‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.33Chapitre 51 sur 58 · CD · texte numérisé non relu

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7H EMBRYON (développement).

EsiBRYONs HCMAiNs DE 6 A 8 SEMAINES. La figure 18 nous montre le stade embryonnaire auquel se rapportent les dernières indications fournies par le tableau, La courbure longitudinale du corps commence à se redresser, bien que l'inflexion céphalique soit encore très-marquée. La tète, coudée à peu près à angle droit avec Taxe du dos, ne retombe plus autant sur la poitrine que dans les stades préce'dents. I,es organes des sens prennent déjà leur situation définitive : sous la convexité du front se dessine un nez rudimentaire dont les narines communiquent par un sillon avec la cavité buccale encore largement ouverte; les yeux tendent à quitter leur position latérale et se trouvent reportés peu à peu en avant ; la première fente branchiale n'est plus représentée que par un pli transversal, sauf à son extrémité postérieure où persiste une sorte de fissure anfractueuse coiffée par le pavillon de l'oreille déjà nettement reconnaissable. On devine les trois segments des membres ; le pied est encore à l'état de

palette losangique, tandis que sur la main les divisions des doigts se trouvent indiquées.

Entre la tète et le pédicule ombilical l'abdomen forme une proéminence arrondie due à l'accroissement rapide du foie.

La saillie de l'extrémité coccygienne toujours incurvée en haut et en avant est également très-visible.

A ce stade, le rôle de la circulation vitelline est à peu près terminé. Du sommet de l'anse intestinale étendue dans le cordon se détache un étroit conduit vitellin qui va se terminer dans la vésicule ombilicale ; celle-ci se présente comme un petit corps blanchâtre de quelques millimètres de diamètre situé à la périphérie de l'œuf entre le chorion et le placenta, généralement vers le bord de ce dernier; l'artère omphalomésentérique droite, seule persistante, envoie à l'anse intestinale des ramifications qui répondent aux futurs vaisseaux mésentériques (artère mésentérique supérieure). L'ouraque encore perméable sur toute sa longueur se termine en cul-de-sac à l'extrémité placentaire du cordon, et offre à son origine une dilatation fusiforme, la vessie, qui débouche dans le cloaque.

Au cours de la septième semaine apparaissent les cartilages des vertèbres, de la'base du crâne et des côtes, et bientôt ceux des membres. Sur les coupes on dislingue plus nettement les racines nerveuses, notamment les postérieures, ainsi que les méninges. La langue, les rudiments du larynx et du corps thyroïde, ont fait leur apparition. Les quatre compartiments du cœur sont bien accusés et montrent une disposition qui se rappi-oche de celle du cœur de l'adulte ; le foie est énorme et très-vasculaire, et occupe presque toute la cavité ventrale. Le corps de Wolff ti'ès-atrophié est relégué à l'extrémité postérieure de l'abdo-

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. 18. — Embryon )iuiiiain de la première moilié du mois. Longueur, iô ;14 millimcues. — D'après His p. 52). Gr. 5|1.

[loc. cit

EMBRYON (développement), 715

raen où l'on peut distinguer à côté de lui le rein, la capsule surrénale et la glande génitale ; un petit amas rougeàtre du mésogastre indique l'emplacement de la rate. Dans toutes ces parties les éléments iiistologiques se différencient progressivement. A l'extérieur les parois du corps se montrent plus épaisses et plus fermes; les saillies musculaires se dessinent; en avant de la fente cloacale se montrent le tubercule génital et les plis génitaux, tandis que la saillie du coccyx tend à s'effacer de plus en plus.

Nous arrivons ainsi à la limite qui sépare l'âge embryonnaire de l'âge fœtal. Le passage de l'un à l'autre se fait, d'après la plupart des auteurs, dans la seconde moitié du deuxième mois (embryon de 12 à 14 millimètres suivant His).

La figure 19, qui se rapporte à un embryon un peu plus âgé que le précédent, nous montre au premier coup d'oeil les modifications importantes qui se sont accomplies depuis le stade de la figure 18.

Le corps est presque entièrement défléchi ; la tête s'est redressée; allongée et irrégulièrement bosselée jusqu'ici, elle tend à prendre la forme arrondie du crâne fœtal. L'embryon dans son ensemble a pris forme humaine, même pour l'œil le moins exercé, ce qui tient surtout à l'achèvement de la face.

Cette dernière, en effet, encore très-rudimentaire au début [voy. fig. 20), se complète rapidement à partir de la sixième semaine. Les bourgeons maxillaires supérieurs en se soudant aux bourgeons nasaux externes constituent le rudiment des joues; ces parties sont séparées primitivement de chaque côté par un sillon, sillo?i lacrymal.

lltérieurement les bourgeons maxillaires supérieurs se soudent aux bourgeons nasaux externes, ce qui convertit le sillon en un canal, canal nasal; les deux bourgeons nasaux internes refoulés progressivement vers la ligne médiane finissent par se fusionner en un bourgeon impair, le bourgeon incisif {voy. fig. 21).

