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ÉLIXIR DE PYRÈTHRE COMPOSÉ

Eau dentifrice (voy. DE^■TIFRICEs et Dents).

S58 EL-KOFTI.

ÉLIXIR DE STOUGHTON {VOIJ. STOUGHTOn)

ÉLIXIR DE GUILLIË

Préparation assez compliquée obtenue par macération d'une douzaine de substances dans de l'eau et de l'alcool. Parmi ces substances, il entre, pour 20 litres d'eau et 20 litres d'alcool à 60 degrés : 10 grammes d'aloès, 1500 grammes de jalap, 90 grammes de racine de colombo, 10 grammes d'iris de Florence, 60 grammes de safran, 10 grammes de sulfate de quinine, 10 grammes d'émétique, 10 grammes de nitre, etc. ; on ajoute un peu de sirop de sucre à la préparation.

ÉLIXIR VISCÉRAL d'hOFFJIANN

Macération de zestes d'oranges, 60 grammes ; écorce de cannelle, 20 grammes; carbonate de potasse, 10 grammes; extraits de gentiane, absinthe, trèfle d'eau, cascarille, de chaque 10 grammes, dans 480 grammes de vin d'Espagne. Foi te cuillerée à café dans un peu d'eau, avant les repas.

h'élixir de Gendrin est imité de celui d'Hoffmann, mais la macération a lieu dans de l'eau distillée de menthe; il contient de la myrrhe. Dose, une cuillerée à café. Dechaiibre.

EL-KADS JE. On donne ce nom dans le Khorassan à une espèce de buisson épineux qui donne une sorte de mauve. C'est probablement YAlhagi Maurorum.

Pl.

Eii-KIIVDI. Plus connu sous le nom de Alkl\di {voy. ce mot). D.

EL-KOFTI. C'est à titre d'historien de la médecine plutôt que de médecin proprement dit que ce personnage nous a paru mériter une mention dans ce Dictionnaire. Du reste, ses écrits, et notamment son Histoire des savants, attestent qu'il était initié à la science médicale.

Né en Egypte, à Koptos, en 1172, il mourut en Syrie au commencement de l'année 1249, vizir du sultan d'Alep, Malek Ennacer. Ce qui le caractérise et en fait un personnage typique, c'est sa passion pour l'étude et les livres. Safadi, son biographe, raconte qu'Ebn el-Kofti possédait un ouvrage incomplet, qu'il cherchait en vain à compléter, quand il apprit qu'il en existait des fragments au marché des bonnetiers. 11 y courut, mais l'artisan avait fait entrer ces feuilles dans ses formes. Ebn el-Kofti tomba dans un profond chagrin. 11 cessa de se rendre au palais, prit le deuil, et reçut les visites de condoléance de ses amis. A sa mort, il laissa une bibliothèque qui fut estimée 50 000 pièces d'or.

Ebn el-Kofli cultivait toutes les sciences et leur consacra de nombreux écrits. Le seul qui nous intéresse est celui qui porte généralement le titre de Tarikh el Hokama, annales des savants, que nous ne possédons malheureusement qu'à l'état d'abrégé. Il ne contient pas moins de 400 notices disposées par ordre alphabétique et portant sur les savants de la Grèce, aussi bien que sur ceux de l'Orient, à l'exclusion des littérateurs. Si nous faisons cette remarque, c'est que nous tenons à relever un état de choses ignoré non-seulement du public, mais aussi des polygraphes qui se croient autorisés à trancher ces questions sur lesquelles ils ne possèdent aucun renseignement original. Un critique

ELLAGIQUE. ' 559^

(lu Temps écrivait il y a une dizaine d'années que l'on feuilletait longtemps un dictionnaire biographique arabe avant de rencontrer le nom d'un savant.

Ebn el-Kofti avait été précédé dans la carrière par l'auteur du Fihrist, Ebn Ennedim, mais il a l'avantage d'être venu trois siècles plus tard, et aussi de donner de nombreux détails que ne comportaient pas les cadres du Fihrist, qui embrasse tous les genres d'écrits, et touche à peine à la biographie. Ebn el- Kofti fut particulièrement exploité par l'auteur des Dynasties, Aboulfarage, qui lui a emprunté une centaine de notices. Il doit peut-être à son caractère exclusivement scientifique d'avoir été si longtemps ignoré ou négligé par les orientalistes, plus préoccupés d'oeuvres littéraires. Gasiri le premier, dans son catalogue de l'Escurial, a mis en lumière le livre sous le nom de Bihliolheca philosophorum dont il a repi'oduit de nombreuses et précieuses notices, tout en ignorant le nom de l'auteur. Il a même lu le livre assez négligemment, car il place l'auteur vers Tannée 595 de l'hégire, tandis que certaines notices sont bien postérieures, notamment celle si curieuse sur son ami Jousef Essebti, mort en 625, qui lui avait promis de lui donner après son décès des nouvelles de l'autre monde, ce qui se ti'ouva réalisé dans un songe {voy. Aboulfarage, p. .102 de la traduction). Les extraits de Casiri, défectueux, tronqués et mal traduits, ceux d'Âboulfarage, sont restés jusqu'à ces derniers temps les seuls documents originaux qu'aient pu consulter les historiens des sciences et de la médecine en Orient. Aujourd'hui que les manuscrits d'Ebn el-Kofti ne manquent plus en Europe, il serait temps de faire pour lui ce qu'on a fait pour Ebn Ennedim et Ebn Abi Ossaïbiah, c'est-à-dire de l'imprimer, et même de le traduire. H. Leclere.

