ÉMAILLEURS
absorbée et transporte'e dans les voies gastriques serait décoaipose'e par les sécrétion acides de l'estomac et le sel de plomb insoluble qui entre dans la composition des émaux, transformé en sel soluble et par suite absorbé. L'usage et surtout l'abus du vin, du cidre, ou de tout autre liquide acide, favorisent cette transformation et par suite hâtent et aggravent l'intoxication.
« Pour nous, dit Layet, c'est dans cette salivation dont nous avons parlé que nous trouvons la cause première et commune de l'intoxication plombique professionnelle. En effet, cette salive sécrétée en plus grande abondance et rendue acide par son altération même dans la bouche est le meilleur dissolvant des particules toxiques; elle transforme les sels insolubles de plomb en sels solubles, les entraînant avec elle dans les voies d'absorption ».
Beaugrand a observé des accidents analogues chez les ouvriers qui travaillent à la vitrification des étiquettes en émail appliquées sur les flacons, bocaux, etc., usités dans la chimie et dans la pharmacie.
Du reste, les émailleurs font partie des 88 professions citées par Layet comme exposant à l'intoxication saturnine, et au point de vue des particules cristallines plombifères respirées, ils viennent se ranger étroitementà côté des ouvriers en verre mousseline, tailleurs de cristal, verriers, polisseurs de glaces, etc. {voy. Glaces, Verriers) .
Enfin, grâce au voisinage des fours chauffés au rouge, les ouvriers émailleurs sont exposés aux refroidissements résultant des transitions brusques de température. En outre, l'action irritante de la chaleur sur le tégument peut déterminer des éruptions, érythèmes, blépharites, phlegmons de l'avant-bras et de l'aisselle, etc. ; les éruptions sont du reste favorisées par le dépôt de substances pulvérulentes sur la peau et par la transpiration.
L'opération la plus dangereuse est le saupoudrage à chaud des objets déjà recouverts d'une première couche d'émail. Dans les anciens procédés de fabrication surtout, elle était accompagnée d'un dégagement très-nusible de vapeurs dues à la fusion de l'émail plombeux.
Prophylaxie. Les accidents dont nous venons de parler sont plus fréquents chez les ouvriers mal nourris que chez ceux qui sont robnsles et soumis à une bonne hygiène individuelle. II leur est recommandé de se laver fréquemment le visage et la bouche, avec de l'eau ordinaire ou même une eau légèrement alcalinisée. Pour prévenir l'irritation des gencives, ils feront usage d'un gargarisme au chlorate de potasse ou au borate de soude. S'il se manifeste des symptômes d'intoxication plombique, la première indication est de renoncer pendant quelque temps à tout travail nuisible et de se soumettre au traitement ordinaire des coliques de plomb.
Quant aux mesures d'hygiène industrielle, il est recommandé de broyer le silex, le feldspath, les émaux, soit en vase clos, soit sous l'eau. Cette opération doit se faire dans une pièce séparée et fermée par des murs en plâtre, la porte calfeutrée de bourrelets élastiques. Un ventilateur per descensum, placé à la partie supérieure de la pièce, produira l'aération.
Le tamisage doit se faire avec des tamis en peau à double paroi.
Pour le saupoudrage, on se sert de caisses dans lesquelles les ouvriei's peuvent introduire leurs bras par des trous circulaires ou des vasistas, et munies de regards ou carreaux de verre bien mastiqués et collés permettant de voir à l'intérieur.
Enfin, reste le saupoudrage à chaud; on le fera sur un four surmonté d'une
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liotte dont le tuyau doit s'élever beaucoup au-dessus du toit de l'atelier, pour rendre le tirage énergique. Pour l'émaillage des supports de fils télégraphiques, on a, chez Engler et Ki'auss, à Paris, une cheminée vitrée en avant et en arrière, à la hauteur de la table qui supporte les objets à recouvrir; dans le châssis vitré d'avant est ménagée une ouverture suffisante pour que l'ouvrier puisse introduire le crochet rougi et l'émailler. La poussière qui tombe du tamis et les vapeurs résultant de la fusion de l'émail sont entraînées dans la cheminée (Freycinet).
Dans quelques ateliers on se sert d'un masque protecteur pour faire ces opérations; ce masque est, par exemple, en gutta-percha, et se moule exactement sur le visage, et l'air qui doit être respiré passe à travers un tissu fin, pelucheux et humide, qui arrête toutes les poussières. Nous ne donnerons pas la description détaillée de ce masque, renvoyant à ce qu'en dit Duchesne dans Us Annales d'hygiène, 1861.
Dans certains cas, les émaux plombifères pourraient être remplacés par des émaux inoffensifs, tels que les vernis suivants proposés par Constantin, pharmacien de Brest, et que nous citons d'après les Nouveaux éléments d'hygiène d'Arnould, page 1155 :