Ainsi se trouve complété le bord libre de la région maxillaire supérieure qui va se dédoubler en lèvre supérieure et en rebord alvéolaire. L'arc maxillaire inférieur subit une transformation analogue, et en même temps le nez, primiti-

Fig. l'J. — Embryon humain du milieu du 2° mois. — Longueur 15,5 millimètres. — D'après His {toc. cit., p. 60j. Gr. 5/1.

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716 EMBRYON (dêveloppejient).

vement large et aplati, pousse en quelque sorte en avant, faisant une saillie de plus en plus prononcée.

L'occlusion des fentes branchiales, l'apparition des paupières, le développement du pavillon de l'oreille minutieusement décrit par His, vont de pair avec l'achèvement de la face proprement dite.

Les doigts sont séparés aux deux extrémités, le bras et la cuisse encore trèscourts et plus ou moins confondus avec la paroi du corps sur laquelle ils s'implantent.

Chez un fœtus de 24 millimètres (tin du deuxième mois) que nous avons sous les yeux, on est frappé tout d'abord do la grosseur de la tète devenue à peu près droite, et plus volumineuse que le tronc. Les traits de la physionomie se sont accentués : le champ de la conjonctive est elliptique et limité par un

rebord saillant, premier rudiment des paupières. La partie supérieure du front présente une énorme convexité due au développement prépondérant des hémisphères cérébraux ; sa partie inférieure, très-enfoncée, se réduit à un pli transversal étendu d'un œil à l'autre. Le nez, très-épaté, n'offre de saillie appréciable que dans sa moitié inférieure où se dessinent les narines sous forme de deux petites fentes verticales de 1 millimètre de haut. Le pavillon de l'oreille, quoique très-petit, est bien formé; sa partie postérieure est soulevée et se détache de la surface d'implantation. Pour la première fois, nous voyons la région cervicale bien accusée ; les trois segments des membres sont limités par des sillons profonds ; la main et le pied^ quoique encore très-massifs, laissent reconnaître leur forme définitive. Les deux membres inférieurs sont fortement fléchis et tournés en dedans ; les plantes des pieds reposent de part et d'autre sur les faces latérales du cordon ombilical au niveau de son insertion. Le ventre est toujours fortement bombé, la snillie du coccyx est bien diminuée,, et la région périnéale se termine en avant par les plis génitaux et une saillie ijgurant une sorte de gland rudimentaire.

L'organisation intérieure du corps accuse des progrès tout aussi marqués : au cours de la huitième semaine, les deux moitiés de la voûte palatine se soudent sur la ligne médiane ; les différentes membranes de l'œil sont bien reconnaissablés; les cœurs droit et gauche se séparent par l'établissement d'une cloison médiane, entre les ventricules d'abord, puis entre les oreillettes. Toutes les vertèbres sont cartilagineuses; on distingue les cartilages du larynx et du nez. Les portions grises et blanches des centres nerveux affectent des dispositions anatomiqucs qui se rapprochent de plus en plus de celles de l'adulte. Les conduits biliaires et la vésicule du fiel se montrent à la face inférieure du foie, la glande

iig. 20. — Extrémité céi)lialique d'un embryon humain de 20 jours environ, avec son enveloppe araniotiijuo, vue par la face ventrale. Le dessin, fait d'après une pièce de la collection de Coste, montre le cœur tubulaire incurvé en S et surmonté par le capuchon céphalique de l'embryou. Ce dernier paraît constitué en haut par le bourgeon frontal impair et médian que dominent les saillies de la vésicule cérébrale antérieure, et sur les côtés par les de^ix bourgeons maxillaires; sur ces derniers un sillon transversal parallèle au bord libre du capuchon indique la séparation en bourgeons maxillaires supérieur et inférieur. L'enfoncement médian limité par ces diverses parties représente le l'udiment de la dépression buccale (empruntée à Longet).

génitale présente des caractères sexuels déterminés. C'est l'ossification surtout qui fait de rapides progrès : à partir de la septième semaine, on voit paraître successivement les points osseux des côtes, de l'omoplate, du corps de l'humérus, du fémur et du tibia, de l'intermaxillaire, du palatin, du maxillaire supérieur, puis des diaphyses du cubitus, du radius, du péroné, de l'iléon ; ceux des arcs vertébraux, du frontal, du vomer, du malaire, des corps des métacarpiens, des métatarsiens et des phalanges.

Ainsi se trouve accompli le passage de la forme embryonnaire à la forme fœtale; dès la fin du deuxième mois la période embryogénique est close et la confi-

Fig. 21. — Développement de la bouche et de la face chez l'embryon humain, d'après des pièces de la

collection de Coste (empruntée à Longet).

mi, maxillaire inférieur. — ms, maxillaire supérieur. — i, bourgeon nasal interne. — l, bourgeon nasal externe. — n. narine. — o, œil. — g, voûte palatine.