ELLAGIQUS (Acide) OU BEZOARDIQL^E (Acide). C^^ITO'». L'acide ellagique (anagramme de gallique) se forme, en même temps que l'acide gallique, lorsqu'on expose au contact de l'air une infusion concentrée de noix de galle, le mélange d'acide ellagique et d'acide gallique se dépose sous forme d'une poudre grise ou blanc fauve. En traitant ce dépôt par l'eau bouillante, l'acide gallique se dissout et l'acide ellagique très-peu soluble dans l'eau est repris par une lessive de potasse caustique qui le dissout; on le précipite de la solution par de l'acide chlorhydrique.

Certaines concrétions animales dites bézoards orientaux sont souvent constituées presque en entier par de l'acide ellagique ; les hézoards sont d'un vert olive foncé, quelquefois brunâtres ou marbrés. Leur forme est ovoïde ou réniforme ; lisses, cassants, ils renferment un noyau autour duquel sont disposées des couches concentriques. Leur odeur est faiblement aromatique et rappelle l'odeur de l'ambre gris ; leur volume varie depuis celui d'une fève à celui d'un œuf de poule.

Pour extraire l'acide ellagique de ces bézoards, on les prive de leur noyau, on les pulvérise et on les traite à froid par une solution moyennement concentrée de potasse caustique jusqu'à parfaite dissolution, en évitant le contact de l'air, car la solution absorbe vivement l'oxygène. La solution opérée, on décante le liquide clair et on y fait passer un courant d'acide carbonique ; l'élagate de potasse se dépose alors sous la forme d'un précipité presque blanc ; on le purifie en le faisant cristalliser dans de l'eau bouillante, puis les cristaux sont dissous dans l'eau bouillante et décomposés par l'acide chlorhydrique.

L'acide ellagique constitue une poudre légère d'un blanc jaunâtre, formée

SCO ■ ELLAIN.

par des prismes microscopiques transparents. Il est à peu près insoluble dans Tcau et sans saveur. Il est infusible, exposé à la cbaleur, il se charbonne. I/alcool le dissout en petite quantité, l'étlicrnele dissout pas. L'acide cristallin renferme 4 équivalents d'eau de cristallisation qu'il perd à 100 degrés.

La potasse caustique le dissout immédiatement avec une couleur jiune. 11 se dissout également dans l'acide sulfurique concentré ; l'eau l'en précipite sans altération. Le protochlorure de fer le colore en verdâtre, puis en vert clair, et finalement il se pi'oduit un liquide opaque et bleu noir comme de l'encre sans qu'il paraisse s'y former un précipité. Si on verse le perchlorure de fer dans une solution alcoolique saturée d'acide ellagique, il se forme des coagulums d'un beau bleu foncé semblable à du bleu de Prusse.

Les sels formés par l'acide ellagique sont peu connus. Le sel d'ammoniaque est insoluble. Le sel de potasse s'obtient en faisant passer dans la soluliou potassique de l'acide un courant d"acide carbonique; il se présente sous la forme d'une masse légère formée de cristaux prismatiques, microscopiques, transparents, d'une couleur jaune verdâtre; il est peu soluble dans l'eau. Le sel de soude se prépare en le précipitant de sa solution sodique par l'acide carbonique; ses propriétés sont analogues à celles du sel de potasse. Les autres eliagates sont insolubles. Lutz.

ELLAIIV (Nicolas). On a souvent confondu Nicolas Ellain avec Richard Hélain, médecin de Charles YIIl, roi de France, docteur de la Faculté de Paris (1470), anobli par lettres de mars 1496 {Arch. nat. J. J., 227. Charte 596) et mort le 15 mars 1517.

Nicolas Ellain, lui, fut docteur le 10 janvier 1571, et doyen dans les deux années 1584 et 1597. Ce fut un personnage im^tortant; il occupa la chaire de pharmacie, fut nommé censeur royal, et rendit de tels services que dans notre école on avait l'habitude de l'appeler VAllas des Écoles. En vain la Faculté voulut reconnaître et récompenser en partie ses travaux par un honoraire plus considérable que celui que l'on donnait ordinairement à la fin de chaque décanat, le modeste doyen ne voulut accepter que l'honoraire ordinaire. Ce fut lui qui mit en ordre les Archives de sa chère école, qui rechercha, recouvra, autant qu'il put, des pièces, des monuments égarés, et fit un relevé des registres commentaires jusqu'à la fin de ses deux décanats. Le fisc voulut, en 1585, soumettre la Faculté à la taxe commune ; Ellain fit valoir les anciens privilèges et obtint l'exemption. C'est encore à ses soins que l'on dut, en 1598, l'inventaire des biens, titres et meubles de l'école, avec une description des papiers et parchemins, le tout écrit et rédigé par Jacques Fardeau, grand appariteur. Nicolas Ellain était lettré. Selon Mercklin [Van der Linden renovatus, 1G86, in-4'', p. 852), il a écrit un Tractalus de peste e jusque prœcavendœ modo, qui a été imprimé, avec des notes de Guy Patin, dans les ouvrages dePh. Guybert, Paris, 1649, in-S". De plus il s'essaya dans la poésie latine et dans la poésie française. Deux circonstances mémorables se présentèrent qui mirent en vibration sa fibre. La première lut l'entrée à Paris, le 9 mars 1570, de Pierre de Gondy, évêque de Paris. Ellain fêta sa bienvenue dans un panégyrique de 102 vers : Discours panégyrique à Révérend Père en Dieu, monseigneur Pierre de Gondy... Paris, 1570, in-4''. Le second événement fut la promotion au cardinalat de Henri de Gondy, également évêque de Paris : Ad cardinalem... Uenricum Gondium... Paris, 1618, in-4". Dès l'année 1561, notre médecin avait

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