujourd'hui un fait avéré et le danger est d'autant plus grand que l'ébriété de la femme intervient ici avec la part importante qui revient à cette dernière dans tout ce qui est transmission héréditaire.

B. Influence de l" alcoolUme sur VaUénation mentale. Klle est inconteslable. M. Lunier, dans ses recheiches pour la France, a établi que la proportion des cas de folie de cause alcoolique est presque partout en rai?on directe de la consommation des alcools d'industrie. En effet, de 1851 à 1873, la consommation de l'alcool par individu s'est élevé de l',09 à 2', 84, et la proportion des cas de folie par excès de boisson, de 1838 à 1876, s'est accrue, sur 100 admissions dans les asiles, de 7,64 à 13,94.

Un fait à remarquer, c'est la proportion beaucoup plus faible des folies alcooliques dans les départements vinicoles. Cette proportion, au contraire, atteint son chiffre le plus élevé en Bretagne et en Normandie, où les excès alcooliques sont devenus presque aussi communs chez les femmes que chez les hommes.

Bar a constaté que, dans les diverses provinces de la Prusse, le nombre des aliénés était en proportion directe du nombre des cabarets ou des débits d'eaude-vie au détail. De 1875 à 1879, la proportion d'entrées pour cause alcoolique, sur 100 admissions dans les asiles d'aliénés du royaume de Prusse, a été en moyenne de 9,09, 14,84 pour les hommes et 1,41 pour les femmes.

« Notre peuple, dit le docteur Bar en parlant de la Prusse occidentale (Dec alkoholismus, seine Verbreitungund S. Wirkiing aufden individ. undsozinl. Organism., etc. Berlin, 1878), ne veut pas passer ses fêtes sans eau-de-vie, pas plus que les baptêmes, les mariages et les enterrements; on voit parfois un convoi funèbre composé de gens avinés, une noce en goguette, des fiancés, des parrains et marraines en état d'ébriété, profaner la solennité de l'acte qui s'accomplit. Il arrive même qu'on ingurgite de l'eau-de-vie aux enfants au berceau, pour qu'ils se tiennent tranquilles. »

En Danemark, de 1871 à 1880, on a trouvé une moyenne de 11 pour 100 pour les aliénés de cause alcoolique : 19 pour 100 pour les hommes et 4 pour 100 pour les femmes.

En Norvège, Dahl attribuait en 1859 les 20 pour 100 des maladies mentales à l'abu des spiritueux {Bidrag til KundsKab om de Sindssyge i ISorge-Kristiana. 1859). Depuis celte époque on constate une décroissance relativement manifeste avec la diminution de l'ivrognerie.

En Finlande, dans le chiffre des admissions à l'asile des aliénés de Lappvik près d'Helsingfors, on trouve une proportion de 12 pour 100 pour les cas dus à l'alcoolisme.

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