A. Embryon d'environ 25 jours. — La fosse buccale est encore largement ouverte ; l'arc maxillaire inférieur mi est constitué, mais toutes les parties destinées à former la région maxillaire supérieui'e sont encore très-rudimeplaires. Le bourgeon maxillaire supérieui", court et arrondi, ms, est séparé par un sillon profond de la moitié correspondante du bourgeon frontal sur laquelle on remarque la losselle olfactive limitée en dedans par le bourgeon nasal interne i, ea dehors par le bourgeon nasal externe l. L'œil o entièrement déjeté sur le côté de la tète est à peine visible.

B. Embryon d'environ ôO jours. — La configuration générale est à peu près la même ; les narines ont pris une forme plus arrondie et ne communiquent plus avec la bouche que par une étroite fissure séparant le bourgeon nasal interne de l'externe et du bourgeon maxillaire supérieur.

C. Embryon d'environ oo jours. — Les bourgeons nasaux internes se sont réunis pour constituer le bourgeon incisif i, qui s'est soudé aux bourgeons nasaux externes ainsi qu'au bourgeon maxillaire supérieur très-allongé. Les sillons de séparation sont moins accusés, et les parties latérales de la face se sont rapprochées de la ligne médiane ; les yeux surtout se trouvent reportés en avant. .Au fond de la cavité buccale dont l'orifice est notablement rétréci on aperçoit le bord libre y des deux moitiés de )a voûte palatine encore écartées l'uue de l'autre.

guration extérieure du corps présente ses caractères définitifs. L'étude anatomique des stades ultérieurs montre également qu'à partir de ce moment les phénomènes de formation les plus essentiels sont accomplis, et que le développement du fœtus consiste surtout en un accroissement et un perfectionnement des parties déjà existantes, tandis qu'on ne voit plus guère apparaître d'organes nouveaux.

Aperçd du DÉVELOPPEiiEM PE>"DA>'T LE o" MOIS. Il uous restc pcu de chose à ajouter concernant l'évolution du fœtus pendant le cours du troisième mois. Les villosités vasculaires du chorion, jusqu'ici répandues à peu près uniformément

718 EMBRYOiN (développement).

à la surface de cette membrane, prennent un développement plus prononcé au point de contact de l'œuf avec la paroi utérine; toutes les autres s'atrophient et disparaissent peu à peu, ce qui amène la division du cliorion en deux segments : le cliorion lisse, et le cliorion villcux ou vasculaire qui va former le placenta fœtal.

Sur l'embryon lui-même on remarque surtout l'agrandissement des paupières

Fig. 22. — Coupe tliéorique J'uii utérus en état de gestation et du produit qu'il renferme.

a,a', allantoïde formant l'enveloppe lamineuse du chorion de l'œuf; elle est couverte de villosité choriales, les unes en voie d'atrophie q', les autres extrêmement développées et constituant le placenta foetal q. — c', corps de l'embryon. — i, intestin. — m,m, amnios formant une gaine au cordon et constituant une vaste poche dans laquelle l'embryon est renfermé. — n,n, muqueuse utérine (caduque pariétale). — n' portion de cette muqueuse qui se trouve en relation avec le placenta (caduque inter-utéro placentaire ou sérotine). — o, vésicule ombilicale située entre l'amnios et le chorion. — p, pédicule de celte vésicule (conduit vitellin) inséré au sommet de l'anse intestinale primitive. — r, pédicule de l'allantoïde (ouraque). — s, portion réfléchie de la muqueuse utérine (caduque ovulaire ou réfléchie).

qui finissent par se rejoindre sur la ligne équatoriale de l'œil, la saillie progressive du nez, la disparition de l'appendice caudal, et la constitution d'une cloison périnéale. Les dépendances de l'épiderme, follicules pilo-sébacées, ongles, bourgeons mammaires, sont visibles. Les organes génitaux externes permettent la distinction des sexes. Les arcs cartilagineux des vertèbres se soudent en débutant par la région dorsale, en même temps que se montrent les points osseux primitifs de l'occipital, du sphénoïde, de l'unguis, des os du nez, de l'écaillé du temporal, de l'iscliion, et le point orbitaiie du maxillaire supérieur.

En comparant les données fournies par E.-H. Weber, Holil, C. Hecker, A. Ecker, Dohrn, Toldt, Kôlliker, His, Ahlfeld, Kleinwàchter, 0. Niemann, S. Arnovljevic, Preyer {voy. Bibliographie), avec nos propres observations, nous

EMBRYON (développement).

pouvons dresser le tableau suivant des longueurs fœtales aux différents mois

de la gestation.

MOIS LU.^Air.ES.

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